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	<title>FMC-HGE</title>
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	<link>http://www.fmcgastro.org</link>
	<description>Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie</description>
	<lastBuildDate>Tue, 11 Jun 2013 09:27:58 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Editorial – POST’U 2013</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/articles/editorial-%e2%80%93-post%e2%80%99u-2013/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/articles/editorial-%e2%80%93-post%e2%80%99u-2013/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 15:47:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[articles]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5599</guid>
		<description><![CDATA[<p>Cher(e)s collègues, Cher(e)s amis</p>
<p>
Bienvenue aux journées de Formation Médicale Continue des JFHOD 2013 !</p>
<p>
Année après année, cette manifestation s’impose comme le rendez-vous incontournable de notre discipline, lieu unique de formation professionnelle et d’actualisation des connaissances dans tous les domaines de la spécialité. La formation continue, quelles que soient les dispositions réglementaires, est et doit rester une composante fondamentale de notre exercice professionnel. La FMC-HGE y contribue largement pendant ces journées avec 5 sessions plénières le weekend, 2 symposium partenaires le vendredi et 8 ateliers renouvelés le samedi et le dimanche, représentant au total près de 30 heures de formation couvrant tous les aspects de la discipline.
</p>
<p>
L’élaboration du programme répond à un cahier des charges et une méthodologie rigoureuse garantissant des présentations de grande qualité. Le choix des sujets, celui des experts, la relecture critique des textes, d’abord par les modérateurs de chaque session puis par le Conseil d’Administration réuni en séminaire, enfin l’harmonisation des présentations orales, procèdent de cette volonté de perfection. L’aboutissement de ce travail est l’édition du Post’U, ouvrage de synthèse et de référence ; édité à près de 4000 exemplaires, il est remis cette année à tous les congressistes indépendamment du type d’inscription.
</p>
<p>
Le programme de cette année comporte quelques spécificités : symposium avec les Pédiatres et la Société Française de Chirurgie le vendredi, deux ateliers organisés avec le Club Francophone d’Échoendoscopie et le Club Français de l’Hypertension Portale, mise au point de physiopathologie digestive, atelier sur le Développement Professionnel Continu organisé conjointement avec le Conseil National Professionnel.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/editorial.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/<br />
pienkowski-patrice_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a></div>
<p>Cher(e)s coll&egrave;gues, Cher(e)s amis</p>
<p>Bienvenue aux journ&eacute;es de Formation M&eacute;dicale Continue des JFHOD 2013 !</p>
<p>Ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e, cette manifestation s&rsquo;impose comme le rendez-vous incontournable de notre discipline, lieu unique de formation professionnelle et d&rsquo;actualisation des connaissances dans tous les domaines de la sp&eacute;cialit&eacute;. La formation continue, quelles que soient les dispositions r&eacute;glementaires, est et doit rester une composante fondamentale de notre exercice professionnel. La FMC-HGE y contribue largement pendant ces journ&eacute;es avec <strong>5 sessions pl&eacute;ni&egrave;res</strong> le weekend, <strong>2 symposium partenaires</strong> le vendredi et <strong>8 ateliers</strong> renouvel&eacute;s le samedi et le dimanche, repr&eacute;sentant au total pr&egrave;s de <strong>30 heures de formation </strong>couvrant tous les aspects de la discipline.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;laboration du programme r&eacute;pond &agrave; un cahier des charges et une m&eacute;thodologie rigoureuse garantissant des pr&eacute;sentations de grande qualit&eacute;. Le choix des sujets, celui des experts, la relecture critique des textes, d&rsquo;abord par les mod&eacute;rateurs de chaque session puis par le Conseil d&rsquo;Administration r&eacute;uni en s&eacute;minaire, enfin l&rsquo;harmonisation des pr&eacute;sentations orales, proc&egrave;dent de cette volont&eacute; de perfection. L&rsquo;aboutissement de ce travail est l&rsquo;&eacute;dition du <strong>Post&rsquo;U</strong>, ouvrage de synth&egrave;se et de r&eacute;f&eacute;rence ; &eacute;dit&eacute; &agrave; pr&egrave;s de 4000 exemplaires, il est remis cette ann&eacute;e &agrave; tous les congressistes ind&eacute;pendamment du type d&rsquo;inscription.</p>
<p>Le programme de cette ann&eacute;e comporte quelques sp&eacute;cificit&eacute;s : symposium avec les P&eacute;diatres et la Soci&eacute;t&eacute; Fran&ccedil;aise de Chirurgie le vendredi, deux ateliers organis&eacute;s avec le Club Francophone d&rsquo;&Eacute;choendoscopie et le Club Fran&ccedil;ais de l&rsquo;Hypertension Portale, mise au point de physiopathologie digestive, atelier sur le D&eacute;veloppement Professionnel Continu organis&eacute; conjointement avec le Conseil National Professionnel.</p>
<p>La FMC-HGE existe aussi en dehors des JFHOD avec 3 actions cl&eacute;s :</p>
<p><strong>l&rsquo;invitation de jeunes coll&egrave;gues aux congr&egrave;s scientifiques</strong> : internes ayant valid&eacute; leur DES aux JFHOD, jeunes gastroent&eacute;rologues seniors &agrave; l&rsquo;UEGW ; dans les deux cas le projet comporte un volet r&eacute;dactionnel sous forme de notifications br&egrave;ves envoy&eacute;es par push-mail sur vos smartphones puis la r&eacute;daction d&rsquo;articles de synth&egrave;se ;</p>
<p>la mise au point d&rsquo;une <strong>application mobile, &laquo; e.Fmchge &raquo;</strong>, pour iPhone, iPad et Andro&iuml;d, t&eacute;l&eacute;chargeable sur notre site internet ; vous y trouvez le programme de nos journ&eacute;es avec les objectifs p&eacute;dagogiques et les points forts ainsi que la compilation des textes des ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes. Si vous avez pris le soin d&rsquo;activer la r&eacute;ception de notifications, vous pouvez &eacute;galement recevoir les Br&egrave;ves de nos jeunes reporters et en octobre les r&eacute;sum&eacute;s du congr&egrave;s europ&eacute;en ;</p>
<p>la cr&eacute;ation d&rsquo;une <strong>plate-forme d&rsquo;e.learning</strong>, syst&egrave;me compl&eacute;mentaire &agrave; la FMC pr&eacute;sentielle classique, permettant &agrave; chacun d&rsquo;am&eacute;liorer et de contr&ocirc;ler ses connaissances, &agrave; la carte et &agrave; son rythme, de son lieu professionnel ou de son domicile. Le projet se pr&eacute;sente pour l&rsquo;instant sous la forme de QCM regroup&eacute;s en 2 th&eacute;matiques (MICI et pancr&eacute;atologie) avec auto-&eacute;valuation, d&eacute;marche d&rsquo;accompagnement et liens explicatifs vers les textes correspondants de Post&rsquo;U. Ce projet a vocation &agrave; s&rsquo;ouvrir aux autres composantes de la profession, pour proposer un outil f&eacute;d&eacute;ratif de formation continue professionnelle.</p>
<p>La p&eacute;rennit&eacute; de la FMCHGE depuis plus de 30 ans, son am&eacute;lioration constante n&rsquo;est rendue possible que gr&acirc;ce &agrave; une longue cha&icirc;ne d&rsquo;administrateurs b&eacute;n&eacute;voles investis dans leur mission au service de la collectivit&eacute;. Enrichir ses connaissances dans tous les domaines innovants de notre discipline en pleine mutation et consolider ses fondamentaux gr&acirc;ce &agrave; une FMC de grande qualit&eacute; : tels sont les objectifs de ces journ&eacute;es que nous vous souhaitons &agrave; tous conviviales et fructueuses.</p>
<p><strong>Patrice PIENKOWSKI<br />
	Pr&eacute;sident de la FMC-HGE.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Accueil 2013/2014</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/accueil/accueil-20132014/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/accueil/accueil-20132014/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 09:40:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accueil]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5587</guid>
		<description><![CDATA[32&#232;mes Journ&#233;es Francophones d&#39;H&#233;pato-gastroent&#233;rologie et d&#39;Oncologie Digestive Du 20 au 23 mars 2014 &#224; Paris. Th&#233;matique : LE MICROBIOTE &#160; &#160; 31&#232;mes Journ&#233;es Francophones d&#39;H&#233;pato-gastroent&#233;rologie et d&#39;Oncologie Digestive Du 21 au 24 mars 2013 &#224; Paris. Th&#233;matique : LA CHIRURGIE ET LA P&#201;DIATRIE Textes des interventions &#160; &#160; &#160; Actualit&#233;s Toutes les actualit&#233;s &#160; &#201;v&#232;nement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="dev box-accueil">
<div class="row_left"><img alt="JFHOD 2014" class="affiche_accueil" height="209" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/04/affiche-jfhod-20142.jpg" title="affiche-jfhod-2014" width="148" /></div>
<div class="row_right">
<h4>32<sup>&egrave;mes</sup> Journ&eacute;es <span class="h4_txt1">Francophones</span><span class="h4_txt2"> d&#39;H&eacute;pato-gastroent&eacute;rologie<br />
			et d&#39;Oncologie Digestive</span></h4>
<p class="date">Du 20 au 23 mars 2014 &agrave; Paris.</p>
<p class="theme">Th&eacute;matique : LE MICROBIOTE</p>
</p></div>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
<div class="sep_line">&nbsp;</div>
</div>
<div class="dev box-accueil">
<div class="row_left"><a href="/rubrique/postu-main/"><img alt="JFHOD 2013" class="affiche_accueil" height="195" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/couverture_postu-2013-accueil.jpg" width="148" /></a></div>
<div class="row_right">
<h4>31<sup>&egrave;mes</sup> Journ&eacute;es <span class="h4_txt1">Francophones</span><span class="h4_txt2"> d&#39;H&eacute;pato-gastroent&eacute;rologie<br />
			et d&#39;Oncologie Digestive</span></h4>
<p class="date">Du 21 au 24 mars 2013 &agrave; Paris.</p>
<p class="theme">Th&eacute;matique : LA CHIRURGIE ET LA P&Eacute;DIATRIE</p>
<p class="suite"><a href="/rubrique/postu-main/">Textes des interventions</a></p>
</p></div>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
<div class="sep_line">&nbsp;</div>
</div>
<p class="sep">&nbsp;</p>
<div class="hbox slider_actualites">
<p class="rubrique">Actualit&eacute;s</p>
<script type="text/javascript">jQuery("html").addClass("smooth_slider_fouc");jQuery(document).ready(function() {   jQuery(".smooth_slider_fouc #smooth_slider_&quot;a-la-une&quot;").css({"display" : "block"}); });jQuery(document).ready(function() {
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			<!-- smooth_slideri --><a href="http://www.fmcgastro.org/a-la-une/best-of-2013/" title="Best&#8217;of 2013" ><img src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/bestof-2013-2.gif" alt="Best&#8217;of 2013" class="slider_thumbnail full smooth_slider_thumbnail" width="200" style="float:left;margin:0 10px 0 0px;max-height:130px;border:0px solid #dedede;width:200px;" /></a><h2 style="clear:none;line-height:17px;font-family:'Century Gothic','Avant Garde',sans-serif;font-size:14px;font-weight:bold;font-style:normal;color:#1b6888;margin:0 0 5px 0;"><a style="color:#1b6888;font-size:14px;font-weight:bold;font-style:normal;" href="http://www.fmcgastro.org/a-la-une/best-of-2013/">Best'of 2013</a></h2><span style="font-family:'Century Gothic','Avant Garde',sans-serif;font-size:12px;font-weight:normal;font-style:normal;color:#1B6888;"> 	Retrouvez dans la rubrique BEST&#39;OF 2013 les&nbsp;r&eacute;sum&eacute;s des meilleures communications scientifiques des JFHOD 2013.       </span>
				<p class="smooth_more"><a href="http://www.fmcgastro.org/a-la-une/best-of-2013/" style="color:#1b6888;font-family:'Century Gothic','Avant Garde',sans-serif;font-size:12px;">En savoir plus</a></p>
			
				<!-- /smooth_slideri -->
			</div></div><div id="smooth_slider_&quot;a-la-une&quot;_nav" class="smooth_nav"></div><div class="sldr_clearlt"></div><div class="sldr_clearrt"></div>
</div>
<p class="suite"><a href="http://www.fmcgastro.org/actualites">Toutes les actualit&eacute;s</a></p>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
</div>
<div class="dev hbox">
<p class="rubrique">&Eacute;v&egrave;nement labellis&eacute; FMC-HGE</p>
<div class="row_left">
<h5>Journ&eacute;e de gastroent&eacute;rologie<br />
			EPU de l&rsquo;Universit&eacute; Paris Diderot</h5>
<p>Gastroent&eacute;rologie le vendredi 6 janvier 2012<br />
			H&eacute;patologie le samedi 7 janvier 2012<br />
			Au Palais des Congr&egrave;s &ndash; Amphith&eacute;&acirc;tre Bordeaux</p>
</p></div>
<div class="row_right"><img alt="EPU de l’Université Paris Diderot" class="affiche_accueil" src="/wp-content/uploads/accueil/bloc_epu.jpg" /></p>
<p class="suite"><a href="/rubrique/labellisation-fmc-hge/evenements-labellises-fmc-hge/">Consulter le programme</a></p>
</p></div>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
</div>
<div class="dev hbox">
<div class="row_left">
<h5>4&deg; SEMINAIRE DE FORMATION CONTINUE<br />
			En partenariat avec la FMC HGE (France)</h5>
<p>H&ocirc;tel Hilton, Alger 11 et 12 octobre 2012</p>
</p></div>
<div class="row_right"><img alt="AGELA - Association des gastroentérologues libéraux de l’algérois" class="affiche_accueil" src="/wp-content/uploads/accueil/bloc_agela.jpg" /></p>
<p class="suite"><a href="/articles/agela-jeudi-11-octobre-2012">Consulter le programme</a></p>
</p></div>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
</div>
<div class="hbox">
<p class="rubrique">eFMC-HGE</p>
<div class="row_left" style="padding-left:0px;"><a href="http://www.fmcgastro.org/articles/lapplication-mobile-efmc-hge"><img class="float_l" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/01/visuel_support_appli.png" /></a></div>
<div class="row_right">
<div style="margin-right:20px;">
<h5>Application mobile de la FMC-HGE</h5>
<p class="texte_bleu">L&rsquo;application eFMC-HGE est disponible en version iPad, iPhone, smartphone Android et tablette Android.</p>
<p style="margin-top:10px;"><img alt="Télécharger dans l'App Store" class="aligncenter size-full wp-image-4575" height="40" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2012/07/Download_on_the_App_Store_Badge_FR_135x40_0801.png" style="margin-top:5px" title="Télécharger dans l'App Store" width="135" /> <img alt="Disponible sur Google Play" class="aligncenter" height="43" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/01/google_play.png" style="margin-top:5px; margin-left:18px;" title="Disponible sur Google Play" width="135" /></p>
</p></div>
<p class="suite"><a href="http://www.fmcgastro.org/articles/lapplication-mobile-efmc-hge">Plus d&rsquo;informations</a></p>
</p></div>
<div class="clear_hidden">&nbsp;</div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les cellules indépendantes dans le cancer gastrique ne sont pas un facteur de mauvais pronostic</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/actualites/les-cellules-independantes-dans-le-cancer-gastrique-ne-sont-pas-un-facteur-de-mauvais-pronostic/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/actualites/les-cellules-independantes-dans-le-cancer-gastrique-ne-sont-pas-un-facteur-de-mauvais-pronostic/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 08:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Best of 2013]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5583</guid>
		<description><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" />Sujet Pronostic de l&#39;ad&#233;nocarcinome gastrique &#224; cellules ind&#233;pendantes (ADCI) Connaissances Les donn&#233;es concernant le pronostic des ADCI sont discordantes M&#233;thode 279 patients dont 123 ADCI, op&#233;r&#233;s d&#39;un ad&#233;nocarcinome gastrique avec ou sans chimioth&#233;rapie p&#233;ri-op&#233;ratoire R&#233;sultat L&#39;ADCI, en analyse multivari&#233;e, n&#39;est pas de plus mauvais pronostic que les autres formes histologiques d&#39;ad&#233;nocarcinome gastrique. Les biais d&#39;inclusion [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" /><h1>Sujet</h1>
<p>Pronostic de l&#39;ad&eacute;nocarcinome gastrique &agrave; cellules ind&eacute;pendantes (ADCI)</p>
<h1>Connaissances</h1>
<p>Les donn&eacute;es concernant le pronostic des ADCI sont discordantes</p>
<h1>M&eacute;thode</h1>
<p>279 patients dont 123 ADCI, op&eacute;r&eacute;s d&#39;un ad&eacute;nocarcinome gastrique avec ou sans chimioth&eacute;rapie p&eacute;ri-op&eacute;ratoire</p>
<h1>R&eacute;sultat</h1>
<p>L&#39;ADCI, en analyse multivari&eacute;e, n&#39;est pas de plus mauvais pronostic que les autres formes histologiques d&#39;ad&eacute;nocarcinome gastrique. Les biais d&#39;inclusion demeurent n&eacute;anmoins nombreux dans ce travail.</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color:#666;"><br />
	</span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color:#666;">Auteur : Thibault Voron, Paris, CO.159<br />
	R&eacute;dacteur :&nbsp;Simon Pernot, Paris</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.fmcgastro.org/actualites/les-cellules-independantes-dans-le-cancer-gastrique-ne-sont-pas-un-facteur-de-mauvais-pronostic/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Polypes festonnés proximaux : formons nous pour les détecter</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/actualites/polypes-festonnes-proximaux-formons-nous-pour-les-detecter/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/actualites/polypes-festonnes-proximaux-formons-nous-pour-les-detecter/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 08:58:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Best of 2013]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5581</guid>
		<description><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" />Connaissances Polypes festonn&#233;s proximaux : formons nous pour les d&#233;tecter M&#233;thode 2979 patients (Hemoccult +) avec coloscopie compl&#232;te inclus. 18 endoscopistes (ayant fait plus de 30 coloscopies par campagne). Etaient &#233;tudi&#233;s : le taux de d&#233;tection (TD) des ad&#233;nomes, le TD des ad&#233;nomes distaux, le TD des ad&#233;nomes proximaux, le TD des polypes festonn&#233;s proximaux. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" /><h1>Connaissances</h1>
<p>Polypes festonn&eacute;s proximaux : formons nous pour les d&eacute;tecter</p>
<h1>M&eacute;thode</h1>
<p>2979 patients (Hemoccult +) avec coloscopie compl&egrave;te inclus. 18 endoscopistes (ayant fait plus de 30 coloscopies par campagne). Etaient &eacute;tudi&eacute;s : le taux de d&eacute;tection (TD) des ad&eacute;nomes, le TD des ad&eacute;nomes distaux, le TD des ad&eacute;nomes proximaux, le TD des polypes festonn&eacute;s proximaux.</p>
<h1>R&eacute;sultat</h1>
<p>Pas de variabilit&eacute; pour la d&eacute;tection des ad&eacute;nomes dans le c&ocirc;lon distal. <br />
	Variabilit&eacute; significative interendoscopistes pour la d&eacute;tection dans de le c&ocirc;lon proximal quel que soit le type histologique mais plus grande encore pour les polypes festonn&eacute;s (x15) que pour les ad&eacute;nomes (x4) : progressons&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color:#666;">Auteur : Bretagne JF et al. CO.158<br />
	R&eacute;dacteur :&nbsp;Mathilde Brasseur (Reims)</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>1ers résultats prometteurs pour la thérapie génique dans le cancer du pancréas.</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/actualites/1ers-resultats-prometteurs-pour-la-therapie-genique-dans-le-cancer-du-pancreas/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 08:56:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Best of 2013]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" />Sujet &#201;tude de faisabilit&#233; et de s&#233;curit&#233; d&#39;un ADN m&#233;dicament, le CYL-02, dans l&#39;ADK pancr&#233;atique non r&#233;s&#233;cable. M&#233;thode 22 patients ont &#233;t&#233; inclus dans cette &#233;tude de phase 1 en escalade de doses associant sur une dur&#233;e de 2 mois : 2 injections intra-tumorales sous &#233;cho-endoscopie de CYL-02 suivies par 2 cures de gemcitabine. R&#233;sultat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="200" height="130" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2013/03/best-of-2013.png" class="attachment-full wp-post-image" alt="best-of-2013" title="best-of-2013" style="float:left; margin:0 15px 15px 0;" /><h1>Sujet</h1>
<p>&Eacute;tude de faisabilit&eacute; et de s&eacute;curit&eacute; d&#39;un ADN m&eacute;dicament, le CYL-02, dans l&#39;ADK pancr&eacute;atique non r&eacute;s&eacute;cable.</p>
<h1>M&eacute;thode</h1>
<p>22 patients ont &eacute;t&eacute; inclus dans cette &eacute;tude de phase 1 en escalade de doses associant sur une dur&eacute;e de 2 mois : 2 injections intra-tumorales sous &eacute;cho-endoscopie de CYL-02 suivies par 2 cures de gemcitabine.</p>
<h1>R&eacute;sultat</h1>
<p>Sur les 20 patients ayant termin&eacute; l&#39;&eacute;tude on observe 100% de r&eacute;ussite des injections, une bonne tol&eacute;rance avec une am&eacute;lioration significative du taux de CA19.9. Il existe &eacute;galement une stabilisation ou une r&eacute;duction significatives de la taille tumorale.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color:#666;">Auteur : L. Buscail, Toulouse CO.160<br />
	R&eacute;dacteur :&nbsp;Julie Bertrand, Marseille</span></p>
<p><span style="color:#666;"><br />
	</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>[Atelier] Iléite terminale réfractaire</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/ileite-terminale-refractaire/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Mar 2013 08:38:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5558</guid>
		<description><![CDATA[PDF Diaporama Vid&#233;o Objectifs p&#233;dagogiques D&#233;finir l&#39;il&#233;tite terminale r&#233;fractaire Savoir d&#233;membrer les causes d&#39;&#233;chec du traitement conventionnel (hors anti-TNF) Quelles sont les indications indiscutables &#224; la chirurgie ? Lorsque les 2 options (m&#233;dicale et chirurgicale) sont possibles, indiquer leurs r&#233;sultats et discuter leurs avantages et inconv&#233;nients respectifs. D&#233;finir l&#8217;il&#233;ite terminale r&#233;fractaire Il n&#8217;y a actuellement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/ileite-terminale.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/stephane-benoist-denis-constantini_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/atelier-251/346/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>D&eacute;finir l&#39;il&eacute;tite terminale r&eacute;fractaire</li>
<li>Savoir d&eacute;membrer les causes d&#39;&eacute;chec du traitement conventionnel (hors anti-TNF)</li>
<li>Quelles sont les indications indiscutables &agrave; la chirurgie ?</li>
<li>Lorsque les 2 options (m&eacute;dicale et chirurgicale) sont possibles, indiquer leurs r&eacute;sultats et discuter leurs avantages et inconv&eacute;nients respectifs.</li>
</ul>
<h1>D&eacute;finir l&rsquo;il&eacute;ite terminale r&eacute;fractaire</h1>
<p>Il n&rsquo;y a actuellement pas de d&eacute;finition consensuelle de l&rsquo;il&eacute;ite terminale r&eacute;fractaire dans la maladie de Crohn. &nbsp;En ce qui concerne la longueur de l&rsquo;atteinte, on peut consid&eacute;rer raisonnablement qu&rsquo;une il&eacute;ite terminale correspond &agrave; une atteinte limit&eacute;e de la partie terminale de l&rsquo;il&eacute;on, qui selon la conf&eacute;rence de consensus de l&rsquo;ECCO ne doit pas d&eacute;passer 30 &agrave; 40 cm (1). Selon la conf&eacute;rence de consensus de l&rsquo;ECCO (1), une maladie de Crohn r&eacute;fractaire est la persistance ou la r&eacute;cidive d&rsquo;une maladie active symptomatique malgr&eacute; un traitement m&eacute;dical optimal bien conduit, quel qu&rsquo;il soit. Ainsi, Il n&rsquo;est pas pr&eacute;cis&eacute; &agrave; partir de quelle classe de traitement m&eacute;dical (cortico&iuml;de, immunosuppresseurs, ou anti-TNF), la maladie peut &ecirc;tre consid&eacute;rer comme r&eacute;fractaire. Pour cet expos&eacute;, comme beaucoup d&rsquo;auteurs (2, 3), nous avons consid&eacute;r&eacute; de fa&ccedil;on arbitraire qu&rsquo;une il&eacute;ite terminale r&eacute;fractaire &eacute;tait une atteinte limit&eacute;e de mois de 40 cm ayant r&eacute;sist&eacute; ou r&eacute;cidiv&eacute; &agrave; un traitement m&eacute;dical par cortico&iuml;de et/ou immunosuppresseur.</p>
<h1>Savoir d&eacute;membrer les causes d&rsquo;&eacute;chec du traitement conventionnel (hors anti-TNF)</h1>
<p>L&rsquo;&eacute;chec du traitement doit &ecirc;tre analys&eacute;, il n&rsquo;est pas toujours synonyme d&rsquo;absence d&rsquo;activit&eacute; anti-inflammatoire de la mol&eacute;cule qui pourrait &ecirc;tre &eacute;cart&eacute;e &agrave; tort. Il peut correspondre &agrave;&nbsp;(4) :</p>
<ul>
<li>une complication de la maladie comme un abc&egrave;s, une st&eacute;nose fibreuse serr&eacute;e ou un ad&eacute;nocarcinome du gr&ecirc;le ;</li>
<li>des sympt&ocirc;mes fonctionnels et non inflammatoires. Dans ce cas l&rsquo;&eacute;chec doit &ecirc;tre document&eacute; par l&rsquo;endoscopie ou l&rsquo;ent&eacute;ro-IRM et la biologie ;</li>
<li>La non adh&eacute;rence au traitement qui pourra &ecirc;tre objectiv&eacute;e par un dosage des 6 TG pour les thiopurines ;</li>
<li>En cas de traitement par thiopurines il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un dosage insuffisant n&eacute;cessitant une augmentation de l&rsquo;azathioprine &agrave; 3 mg/kg/j apr&egrave;s dosage des 6 TG si la tol&eacute;rance h&eacute;matologique le permet, ou d&rsquo;une dur&eacute;e insuffisante (&lt; 3 mois) ;</li>
<li>une intol&eacute;rance au traitement, certaines &eacute;tant d&eacute;finitives comme la pancr&eacute;atite sous thiopurines et la pneumopathie interstitielle sous Methotrexate.</li>
</ul>
<h1>Quelles sont les indications indiscutables de la chirurgie&nbsp;?</h1>
<p>En cas d&rsquo;il&eacute;ite r&eacute;fractaire, la chirurgie est indiscutable&nbsp;:</p>
<p><strong>En urgence</strong>, en cas de maladie perforante avec p&eacute;ritonite, ou &nbsp;d&rsquo;une st&eacute;nose serr&eacute;e responsable d&rsquo;une occlusion digestive ne se levant pas malgr&eacute; le traitement m&eacute;dical.</p>
<p><strong>A froid</strong> :</p>
<ul>
<li>en cas de pr&eacute;sence de dysplasie de moyen ou haut grade et &agrave; fortiori en cas d&rsquo;ad&eacute;nocarcinome du gr&ecirc;le associ&eacute;e.</li>
<li>en cas d&rsquo;abc&egrave;s, apr&egrave;s une antibioth&eacute;rapie et un &eacute;ventuel drainage percutan&eacute; ou chirurgical (si &gt; 3 cm) (4). Dans cette situation la chirurgie est g&eacute;n&eacute;ralement pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&rsquo;une nutrition artificielle qui semble diminuer la morbidit&eacute; post-op&eacute;ratoire (5).</li>
<li>en cas de st&eacute;nose symptomatique, la distinction entre la composante inflammatoire et fibreuse de la st&eacute;nose est souvent difficile (&eacute;tude &nbsp;CREOLE en cours pour d&eacute;terminer les &eacute;l&eacute;ments pronostiques &agrave; l&rsquo;imagerie de l&rsquo;efficacit&eacute; des anti-TNF), et la chirurgie peut &ecirc;tre discut&eacute;e soit de premi&egrave;re intention lorsque tous les marqueurs de l&rsquo;inflammation sont n&eacute;gatifs (4) soit le plus souvent apr&egrave;s un traitement par anti-TNF ou apr&egrave;s &eacute;chec de dilatation endoscopique.</li>
</ul>
<h1>Lorsque les 2 options (m&eacute;dicales et chirurgicales) sont possibles, indiquer leur r&eacute;sultats et discuter leurs avantages et inconv&eacute;nients respectifs.</h1>
<p>En cas d&rsquo;il&eacute;ite terminale r&eacute;fractaire non compliqu&eacute;e, un traitement par anti-TNF ou une r&eacute;section chirurgicale peuvent &ecirc;tre discut&eacute;s, et il n&rsquo;existe pas de consensus pour privil&eacute;gier une attitude par rapport &agrave; l&rsquo;autre (4).</p>
<h2>Traitement m&eacute;dical par anti-TNF</h2>
<p>Dans plusieurs essais contr&ocirc;l&eacute;s une r&eacute;ponse objective rapide (entre la deuxi&egrave;me et la quatri&egrave;me semaine) est observ&eacute;e chez pr&egrave;s de 60% des malades, et environ la moiti&eacute; des r&eacute;pondeurs le restent &agrave; un an. (3, 6, 7). Dans la pratique d&rsquo;un centre de r&eacute;f&eacute;rence prenant en charge des malades non s&eacute;lectionn&eacute;s, pr&eacute;s de 90% des patients r&eacute;pondent initialement au traitement, et &agrave; 5 ans 2/3 des r&eacute;pondeurs initiaux restent en r&eacute;ponse, au prix d&rsquo;une optimisation du traitement (dose augment&eacute;e et/ou intervalles diminu&eacute;s) chez la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux (8). A un an, une cicatrisation muqueuse d&eacute;finie par une absence d&rsquo;ulc&eacute;rations est obtenue chez 20-30% des patients ayant initialement des l&eacute;sions ulc&eacute;r&eacute;es (8, 9). Enfin, le traitement r&eacute;gulier par anti-TNF r&eacute;duit le nombre d&rsquo;hospitalisations et le recours &agrave; la chirurgie (6, 7).</p>
<p>Le taux d&rsquo;&eacute;chec cumul&eacute;s est d&rsquo;environ 10% par an soit du fait d&rsquo;un &eacute;chappement ou de la survenue d&rsquo;effets ind&eacute;sirables. De plus, chez des malades ayant bien r&eacute;pondu au traitement initialement, la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une chirurgie dans les 5 ans qui suivent l&rsquo;instauration du traitement est de l&rsquo;ordre de 18-20% (8).</p>
<p>En cas d&rsquo;il&eacute;ite r&eacute;fractaire la question qui se pose est de savoir si un traitement combin&eacute; (anti-TNF et immunossupresseurs) permet d&rsquo;am&eacute;liorer les r&eacute;sultats&nbsp;? L&rsquo;essai SONIC ne permet pas de r&eacute;pondre &agrave; cette question dans la mesure o&ugrave; les malades inclus n&rsquo;&eacute;taient pas en &eacute;chec des immunosuppresseurs. Une deuxi&egrave;me &eacute;tude utilisant la m&eacute;thode des trimestres chez des malades ayant une MICI trait&eacute;es par Infliximab (tr&egrave;s majoritairement des maladies de Crohn, en &eacute;chec d&rsquo;immunossuppresseurs) a montr&eacute; un b&eacute;n&eacute;fice du traitement combin&eacute; sur l&rsquo;activit&eacute; de la maladie (10). Cette &eacute;tude a &eacute;t&eacute; en partie confirm&eacute;e r&eacute;cemment par une 3&egrave;me &eacute;tude non encore publi&eacute;e (Reenaers et al, UEGW 2012) utilisant une m&eacute;thodologie similaire qui montrait un int&eacute;r&ecirc;t du traitement combin&eacute; uniquement dans les 6 premiers mois de traitement anti &ndash;TNF par Adalimumab.</p>
<p>Les effets secondaires des anti-TNF sont domin&eacute;s par le risque d&rsquo;infections s&eacute;v&egrave;res. R&eacute;cemment, Le registre TREAT incluant&nbsp; 6273 malades suivis en moyenne pendant 5,2 ans montrait qu&rsquo;un traitement par Infliximab &eacute;tait un facteur de risque ind&eacute;pendant de survenue de survenue d&rsquo;infection s&eacute;v&egrave;re (2,04/100 patients-ann&eacute;e, avec un HR = 1.43, 95 % CI = 1.11, 1.84; P = 0.006) mais n&rsquo;&eacute;tait pas responsable d&rsquo;une surmortalit&eacute; (11). En revanche il n&rsquo;y a pas de sur-risque d&eacute;tect&eacute; de cancer avec les anti-TNF (11) qui doivent &ecirc;tre utilis&eacute;s prudemment chez les malades ayant un ant&eacute;c&eacute;dent de cancer (4).</p>
<h2>Traitement chirurgical</h2>
<p>le traitement chirurgical permet d&rsquo;obtenir en cas d&rsquo;il&eacute;ite r&eacute;fractaire une r&eacute;ponse dans 100% des cas, en &laquo;&nbsp;blanchissant&nbsp;&raquo; la maladie. La mortalit&eacute; op&eacute;ratoire est quasi nulle, la morbidit&eacute; de l&rsquo;ordre de 10-17% (12, 13) et le risque d&rsquo;une stomie transitoire de l&rsquo;ordre de 5-9% (12, 13). A long terme, le risque de r&eacute;cidive apr&egrave;s chirurgie est de l&rsquo;ordre de 33% &agrave; 5 ans et de 44% &agrave; 10 ans (14). Les principaux facteurs de risque sont le tabac, un ant&eacute;c&eacute;dent de r&eacute;section, une maladie perforante et des manifestations ano-p&eacute;rin&eacute;ales (4, 14). Le risque d&rsquo;une nouvelle chirurgie est de l&rsquo;ordre de 29 &agrave; 37% &agrave; 10 ans (15, 16). Enfin, la r&eacute;mission clinique sans aucun traitement immunosuppresseur ou anti-TNF est observ&eacute; chez 2/3 des malades &agrave; 5 ans et chez la moiti&eacute; des malades &agrave; 10 ans (15).</p>
<p>La r&eacute;cidive endoscopique est beaucoup plus fr&eacute;quente (75% &agrave; 1 an, 90% &agrave; 10 ans) et sa s&eacute;v&eacute;rit&eacute; (score de Rutgeerts) est pr&eacute;dictive de la r&eacute;cidive clinique.</p>
<p>Les avantages du traitement chirurgical sont l&rsquo;obtention d&rsquo;une r&eacute;mission &agrave; long terme sans traitement avec une excellente qualit&eacute; de vie chez la majorit&eacute; des malades et l&rsquo;absence de toxicit&eacute; li&eacute;e au traitement et en particulier l&rsquo;absence de risque infectieux ou tumoral. Les inconv&eacute;nients sont la morbidit&eacute; op&eacute;ratoire et le risque de stomie transitoire de l&rsquo;ordre de 5-9% (12).</p>
<p>Le traitement m&eacute;dical pr&eacute;ventif post-op&eacute;ratoire est en plein bouleversement et les premiers r&eacute;sultats rapport&eacute;s concernant l&rsquo;administration en post-op&eacute;ratoire des anti-TNF&nbsp;sont excellents et encourageants: En prophylaxie primaire chez les MC &agrave; haut risque de r&eacute;cidive, les antiTNF abaissent la r&eacute;cidive endoscopique (&ge; i2) &agrave; 10% &agrave; 6-12 mois (17, et POCER De Cruz P. ECCO 2012)<br />
	En prophylaxie secondaire chez les patients ayant une r&eacute;cidive endoscopique (&ge; i2) les anti-TNF obtiennent 50% de cicatrisation partielle (&lt; i2) (18, et E. Boueyre, JFHOD 2012)</p>
<p><strong>En pratique</strong>, comment choisir entre ces 2 attitudes&nbsp;? Un essai contr&ocirc;l&eacute; hollandais (2) comparant ces deux attitudes chez des malades ayant une il&eacute;ite r&eacute;fractaire avait &eacute;t&eacute; construit pour r&eacute;pondre &agrave; cette question mais a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; r&eacute;cemment faute d&rsquo;inclusion. Classiquement en cas d&rsquo;atteinte un peu &eacute;tendue de 30-40 cm chez un malade &agrave; haut risque de r&eacute;cidive apr&egrave;s chirurgie, le traitement m&eacute;dical semble &ecirc;tre la meilleure option. En revanche en cas d&rsquo;atteinte courte de moins de 20 cm chez un malade jeune non fumeur &agrave; faible risque de r&eacute;cidive, la chirurgie semble &ecirc;tre la meilleure option. Mais l&rsquo;effet &laquo;&nbsp;booster&nbsp;&raquo; du blanchiment chirurgical sur le traitement antiTNF en pr&eacute;vention primaire lui redonne de l&rsquo;attractivit&eacute; chez les patients &agrave; haut risque. Dans tous les cas, le choix entre ces deux options th&eacute;rapeutiques devra &ecirc;tre discut&eacute; au cas par cas en r&eacute;union pluridisciplinaire.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Van Assche G, Dignass A, Panes J, et al. The second European evidence-based Consensus on the diagnosis and management of Crohn&#39;s disease: Definitions and diagnosis. J Crohn&rsquo;s Colitis 2010;4:7-27.</li>
<li>Eshuis EJ, Bemelman WA, van Bodegraven AA, et al. Laparoscopic ileocolic resection versus infliximab treatment of distal ileitis in Crohn&#39;s disease: a randomized multicenter trial (LIR!C-trial). BMC Surg 2008;8:15.</li>
<li>L&eacute;mann M, Mary JY, Duclos B, et al. Infliximab plus azathioprine for steroid-dependent Crohn&#39;s disease patients: a randomized placebo-controlled trial. Gastroenterology 2006;130:1054-61.</li>
<li>Dignass A, Van AsscheG,. Lindsay JO et al. The second European evidence-based consensus on the diagnosis and management of Crohn&#39;s disease: Current management. J Crohn&rsquo;s Colitis 2010;4:28-62.</li>
<li>Zerbib P, Koriche D, Truant S, et al. Pre-operative management is associated with low rate of post-operative morbidity in penetrating Crohn&#39;s disease. Aliment Pharmacol Ther 2010;32:459-65.</li>
<li>Hanauer SB, Feagan BG, Lichtenstein GR, et al. Maintenance infliximab for Crohn&#39;s disease: the ACCENT I randomised trial. Lancet 2002;359:1541-9.</li>
<li>Colombel JF, Sandborn WJ, Rutgeerts P, et al. Adalimumab for maintenance of clinical response and remission in patients with Crohn&#39;s disease: the CHARM trial. Gastroenterology 2007;132:52-65.</li>
<li>Schnitzler F, Fidder H, Ferrante M, et al. Long-term safety of infliximab for the treatment of inflammatory bowel disease: a single-centre cohort study. Gut 2009;58:501-8.</li>
<li>Rutgeerts P, Van Assche G, Sandborn WJ, et al. Adalimumab induces and maintains mucosal healing in patients with Crohn&#39;s disease: data from the EXTEND trial. Gastroenterology 2012;142:1102-1111.</li>
<li>Sokol H, Seksik P, Carrat F, et al. Usefulness of co-treatment with immunomodulators in patients with inflammatory bowel disease treated with scheduled infliximab maintenance therapy. Gut 2010;59:1363-8.</li>
<li>Lichtenstein GR, Rutgeerts P, Sandborn WJ, et al. A pooled analysis of infections, malignancy, and mortality in infliximab- and immunomodulator-treated adult patients with inflammatory bowel disease. Am J Gastroenterol 2012;107:1051-63.</li>
<li>Goyer P, Alves A, Bretagnol F, et al. Impact of complex Crohn&#39;s disease on the outcome of laparoscopic ileocecal resection: a comparative clinical study in 124 patients. Dis Colon Rectum 2009;52:205-10.</li>
<li>Tan JJ, Tjandra JJ. Laparoscopic surgery for Crohn&#39;s disease: a meta-analysis. Dis Colon Rectum 2007;50:576-85.</li>
<li>Bernell O, Lapidus A, Hellers G. Risk Factors for Surgery and Postoperative Recurrence in Crohn&rsquo;s Disease. Ann Surg;231:38-45.</li>
<li>Boualit M, Salleron J, Turck D, et al. Long-term outcome after first intestinal resection in pediatric-onset Crohn&#39;s disease: A population-based study. Inflamm Bowel Dis 2012 May 9. [Epub ahead of print]</li>
<li>Simillis C, Yamamoto T, Reese GE et al. A meta-analysis comparing incidence of recurrence and indication for reoperation after surgery for perforating versus nonperforating Crohn&#39;s disease. Am J Gastroenterol 2008;103:196-205.</li>
<li>Regueiro M, Schraut W, Baidoo L, et al. Infliximab prevents Crohn&#39;s disease recurrence after ileal resection. Gastroenterology 2009;136:441-50.</li>
<li>Yamamoto T, Umegae S, Matsumoto K. Impact of infliximab therapy after early endoscopic recurrence following ileocolonic resection of Crohn&#39;s disease: a prospective pilot study. Inflamm Bowel Dis 2009;15:1460-6.</li>
</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>Une il&eacute;ite r&eacute;fractaire peut &ecirc;tre d&eacute;finie par une atteinte de moins de 30 cm r&eacute;sistante aux cortico&iuml;des et/ou aux immunosuppresseurs.</li>
<li>Avant de conclure &agrave; l&#39;&eacute;chec du traitement par immunosuppresseurs, il faut s&#39;assurer que le traitement a &eacute;t&eacute; pris r&eacute;guli&egrave;rement, &agrave; une posologie adapt&eacute;e, pendant au moins 3 mois.</li>
