Les nouvelles petites molécules, une seconde révolution thérapeutique en marche dans les MICI Historiquement, le traitement médical des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) reposait sur les petites molécules. Celles-ci étaient représentées par les corticoïdes, les immunosuppresseurs (azathioprine, 6-mercaptopurine et methotexate) et les aminosalicylés [1]. L’introduction des anti-TNF à la fin des années 1990 a révolutionné la prise en charge médicale des patients avec une MICI. En parallèle, les objectifs thérapeutiques ont été modifiés : la rémission clinique a laissé place à la cicatrisation muqueuse et à la rémission profonde [2]. Ces vingt dernières années, la recherche médicale s’est concentrée sur le développement de grosses molécules (biothérapies) telles que les anticorps monoclonaux anti-TNF (infliximab [3, 4], adalimumab [5,6], certolizumab pegol [7, 8] et golimumab [9]) et plus récemment les anticorps dirigés contre d’autres cibles (vedolizumab [10, 11] et ustekinumab [12]). Cependant, ces anticorps monoclonaux ont de nombreuses limites en termes d’efficacité, d’effets secondaires et de coût. Environ un patient sur deux est en rémission à 5 ans [13, 14]. Une perte de réponse significative (entre 13 % et 25 % par an) est constatée au fil du temps sous anti-TNF [15-17]. Tous les anticorps monoclonaux sont immunogènes, ce qui explique en grande partie cette perte de réponse [18]. Une combothérapie reste le meilleur moyen de prévenir la formation d’anticorps [19, 20]. Néanmoins, l’utilisation d’une combothérapie soulève d’autres problèmes : l’augmentation du risque d’infections opportunistes et du risque de cancers [21]. D’autre part, l’absence de…