Introduction L’œsophagite à éosinophiles (OeE) est une pathologie œsophagienne chronique d’origine allergique et dysimmunitaire caractérisée par une réaction inflammatoire au sein de laquelle prédominent les éosinophiles. La plupart des allergènes responsables proviennent de l’alimentation ce qui en fait un modèle particulier « d’allergie alimentaire ». Physiopathologie La physiopathologie des OeE est ­complexe, faisant intervenir plusieurs facteurs : une prédisposition génétique, le facteur le plus connu étant un polymorphisme génétique pour l’éotaxine-3 à l’origine du « recrutement » des éosinophiles dans la paroi œsophagienne [1] ; une réponse immune anormale à des antigènes environnementaux, faisant intervenir une réponse de type Th2 exagérée à des antigènes divers (y compris non alimentaires), dans laquelle les interleukines 5 et 13 jouent un rôle central. Dans l’OeE, le mécanisme de l’allergie alimentaire n’est pas dépendant des IgE puisque les anticorps monoclonaux anti-IgE sont dénués d’effets [2] ; une altération de l’intégrité de la muqueuse œsophagienne qui permet l’exposition des antigènes alimentaires au système immunitaire et donc le recrutement des éosinophiles à ce niveau. Le traitement de l’OeE permettant la restauration d’une intégrité muqueuse normale, l’altération de la barrière épithéliale apparaîtrait donc plus comme un facteur d’entretien de l’inflammation chronique [3] ; le développement d’une fibrose plus ou moins marquée de la paroi de l’œsophage à l’origine d’une diminution de la compliance du corps de l’œsophage [4], et dans certains cas d’une sténose œsophagienne. Épidémiologie La prévalence de l’OeE est de l’ordre de 1 à 5…