<li>Dans les conditions de pratique quotidienne, en cas de MC r&eacute;fractaire, pr&eacute;s de 90% r&eacute;pondent au traitement anti-TNF et 2/3 restent r&eacute;pondeurs &agrave; 5 ans apr&egrave;s optimisation chez la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux.</li>
<li>En cas d&rsquo;il&eacute;ite r&eacute;fractaire, le traitement chirurgical permet d&rsquo;obtenir une r&eacute;mission compl&egrave;te sans traitement chez plus de la moiti&eacute; des malades &agrave; 10 ans.</li>
<li>En cas d&rsquo;il&eacute;ite r&eacute;fractaire, le choix entre un traitement m&eacute;dical par anti-TNF ou un traitement chirurgical doit &ecirc;tre discut&eacute; au cas par cas en r&eacute;union de concertation pluridisciplinaire.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Hémorragies digestives hautes : qui traiter en ambulatoire ?</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/hemorragies-digestives-hautes-qui-traiter-en-ambulatoire/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:13:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5026</guid>
		<description><![CDATA[<p>Urgence toujours fréquente, l'hémorragie digestive haute a vu son pronostic s'améliorer avec une nette réduction de la mortalité, notamment en cas d’hémorragie ulcéreuse (1). La stratégie thérapeutique s'est modifiée depuis la diffusion de méthodes hémostatiques modernes et la démonstration de l'intérêt des inhibiteurs de la pompe à protons qui potentialisent l’effet du traitement endoscopique (2). Dès la fin des années 1990, une prise en charge ambulatoire de certaines hémorragies ulcéreuses Forrest III (Tableau 1) était proposée et validée prospectivement (3). Dans ce travail de Lai et al. (3), la durée d’hospitalisation recommandée dans les cas plus sévères était comprise entre 3 et 4 jours. Cette attitude était en accord avec ce que l’on sait de l’histoire naturelle des hémorragies digestives ulcéreuses car 90 % des récidives hémorragiques surviennent durant les trois premiers jours (4). D’autres travaux sont venus confirmer qu’une prise en charge en ambulatoire de certaines hémorragies digestives hautes était possible (5-9). Une telle prise en charge est maintenant évoquée dans le consensus international publié en 2010 et dans les recommandations nord-américaines de 2012 (10-12). De plus, la réduction progressive et continue du nombre de lits d’hospitalisation traditionnelle comme les problèmes de coût, de plus en plus présents, rendent nécessaire la réflexion sur ce sujet. Nous tenterons donc ici de répondre à la question : qui traiter en ambulatoire ? Pour cela, il faudra s’intéresser aux facteurs de gravité et de récidive précoce des hémorragies digestives hautes. Pour finir, une «check-list» des critères permettant de recommander ou non une prise en charge en ambulatoire sera proposée.</p>
<h1>Hémorragies digestives de l’hypertension portale : pas d’ambulatoire !</h1>
<p>
Une prise en charge en ambulatoire n’est pas adaptée aux hémorragies de l’hypertension portale (HTP). Par définition, ces hémorragies surviennent chez des sujets ayant une comorbidité qui est un facteur péjoratif majeur du pronostic et dans beaucoup de travaux un facteur indépendant de récidive hémorragique (2, 4). De plus, en cas d’HTP, le risque de récidive hémorragique précoce persiste pendant les 5 premiers jours (13). Enfin, un traitement endoscopique est plus souvent réalisé en cas d’hémorragie par HTP (60 %) qu’en cas d’hémorragie ulcéreuse (30 %), ce qui témoigne aussi de la sévérité habituellement plus grande des hémorragies de l’HTP (13). Une prise en charge en ambulatoire ne pourra donc se discuter que pour les hémorragies non liées à une HTP et donc essentiellement pour les hémorragies ulcéreuses. Il n’y a pas beaucoup de données spécifiques sur les causes non ulcéreuses d’hémorragie haute, mais partageant avec ces dernières un pronostic commun, elles sont susceptibles d’être prises en charge en ambulatoire selon les mêmes critères que les hémorragies ulcéreuses.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/hemorragies-digestives-hautes.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/lesur-gilles_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-endoscopie/361/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
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<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>conna&icirc;tre les facteurs de gravit&eacute;</li>
<li>conna&icirc;tre les facteurs de r&eacute;cidive pr&eacute;coce</li>
<li>Etablir une &laquo;&nbsp;check-list&nbsp;&raquo; des crit&egrave;res permettant de traiter le malade en ambulatoire</li>
</ul>
<p>Urgence toujours fr&eacute;quente, l&#39;h&eacute;morragie digestive haute a vu son pronostic s&#39;am&eacute;liorer avec une nette r&eacute;duction de la mortalit&eacute;, notamment en cas d&rsquo;h&eacute;morragie ulc&eacute;reuse (1). La strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique s&#39;est modifi&eacute;e depuis la diffusion de m&eacute;thodes h&eacute;mostatiques modernes et la d&eacute;monstration de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t des inhibiteurs de la pompe &agrave; protons qui potentialisent l&rsquo;effet du traitement endoscopique (2). D&egrave;s la fin des ann&eacute;es 1990, une prise en charge ambulatoire de certaines h&eacute;morragies ulc&eacute;reuses Forrest III (Tableau 1) &eacute;tait propos&eacute;e et valid&eacute;e prospectivement (3). Dans ce travail de Lai et al. (3), la dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation recommand&eacute;e dans les cas plus s&eacute;v&egrave;res &eacute;tait comprise entre 3 et 4 jours. Cette attitude &eacute;tait en accord avec ce que l&rsquo;on sait de l&rsquo;histoire naturelle des h&eacute;morragies digestives ulc&eacute;reuses car 90 % des r&eacute;cidives h&eacute;morragiques surviennent durant les trois premiers jours (4). D&rsquo;autres travaux sont venus confirmer qu&rsquo;une prise en charge en ambulatoire de certaines h&eacute;morragies digestives hautes &eacute;tait possible (5-9). Une telle prise en charge est maintenant &eacute;voqu&eacute;e dans le consensus international publi&eacute; en 2010 et dans les recommandations nord-am&eacute;ricaines de 2012 (10-12). De plus, la r&eacute;duction progressive et continue du nombre de lits d&rsquo;hospitalisation traditionnelle comme les probl&egrave;mes de co&ucirc;t, de plus en plus pr&eacute;sents, rendent n&eacute;cessaire la r&eacute;flexion sur ce sujet. Nous tenterons donc ici de r&eacute;pondre &agrave; la question&nbsp;: qui traiter en ambulatoire&nbsp;? Pour cela, il faudra s&rsquo;int&eacute;resser aux facteurs de gravit&eacute; et de r&eacute;cidive pr&eacute;coce des h&eacute;morragies digestives hautes. Pour finir, une &laquo;check-list&raquo; des crit&egrave;res permettant de recommander ou non une prise en charge en ambulatoire sera propos&eacute;e.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--  		@page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm }  		P { margin-bottom: 0.21cm; direction: ltr; color: #000000; widows: 2; orphans: 2 }  		P.western { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }  		P.cjk { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt }  		P.ctl { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: ar-SA }  		A:link { color: #000080; so-language: zxx; text-decoration: underline }  		A:visited { color: #800000; so-language: zxx; text-decoration: underline }  	--></p>
<p class="legende">Tableau 1. Pr&eacute;valence et risques &eacute;volutifs en fonction des stades de la classification de Forrest en l&rsquo;absence de traitement endoscopique (r&eacute;f 2)</p>
<table border="1" cellpadding="5" cellspacing="0">
<colgroup>
<col width="69" />
<col width="226" />
<col width="132" />
<col width="198" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>Forrest</p>
</td>
<td width="226">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="132">
<p>pr&eacute;valence (%)</p>
</td>
<td width="198">
<p>r&eacute;cidive h&eacute;morragique (%)</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>I a</p>
</td>
<td width="226">
<p>h&eacute;morragie en jet</p>
</td>
<td width="132">
<p>12</p>
</td>
<td width="198">
<p>88</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>I b</p>
</td>
<td width="226">
<p>suintement diffus</p>
</td>
<td width="132">
<p>14</p>
</td>
<td width="198">
<p>10</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>II a</p>
</td>
<td width="226">
<p>vaisseau visible non h&eacute;morragique</p>
</td>
<td width="132">
<p>22</p>
</td>
<td width="198">
<p>50</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>II b</p>
</td>
<td width="226">
<p>caillot adh&eacute;rent</p>
</td>
<td width="132">
<p>10</p>
</td>
<td width="198">
<p>33</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>II c</p>
</td>
<td width="226">
<p>taches pigment&eacute;es</p>
</td>
<td width="132">
<p>10</p>
</td>
<td width="198">
<p>7</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="69">
<p>III</p>
</td>
<td width="226">
<p>crat&egrave;re &agrave; fond propre</p>
</td>
<td width="132">
<p>32</p>
</td>
<td width="198">
<p>3</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h1>H&eacute;morragies digestives de l&rsquo;hypertension portale&nbsp;: pas d&rsquo;ambulatoire&nbsp;!</h1>
<p>Une prise en charge en ambulatoire n&rsquo;est pas adapt&eacute;e aux h&eacute;morragies de l&rsquo;hypertension portale (HTP). Par d&eacute;finition, ces h&eacute;morragies surviennent chez des sujets ayant une comorbidit&eacute; qui est un facteur p&eacute;joratif majeur du pronostic et dans beaucoup de travaux un facteur ind&eacute;pendant de r&eacute;cidive h&eacute;morragique (2, 4). De plus, en cas d&rsquo;HTP, le risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique pr&eacute;coce persiste pendant les 5 premiers jours (13). Enfin, un traitement endoscopique est plus souvent r&eacute;alis&eacute; en cas d&rsquo;h&eacute;morragie par HTP (60 %) qu&rsquo;en cas d&rsquo;h&eacute;morragie ulc&eacute;reuse (30 %), ce qui t&eacute;moigne aussi de la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; habituellement plus grande des h&eacute;morragies de l&rsquo;HTP (13). Une prise en charge en ambulatoire ne pourra donc se discuter que pour les h&eacute;morragies non li&eacute;es &agrave; une HTP et donc essentiellement pour les h&eacute;morragies ulc&eacute;reuses. Il n&rsquo;y a pas beaucoup de donn&eacute;es sp&eacute;cifiques sur les causes non ulc&eacute;reuses d&rsquo;h&eacute;morragie haute, mais partageant avec ces derni&egrave;res un pronostic commun, elles sont susceptibles d&rsquo;&ecirc;tre prises en charge en ambulatoire selon les m&ecirc;mes crit&egrave;res que les h&eacute;morragies ulc&eacute;reuses.</p>
<h1>Facteurs de gravit&eacute; et de r&eacute;cidive h&eacute;morragique</h1>
<p>Evoquer une prise en charge en ambulatoire, c&rsquo;est avant tout tenter de pr&eacute;ciser avec fiabilit&eacute; les risques &eacute;volutifs de l&rsquo;&eacute;pisode h&eacute;morragique. Les facteurs de gravit&eacute; et de r&eacute;cidive des h&eacute;morragies digestives ulc&eacute;reuses sont bien &eacute;tudi&eacute;s dans la litt&eacute;rature (1, 2, 4) (Tableau 2). Les facteurs de gravit&eacute; sont essentiellement l&rsquo;importance de l&rsquo;h&eacute;morragie et le terrain alors que les &eacute;l&eacute;ments conditionnant les risques de r&eacute;cidive h&eacute;morragique sont surtout les caract&eacute;ristiques de l&rsquo;ulc&eacute;ration digestive (taille, si&egrave;ge, classification de Forrest) mais aussi, dans beaucoup d&rsquo;&eacute;tudes, l&rsquo;importance de l&rsquo;h&eacute;morragie et la comorbidit&eacute;. En d&rsquo;autres termes, une endoscopie sera le plus souvent n&eacute;cessaire avant d&rsquo;envisager une prise en charge en ambulatoire, car outre le diagnostic, elle fournira &eacute;galement des informations pronostiques. Cela implique de fait qu&rsquo;une prise en charge en ambulatoire est plus facilement envisageable lorsque le malade est admis aux heures ouvrables. Une arriv&eacute;e hors heures ouvrables ou lors d&rsquo;un week-end impose le plus souvent une hospitalisation qui permettra &agrave; l&rsquo;endoscopie d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e, comme recommand&eacute;, dans les 24 premi&egrave;res heures (2).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--  		@page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm }  		P { margin-bottom: 0.21cm; direction: ltr; color: #000000; widows: 2; orphans: 2 }  		P.western { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: fr-FR }  		P.cjk { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt }  		P.ctl { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 12pt; so-language: ar-SA }  	--></p>
<p class="legende">Tableau 2. Facteurs de gravit&eacute; et de r&eacute;cidive h&eacute;morragique des h&eacute;morragies ulc&eacute;reuses</p>
<p>(r&eacute;f 2, 4)</p>
<table border="1" cellpadding="5" cellspacing="0">
<colgroup>
<col width="304" />
<col width="300" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td height="256" width="304">
<p>Facteurs de gravit&eacute;</p>
<p>Terrain&nbsp;: &acirc;ge, comorbidit&eacute;</p>
<p>Retentissement h&eacute;modynamique</p>
<p>H&eacute;moglobin&eacute;mie &lt; 8 g /dl</p>
<p>Besoins transfusionnels &eacute;lev&eacute;s</p>
<p>Survenue d&rsquo;une r&eacute;cidive h&eacute;morragique</p>
</td>
<td width="300">
<p>Facteurs de r&eacute;cidive h&eacute;morragique</p>
<p>Forrest &eacute;lev&eacute;</p>
<p>Gros ulc&egrave;re</p>
<p>Certaines localisations (face post&eacute;rieure du bulbe, petite courbure gastrique)</p>
<p>Comorbidit&eacute;</p>
<p>Premi&egrave;re h&eacute;morragie abondante</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h1>Les scores d&rsquo;h&eacute;morragies digestives peuvent-ils aider&nbsp;?&nbsp;</h1>
<p>Le d&eacute;veloppement des scores d&rsquo;h&eacute;morragie digestive a eu pour but de mieux &eacute;valuer le pronostic et de guider la prise en charge. L&rsquo;utilisation d&rsquo;un score peut appara&icirc;tre comme une solution pour d&eacute;cider d&rsquo;une prise en charge en ambulatoire ou au contraire en hospitalisation. Avant d&rsquo;&eacute;tudier l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des scores dans cette optique, quelques remarques s&rsquo;imposent&nbsp;:</p>
<ol>
<li>aucun de ces scores ne s&rsquo;est r&eacute;ellement impos&eacute; par sa sup&eacute;riorit&eacute;&nbsp;;</li>
<li>ils sont plus utilis&eacute;s par les urgentistes que par les gastroent&eacute;rologues (14-16)&nbsp;;</li>
<li>il a parfois &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute; que le bon sens clinique faisait au moins aussi bien, voire mieux, que les scores (17)&nbsp;;</li>
<li>un seul de ces scores a &eacute;t&eacute; construit sp&eacute;cifiquement dans l&rsquo;optique de l&rsquo; ambulatoire (18).</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les scores les plus diffus&eacute;s sont&nbsp;:</p>
<p class="legende">Tableau 3. Score de ROCKALL (r&eacute;f 14)</p>
<table border="1" cellpadding="5" cellspacing="0">
<colgroup>
<col width="97" />
<col width="127" />
<col width="117" />
<col width="110" />
<col width="108" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="97">
<p>Variable</p>
</td>
<td width="127">
<p>0 points</p>
</td>
<td width="117">
<p>1 point</p>
</td>
<td width="110">
<p>2 points</p>
</td>
<td width="108">
<p>3 points</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="97">
<p>Age</p>
</td>
<td width="127">
<p>&lt; 60 ans</p>
</td>
<td width="117">
<p>60-79 ans</p>
</td>
<td width="110">
<p>&gt;79 ans</p>
</td>
<td width="108">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="97">
<p>Choc</p>
</td>
<td width="127">
<p>non (PAS* &gt;100mmHg, FC** &lt;100/min)</p>
</td>
<td width="117">
<p>tachycardie (&gt;100/min), PAS&gt;100mmHg</p>
</td>
<td width="110">
<p>hypotension et tachycardie (PAS &lt;100mmHg, FC &gt;100/min)</p>
</td>
<td width="108">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="97">
<p>Comorbidit&eacute;s</p>
</td>
<td width="127">
<p>pas de comorbidit&eacute;</p>
</td>
<td width="117">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="110">
<p>insuffisance cardiaque, maladie cardiaque isch&eacute;mique, autres comorbidit&eacute;s majeures</p>
</td>
<td width="108">
<p>insuffisance r&eacute;nale, insuffisance h&eacute;patique, cancer diss&eacute;min&eacute;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="97">
<p>Diagnostic</p>
</td>
<td width="127">
<p>Mallory-Weiss, pas de l&eacute;sion et pas de stigmates de saignement r&eacute;cent</p>
</td>
<td width="117">
<p>tous les autres diagnostics</p>
</td>
<td width="110">
<p>n&eacute;oplasie maligne intestinale sup&eacute;rieure</p>
</td>
<td width="108">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="97">
<p>Stigmates de saignement r&eacute;cent</p>
</td>
<td width="127">
<p>pas de stigmates</p>
</td>
<td width="117">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="110">
<p>sang frais dans le tract digestif sup&eacute;rieur, saignement actif, caillot, vaisseau visible</p>
</td>
<td width="108">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>* PAS : pression art&eacute;rielle systolique</p>
<p>** FC : fr&eacute;quence cardiaque</p>
<p>Le calcul du score se fait attribution d&#39;un nombre de points &agrave; chaque variable, le score total &eacute;tant calcul&eacute; par simple addition et varie entre 0 et 11.</p>
<p>Si le score clinique est 0 ou le score complet inf&eacute;rieur &agrave; 2 le risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique et de d&eacute;c&egrave;s est faible.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 4. Score de Blatchford (r&eacute;f 14)</p>
<table border="1" cellpadding="5" cellspacing="0">
<colgroup>
<col width="296" />
<col width="297" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>Crit&egrave;res &agrave; l&rsquo;admission</p>
</td>
<td width="297">
<p>valeurs</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>Ur&eacute;e sanguine (mmol/l)</p>
<p>6,5 &lt; 8</p>
<p>8-10</p>
<p>10-25</p>
<p>&gt;25</p>
</td>
<td width="297">
<p>&nbsp;</p>
<p>2</p>
<p>3</p>
<p>4</p>
<p>6</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>H&eacute;moglobine chez l&rsquo;homme (g/dl)</p>
<p>12-13</p>
<p>10- 12</p>
<p>&lt; 10</p>
</td>
<td width="297">
<p>&nbsp;</p>
<p>1</p>
<p>3</p>
<p>6</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>H&eacute;moglobine chez la femme (g/dl)</p>
<p>10-12</p>
<p>&lt;10</p>
</td>
<td width="297">
<p>&nbsp;</p>
<p>1</p>
<p>6</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>Pression art&eacute;rielle systolique (mmHg)</p>
<p>100 &#8211; 109</p>
<p>90-99</p>
<p>&lt;90</p>
</td>
<td width="297">
<p>&nbsp;</p>
<p>1</p>
<p>2</p>
<p>3</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="296">
<p>Autres crit&egrave;res</p>
<p>Fr&eacute;quence cardiaque &gt; 100/mm</p>
<p>M&eacute;l&eacute;na</p>
<p>Syncope</p>
<p>H&eacute;patopathie</p>
<p>Insuffisance cardiaque</p>
</td>
<td width="297">
<p>&nbsp;</p>
<p>1</p>
<p>1</p>
<p>2</p>
<p>2</p>
<p>2</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le score est compris entre 0 et 23.</p>
<p>Un score &lt; 3 est associ&eacute; &agrave; une n&eacute;cessit&eacute; de traitement inf&eacute;rieur &agrave; 1% des cas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>D&egrave;s la fin des ann&eacute;es 90, il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; qu&rsquo;un score de Rockall inf&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; 2 identifiait correctement les patients &agrave; faible risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique et de d&eacute;c&egrave;s (respectivement 4,3 % et 0,1%) (19). Mais un taux de r&eacute;cidive h&eacute;morragique de 4,3 % est sans doute trop &eacute;lev&eacute; pour pouvoir envisager une prise en charge en ambulatoire. Tham et al. (20) ont montr&eacute; dans une &eacute;tude r&eacute;trospective r&eacute;alis&eacute;e chez 102 sujets qu&rsquo;un score de Rockall sans endoscopie compris entre 0 et 3 &eacute;tait un indice fiable de risque &eacute;volutif faible permettant de r&eacute;duire le recours &agrave; l&rsquo;endoscopie initiale chez les patients qui pouvaient alors &ecirc;tre pris en charge en ambulatoire. Mais si aucun cas de r&eacute;cidive h&eacute;morragique ne survenait, 13 de ces 83 malades (15%) allaient requ&eacute;rir des transfusions. Gralnek et al. (21) ont montr&eacute; que le score de Rockall complet (avec l&rsquo;endoscopie) identifiait mieux les patients &agrave; bas risque que le seul score de Rockall pr&eacute;-endoscopique. Il est &agrave; noter que dans ce travail la r&eacute;alisation de l&rsquo;endoscopie aux urgences permettait de prendre en charge en ambulatoire la moiti&eacute; des h&eacute;morragies hautes. Toutefois, parmi les 56 malades pris en charge en ambulatoire, deux allaient avoir une r&eacute;cidive h&eacute;morragique et quatre n&eacute;cessiter une hospitalisation secondaire. Aucun d&eacute;c&egrave;s n&rsquo;&eacute;tait &agrave; d&eacute;plorer. Pendant la dur&eacute;e de l&rsquo;&eacute;tude, le nombre d&rsquo;admissions pour h&eacute;morragie digestive &eacute;tait de fait r&eacute;duit de 20 %.</p>
<p>Mais en fait, les donn&eacute;es concernant le score de Blatchford sont plus convaincantes. Stanley et al. (22) ont ainsi montr&eacute; dans un travail prospectif incluant 491 patients, que les 123 patients avec un score de Blatchford &agrave; z&eacute;ro (22 % de la population) pouvait &ecirc;tre pris en charge en ambulatoire sans risque sp&eacute;cifique. On notera toutefois que malgr&eacute; un score &agrave; z&eacute;ro, 30% des malades &eacute;taient hospitalis&eacute;s. Dans 23 cas (40%), une endoscopie programm&eacute;e &eacute;tait r&eacute;alis&eacute;e mais aucun geste h&eacute;mostatique ne s&rsquo;av&eacute;rait n&eacute;cessaire. Le suivi des malades ne s&rsquo;&eacute;tant pas pr&eacute;sent&eacute;s &agrave; l&rsquo;endoscopie ou pour lesquels une endoscopie n&rsquo;&eacute;tait pas propos&eacute;e ne mettait en &eacute;vidence ni r&eacute;cidive h&eacute;morragique, ni d&eacute;c&egrave;s dans les 6 mois. De plus, l&rsquo;utilisation de ce score faisait chuter le pourcentage d&rsquo;admissions de plus de 20%. Enfin, un travail prospectif r&eacute;cent ayant compar&eacute; le score de Rockall avant endoscopie et le score de Blatchford dans une population de 1087 patients, a montr&eacute; que le score moyen de Blatchford &eacute;tait significativement plus &eacute;lev&eacute; chez les malades requ&eacute;rant un geste endoscopique (p&lt;0,001 (23). Dans ce travail, un seuil de 0 (4,6 % des malades) pr&eacute;disait le non recours &agrave; l&rsquo;endoscopie th&eacute;rapeutique avec une sensibilit&eacute; de 100% (mais avec une sp&eacute;cificit&eacute; de 6,3 %) alors que le score de Rockall avant endoscopie &eacute;tait incapable de pr&eacute;dire correctement ce non recours. D&rsquo;autres &eacute;tudes ont montr&eacute; une meilleure sp&eacute;cificit&eacute; allant parfois jusqu&rsquo;&agrave; 40 % mais dans cette optique d&rsquo;ambulatoire, une sensibilit&eacute; &eacute;lev&eacute;e est l&rsquo;objectif prioritaire (identifier et garder toutes les h&eacute;morragies &agrave; risque &eacute;volutif est pr&eacute;f&eacute;rable m&ecirc;me si certaines h&eacute;morragies non s&eacute;v&egrave;res sont hospitalis&eacute;es par &laquo;&nbsp;exc&egrave;s&nbsp;&raquo;). Le travail prospectif de McLaughlin et al. (24) est lui aussi convaincant puisqu&rsquo;il a montr&eacute; chez 139 patients de moins de 70 ans avec score de Blatchford inf&eacute;rieur &agrave; 3 qu&rsquo;une prise en charge en ambulatoire &eacute;tait possible sans &eacute;v&egrave;nement p&eacute;joratif (24).</p>
<p>En 2004, Almela et al. (18) ont propos&eacute; un score sp&eacute;cifiquement d&eacute;di&eacute; &agrave; la prise en charge en ambulatoire, construit &agrave; partir d&rsquo;une &eacute;tude prospective de 581 cas d&rsquo;h&eacute;morragies hautes incluant 3 items (terrain, h&eacute;modynamique, r&eacute;sultats de l&rsquo;endoscopie) (Tableau 5). Semblant assez discriminant pour une &eacute;volution d&eacute;favorable (sensibilit&eacute;&nbsp;: 100% et sp&eacute;cificit&eacute;&nbsp;: 29 %) ou vers le d&eacute;c&egrave;s (sensibilit&eacute;&nbsp;: 78% et sp&eacute;cificit&eacute;&nbsp;: 38 %), ce travail aboutit &agrave; la conclusion qu&rsquo;un score sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; 3 impose une hospitalisation. Ce score n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; valid&eacute; de mani&egrave;re prospective.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--  		@page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm }  		@page:first { margin: 2.5cm }  		P { margin-bottom: 0.21cm; direction: ltr; color: #000000; widows: 2; orphans: 2 }  		P.western { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 22pt; so-language: fr-FR }  		P.cjk { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 22pt }  		P.ctl { font-family: "Times New Roman", serif; font-size: 22pt; so-language: ar-SA }  	--></p>
<p class="legende">Tableau 5. Score d&rsquo;Almela et al. (r&eacute;f 18)</p>
<p><em><u>Pass&eacute; m&eacute;dical </u></em></p>
<p>D&eacute;compensation cardiaque s&eacute;v&egrave;re&nbsp;: 3 points</p>
<p>Infarctus r&eacute;cent&nbsp;: 3 points</p>
<p>AVC r&eacute;cent&nbsp;: 3 points</p>
<p>Coagulopathie (INR sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave;1,5)&nbsp;: 3 points</p>
<p>Conditions socio-familiales d&eacute;favorables&nbsp;: 3 points</p>
<p>ATCD de chirurgie digestive&nbsp;: 2 points</p>
<p>Cachexie&nbsp;: 2 points</p>
<p>Cancer &eacute;volutif&nbsp;: 1 point</p>
<p>Alcoolisme chronique&nbsp;: 1 point</p>
<p><em><u>H&eacute;modynamique </u></em></p>
<p>s&eacute;v&egrave;rement alt&eacute;r&eacute;e&nbsp;: 3 points</p>
<p>mod&eacute;r&eacute;ment alt&eacute;r&eacute;e&nbsp;: 2 points</p>
<p><em><u>Endoscopie</u>&nbsp;</em></p>
<p>impossibilit&eacute; de la r&eacute;aliser&nbsp;: 3 points</p>
<p>h&eacute;morragie active, vaisseau visible, caillot adh&eacute;rent&nbsp;: 3 points</p>
<p>h&eacute;morragie par ulc&egrave;re duod&eacute;nal&nbsp;: 1 point</p>
<p>h&eacute;morragie de cause inconnue&nbsp;: 1 point</p>
<p>Le score est la somme de chaque item.</p>
<p>En cas de score sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; 3 n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une hospitalisation, en cas de score inf&eacute;rieur &agrave; 3 une gestion en ambulatoire est possible</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Quels risques associ&eacute;s &agrave; une prise en charge en ambulatoire&nbsp;?</h1>
<p>Le risque principal d&rsquo;une prise en charge en ambulatoire est la survenue d&rsquo;une r&eacute;cidive h&eacute;morragique hors d&rsquo;une structure m&eacute;dicalis&eacute;e. Toutefois, il est admis qu&rsquo;en mati&egrave;re d&rsquo;h&eacute;morragie digestive, les r&eacute;cidives se produisent g&eacute;n&eacute;ralement sur le m&ecirc;me mode que l&rsquo;&eacute;pisode initial (4). Ce risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique grave hors un centre sp&eacute;cialis&eacute; peut donc &ecirc;tre minimis&eacute; si l&rsquo;on prend garde d&rsquo;exclure de toute prise en charge ambulatoire une h&eacute;morragie initialement abondante. Ainsi, dans le travail prospectif de Lai et al. (3) ayant inclus 57 patients &acirc;g&eacute;s de moins de 60 ans sans signe d&rsquo;instabilit&eacute; h&eacute;modynamique, comorbidit&eacute; ou signe endoscopique de saignement r&eacute;cent, la gestion en ambulatoire n&rsquo;&eacute;tait associ&eacute;e &agrave; aucune r&eacute;cidive h&eacute;morragique ni chute significative de l&rsquo;h&eacute;moglobin&eacute;mie pendant la semaine suivant l&rsquo;&eacute;pisode h&eacute;morragique. De m&ecirc;me, dans le travail de Cipolletta et al. (6) qui a compar&eacute; la prise en charge en ambulatoire &agrave; une hospitalisation classique chez 95 patients ayant une h&eacute;morragie &agrave; faible risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique, les taux de r&eacute;cidive h&eacute;morragique dans les 2 groupes &eacute;taient respectivement de 2,1% et 2,2%. Enfin, le travail de Almela et al. (7) confirme lui aussi sur une population de 216 patients qu&rsquo;une strat&eacute;gie en ambulatoire est sans risque majeur avec seulement 0,5 % de r&eacute;cidive h&eacute;morragique. Dans un int&eacute;ressant travail publi&eacute; en 2006, Gisbert et al. (8) ont montr&eacute; que seulement 10 % des sujets &eacute;taient pris en charge en ambulatoire alors que 34% de leur population aurait pu l&rsquo;&ecirc;tre en utilisant des variables cliniques (pression art&eacute;rielle, fr&eacute;quence cardiaque) ou endoscopiques simples (classification de Forrest) (8). Le seul travail discordant est celui de Cooper et al. (9) qui montre une mortalit&eacute; importante (6,3 %) dans le groupe des malades trait&eacute;s en ambulatoire qui repr&eacute;sentaient 40 % de l&rsquo;effectif. Ce pourcentage &eacute;tonnement &eacute;lev&eacute; de prise en charge en ambulatoire explique probablement ce taux de mortalit&eacute; inacceptable.</p>
<p>Il faudra bien entendu s&rsquo;assurer que le malade a bien compris les enjeux de la prise en charge en ambulatoire, qu&rsquo;il est correctement inform&eacute; des risques de complication et de la strat&eacute;gie que la survenue de ces complications imposerait. Comme dans d&rsquo;autres circonstances au cours desquelles l&rsquo;ambulatoire est pratiqu&eacute;e, le patient devra &ecirc;tre entour&eacute; en cas de survenue d&rsquo;une complication.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Une prise en charge en ambulatoire est-elle possible apr&egrave;s h&eacute;mostase endoscopique&nbsp;?</h1>
<p>Une gestion en ambulatoire a parfois &eacute;t&eacute; propos&eacute;e apr&egrave;s un traitement endoscopique &agrave; vis&eacute;e h&eacute;mostatique. Ainsi dans le travail de Brullet et al. (5), qui a compar&eacute; la sortie pr&eacute;coce &agrave; une hospitalisation chez 82 patients sans comorbidit&eacute; ayant une h&eacute;morragie par ulc&egrave;re de moins de 15 mm de diam&egrave;tre sans hypovol&eacute;mie, les taux de r&eacute;cidive h&eacute;morragique &eacute;taient identiques dans les 2 groupes (5%) sans intervention chirurgicale ult&eacute;rieure ni d&eacute;c&egrave;s. Dans les 2 cas, le tableau clinique de r&eacute;cidive h&eacute;morragique &eacute;tait la persistance d&rsquo;un m&eacute;l&eacute;na plus de 48 heures avec lipothymies imposant un nouveau traitement h&eacute;mostatique ce qui sugg&egrave;re que le traitement initial n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; optimal. Ce travail unique et pas enti&egrave;rement convaincant ne permet donc pas de recommander une prise en charge ambulatoire apr&egrave;s h&eacute;mostase endoscopique.</p>
<p>Enfin pour terminer, on signalera que de nombreux travaux ont montr&eacute; que la prise en charge en ambulatoire &eacute;tait associ&eacute;e &agrave; des &eacute;conomies du co&ucirc;t de la prise en charge (6, 19, 25). Ainsi dans le travail de Cipolletta et al. (6), l&rsquo;&eacute;conomie r&eacute;alis&eacute;e dans une population de presque 100 malades &eacute;tait de l&rsquo;ordre de 3600 dollars.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>En pratique</h1>
<p>L&rsquo;ensemble de ces donn&eacute;es a particip&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;laboration de recommandations. Dans les recommandations nord-am&eacute;ricaines, il est clairement indiqu&eacute; que certains patients avec h&eacute;morragie ulc&eacute;reuse &agrave; risque faible de r&eacute;cidive h&eacute;morragique peuvent quitter l&rsquo;h&ocirc;pital apr&egrave;s l&rsquo;endoscopie (ce risque &eacute;tant &eacute;valu&eacute; sur des crit&egrave;res cliniques et endoscopiques) (10). Cette recommandation, class&eacute;e de niveau A (fort niveau de preuve) par le consensus nord-am&eacute;ricain, n&rsquo;a &eacute;t&eacute; class&eacute;e que de niveau de preuve mod&eacute;r&eacute; &agrave; faible par le consensus asiatique (26). Cette diff&eacute;rence est probablement li&eacute;e &agrave; une plus grande fr&eacute;quence des comorbidit&eacute;s chez les malades pris en charge en Asie avec des d&eacute;c&egrave;s non li&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;pisode h&eacute;morragique dans environ 80 % des cas (1). Les r&eacute;centes recommandations belges et britanniques n&rsquo;&eacute;voquent pas l&rsquo;ambulatoire et il n&rsquo;y a pas &agrave; l&rsquo;heure actuelle de recommandations fran&ccedil;aises (27, 28). En attendant, on peut raisonnablement proposer que les malades candidats &agrave; une prise en charge en ambulatoire doivent r&eacute;pondre aux crit&egrave;res suivants (Tableau 6). Cette attitude devra faire l&rsquo;objet d&rsquo;une &eacute;valuation.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 6. Proposition de crit&egrave;res pour une prise en charge en ambulatoire, score &laquo;HEMAMBU&raquo;</p>
<p align="JUSTIFY">Pass&eacute; m&eacute;dical</p>
<p align="JUSTIFY">D&eacute;compensation cardiaque s&eacute;v&egrave;re&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">Infarctus r&eacute;cent&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">AVC r&eacute;cent&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">Coagulopathie (INR sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave;1,5)&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">Conditions socio-familiales d&eacute;favorables&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">ATCD de chirurgie digestive&nbsp;: 2 points</p>
<p align="JUSTIFY">Cachexie&nbsp;: 2 points</p>
<p align="JUSTIFY">Cancer &eacute;volutif&nbsp;: 1 point</p>
<p align="JUSTIFY">Alcoolisme chronique&nbsp;: 1 point</p>
<p align="JUSTIFY">H&eacute;modynamique</p>
<p align="JUSTIFY">s&eacute;v&egrave;rement alt&eacute;r&eacute;e&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">mod&eacute;r&eacute;ment alt&eacute;r&eacute;e&nbsp;: 2 points</p>
<p align="JUSTIFY">Endoscopie&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY">impossibilit&eacute; de la r&eacute;aliser&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">h&eacute;morragie active, vaisseau visible, caillot adh&eacute;rent&nbsp;: 3 points</p>
<p align="JUSTIFY">h&eacute;morragie par ulc&egrave;re duod&eacute;nal&nbsp;: 1 point</p>
<p align="JUSTIFY">h&eacute;morragie de cause inconnue&nbsp;: 1 point</p>
<p align="JUSTIFY">Le score est la somme de chaque item.</p>
<p align="JUSTIFY">En cas de score sup&eacute;rieur ou &eacute;gal &agrave; 3 n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une hospitalisation, en cas de score inf&eacute;rieur &agrave; 3 une gestion en ambulatoire est possible</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>REFERENCES</h1>
<ul>
<li>
<p>le score de Rockall (Tableau 3), qui comprend une partie clinique et une endoscopie, initialement d&eacute;velopp&eacute; pour &eacute;valuer le risque de d&eacute;c&egrave;s,</p>
</li>
<li>
<p>et le score de Blatchford (Tableau 4), qui ne n&eacute;cessite pas d&rsquo;endoscopie, visant &agrave; pr&eacute;voir la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une intervention th&eacute;rapeutique sans pr&eacute;juger de sa nature (h&eacute;mostase endoscopique, transfusions, embolisation, chirurgie). Le score de Blatchford a parfois &eacute;t&eacute; contest&eacute; car il prend en compte l&rsquo;h&eacute;moglobin&eacute;mie initiale dont on connait les limites au tout d&eacute;but d&rsquo;une h&eacute;morragie digestive (14).</p>
</li>
</ul>
<p>Tableau 3. Score de ROCKALL (r&eacute;f 14)</p>
<ol>
<li>
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</li>
</ol>
<h1>LES 5 POINTS FORTS</h1>
<ol>
<li>
<p>Les h&eacute;morragies digestives li&eacute;es &agrave; l&rsquo;hypertension portale ne rel&egrave;vent pas de la prise en charge ambulatoire.</p>
</li>
<li>
<p>La prise en charge en ambulatoire des h&eacute;morragies digestives hautes non li&eacute;es &agrave; une hypertension portale concerne potentiellement 10% &agrave; 30 % des h&eacute;morragies communautaires.</p>
</li>
<li>
<p>Une endoscopie pr&eacute;alable est le plus souvent n&eacute;cessaire.</p>
</li>
<li>
<p>Le score clinico-biologique de Blatchford peut aider &agrave; reconna&icirc;tre les candidats &agrave; l&rsquo;ambulatoire.</p>
</li>
<li>
<p>La prise en charge ambulatoire doit &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute;e&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p>aux patients de moins de 70 ans,</p>
</li>
<li>
<p>sans comorbidit&eacute;,</p>
</li>
<li>
<p>aux h&eacute;morragies interrompues, non abondantes et &agrave; faible risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique en tenant compte de la cause de l&rsquo;h&eacute;morragie et de la classification de Forrest qui doit &ecirc;tre inf&eacute;rieure &agrave; II b, ce qui exclut les malades trait&eacute;s par h&eacute;mostase endoscopique.</p>
</li>
</ul>
</li>
<li>
<p>Les malades doivent &ecirc;tre inform&eacute;s de la conduite &agrave; tenir en cas de r&eacute;cidive h&eacute;morragique et capable de pouvoir se rendre &agrave; nouveau en centre sp&eacute;cialis&eacute;.</p>
</li>
</ol>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/hemorragies-digestives-hautes-qui-traiter-en-ambulatoire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Endoscopie digestive, anti-Coagulants et anti-agrégants : faut-il encore modifier nos pratiques en 2013 ?</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/articles/endoscopie-digestive-anti-coagulants-et-anti-agregants%c2%a0-faut-il-encore-modifier-nos-pratiques-en-2013%c2%a0/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/articles/endoscopie-digestive-anti-coagulants-et-anti-agregants%c2%a0-faut-il-encore-modifier-nos-pratiques-en-2013%c2%a0/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:13:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[articles]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5038</guid>
		<description><![CDATA[<p>L’augmentation des prescriptions d’anti-agrégants plaquettaires (AAP ) ou d’anticoagulants (ACG), habituellement des anti-vitamines K (AVK) est la conséquence d’une meilleure prise en charge du risque thrombo-embolique mais aussi du vieillissement naturel de la population(1). La réalisation d’endoscopies digestives à visée diagnostique ou thérapeutique, pose dans ce contexte un double problème : celui de l’appréciation du risque hémorragique lié directement à l’acte endoscopique et celui du risque thrombotique qui découle des modifications éventuelles du traitement préventif. De plus, l’arrêt intempestif des AAP chez un patient coronarien porteur de stents, est un facteur de risque majeur de thrombose pour tous les stents, mais encore plus pour les porteurs d’un stent actif (1).</p>
<p>
Nous disposons de deux recommandations récentes sur ce thème : la publication de la société européenne d’endoscopie digestive (ESGE) en 2011 (2) et depuis peu la recommandation de l’HAS issue d’un partenariat avec la SFED (3) qui vient donc renouveler les recommandations publiées en 2006 (3) et ainsi compléter la recommandation HAS sur la gestion des AVK (4).
