Mots-clés : pancréatite héréditaire, forme familiale d’adénocarcinome pancréatique, conseil génétique Conflits d’intérêts L’auteur est consultant irrégulier pour les laboratoires Mayoly Splindler, Allergan et Mylan. Il n’a aucun conflit d’intérêt en rapport avec cet article Quelles sont les maladies pancréatiques inflammatoires ou tumorales de cause génétique (hors tumeurs neuroendocrine) Théoriquement, toutes les maladies – pancréatiques ou non – ou presque, ont une base génétique. Par exemple, il est probable que la sévérité d’une pancréatite aiguë (PA) est sous-tendue non seulement par l’intensité de sa cause (quantité et durée d’alcool, durée du blocage d’un calcul dans l’ampoule) mais aussi par le polymorphisme génétique de la réponse inflammatoire. Il est tout aussi probable que la survenue d’un adénocarcinome (ADKP) dépend de la conjonction d’un terrain génétique particulier et de facteurs environnementaux, les seconds expliquant l’explosion de la fréquence de cette tumeur (X3 chez la femme et X2 chez l’homme en 30 ans !) [1]. Au-delà de ces généralités, une proportion plus ou moins importante de certaines maladies pancréatiques a une cause génétique prédominante sinon exclusive : certaines pancréatites aiguës et chroniques ; certains adénocarcinomes pancréatiques ; certaines tumeurs intracanalaires papillaires et mucineuses (TIPMP) ; rarement, les cystadénomes séreux qui peuvent s’intégrer dans l’exceptionnel syndrome de Von-Hippel Lindau dont nous ne reparlerons plus ici [2]. Nous ne traiterons pas ici les tumeurs neuroendocrines qui posent un ­problème très différent ni des maladies exceptionnelles comme le syndrome de Schwachman, ce dernier s’intégrant dans une atteinte multiorgane. Connaître les gènes impliqués Pancréatites aiguës et chroniques (Tableau I) Cinq gènes sont impliqués. Les mutations de ceux-ci peuvent interagir avec le fonctionnement des cellules acinaires ou des cellules ductulaires [3]. Génotype ou variants Phénotype PRSS1 Pancréatite héréditaire PRSS1/autre mutation Pancréatite héréditaire aggravée CFTRsev/ CFTRsev Mucoviscidose CFTRsev/CFTRmod Mucoviscidose incomplète SPINK1/SPINK1 Pancréatite héréditaire CFTRx/SPINK1 Pancréatites aiguës récurrentes ou chroniques CTRC/SPINK1 Pancréatites aiguës récurrentes ou chroniques CASR+/alcool Pancréatites aiguës récurrentes ou chroniques CASR–/SPINK1 Pancréatites aiguës récurrentes ou chroniques CASR–/CFTRx Pancréatites aiguës récurrentes ou chroniques Tableau I. Corrélations génotype/phénotype PRSS1 : trypsinogène cationique ; CFTRsev : mutation sévère du gène CFTR ; CFTRmod mutation non sévère du gène CFTR ; CFTRx : n’importe quelle mutation du gène CFTR ; SPINK1 : Serin Protease INhibitor Kazals type 1 ; CTRC : chymotrypsinogène C ;CASR+ :mutation gain de fonction du gène du récepteur du calcium. CASR– : mutation perte de fonction du gène CASR. Le gène du trypsinogène cationique ou PRSS1 Il y a plusieurs formes de trypsinogène…