Introduction Le carcinome hépato-cellulaire est la plus fréquente des tumeurs hépatiques primitives. Il survient dans plus de 85 % des cas sur un foie cirrhotique et est responsable en France de plus de 5 000 décès par an. La transplantation hépatique (TH) est le traitement le plus approprié du carcinome hépato-cellulaire car elle réalise une hépatectomie totale, carcinologiquement satisfaisante, et permet de traiter, contrairement aux autres thérapeutiques curatrices (destruction percutanée, résection chirurgicale) la cirrhose adjacente à la tumeur qui est un facteur majeur de récidive du CHC. L’expérience accumulée au cours des 30 dernières années a cependant permis d’identifier plusieurs limites à la transplantation pour CHC. Celles-ci tiennent à deux facteurs : 1. le risque de récidive tumorale après la greffe, dont le pronostic est catastrophique aboutissant au décès dans plus de 90 % des cas et 2. la pénurie d’organes. La gestion de la pénurie, c’est-à-dire la gestion d’une situation où la demande de TH est supérieure au nombre de greffons disponibles, impose des contraintes en terme d’indications et de résultats afin d’éviter des transplantations futiles associées à un risque de récidive et de décès trop élevé. Ainsi en France, le nombre de candidats pour un greffon disponible est de 2,4 [1]. La pénurie engendre des temps d’attente prolongés et une compétition entre les différentes indications de TH qui rendent nécessaires le recours à des traitements loco régionaux pendant la phase d’attente pour contrôler la croissance tumorale ainsi qu’à des règles strictes d’attribution…