</p>
<p>
La réalisation d’un examen endoscopique chez un patient sous ACG ou AAP implique d’avoir une bonne connaissance de ces recommandations récentes qui doivent nous permettre de résoudre les problèmes principaux qui sont posés concernant :
</p>
<ul>
<li>le risque thrombotique du patient et les différents traitements préventifs</li>
<li>le risque hémorragique potentiel de l’acte endoscopique</li>
<li>les modalités de reprise du traitement anti-thrombotique après un acte endoscopique à risque </li>
<ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/endoscopie-digestive.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/boustiere-christian_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-endoscopie/362/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Evaluer le risque thrombotique li&eacute; &agrave; l&#39;arr&ecirc;t ou &agrave; la diminution des anticoagulants / antiagr&eacute;gants plaquettaires en fonction de la maladie cardio-vasculaire</li>
<li>Conna&icirc;tre les risque h&eacute;moragiques des gestes endoscopiques r&eacute;alis&eacute;s sous anticoagulants ou antiagr&eacute;gants plaquettaires</li>
<li>Savoir moduler le traitement anti-thrombotique en fonction du geste endoscopique, et la surveillance apr&egrave;s la proc&eacute;dure</li>
</ul>
<p>L&rsquo;augmentation des prescriptions d&rsquo;anti-agr&eacute;gants plaquettaires (AAP ) ou d&rsquo;anticoagulants (ACG), habituellement des anti-vitamines K (AVK) est la cons&eacute;quence d&rsquo;une meilleure prise en charge du risque thrombo-embolique mais aussi du vieillissement naturel de la population(1). La r&eacute;alisation d&rsquo;endoscopies digestives &agrave; vis&eacute;e diagnostique ou th&eacute;rapeutique, pose dans ce contexte un double probl&egrave;me&nbsp;: celui de l&rsquo;appr&eacute;ciation du risque h&eacute;morragique li&eacute; directement &agrave; l&rsquo;acte endoscopique et celui du risque thrombotique qui d&eacute;coule des modifications &eacute;ventuelles du traitement pr&eacute;ventif. De plus, l&rsquo;arr&ecirc;t intempestif des AAP chez un patient coronarien porteur de stents, est un facteur de risque majeur de thrombose pour tous les stents, mais encore plus pour les porteurs d&rsquo;un stent actif (1).</p>
<p>Nous disposons de deux recommandations r&eacute;centes sur ce th&egrave;me&nbsp;: la publication de la soci&eacute;t&eacute; europ&eacute;enne d&rsquo;endoscopie digestive (ESGE) en 2011 (2) et depuis peu la recommandation de l&rsquo;HAS issue d&rsquo;un partenariat avec la SFED (3) qui vient donc renouveler les recommandations publi&eacute;es en 2006 (3) et ainsi compl&eacute;ter la recommandation HAS sur la gestion des AVK (4).</p>
<p>La r&eacute;alisation d&rsquo;un examen endoscopique chez un patient sous ACG ou AAP implique d&rsquo;avoir une bonne connaissance de ces recommandations r&eacute;centes qui doivent nous permettre de r&eacute;soudre les probl&egrave;mes principaux qui sont pos&eacute;s concernant&nbsp;:</p>
<ol>
<li>
<p>le risque thrombotique du patient et les diff&eacute;rents traitements pr&eacute;ventifs</p>
</li>
<li>
<p>le risque h&eacute;morragique potentiel de l&rsquo;acte endoscopique</p>
</li>
<li>
<p>les modalit&eacute;s de reprise du traitement anti-thrombotique apr&egrave;s un acte endoscopique &agrave; risque&nbsp;</p>
</li>
</ol>
<h1>Evaluation du risque thrombotique du patient et modalit&eacute;s des traitements anti-thrombotiques.</h1>
<p>C&rsquo;est en concertation avec le m&eacute;decin prescripteur, le plus souvent cardiologue mais aussi anesth&eacute;siste, que les modifications ou arr&ecirc;t du traitement pr&eacute;ventif doivent &ecirc;tre envisag&eacute;es en &eacute;valuant, au cas par cas, le rapport b&eacute;n&eacute;fice/risque de l&rsquo;endoscopie dont l&rsquo;indication devra &ecirc;tre &eacute;videmment valid&eacute;e ou parfois diff&eacute;r&eacute;e dans ce contexte particulier. Il faut d&rsquo;embl&eacute;e distinguer les traitements anticoagulants et antiagr&eacute;gants&nbsp;:</p>
<h2>Les patients sous anticoagulants.</h2>
<p>En g&eacute;n&eacute;ral, il s&rsquo;agit d&rsquo;une pr&eacute;vention obligatoire temporaire ou d&eacute;finitive pour maladie valvulaire, arythmie, complications veineuses thrombo-emboliques ou certains syndromes d&rsquo;hypercoagulabilit&eacute;. Le traitement habituel repose sur la prise d&rsquo;anti-vitamines K (AVK) dont l&rsquo;efficacit&eacute; est contr&ocirc;l&eacute;e par les dosages sanguins du TP et surtout de l&rsquo;INR qui sera compris en g&eacute;n&eacute;ral entre 2 et 3. Dans ce cas, il faut mettre en place un traitement relais par h&eacute;parine non fractionn&eacute;e (HNF) ou fractionn&eacute;e (HBPM) selon le degr&eacute; d&rsquo;anticoagulation requis et ne r&eacute;aliser l&rsquo;endoscopie que lorsque le taux d&rsquo;INR sera normalis&eacute;. L&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;h&eacute;parine sera effectu&eacute; le jour de l&rsquo;examen en respectant un d&eacute;lai de 6 heures apr&egrave;s la derni&egrave;re injection d&rsquo;HNF ou de 12 &agrave; 24 h apr&egrave;s la derni&egrave;re injection d&rsquo;HBPM de fa&ccedil;on &agrave; ce que le geste soit r&eacute;alis&eacute; dans une fen&ecirc;tre d&rsquo;isocoagulabilit&eacute; tol&eacute;rable pour le risque cardio-vasculaire du patient.</p>
<p>L&rsquo;utilisation r&eacute;cente de nouveaux ACG oraux qui sont des inhibiteurs directs anti-Xa , le dabigatran ou le rivaroxaban, posent des probl&egrave;mes sp&eacute;cifiques. Ils doivent en principe &ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute;s 3 &agrave; 5 jours avant le geste mais il n&rsquo;y a pas de test pour contr&ocirc;ler le retour de la coagulation &agrave; la normale. Un relais par HBPM peut &ecirc;tre envisag&eacute; en fonction du risque thrombotique du patient. Le risque de saignement para&icirc;t plus &eacute;lev&eacute; avec ces nouveaux ACG en particulier chez les sujets &acirc;g&eacute;s, en cas de diab&egrave;te d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; ou d&rsquo;insuffisance r&eacute;nale. Il n&rsquo;y a pas actuellement de traitement antagoniste disponible.<br />
	En pratique, aucun geste &agrave; risque h&eacute;morragique ne peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; chez un patient dont les ACG ont &eacute;t&eacute; poursuivis mais cela ne contrindique pas la r&eacute;alisation d&rsquo;un geste diagnostique si l&rsquo;urgence le n&eacute;cessite.</p>
<h2>Les patients sous anti-agr&eacute;gants plaquettaires: niveaux de risque, modalit&eacute;s d&rsquo;utilisation (5)</h2>
<p>Ces patients sont le plus souvent des coronariens porteurs de stents dont le but du traitement est la pr&eacute;vention de la st&eacute;nose du stent pouvant aboutir &agrave; un accident coronarien aigu. Ce risque est plus important dans le mois qui suit la pose et il est major&eacute; pour les stents actifs du fait de la non re-colonisation endoth&eacute;liale de la lumi&egrave;re du stent. Cependant, l&rsquo;arriv&eacute;e de nouveaux stents actifs pourrait permettre de diminuer ce risque de rest&eacute;nose et faciliter ainsi les modifications du traitement pr&eacute;ventif.</p>
<p>On peut classer ainsi le risque thrombotique en 2 niveaux selon la date l&rsquo;accident coronarien, de pose du stent, sa nature (nu ou actif) et les facteurs de risques associ&eacute;s* (diab&egrave;te, st&eacute;noses coronaires complexes, alt&eacute;ration de la fonction ventriculaire, ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;accident vasculaire c&eacute;r&eacute;bral), selon la recommandation de la Soci&eacute;t&eacute; Fran&ccedil;aise d&rsquo;Anesth&eacute;sie R&eacute;animation en 2006&nbsp;(6)</p>
<ul>
<li>
<p>Risque majeur :&nbsp;</p>
<ul>
<li>
<p>syndrome coronarien aigu &lt; 1 mois</p>
</li>
<li>
<p>pose r&eacute;cente de stent (actif ou nu) &lt; 1 mois,</p>
</li>
<li>
<p>stent actif de moins de 12 mois</p>
</li>
</ul>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p>Risque mod&eacute;r&eacute; :</p>
<ul>
<li>
<p>stent nu &gt; 1 mois ou stent actif &gt; 12 mois apr&egrave;s la pose,&nbsp;</p>
</li>
<li>
<p>maladie coronarienne contr&ocirc;l&eacute;e&nbsp;;</p>
</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>* Un patient class&eacute; en risque mod&eacute;r&eacute; mais avec facteurs de risques pr&eacute;sents ou une maladie coronarienne instable doit &ecirc;tre reclass&eacute; en risque majeur.</p>
<h3>Les anti-agr&eacute;gants disponibles&nbsp;:</h3>
<p>Ils sont actuellement au nombre de quatre et agissent sur l&rsquo;agr&eacute;gabilit&eacute; suivant des m&eacute;canismes diff&eacute;rents. Ils doivent donc &ecirc;tre utilis&eacute;s en fonction de leurs caract&eacute;ristiques (6)&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p>L&rsquo;aspirine &agrave; faible dose, 75 &agrave; 150 mg, est un inhibiteur du thromboxane A2, qui est une &eacute;tape initiale de l&rsquo;activation plaquettaire.</p>
</li>
<li>
<p>Les thienopyridines (clopidogrel et prasugrel (Efient&reg;)), dos&eacute;s &agrave; 75 mg, agissent sur le r&eacute;cepteur membraire P2Y12 qui active le syst&egrave;me cytochromique apr&egrave;s transformation h&eacute;patique en un m&eacute;tabolite actif. Cette inhibition est irr&eacute;versible. Certains patients ont une r&eacute;sistance naturelle &agrave; ces m&eacute;dicaments en raison d&rsquo;une mutation sur le r&eacute;cepteur n&eacute;cessitant l&rsquo;augmentation des doses ou l&rsquo;utilisation du prasugrel qui est plus puissant. La recherche de cette mutation peut &ecirc;tre effectu&eacute;e par des tests salivaires qui ne sont pas r&eacute;alisables en pratique courante. Les risques de saignements sont plus importants avec le prasugrel, en particulier chez le sujet &acirc;g&eacute; ou en cas d&rsquo;insuffisance r&eacute;nale.</p>
</li>
<li>
<p>Le ticagrelor. (Brilique&reg;). Ce nouvel anti-agr&eacute;gant est une triazolo-pyrimidine qui agit aussi en bloquant le recepteur P2Y12 mais son originalit&eacute; vient du fait que cette action est directe sans transformation h&eacute;patique et surtout elle est r&eacute;versible. Le ticagr&eacute;lor est plus puissant que le clopidogrel, moins sujet aux variations d&rsquo;efficacit&eacute; et permettrait un arr&ecirc;t plus court en cas de geste &agrave; risque h&eacute;morragique. Certains effets secondaires (dyspn&eacute;e) et une plus grande fr&eacute;quence de saignements limitent encore son utilisation.</p>
</li>
</ul>
<p>Il est habituel de combiner deux antiagr&eacute;gants chez les patients avec un niveau majeur de risque. Cette double anti-agr&eacute;gation utilise toujours l&rsquo;aspirine faible dose (75 mg) qui sera associ&eacute;e habituellement au clopidrogel (75 mg) plus rarement au prasugrel ou au ticagrelor. Une dose de charge, 3 &agrave; 6 fois la dose unitaire, est souvent utilis&eacute;e en phase aigu&euml; ou lors de la reprise du m&eacute;dicament chez des patients &agrave; tr&egrave;s haut risque.</p>
<p>Le niveau de risque mod&eacute;r&eacute; n&eacute;cessite en principe le maintien &agrave; vie d&rsquo;un AAP en monoth&eacute;rapie et il s&rsquo;agit le plus souvent de l&rsquo;aspirine, plus rarement du clopidogrel. Actuellement, le prasugrel et le ticagrelor n&rsquo;ont pas l&rsquo;indication pour une utilisation en monoth&eacute;rapie et seront donc toujours associ&eacute;s &agrave; l&rsquo;aspirine.</p>
<p>Aucun traitement de substitution n&rsquo;a fait la preuve de son efficacit&eacute;. La prescription d&rsquo;une HBPM &agrave; titre de relais n&rsquo;est pas recommand&eacute;e en cas d&rsquo;arr&ecirc;t des AAP chez un patient &agrave; risque majeur. Il en va de m&ecirc;me pour les anti inflammatoires non st&eacute;ro&iuml;diens qui ont &eacute;t&eacute; test&eacute;s, tel que le C&eacute;butid&reg;.</p>
<p>En fait, chez tout patient ayant un risque thrombotique majeur, il faudra maintenir le traitement par AAP en monoth&eacute;rapie, le plus souvent aspirine &agrave; faible dose (75 mg) durant le geste endoscopique car l&rsquo;arr&ecirc;ter m&ecirc;me pour une p&eacute;riode la plus courte possible expose &agrave; la survenue d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements cardio-vasculaires graves d&eacute;crits dans les 7 jours suivants l&rsquo;arr&ecirc;t complet. En revanche, la poursuite du clopidogrel et a fortiori du prasugrel ne peut &ecirc;tre recommand&eacute;e du fait du peu d&rsquo;&eacute;tudes disponibles et d&rsquo;un risque h&eacute;morragique certainement plus important.&nbsp;</p>
<h3>- Modalit&eacute;s d&rsquo;arr&ecirc;t et de reprise des AAP.</h3>
<p>L&rsquo;action des ces AAP est irr&eacute;versible (except&eacute; le ticagrelor) sur la fonction plaquettaire et il faudra donc attendre la production d&rsquo;un contingent de nouvelles plaquettes. En principe, un d&eacute;lai de 5 jours est suffisant pour retrouver une agr&eacute;gabilit&eacute; satisfaisante &agrave; condition que le chiffre de plaquettes soit sup&eacute;rieur &agrave; 100 000. <br />
	<em>Il est donc recommand&eacute;&nbsp;</em>:</p>
<ul>
<li>
<p><em>un arr&ecirc;t de 5 jours pour aspirine et clopidogrel </em></p>
</li>
<li>
<p><em>un arr&ecirc;t de 7 jours pour le prasugrel.</em></p>
</li>
</ul>
<p>Le ticagrelor, qui est un inhibiteur direct et r&eacute;versible de l&rsquo;activation plaquettaire, permettrait un arr&ecirc;t plus court de 3 &agrave; 5 jours pour retrouver une agr&eacute;gabilit&eacute; suffisante. Son efficacit&eacute; est &eacute;quivalente &agrave; celle du prasugrel et il partage les m&ecirc;mes risques de saignements major&eacute;s chez le sujet &acirc;g&eacute; . De plus, l&rsquo;introduction r&eacute;cente de ces nouveaux AAP, ne permet pas de disposer d&rsquo;&eacute;tudes sur les risques sp&eacute;cifiques lors d&rsquo;une endoscopie digestive ce qui rend leur arr&ecirc;t imp&eacute;ratif pour tout geste &agrave; risque h&eacute;morragique.</p>
<p>Aucun test biologique n&rsquo;est actuellement r&eacute;alisable en routine pour appr&eacute;cier le niveau d&rsquo;action des AAP sur la fonction plaquettaire ou son retour &agrave; la normale apr&egrave;s arr&ecirc;t. Certains tests de r&eacute;sistance plaquettaire ou d&rsquo;agr&eacute;gabilit&eacute; (PRI, Verify Now&reg;) sont actuellement utilis&eacute;s en phase aigu&euml; dans les services sp&eacute;cialis&eacute;s pour adapter la dose de charge en fonction du profil m&eacute;tabolique du patient. <br />
	<em>En pratique, il est recommand&eacute;&nbsp;</em>:</p>
<p><em>- de ne pas r&eacute;aliser un bilan d&rsquo;h&eacute;mostase syst&eacute;matique avant un acte endoscopique</em></p>
<p><em>- de faire doser le taux de plaquettes</em></p>
<p><em>- un interrogatoire orient&eacute; sur la recherche d&rsquo;&eacute;ventuels saignements spontan&eacute;s qui pourrait traduire l&rsquo;existence d&rsquo;une maladie constitutionnelle de l&rsquo;h&eacute;mostase.</em></p>
<h1>Le risque h&eacute;morragique potentiel des actes endoscopiques</h1>
<p>La gestion du patient et de l&rsquo;acte sont tr&egrave;s diff&eacute;rentes selon le traitement en cours. Les principaux actes endoscopiques sont &eacute;valu&eacute;s en fonction de leur risque h&eacute;morragique et de la majoration &eacute;ventuelle de ce risque sous AAP ou ACG en s&rsquo;appuyant sur les recommandations actuelles. (Tableau 1)</p>
<p class="legende">Tableau 1&nbsp;: Guide de r&eacute;f&eacute;rence rapide pour l&rsquo;utilisation des AAP et diff&eacute;rents types d&rsquo;endoscopie</p>
<table border="1" cellpadding="7" cellspacing="0" width="593">
<colgroup>
<col width="97" />
<col width="232" />
<col width="99" />
<col width="109" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td height="10" width="97">
<p><strong>Risque h&eacute;morragique</strong></p>
</td>
<td width="232">
<p><strong>Acte endoscopique</strong></p>
</td>
<td width="99">
<p><strong>Maintien aspirine</strong></p>
</td>
<td width="109">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Maintien clopidogrel ou prasugrel *</strong></span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td rowspan="8" width="97">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Risque faible </span></p>
</td>
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Endoscopie haute et coloscopie </span></p>
<p>+/&ndash; biopsie</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>OUI</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">&Eacute;choendoscopie sans ponction </span></p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>OUI</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Polypectomie colique &lt;1&nbsp;cm</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">NON (oui**)</span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Dilatation des st&eacute;noses digestives</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Echoendo-ponction de masses solides</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Pose de proth&egrave;ses digestives</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>CPRE sans SE, avec pose de proth&egrave;se ou dilatation papillaire par ballonet</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>OUI</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Coagulation Plasma Argon</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">NON</span><span lang="fr-FR">&dagger;</span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td height="10" width="97">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="232">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="99">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="109">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td height="13" rowspan="7" width="97">
<p>Risque &eacute;lev&eacute;</p>
</td>
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Mucosectomie, dissection sous-muqueuse , r&eacute;section ampulllaire</span></p>
</td>
<td width="99">
<p>NON</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">CPRE avec sphinct&eacute;rotomie </span></p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">CPRE avec sphinct&eacute;rotomie et macro-dilatation papillaire apr&egrave;s sphinct&eacute;rotomie</span></p>
</td>
<td width="99">
<p>NON</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Polypectomie colique &gt;1&nbsp;cm</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI*</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON**</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Echoendo-ponction de l&eacute;sions kystiques</p>
</td>
<td width="99">
<p>NON</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p>Gastrostomie percutan&eacute;e endoscopique</p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="232">
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Ligature de varices &oelig;sophagiennes</span></p>
</td>
<td width="99">
<p>OUI</p>
</td>
<td width="109">
<p>NON</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>* le peu d&rsquo;&eacute;tudes concernant les patients sous prasugrel ou ticagrelor doit faire consid&eacute;rer que le risque h&eacute;morragique est au moins &eacute;quivalent au clopidogrel <br />
	** la polypectomie est possible &agrave; condition de mettre en &oelig;uvre les techniques pr&eacute;ventives d&rsquo;h&eacute;mostase en fonction du type de polype</p>
<h2>Endoscopie &agrave; vis&eacute;e diagnostique&nbsp;: gastroscopie, coloscopie sans polypectomie,</h2>
<p>La prise d&rsquo;AAP &agrave; faible dose ne majore pas significativement le risque de saignement apr&egrave;s une endoscopie diagnostique.La r&eacute;alisation de biopsies superficielles ne favorise pas le saignement et peut donc &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e sous AAP m&ecirc;me en cas de double anti-agr&eacute;gation quelque soit le site du pr&eacute;l&egrave;vement. Par s&eacute;curit&eacute;, il faut privil&eacute;gier l&rsquo;utilisation de pinces &agrave; biopsies standard et &eacute;viter des biopsies nombreuses ou sur des zones d&eacute;j&agrave; spontan&eacute;ment h&eacute;morragiques.</p>
<p>Pour les patients sous ACG, le risque de saignement est major&eacute; et les biopsies ne devront &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es qu&rsquo;en cas de stricte n&eacute;cessit&eacute;.</p>
<p><em>Il est donc recommand&eacute;&nbsp;:</em></p>
<ul>
<li>
<p><em>de ne pas interrompre un traitement par AAP pour la r&eacute;alisation de biopsies superficielles de la paroi digestive.</em></p>
</li>
<li>
<p><em>D&rsquo;&eacute;viter les biopsies sous anticoagulants sauf absolue n&eacute;cessit&eacute;</em></p>
</li>
</ul>
<h2>Coloscopie avec polypectomie</h2>
<p>La gestion du patient et de l&rsquo;acte est tr&egrave;s diff&eacute;rente selon le traitement en cours. Les principaux actes endoscopiques sont &eacute;valu&eacute;s en fonction de leur risque h&eacute;morragique et de la majoration &eacute;ventuelle de ce risque sous AAP ou ACG en s&rsquo;appuyant sur les recommandations actuelles.</p>
<h3>Polypectomie sous aspirine&nbsp;:</h3>
<p>Les &eacute;tudes ont d&eacute;montr&eacute; l&rsquo;absence de sur-risque h&eacute;morragique lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de polypes de moins de 1 cm . Pour les gros polypes p&eacute;dicul&eacute;s ou les polypes sessiles n&eacute;cessitant une mucosectomie, les mesures endoscopiques d&rsquo;appoint &agrave; vis&eacute;e h&eacute;mostatique sont reconnues pour &ecirc;tre efficaces dans la pr&eacute;vention des saignements post polypectomie et comprennent&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p>l&#39;injection sous-muqueuse de s&eacute;rum adr&eacute;nalin&eacute; dilu&eacute;,</p>
</li>
<li>
<p>le placement d&#39;un dispositif d&rsquo;anse d&eacute;tachable pour la ligature des gros polypes p&eacute;dicul&eacute;s,</p>
</li>
<li>
<p>et le placement compl&eacute;mentaire d&rsquo;endoclips</p>
</li>
</ul>
<h3>Polypectomie sous clopidogrel&nbsp;:</h3>
<p>Chez les patients prenant du clopidogrel seul, la r&eacute;section de petits polypes (&le; 1 cm) suivie de mesures endoscopiques pr&eacute;ventives a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;e comme relativement s&ucirc;re. Une seule &eacute;tude concernant la polypectomie sous clopidogrel a montr&eacute; qu&rsquo;elle serait r&eacute;alisable dans les m&ecirc;mes conditions de risque que l&rsquo;aspirine mais les r&eacute;sultats sont discordants et le niveau de preuve para&icirc;t insuffisant pour le proposer en routine.<br />
	Enfin, l&#39;utilisation concomitante de clopidogrel et d&#39;aspirine est un facteur pr&eacute;dictif ind&eacute;pendant de saignement retard&eacute;.</p>
<p><em>Il est donc recommand&eacute; de&nbsp;:</em></p>
<p>- <em>ne pas </em><em>interrompre l&#39;aspirine</em><em> </em><em>ind&eacute;pendamment de</em><em> </em><em>la taille des polypes</em><em> r&eacute;s&eacute;qu&eacute;s </em></p>
<p><em>- suspendre le traitement par</em><em> </em><em>thi&eacute;nopyridines</em><em> </em><em>si</em><em> </em><em>les polypes</em><em>&gt; 1 cm<br />
	</em>- <em>Lorsque</em><em> </em><em>les polypes</em><em> </em><em>doivent &ecirc;tre</em><em> </em><em>r&eacute;s&eacute;qu&eacute;s</em><em> </em><em>chez les patients</em><em> </em><em>qui ne peuvent pas</em><em> </em><em>arr&ecirc;ter</em><em> </em><em>les AAP</em><em>, </em><em>les mesures pr&eacute;ventives per-proc&eacute;dure</em><em> </em><em>doivent &ecirc;tre facilement disponibles et appliqu&eacute;es</em><em> . </em></p>
<p>- <em>Chez les patients sous thi&eacute;nopyridines avec</em><em> des </em><em>polypes de grande taille</em><em>, la substitution temporaire par aspirine permet de r&eacute;aliser le geste en s&eacute;curit&eacute; sinon une biopsie d&rsquo;&eacute;valuation </em><em>et</em><em> </em><em>le report de</em><em> la </em><em>polypectomie</em><em> </em><em>doivent &ecirc;tre envisag&eacute;s</em></p>
<h3>Polypectomie sous anticoagulants&nbsp;:</h3>
<p>Quelle que soit la technique utilis&eacute;e, la polypectomie est interdite chez un patient dont les ACG n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; interrompus et ce geste sera donc r&eacute;alis&eacute; dans la p&eacute;riode d&rsquo;isocoagulabilit&eacute; obtenue gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t temporaire de l&rsquo;h&eacute;parine.</p>
<p>Le vrai probl&egrave;me est celui des saignements retard&eacute;s qui sont beaucoup plus fr&eacute;quents que dans la population g&eacute;n&eacute;rale du fait de la reprise pr&eacute;coce des ACG. Une large &eacute;tude am&eacute;ricaine portant sur environ 4500 patients (10) a montr&eacute; que le risque de saignement diff&eacute;r&eacute; qui concernait 48 patients (0,9%) &eacute;tait nettement major&eacute; par la prise d&rsquo;ACG et apparaissait en moyenne dans les 5 &agrave; 10 jours suivant le geste. L&rsquo;h&eacute;morragie pouvait &ecirc;tre tr&egrave;s pr&eacute;coce d&egrave;s la reprise du traitement. Les facteurs de risques de saignements retard&eacute;s &eacute;taient essentiellement la taille du polype (plus de 1 cm) et la reprise des ACG. L&rsquo;h&eacute;morragie &eacute;tait suffisamment importante pour avoir n&eacute;cessit&eacute; une transfusion dans presque la moiti&eacute; des cas et une chirurgie 2 fois. Pour cette raison, il est conseill&eacute; de surveiller le patient en hospitalisation au minimum 24 h apr&egrave;s le geste et de plut&ocirc;t diff&eacute;rer la coloscopie si un arr&ecirc;t prolong&eacute; ou d&eacute;finitif des ACG est envisageable .</p>
<h2>Cath&eacute;t&eacute;risme de la papille et sphinct&eacute;rotomie endoscopique (SE)&nbsp;:</h2>
<p>Le risque d&#39;h&eacute;morragie post-sphinct&eacute;rotomie endoscopique (HPSE) n&#39;est pas augment&eacute; avec l&#39;utilisation d&#39;aspirine .</p>
<p>En revanche, la SE est d&eacute;conseill&eacute;e sous clopidogrel , de m&ecirc;me pour le prasugrel ou le ticagrelor qui pr&eacute;sentent un risque de saignement encore sup&eacute;rieur et qui doivent &ecirc;tre imp&eacute;rativement arr&ecirc;t&eacute;s. <br />
	La SE est aussi contre-indiqu&eacute;e chez les patients dont les ACG ont &eacute;t&eacute; poursuivis.</p>
<p>L&rsquo;extraction de gros calculs de la voie biliaire apr&egrave;s SE et macro- dilatation au ballon sont associ&eacute;es &agrave; des saignements plus fr&eacute;quents per-proc&eacute;dure mais en g&eacute;n&eacute;ral contr&ocirc;lables et ce geste reste donc d&eacute;conseill&eacute; aussi bien sous AAP que sous ACG.</p>
<p>En cas d&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter le traitement chez un patient en situation d&rsquo;urgence, les alternatives &agrave; la SE qui &eacute;liminent le risque de saignement comprennent la dilatation papillaire par ballonnet (DPB) de petit calibre (&le; 10 mm) avec un risque major&eacute; de pancr&eacute;atite aigu&euml; en particulier chez le sujet jeune. et surtout le placement temporaire d&rsquo;une proth&egrave;se plastique sans SE pr&eacute;alable .</p>
<p><em>Pour la SE , il est recommand&eacute;: </em></p>
<ul>
<li>
<p><em>Le maintien de l&#39;aspirine </em></p>
</li>
<li>
<p><em>L&rsquo;arr&ecirc;t du clopidogrel, prasugrel ou du ticagrelor </em></p>
</li>
<li>
<p><em>L&rsquo; arr&ecirc;t des anticoagulants </em></p>
</li>
<li>
<p><em>Pour l&#39;extraction de gros calculs biliaires , chez les patients prenant de l&#39;aspirine, la lithotritie m&eacute;canique est recommand&eacute;e tandis que le recours &agrave; la macro-dilatation ne doit &ecirc;tre envisag&eacute;e qu&rsquo; apr&egrave;s l&rsquo;arr&ecirc;t de tout AAP. </em></p>
</li>
<li>
<p><em>La mise en place d&rsquo;une proth&egrave;se plastique temporaire chez tous les patients dont le traitement par un AAP autre que l&rsquo;aspirine ou par ACG ne peut &ecirc;tre interrompu.</em></p>
</li>
</ul>
<h2>&Eacute;choendoscopie diagnostique et ponctions guid&eacute;es sous echoendoscopie (PGEE)</h2>
<p>Les &eacute;tudes sont peu nombreuses concernant &eacute;choendoscopie et AAP, cependant il est admis que l&#39;aspirine n&#39;augmente pas le risque h&eacute;morragique des PGEE . Dans le cas des l&eacute;sions kystiques pancr&eacute;atiques, la PGEE serait responsable d&rsquo;une incidence plus &eacute;lev&eacute;e de saignement par rapport &agrave; des l&eacute;sions solides. Il est recommand&eacute; d&rsquo;interrompre les thi&eacute;nopyridines et le ticagrelor avant toute PGEE et tout AAP y compris l&#39;aspirine avant la ponction de kystes pancr&eacute;atiques Chez des patients recevant un traitement anticoagulant, toute ponction est contre-indiqu&eacute;e tant que le traitement est poursuivi.</p>
<p><em>Il est recommand&eacute;&nbsp;:</em></p>
<p><em>- de ne pas interrompre l&rsquo;aspirine &agrave; l&rsquo;exclusion des autres AAP, pour la r&eacute;alisation de ponctions sous echoendoscopie des masses solides</em></p>
<h2>Dilatations endoscopiques et proth&egrave;ses digestives</h2>
<p>Aucune &eacute;tude n&#39;a &eacute;valu&eacute; sp&eacute;cifiquement le risque de saignement associ&eacute; &agrave; la dilatation endoscopique ou pose de stent chez les patients sous AAP, mais le risque de saignement global associ&eacute; &agrave; ces proc&eacute;dures est tr&egrave;s faible. Pour la dilatation endoscopique des st&eacute;noses digestives ou la pose de stent, il est recommand&eacute; de ne pas interrompre l&#39;aspirine (sauf dans le cas d&rsquo;un ballon de gros diam&egrave;tre utilis&eacute; pour la dilatation pneumatique pour achalasie), mais d&rsquo;arr&ecirc;ter le clopidogrel, le prasugrel et le ticagrelor de m&ecirc;me que les ACG.</p>
<h2>Autres techniques endoscopiques&nbsp;:</h2>
<h3>Mucosectomie oeso-gastrique et dissection sous-muqueuse&nbsp;:</h3>
<p>Ces techniques permettant la r&eacute;section de larges polypes gastriques ou colorectaux n&eacute;cessitent une h&eacute;mostase tr&egrave;s soigneuse. Le risque h&eacute;morragique reste n&eacute;anmoins &eacute;lev&eacute; et il est d&eacute;conseill&eacute; des les r&eacute;aliser sous AAP ou ACG.</p>
<h3>Ligature de varices de l&rsquo;&oelig;sophage&nbsp;:</h3>
<p>Dans la seule publication &eacute;tudiant les ligatures prophylactiques, le risque de saignement a &eacute;t&eacute; comparable chez les patients prenant de l&#39;aspirine ou non. Il est recommand&eacute; le maintien de l&#39;aspirine et l&rsquo;arr&ecirc;t des thi&eacute;nopyridines ou du ticagrelor.</p>
<h3>Ent&eacute;roscopie</h3>
<p>Le risque de saignement lors d&rsquo;une ent&eacute;roscopie assist&eacute;e (avec soit un simple ou double ballonnet ou la technique spiral&eacute;e) chez les patients sous AAP n&#39;a pas &eacute;t&eacute; formellement &eacute;valu&eacute;. Il est recommand&eacute; le maintien de l&#39;aspirine et l&#39;arr&ecirc;t des autres anti-thrombotiques consid&eacute;rant le risque habituel de ces traitements</p>
<h3>Gastrostomie per-endoscopique (GPE)&nbsp;:</h3>
<p>Des &eacute;tudes r&eacute;centes ont montr&eacute; que l&#39;aspirine n&#39;augmente pas le risque de saignement. Il est donc possible de poursuivre l&#39;aspirine chez les patients n&eacute;cessitant une PGE En l&#39;absence d&#39;&eacute;tudes appropri&eacute;es, il est recommand&eacute; de ne pas faire de PGE chez les patients sous thi&eacute;nopyridines ou ticagrelor et a fortiori sous anticoagulants.</p>
<h1>Quand reprendre le traitement anti-thrombotique apr&egrave;s un arr&ecirc;t temporaire pour une geste h&eacute;morragique ?</h1>
<p>Chez les patients coronariens &agrave; haut risque thrombotique et qui &eacute;taient au d&eacute;part sous double AAP et dont seul l&rsquo;aspririne a &eacute;t&eacute; maintenue, il faut reprendre le traitement par clopidogrel le plus t&ocirc;t possible, id&eacute;alement dans les 24 h qui suivent le geste. Pour les patients sous aspririne seule, interrompue 5 jours pour un examen &agrave; haut risque h&eacute;morragique, la reprise imm&eacute;diate est &eacute;galement la r&egrave;gle. <br />
	Cependant, lorsqu&rsquo;il existe un risque h&eacute;morragique important, on peut tol&eacute;rer une reprise diff&eacute;r&eacute;e &agrave; 48h.</p>
<p>Sur un plan pharmacologique, la reprise de l&rsquo;AAP &agrave; faible dose (dose d&rsquo;entretien) n&rsquo;induit une inhibition plaquettaire efficace qu&rsquo;au bout de 3 &agrave; 5 jours ce qui, pour certaines &eacute;quipes, justifie une dose de charge le jour de la reprise. En l&rsquo;absence de test d&rsquo;h&eacute;mostase simple et reproductible &eacute;valuant l&rsquo;agr&eacute;gabilit&eacute; plaquettaire, il est impossible de valider cette attitude.</p>
<p>Pour la reprise des ACG, elle est imp&eacute;rative et d&eacute;pendra du type d&rsquo;h&eacute;parine utilis&eacute;e. Le plus souvent, ces patients seront remis sous AVK avec arr&ecirc;t de l&rsquo;h&eacute;parine d&egrave;s que l&rsquo;INR sera revenu dans la zone th&eacute;rapeutique (2 &agrave; 3). Cependant, la poursuite du traitement par HNF ou HBPM pourra &ecirc;tre propos&eacute;e en cas de risque h&eacute;morragique &eacute;lev&eacute; pour faciliter un contr&ocirc;le ult&eacute;rieur du saignement toujours plus simple &agrave; g&eacute;rer que sous AVK.</p>
<p>Dans tous les cas, il est fortement conseill&eacute; de&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p>hospitaliser le patient au minimum 24 heures pour pouvoir &eacute;ventuellement r&eacute;-intervenir endoscopiquement en cas de saignement pr&eacute;coce dans les heures qui suivent l&rsquo;examen.</p>
</li>
<li>
<p>Informer le patient de la possibilit&eacute; d&rsquo;un saignement retard&eacute; qui, habituellement, se produit entre le 5eme et le 10eme jour correspondant &agrave; la classique chute d&rsquo;escarre. Ce saignement peut &ecirc;tre abondant aboutissant &agrave; une transfusion dans la moiti&eacute; des cas mais ne n&eacute;cessitant qu&rsquo;exceptionnellement un geste chirurgical.</p>
</li>
</ul>
<h1>EN CONCLUSION</h1>
<p>La r&eacute;alisation d&rsquo;une endoscopie digestive chez des patients sous AAP ou ACG est une situation de plus en plus fr&eacute;quente. Le gastro-ent&eacute;rologue doit &ecirc;tre inform&eacute; des risques thrombotiques imputables &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t du traitement AAP/ACG et il doit &eacute;valuer le rapport b&eacute;n&eacute;fice&nbsp;/risque de l&rsquo;examen indiqu&eacute; en incluant le risque h&eacute;morragique li&eacute; au geste. Il est essentiel dans tous les cas de d&eacute;livrer une information compl&egrave;te au patient. <br />
	Il est actuellement admis qu&rsquo;un grand nombre de gestes th&eacute;rapeutiques peuvent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;s en maintenant l&rsquo;aspirine ( polypectomie colique, SE ou PGEE). En revanche, les patients sous ACG ont un risque &eacute;lev&eacute; de saignement diff&eacute;r&eacute; lors de la reprise de leur traitement. Dans tous les cas, il faudra adapter sa pratique en appliquant des mesures pr&eacute;ventives particuli&egrave;res lors de la proc&eacute;dure. De m&ecirc;me, la surveillance apr&egrave;s le geste sera renforc&eacute;e suivant le geste r&eacute;alis&eacute; et le type de traitement utilis&eacute;.</p>
<h1>R&eacute;ferences</h1>
<ol>
<li>
<p><span lang="en-US">ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes in patients presenting without persistent ST-segment elevation</span><span lang="en-GB"> .</span><span lang="en-US">European Heart Journal (2011) 32, 2999&ndash;3054</span><span lang="en-US"> </span><span lang="en-GB"> </span></p>
</li>
<li>
<p>C. Bousti&egrave;re, A. Veitch , G. Vanbiervliet, P. Bulois, P. Deprez, A. Laquiere, R. Laugier, G. Lesur, P. Mosler, B. Nalet, B. Napoleon, B. Rembacken, N. Ajzenberg, J. P. Collet, T. Baron, J.-M. Dumonceau . <span lang="en-US">Endoscopy and antiplatelet agents. European Society</span><span lang="en-US"> </span><span lang="en-US">of Gastrointestinal Endoscopy (ESGE) Guideline</span><span lang="en-US">. </span>Endoscopy 2011;43:445-458</p>
</li>
<li>
<p>Recommandations de bonnes pratiques sur les anti-agr&eacute;gants palquettaires&nbsp;: prise en compte des risques thrombotique et h&eacute;morragique en cas de geste endoscopique HAS-SFED Oct 2012</p>
</li>
<li>
<p>Napol&eacute;on B, Boneu B, Maillard L, <em>et al. </em><span lang="en-GB">Guidelines of the French Society for Digestive</span><span lang="en-GB"> </span><span lang="en-GB">Endoscopy (SFED). </span>Endoscopy<em> </em>2006 ; 38 : 632-8.</p>
</li>
<li>
<p>Recommandations de bonnes pratiques sur la prise en charge des situations &agrave; risque h&eacute;morragique chez les patients trait&eacute;s par anti-vitamines K. HAS-GEHT Avril 2008</p>
</li>
</ol>
<ol start="6">
<li>
<p>Albaladejo P, Marret E, Piriou V, Samama CM, pour le groupe d&rsquo;experts de la Sfar. Gestion du traitement anti-plaquettaire oral chez les patients porteurs d&rsquo;endoproth&egrave;ses coronaires. Ann Fr Anesth R&eacute;anim 2006&nbsp;; 225&nbsp;-228</p>
</li>
</ol>
<h1>LES 6 POINTS FORTS</h1>
<ol>
<li>
<p>La gestion des patients sous anti-agr&eacute;gants plaquettaires ou anti-coagulants n&eacute;cessite une &eacute;valuation rigoureuse du risque thrombotique du patient par rapport au risque h&eacute;morragique de l&rsquo;acte endoscopique.</p>
</li>
<li>
<p>Les endoscopies diagnostiques y compris avec biopsies peuvent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es sous anti-coagulants bien &eacute;quilibr&eacute;s. Pour les endoscopies th&eacute;rapeutiques chez les patients sous AVK, il faut interrompre le traitement en utilisant en g&eacute;n&eacute;ral un relais par h&eacute;parine de bas poids mol&eacute;culaire.</p>
</li>
<li>
<p>La grande majorit&eacute; des actes endoscopiques peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e sous aspirine et en particulier&nbsp;: polypectomie colique, sphinct&eacute;rotomie endoscopique ou ponction sous &eacute;choendoscopie.</p>
</li>
<li>
<p>Le maintien du clopidogrel reste d&eacute;conseill&eacute; en cas d&rsquo;endoscopie th&eacute;rapeutique et il est possible de le remplacer temporairement par l&rsquo;aspirine, apr&egrave;s avis sp&eacute;cialis&eacute; (cardiologue, neurologue&hellip;). L&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se des polypes de moins de 1 cm est possible sous clopidogrel en dehors de la mucosectomie.</p>
</li>
<li>
<p>Des mesures endoscopiques pr&eacute;venant le saignement diff&eacute;r&eacute; doivent &ecirc;tre syst&eacute;matiquement appliqu&eacute;es en particulier chez des patients sous anti-coagulants.</p>
</li>
<li>
<p>Le patient doit &ecirc;tre inform&eacute; du risque h&eacute;morragique &agrave; la reprise du traitement anti-thrombotique apr&egrave;s un acte endoscopique th&eacute;rapeutique (jusqu&rsquo;&agrave; 5 &agrave; 10 jours).</p>
</li>
</ol>
<p>
	&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.fmcgastro.org/articles/endoscopie-digestive-anti-coagulants-et-anti-agregants%c2%a0-faut-il-encore-modifier-nos-pratiques-en-2013%c2%a0/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>[Atelier] Les erreurs thérapeutiques au cours des MICI : comment les éviter ?</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/articles/les-erreurs-therapeutiques-au-cours-des-mici-comment-les-eviter/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/articles/les-erreurs-therapeutiques-au-cours-des-mici-comment-les-eviter/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[articles]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5287</guid>
		<description><![CDATA[La dernière décennie a connu un bouleversement dans la prise en charge des malades atteints de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Des avancées considérables ont été obtenues, que ce soit en terme diagnostique, avec l’utilisation de marqueurs biologiques tels que la calprotectine fécale et de nouvelles techniques d’imagerie (entéro-IRM, vidéo-capsule endoscopique), ou en terme de traitement, avec de nouveaux objectifs (cicatrisation endoscopique, destruction intestinale entre autres), de nouvelles molécules et de nouvelles stratégies thérapeutiques (immunosuppresseurs précoces, combinaison avec les anti-TNF). Dans le même temps, les malades atteints de MICI qui constituent une population jeune et très informée ont accru leur niveau d’exigence. Le risque d’erreur thérapeutique augmente ainsi mécaniquement avec la complexité de la prise en charge. Quelques règles simples doivent être appliquées. Parmi les écueils à éviter en pratique courante, il convient de respecter les contre-indications de chaque molécule, de ne pas traiter excessivement des formes bénignes de MICI, de penser à confier les malades au chirurgien en cas de forme réfractaire, à l’inverse de ne pas sous-traiter des formes sévères et enfin de ne pas perdre de vue les patients, surtout s’ils ont une maladie sévère ou reçoivent des immunomodulateurs au long cours.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/erreurs-therapeutiques.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/laharie-david_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/atelier-ga/309/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> </div>
