Introduction Les objectifs du traitement des MICI sont devenus plus ambitieux avec une meilleure compréhension de leur histoire naturelle et avec l’avènement des biothérapies. Plusieurs études de cohortes et de populations ont montré l’impact de la cicatrisation muqueuse, tant dans la rectocolite hémorragique (RCH) que dans la maladie de Crohn (MC), sur le devenir à plus long terme des malades et notamment sur la nécessité d’avoir recours à une chirurgie de résection. En parallèle, les biothérapies, essentiellement anti-TNF et plus récemment anti-intégrine, ont montré une capacité de cicatrisation muqueuse jusqu’ici non encore obtenue avec les traitements conventionnels. Ces deux éléments ont fait reconsidérer le degré d’efficacité des traitements immunosuppresseurs, considérés jusqu’au début des années 2000 comme la pierre angulaire du traitement de maintenance des formes modérées à sévères de MICI. En outre, de très larges études de cohortes et des études de suivi à très long terme ou dans des sous-populations particulières ont confirmé ou mis à jour des risques, graves pour certains d’entre eux, associés à l’utilisation de ces traitements, en particulier les purines. Une question a dès lors logiquement fait surface : y-a-t-il encore une place pour ces traitements aujourd’hui dans les MICI ? Tandis que leur impact et leur utilité dans le contexte d’une combothérapie avec les anti-TNF se sont vu confirmés, leur place en monothérapie dans l’arsenal et les stratégies de traitement des MICI est de plus en plus questionnée. Dans cette mise au point, nous…