Maladie de Crohn et histoire naturelle de la récidive post-opératoire La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin caractérisée par des lésions macroscopiques, souvent ulcérées et destructrices, d’un ou plusieurs segments du tube digestif. Elle débute souvent chez les adolescents ou les adultes jeunes et atteint environ cent mille personnes en France. Les lésions siègent le plus fréquemment sur l’iléon terminal et le côlon. Une intervention chirurgicale avec résection intestinale peut être nécessaire en cas de complication à type de sténose et/ou de fistule, plus rarement pour une résistance au traitement médical. La majorité des patients (de 50 à 70 % selon les études) doivent subir au moins une résection intestinale au cours de leur maladie [1, 2]. La maladie rechute après résection intestinale chez près de la moitié des patients à 10 ans [1]. Après résection, la rechute clinique est précédée d’une rechute endoscopique, localisée presque toujours au niveau de l’anastomose, et en amont au niveau du néo-iléon terminal. Dans le travail princeps de Rutgeerts le taux de récidive endoscopique à 12 mois était de 60 % à 80 % en absence de traitement post-opératoire [3]. Facteurs prédictifs de la récidive post-opératoire La connaissance de facteurs prédictifs de récidive post-opératoire permet de distinguer des groupes à risque de rechute, et ainsi d’optimiser la prise en charge post-opératoire des patients en adaptant le traitement préventif au niveau de risque. Les recommandations actuelles du groupe européen d’étude des maladies inflammatoires du…