<h1>Objectifs th&eacute;rapeutiques</h1>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre et respecter les contre-indications des thiopurines, des bioth&eacute;rapies, des 5 ASA et de la corticoth&eacute;rapie prolong&eacute;e</li>
<li>Conna&icirc;tre les signes d&#39;alarme qui doivent faire suspendre une bioth&eacute;rapie</li>
<li>Conna&icirc;tre les interactions m&eacute;dicamenteuses &agrave; prendre en compte chez les malades ayant une MICI</li>
<li>Quel est le meilleur moment pour d&eacute;buter et arr&ecirc;ter un traitement</li>
<li>Quand poser l&#39;indication op&eacute;ratoire chez les malades en pouss&eacute;e s&eacute;v&egrave;re ou compliqu&eacute;e?</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">La derni&egrave;re d&eacute;cennie a connu un bouleversement dans la prise en charge des malades atteints de maladie inflammatoire chronique de l&rsquo;intestin (MICI). Des avanc&eacute;es consid&eacute;rables ont &eacute;t&eacute; obtenues, que ce soit en terme diagnostique, avec l&rsquo;utilisation de marqueurs biologiques tels que la calprotectine f&eacute;cale et de nouvelles techniques d&rsquo;imagerie (ent&eacute;ro-IRM, vid&eacute;o-capsule endoscopique), ou en terme de traitement, avec de nouveaux objectifs (cicatrisation endoscopique, destruction intestinale entre autres), de nouvelles mol&eacute;cules et de nouvelles strat&eacute;gies th&eacute;rapeutiques (immunosuppresseurs pr&eacute;coces, combinaison avec les anti-TNF). Dans le m&ecirc;me temps, les malades atteints de MICI qui constituent une population jeune et tr&egrave;s inform&eacute;e ont accru leur niveau d&rsquo;exigence. Le risque d&rsquo;erreur th&eacute;rapeutique augmente ainsi m&eacute;caniquement avec la complexit&eacute; de la prise en charge. Quelques r&egrave;gles simples doivent &ecirc;tre appliqu&eacute;es. Parmi les &eacute;cueils &agrave; &eacute;viter en pratique courante, il convient de respecter les contre-indications de chaque mol&eacute;cule, de ne pas traiter excessivement des formes b&eacute;nignes de MICI, de penser &agrave; confier les malades au chirurgien en cas de forme r&eacute;fractaire, &agrave; l&rsquo;inverse de ne pas sous-traiter des formes s&eacute;v&egrave;res et enfin de ne pas perdre de vue les patients, surtout s&rsquo;ils ont une maladie s&eacute;v&egrave;re ou re&ccedil;oivent des immunomodulateurs au long cours.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Respecter les contre-indications de chacune des mol&eacute;cules&nbsp;:</h1>
<p align="JUSTIFY">Au-del&agrave; des pr&eacute;cautions et contre-indications habituelles des traitements des MICI (cf. fiches th&eacute;rapeutiques du GETAID disponibles sur le site www.getaid.org), une attention toute particuli&egrave;re doit &ecirc;tre port&eacute;e&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">&agrave; &eacute;carter une suppuration intra-abdominale ou ano-p&eacute;rin&eacute;ale compliquant la maladie de Crohn (MC) avant de d&eacute;buter une corticoth&eacute;rapie ou des anti-TNF,</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">&agrave; &eacute;liminer une infection chronique latente susceptible de se r&eacute;activer &agrave; la faveur d&rsquo;un traitement cortico&iuml;de ou anti-TNF&nbsp;; les deux affections pouvant engager le pronostic vital sont la tuberculose et l&rsquo;h&eacute;patite virale B.</p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Adapter le traitement &agrave; la s&eacute;v&eacute;rit&eacute;</h1>
<p align="JUSTIFY">Au cours des MICI, un traitement m&eacute;dical est inadapt&eacute; lorsque la balance b&eacute;n&eacute;fice-risque penche plus vers les inconv&eacute;nients que les avantages. Ainsi, un traitement sera inadapt&eacute; quand il sera excessif &#8211; le &laquo;&nbsp;sur-traitement&nbsp;&raquo; &#8211; ou &agrave; l&rsquo;inverse insuffisant &#8211; le &laquo;&nbsp;sous-traitement&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="JUSTIFY">Il existe deux grandes situations qui peuvent conduire &agrave; un traitement m&eacute;dical excessif au cours des MICI&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">traiter des sympt&ocirc;mes digestifs invalidants qui n&rsquo;ont pas de substrat inflammatoire. Plusieurs &eacute;tudes ont observ&eacute; une pr&eacute;valence &eacute;lev&eacute;e du syndrome de l&rsquo;intestin irritable d&eacute;fini par les crit&egrave;res de Rome III chez des malades atteints de MICI en r&eacute;mission endoscopique, jusqu&rsquo;&agrave; 45 % dans une s&eacute;rie fran&ccedil;aise 1. Ainsi, la persistance de troubles du transit, de douleurs abdominales et d&rsquo;une asth&eacute;nie peut conduire &agrave; une intensification th&eacute;rapeutique inappropri&eacute;e. Il est donc important de r&eacute;aliser un bilan morphologique exhaustif par des endoscopies et une imagerie de coupe en cas de MC du gr&ecirc;le avant de passer aux immunosuppresseurs ou aux anti-TNF.</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">poursuivre un traitement m&eacute;dical &agrave; outrance alors que l&rsquo;heure de la chirurgie est venue. Les deux meilleurs exemples en sont la r&eacute;section il&eacute;o-caecale en cas de la MC il&eacute;ale terminale courte et compliqu&eacute;e de st&eacute;nose ou de fistule et la colectomie en cas de rectocolite h&eacute;morragique r&eacute;fractaire au traitement m&eacute;dical (cortico&iuml;des, immunosuppresseurs et anti-TNF), <em>a fortiori</em> quand il s&rsquo;agit d&rsquo;une pouss&eacute;e s&eacute;v&egrave;re o&ugrave; la dur&eacute;e de l&rsquo;hospitalisation pr&eacute;op&eacute;ratoire est inversement corr&eacute;l&eacute;e au taux de mortalit&eacute; de la colectomie 2.</p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">A l&rsquo;inverse, un traitement insuffisant expose le malade &agrave; la fois aux complications de la maladie et &agrave; celles du traitement inappropri&eacute;. La meilleure illustration en est la corticoth&eacute;rapie prolong&eacute;e chez le patient devenu cortico-d&eacute;pendant qui expose le malade aux effets ind&eacute;sirables sans pr&eacute;venir les rechutes cliniques 3. C&rsquo;est pourquoi, comme l&rsquo;a propos&eacute; le groupe ECCO, la d&eacute;finition de la cortico-d&eacute;pendance est devenue moins restrictive et une seule rechute &agrave; la d&eacute;croissance ou la n&eacute;cessit&eacute; de poursuivre une corticoth&eacute;rapie au-del&agrave; de trois mois suffisent 4.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Par un suivi r&eacute;gulier</h1>
<p align="JUSTIFY">Selon des donn&eacute;es en population publi&eacute;es &agrave; l&rsquo;&egrave;re des immunosuppresseurs et des anti-TNF, les avanc&eacute;es du traitement m&eacute;dical au cours des MICI semblent avoir un impact sur l&rsquo;histoire naturelle des MICI en retardant ou mieux en r&eacute;duisant le recours &agrave; la chirurgie 5&nbsp;, 6. En contrepartie, les malades sont expos&eacute;s &agrave; une immunosuppression plus pr&eacute;coce, plus prolong&eacute;e et plus profonde que jamais. En cons&eacute;quence, les risques li&eacute;s &agrave; l&rsquo;immunosuppression, tels que les infections opportunistes et les cancers induits (lymphomes, cancers cutan&eacute;s) 7&nbsp;, 8 se sont accrus. Il est &agrave; craindre que le recul de la chirurgie obtenu gr&acirc;ce aux progr&egrave;s th&eacute;rapeutiques dans les MICI n&rsquo;augmente le risque d&rsquo;ad&eacute;nocarcinome colorectal et dans une moindre mesure du gr&ecirc;le.</p>
<p align="JUSTIFY">Un suivi r&eacute;gulier des malades est donc indispensable. Celui-ci consiste en un suivi gastro-ent&eacute;rologique dans le but d&rsquo;&eacute;valuer les b&eacute;n&eacute;fices et effets ind&eacute;sirables du traitement et d&rsquo;assurer le d&eacute;pistage du cancer colorectal chez les malades &agrave; risque. Au-del&agrave; de notre sp&eacute;cialit&eacute;, un suivi plus g&eacute;n&eacute;ral des malades atteints de MICI est &eacute;galement n&eacute;cessaire, au minimum par le dermatologue et le gyn&eacute;cologue.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY">La prise en charge des malades atteints de MICI est devenue une sp&eacute;cialit&eacute; &agrave; part enti&egrave;re dans notre discipline. La multiplicit&eacute; des formes ph&eacute;notypiques de MICI, des profils de malades et des options th&eacute;rapeutiques, qu&rsquo;elles soient m&eacute;dicales et/ou chirurgicales, ne permettent pas de proposer une prise en charge th&eacute;rapeutique syst&eacute;matique. Le risque d&rsquo;erreur th&eacute;rapeutique est devenu majeur. Comme l&rsquo;ont mis en place les canc&eacute;rologues, nous pensons donc qu&rsquo;une prise de d&eacute;cision coll&eacute;giale et multidisciplinaire, faisant intervenir gastroent&eacute;rologues, chirurgiens, radiologues, proctologues, p&eacute;diatres est d&eacute;sormais indispensable dans les MICI, notamment avant d&rsquo;engager un traitement anti-TNF. L&rsquo;arriv&eacute;e de nouvelles bioth&eacute;rapies dans un avenir proche rendra incontournable ce type de d&eacute;marche.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences&nbsp;:</h1>
<p align="JUSTIFY">1. Piche T, Ducrotte P, Sabate JM, et al. Impact of functional bowel symptoms on quality of life and fatigue in quiescent Crohn disease and irritable bowel syndrome. Neurogastroenterol Motil 2010;22:626-e174.</p>
<p align="JUSTIFY">2. Kaplan GG, McCarthy EP, Ayanian JZ, et al. <span lang="en-GB">Impact of hospital volume on postoperative morbidity and mortality following a colectomy for ulcerative colitis. Gastroenterology 2008;134:680-7.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span lang="en-GB">3. Irving PM, Gearry RB, Sparrow MP, et al. Review article: appropriate use of corticosteroids in Crohn&#39;s disease. Aliment Pharmacol Ther 2007;26:313-29.</span></p>
<p align="JUSTIFY">4. Travis SP, Stange EF, Lemann M, et al. <span lang="en-GB">European evidence based consensus on the diagnosis and management of Crohn&#39;s disease: current management. Gut 2006;55 Suppl 1:i16-35.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span lang="en-GB">5. Ramadas AV, Gunesh S, Thomas GA, et al. Natural history of Crohn&#39;s disease in a population-based cohort from Cardiff (1986-2003): a study of changes in medical treatment and surgical resection rates. Gut 2010;59:1200-6.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span lang="en-GB">6. Peyrin-Biroulet L, Oussalah A, Williet N, et al. Impact of azathioprine and tumour necrosis factor antagonists on the need for surgery in newly diagnosed Crohn&#39;s disease. Gut 2011;60:930-6.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span lang="en-GB">7. Beaugerie L, Brousse N, Bouvier AM, et al. Lymphoproliferative disorders in patients receiving thiopurines for inflammatory bowel disease: a prospective observational cohort study. Lancet 2009;374:1617-25.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span lang="en-GB">8. Peyrin-Biroulet L, Khosrotehrani K, Carrat F, et al. Increased risk for nonmelanoma skin cancers in patients who receive thiopurines for inflammatory bowel disease. </span>Gastroenterology 2011;141:1621-28.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Les cinq points forts&nbsp;:</h1>
<ol>
<li>
<p align="JUSTIFY">Avant de prescrire une corticoth&eacute;rapie ou un anti-TNF, il faut &eacute;liminer une suppuration, qu&rsquo;elle soit intra-abdominale ou ano-p&eacute;rin&eacute;ale, et une infection chronique latente (tuberculose, h&eacute;patite virale B).</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;intrication MICI / trouble fonctionnel intestinal est fr&eacute;quente et justifie de r&eacute;aliser un bilan paraclinique exhaustif avant d&rsquo;intensifier le traitement.</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">La r&eacute;section chirurgicale doit &ecirc;tre discut&eacute;e &agrave; chaque &eacute;tape du traitement.</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Poursuivre un traitement insuffisant au long cours expose les malades aux complications de la maladie et aux effets ind&eacute;sirables du traitement.</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Un suivi r&eacute;gulier des malades recevant des immunosuppresseurs et/ou des anti-TNF est indispensable.</p>
</li>
</ol>
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		<item>
		<title>Obésité, diabète et risque de cancer</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/obesite-diabete-et-risque-de-cancer/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5337</guid>
		<description><![CDATA[<h1>INTRODUCTION</h1>
<p>
Les gènes codant pour notre physiologie ont été sélectionnés au paléolithique et n'ont pas sensiblement évolué depuis plus de 10 000 ans. Notre physiologie, dimensionnée pour un environnement hostile où la survie dépendait des capacités de stockage d'énergie (réserves de graisse), est inadaptée à notre ère d'abondance au moins dans les pays développés ou en voie de développement. Cela explique pour une grande part la fréquence élevée de l'obésité et des désordres métaboliques observée actuellement dans le monde entier.
</p>
<p>
Après une description synthétique des principaux mécanismes physiopathologiques impliqués dans le risque de cancer induit par le surpoids, nous ferons une synthèse des travaux épidémiologiques ayant établi le rôle de l'obésité et des troubles métaboliques dans l'augmentation de la fréquence et l'aggravation du pronostic des cancers digestifs. Les cancers digestifs fréquents pour lesquels nous disposons de données épidémiologiques et thérapeutiques spécifiques feront l'objet d'un chapitre propre (cancers colorectaux, pancréatiques et hépatiques).
</p>
<h1>
MECANISMES DE L'AUGMENTATION DU RISQUE DE CANCER EN CAS DE SURCHARGE PONDERALE.
</h1>
<h2>
Les causes de l'obésité
</h2>
<p>
A côté du mode de vie (sédentarité, apports alimentaires déséquilibrés et excessifs, toxiques alimentaires), l'attention des épidémiologistes s'est portée récemment sur le microbiote intestinal. Des anomalies (dysbioses) de ce microbiote paraissent effectivement pouvoir jouer un rôle très important dans l'apparition d'une surcharge pondérale par le biais essentiellement d'une sur-digestion des fibres alimentaires.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/obesite-diabete-risque-de-cancer.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/hillon-patrick_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-cancero/347/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Connaitre l&rsquo;importance du risque de cancer digestif chez les malades ob&egrave;ses</li>
<li>Comprendre les m&eacute;canismes principaux impliqu&eacute;s dans l&rsquo;exc&egrave;s de risque de cancer en cas de surpoids et d&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;</li>
<li>Connaitre l&rsquo;impact de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; visc&eacute;rale sur la pr&eacute;vention, le traitement et le pronostic des cancers digestifs.</li>
</ul>
<h1 style="">INTRODUCTION</h1>
<p align="JUSTIFY">Les g&egrave;nes codant pour notre physiologie ont &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute;s au pal&eacute;olithique et n&rsquo;ont pas sensiblement &eacute;volu&eacute; depuis plus de 10&nbsp;000 ans. Notre physiologie, dimensionn&eacute;e pour un environnement hostile o&ugrave; la survie d&eacute;pendait des capacit&eacute;s de stockage d&rsquo;&eacute;nergie (r&eacute;serves de graisse), est inadapt&eacute;e &agrave; notre &egrave;re d&rsquo;abondance au moins dans les pays d&eacute;velopp&eacute;s ou en voie de d&eacute;veloppement. Cela explique pour une grande part la fr&eacute;quence &eacute;lev&eacute;e de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; et des d&eacute;sordres m&eacute;taboliques observ&eacute;e actuellement dans le monde entier.</p>
<p align="JUSTIFY">Apr&egrave;s une description synth&eacute;tique des principaux m&eacute;canismes physiopathologiques impliqu&eacute;s dans le risque de cancer induit par le surpoids, nous ferons une synth&egrave;se des travaux &eacute;pid&eacute;miologiques ayant &eacute;tabli le r&ocirc;le de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; et des troubles m&eacute;taboliques dans l&rsquo;augmentation de la fr&eacute;quence et l&rsquo;aggravation du pronostic des cancers digestifs. Les cancers digestifs fr&eacute;quents pour lesquels nous disposons de donn&eacute;es &eacute;pid&eacute;miologiques et th&eacute;rapeutiques sp&eacute;cifiques feront l&rsquo;objet d&rsquo;un chapitre propre (cancers colorectaux, pancr&eacute;atiques et h&eacute;patiques).</p>
<h1 align="JUSTIFY">MECANISMES DE L&rsquo;AUGMENTATION DU RISQUE DE CANCER EN CAS DE SURCHARGE PONDERALE.</h1>
<h2 align="JUSTIFY">Les causes de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;</h2>
<p align="JUSTIFY">A c&ocirc;t&eacute; du mode de vie (s&eacute;dentarit&eacute;, apports alimentaires d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;s et excessifs, toxiques alimentaires), l&rsquo;attention des &eacute;pid&eacute;miologistes s&rsquo;est port&eacute;e r&eacute;cemment sur le microbiote intestinal. Des anomalies (dysbioses) de ce microbiote paraissent effectivement pouvoir jouer un r&ocirc;le tr&egrave;s important dans l&rsquo;apparition d&rsquo;une surcharge pond&eacute;rale par le biais essentiellement d&rsquo;une sur-digestion des fibres alimentaires.</p>
<h2 align="JUSTIFY">Chez l&rsquo;ob&egrave;se, l&rsquo;augmentation du risque de cancer est li&eacute;e au tissu graisseux.</h2>
<p align="JUSTIFY">Le tissu graisseux, tr&egrave;s loin d&rsquo;&ecirc;tre inerte, est une v&eacute;ritable glande paracrine. La physiologie tr&egrave;s anormale du tissu graisseux visc&eacute;ral (1) se traduit par une s&eacute;cr&eacute;tion &eacute;lev&eacute;e de cytokines pro-inflammatoires et de certaines adipokines jouant un r&ocirc;le majeur dans l&rsquo;apparition de d&eacute;sordres m&eacute;taboliques et l&rsquo;augmentation du risque de cancer. Les principales anomalies associ&eacute;es au risque de cancer chez l&rsquo;ob&egrave;se sont un syndrome inflammatoire chronique, l&rsquo;insulinor&eacute;sistance, le d&eacute;s&eacute;quilibre de la s&eacute;cr&eacute;tion des adipokines et des perturbations hormonales.</p>
<h2 align="JUSTIFY">L&rsquo;insulino-r&eacute;sistance et l&rsquo;hyperinsulinisme.</h2>
<p align="JUSTIFY">Un syndrome inflammatoire chronique mod&eacute;r&eacute; est fr&eacute;quent chez les ob&egrave;ses. Il est li&eacute; &agrave; l&rsquo;hypers&eacute;cr&eacute;tion de cytokines pro-inflammatoires (TNF&alpha;, IL6) par les cellules adipeuses et les macrophages de la graisse visc&eacute;rale. Ce syndrome inflammatoire associ&eacute; &agrave; un exc&egrave;s d&rsquo;acides gras libres est responsable d&rsquo;une insulinor&eacute;sistance (IR) et d&rsquo;une hypers&eacute;cr&eacute;tion r&eacute;actionnelle d&rsquo;insuline (2). L&rsquo;hyperinsulin&eacute;mie est un &eacute;l&eacute;ment important de l&rsquo;augmentation du risque de cancer dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;IR bloquant les voies m&eacute;taboliques, l&rsquo;exc&egrave;s d&rsquo;insuline sera d&eacute;tourn&eacute; vers les voies induisant une croissance cellulaire et une r&eacute;duction de l&rsquo;apoptose. Cet effet est renforc&eacute; par l&rsquo;augmentation (li&eacute;e &agrave; l&rsquo;IR) de la fraction libre de l&rsquo;ILGF-1, facteur de croissance puissant.</p>
<h2 align="JUSTIFY">S&eacute;cr&eacute;tion d&rsquo;adipocytokines et risque de cancer</h2>
<p align="JUSTIFY">La leptine et l&rsquo;inhibiteur de l&rsquo;activateur du plasminog&egrave;ne-1 (PAI-1) s&eacute;cr&eacute;t&eacute;s en exc&egrave;s par le tissu adipeux visc&eacute;ral stimulent des enzymes des tissus de soutien (matrice extracellulaire), en particulier les m&eacute;talloprot&eacute;inases, impliqu&eacute;es dans l&rsquo;invasion canc&eacute;reuse et les processus m&eacute;tastatiques (1). La leptine et le VEGF, &eacute;galement secr&eacute;t&eacute;s par le tissu adipeux, stimulent exp&eacute;rimentalement le d&eacute;veloppement de l&rsquo;angiog&eacute;n&egrave;se canc&eacute;reuse.</p>
<p align="JUSTIFY">Ces facteurs favorables &agrave; la croissance et l&rsquo;extension du cancer sont renforc&eacute;s par une diminution chez les malades ob&egrave;ses de la concentration d&rsquo;une autre adipocytokine, l&rsquo;adiponectine, aux propri&eacute;t&eacute;s inhibitrices de la croissance tumorale, pro-apoptotiques et anti-angiogeniques (1).</p>
<h2 align="JUSTIFY">Facteurs hormonaux<strong>.</strong></h2>
<p align="JUSTIFY">La surcharge pond&eacute;rale est associ&eacute;e &agrave; une augmentation des concentrations</p>
<p align="JUSTIFY">d&rsquo;androg&egrave;nes et d&rsquo;oestrog&egrave;nes (3) li&eacute;e d&rsquo;une part &agrave; la baisse des concentrations des prot&eacute;ines de transport des hormones sexuelles responsable d&rsquo;une augmentation de la fraction libre circulante de ces hormones, d&rsquo;autre part &agrave; une aromatisation des androg&egrave;nes en oestrog&egrave;nes par le tissu graisseux. Ces perturbations hormonales, qui jouent certainement un r&ocirc;le mineur en canc&eacute;rologie digestive, expliquent pour l&rsquo;essentiel l&rsquo;exc&egrave;s de risque de certains cancers gyn&eacute;cologiques.</p>
<h1 align="JUSTIFY">OBESITE, EXERCICE PHYSIQUE ET RISQUE DE CANCER : ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES.</h1>
<h2 align="JUSTIFY">Ob&eacute;sit&eacute;, diab&egrave;te et cancer</h2>
<p align="JUSTIFY">De nombreuses &eacute;tudes &eacute;pid&eacute;miologiques r&eacute;sum&eacute;es sur le tableau 1, ont d&eacute;montr&eacute; une relation entre ob&eacute;sit&eacute; et exc&egrave;s de risque de cancer. Dans les deux sexes, l&rsquo;augmentation du risque (4, 5) concerne essentiellement les cancers digestifs (ad&eacute;nocarcinomes oesophagiens, cancers de la v&eacute;sicule biliaire, du pancr&eacute;as et cancers colorectaux) et deux cancers extradigestifs&nbsp;(cancers du rein et de la thyro&iuml;de). Chez l&rsquo;homme, l&rsquo;incidence des cancers du foie est &eacute;galement &eacute;lev&eacute;e en cas de surpoids et d&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;. Chez la femme, deux cancers gyn&eacute;cologiques sont concern&eacute;s&nbsp;: les cancers de l&rsquo;endom&egrave;tre et les cancers du sein post-m&eacute;nopausiques.</p>
<p align="JUSTIFY">Globalement pr&egrave;s de 6 % des cancers sont essentiellement li&eacute;s au surpoids et &agrave; l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; aux Etats-Unis (6). Cette proportion est de plus de 40 % pour les cancers de l&rsquo;endom&egrave;tre et les ad&eacute;nocarcinomes oesophagiens, 30 % pour les cancers du foie, 25 % pour les cancers du rein, et d&rsquo;environ 10 % pour les cancers colorectaux et les cancers du pancr&eacute;as. Le nombre total annuel de cancers imputables pour une grande part au surpoids est de l&rsquo;ordre de 80&nbsp;000 aux USA et de 60&nbsp;000 dans la communaut&eacute; europ&eacute;enne.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;exc&egrave;s de risque de cancer chez les diab&eacute;tiques de type 2 concerne les m&ecirc;mes localisations que celles rapport&eacute;es au cours de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; (tableau 2). Il n&rsquo;existe pas chez les diab&eacute;tiques de type 1 (7). Le diab&egrave;te de type II n&rsquo;est pas seulement un facteur de risque de cancer. Il aggrave &eacute;galement le pronostic de certains cancers.</p>
<p align="JUSTIFY">Sous l&rsquo;angle pr&eacute;ventif, il est important de savoir que la r&eacute;duction pond&eacute;rale, en particulier par chirurgie bariatrique, s&rsquo;accompagne en quelques ann&eacute;es d&rsquo;une r&eacute;duction marqu&eacute;e du risque de mortalit&eacute; globale (-20 %) et par cancer (-40 %) (8). Le prise en charge efficace du surpoids, en particulier visc&eacute;ral, est un moyen th&eacute;rapeutique potentiel essentiel dans la pr&eacute;vention des cancers digestifs en particulier chez les malades &agrave; risque augment&eacute; (endobrachyoesophage, ant&eacute;c&eacute;dents familiaux de cancer colorectal, ant&eacute;c&eacute;dents personnels d&rsquo;ad&eacute;nome ou de cancer colorectal, h&eacute;patopathie chronique fibrosante&hellip;). Cette prise en charge repose sur des mesures di&eacute;t&eacute;tiques et la &laquo;&nbsp;r&eacute;&eacute;ducation&raquo; &agrave; l&rsquo;exercice physique, mesures auxquelles pourrait s&rsquo;ajouter dans l&rsquo;avenir des interventions sur le microbiote intestinal par antibioth&eacute;rapie s&eacute;lective, pro- ou pr&eacute;biotique et/ou greffe d&rsquo;une flore. Ces techniques pourraient permettre de modifier durablement la flore intestinale en substituant une flore &laquo;&nbsp;protectrice&nbsp;&raquo; &agrave; la flore pathog&egrave;ne impliqu&eacute;e, par son action favorisante sur la prise de poids et la translocation bact&eacute;rienne, dans les troubles m&eacute;taboliques et l&rsquo;insulinor&eacute;sistance.</p>
<h2 align="JUSTIFY"><strong>Exercice physique </strong></h2>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;exercice r&eacute;duit la masse graisseuse et augmente l&rsquo;insulinosensibilit&eacute; en particulier musculaire. Par son impact, l&rsquo;activit&eacute; physique r&eacute;duit le risque de mortalit&eacute; globale et par cancer (9) et le risque de r&eacute;cidive apr&egrave;s traitement &agrave; vis&eacute;e curative des cancers colorectaux (10). Son effet protecteur ne r&eacute;duit toutefois que partiellement la surmortalit&eacute; par cancer induite par le surpoids et l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; (tableau 2).</p>
<p align="JUSTIFY">La dur&eacute;e optimale d&rsquo;activit&eacute; physique dans la pr&eacute;vention du cancer ou l&rsquo;am&eacute;lioration pronostique apr&egrave;s traitement est de 3 heures trente par semaine en associant exercices a&eacute;robie et ana&eacute;robie.</p>
<h1 align="JUSTIFY">OBESITE, DIABETE, ET CANCER DU PANCREAS</h1>
<p align="JUSTIFY">Le risque de carcinome pancr&eacute;atique augmente avec l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;, en particulier visc&eacute;rale, et le diab&egrave;te. L&rsquo;apparition d&rsquo;un diab&egrave;te de type II est fr&eacute;quente dans l&rsquo;ann&eacute;e qui pr&eacute;c&egrave;de le diagnostic de carcinome pancr&eacute;atique. Dans cette situation, le diab&egrave;te parait plus &ecirc;tre un marqueur diagnostic qu&rsquo;une cause du cancer. Apr&egrave;s exclusion des cas de diab&egrave;te diagnostiqu&eacute; dans les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dant le diagnostic du cancer, les &eacute;tudes &eacute;pid&eacute;miologiques permettent d&rsquo;affirmer une multiplication par 2 du risque de carcinome pancr&eacute;atique chez les malades atteints de diab&egrave;te de type 2 (11). Les &eacute;tudes &eacute;pid&eacute;miologiques r&eacute;v&egrave;lent que le risque de cancer pancr&eacute;atique en rapport avec un diab&egrave;te &eacute;tait plus &eacute;lev&eacute; avant qu&rsquo;apr&egrave;s le d&eacute;but des ann&eacute;es 2000. La prescription d&rsquo;aspirine chez les malades diab&eacute;tiques, qui a augment&eacute; nettement &agrave; partir des ann&eacute;es 2000, pourrait expliquer cette &eacute;volution.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1 align="JUSTIFY">OBESITE, DIABETE, ET CANCER COLORECTAL</h1>
<p align="JUSTIFY">Le risque relatif de cancer colorectal est tr&egrave;s &eacute;lev&eacute; (~ 4,9) chez les malades ob&egrave;ses sans activit&eacute; physique (12) compar&eacute;s aux malades de poids normal avec activit&eacute; physique r&eacute;guli&egrave;re. L&rsquo;augmentation du risque de cancer colorectal s&rsquo;observe pour un p&eacute;rim&egrave;tre abdominal sup&eacute;rieur &agrave; 1 m&egrave;tre chez l&rsquo;homme, c&#39;est-&agrave;-dire la limite du risque de syndrome m&eacute;tabolique. En revanche, le risque de gros ad&eacute;nome augmente r&eacute;guli&egrave;rement avec le p&eacute;rim&egrave;tre abdominal sans effet seuil (tableau 3). L&rsquo;importance de ce sur-risque de gros ad&eacute;nome et de cancer impose une r&eacute;flexion sur la politique de d&eacute;pistage chez les malades atteints d&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; visc&eacute;rale. L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t chez ces malades d&rsquo;un d&eacute;pistage coloscopique identique &agrave; celui propos&eacute; en cas d&rsquo;ant&eacute;c&eacute;dents familiaux de cancers colorectal devrait &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;. .</p>
<p align="JUSTIFY">La surcharge graisseuse abdominale pourrait r&eacute;duire l&rsquo;efficacit&eacute; des traitements antiangiog&eacute;niques dans les cancers colorectaux m&eacute;tastatiques (13) probablement en raison des fortes concentrations de facteurs pro-angiog&eacute;niques circulants chez les malades ob&egrave;ses.</p>
<p align="JUSTIFY">Enfin des essais randomis&eacute;s ont d&eacute;montr&eacute; chez des malades trait&eacute;s chirurgicalement &agrave; vis&eacute;e curative pour un cancer colique un effet protecteur de l&rsquo;exercice physique post-op&eacute;ratoire sur le risque de r&eacute;cidive (10).</p>
<h1 align="JUSTIFY">OBESITE, DIABETE, ET CARCINOME HEPATOCELLULAIRE (CHC)</h1>
<p align="JUSTIFY">La st&eacute;atoh&eacute;patite non alcoolique (NASH en anglais) est une complication connue du surpoids et des d&eacute;sordres m&eacute;taboliques. Les NASH sont une cause fr&eacute;quente de CHC, essentiellement mais pas toujours au stade de cirrhose, mais il est probable que le surpoids et les d&eacute;sordres m&eacute;taboliques augmentent &eacute;galement la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; et le risque de cancer des h&eacute;patopathies non m&eacute;taboliques alcooliques et virales.</p>
<p align="JUSTIFY">Le diab&egrave;te de type II et la surcharge graisseuse visc&eacute;rale sont des facteurs pr&eacute;dictifs ind&eacute;pendants du risque de r&eacute;cidive de CHC apr&egrave;s traitement &agrave; vis&eacute;e curative chirurgical ou par radiofr&eacute;quence (14, 15).</p>
<p align="JUSTIFY">Les m&eacute;dicaments r&eacute;duisant l&rsquo;insulinor&eacute;sistance (metformine, glitazones) diminuent le risque de CHC chez les malades atteints de cirrhose (16, 17). Leur effet sur le pronostic du CHC n&rsquo;est pas connu.</p>
<h1 align="JUSTIFY">CONCLUSION</h1>
<p>Le b&eacute;n&eacute;fice des efforts dans la pr&eacute;vention du cancer engag&eacute;s depuis une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es pourrait &ecirc;tre gomm&eacute; dans les ann&eacute;es &agrave; venir par l&rsquo;augmentation de l&rsquo;incidence de l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;. La r&eacute;duction de la surcharge pond&eacute;rale, utile pour pr&eacute;venir les accidents cardiovasculaires est &eacute;galement fondamentale dans la r&eacute;duction du risque de cancer. Elle est une priorit&eacute; chez les malades &agrave; risque augment&eacute; de cancer digestif.</p>
<h1>REFERENCES</h1>
<ol>
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<li><span lang="en-GB">Kahn SE, Hull R, Utzschneider R. Mechanisms linking obesity to insulin resistance and type 2 diabetes. Nature 2006;444:840-6.</span></li>
<li>Calle EE, Thun MJ. Obesity and cancer. Oncogene 2004;23:6365-78.</li>
<li><span lang="da-DK">Renehan AG, Tyson M, Egger M, et al. </span><span lang="en-GB">Body-mass index and incidence of cancer: a systematic review and meta-analysis of prospective observational studies. Lancet</span><span lang="en-GB"><em> </em></span><span lang="en-GB">2008;371:569-78.</span></li>
<li>Calle E, Rodriguez C, Walker-Thurmond K, et al. Overweight, obesity, and mortality from cancer in a prospectively studied cohort of U.S. adults. N Engl J Med 2003;348:1625-1638.</li>
<li>Polednak AP. Estimating the number of U.S. incident cancers attributable to obesity and the impact on temporal trends in incidence rates for obesity-related cancers. Cancer Detect Prev 2008;32:190-199.</li>
<li><span lang="da-DK">AJ Swerdlow, SP Laing, Z Qiao, et al. </span><span lang="en-GB">Cancer incidence and mortality in patients with insulin-treated diabetes: a UK cohort study. Br J Cancer 2005; 92:2070-75.</span></li>
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<li>Demark-Wahnefried W, Platz EA, Ligibel JA ET AL; The role of obesity in cancer survival and recurrence. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2012;21:1244-59.</li>
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</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 1&nbsp;: les cancers dont la fr&eacute;quence est augment&eacute;e en cas l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; (5).</p>
<table cellpadding="2" cellspacing="0" width="100%">
<colgroup>
<col width="221" />
<col width="190" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p lang="en-GB"><em><strong>Hommes</strong></em></p>
</td>
<td width="190">
<p lang="en-GB"><strong>Risque relatif*</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p><span lang="en-GB">Oesophage (ad&eacute;nocarcino</span>me)</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,52 [1,33-1,74]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Thyro&iuml;de</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,33 [1,04-1,70]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Colon</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,24 [1,20-1,28]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Rein</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,24 [1,15-1,34]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Foie</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,24 [0,95-1,62]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>M&eacute;lanome malin</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,17 [1,05-1,30]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>My&eacute;lome multiple</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,11 [1,05-1,18]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Rectum</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,09 [1,06-1,12]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Leuc&eacute;mies</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,08 [1,02-1,14]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Lymphomes non hodgkiniens</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,06 [1,03-1,09]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p><strong>Femmes</strong></p>
</td>
<td width="190">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Endom&egrave;tre</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,59 [1,50-1,68]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>V&eacute;sicule biliaire</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,59 [1,02-2,47]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Ad&eacute;nocarcinome oesophagien</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,51 [1,31-1,74]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Rein</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,34 [1,25-1,43]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Leuc&eacute;mies</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,17[1,04-1,32]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Thyro&iuml;de</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,14 [1,06-1,23]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Sein post m&eacute;nopausique</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,12[1,08-1,16]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Pancr&eacute;as</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,12 [1,02-1,22]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>My&eacute;lome multiple</p>
</td>
<td width="190">
<p>1,11 [1,07-1,15]</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="221">
<p>Colon</p>
</td>
<td width="190">
<p>1&nbsp;.09 [1,05-1,13]</p>
</td>
</tr>
</tbody>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td height="44" width="221">
<p><strong>Lymphomes non hodgkiniens</strong></p>
</td>
<td width="190">
<p>1,07 [1,00-1,14]</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">* Risque relatif pour une augmentation de 5 kg/m&sup2; de l&rsquo;IMC</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 2&nbsp;: effet pr&eacute;ventif de l&rsquo;activit&eacute; physique* sur le risque de d&eacute;c&egrave;s par cancer (9).</p>
<table cellpadding="2" cellspacing="0" width="100%">
<colgroup>
<col width="292" />
<col width="293" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td width="292">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="293">
<p><strong>Risque de d&eacute;c&egrave;s</strong></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="292">
<p lang="pt-BR"><strong>IMC** &lt; 25</strong></p>
<p lang="pt-BR">Exercice &gt; 3h1/2</p>
<p lang="pt-BR">Exercice &lt; 3h1/2</p>
</td>
<td width="293">
<p lang="pt-BR">&nbsp;</p>
<p><strong>1</strong></p>
<p><strong>1,55 (1,42-1,70)</strong></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="292">
<p lang="pt-BR"><strong>IMC** &gt; 25 </strong></p>
<p lang="pt-BR">Exercice &gt; 3h1/2</p>
<p lang="pt-BR">Exercice &lt; 3h1/2</p>
</td>
<td width="293">
<p lang="pt-BR">&nbsp;</p>
<p><strong>1,91 (1,60 &#8211; 2,30)</strong></p>
<p><strong>2, 42 (2,14 &#8211; 2,73)</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">* &gt; 3heures 30 mn / semaine, ** IMC = index de masse corporelle</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 3&nbsp;: risque de cancer et de gros ad&eacute;nome colorectal en fonction du p&eacute;rim&egrave;tre abdominal chez l&rsquo;homme (12).</p>
<table cellpadding="7" cellspacing="0" width="100%">
<colgroup>
<col width="88" /></colgroup>
<colgroup>
<col width="88" />
<col width="88" />
<col width="88" />
<col width="88" />
<col width="88" /></colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td>
<p><em>Tour</em></p>
<p><em>de taille</em></p>
</td>
<td>
<p><em>&lt;89 </em></p>
</td>
<td>
<p><em>89-93,9 </em></p>
</td>
<td>
<p><em>94-98,9 </em></p>
</td>
<td>
<p><em>99-109 </em></p>
</td>
<td>
<p><strong>&gt;109 cm</strong></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td>
<p><strong>Cancer</strong></p>
</td>
<td>
<p>1,0</p>
</td>
<td>
<p>0,56</p>
</td>
<td>
<p>1,09</p>
</td>
<td>
<p><strong>1,61 </strong></p>
</td>
<td>
<p><strong>2,56*</strong></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td>
<p lang="en-US"><strong>Gros</strong></p>
<p lang="en-US"><strong>ad&eacute;nome </strong></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US">1,0</p>
</td>
<td>
<p lang="en-US">1,52</p>
</td>
<td>
<p lang="en-US">1,54</p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><strong>2,11* </strong></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><strong>2,48*</strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Points forts</h1>
<ol>
<li>Le risque de cancer digestif est &eacute;lev&eacute; en cas d&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; et de diab&egrave;te de type II.</li>
<li>L&rsquo;exc&egrave;s de risque de cancer induit par le surpoids est r&eacute;versible apr&egrave;s amaigrissement.</li>
<li>L&rsquo;exercice physique am&eacute;liore le pronostic des carcinomes coliques trait&eacute;s &agrave; vis&eacute;e curative.</li>
<li>Les m&eacute;dicaments insulinosensibilisants (metformine et glitazone) r&eacute;duisent le risque de carcinome h&eacute;patocellulaire chez les malades atteints de cirrhose.</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Syndrome de l&#8217;intestin irritable : de la physiopathologie au traitement</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/syndrome-de-lintestin-irritable%c2%a0-de-la-physiopathologie-au-traitement/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/syndrome-de-lintestin-irritable%c2%a0-de-la-physiopathologie-au-traitement/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5327</guid>
		<description><![CDATA[<h1>I. INTRODUCTION</h1>
<p>
Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est le trouble fonctionnel intestinal le plus fréquent. Sa prévalence moyenne est de 10 % dans la population générale. Il se caractérise par une douleur abdominale chronique, associée à des troubles du transit (constipation, diarrhée ou alternance des deux) se majorant lors des poussées douloureuses. 
</p>
<p>
Considéré initialement comme un trouble purement moteur, le SII est devenu une affection multi-factorielle. L'accent est actuellement mis sur les troubles de la sensibilité viscérale et le dysfonctionnement des relations bi-directionnelles qui existent entre le tube digestif et le cerveau. Le rôle d'anomalies du microbiote intestinal est aussi de plus en plus probable.
</p>
<p>
La meilleure connaissance de la physiopathologie est importante pour la prise en charge. Elle permet d'abord de donner aux malades des explications sur l'origine de leurs symptômes lorsque la normalité des explorations morphologiques ne les rassurent pas. Parallèlement, les pistes thérapeutiques se diversifient.
</p>
<h1>
II. LES DIFFERENTES PISTES PHYSIOPATHOLOGIQUES
</h1>
<h2>
1) LES TROUBLES DE LA MOTRICITE : PREMIERES ANOMALIES IDENTIFIEES 1
</h2>
<p>
Ils ont été décrits au niveau du côlon et de l'intestin grêle conduisant à renoncer à la terminologie « colopathie fonctionnelle », impropre, et à introduire  le terme « syndrome de l'intestin irritable » (SII).
</p>
<p>
Les anomalies motrices les mieux caractérisées ont été décrites au niveau de l'intestin grêle, surtout chez les malades diarrhéiques. Elles concernent les deux profils moteurs grêliques, inter-digestif et post-prandial. Chez les malades diarrhéiques, les phases III inter-digestives sont plus nombreuses et deux fois plus souvent propagées jusque dans l'iléon. Les autres phénomènes moteurs grêliques sont une hyperactivité motrice qui disparait habituellement la nuit pendant le sommeil, de courtes salves de contractions, rythmiques, survenant typiquement toutes les minutes (rythme minute) et des contractions iléales de grande amplitude propagées dans le caecum. Salves de contractions jéjunales et grandes contractions iléales sont contemporaines dans plus de la moitié des cas de crampes abdominales. Avec l'alimentation, le stress est un second facteur déclenchant les troubles moteurs grêliques.
</p>
<p>
Les perturbations motrices coliques sont moins nettes. Aucune anomalie de la motricité basale colique n'a été clairement identifiée. Les troubles moteurs coliques s'observent surtout après la prise d'un repas : par rapport à un groupe contrôle, certains patients atteints de SII, en particulier une nouvelle fois les malades diarrhéiques, ont une réponse motrice recto-sigmoïdienne à l'alimentation plus marquée et/ou anormalement prolongée. Inversement, les malades souffrant d'un SII avec constipation ont parfois une réponse colique à l'alimentation anormalement faible. 
</p>
<p>
Les perturbations de la motricité affectent le transit des gaz digestifs, favorisant une rétention intestinale des gaz à l'origine d'une sensation d'inconfort avec parfois ballonnement objectif 2. Lors d'épreuves de perfusion gazeuse intestinale avec un mélange gazeux composé d'azote, de gaz carbonique et d'oxygène dans des proportions comparables à celles calculées dans le sang veineux, la majorité des malades SII a été incapable d'évacuer la totalité du gaz infusé et la rétention gazeuse reproduisait la sensation inconfortable de distension abdominale signalée spontanément. Pour un même volume de rétention gazeuse, la sensation de distension était beaucoup plus marquée chez les malades que chez les témoins. Cet inconfort était partiellement amélioré par l'administration de prokinétiques.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/intestin-irritable.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/ducrotte-philippe_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/planiere-gastro/315/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>I. INTRODUCTION</h1>
<p>Le syndrome de l&#39;intestin irritable (SII) est le trouble fonctionnel intestinal le plus fr&eacute;quent. Sa pr&eacute;valence moyenne est de 10 % dans la population g&eacute;n&eacute;rale. Il se caract&eacute;rise par une douleur abdominale chronique, associ&eacute;e &agrave; des troubles du transit (constipation, diarrh&eacute;e ou alternance des deux) se majorant lors des pouss&eacute;es douloureuses. </p>
<p>	Consid&eacute;r&eacute; initialement comme un trouble purement moteur, le SII est devenu une affection multi-factorielle<strong>. </strong>L&rsquo;accent est actuellement mis sur les troubles de la sensibilit&eacute; visc&eacute;rale et le dysfonctionnement des relations bi-directionnelles qui existent entre le tube digestif et le cerveau. Le r&ocirc;le d&rsquo;anomalies du microbiote intestinal est aussi de plus en plus probable.</p>
<p>La meilleure connaissance de la physiopathologie est importante pour la prise en charge. Elle permet d&rsquo;abord de donner aux malades des explications sur l&rsquo;origine de leurs sympt&ocirc;mes lorsque la normalit&eacute; des explorations morphologiques ne les rassurent pas. Parall&egrave;lement, les pistes th&eacute;rapeutiques se diversifient.</p>
<h1>II. LES DIFFERENTES PISTES PHYSIOPATHOLOGIQUES</h1>
<h2><strong>1) LES TROUBLES DE LA MOTRICITE&nbsp;: PREMIERES ANOMALIES IDENTIFIEES 1</strong></h2>
<p>Ils ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crits au niveau du c&ocirc;lon et de l&rsquo;intestin gr&ecirc;le conduisant &agrave; renoncer &agrave; la terminologie &laquo;&nbsp;colopathie fonctionnelle&nbsp;&raquo;, impropre, et &agrave; introduire&nbsp; le terme &laquo;&nbsp;syndrome de l&rsquo;intestin irritable&nbsp;&raquo; (SII).</p>
<p>Les anomalies motrices les mieux caract&eacute;ris&eacute;es ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites au niveau de l&rsquo;intestin gr&ecirc;le, surtout chez les malades diarrh&eacute;iques. Elles concernent les deux profils moteurs gr&ecirc;liques, inter-digestif et post-prandial. Chez les malades diarrh&eacute;iques, les phases III inter-digestives sont plus nombreuses et deux fois plus souvent propag&eacute;es jusque dans l&rsquo;il&eacute;on. Les autres ph&eacute;nom&egrave;nes moteurs gr&ecirc;liques sont une hyperactivit&eacute; motrice qui disparait habituellement la nuit pendant le sommeil, de courtes salves de contractions, rythmiques, survenant typiquement toutes les minutes (rythme minute) et des contractions il&eacute;ales de grande amplitude propag&eacute;es dans le caecum. Salves de contractions j&eacute;junales et grandes contractions il&eacute;ales sont contemporaines dans plus de la moiti&eacute; des cas de crampes abdominales. Avec l&rsquo;alimentation, le stress est un second facteur d&eacute;clenchant les troubles moteurs gr&ecirc;liques.</p>
<p>Les perturbations motrices coliques sont moins nettes. Aucune anomalie de la motricit&eacute; basale colique n&rsquo;a &eacute;t&eacute; clairement identifi&eacute;e. Les troubles moteurs coliques s&rsquo;observent surtout apr&egrave;s la prise d&rsquo;un repas&nbsp;: par rapport &agrave; un groupe contr&ocirc;le, certains patients atteints de SII, en particulier une nouvelle fois les malades diarrh&eacute;iques, ont une r&eacute;ponse motrice recto-sigmo&iuml;dienne &agrave; l&rsquo;alimentation plus marqu&eacute;e et/ou anormalement prolong&eacute;e. Inversement, les malades souffrant d&rsquo;un SII avec constipation ont parfois une r&eacute;ponse colique &agrave; l&rsquo;alimentation anormalement faible.&nbsp;</p>
<p>Les perturbations de la motricit&eacute; affectent le transit des gaz digestifs, favorisant une r&eacute;tention intestinale des gaz &agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;une sensation d&rsquo;inconfort avec parfois ballonnement objectif 2. Lors d&rsquo;&eacute;preuves de perfusion gazeuse intestinale avec un m&eacute;lange gazeux compos&eacute; d&rsquo;azote, de gaz carbonique et d&rsquo;oxyg&egrave;ne dans des proportions comparables &agrave; celles calcul&eacute;es dans le sang veineux, la majorit&eacute; des malades SII a &eacute;t&eacute; incapable d&rsquo;&eacute;vacuer la totalit&eacute; du gaz infus&eacute; et la r&eacute;tention gazeuse reproduisait la sensation inconfortable de distension abdominale signal&eacute;e spontan&eacute;ment. Pour un m&ecirc;me volume de r&eacute;tention gazeuse, la sensation de distension &eacute;tait beaucoup plus marqu&eacute;e chez les malades que chez les t&eacute;moins. Cet inconfort &eacute;tait partiellement am&eacute;lior&eacute; par l&rsquo;administration de prokin&eacute;tiques.</p>
<p>Les perturbations motrices digestives ne peuvent r&eacute;sumer la physiopathologie du SII&nbsp;car leur pr&eacute;sence et leur co-incidence avec les sympt&ocirc;mes, notamment les douleurs abdominales, sont inconstantes. De plus, si les m&eacute;dicaments destin&eacute;s &agrave; corriger ces troubles moteurs am&eacute;liorent les troubles du transit, ils ont habituellement une efficacit&eacute; moindre sur les douleurs abdominales. Cependant, les anomalies motrices digestives ne peuvent &ecirc;tre oubli&eacute;es.</p>
<h2>2. L&rsquo;HYPERSENSIBILITE VISCERALE&nbsp;: UN ELEMENT CLE DANS LA SURVENUE DES SYMPTOMES 3</h2>
<p>Globalement, au cours du SII, 50 &agrave; 60 % des malades souffriraient d&rsquo;une hypersensibilit&eacute; digestive. Cette hypersensibilit&eacute; a &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute;e d&egrave;s 1973 apr&egrave;s la constatation qu&rsquo;une distension rectale ou sigmoidienne par un ballonnet d&eacute;clenchait une douleur chez&nbsp; 55 % des patients souffrant d&rsquo;un SII alors que le m&ecirc;me volume de distension n&rsquo;&eacute;tait per&ccedil;u douloureusement que par 6 % des sujets contr&ocirc;les. . La topographie plus large et/ou inhabituelle de la zone douloureuse lors des distensions, par rapport &agrave; celle d&eacute;crite par des t&eacute;moins, a &eacute;t&eacute; un argument suppl&eacute;mentaire en faveur d&rsquo;une trouble sensitif. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une hypersensibilit&eacute; vraie puisque l&rsquo;abaissement du seuil douloureux s&rsquo;observe en dehors de toute modification des propri&eacute;t&eacute;s m&eacute;caniques de la paroi digestive. Le trouble de la sensibilit&eacute; concerne sp&eacute;cifiquement la sensibilit&eacute; visc&eacute;rale. En effet, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;hypersensibilit&eacute; somatique au cours du SII et les stimulations &eacute;lectriques intra-luminale ou transcutan&eacute;es sont per&ccedil;ues de fa&ccedil;on non diff&eacute;rente entre SII et contr&ocirc;les.</p>
<p>L&rsquo;hypersensibilit&eacute; s&rsquo;observe surtout au cours du SII &agrave; forme diarrh&eacute;ique au cours duquel plus de 80 % des malades seraient hypersensibles contre seulement 52 % des malades SII constip&eacute;s. Chez certains malades souffrant d&rsquo;un SII avec constipation, le seuil d&rsquo;inconfort &agrave; la distension serait m&ecirc;me plus &eacute;lev&eacute; que dans une population t&eacute;moin.&nbsp;</p>
<p>L&rsquo;hypersensibilit&eacute; n&rsquo;est pas constamment limit&eacute;e au seul intestin. Elle peut concerner la partie haute du tube digestif expliquant pourquoi le SII est souvent associ&eacute; &agrave; une dyspepsie douloureuse ou un pyrosis fonctionnel. L&rsquo;hypersensibilit&eacute; peut &ecirc;tre extradigestive, bronchique avec des manifestations asthmatiformes, v&eacute;sicale o&ugrave; elle provoque une pollakiurie et des tableaux de cystite sans infection urinaire identifiable, musculaire et/ou articulaire comme chez les patients SII fibromyalgiques.&nbsp;</p>
<h3>Hypersensibilit&eacute;&nbsp;: pourquoi&nbsp;?</h3>
<p>Plusieurs m&eacute;canismes, &eacute;ventuellement associ&eacute;s peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;s &agrave; partir de l&rsquo;anatomie des voies sensitives digestives<strong>.</strong> Des arguments existent pour un m&eacute;canisme p&eacute;riph&eacute;rique, avec une sensibilisation des neurones aff&eacute;rents primaires de la paroi digestive et/ou la mise en jeu de r&eacute;cepteurs nociceptifs pari&eacute;taux normalement silencieux. Dans cette hypersensibilit&eacute; p&eacute;riph&eacute;rique, les neurones aff&eacute;rents primaires seraient anormalement stimul&eacute;s par des m&eacute;diateurs (s&eacute;rotonine ou certaines cytokines) lib&eacute;r&eacute;s notamment par les mastocytes situ&eacute;s au contact des terminaisons sensitives et qui semblent jouer un r&ocirc;le cl&eacute;. Par le biais de ces m&eacute;diateurs, les mastocytes abaisseraient le seuil de sensibilit&eacute; de ces neurones aff&eacute;rents. Dans certains cas, la sensibilisation neuronale p&eacute;riph&eacute;rique parait li&eacute;e &agrave; une inflammation de bas grade.</p>
<p>&nbsp;L&rsquo;hypersensibilit&eacute; peut &ecirc;tre &eacute;galement centrale et d&eacute;couler d&rsquo;une hyperexcitabilit&eacute; neuronale dans la corne post&eacute;rieure de la moelle 4 amplifiant les messages sensitifs d&rsquo;origine digestive, et/ou d&rsquo;une perturbation de l&rsquo;int&eacute;gration de ces messages sensitifs dans le cerveau. En cas de sensibilisation m&eacute;dullaire, des influx sensitifs d&rsquo;intensit&eacute; normale, non nociceptifs, sont amplifi&eacute;s et per&ccedil;us de fa&ccedil;on consciente et p&eacute;nible alors que dans les conditions normales, ces m&ecirc;mes messages sont int&eacute;gr&eacute;s de fa&ccedil;on inconsciente &agrave; un niveau sous cortical. L&rsquo;imagerie c&eacute;r&eacute;brale fonctionnelle a montr&eacute; que l&rsquo;hypersensibilit&eacute; pourrait r&eacute;sulter d&rsquo;un trouble de l&rsquo;int&eacute;gration c&eacute;r&eacute;brale des influx sensitifs digestifs avec la mise en jeu inhabituelle de certaines r&eacute;gions c&eacute;r&eacute;brales telles que la r&eacute;gion cingulaire ant&eacute;rieure dans le cortex pr&eacute;-frontal, et/ou une activation c&eacute;r&eacute;brale d&rsquo;embl&eacute;e maximale, quelle que soit l&rsquo;intensit&eacute; du stimulus 5. De plus, les patients avec SII pr&eacute;sentent un ph&eacute;nom&egrave;ne d&rsquo;anticipation de la r&eacute;ponse douloureuse qui les conduit &agrave; rapporter une sensation douloureuse pour des stimuli de moindre intensit&eacute; que les sujets normaux. Cette activation est tout particuli&egrave;rement marqu&eacute;e chez les femmes. Ceci est un argument suppl&eacute;mentaire pour une pr&eacute;disposition diff&eacute;rente des 2 sexes &agrave; l&rsquo;apparition d&rsquo;un SII. Les donn&eacute;es que nous poss&eacute;dons sur l&rsquo;int&eacute;gration centrale des stimuli d&rsquo;origine digestive au cours du SII sont encore fragmentaires. Mais il est indiscutable que cette approche par imagerie fonctionnelle offre des possibilit&eacute;s nouvelles r&eacute;elles pour progresser dans la compr&eacute;hension de la physiopathologie du SII. &nbsp;</p>
<p>	L&rsquo;hypersensibilit&eacute; peut enfin r&eacute;sulter du dysfonctionnement du syst&egrave;me des contr&ocirc;les inhibiteurs diffus (CIDN) qui modulent aussi la douleur en exer&ccedil;ant une activit&eacute; analg&eacute;sique 6. Dans les conditions normales, les stimulations nociceptives activent en cascade un syst&egrave;me descendant mettant en jeu la substance grise p&eacute;ri aqueducale et p&eacute;ri-ventriculaire de l&#39;hypothalamus, la&nbsp;r&eacute;gion rostro-ventrale du bulbe et les cornes post&eacute;rieures de la moelle pour finalement inhiber l&#39;activit&eacute; des neurones nociceptifs des cornes dorsales de la moelle. Ces CIDN produisent une inhibition descendante qui r&eacute;duit l&#39;activit&eacute; des neurones nociceptifs non-sp&eacute;cifiques, faisant ainsi ressortir l&#39;activit&eacute; des neurones sp&eacute;cifiques sollicit&eacute;s par la stimulation nociceptive. Au cours du SII, le fonctionnement de ces CIDN parait perturb&eacute;, au moins chez certains malades.<br />
	Comme pour les troubles moteurs, il serait simpliste de n&rsquo;envisager que les seuls troubles sensitifs pour interpr&eacute;ter la physiopathologie du SII, en oubliant les anomalies motrices. Des phases III j&eacute;junales ou des salves de contractions il&eacute;ales peuvent occasionner une douleur ou un inconfort, par le biais de l&rsquo;hyperpression localis&eacute;e qu&rsquo;ils entra&icirc;nent. Inversement, en raison des boucles sensitivo-motrices qui coordonnent le fonctionnement digestif, l&rsquo;hyperexcitabilit&eacute; des aff&eacute;rences sensitives peut d&eacute;clencher des r&eacute;actions motrices anormales, inhibitrices ou excitatrices. Une sensibilit&eacute; excessive aux lipides a ainsi &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment avanc&eacute;e pour expliquer la r&eacute;ponse motrice gastro-colique excessive dont souffrent certains patients avec SII. De m&ecirc;me, l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration du transit chez certains malades diarrh&eacute;iques parait en rapport avec une hypersensibilit&eacute; il&eacute;ale aux acides biliaires.</p>
<h3>Les nouvelles pistes pour expliquer l&rsquo;hypersensibilit&eacute;</h3>
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; a) L&rsquo;activation immunitaire 6,7 </strong></p>
<p>L&rsquo;une des hypoth&egrave;ses actuellement&nbsp; avanc&eacute;e pour expliquer l&rsquo;hypersensibilit&eacute;, est un afflux dans la muqueuse de cellules immuno-comp&eacute;tentes, mastocytes et lymphocytes notamment, ou une activation accrue de ces cellules. Elles sensibiliseraient les neurones aff&eacute;rents primaires via la lib&eacute;ration de leurs m&eacute;diateurs en r&eacute;ponse &agrave; des modifications du microbiote, &agrave; une surexpression des certains r&eacute;cepteurs comme les toll-like (TLRs) (TLR 2 et 4 notamment) reconnaissant les motifs bact&eacute;riens ou &agrave; d&rsquo;autres facteurs qui restent &agrave; identifier. Cette interaction entre terminaisons nerveuses et cellules imuno-comp&eacute;tentes serait facilit&eacute;e par un nombre accru de terminaisons nerveuses sensibles &agrave; la substance P et &agrave; la s&eacute;rotonine. <br />
	L&rsquo;anomalie la plus constamment observ&eacute;e est une augmentation du nombre des mastocytes sur des pr&eacute;l&egrave;vements il&eacute;aux et coliques. Cette augmentation est comparable pour les diff&eacute;rents sous-types de SII. Cette hyper-mastocytose n&rsquo;est pas toujours d&eacute;tect&eacute;e, en particulier lorsque les biopsies sont rectales. Les biopsies plus profondes r&eacute;v&egrave;lent que la densit&eacute; et surtout le degr&eacute; de d&eacute;granulation des mastocytes sont beaucoup plus &eacute;lev&eacute;s pr&egrave;s des plexus et au niveau des terminaisons nerveuses et qu&#39;il existe une &eacute;troite corr&eacute;lation entre le nombre de mastocytes, leur degr&eacute; de d&eacute;granulation et la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; des sympt&ocirc;mes. Cet infiltrat mastocytaire s&rsquo;associe &agrave; des taux &eacute;lev&eacute;s de tryptase dans la muqueuse. <br />
	Les donn&eacute;es concernant les lymphocytes sont moins nettes. Chez plus de 50 % des malades SII, un infiltrat cellulaire T ou une densit&eacute; accrue de lymphocytes intra-&eacute;pith&eacute;liaux ont &eacute;t&eacute; rapport&eacute;s, &agrave; des taux insuffisant pour parler de lymphocytose &eacute;pith&eacute;liale (&gt; 30 lymphocytes/100 ent&eacute;rocytes). Certains types lymphocytaires pourraient &ecirc;tre surepr&eacute;sent&eacute;s et un travail a rapport&eacute; une augmentation des lymphocytes exprimant le CD25, apportant des arguments pour une activation de ces populations lymphocytaires. Pour les lymphocytes B, les donn&eacute;es sont concordantes pour conclure &agrave; l&rsquo;absence d&rsquo;infiltrat lymphocytaire B au cours du SII.&nbsp; <br />
	Si la d&eacute;monstration d&rsquo;un niveau accru d&rsquo;expression des cytokines pro-inflammatoires dans la muqueuse n&rsquo;est pas &eacute;tabli, les travaux sont plus concordants pour conclure &agrave; une expression r&eacute;duite des cytokines anti-inflammatoires, IL-10 et TGFb au cours du SII. Des alt&eacute;rations g&eacute;nomiques pourraient favoriser le d&eacute;veloppement d&rsquo;un SII&nbsp; puisque certains patients SII s&eacute;cr&egrave;tent peu d&rsquo;IL10 et de TGF-&szlig;.<br />
	La lib&eacute;ration de s&eacute;rotonine par les cellules ent&eacute;ro-endocrines sous l&rsquo;effet de stimuli notamment alimentaires joue un r&ocirc;le important dans la physiopathologie du SII 8. La densit&eacute; de ces cellules ent&eacute;ro-chromaffines est normale dans le gr&ecirc;le. Par contre, plusieurs travaux ont d&eacute;crit leur densit&eacute; accrue dans les muqueuses colique et rectale, notamment apr&egrave;s une gastroent&eacute;rite aigue chez les malades qui d&eacute;veloppent un SII post-infectieux (SII-PI). Cette densit&eacute; cellulaire plus &eacute;lev&eacute;e s&rsquo;observe surtout chez des patients&nbsp; d&eacute;prim&eacute;s. <br />
	Des perturbations sanguines, plus discr&egrave;tes, en faveur d&rsquo;une activation immunitaire ont &eacute;t&eacute; &eacute;galement d&eacute;crites. Si les concentrations basales de cytokines sont normales en basal,&nbsp; les cellules mononucl&eacute;es sanguines s&eacute;cr&egrave;tent, en revanche, en exc&egrave;s des cytokines pro-inflammatoires en r&eacute;ponse &agrave; certaines stimulations antig&eacute;niques. C&rsquo;est le cas notamment pour le TNFa, l&rsquo;IL-6 et l&rsquo;IL-1b apr&egrave;s un contact avec des lipopolysaccharides produites par E.Coli. Chez les malades diarrh&eacute;iques, un exc&egrave;s de m&eacute;diateurs lib&eacute;r&eacute;s par les mastocytes (PGE2, leucotri&egrave;ne B4) a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;. Enfin, si le nombre des lymphocytes CD4+, CD25+ et CD8+ est normal, ces lymphocytes T expriment souvent&nbsp; l&rsquo;int&eacute;grine B7+, qui favorisent leur afflux vers l&rsquo;intestin.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h3>L&rsquo;augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute; intestinale 9</h3>
<p>Une perm&eacute;abilit&eacute; para-cellulaire colique accrue est un &eacute;l&eacute;ment favorisant la p&eacute;n&eacute;tration d&rsquo;antig&egrave;nes alimentaires et bact&eacute;riens qui d&eacute;clencher une r&eacute;ponse inflammatoire locale avec afflux de cellules immuno-comp&eacute;tentes et lib&eacute;ration de m&eacute;diateurs de l&rsquo;inflammation, capables &agrave; leur tour de sensibiliser les neurones aff&eacute;rents primaires. <br />
	Plusieurs travaux&nbsp; ont montr&eacute; sur des biopsies muqueuses gr&ecirc;liques ou coliques humaines une augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute; intestinale avec une corr&eacute;lation entre cette augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute; et&nbsp; l&rsquo;existence d&rsquo;une hypersensibilit&eacute;. L&rsquo;augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute; para-cellulaire peut &ecirc;tre li&eacute;e au r&ocirc;le de certaines prot&eacute;ases bact&eacute;riennes qui activent un sous-type de r&eacute;cepteurs aux prot&eacute;ases (PAR-2) situ&eacute;s sur le p&ocirc;le apical des colonocytes. L&rsquo;alt&eacute;ration des jonctions serr&eacute;es peut &ecirc;tre secondaire &eacute;galement &agrave; une d&eacute;gradation accrue de la zonuline, l&rsquo;occludine ou la claudine par le prot&eacute;asome. Le stress joue &eacute;galement un r&ocirc;le via l&rsquo;un de ses m&eacute;diateurs, le CRF (cortico-releasing-factor). Appliqu&eacute; sur la face s&eacute;reuse des cellules coliques obtenues par biopsies, le stress augmente la perm&eacute;abilit&eacute; para-cellulaire &eacute;pith&eacute;liale par un effet impliquant probablement les mastocytes.&nbsp; Un r&eacute;gime riche en lipides pourrait &ecirc;tre &eacute;galement un facteur de perm&eacute;abilit&eacute; accrue.&nbsp;</p>
<h2>3. LES AUTRES PISTES PHYSIOPATHOLOGIQUES NOUVELLES</h2>
<h3>A) LE ROLE DE PERTURBATIONS DU MICROBIOTE<strong> 10</strong></h3>
<p><strong>Des donn&eacute;es de plus en plus nombreuses renforcent cette hypoth&egrave;se physiopathologique. Les arguments pour envisager l&rsquo;implication du microbiote sont les suivants&nbsp;:&nbsp;a)&nbsp; les bact&eacute;ries intestinales influencent la physiologie digestive, b) chez certains patients, &nbsp;l&rsquo;histoire du SII est celle d&rsquo;un SII post-infectieux, c) des diff&eacute;rences qualitatives et quantitatives dans la composition de la flore colique et gr&ecirc;lique ont &eacute;t&eacute; observ&eacute;es entre patients SII et sujets contr&ocirc;les. Elles s&rsquo;associent parfois &agrave; une activit&eacute; m&eacute;tabolique diff&eacute;rente de la flore. </strong></p>
<p><strong>La flore intestinale agit&nbsp; sur la sensibilit&eacute; et la motricit&eacute; digestive</strong><br />
	Chez les animaux g&eacute;n&eacute;tiquement d&eacute;pourvus de flore, une gastropar&eacute;sie, un transit dans le gr&ecirc;le significativement ralenti, une importante dilatation caecale sont des constatations habituelles alors que la reconstitution d&#39;une flore s&rsquo;associe &agrave; la r&eacute;apparition d&rsquo;une motricit&eacute; gr&ecirc;lique normalement organis&eacute;e. Les produits de l&rsquo;activit&eacute; bact&eacute;rienne de fermentation colique, gaz (H2 et/ou CH4) et acides gras &agrave; cha&icirc;nes courtes, modulent aussi la motricit&eacute; digestive, notamment au niveau de la r&eacute;gion il&eacute;o-colique, affectent le fonctionnement des cellules &eacute;pith&eacute;liales et immunitaires intestinales, et provoque parfois une hypersensibilit&eacute;.</p>
<p><strong>Le SII peut apparaitre apr&egrave;s une infection intestinale initiale</strong><br />
	L&rsquo;existence de SII post-infectieux (SII-PI) est d&eacute;sormais admise. Les SII-PI repr&eacute;senteraient 15 &agrave; 20 % des SII et peuvent succ&eacute;der &agrave; une infection bact&eacute;rienne (salmonellose, shigellose, gastroent&eacute;rite &agrave; <em>campylobacter</em>) ou parasitaire (giardiase). Le risque relatif de d&eacute;velopper un SII est multipli&eacute; par 5 apr&egrave;s une infection intestinale.&nbsp; Plusieurs facteurs influencent ce risque. Le plus important d&rsquo;entre eux est la dur&eacute;e de l&rsquo;infection initiale avec une corr&eacute;lation entre la dur&eacute;e de l&rsquo;infection&nbsp;initiale et l&rsquo;importance du risque : la probabilit&eacute; de voir apparaitre&nbsp; un SII au d&eacute;cours d&rsquo;une diarrh&eacute;e aigu&euml; est multipli&eacute;e par 11 lorsque l&rsquo;infection initiale dure plus de 3 semaines alors qu&rsquo;elle est non diff&eacute;rente de celle d&rsquo;une population contr&ocirc;le pour une infection br&egrave;ve (moins de 7 jours). Les autres facteurs de risque de SII-PI sont li&eacute;s au terrain&nbsp;: un &acirc;ge jeune lors l&rsquo;infection, un terrain anxieux et/ou d&eacute;pressif sous-jacent. Le SII-PI r&eacute;sulterait avant tout de la persistance d&rsquo;un &eacute;tat &laquo;&nbsp;inflammatoire&nbsp;&raquo; local apr&egrave;s l&rsquo;infection aigue. L&rsquo;analyse de biopsies muqueuses a montr&eacute; que les patients qui d&eacute;veloppaient un SII-PI &eacute;taient ceux qui conservaient un taux &eacute;lev&eacute; d&rsquo;interleukine 1b, cytokine pro-inflammatoire, 3 mois apr&egrave;s l&rsquo;infection. La co-existence d&rsquo;un infiltrat cellulaire inflammatoire avec cette production accrue d&rsquo;interleukine 1b n&rsquo;est pas constamment rapport&eacute;e. Elle a &eacute;t&eacute; observ&eacute;e au niveau du rectum.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<p><strong>Au cours du SII, l&#39;&eacute;cosyst&egrave;me intestinal peut &ecirc;tre quantitativement et/ou qualitativement diff&eacute;rent de celui de sujets t&eacute;moins </strong></p>
<p><strong>Des modifications quantitatives&nbsp;? 11 </strong> <br />
	L&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une pullulation bact&eacute;rienne dans le gr&ecirc;le est avanc&eacute;e, sur la base des r&eacute;sultats anormaux de tests respiratoires d&eacute;montrant une production importante et pr&eacute;coce d&#39;hydrog&egrave;ne apr&egrave;s charge en lactulose ou en glucose. Cette production accrue d&rsquo;hydrog&egrave;ne et de m&eacute;thane s&rsquo;explique par l&rsquo;extension de la zone de fermentation des r&eacute;sidus glucidiques au d&eacute;l&agrave; du c&ocirc;lon, dans l&rsquo;il&eacute;on et m&ecirc;me le j&eacute;junum distal. Cette pullulation favorise l&rsquo;apparition d&rsquo;une inflammation intestinale et d&eacute;clenche des troubles moteurs gr&ecirc;liques. Le gaz majoritairement produit influencerait le profil symptomatique des malades avec une production accrue de m&eacute;thane particuli&egrave;rement fr&eacute;quente chez les patients d&eacute;crivant un SII avec constipation chez qui une corr&eacute;lation positive entre la quantit&eacute; de m&eacute;thane produite et la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; du ralentissement du transit a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;e. Cette hypoth&egrave;se d&#39;une colonisation bact&eacute;rienne s&#39;est trouv&eacute;e renforc&eacute;e par la d&eacute;monstration d&#39;une am&eacute;lioration symptomatique significative apr&egrave;s un traitement de dix jours par un antibiotique, essentiellement la n&eacute;omycine ou la rifaximine. La r&eacute;duction de l&rsquo;inconfort abdominal et des troubles du transit concernait surtout les malades tr&egrave;s m&eacute;thano-producteurs avant le traitement antibiotique. <br />
	Cette th&eacute;orie d&#39;une pullulation bact&eacute;rienne endo-luminale demeure tr&egrave;s discut&eacute;e car d&rsquo;autres travaux ont rapport&eacute; une pr&eacute;valence soit non diff&eacute;rente de celle calcul&eacute;e dans une population t&eacute;moin compos&eacute;e de sujets asymptomatiques et voisine de 4%, La discussion porte essentiellement sur la sensibilit&eacute;, la sp&eacute;cificit&eacute; et les valeurs pr&eacute;dictives n&eacute;gative et positive d&rsquo;un test respiratoire &agrave; l&rsquo;hydrog&egrave;ne bas&eacute; sur l&#39;ingestion de glucose ou de lactulose pour affirmer l&#39;existence d&#39;une pullulation bact&eacute;rienne dans le gr&ecirc;le. La discussion porte notamment sur le crit&egrave;re qui doit &ecirc;tre retenu pour conclure que le test est anormal. Le d&eacute;bat n&rsquo;est pas clos mais une m&eacute;ta-analyse r&eacute;cente, prenant en compte l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; des &eacute;tudes publi&eacute;es aboutit cependant &agrave; la conclusion que la probabilit&eacute; de pullulation bact&eacute;rienne endo-luminale au cours du SII est environ trois fois sup&eacute;rieure &agrave; celle d&rsquo;une population contr&ocirc;le. Il para&icirc;t raisonnable de conclure qu&#39;une pullulation microbienne endo-luminale est probable chez certains malades, notamment chez ceux souffrant de troubles de la motricit&eacute; du gr&ecirc;le et qu&rsquo;elle peut contribuer au ballonnement abdominal dont se plaignent les patients SII.</p>
<p><strong>Les anomalies qualitatives du microbiote 10</strong><br />
	En l&rsquo;absence de toute colonisation bact&eacute;rienne chronique du gr&ecirc;le, des donn&eacute;es font &eacute;tat, au cours du SII, de modifications de la composition de la flore endoluminale mais aussi de celle pr&eacute;sente dans le biofilm au contact de la muqueuse. L&rsquo;abandon des techniques de mise en culture des selles (non satisfaisantes car 80% des esp&egrave;ces bact&eacute;riennes ne sont pas cultivables) pour des techniques de s&eacute;quen&ccedil;age des g&eacute;nomes bact&eacute;riens et notamment la d&eacute;tection de la fraction 16S ribosomale, permettent dor&eacute;navant d&rsquo;obtenir des donn&eacute;es beaucoup plus fiables sur la composition du microbiote au cours du SII. <br />
	Un exc&egrave;s de firmicutes (<em>Faecalibacterium</em>, <em>Acetititomaculm</em>&hellip;)&nbsp; est l&rsquo;anomalie la plus constamment rapport&eacute;e, soit comme unique diff&eacute;rence, soit en association avec une r&eacute;duction des bact&eacute;roid&eacute;tes (<em>Bacteroides, Alistipes</em>). Une augmentation du rapport Firmicutes/ Bact&eacute;roidetes a &eacute;t&eacute; notamment d&eacute;crit chez les malades souffrant d&rsquo;un SII avec constipation, en association avec un &eacute;tat d&eacute;pressif. L&rsquo;&eacute;tude de la flore au contact de la muqueuse, men&eacute;e avant tout chez les malades souffrant d&rsquo;un SII diarrh&eacute;ique, a r&eacute;v&eacute;l&eacute; une augmentation des bact&eacute;roides et des clostridia, associ&eacute;e &agrave; une r&eacute;duction des bifidobact&eacute;ries.</p>
<p>	<strong>Ces anomalies du microbiote pourrait &ecirc;tre une explication &agrave; la fermentation colique excessive qui existe au cours du SII 12</strong><br />
	L&rsquo;un des r&ocirc;les de la flore colique est la transformation des r&eacute;sidus glucidiques. Cette fermentation aboutit &agrave; la production de gaz, principalement hydrog&egrave;ne et m&eacute;thane. Lors d&rsquo;une di&egrave;te standard, la production d&rsquo;hydrog&egrave;ne &eacute;tait deux fois plus &eacute;lev&eacute;e au cours du SII que dans une population contr&ocirc;le avec une vitesse de production de ce gaz beaucoup plus rapide apr&egrave;s un repas. Avec un r&eacute;gime excluant les c&eacute;r&eacute;ales autres que le riz ainsi que les produits laitiers, la production d&rsquo;hydrog&egrave;ne &eacute;tait significativement r&eacute;duite chez les m&ecirc;mes sujets SII mais pas chez les contr&ocirc;les. Cette r&eacute;duction de la production entrainait une am&eacute;lioration des sympt&ocirc;mes d&eacute;clench&eacute;s habituellement par la prise alimentaire. Cette activit&eacute; m&eacute;tabolique (m&eacute;tabolomique) diff&eacute;rente du microbiote au cours du SII est une explication &agrave; la fr&eacute;quente mauvaise tol&eacute;rance &agrave; une di&egrave;te enrichie en fibres, notamment insolubles. Un travail vient de confirmer cette hypoth&egrave;se en d&eacute;montrant chez des malades SII constip&eacute;s, par rapport &agrave; une population t&eacute;moin, une production accrue en hydrog&egrave;ne et en sulfides et moindre en acides gras apr&egrave;s consommation d&rsquo;amidon, en rapport avec une r&eacute;duction de certaines esp&egrave;ces bact&eacute;riennes produisant du butyrate <strong>13</strong>. Cette m&eacute;tabolomique est &eacute;galement une explication possible &agrave; la mauvaise tol&eacute;rance &agrave; certains oligo-, di- ou monosaccharides fermentables (&laquo;&nbsp;FODMAPS&nbsp;&raquo;) comme le fructose, l&rsquo;inuline, et peut-&ecirc;tre le lactose <strong>14</strong>. </p>
<p>	Les arguments qui existent pour un r&ocirc;le de la flore sont encore actuellement essentiellement indirects. La confirmation du r&ocirc;le d&eacute;l&eacute;t&egrave;re du microbiote ne pourra &ecirc;tre apport&eacute;e que par des &eacute;tudes interventionnelles bien men&eacute;es avec des probiotiques et/ou des pr&eacute;botiques, ou des antibiotiques, d&eacute;montrant que modifier la flore am&eacute;liore les sympt&ocirc;mes.&nbsp;</p>
<h3>B. UN EXCES D&rsquo;ACIDES BILIAIRES ENDO-LUMINAUX 6</h3>
<p>Cette piste physiopathologique est d&rsquo;exploration tr&egrave;s r&eacute;cente. Une malabsorption des acides biliaires expliquerait l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration du transit chez au moins 30 % des patients souffrant d&rsquo;un SII diarrh&eacute;ique. L&rsquo;exc&egrave;s d&rsquo;acides biliaires endo-luminaux parait &eacute;galement la cons&eacute;quence possible d&rsquo;un exc&egrave;s de synth&egrave;se h&eacute;patique amenant le d&eacute;passement des capacit&eacute;s d&rsquo;absorption il&eacute;ales. Une explication &agrave; cet exc&egrave;s de synth&egrave;se serait un d&eacute;ficit de s&eacute;cr&eacute;tion il&eacute;ale de FGF19 qui exerce un r&eacute;tro-contr&ocirc;le n&eacute;gatif sur la synth&egrave;se d&rsquo;acides biliaires par les h&eacute;patocytes.&nbsp;</p>
<h3>Les anomalies du microbiote pourraient &eacute;galement intervenir en limitant la transformation des acides biliaires primaires (acides cholique et chenodeoxycholique) en acides biliaires secondaires.</h3>
<h2>4. LE ROLE DES FACTEURS PSYCHOLOGIQUES ET DU STRESS NE DOIT PAS ETRE OUBLIE <strong>15</strong></h2>
<p>Les aspects psychologiques du SII ne peuvent &ecirc;tre oubli&eacute;s m&ecirc;me si la pr&eacute;valence des troubles psychiatriques au cours du SII reste d&eacute;battue.<strong> </strong>Concernant les troubles thymiques, il est parfois difficile de trancher entre leur caract&egrave;re primitif ou secondaire li&eacute; au retentissement de la chronicit&eacute; de la symptomatologie sur la qualit&eacute; de vie quotidienne. <br />
	Le terrain psychologique et les troubles de l&rsquo;humeur conditionnent d&rsquo;abord un recours accru aux soins. Ils interf&egrave;rent avec la perception et l&rsquo;int&eacute;gration des informations sensitives d&rsquo;origine digestive, en entretenant notamment un &eacute;tat d&rsquo;hyper-vigilance &agrave; ces stimuli. Par rapport &agrave; une population contr&ocirc;le, existe au cours du SII un ph&eacute;nom&egrave;ne d&rsquo;anticipation de la r&eacute;ponse douloureuse qui conduit les malades &agrave; rapporter une sensation douloureuse pour des stimuli de moindre intensit&eacute;. <br />
	Les communications bidirectionnelles entre le tube digestif et le syst&egrave;me nerveux central impliquent les voies du syst&egrave;me nerveux autonome. Or, les m&eacute;diateurs de ce syst&egrave;me autonome, notamment les cat&eacute;cholamines lib&eacute;r&eacute;es par l&rsquo;activation du syst&egrave;me sympathique, modulent le fonctionnement gastro-intestinal, affectent la sensibilit&eacute; visc&eacute;rale mais aussi l&rsquo;immunit&eacute; intestinale. Des alt&eacute;rations du fonctionnement de ce syst&egrave;me nerveux autonome ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; rapport&eacute;es au cours du SII. Les troubles psychologiques ou les troubles de l&rsquo;humeur, fr&eacute;quents au cours du SII,&nbsp; peuvent &ecirc;tre responsables de perturbations de l&rsquo;activit&eacute; de ce syst&egrave;me nerveux autonome.<strong> </strong></p>
<h1>III. DE LA PHYSIOPATHOLOGIE A LA PRISE EN CHARGE 16-21</h1>
<p>La multiplication des pistes physiopathologiques rend logique de traiter les malades souffrant d&rsquo;un SII avec d&rsquo;autres alternatives que les seuls anti-spasmodiques quand ceux-ci, toujours prescrits en premi&egrave;re intention, sont inefficaces. <br />
	Le tableau ci-dessous r&eacute;sume les options th&eacute;rapeutiques possibles avec leur niveau de preuve actuel 16<br />
	Les donn&eacute;es actuelles sugg&egrave;rent que les probiotiques peuvent &ecirc;tre une option th&eacute;rapeutique. Il reste &agrave; r&eacute;pondre &agrave; plusieurs questions&nbsp;: quelles sont les souches utiles&nbsp;? souche unique ou association&nbsp;? quelle dose et quelle dur&eacute;e&nbsp;? cette option est-elle sans risque sur le long terme&nbsp;? <br />
	La situation id&eacute;ale serait de pouvoir disposer largement de tests simples et peu invasifs pour approcher la physiopathologie des sympt&ocirc;mes chez un malade donn&eacute;. &nbsp;Cette situation n&rsquo;existe pas actuellement. Le traitement dans les formes qui ne sont qu&rsquo;imparfaitement am&eacute;lior&eacute;es par les anti-spasmodiques repose donc sur un essai empirique de diff&eacute;rentes alternatives &eacute;ventuellement combin&eacute;es.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 1&nbsp;: Options th&eacute;rapeutiques possibles disponibles ou prochainement disponibles pour les diff&eacute;rents m&eacute;canismes physiopathologiques identifi&eacute;s au cours du SII</p>
<table border="1" cellpadding="2" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Piste physiopathologique</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Options th&eacute;rapeutiques Possibles</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Niveau de preuve</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">Troubles<br />
					de la motricit&eacute;</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Antispasmodiques</p>
<p><em>&nbsp;</em></p>
<p><em>SII avec constipation</em><br />
					Agonistes 5-HT4 <br />
					Linaclotide <br />
					<em>SII avec diarrh&eacute;e</em><br />
					Antagonistes 5-HT3</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">A<br />
					(avec essais positifs r&eacute;cents avec la combinaison citrate d&rsquo;alv&eacute;rine /simeticone et le phloroglucinol)</p>
<p align="center">&nbsp; B *<br />
					A</p>
<p align="center">&nbsp;&nbsp; A**</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">Hypersensibilit&eacute;<br />
					visc&eacute;rale</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Antid&eacute;presseurs &agrave; faible dose</p>
<p>Anti&eacute;pileptique &agrave; faible dose</p>
<p>Pr&eacute;gabaline</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">A</p>
<p align="center">C</p>
<p align="center">B</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Activation<br />
					immunitaire</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Stabilisateur des mastocytes (ketotifene, cromoglycate)<br />
					Prednisolone</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">B</p>
<p align="center">C</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Perm&eacute;abilit&eacute;<br />
					intestinale accrue</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p>Probiotiques</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">C</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Dysbiose</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Probiotiques<br />
					Pr&eacute;biotiques<br />
					Antibiotiques (Rifaximine)</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">B</p>
<p align="center">B</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Exc&egrave;s d&rsquo;acides biliaires endo-luminaux</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Colestyramine<br />
					Probiotiques</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">C<br />
					C</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p align="center">Troubles<br />
					psychologiques<br />
					et de l&rsquo;humeur</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Alternatives non m&eacute;dicamenteuses (hypnose, relaxation, sophrologie, psychoth&eacute;rapie&hellip;)</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">A/B</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">* Agonistes 5-HT4:&nbsp; le t&eacute;gaserod a &eacute;t&eacute; test&eacute; dans l&rsquo;indication syndrome de l&rsquo;intestin irritable avant que sa prescription soit interrompue pour des raisons de s&eacute;curit&eacute; d&rsquo;utilisation (troubles du rythme cardiaque).. Le prucalopride, agoniste tr&egrave;s s&eacute;lectif des r&eacute;cepteurs 5HT4 (pas d&rsquo;effet cardiaque) &nbsp;n&rsquo;a pour l&rsquo;instant pas d&rsquo;indication pour soulager la douleur abdominale du syndrome de l&rsquo;intestin irritable.</p>
<p class="legende">* *&nbsp; l&rsquo;option des antagonistes des r&eacute;cepteurs 5HT3 est pour l&rsquo;instant mise de c&ocirc;t&eacute; &agrave; cause de la survenue des&nbsp;&nbsp; colites isch&eacute;miques observ&eacute;es avec l&rsquo;alos&eacute;tron</p>
<h1>
	R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Ropert A. Troubles de la motricit&eacute; intestinale et hypersensibilit&eacute; visc&eacute;rale dans le syndrome de l&rsquo;intestin irritable. Gastroenterol Clin Biol 2009;33&nbsp;:S35-9</li>
<li>Azpiroz F, Malagelada JR. Abdominal bloating. Gastroenterology 2005;129:1060-78</li>
<li>Azpiroz F, Bouin M, Camilleri M. Mechanisms of hypersensitivity in IBS and functional disorders. Neurogastroenterol Motil 2007;19&nbsp;:62-88</li>
<li>Mayer EA, Naliboff &nbsp;BD, Craig AD. Neuroimaging of the brain-gut axis&nbsp;: from basic understanding to treatment of functional GI disorders. Gastroenterology 2006;131&nbsp;:1925-42</li>
<li>Bonaz b, Sabate JM. Le dysfonctionnement du brain-gut. Gastroenterol Clin Biol 2009; 33&nbsp;:S49-58</li>
<li>Camilleri M. Peripheral mechanisms in irritable bowel syndrome. N Engl J Med 2012;367&nbsp;:1626-35</li>
<li>Ohman L, Simren M. Pathogenesis of IBS&nbsp;: role of inflammation, immunity and neuroimmune interactions. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2010;7&nbsp;:163-73</li>
<li>Talley NJ. Serotoninergic neuroenteric modulators. Lancet 2001&nbsp;;358&nbsp;:2061-8</li>
<li>Camilleri M, Madsen K, Spiller T et al. Intestinal barrier function in health and gastrointestinal disease. Neurogastroenterol Motil 2012&nbsp;;24&nbsp;:503-12</li>
<li>10. Simren M, Barbara G, Flint HJ et al. Intestinal microbiota in functional bowel disorders&nbsp;: a Rome foundation report. Gut 2012 (sous presse)</li>
<li>Lin HC. Small intestinal bacterial overgrowth&nbsp;: a framework for understanding irritable bowel syndrome. JAMA 2004;292:852-8</li>
<li>King TS, Elia M, Hunter JO. Abnormal colonic fermentation in Irritable Bowel Syndrome. Lancet 1998;352&nbsp;:1187-9</li>
<li>Chassard C, Dapoigny M, Scott KP et al. Functional dysbiosis within the gut microbiota of patients with constipated-irritable bowel syndrome. Aliment Pharmacol Ther 2012;35&nbsp;:828-38</li>
<li>Shepherd SJ, Gibson PR. Fructose malabsorption and symptoms of irritable bowl syndrome&nbsp;: guidelines for the effective dietary management. J AM Diet Assoc 2006&nbsp;;106&nbsp;:1631-9</li>
<li>Wood JD. Neuropathophysiology of functional gastrointestinal disorders. World J Gastroenterol 2007;13&nbsp;:1313-32</li>
<li>Ducrott&eacute; P. Options th&eacute;rapeutiques m&eacute;dicamenteuses et di&eacute;t&eacute;tiques actuelles. Gastroenterol Clin Biol 2009;33&nbsp;:S68-78</li>
<li>Ruepert L, Quatero AO, Van der Heiden GJ et al. Bulking agents, anti-spasmodics and antidepressants for the treatment of irritable bowel syndrome. Cochrane Database Syst Rev 2011;10(8)&nbsp;:CD003460</li>
<li>Zidenbos IL, de Wit NJ, Van der Heiden GJ et al. Psychological treatments for the management of irritable bowel syndrome. Cochrane Database Syst Rev 2009;1: CD00642</li>
<li>Barbara G, Zecchi L, Barbaro R et al. Mucosal permeability and immune activation as potential therapeutic targets of probiotics in irritable bowel syndrome. J Clin Gastroenterol 2012&nbsp;;46&nbsp;: S52-5</li>
<li>Quigley EM, Tack J, Chey WD, et al Randomised clinical trials: linaclotide phase 3 studies in IBS-C &#8211; a prespecified further analysis based on European Medicines Agency-specified endpoints. Aliment Pharmacol Ther. 2012 (sous presse) doi: 10.1111/apt.12123</li>
<li>Klooker TK, Braak B, Koopman KE et al&nbsp; The mast cell stabiliser ketotifen decreases visceral hypersensitivity and improves intestinal symptoms in patients with irritable bowel syndrome. Gut. 2010&nbsp;; 59: 1213-21</li>
</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>Le syndrome de l&rsquo;intestin irritable est une maladie multifactorielle</li>
<li>L&rsquo;hypersensibilit&eacute; visc&eacute;rale, qu&rsquo;elle soit d&rsquo;origine p&eacute;riph&eacute;rique (sensibilisation des neurones aff&eacute;rents primaires intestinaux) et/ou centrale (amplification m&eacute;dullaire des influx sensitifs d&rsquo;origine digestive, perturbation de leur int&eacute;gration c&eacute;r&eacute;brale, alt&eacute;ration des contr&ocirc;les inhibiteurs diffus)&nbsp; est un &eacute;l&eacute;ment physiopathologique essentiel.</li>
<li>Une perm&eacute;abilit&eacute; para-cellulaire accrue est un &eacute;l&eacute;ment important dans la sensibilisation des terminaisons sensitives digestives.</li>
<li>Le r&ocirc;le d&eacute;l&eacute;t&egrave;re du microbiote est probable mais les arguments en faveur de cette hypoth&egrave;se physiopathologique ne sont encore qu&rsquo;indirects.</li>
<li>Les troubles psychologiques, les perturbations de l&rsquo;humeur, l&rsquo;exposition &agrave; un stress chronique influencent l&rsquo;int&eacute;gration c&eacute;r&eacute;brale des influx sensitifs, ont un impact au niveau digestif (perm&eacute;abilit&eacute; intestinale accrue, entretien d&rsquo;une activation immunitaire et d&rsquo;une &eacute;ventuelle inflammation de bas grade) et conditionnent l&rsquo;importance du recours aux soins.&nbsp;</li>
</ol>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/syndrome-de-lintestin-irritable%c2%a0-de-la-physiopathologie-au-traitement/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>Actualites et nouveaux outils dans le depistage du cancer colorectal</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/actualites-et-nouveaux-outils-dans-le-depistage-du-cancer-colorectal/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/actualites-et-nouveaux-outils-dans-le-depistage-du-cancer-colorectal/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5342</guid>
		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>
Le dépistage organisé du cancer colorectal (DOCCR) repose en France sur la présélection d'une population cible par un test de dépistage, la recherche de saignement occulte dans les selles, suivi, en cas de positivité, d'un examen diagnostique, la coloscopie. Cette stratégie, initiée dans une vingtaine de départements pilotes en 2003, à la suite de 4 larges études de population (1-4), a été ensuite généralisée à l'ensemble du territoire national. Les spécificités propres à ces deux étapes, les critères prédictifs d'efficience, la méthodologie, les résultats attendus et ceux observés, ainsi que les freins et facteurs limitants sont aujourd'hui bien documentés. Il existe une grande variabilité de pratiques dans le domaine du DOCCR dans le monde et en Europe ; malgré des recommandations émises par la Communauté Européeenne (5), chaque pays développe sa stratégie propre avec un niveau d'investissement variable des pouvoirs publics. Cette revue a pour objectif de faire le point sur les modalités actuelles du dépistage de CCR à la lumière des travaux scientifiques récents, des stratégies nationales et des résultats disponibles.
</p>
<h1>
Bref rappel / situation du problème
</h1>
<p>
Il existe plusieurs stratégies de dépistage selon le niveau de risque du CCR. La présente mise au point ne concerne que la population à risque moyen relevant d'un dépistage organisé systématique. 
</p>
<p>
Les patients à risque élevé (ATCD personnels ou familiaux de CCR et/ou de polyadénomes colorectaux, Colites Inflammatoires …) relèvent en effet d'emblée d'un dépistage par coloscopie selon les recommandations de l'HAS puis del'INCa. Ces groupes à risque ainsi que les patients symptomatiques sont de fait exclus du dépistage organisé ; les médecins traitants ont un rôle important à jouer à ce stade pour orienter les patients dans la bonne filière.
</p>
<p>
Pour les patients à risque très élevé, une prise en charge spécifique a été mise en place centrée sur les consultations d'oncogénétique dont l'activité augmente régulièrement.
</p>
<h2>
1-Enjeu du dépistage et critères d'efficacité d'un test de dépistage.
</h2>
<p>
Les impératifs du dépistage sont différents selon que l'on considère l'intérêt collectif au niveau d'une population et l'intérêt individuel d'une personne. En matière de dépistage organisé, mettant en jeu les ressources des pouvoirs publics, les critères d'efficience d'un programme national peuvent revêtir plusieurs niveaux d'exigence au premier rang desquels figurent a) la réduction de la mortalité globale au niveau de la population cible et b) la diminution de l'incidence de la maladie dans la population générale. La réduction de la mortalité chez les patients bénéficiaires du test(c) et d) la réduction du risque sont des bénéfices à l'échelon individuel. Enfin e) le taux de découverte de lésion (sensibilité, spécificité, valeurs prédictives) caractérise la performance du test considéré sans forcément préjuger de son intérêt réel en matière de dépistage.
</p>
<p>
Concernant les études dites « populationnelles », il convient de bien distinguer la population cible définie comme l'ensemble des individus concernés par le dépistage, la population invitée, correspondant à l'ensemble des individus ayant reçus une invitation à participer et la population testée chez qui le test de dépistage a effectivement été réalisé.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/actualites-nouveaux-outils.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/pienkowski-patrice2_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-cancero/348/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> </div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques&nbsp;</h1>
<ul>
<li>Quels sont les r&eacute;sultats actuels du d&eacute;pistage organis&eacute; du CCR en France</li>
<li>Quelles seront les cons&eacute;quences pratiques de l&rsquo;utilisation du test immunologique</li>
<li>Quelles sont les autres techniques de d&eacute;pistage du CCR</li>
<li>Etats des lieux des pratiques &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger et recommandations internationales</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>Le d&eacute;pistage organis&eacute; du cancer colorectal (DOCCR) repose en France sur la pr&eacute;s&eacute;lection d&rsquo;une population cible par un test de d&eacute;pistage, la recherche de saignement occulte dans les selles, suivi, en cas de positivit&eacute;, d&rsquo;un examen diagnostique, la coloscopie. Cette strat&eacute;gie, initi&eacute;e dans une vingtaine de d&eacute;partements pilotes en 2003, &agrave; la suite de 4 larges &eacute;tudes de population (1-4), a &eacute;t&eacute; ensuite g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e &agrave; l&rsquo;ensemble du territoire national. Les sp&eacute;cificit&eacute;s propres &agrave; ces deux &eacute;tapes, les crit&egrave;res pr&eacute;dictifs d&rsquo;efficience, la m&eacute;thodologie, les r&eacute;sultats attendus et ceux observ&eacute;s, ainsi que les freins et facteurs limitants sont aujourd&rsquo;hui bien document&eacute;s. Il existe une grande variabilit&eacute; de pratiques dans le domaine du DOCCR dans le monde et en Europe&nbsp;; malgr&eacute; des recommandations &eacute;mises par la Communaut&eacute; Europ&eacute;eenne (5), chaque pays d&eacute;veloppe sa strat&eacute;gie propre avec un niveau d&rsquo;investissement variable des pouvoirs publics. Cette revue a pour objectif de faire le point sur les modalit&eacute;s actuelles du d&eacute;pistage de CCR &agrave; la lumi&egrave;re des travaux scientifiques r&eacute;cents, des strat&eacute;gies nationales et des r&eacute;sultats disponibles.</p>
<h1>Bref rappel / situation du probl&egrave;me</h1>
<p>Il existe plusieurs strat&eacute;gies de d&eacute;pistage selon le niveau de risque du CCR. La pr&eacute;sente mise au point ne concerne que la population &agrave; risque moyen relevant d&rsquo;un d&eacute;pistage organis&eacute; syst&eacute;matique. <br />
	Les patients &agrave; risque &eacute;lev&eacute; (ATCD personnels ou familiaux de CCR et/ou de polyad&eacute;nomes colorectaux, Colites Inflammatoires &hellip;) rel&egrave;vent en effet d&rsquo;embl&eacute;e d&rsquo;un d&eacute;pistage par coloscopie selon les recommandations de l&rsquo;HAS puis del&rsquo;INCa. Ces groupes &agrave; risque ainsi que les patients symptomatiques sont de fait exclus du d&eacute;pistage organis&eacute;&nbsp;; les m&eacute;decins traitants ont un r&ocirc;le important &agrave; jouer &agrave; ce stade pour orienter les patients dans la bonne fili&egrave;re.<br />
	Pour les patients &agrave; risque tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;, une prise en charge sp&eacute;cifique a &eacute;t&eacute; mise en place centr&eacute;e sur les consultations d&rsquo;oncog&eacute;n&eacute;tique dont l&rsquo;activit&eacute; augmente r&eacute;guli&egrave;rement.</p>
<h3>1-Enjeu du d&eacute;pistage et crit&egrave;res d&rsquo;efficacit&eacute; d&rsquo;un test de d&eacute;pistage.</h3>
<p>Les imp&eacute;ratifs du d&eacute;pistage sont diff&eacute;rents selon que l&rsquo;on consid&egrave;re l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t collectif au niveau d&rsquo;une population et l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t individuel d&rsquo;une personne. En mati&egrave;re de d&eacute;pistage organis&eacute;, mettant en jeu les ressources des pouvoirs publics, les crit&egrave;res d&rsquo;efficience d&rsquo;un programme national peuvent rev&ecirc;tir plusieurs niveaux d&rsquo;exigence au premier rang desquelsfigurent a) la r&eacute;duction de la mortalit&eacute; globale au niveau de la population cible et b) la diminution de l&rsquo;incidence de la maladie dans la population g&eacute;n&eacute;rale. La r&eacute;duction de la mortalit&eacute; chez les patients b&eacute;n&eacute;ficiaires du test(c) et d) la r&eacute;duction du risque sontdesb&eacute;n&eacute;fices &agrave; l&rsquo;&eacute;chelon individuel. Enfin e) le taux de d&eacute;couverte de l&eacute;sion (sensibilit&eacute;, sp&eacute;cificit&eacute;, valeurs pr&eacute;dictives) caract&eacute;rise la performance du test consid&eacute;r&eacute; sans forc&eacute;ment pr&eacute;juger de son int&eacute;r&ecirc;t r&eacute;el en mati&egrave;re de d&eacute;pistage.</p>
<p>Concernant les &eacute;tudes dites &laquo;&nbsp;populationnelles&nbsp;&raquo;, il convient de bien distinguer la population cible d&eacute;finie comme l&rsquo;ensemble des individus concern&eacute;s par le d&eacute;pistage, la population invit&eacute;e, correspondant &agrave; l&rsquo;ensemble des individus ayant re&ccedil;us une invitation &agrave; participer et la population test&eacute;e chez qui le test de d&eacute;pistage a effectivement &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;.</p>
<h3>2-Strat&eacute;gies de d&eacute;pistage et/ou de pr&eacute;vention</h3>
<p>Le d&eacute;pistage se d&eacute;finit comme la mise en &eacute;vidence d&rsquo;une l&eacute;sion tumorale asymptomatique infra-clinique &agrave; un stade pr&eacute;coce et donc potentiellement curable. La pr&eacute;vention concerne en sus la mise en &eacute;vidence et le traitement de l&eacute;sions pr&eacute;canc&eacute;reuses c&rsquo;est &agrave; dire les polyad&eacute;nomes colorectaux.Les recommandations communes de l&rsquo;American Cancer Society, de la Multi-Society Task Force on CRC et de l&rsquo;American College of Radiology(ACS-MSTF-ACR) distinguent deux cat&eacute;gories de tests&nbsp;(6) : les tests f&eacute;caux qui d&eacute;tectent prioritairement les cancers et les explorations morphologiques (&laquo;&nbsp;Structural colon tests&nbsp;&raquo;) susceptibles de d&eacute;tecter &eacute;galement les l&eacute;sions pr&eacute;canc&eacute;reuses contribuant ainsi &agrave; la fois au d&eacute;pistage et &agrave; la pr&eacute;vention.</p>
<h3>3-Etat des lieux du d&eacute;pistage en France</h3>
<p>Apr&egrave;s une premi&egrave;re phase d&rsquo;exp&eacute;rimentation men&eacute;e dans 23 d&eacute;partements pilotes entre 2002 et 2007, le d&eacute;pistage organis&eacute; du cancer colorectal a &eacute;t&eacute; ensuite progressivement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; &agrave; l&rsquo;ensemble du territoire sur la base d&rsquo;un cahier des charges pr&eacute;cis publi&eacute; au Journal Officiel (<em>Arr&ecirc;t&eacute; du 29 septembre 2006, n&deg;295</em>). Il repose exclusivement sur la strat&eacute;gie classique en en deux temps associant la recherche de saignement occulte dans les selles (test de s&eacute;lection) et une coloscopie (examen diagnostique de r&eacute;f&eacute;rence). Il est actuellement propos&eacute; tous les 2 ans &agrave; aux hommes et femmes &acirc;g&eacute;s de 50 &agrave; 74 ans asymptomatiques et sans facteur de risque, soit environ 17 millions de personnes correspondant &agrave; la population cible, &agrave; risque moyen.Le test et sa lecture sont pris en charge &agrave; 100% par l&rsquo;assurance maladie.</p>
<p>Toutes ces strat&eacute;gies actuelles de d&eacute;pistage organis&eacute; du CCR, reposent sur 4 &eacute;tudes pivotales europ&eacute;ennes et nord-am&eacute;ricaine publi&eacute;es dans les ann&eacute;es 1990 et 2000 ayant d&eacute;montr&eacute; une r&eacute;duction de mortalit&eacute; en population g&eacute;n&eacute;rale (1-4). En France le d&eacute;pistage est bas&eacute; sur le test Hemoccult&trade;IInon r&eacute;hydrat&eacute; (Beckman Coulter, Brea, Californie) avec une sensibilit&eacute; de 50%, une sp&eacute;cificit&eacute; de 98% et un taux de positivit&eacute; moyen de 2,7%. Il est ainsi &eacute;tabli que cette strat&eacute;gie permet de diminuer de 15&nbsp;% &agrave; 20&nbsp;% la mortalit&eacute; par cancer colorectal dans la population &agrave; condition que la participation de la population soit d&rsquo;au moins 50%.<u> </u></p>
<p>Depuis le d&eacute;but de cette campagne en 2003, 9.5 millions de tests ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;s, 13545 cancers d&eacute;pist&eacute;s et 54000 patients d&eacute;couverts porteurs d&rsquo;ad&eacute;nomes dont plus de la moiti&eacute; &agrave; haut risque (7). Les enqu&ecirc;tesde pratique r&eacute;guli&egrave;rement diligent&eacute;es par la SFED montrentune mont&eacute;e progressive en puissance des examens r&eacute;alis&eacute;s apr&egrave;s test Hemoccult&trade; positif sur la derni&egrave;re d&eacute;cennie jusqu&rsquo;&agrave; pr&egrave;s de 5% des 1200000 examensen 2011 soit environ de 55000 coloscopies (7).</p>
<p>Selon les statistiques de l&rsquo;InVS, 5 millions de fran&ccedil;ais ont particip&eacute; au programme de d&eacute;pistage organis&eacute; sur la p&eacute;riode 2010-2011, c&rsquo;est &agrave; dire pr&egrave;s d&lsquo;un tiers de la population cible. Malgr&eacute; l&rsquo;investissement des pouvoirs publics et les moyens mis en &oelig;uvre les r&eacute;sultats sont en donc en de&ccedil;&agrave; des objectifs et des recommandations europ&eacute;ennes&nbsp;: la participation de la populationesten effet insuffisante ne d&eacute;passant pas 32% au niveau national pour la p&eacute;riode 2010-2011 et 34% pour la p&eacute;riode 2009-2010. La participation est de plus in&eacute;gale selon les r&eacute;gions (47,5% en Bourgogne, 8,3% en Corse) et 5 d&eacute;partements seulement affichent un taux de participation sup&eacute;rieur &agrave; 45%. Ces r&eacute;sultatsmitig&eacute;s diminuent l&rsquo;impact du d&eacute;pistage en terme de r&eacute;duction de mortalit&eacute; au niveau de la population g&eacute;n&eacute;raleainsi que le ratio co&ucirc;t/efficacit&eacute; m&ecirc;me si, bien s&ucirc;r, le b&eacute;n&eacute;fice individuel persiste pour tous ceux qui s&rsquo;y soumettent.</p>
<p>Certains freins ont &eacute;t&eacute; clairement identifi&eacute;s,&nbsp;pouvant guider les axes d&rsquo;am&eacute;lioration, notamment au cours des &eacute;tudes EDIFICE 1 et EDIFICE 2 men&eacute;es en 2005 et 2008 (8, 9). Les principaux facteurs limitantsont le manque de sensibilisation de la population (36% &laquo;&nbsp;<em>ne se sentent pas concern&eacute;s&nbsp;</em>&raquo;), l&rsquo;implication in&eacute;gale des professionnels de sant&eacute; notamment les m&eacute;decins traitants (30% seulement recommandent syst&eacute;matiquement le d&eacute;pistage &agrave; leurs patients), la n&eacute;gligence, certains facteurs comportementaux (peur du r&eacute;sultat, proc&eacute;dure contraignante et peu s&eacute;duisante &hellip;) et/ou socio-&eacute;conomiques touchant &agrave; la ouverture sociale et la pr&eacute;carit&eacute;, sans oublier la mauvaise connaissance des modalit&eacute;s du d&eacute;pistage (selon une enqu&ecirc;te barom&eacute;trique INCa/BVA r&eacute;alis&eacute;e en janvier 2009, 33% des personnes interrog&eacute;es citent la coloscopie comme examen de premi&egrave;re intention).</p>
<p>Des progr&egrave;s restent donc &agrave; faire car le d&eacute;pistage du CCR tel qu&rsquo;il est pratiqu&eacute; actuellement ne remplit pas tous ses objectifs. Le plan cancer stipule qu&rsquo;il faut favoriser l&rsquo;adh&eacute;sion et la fid&eacute;lisation de la population, r&eacute;duire les in&eacute;galit&eacute;s d&rsquo;acc&egrave;s et surtout am&eacute;liorer l&rsquo;implication des m&eacute;decins traitants par une meilleure formation, une information et un suivi personnalis&eacute;.Le d&eacute;ploiement progressif de l&rsquo;utilisation du test immunologique qui a de meilleures performances devrait aussi contribuer &agrave; am&eacute;liorer la participation et les r&eacute;sultats (cf. infra).</p>
<p>En raison de ces limites (sensibilit&eacute; moyenne, non sp&eacute;cificit&eacute; de l&rsquo;h&eacute;moglobine humaine, lecture non automatis&eacute;e&hellip;) et du d&eacute;veloppement de tests plus performants, la recherche de saignement occulte dans les selles par tests au ga&iuml;ac ne repr&eacute;sente plus aujourd&rsquo;hui la strat&eacute;gie optimale (10)</p>
<h1>Les techniques disponibles</h1>
<h3>GENERALITES &ndash; CLASSIFICATION :</h3>
<p>On distingue les m&eacute;thodes directes ou morphologiques au premier rang desquelles les techniques endoscopiques, coloscopie et rectosigmo&iuml;doscopie (RSS) et de mani&egrave;re plus r&eacute;cente la vid&eacute;ocapsule colique (VCC), ainsi que les techniques radiologiques, lavement baryt&eacute; en double contraste, coloscopie virtuelle ou coloscanner et la colo-IRM. Dans la litt&eacute;ratureanglo-saxonne ces m&eacute;thodes sont qualifi&eacute;es d&rsquo;explorations structurelles (&laquo;&nbsp;Structural exams&nbsp;&raquo;). Les m&eacute;thodes indirectes regroupent&nbsp;:&nbsp;</p>
<ul>
<li>la d&eacute;tection de sang dans les selles (&laquo;&nbsp;Stoolbased tests&nbsp;&raquo;) par m&eacute;thode au ga&iuml;ac (gFOBT), ou test immunologique (iFOBT pour immunologicFecalOcult Blood Test, ou FIT pour FecalImmunological Test)</li>
<li>les tests reposant sur l&rsquo;analyse de l&rsquo;ADN f&eacute;cal</li>
<li>les test s&eacute;riques reposant sur la recherche d&rsquo;alt&eacute;rations g&eacute;n&eacute;tiques et l&rsquo;&eacute;tude de la m&eacute;thylation de l&rsquo;ADN.</li>
</ul>
<h3>TESTS UTILISANT LA RECHERCHE DE SANG DANS LES SELLES (en dehors des tests au Ga&iuml;ac)</h3>
<h4>Tests Immunologiques.</h4>
<p>Les tests immunologiquesreposent sur la d&eacute;tection de l&rsquo;h&eacute;moglobine humaine et non de l&rsquo;h&egrave;me gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;utilisation d&rsquo;anticorps mono ou poly-clonaux sp&eacute;cifiques de la globine. La m&eacute;thode pr&eacute;sente un certain nombre d&rsquo;avantages&nbsp;: elle est s&eacute;lective d&rsquo;un saignement d&rsquo;origine colorectale et humaine, elle s&rsquo;affranchit de contraintes alimentaires et permet une lecture automatis&eacute;e. La lecture par automate garantit une meilleure fiabilit&eacute; et reproductibilit&eacute;, permet de choisir le seuil de positivit&eacute;, d&rsquo;analyser un grand nombre de pr&eacute;l&egrave;vements, de minimiser l&rsquo;erreur humaine et de renforcer l&rsquo;assurance qualit&eacute;.La r&eacute;alisation du test est simple ce qui est susceptible d&rsquo;am&eacute;liorer le taux de participation au programme&nbsp;; le dispositif se pr&eacute;sente comme un tube en plastique dont le bouchon est reli&eacute; &agrave; un b&acirc;tonnet porte tampon qui est appliqu&eacute; sur la selle. Le test se fait sur un pr&eacute;l&egrave;vement de selles unique au lieu de 6 pr&eacute;l&egrave;vements sur 3 jours avec le test Hemoccult&trade;.</p>
<p>Les &eacute;tudes comparatives disponibles (11,12) montrent que le taux de participation (de l&rsquo;ordre de 60%), est sup&eacute;rieur avec le test immunologique d&rsquo;environ 12 points par rapport au test au ga&iuml;ac(respectivement 60 vs 47% et 62 vs 50%). Dans toutes les &eacute;tudes publi&eacute;es (11-13) les performances du test immunologique sont &eacute;galement sup&eacute;rieures. Aseuil de positivit&eacute; identique, le taux de d&eacute;tection des cancers et des ad&eacute;nomes avanc&eacute;s est plus &eacute;lev&eacute; (13)&nbsp;;le choix d&rsquo;un seuil de positivit&eacute; &agrave; 4 ou 5% multiplie le taux de d&eacute;tection des CCR par 2 et celui des ad&eacute;nomes avanc&eacute;s par 3 &agrave; 4. L&agrave; est d&rsquo;ailleurs tout le probl&egrave;me de la d&eacute;cision politique car cette am&eacute;lioration de la d&eacute;tection se fait au prix d&rsquo;un nombre nettement plus &eacute;lev&eacute; de coloscopies (14).Deux larges &eacute;tudes fran&ccedil;aises en cours confirment la sup&eacute;riorit&eacute; du test immunologique sur le test au ga&iuml;ac (15,16).</p>
<p><strong>Par leur acceptabilit&eacute; et leurs performances les tests immunologiques repr&eacute;sentent donc un progr&egrave;s consid&eacute;rable par rapport au test Hemoccult&trade;.</strong><strong> </strong></p>
<p>Les avantages et inconv&eacute;nients respectifs des 2 techniques sont r&eacute;sum&eacute;s dans le tableau I.</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="1" cellpadding="2" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p align="center">Test Immunologique</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p align="center">Test au Ga&iuml;ac</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Sp&eacute;cificit&eacute;</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Sp&eacute;cifique de la globine et de l&rsquo;h&eacute;moglobine humaine<br />
					-Plus sp&eacute;cifique des saignements colorectaux<br />
					-D&eacute;tecte des saignements plus faibles</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Non sp&eacute;cifique de l&rsquo;h&eacute;moglobine humaine, bas&eacute;e sur l&rsquo;activit&eacute; p&eacute;roxydasique de l&rsquo;h&egrave;me</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Performances</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Sensibilit&eacute; entre 70 et 85%<br />
					-Sp&eacute;cificit&eacute; entre 95 et 98%<br />
					-Taux de d&eacute;tection de cancer X 2 et d&rsquo;ad&eacute;nomes avanc&eacute;s X 2 &agrave; 4<br />
					-Nombre de coloscopies X 2 &agrave; 4</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Sensibilit&eacute; de 50 %<br />
					-Sp&eacute;cificit&eacute; de 98%</p>
<p>-Moins de faux positifs donc moins de coloscopies &laquo;&nbsp;inutiles&nbsp;&raquo;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Nombre de<br />
					Pr&eacute;l&egrave;vements</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>1 &agrave; 2 &agrave; r&eacute;aliser sur 2 selles</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>6 pr&eacute;l&egrave;vements &agrave; r&eacute;aliser sur 3 selles</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Stabilit&eacute;</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Test en phase liquide<br />
					-Risque h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de prot&eacute;olyse de la globine qui augmente avec le d&eacute;lai et la T&deg; (&gt;20&deg;)</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Test en phase solide<br />
					-Activit&eacute; peroxydasique stable pendant 14 jours</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Lecture</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Automatis&eacute;e<br />
					-Quantitative ou semi-quantitative<br />
					-Ajustement possible du seuil de positivit&eacute;</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>-Visuelle colorim&eacute;trique&nbsp;: lecture instantan&eacute;e&nbsp; unique &agrave; 1mn <br />
					-Qualitative&nbsp;: positive ou n&eacute;gative</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>-Co&ucirc;t&nbsp;du test<br />
					-Cout de la proc&eacute;dure (achat, lecture, envoi, retour)</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>1,5 &agrave; 3,5&euro;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>5,2 &agrave; 9,75&euro;</p>
</td>
<td valign="top" width="247">
<p>1,16&euro;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>6,84&euro;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><u>Tableau I&nbsp;</u>: Avantages et inconv&eacute;nients du test immunologique et du test au Ga&iuml;ac &ndash; sources INCa (15)</p>
<p>Sont actuellement disponibles, deux tests quantitatifs,&nbsp; FOB-Gold&trade; (Beckman Coulter, USA), et OC-Sensor&trade; (Eiken, Japon) et un test semi-quantitatif, Magstream&trade; (Fujirebio, Japon).</p>
<p>Les r&eacute;sultats convergents montrent donc que les tests immunologiques sont sup&eacute;rieurs aux tests au Ga&iuml;ac &agrave; la fois en terme d&rsquo;acceptabilit&eacute; et de performances et devraient permettre une plus forte r&eacute;duction de la mortalit&eacute; par CCR. Dans la mesure o&ugrave; il n&rsquo;est pas envisageable de refaire des &eacute;tudes de population avec ces nouveaux marqueurs, <strong>les tests immunologiques doivent devenir le test de r&eacute;f&eacute;rence pour le d&eacute;pistage du CCR dans le cadre d&rsquo;une strat&eacute;gie en 2 temps.</strong></p>
<p>En France le test immunologique est recommand&eacute;e par l&rsquo;HAS depuis 2008 pour remplacer le test au Ga&iuml;ac et inscrite comme objectif dans le plan cancer 2009-2013 (action 16.3). Un rapport r&eacute;cent de l&rsquo;INCa (16), pr&eacute;cise les conditions de passage aux tests immunologiques&nbsp;: un seul pr&eacute;l&egrave;vement au seuil de 100ng/ml avec le test OC-Sensor, 117ng/ml avec le FOB-Gold et seuil fabriquant de 20ng/ml pour le Magestream&trade;. La mise &agrave; disposition du test immunologique initialement attendue en France en 2013 est report&eacute;e &agrave; 2014, une fois connus les r&eacute;sultats de l&rsquo;appel d&rsquo;offre europ&eacute;en.</p>
<h3>TESTS UTILISANT LA BIOLOGIE MOLECULAIRE</h3>
<p>Les progr&egrave;s r&eacute;alis&eacute;s ces derni&egrave;res ann&eacute;es dans la compr&eacute;hension des m&eacute;canismes mol&eacute;culaires de la canc&eacute;rog&eacute;n&egrave;se colorectale ont permis l&rsquo;identification de marqueurs mol&eacute;culaires prometteurs pour le d&eacute;pistage pr&eacute;coce et non invasif des CCR (17). Les anomalies des g&egrave;nes qui r&eacute;gulent la physiologie des cellules coliques et interviennent dans&nbsp; la canc&eacute;rog&eacute;n&egrave;se, peuvent &ecirc;tre d&eacute;tect&eacute;es au sein de l&rsquo;ADN des cellules exfoli&eacute;es dans les selles &agrave; l&rsquo;aide de tests de biologie mol&eacute;culaire apr&egrave;s amplification par PCR. C&rsquo;est le cas notamment des mutations de certains g&egrave;nes, parmi lesquels les g&egrave;nes APC, Kras et P53, et des anomalies de m&eacute;thylation deg&egrave;nes promoteurs (Wif1, SFRP, Septin9, Vimentin &hellip;).Le champ des recherches dans le domaine de la biologie mol&eacute;culaire est vaste, notamment en ce qui concerne&nbsp;le choix du marqueur : acides nucl&eacute;iques (ADN, ARN) ou prot&eacute;ines, le type de test&nbsp;: test s&eacute;rique, urinaire ou f&eacute;cal ainsi que la cible&nbsp;: recherche de mutation ou anomalie de m&eacute;thylation de l&rsquo;ADN. <br />
	Trois &eacute;tudes ont &eacute;valu&eacute; initialement la performance des premiers tests &agrave; base d&rsquo;ADN f&eacute;cal chez des individus asymptomatiques (18-20)&nbsp;avec des r&eacute;sultats discordants, notamment en terme de sensibilit&eacute;. Des tests de nouvelle g&eacute;n&eacute;ration sont en cours de d&eacute;veloppement mais, au del&agrave; des performances diagnostiques, les donn&eacute;es cliniques actuelles sont encore insuffisantes en d&eacute;pistage de population, notamment en terme d&rsquo;acceptabilit&eacute; et d&rsquo;intervalle de suivi. &nbsp;Certains essais en cours paraissent particuli&egrave;rement prometteurs, comme le Cologuard&trade;, le Colohybritest&trade; et le Septin9&trade;. Le Cologuard&trade;, test f&eacute;cal multi-marqueurs d&eacute;velopp&eacute; &agrave; la Mayo Clinic, fait l&rsquo;objet d&rsquo;une large &eacute;tude comparative avec le FIT (DeeP-C, Exact Science Corporation, NCT01397747) dont les r&eacute;sultats sont attendu courant 2013. Le projet Colohybridotest&trade; est &agrave; labase de l&rsquo;essai fran&ccedil;ais VATNIMAD (NCT01270360) coordonn&eacute; par l&rsquo;Assistance Publique &ndash; H&ocirc;pitaux de Paris chez les patients asymptomatiques ayant un FOBT positif. Les anomalies de m&eacute;thylationsont &agrave; la base du d&eacute;veloppement de tests s&eacute;riques, notamment le test Sept9&trade;(Epi proColon test&trade;,Epigenomics, Berlin)qui a fait l&rsquo;objet de nombreuses &eacute;tudes pr&eacute;liminaires puis d&rsquo;une large &eacute;tude prospective chez pr&egrave;s de 8000 patients asymptomatiquesavec une sp&eacute;cificit&eacute; de 88% et une sensibilit&eacute; de 67% pour le test de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration(21). Les r&eacute;sultats semblent encore plus prometteurs avec le test de seconde g&eacute;n&eacute;ration avec notamment une sp&eacute;cificit&eacute; et une valeur pr&eacute;dictive n&eacute;gative de plus de 99%. <br />
	A ce jour, ces m&eacute;thodes sont en cours de d&eacute;veloppement&nbsp;et des &eacute;tudes cliniques sont encore n&eacute;cessaires. Comme pour les marqueurs pronostiques et les marqueurs pr&eacute;dictifs de r&eacute;ponse th&eacute;rapeutique, la biologie mol&eacute;culaire devrait permettre dans un avenir proche de simplifier le d&eacute;pistage du CCR (22). Un test de d&eacute;pistage s&eacute;rique du CCR pr&eacute;senterait, tout particuli&egrave;rement, de multiples avantages, notamment en terme de facilit&eacute; et d&rsquo;acceptabilit&eacute;, car susceptible d&rsquo;am&eacute;liorer la participation, &agrave; condition d&rsquo;en maitriser les co&ucirc;ts encore tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;s de l&rsquo;ordre de 100 &euro; par individu pour le test le moins cher.</p>
<h3>METHODES ENDOSCOPIQUES &laquo;&nbsp;CONVENTIONNELLES&nbsp;&raquo;</h3>
<h4>Coloscopie totale</h4>
<p>Contrairement au test Hemoccult&trade;, nous ne disposons &agrave; ce jour d&rsquo;aucune &eacute;tude permettant d&rsquo;affirmer une r&eacute;duction de mortalit&eacute; par CCR en population g&eacute;n&eacute;rale apr&egrave;s coloscopie de d&eacute;pistage. Il existe toutefois des arguments indirectsfortstir&eacute;s d&rsquo;&eacute;tudes observationnelles sugg&eacute;rant l&rsquo;efficacit&eacute; potentielle de la coloscopie.</p>
<p>Les travaux du National PolypStudy (NPS) ont clairement d&eacute;montr&eacute;, d&egrave;s 2003 que la polypectomie endoscopique permettait de r&eacute;duire l&rsquo;incidence du CCR (23). Tout r&eacute;cemment la m&ecirc;me &eacute;quipe apporte la preuved&rsquo;une r&eacute;duction significative de mortalit&eacute; (24). L&rsquo;actualisation de cet important travail multicentrique nord am&eacute;ricain, portant sur une cohorte de 2600 individus inclus entre 1980 et 1990, avec un suivi m&eacute;dian de 16 ans montre en effet une r&eacute;duction de mortalit&eacute; par CCR de 53% (RR = 0,47) apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se d&rsquo;ad&eacute;nomes chez les patients ayant eu une coloscopie compl&egrave;te.</p>
<p>De nombreuses &eacute;tudes ont &eacute;galement montr&eacute; une r&eacute;duction du risque de CCR dans les ann&eacute;es suivant une coloscopie normale ou sans ad&eacute;nome pouvant aller jusqu&rsquo;&agrave; 72% &agrave; 10 ans (25-28). Ces travaux (26,27) sont &agrave; l&rsquo;origine du choix d&rsquo;un intervalle de 10 ans entre deux coloscopies de d&eacute;pistage lorsque cette strat&eacute;gie est adopt&eacute;e.</p>
<p>Il a &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute; que le b&eacute;n&eacute;fice de la coloscopie, notamment en terme de mortalit&eacute;, se limiterait au colon gauche (29-31). Les deux travaux canadiens consid&eacute;r&eacute;s pr&eacute;sentent des particularit&eacute;s m&eacute;thodologiques susceptibles d&rsquo;en att&eacute;nuer la port&eacute;e&nbsp;: dans l&rsquo;&eacute;tude de Baxter (29) le pourcentage d&rsquo;atteinte du coecum n&rsquo;est que de 83% quand l&rsquo;examen est fait par un gastroent&eacute;rologue, ce qui est le cas dans un tiers des proc&eacute;dures; il en est de m&ecirc;me dans l&rsquo;&eacute;tude de Singh o&ugrave; la coloscopie index est r&eacute;alis&eacute;e par un gastroent&eacute;rologue ou un interniste dans 37% des casseulement (30).</p>
<p>Une &eacute;tude cas-t&eacute;moins allemande r&eacute;cente (32), montre une r&eacute;duction de mortalit&eacute; apr&egrave;s coloscopie de 85% pour les CCR distaux et de 57% pour les CCR proximaux : dans cette &eacute;tude de population, les patients ayant eu une coloscopie dans les 10 derni&egrave;res ann&eacute;es ont une r&eacute;duction de risque de 77%.</p>
<p>Globalement, les meilleurs r&eacute;sultats sont toutefois obtenus pour les cancers distaux, ce qui illustre les difficult&eacute;s de d&eacute;tection des l&eacute;sions n&eacute;oplasiques dans le c&ocirc;lon droit, r&eacute;sultante de multiples facteurs : qualit&eacute; de la pr&eacute;paration, exploration incompl&egrave;te apr&egrave;s l&rsquo;angle droit et fr&eacute;quence plus &eacute;lev&eacute;e des l&eacute;sions non-polypo&iuml;des.</p>
<p>La coloscopie &eacute;tant l&rsquo;examen diagnostique final de toute strat&eacute;gie de d&eacute;pistage, sa qualit&eacute; doit &ecirc;tre parfaite. Certains crit&egrave;res de qualit&eacute; ont &eacute;t&eacute; avanc&eacute;s(33,34)&nbsp;:pr&eacute;paration parfaite, technique individuelle li&eacute;e &agrave; la fois au mat&eacute;riel et &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;op&eacute;rateur avec comme objectif la visualisation du c&oelig;cum dans 95% des cas au moins,taux de d&eacute;tection de polypes et/ou d&rsquo;ad&eacute;nomes et le temps de retrait (35). Le taux de d&eacute;tection des ad&eacute;nomes, reflet d&rsquo;une exploration attentive, serait en effet un facteur pr&eacute;dictif de cancer d&rsquo;intervalle (36)&nbsp;dont la fr&eacute;quence est estim&eacute;eentre 1 et 7% selon les s&eacute;ries (25,37).De grandes disparit&eacute;s inter-op&eacute;rateur ont &eacute;t&eacute; observ&eacute;es tant aux USA (34,38-40) qu&rsquo;en France (41) avec un ratio de 1 &agrave; 3 pour le nombre d&rsquo;ad&eacute;nomes r&eacute;s&eacute;qu&eacute;s. Une &eacute;tude fran&ccedil;aise r&eacute;cente sugg&egrave;re de retenir comme crit&egrave;re de qualit&eacute; individuel le nombre moyen de polype (NMP) avec un seuil de 0.8 (42).</p>
<p>Ces donn&eacute;es favorables &agrave; l&rsquo;&eacute;chelon individuel ne sont toutefois pas compl&egrave;tement transposables aujourd&rsquo;hui &agrave; un d&eacute;pistage en population en raison des probl&egrave;mes d&rsquo;adh&eacute;sion &agrave; la coloscopie de premi&egrave;re intention, notamment en Europe. Les &eacute;tudes cas-t&eacute;moins ne prennent pas en compte la participation de la population et les r&eacute;sultats pr&eacute;sent&eacute;s correspondent &agrave; un objectif th&eacute;orique de participation de 100%. Les inconv&eacute;nients de la coloscopie ont &eacute;t&eacute; largement discut&eacute;s, limitant son recours en acc&egrave;s direct (co&ucirc;t, pr&eacute;paration, arr&ecirc;t de travail, anesth&eacute;sie, effets secondaires) ou le conditionnant aux ressources socio-&eacute;conomiques et sanitaires disponibles&nbsp;; proposer une coloscopie &agrave; tout adulte entre 50 et 75 ans tous les 10 ans mobiliserait ainsi une capacit&eacute; d&rsquo;examen de 250 millions d&rsquo;individus pour l&rsquo;Europe et les Etats-Unis (43).</p>
<p><strong>La coloscopie est donc un examen efficace pour r&eacute;duire le risque, l&rsquo;incidence et la mortalit&eacute; par CCR chez les individus qui en b&eacute;n&eacute;ficient</strong>.Des &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es et randomis&eacute;es sur le d&eacute;pistage du CCR par coloscopie en population g&eacute;n&eacute;rale sont actuellement en cours ou en projet, notamment en Europe du Nord, (Etude NordICC) (44) et en Espagne (45) ainsi qu&rsquo;aux Etats-Unis mais les r&eacute;sultats d&eacute;finitifs de ces &eacute;tudes ne seront pas connus avant quelques ann&eacute;es.</p>
<h4>Rectosigmo&iuml;doscopie</h4>
<p>Plusieurs arguments plaident pour la sigmo&iuml;doscopie (RSS) comme examen de d&eacute;pistage du CCR&nbsp;: nette pr&eacute;dominance des l&eacute;sions sur le colon gauche, pr&eacute;paration colique plus facile, absence d&rsquo;anesth&eacute;sie, relative meilleure acceptabilit&eacute;&hellip;Des &eacute;tudes cas-t&eacute;moins ont par le pass&eacute; d&eacute;montr&eacute; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la RSS dans le d&eacute;pistage du CCR (46,47)&nbsp;; cette technique, tr&egrave;s en vogue au Royaume-Uni o&ugrave; elle est r&eacute;alis&eacute;e le plus souvent par des professionnels non m&eacute;dicaux, notamment les infirmi&egrave;res, n&rsquo;a jamais connu de v&eacute;ritable engouement en France, notamment comme examen diagnostique. Des &eacute;tudes r&eacute;centes (Tableau II) apportent des arguments nouveaux etrelancent le d&eacute;bat (48-51).</p>
<table border="1" cellpadding="2" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Atkins (48)</p>
<p align="center">UK (2010)</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Segnan (49)<br />
					SCORE&trade;<br />
					Italie (2011)</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Hoff (50)</p>
<p align="center">Norv&egrave;ge (2009)</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">Schoen (51)<br />
					PLCO Trial-USA (2012)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>P&eacute;riode</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">1994-1999</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">1995-1999</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">1999-2000</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">1993-2001</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>M&eacute;thodologie</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">RSS unique<br />
					55-64 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">RSS<br />
					55-64 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">RSS unique <br />
					55-64 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">2 RSS (3/5 ans)<br />
					55-74 ans</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Effectifs&nbsp;: population<br />
					-contact&eacute;e<br />
					-s&eacute;lectionn&eacute;e<br />
					-randomis&eacute;e</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">368.142<br />
					170.000<br />
					57.230</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">236.568<br />
					56.532&nbsp;(*)<br />
					17.140</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">55.730<br />
					13.820</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">154.900<br />
					77.450</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p>Suivi m&eacute;dian</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">11 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">10,5 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">7 ans</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">12 ans</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>RSS<br />
					-r&eacute;alis&eacute;es<br />
					-participation</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">40.748<br />
					71,2%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">9.911<br />
					57,8%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">64,8%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">64.653<br />
					83,5%</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Taux de coloscopie&nbsp;:<br />
					-si test positif<br />
					-en population</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="center">5%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">93%<br />
					8,4%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">97%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">77%<br />
					21,9%</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Incidence&nbsp;(ITT)<br />
					-global<br />
					-colon G/Dt</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p align="center">23%<br />
					36 &#8211; 2%</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p align="center">18%<br />
					24-9%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">NS</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p align="center">21%<br />
					29 &#8211; 14%</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Mortalit&eacute; (ITT)<br />
					-global<br />
					- colon G/Dt</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
<p align="center">31%</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">NS</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">NS</p>
</td>
<td valign="top">
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center">26%<br />
					50-3%</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><u>Tableau&nbsp;II</u>: <em>Comparaison des &eacute;tudes sur le d&eacute;pistage en population du CCR par la sigmo&iuml;doscopie. (*) Questionnaire envoy&eacute; &agrave; 236568 individus, 56532 r&eacute;ponses (24%), 43010 int&eacute;ress&eacute;s (18%), randomis&eacute;s apr&egrave;s exclusions&nbsp;: 34296 (14.5%). ITT&nbsp;: &laquo;&nbsp;Intention de traiter&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Si l&rsquo;on excepte l&rsquo;&eacute;tude norv&eacute;gienne, publi&eacute;e sous forme de rapport interm&eacute;diaire, les 3 &eacute;tudes montrent une r&eacute;duction d&rsquo;incidence du CCR de l&rsquo;ordre de 20%, et pour deux d&rsquo;entre elles une r&eacute;duction de mortalit&eacute; &agrave; 10 ans, principalement pour colon gauche.</p>
<p>La m&eacute;thodologie diverge sur un certain nombre de points. Dans les &eacute;tudes anglaise et italienne au design tr&egrave;s superposable, le choix de la population cible se fait en deux temps, d&rsquo;abord par une pr&eacute;-s&eacute;lection d&rsquo;individus motiv&eacute;s ayant t&eacute;moign&eacute; leur int&eacute;r&ecirc;t pour le d&eacute;pistage, qui sont ensuite randomis&eacute;s. Cette proc&eacute;dure majore artificiellement le taux de participation &agrave; la RSS et optimise les r&eacute;sultats. Comme l&rsquo;ont fait remarquer certaines critiques, si la population ayant refus&eacute; de participer avait &eacute;t&eacute; prise en compte dans l&rsquo;analyse finale, le taux de participation &agrave; la RSS ne serait plus, dans l&rsquo;&eacute;tude anglaise, que de 32% et le gain estim&eacute; de mortalit&eacute; de 16%, soit du m&ecirc;me ordre qu&rsquo;avec le gFOBT(52). Cette auto-s&eacute;lection d&rsquo;une population volontaire limite la g&eacute;n&eacute;ralisation des r&eacute;sultats &agrave; la population source.L&rsquo;&eacute;tude am&eacute;ricaine diff&egrave;re sur d&rsquo;autres points de m&eacute;thodologie&nbsp;: la RSS est r&eacute;p&eacute;t&eacute;e au bout de 3 ou 5 ans et le taux global de recours &agrave; la coloscopie totale (sur l&rsquo;ensemble de la population) est de 22%, nettement plus important que dans les&eacute;tudes europ&eacute;ennes (5 et 8.4%), expliquant probablement le gain d&rsquo;incidence observ&eacute; au niveau du colon proximal.</p>
<p><strong>Au total les &eacute;tudes r&eacute;centes d&eacute;montrent qu&rsquo;une recto-sigmo&iuml;doscopieunique r&eacute;alis&eacute;e avant 60 ans est capable de r&eacute;duire l&rsquo;incidence et la mortalit&eacute; du CCR distal dans une population s&eacute;lectionn&eacute;e&nbsp;; lorsqu&rsquo;elle est r&eacute;p&eacute;t&eacute;e et coupl&eacute;e &agrave; une coloscopie en cas de d&eacute;pistage positif, une r&eacute;duction d&rsquo;incidence est &eacute;galement observ&eacute;e au niveau du colon proximal.</strong></p>
<h3>AUTRES METHODES D&rsquo;IMAGERIE</h3>
<h4>Coloscanner</h4>
<p>Le coloscanner, encore d&eacute;nomm&eacute;e coloscopie virtuelle, CT colonographie, CT colonoscopie, CT pneumocolon(53),est un examen d&rsquo;imagerie colique qui repose sur l&rsquo;acquisition fine, en scanner h&eacute;lico&iuml;dal d&rsquo;un c&ocirc;lon propre, distendu &agrave; l&rsquo;air ou au dioxyde de carbone avec interpr&eacute;tation des donn&eacute;es sur images 2D et reconstructions 3D. Les arguments en sa faveur pour le d&eacute;pistage du CRC sont indirects, reposant principalement sur l&rsquo;aptitude &agrave; la d&eacute;tection de l&eacute;sions. Plusieurs &eacute;tudes comparatives montrent que le coloscannerd&eacute;tecte plus de 90% des patients avec polypes supra-centim&eacute;triques (54-56) et 96% des cancers (53). Dans cette derni&egrave;re m&eacute;ta-analyse, la pr&eacute;valence du CCR dans le sous groupe de 4883 patients asymptomatiques &eacute;tait de 0.5%. Comme pour les cancers d&eacute;couverts &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un d&eacute;pistage par test Hemoccult&trade;, les cancers d&eacute;tect&eacute;s par coloscanner sont &agrave; un stade plus pr&eacute;coce que les formes symptomatiques (57). Les performances du coloscannersont donc, pour les polypes supra-centim&eacute;triques et les cancers, comparables &agrave; celles de la coloscopie.</p>
<p>Toutefois la sensibilit&eacute; diminue pour les l&eacute;sions comprises entre 6 et 10 mm et a fortiori pour les l&eacute;sions de moins de 6mm (56). Quand l&rsquo;histologie est disponible, le coloscannerne d&eacute;tecte que 55% de polyad&eacute;nomes avanc&eacute;s de plus de 6 mm (58). La probl&eacute;matique des l&eacute;sions de moins de 6 mm n&rsquo;est pas marginale puisque le risque de l&eacute;sion avanc&eacute;e est estim&eacute; &agrave; 1.7% (59) et il n&rsquo;est pas encore clairement &eacute;tabli si de petits polypes peuvent &ecirc;tre suivi par coloscanneren toute s&eacute;curit&eacute;. Les r&eacute;f&eacute;rentielsconcernantlecoloscannerrecommandent donc une coloscopie syst&eacute;matique en cas de d&eacute;couverte d&rsquo;au moins un polype de 6 mm ou plus (6).</p>
<p>Par rapport &agrave; la coloscopie, le coloscannera des avantages&nbsp;: c&rsquo;est un examen peu invasif, ne n&eacute;cessitant pas d&rsquo;anesth&eacute;sie, sur avec un faible risque de perforation (60), d&rsquo;acceptabilit&eacute; probablement meilleure&nbsp;: 34 vs 22% dans une &eacute;tude n&eacute;erlandaise (61)&nbsp;; il a aussi quelques inconv&eacute;nients (outre des performances inferieures pour les l&eacute;sions de petite taille), notamment la n&eacute;cessit&eacute; de coloscopie avec nouvelle pr&eacute;paration en cas d&rsquo;examen positif et le risque th&eacute;orique d&rsquo;irradiation. Toutefois ces arguments subjectifs et non quantifiables sont difficiles &agrave; prendre en compte pour formuler des recommandations scientifiques.</p>
<p>Il n&#39;y a pas d&#39;&eacute;tude multicentrique prouvant la validit&eacute; de la colo-IRM dans le d&eacute;pistage des cancers du colon. La disponibilit&eacute; des IRM et le co&ucirc;t de ces examens sont des facteurs limitants. La place de la colonographie par r&eacute;sonance magn&eacute;tique dans l&#39;arsenal radiologique diagnostique n&rsquo;est pas encore bien document&eacute;e, mais comme cette m&eacute;thode n&#39;utilise pas les rayons X, elle a clairement le potentiel pour devenir une alternative au coloscanner.</p>
<p>Au total, <strong>le </strong><strong>coloscanner</strong><strong>pr&eacute;sente des performances identiques &agrave; la coloscopie pour le d&eacute;pistage de polypes de plus d&rsquo;un cm et des cancers. Les recommandations ne sont cependant pas consensuelles&nbsp;: lorsque le </strong><strong>coloscanner</strong><strong>est valid&eacute;, il se positionne comme un test de s&eacute;lection, au m&ecirc;me titre que le test Hemoccult&trade; et doit &ecirc;tre suivi, lorsqu&rsquo;il est positif, d&rsquo;une coloscopie diagnostique</strong>. En France l&rsquo;HAS ne recommande pas le coloscanner comme test de d&eacute;pistage du cancer colorectal en premi&egrave;re intention&nbsp;; la m&eacute;thode est par contre valid&eacute;e apr&egrave;s test f&eacute;cal positif en cas de contre-indication &agrave; la coloscopie, comme pour les proc&eacute;dures diagnostiques.</p>
<h4>Lavement Baryt&eacute; (LB)</h4>
<p>Aucune donn&eacute;e scientifique r&eacute;cente ne permet de documenter l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du LB dans le d&eacute;pistage du CCR&nbsp;; cette technique tend &agrave; dispara&icirc;tre aussi du domaine du diagnostic, depuis la d&eacute;monstration en 2005 de performances inf&eacute;rieures &agrave; celles du coloscannerdans la d&eacute;tection de polypes supra-centim&eacute;triques (62)</p>
<h4>Vid&eacute;ocapsule colique (VCC)</h4>
<p>L&rsquo;&eacute;valuation de la VCC dans le d&eacute;pistage du CCR a fait l&rsquo;objet d&rsquo;&eacute;tudes publi&eacute;es avec la capsule de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration et de deux plus r&eacute;centes avec la capsule de deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;; elle porte &agrave; ce jour sur un peu plus de 1000 patients. Sur les premi&egrave;res &eacute;tudes la sensibilit&eacute; globale pour la d&eacute;tection de polypes de plus de 6 mm &eacute;tait de 64% et la sp&eacute;cificit&eacute; de 84% (63). L&rsquo;&eacute;volution technologique a permis d&rsquo;am&eacute;liorer ensuite les performances avec une sensibilit&eacute; de 84 &agrave; 89%, quelle que soit la taille des polypes et donc d&egrave;s 6 mm (64,65); la sp&eacute;cificit&eacute; est de 90% pour les l&eacute;sions supracentim&eacute;triques mais il persiste encore des faux positifs pour les l&eacute;sions de 6 &agrave; 10 mm.Comme pour la coloscopie, dont la VCC peut constituer une alternative diagnostique en cas d&rsquo;&eacute;chec ou de contre-indication, la qualit&eacute; de la pr&eacute;paration est primordiale et conditionne les performances&nbsp;; le taux d&rsquo;exploration moyen du c&oelig;cum dans les &eacute;tudes disponibles est ainsi de 83%. <br />
	Un consensus r&eacute;cent d&rsquo;experts, sous l&lsquo;&eacute;gide de l&rsquo;ESGE, consid&egrave;re (66) que la VCC est une m&eacute;thode sure potentiellement int&eacute;ressante chez sujets &agrave; risque moyen, mais souligne la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;&eacute;tudes cliniques sp&eacute;cifiques au d&eacute;pistage.<br />
	Aucune des recommandations europ&eacute;ennes ou am&eacute;ricaines ne propose &agrave; ce jour la VCC comme technique de d&eacute;pistage du CCR</p>
<h2>Quelles strat&eacute;gies de d&eacute;pistage&nbsp;? Bref aper&ccedil;u des pratiques dans les autres pays</h2>
<p><u>Etat des lieux en Europe</u></p>
<p>La Commission Europ&eacute;enne, dans une directive de d&eacute;cembre 2003, recommande une strat&eacute;gie de d&eacute;pistage en 2 temps reposant sur la r&eacute;alisation d&rsquo;un test f&eacute;cal tous les 1 &agrave; 2 ans dans la tranche d&rsquo;&acirc;ge 50-74 ans. Des recommandations plus nuanc&eacute;es, prenant en compte les travaux r&eacute;cents, ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;es par des experts aupr&egrave;s de la Commission Europ&eacute;enne en 2010 (5). Le FOBT reste la m&eacute;thode de r&eacute;f&eacute;rence&nbsp;; le rythme ne doit pas exc&eacute;der tous les 2 ans et la cible &laquo;&nbsp;minimale&nbsp;&raquo; est la population entre 60 et 64 ans, chaque &eacute;tat membre &eacute;tant libre de l&rsquo;&eacute;tendre &agrave; des tranches d&rsquo;&acirc;ges plus jeunes ou plus &acirc;g&eacute;es en fonction de ses ressources. La sup&eacute;riorit&eacute; du test immunologique est valid&eacute;e mais son utilisation en lieu et place du test au ga&iuml;ac n&rsquo;est pas formellement recommand&eacute;e. Les avanc&eacute;es de la RSS sont prises en compte mais son utilisation doit &ecirc;tre associ&eacute;e au respect de crit&egrave;res de qualit&eacute; et une &eacute;valuation syst&eacute;matique des r&eacute;sultats, des effets secondaires et du co&ucirc;t&nbsp;; la population cible est la tranche d&rsquo;&acirc;ge 55-64 ans et l&rsquo;intervalle optimal d&rsquo;au minimum 10 ans. Tenant compte de son impact sur l&rsquo;incidence et la mortalit&eacute; du CCR, une coloscopie peut &ecirc;tre envisag&eacute;e vers 55 ans, &agrave; renouveler tous les 10 &agrave; 20 ans. Les techniques en cours d&rsquo;&eacute;valuation (ADN f&eacute;cal, Coloscanner et VCC) n&rsquo;ont &agrave; ce jour aucune place dans le d&eacute;pistage organis&eacute; du CCR</p>
<p>Malgr&eacute; tout, les pratiques sont tr&egrave;s variables en Europe o&ugrave; cohabitent programmes nationaux de d&eacute;pistage, programmes r&eacute;gionaux, actions d&rsquo;&eacute;valuation, &eacute;tudes pilotes et &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es (67). Le FOBT s&rsquo;est impos&eacute; en France, en Finlande, au Royaume Uni et en Italie&nbsp;; l&rsquo;Angleterre propose depuis peu la RSS comme alternative ou m&eacute;thode compl&eacute;mentaire dans le cadre d&rsquo;une strat&eacute;gie combin&eacute;e. En Italie, la RSS est utilis&eacute;e dans plusieurs programmes r&eacute;gionaux depuis 2007. Le test immunologique est utilis&eacute; aux Pays-Bas. L&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Autriche, le Luxembourg et la Pologne privil&eacute;gient la coloscopie. Certains pays comme le Danemark, la Norv&egrave;ge, la Hongrie, L&rsquo;Espagne et le Portugal n&rsquo;ont pas de strat&eacute;gie clairement d&eacute;finie pour le d&eacute;pistage du CCR.D&rsquo;importantes &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es randomis&eacute;es sont en cours en Espagne (45), dans les pays scandinaves et la Pologne (44), aux Pays-Bas (Coloscopie vs coloscanner) (68) et en Norv&egrave;ge (RSS vs Test immunologique) (69) quidevraient d&rsquo;ici une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es apporter les r&eacute;ponses &agrave; de nombreuses questions et faire &eacute;voluer nos pratiques.</p>
<p><u>Etat des lieux aux Etats-Unis</u></p>
<p>Aux Etats-Unis, la mortalit&eacute; par CCR diminue r&eacute;guli&egrave;rement depuis 1980 et l&rsquo;incidence depuis 1985(70)&nbsp;; cette &eacute;volution est en partie li&eacute;e au d&eacute;veloppement du d&eacute;pistage, le nombre d&rsquo;individus d&eacute;pist&eacute;s ayant d&eacute;pass&eacute; le seuil de 50% en 2005. Les recommandations des diff&eacute;rentes soci&eacute;t&eacute;s et organisations am&eacute;ricaines (American Cancer Society, Multy-Society Task Force, American College of Radiology et American College of Gastroenterology) ont &eacute;t&eacute; mises &agrave; jour en 2008 (6,71,72). Ces recommandations laissent une grande latitude dans le choix du test de d&eacute;pistage (Tableau III). Toutefois l&rsquo;ACS-MSTF-ACR exprime une pr&eacute;f&eacute;rence pour les explorations morphologiques permettant &agrave; la fois d&eacute;pistage et pr&eacute;vention (6), L&rsquo;American College of Gastroenterology(72) se positionne en faveur le la coloscopie premi&egrave;re tous les 10 ans et l&rsquo;USPSTF consid&egrave;re que les arguments scientifiques ne sont pas suffisants pour pr&eacute;coniser le coloscanner et l&rsquo;ADN f&eacute;cal (71). Dans tous les cas le test standard au ga&iuml;ac doit &ecirc;tre abandonn&eacute; au profit de tests plus sensibles ou d&rsquo;un test immunologique.</p>
<table border="1" cellpadding="2" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Strat&eacute;gie</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>ACS-MSTF-ACR</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>USPSTF</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>ACG</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>gFOBT<br />
					Annuel</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui <br />
					(si sensibilit&eacute; du test &gt;50%</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					(Uniquement test tr&egrave;s sensible)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>FIT</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui <br />
					(si sensibilit&eacute; du test &gt;50%</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui <br />
					Test de r&eacute;f&eacute;rence</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>DNA f&eacute;cal</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui <br />
					(si sensibilit&eacute; du test &gt;50%</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Non</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui tous les 3 ans</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>RSS<br />
					Tous les 5 ans</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					Exploration de 40 cm ou jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;angle gauche</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					En association au FOBT tous les 3 ans</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					Tous les 5 &agrave; 10 ans</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>LB</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					Uniquement par d&eacute;faut des autres techniques</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Non</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Non</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Coloscanner<br />
					Tous les 5 ans</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					Avec coloscopie si polype &ge; 6 mm</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Non</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="121">
<p>Coloscopie<br />
					Tous les 10 ans</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui</p>
</td>
<td valign="top" width="166">
<p>Oui<br />
					M&eacute;thode pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><u>Tableau III&nbsp;</u>: Recommandations pour le d&eacute;pistage du CCR aux Etats-Unis en 2008 (71) <br />
	<em>ACS&nbsp;: American Cancer Society, MSTF&nbsp;: MultiSociety Task Force&nbsp;; ACR&nbsp;: American College of Radiology, USPSTF&nbsp;: US Preventive Service Task Force, ACG&nbsp;: American College of Gastroenterology, FOBT&nbsp;: Fecal Ocult Blood Test (g pour ga&iuml;ac), FIT&nbsp;: Fecal Immunological Test.</em></p>
<p>La coloscopie s&rsquo;est impos&eacute;e aux Etats-Unis dans les ann&eacute;es 1990 comme m&eacute;thode de d&eacute;pistage de premi&egrave;re intention, gr&acirc;ce &agrave; une forte m&eacute;diatisation, et la prise en charge de l&rsquo;examen par le Medicare &agrave; partir de 2001. Pour de nombreux cliniciens et patients la coloscopie est plus attractive du fait de la s&eacute;dation, de l&rsquo;exploration comp&egrave;te du colon et de la possibilit&eacute; de polypectomie dans le m&ecirc;me temps. La sigmo&iuml;doscopie, mal rembours&eacute;e, est de ce fait peu utilis&eacute;e (70). Cette strat&eacute;gie pragmatique a permis une am&eacute;lioration progressive du taux de couverture de la population (toutes strat&eacute;gies confondues, FOBT dans l&rsquo;ann&eacute;e ou endoscopie basse dans les 10 ans) qui a d&eacute;pass&eacute; 50% et atteinten 2006,60%&agrave; 70% dans une vingtaine d&rsquo;&eacute;tats (73<em>)</em>. L&rsquo;adh&eacute;sion de la population est nettement meilleure pour les m&eacute;thodes endoscopiques (RSS ou coloscopie dans les 10 ans&nbsp;: minimum 51,7% en Virginie, maximum 73% dans le Connecticut) que pour le FOBT (8,6% et 27% respectivement dans l&rsquo;Utah et en Californie) (74).</p>
<p>Au Canada, les recommandations de la soci&eacute;t&eacute; canadienne du cancer (CCS-2006) sont proches des recommandations europ&eacute;ennes&nbsp;; celles de l&rsquo;Association canadienne de Gastroenterologie et de la Canadien Digestive Health Fondation (CAG/CDHF, 2004)reprennent l&rsquo;essentiel des recommandations am&eacute;ricaines en dehors du coloscanner qui n&rsquo;est pas valid&eacute;.<br />
	Le choix de la strat&eacute;gie de d&eacute;pistage doit aussi tenir compte des ressources locales, humaines et mat&eacute;rielles, et de l&rsquo;incidence du CCR. L&rsquo;Organisation Mondiale de Gastroenterologie d&eacute;finit&nbsp;plusieurs niveaux th&eacute;oriques de pratique d&rsquo;exigence d&eacute;croissante (75).</p>
<ul>
<li>Niveau 1 : Coloscopie tous les 10 ans &agrave; partir de 50 ans</li>
<li>Niveau 2 : Coloscopie unique &agrave; 50 ans</li>
<li>Niveau 3 : RSS tous les 5 ans &agrave; partir de 50 ans</li>
<li>Niveau 4 et 5 : RSS unique &agrave; 50 ans puis coloscopie diagnostique si RSS positive (niveau 4), ou coloscopie diagnostique uniquement en cas de l&eacute;sion avanc&eacute;e (niveau 5)</li>
<li>Niveau 6 : Recherche de sang dans les selles annuel &agrave; partir de 50 ans</li>
</ul>
<p>Dans cet algorithme, les techniques d&rsquo;introduction plus r&eacute;centes, comme l&rsquo;ADN f&eacute;cal ou le coloscanner, peuvent &ecirc;tre propos&eacute;es comme alternatives en fonction des ressources disponibles dans le but pragmatique de favoriser la participation du plus grand nombre.</p>
<h1>Conclusions</h1>
<p>La diminution de l&rsquo;incidence et de la mortalit&eacute; par CCR observ&eacute;e aux USA depuis 1985 est, pour partie du moins, la cons&eacute;quence positive des strat&eacute;gies de d&eacute;pistage et de pr&eacute;vention. &nbsp;L&rsquo;am&eacute;lioration des connaissances a fait &eacute;voluer les pratiques ces 10 derni&egrave;res ann&eacute;es&nbsp;: le d&eacute;pistage organis&eacute; est maintenant recommand&eacute; dans de nombreux pays d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie, bas&eacute; principalement sur la recherche de saignement occulte dans les selles.Aux Etats-Unis les pouvoirs publics ont clairement opt&eacute; pour une strat&eacute;gieouverte susceptible de favoriser l&rsquo;adh&eacute;sion de la population, en laissant un large choix pour le test de d&eacute;pistage qui majoritairement est la coloscopie.Des progr&egrave;s restent &agrave; faire pour faciliter l&rsquo;adh&eacute;sion de la population au d&eacute;pistage et am&eacute;liorer des r&eacute;sultats encore insuffisants&nbsp;; le d&eacute;veloppement de la biologie mol&eacute;culaire permettra peut &ecirc;tre de franchir bient&ocirc;t une &eacute;tape essentielle &agrave; condition d&rsquo;en ma&icirc;triser les co&ucirc;ts. Tout doit &ecirc;tre mis en &oelig;uvre pour obtenir la participation du plus grand nombre, quitte &agrave; favoriser la diversit&eacute; des strat&eacute;gies dans une optique pragmatique, suivant en cela les recommandations europ&eacute;ennes. Lesdiff&eacute;rentes strat&eacute;gies ont leurs avantages et leurs limites&nbsp;dont les patients devraient &ecirc;tre inform&eacute;s dans le cadre d&rsquo;une prise de d&eacute;cision concert&eacute;e et &eacute;clair&eacute;e&nbsp;; le d&eacute;pistage n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire de soci&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est aussi celui de l&rsquo;individu. Dans tous les cas, le respect de crit&egrave;res de qualit&eacute;s stricts est indispensable.</p>
<p><strong>Remerciements&nbsp;</strong>: L&rsquo;auteur remercie le Pr Jean Faivre pour sa relecture amicale du manuscrit</p>
<h1><strong>R&eacute;f&eacute;rences</strong></h1>
<p align="center">Etat des lieux</p>
<ol>
<li>Hardcastle JD, Chamberlain JO, Robinson MH, et al. Randomised controlled trial of faecaloccult-blood screening for colorectal cancer. Lancet 1996;348:1472-1477</li>
<li>Kronborg O, Fenger C, Olsen J, Jorgensen OD, Sondergaard O. Randomised study of<br />
		screening for colorectal cancer with faecal-occult-blood test. Lancet 1996;348:1467-1471</li>
<li>Mandel JS, Bond JH, Church TR, et al. Reducing mortality from colorectal cancer by<br />
		screening for fecal occult blood. N Engl J Med 1993;328:1365-1371</li>
<li>Faivre J, <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=%22Dancourt%20V%22%5BAuthor%5D">Dancourt V</a>, <a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=%22Lejeune%20C%22%5BAuthor%5D">Lejeune C</a> et al. Reduction in CRC mortality by fecal occult blood screening in a french controlled study. Gastroenterology 2004;126:1674-80)</li>
<li>Segman N, Patnick J, Von Karsa. European guidelines for quality assurance in colorectal cancer screening and diagnosis.Luxembourg&nbsp;: European Union&nbsp;; Ed L. IARC 2010</li>
<li>Levin B, Lieberman DA, McFarland et al. Screening and surveillance for early detection of colorectal cancers et adenomatous polyps, 2008&nbsp;: a joint guideline from American cancer society, the US multi-society task force on colorectal cancer, and the American College of Radiology. Gastroenterology 2008;134:1570-95</li>
<li>Samaha E. Compte rendu de congr&egrave;s&nbsp;: la 14&egrave; journ&eacute;e de r&eacute;flexion de la SFED. Paris, le 28 janvier 2012. Acta Endosc 2012;42&nbsp;:143-149</li>
<li>Viguier J, Calazel-Benque A, Eisenger F et al. Programmes de d&eacute;pistage organis&eacute; du cancer colorectal&nbsp;: comment optimiser l&rsquo;efficacit&eacute; parmi les m&eacute;decins g&eacute;n&eacute;ralistes. European Journal of Cancer Prevention 2011;20:S26-S32</li>
<li>Calazel-Benque A, Viguier J, Roussel C et al. Programmes de d&eacute;pistage organis&eacute; du cancer colorectal&nbsp;: comment optimiser l&rsquo;efficacit&eacute; dans la population g&eacute;n&eacute;rale. European Journal of Cancer Prevention 2011;20:S20-S25</li>
<li>Faivre J. D&eacute;pistage du cancer colorectal&nbsp;: il n&rsquo;est pas acceptable de retarder le passage aux tests immunologiques. Hepato Gastro 2012&nbsp;;19&nbsp;:69-72 
<p align="center">Tests immunologiques</p>
</li>
<li>Van Rossum LG, Van Rijn AF, Laheij et al. Random comparison og guaiac and immunological fecal occult blood tests for colorectal cancer in a screening population. Gastroenterology 2008;135&nbsp;:82-90</li>
<li>Hol L, Van Leerdam ME, Van Ballegooijen M et al.Screening for colorectal cancer&nbsp;:randomised trial comparing guaiac-based and immunochemical faecal occult blood testing and flexible sigmoidoscopy. Gut 2010;59&nbsp;:62-8</li>
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</ol>
<h1>Les points forts</h1>
<ol>
<li>Avec une participation de la population de 32 &agrave; 34%, le d&eacute;pistage du cancer colorectal tel qu&rsquo;il est actuellement pratiqu&eacute; en France ne remplit pas tous ses objectifs. La recherche de saignement occulte dans les selles par tests au ga&iuml;ac (Hemoccult&reg;) ne repr&eacute;sente plus aujourd&rsquo;hui la strat&eacute;gie optimale.</li>
<li>Les tests immunologiques sont sup&eacute;rieurs aux tests au ga&iuml;ac &agrave; la fois en termes d&rsquo;acceptabilit&eacute; et de performances et devraient permettre une plus forte r&eacute;duction de la mortalit&eacute; par cancer colorectal. Ils doivent devenir le test de r&eacute;f&eacute;rence pour le d&eacute;pistage du cancer colorectal dans le cadre d&rsquo;une strat&eacute;gie en 2 temps.</li>
<li>La coloscopie est un examen efficace pour r&eacute;duire le risque, l&rsquo;incidence et la mortalit&eacute; par cancer colorectal chez les individus qui en b&eacute;n&eacute;ficient et des &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es sont en cours pour confirmer son int&eacute;r&ecirc;t en population. La coloscopie fait partie des options de d&eacute;pistage possibles aux Etats Unis et figure dans les derni&egrave;res recommandations europ&eacute;ennes.</li>
<li>La coloscopie virtuelle pr&eacute;sente des performances identiques &agrave; la coloscopie pour le d&eacute;pistage de polypes de plus d&rsquo;un cm et des cancers. Les recommandations ne sont pas consensuelles. Dans les pays o&ugrave; elle est valid&eacute;e, la coloscopie virtuelle se positionne comme un test de s&eacute;lection qui doit &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute; par une coloscopie si besoin.</li>
<li>La recherche de l&rsquo;ADN f&eacute;cal n&rsquo;est pas &agrave; ce jour une strat&eacute;gie valid&eacute;e mais la biologie mol&eacute;culaire repr&eacute;sente une technique d&rsquo;avenir prometteuse susceptible de faciliter et de simplifier le d&eacute;pistage du cancer colorectal, notamment gr&acirc;ce au d&eacute;veloppement de tests s&eacute;riques.</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La maladie de Crohn de l’enfant</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/la-maladie-de-crohn-de-l%e2%80%99enfant/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=4953</guid>
		<description><![CDATA[<p>Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) touchent environ 100.000 à 150.000 personnes en France, le plus souvent les jeunes adultes. Environ 15-20% des patients débutent une MICI en âge pédiatrique. Globalement, le début d'une MICI à un âge très jeune reflète une gravité particulière de la maladie qui a été confirmée par plusieurs études cliniques comparant les formes pédiatriques à celles des adultes (1-3). Deux présentations distinctes de MICI ont été décrites, la maladie de Crohn (MC) qui peut toucher toutes les parties du tube digestif de la bouche au rectum, et la recto-colite hémorragique (RCH) qui, comme son nom l'indique, est restreinte au colon et au rectum. L'incidence des MICI de l'enfant est en augmentation très nette. Elles touchent des enfants de tout âge, même si les pré-adolescents et adolescents sont les plus affectés. Elles posent par conséquent des problèmes de prise en charge diagnostique et thérapeutique différents en fonction de l'âge qu'il s'agisse des indications thérapeutiques, de la surveillance du traitement et de son observance, en particulier chez l'adolescent (4-6).</p>
<h1>
Objectif pédagogique
</h1>
<p>
Nous aborderons les aspects diagnostiques et thérapeutiques distinguant enfants et adolescents atteints d'une Maladie de Crohn (MC) des patients adultes avec un regard particulier sur la croissance et le développement pubertaire des patients.
</p>
<h1>
La Maladie de Crohn
</h1>
<p>
Le début d'une MC chez l'enfant et l'adolescent est très souvent insidieux, progressif et trompeur. Ceci explique le délai entre les premiers signes cliniques et le diagnostic qui peut atteindre plusieurs années. Les symptômes les plus fréquemment retrouvés chez les patients sont les douleurs abdominales et la diarrhée, souvent non-sanglante, deux symptômes très fréquents chez l'enfant et peu spécifiques. Les douleurs abdominales sont de nature paroxystique ou quasi constantes,  parfois de localisation diffuse, mais souvent localisées en fosse iliaque droite (FID) pouvant ainsi mimer une appendicite aiguë. La diarrhée est plus inconstante, d'intensité variable en fonction de la localisation de la maladie, glaireuse avec du pus ou du sang en cas d'atteinte colique ou iléale sévère. Ces deux signes, parfois interprétés comme banals doivent attirer l'attention des médecins d'une part par leur chronicité, et d'autre part par leur association à des signes généraux (fièvre, asthénie, anorexie ), des antécédents d'aphtose (buccale ou génitale) ou des lésions anales ou péri anales (fissure, fistules, abcès). Les formes touchant de jeunes enfants (premières années de vie) sont fréquemment associées à une pathologie ano-périnéale. Elles reflètent probablement des formes particulières des MICI, comme nous l'avons démontré récemment pour les défauts de l'axe IL10 (7). Enfin, la maladie de Crohn s'accompagne le plus souvent d'un retard de croissance staturo-pondérale et parfois un ralentissement de la vitesse de croissance peut être le premier signe de la maladie inflammatoire, restant isolé pendant plusieurs mois.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/maladie-crohn.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/ruemmele-frank_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-de-lenfance-a-lage-adulte/160/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre les particularit&eacute;s de la maladie de Crohn chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent</li>
<li>Savoir quelle information transmettre au gastroent&eacute;rologue adulte et comment</li>
</ul>
<p>Les Maladies Inflammatoires Chroniques de l&rsquo;Intestin (MICI) touchent environ 100.000 &agrave; 150.000 personnes en France, le plus souvent les jeunes adultes. Environ 15-20% des patients d&eacute;butent une MICI en &acirc;ge p&eacute;diatrique. Globalement, le d&eacute;but d&rsquo;une MICI &agrave; un &acirc;ge tr&egrave;s jeune refl&egrave;te une gravit&eacute; particuli&egrave;re de la maladie qui a &eacute;t&eacute; confirm&eacute;e par plusieurs &eacute;tudes cliniques comparant les formes p&eacute;diatriques &agrave; celles des adultes (1-3). Deux pr&eacute;sentations distinctes de MICI ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites, la maladie de Crohn (MC) qui peut toucher toutes les parties du tube digestif de la bouche au rectum, et la recto-colite h&eacute;morragique (RCH) qui, comme son nom l&rsquo;indique, est restreinte au colon et au rectum. L&rsquo;incidence des MICI de l&rsquo;enfant est en augmentation tr&egrave;s nette. Elles touchent des enfants de tout &acirc;ge, m&ecirc;me si les pr&eacute;-adolescents et adolescents sont les plus affect&eacute;s. Elles posent par cons&eacute;quent des probl&egrave;mes de prise en charge diagnostique et th&eacute;rapeutique diff&eacute;rents en fonction de l&rsquo;&acirc;ge qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des indications th&eacute;rapeutiques, de la surveillance du traitement et de son observance, en particulier chez l&rsquo;adolescent (4-6).</p>
<h1>Objectif p&eacute;dagogique</h1>
<p>Nous aborderons les aspects diagnostiques et th&eacute;rapeutiques distinguant enfants et adolescents atteints d&rsquo;une Maladie de Crohn (MC) des patients adultes avec un regard particulier sur la croissance et le d&eacute;veloppement pubertaire des patients.</p>
<h1>La Maladie de Crohn</h1>
<p>Le d&eacute;but d&rsquo;une MC chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent est tr&egrave;s souvent insidieux, progressif et trompeur. Ceci explique le d&eacute;lai entre les premiers signes cliniques et le diagnostic qui peut atteindre plusieurs ann&eacute;es. Les sympt&ocirc;mes les plus fr&eacute;quemment retrouv&eacute;s chez les patients sont les douleurs abdominales et la diarrh&eacute;e, souvent non-sanglante, deux sympt&ocirc;mes tr&egrave;s fr&eacute;quents chez l&rsquo;enfant et peu sp&eacute;cifiques. Les douleurs abdominales sont de nature paroxystique ou quasi constantes, &nbsp;parfois de localisation diffuse, mais souvent localis&eacute;es en fosse iliaque droite (FID) pouvant ainsi mimer une appendicite aigu&euml;. La diarrh&eacute;e est plus inconstante, d&rsquo;intensit&eacute; variable en fonction de la localisation de la maladie, glaireuse avec du pus ou du sang en cas d&rsquo;atteinte colique ou il&eacute;ale s&eacute;v&egrave;re. Ces deux signes, parfois interpr&eacute;t&eacute;s comme banals doivent attirer l&rsquo;attention des m&eacute;decins d&rsquo;une part par leur chronicit&eacute;, et d&rsquo;autre part par leur association &agrave; des signes g&eacute;n&eacute;raux (fi&egrave;vre, asth&eacute;nie, anorexie ), des ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;aphtose (buccale ou g&eacute;nitale) ou des l&eacute;sions anales ou p&eacute;ri anales (fissure, fistules, abc&egrave;s). Les formes touchant de jeunes enfants (premi&egrave;res ann&eacute;es de vie) sont fr&eacute;quemment associ&eacute;es &agrave; une pathologie ano-p&eacute;rin&eacute;ale. Elles refl&egrave;tent probablement des formes particuli&egrave;res des MICI, comme nous l&rsquo;avons d&eacute;montr&eacute; r&eacute;cemment pour les d&eacute;fauts de l&rsquo;axe IL10 (7). Enfin, la maladie de Crohn s&rsquo;accompagne le plus souvent d&rsquo;un retard de croissance staturo-pond&eacute;rale et parfois un ralentissement de la vitesse de croissance peut &ecirc;tre le premier signe de la maladie inflammatoire, restant isol&eacute; pendant plusieurs mois.</p>
<p>Contrairement &agrave; la MC, la RCH chez l&rsquo;enfant se pr&eacute;sente quasiment toujours par une diarrh&eacute;e, de plus en plus importante avec du pus et du mucus et rapidement du sang qui alerte patients et parents motivant rapidement une consultation aupr&egrave;s d&rsquo;un g&eacute;n&eacute;raliste ou p&eacute;diatre. C&rsquo;est pourquoi le d&eacute;lai diagnostique des patients avec RCH est souvent assez court (quelques semaines) contrairement &agrave; la MC. Les sympt&ocirc;mes classiques de la RCH sont la diarrh&eacute;e glairo-sanglante, des imp&eacute;riosit&eacute;s avec ou sans douleurs. Typiquement, les douleurs abdominales sont localis&eacute;es en fosse iliaque gauche. Une atteinte p&eacute;rin&eacute;ale avec des fissurations est assez fr&eacute;quente, par contre la pr&eacute;sence d&rsquo;abc&egrave;s ou de fistule n&rsquo;est pas compatible avec une RCH et plaide en faveur d&rsquo;une MC. Parfois la pr&eacute;sentation clinique peut &ecirc;tre proche de la MC, c&rsquo;est pourquoi, le diagnostic d&eacute;finitif doit &ecirc;tre fond&eacute; sur une exploration compl&egrave;te (voir ci-dessous). Les patients atteints de RCH ont moins de retard de croissance staturo-pond&eacute;rale, qui refl&egrave;te &agrave; la fois le d&eacute;lai court entre le d&eacute;but des sympt&ocirc;mes et la prise en charge, &nbsp;et une activit&eacute; inflammatoire moindre.</p>
<h1>Diagnostic</h1>
<p>Le diagnostic est port&eacute; sur un faisceau d&rsquo;arguments cliniques, biologiques, radiologiques endoscopiques et anatomopathologiques. Les examens biologiques ne sont pas sp&eacute;cifiques et mettent en &eacute;vidence g&eacute;n&eacute;ralement un syndrome inflammatoire (augmentation de la CRP, de la vitesse de s&eacute;dimentation, du fibrinog&egrave;ne, an&eacute;mie plus ou moins profonde), parfois une hypoalbumin&eacute;mie traduisant une ent&eacute;ropathie exsudative ou une d&eacute;nutrition chronique, mais sont essentiels pour appr&eacute;cier la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la maladie et indispensables au cours de l&rsquo;&eacute;volution. Contrairement &agrave; la MC, les patients avec une RCH, m&ecirc;me &eacute;tendue, n&rsquo;ont pas toujours une activit&eacute; inflammatoire syst&eacute;mique, malgr&eacute; une inflammation marqu&eacute;e au niveau d&rsquo;une partie du colon. C&rsquo;est pourquoi une analyse des marqueurs d&rsquo;inflammation dans les selles, comme le dosage de la calprotectine peut &ecirc;tre tr&egrave;s important &agrave; la recherche de signes inflammatoires (8,9).</p>
<p>Le diagnostic de colite ind&eacute;termin&eacute;e est parfois retenu en l&rsquo;absence de granulome et/ou en cas de colite h&eacute;morragique. Utilis&eacute; depuis quelques ann&eacute;es, le dosage des anticorps anticytoplasme des polynucl&eacute;aires neutrophiles (pANCA) et surtout des anticorps anti-<em>Saccharomyces cerevisiae</em> (ASCA) sont d&rsquo;une aide importante surtout en cas de doute diagnostique (diagnostic diff&eacute;rentiel entre rectocolite h&eacute;morragique, colite ind&eacute;termin&eacute;e et maladie de Crohn)&nbsp; : la positivit&eacute; des ASCA associ&eacute;e &agrave; la n&eacute;gativit&eacute; des pANCA est tr&egrave;s &eacute;vocatrice de MC , la combinaison de ces deux tests a une sp&eacute;cificit&eacute; et une sensibilit&eacute; de 95% (10,11).</p>
<p>L&rsquo;&eacute;valuation endoscopique est l&rsquo;&eacute;tape cl&eacute; du diagnostic. Elle doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e dans un milieu p&eacute;diatrique entra&icirc;n&eacute; et sous anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale. Elle permet de faire un bilan l&eacute;sionnel pr&eacute;cis (&eacute;tendue et s&eacute;v&eacute;rit&eacute;) et des biopsies multiples &eacute;tag&eacute;es y compris en zone macroscopiquement saine &agrave; la recherche de l&eacute;sions sp&eacute;cifiques. Les endoscopies ont aussi un int&eacute;r&ecirc;t dans le suivi de la maladie : efficacit&eacute; des traitements, d&eacute;pistage des rechutes, extension des l&eacute;sions initiales, etc.</p>
<p>L&rsquo;il&eacute;ocoloscopie met en &eacute;vidence les l&eacute;sions caract&eacute;ristiques : ulc&eacute;rations aphto&iuml;des, ulc&eacute;rations profondes lin&eacute;aires, aspect pseudo-polypo&iuml;de, r&eacute;tr&eacute;cissements ou st&eacute;noses ; de plus elle pr&eacute;cise la localisation de la maladie : atteinte de l&rsquo;il&eacute;on terminal (quasi pathognomonique), du colon droit ou pancolique, l&eacute;sions segmentaires ou focales avec intervalles de muqueuse saine.</p>
<p>Une oesogastroduod&eacute;noscopie est r&eacute;alis&eacute;e dans le m&ecirc;me temps &agrave; la recherche de localisations hautes de la maladie pouvant &ecirc;tre asymptomatiques.</p>
<p>L&rsquo;examen anatomopathologique des biopsies digestives montre une atteinte des diff&eacute;rentes tuniques de la paroi, avec un infiltrat inflammatoire lymphocytaire. On observe dans environ 60% des cas un ou plusieurs granulomes de type &eacute;pith&eacute;lio-giganto-cellulaire.&nbsp; L&rsquo;absence de granulome n&rsquo;&eacute;limine en rien le diagnostic.</p>
<h1>Rectocolite h&eacute;morragique&nbsp;</h1>
<p>L&rsquo;exploration par il&eacute;ocoloscopie montre des l&eacute;sions inflammatoires continues d&egrave;s le rectum jusqu&rsquo;au bas fond caecal (pancolite) chez plus que 50% des patients au moment du diagnostic initial. Contrairement &agrave; la MC, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;intervalle de muqueuse saine. Les l&eacute;sions vont d&rsquo;une simple perte de la trame vasculaire &agrave; des ulc&eacute;rations profondes avec pseudopolypes sur les bords. L&rsquo;il&eacute;on terminal n&rsquo;est jamais atteint, mais il existe des rares pr&eacute;sentations avec une &laquo;il&eacute;&iuml;te de reflux (&nbsp;backwash ileitis)&nbsp;&raquo; identique &agrave; l&rsquo;aspect dans le colon avec des l&eacute;sions inflammatoires sur 1-3cm. L&rsquo;oesogastroduod&eacute;noscopie confirme l&rsquo;absence de l&eacute;sion sp&eacute;cifique&nbsp;; mais surtout, la pr&eacute;sence d&rsquo;ulc&eacute;rations profondes ou aphto&iuml;des n&rsquo;est pas compatible avec un diagnostic de RCH.</p>
<p>A l&rsquo;examen anatomopathologique, on observe une muqueuse colique inflammatoire avec un infiltrat polymorphe, &eacute;galement riche en &eacute;osinophiles et en plasmocytes. L&rsquo;absence de granulome, une inflammation confin&eacute;e &agrave; la lamina propria et la pr&eacute;sence d&rsquo;abc&egrave;s cryptiques sont des arguments histologiques en faveur d&rsquo;une RCH.</p>
<h1>Imagerie</h1>
<p>Chaque bilan initial, ainsi que lors d&rsquo;une d&eacute;cision de modification importante doit comporter une exploration compl&egrave;te qui inclut un bilan par ent&eacute;ro-IRM, qui a remplac&eacute; l&rsquo;ent&eacute;ro-scanner et le transit du gr&ecirc;le &agrave; la baryte, car il n&rsquo;y a aucune irradiation en IRM. L&rsquo;analyse par ent&eacute;ro-IRM n&eacute;cessite un apprentissage assez long de la part du radiologue, car c&rsquo;est une technique assez sp&eacute;cialis&eacute;e, c&rsquo;est pourquoi, il n&rsquo;y a pas beaucoup de centres p&eacute;diatriques exp&eacute;riment&eacute;s. &nbsp;L&rsquo;ent&eacute;ro-IRM permet d&rsquo;appr&eacute;cier l&rsquo;&eacute;tendue de la maladie (surtout au niveau du gr&ecirc;le autrement inaccessible &agrave; une &eacute;valuation endoscopique classique), l&rsquo;atteinte de la paroi digestive (&eacute;paississement pari&eacute;tal). Il peut aussi objectiver une hypervascularisation du m&eacute;sent&egrave;re t&eacute;moignant d&rsquo;une inflammation (lipomatose m&eacute;sent&eacute;rique) en faveur d&rsquo;une maladie de Crohn. En cas d&rsquo;imagerie d&rsquo;urgence, l&rsquo;ent&eacute;ro-scanner garde sa place.</p>
<h1>Localisation</h1>
<p>La MC int&eacute;resse n&#39;importe quelle partie du tube digestif depuis la cavit&eacute; buccale jusqu&#39;&agrave; la marge anale. L&#39;atteinte est segmentaire et focale. Chez environ 1/3 des patients, seul l&rsquo;intestin gr&ecirc;le est atteint, alors que chez au moins 50% la maladie int&eacute;resse l&rsquo;il&eacute;on terminal et tout ou partie du colon. Environ 20% des patients pr&eacute;sentent une maladie limit&eacute;e au colon qui pose parfois des probl&egrave;mes de diagnostic diff&eacute;rentiel entre RCH et MC. La suspicion de MC implique de pratiquer une intradermo-r&eacute;action &agrave; la tuberculine et tout autre test diagnostique &agrave; la recherche d&rsquo;une tuberculose. Plusieurs observations r&eacute;cemment publi&eacute;es rappellent cette absolue n&eacute;cessit&eacute;, a fortiori chez les migrants. Il est classique d&rsquo;&eacute;liminer le diagnostic de yersiniose ou de lymphome devant un syndrome de la fosse iliaque droite. &nbsp;En &acirc;ge p&eacute;diatrique, plus de la moiti&eacute; des patients atteints d&rsquo;une RCH pr&eacute;sentent une pancolite au diagnostic initial, environ un tiers des patients ont une colite gauche&nbsp;; une recto-sigmo&iuml;dite est rarement observ&eacute;e chez l&rsquo;enfant.</p>
<h1>Evolution</h1>
<p>Comme chez l&rsquo;adulte, les MICI &eacute;voluent par pouss&eacute;es suivies, en fonction de la r&eacute;ponse th&eacute;rapeutique, de r&eacute;missions plus ou moins compl&egrave;tes et prolong&eacute;es. Les pouss&eacute;es successives, souvent extensives, peuvent &ecirc;tre marqu&eacute;es dans les formes les plus graves par des st&eacute;noses digestives (il&eacute;ale, il&eacute;o-caecale ou colique) et/ou des complications ano-p&eacute;rin&eacute;ales s&eacute;v&egrave;res, le plus souvent tr&egrave;s invalidantes pour les patients avec MC. Comme chez l&rsquo;adulte, deux types de MC s&rsquo;individualisent sch&eacute;matiquement : les maladies st&eacute;nosantes et les maladies fistulisantes. Il est clair qu&rsquo;une maladie se r&eacute;v&eacute;lant t&ocirc;t dans la vie, avec le potentiel de r&eacute;cidive bien connu, mais impr&eacute;visible, de la MC, est a priori grave et doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une prise en charge en milieu hautement sp&eacute;cialis&eacute;. Les patients avec RCH peuvent d&eacute;velopper des crises de colite aigu&euml; tr&egrave;s grave, amenant parfois &agrave; des colectomies d&rsquo;urgence.</p>
<h1>Retentissement nutritionnel <br />
	Evaluation de la croissance staturo-pond&eacute;rale</h1>
<p>Le retentissement nutritionnel des MICI s&rsquo;exprime essentiellement par un retard de croissance staturo-pond&eacute;rale (RCSP) ind&eacute;pendant de la topographie et de l&#39;extension des l&eacute;sions mais d&#39;autant plus marqu&eacute; que la maladie d&eacute;bute t&ocirc;t dans la vie. La surveillance tr&egrave;s r&eacute;guli&egrave;re de la croissance, la notification des points dans le Carnet de Sant&eacute; et leur report sur des courbes de croissance staturale et pond&eacute;rale garantissent le d&eacute;pistage pr&eacute;coce d&rsquo;un retard de croissance.</p>
<p>En effet, il est assez classique que le RCSP soit pendant plusieurs mois, voire plusieurs ann&eacute;es, l&#39;unique manifestation de la MC de l&rsquo;enfant. L&#39;amaigrissement peut &ecirc;tre important, s&#39;accompagnant alors d&#39;un arr&ecirc;t de croissance et d&#39;un retard pubertaire. Le retard de la croissance staturale peut, au contraire, &ecirc;tre pr&eacute;dominant rendant alors la d&eacute;nutrition trompeuse avec un exc&egrave;s relatif, et faussement rassurant, du poids par rapport &agrave; la taille. La pr&eacute;valence du retard de croissance au moment du diagnostic est difficile &agrave; estimer en raison de crit&egrave;res mal d&eacute;finis. Elle se situe entre 23 et 36%. La d&eacute;finition la plus largement admise, est une taille inf&eacute;rieure au 3&deg; percentile au moment du diagnostic. Une telle d&eacute;finition ne prend pas en compte les facteurs g&eacute;n&eacute;tiques d&eacute;terminant la taille. Il est donc plus pertinent d&#39;avoir une appr&eacute;ciation dynamique de la croissance par la mesure de la vitesse de croissance rapport&eacute;e &agrave; l&#39;&acirc;ge. L&#39;analyse des courbes de croissance staturo-pond&eacute;rale met en &eacute;vidence des &quot;cassures&quot; (infl&eacute;chissement de la courbe de croissance de plus d&#39;une d&eacute;viation standard) permettant d&#39;appr&eacute;cier la chronologie du retard. La vitesse de croissance staturale (VCS) peut &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;e, en fonction de l&#39;&acirc;ge, en utilisant des courbes. Une r&eacute;duction de 50% de la VCS chez un gar&ccedil;on de 10 ans conduit &agrave; la perte d&#39;une d&eacute;viation standard de taille en 18 mois. Dans une &eacute;tude chez 50 enfants et adolescents atteints de MC, on note un ralentissement de la VCS chez 46% des sujets avant l&#39;apparition des sympt&ocirc;mes et chez 88% au moment du diagnostic (12). Un tiers de ces enfants avait un ralentissement de la VCS en dehors de toute perte de poids. Le retard de croissance, qu&#39;il soit ou non isol&eacute;, s&#39;accompagne habituellement d&#39;un retard de maturation osseuse et de la survenue de la pubert&eacute; pouvant parfois orienter ces enfants vers des explorations endocrinologiques. Lors d&rsquo;un bilan r&eacute;alis&eacute; par les endocrinologues p&eacute;diatres comportant la mesure de la VS et du taux de CRP, il est classique de suspecter le diagnostic au terme d&rsquo;un bilan &eacute;cartant une cause endocrinienne. La surveillance de la VCS est essentielle au cours de l&#39;&eacute;volution d&#39;une MICI trait&eacute;e.</p>
<h1>Prise en charge th&eacute;rapeutique</h1>
<p>La prise en charge th&eacute;rapeutique des enfants/adolescents atteints de maladie de Crohn diff&egrave;re clairement de celle des patients adultes. En g&eacute;n&eacute;ral, l&rsquo;utilisation de cortico&iuml;des comme traitement d&rsquo;attaque est &eacute;vit&eacute;e, &agrave; cause de ses effets inhibiteurs sur la croissance, souvent ralentie chez les enfants/adolescents, comme discut&eacute; dans le chapitre pr&eacute;c&eacute;dent. La nutrition ent&eacute;rale (NE) est le traitement de premier choix pour une pouss&eacute;e de la maladie en milieu p&eacute;diatrique. Sur les derni&egrave;res ann&eacute;es, plusieurs &eacute;tudes ont confirm&eacute; l&rsquo;efficacit&eacute; de la NE comme traitement d&rsquo;induction d&rsquo;une maladie de Crohn, aussi bien pour les l&eacute;sions inflammatoires du gr&ecirc;le que du colon. La NE peut &ecirc;tre administr&eacute;e par sonde nasogastrique &agrave; d&eacute;bit constant ou par bolus, ou prise <em>per os</em> (&eacute;vitant la pose d&rsquo;une SNG, souvent refus&eacute;e par les enfants/adolescents). Pour garantir son efficacit&eacute;, le caract&egrave;re exclusif de la NE doit &ecirc;tre respect&eacute;, c&rsquo;est &agrave; dire le patient n&rsquo;est pas autoris&eacute; &agrave; prendre une autre alimentation que la NE (produit laitier, par example MODULEN IBD&reg;, Elemental 028). Tandis que l&rsquo;efficacit&eacute; de la NE en exclusif est comparable &agrave; une corticoth&eacute;rapie (sans partager ses effets secondaires) pour les patients atteint de maladie de Crohn, la NE n&rsquo;est pas efficace pour le traitement d&rsquo;une RCH.</p>
<p>Vue l&rsquo;activit&eacute; inflammatoire tr&egrave;s importante chez la tr&egrave;s grande majorit&eacute; d&rsquo;enfants/adolescents atteints de MC, un traitement immunosuppresseur est le plus souvent associ&eacute; au traitement d&rsquo;induction initiale ou au plus tard &agrave; la premi&egrave;re rechute de la maladie. Le traitement anti-inflammatoire &agrave; base de 5-ASA n&rsquo;est plus retenu comme traitement d&rsquo;entretien pour des formes p&eacute;diatriques de MC, sauf cas particulier (CD guidelines de l&rsquo;ECCO en phase de r&eacute;daction). Ceci indique que plus que trois quarts des patients sont sous traitement immunosuppresseur dans les centres p&eacute;diatriques prenant en charge les MICI. Avec l&rsquo;introduction des bioth&eacute;rapies, il y a un peu plus que dix ans maintenant, de plus en plus d&rsquo;enfants et adolescents atteints de MC sont trait&eacute; par des anticorps anti-TNF, car soit la maladie n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre contr&ocirc;l&eacute;e par un traitement immunomodulateur, soit la maladie se pr&eacute;sente d&rsquo;office avec une forme particuli&egrave;rement agressive, comme des l&eacute;sions fistulisantes p&eacute;rin&eacute;ales.&nbsp; Il est int&eacute;ressant de souligner que la r&eacute;ponse aux bioth&eacute;rapies est excellente chez les patients en &acirc;ge p&eacute;diatrique, probablement due &agrave; l&rsquo;&eacute;volution courte de la maladie. Aujourd&rsquo;hui entre 15 et 30% des enfants/adolescents atteints de MC re&ccedil;oivent ou ont re&ccedil;u une bioth&eacute;rapie. En contrepartie, ces patients sont plus sujets &agrave; des complications (surtout de nature infectieuse) &agrave; cause d&rsquo;un traitement immunosuppresseur de plus en plus lourd. Des connaissances particuli&egrave;res de pr&eacute;vention (vaccinations) et de surveillance/traitement des infections sont indispensables pour la prise en charge de patients atteints de MICI. Malheureusement, il existe &eacute;galement des complications tr&egrave;s rares qui touchent surtout les jeunes patients de sexe masculin&nbsp;: le risque de lymphome dans une forme particuli&egrave;re (lymphome T h&eacute;patospl&eacute;nique) est augment&eacute; chez les gar&ccedil;ons et jeunes hommes sous bioth&eacute;rapie anti-TNF plus thiopurine. Cette forme de lymphome tr&egrave;s agressif a souvent une &eacute;volution l&eacute;tale.</p>
<h1>Conclusion</h1>
<p>La pr&eacute;sentation clinique des MICI, particuli&egrave;rement de la MC en &acirc;ge p&eacute;diatrique est plus souvent insidieuse et n&eacute;cessite des connaissances particuli&egrave;res du d&eacute;veloppement de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent ainsi que des signes sp&eacute;cifiques des MICI.</p>
<ol>
<li>L&rsquo;&eacute;volution est souvent marqu&eacute;e par une maladie plus s&eacute;v&egrave;re chez l&rsquo;enfant par rapport aux patients adultes, c&rsquo;est pourquoi la prise en charge doit &ecirc;tre assur&eacute;e dans des centres sp&eacute;cialis&eacute;s et exp&eacute;riment&eacute;s.</li>
<li>Le suivi des patients est caract&eacute;ris&eacute; &agrave; la fois par la nature de la maladie inflammatoire chronique, &agrave; la fois par les particularit&eacute;s de l&rsquo;enfance et l&rsquo;adolescence avec ses comportements &agrave; risque et le processus de la formation d&rsquo;une identit&eacute;&nbsp; personnelle.</li>
<li>Par la suite, se pose la difficult&eacute; de transf&eacute;rer un patient, habitu&eacute; &agrave; un milieu de gastroent&eacute;rologie p&eacute;diatrique sp&eacute;cialis&eacute;, dans un milieu adulte. Bien entendu la constellation de la prise en charge change avec l&rsquo;&acirc;ge du patient. Initialement, les parents occupent la place centrale de la prise en charge qui au fur et &agrave; mesure doit &ecirc;tre centr&eacute; autour du jeune d&eacute;j&agrave; bien avant le transfert en milieu adulte.</li>
<li>Des programmes de transition se sont mis en place facilitant cette &eacute;tape cl&eacute; dans la vie d&rsquo;un patient atteint d&rsquo;une maladie chronique. Il est tr&egrave;s important de planifier ce transfert bien avant la date r&eacute;elle du transfert, le plus souvent un an plus t&ocirc;t.</li>
<li>Habituellement, les centres prenant en charge de patients atteints de MICI collaborent &eacute;troitement permettant une meilleure transmission des donn&eacute;es sur un patient, par exemple par des discussions et staffs communs.</li>
</ol>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Van Limbergen J, Russell RK, Drummond HE, Aldhous MC, Round NK, Nimmo ER, et al. Definition of phenotypic characteristics of childhood-onset inflammatory bowel disease. Gastroenterology. 2008;135:1114-22</li>
<li>Vernier-Massouille G, Balde M, Salleron J, Turck D, Dupas JL, Mouterde O, et al. Natural history of pediatric Crohn&#39;s disease: a population-based cohort study. Gastroenterology. 2008;135:1106-13.</li>
<li>Ruemmele FM. Pediatric Crohn&rsquo;s disease &ndash;coming of age ? <em>Curr Opin Gastroenterol</em> 2010;26:332-6.</li>
<li>Sauer CG, Kugathasan S. Pediatric inflammatory bowel disease: highlighting pediatric differences in IBD. Gastroenterol Clin North Am. 2009;38:611-28</li>
<li>Carvalho R, Hyams JS. Diagnosis and management of inflammatory bowel disease in children. Semin Pediatr Surg. 2007;16:164-71</li>
<li>Begue B, Verdier J, Rieux-Laucat F, Goulet O, Morali A, Canioni D, et al. Defective IL10 signalling defining a subgroup of patients with inflammatory bowel disease. <em>Am J Gastroenterol</em> 2011;106:1544-55</li>
<li>Shaoul R, Sladek M, Turner D, Paeregaard A, Veres G, Wauters GV, et al.. Limitations of fecal calprotectin at diagnosis in untreated pediatric Crohn&#39;s disease. Inflamm Bowel Dis. 2012;18:1493-7</li>
<li>Sipponen T, Bj&ouml;rkesten CG, F&auml;rkkil&auml; M, Nuutinen H, Savilahti E, Kolho KL.Faecal calprotectin and lactoferrin are reliable surrogate markers of endoscopic response during Crohn&#39;s disease treatment. Scand J Gastroenterol. 2010;45:325-31.</li>
<li>Ruemmele F.M., Targan S.R., Levy G., Dubinsky M., Braun J, Seidman EG. Diagnostic accuracy of serological assays in pediatric inflammatory bowel disease. Gastrenterology 1998 ; 115 : 1006-9.</li>
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<li>Kanof ME, Lake AM, Bayless TM. Decreased height velocity in children and adolescents before the diagnosis of Crohn&#39;s disease. Gastroenterology 1988; 95: 1523-7.</li>
</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>La maladie de Crohn chez l&rsquo;enfant ou l&rsquo;adolescent&nbsp;a un d&eacute;but souvent insidieux, pouvant retarder le diagnostic. Elles sont souvent&nbsp; associ&eacute;es &agrave; un retard de croissance et de &nbsp;pubert&eacute;.</li>
<li>Les formes p&eacute;diatriques sont g&eacute;n&eacute;ralement plus s&eacute;v&egrave;res et plus &eacute;volutives que celles de l&rsquo;adulte.</li>
<li>La nutrition ent&eacute;rale est le traitement d&rsquo;induction de premier choix.</li>
<li>75% des patients re&ccedil;oivent &agrave; terme un traitement immunosuppresseur&nbsp;; cependant plusieurs dizaines de cas de lymphome T ont &eacute;t&eacute; rapport&eacute;s chez&nbsp; le jeune gar&ccedil;on trait&eacute; par thiopurines seules ou associ&eacute;es aux anti TNF</li>
<li>La ma&icirc;trise du risque infectieux &nbsp;repose sur une bonne application des sch&eacute;mas de vaccination et la reconnaissance des infections atypiques.</li>
</ol>
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		<item>
		<title>Les cholestases</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>
Les cholestases de l'enfant sont caractérisées par leur présentation souvent néonatale, leur origine volontiers génétique, leur gravité puisque qu'elles représentent 80% des indications de la transplantation hépatique chez l'enfant, et par conséquent, souvent par leur méconnaissance des hépatologues d'adultes. Du fait des progrès de la prise en charge des enfants atteints de cholestase chronique, un nombre croissant d'enfants atteint l'âge adulte sans transplantation hépatique.
</p>
<h1>
Objectifs pédagogiques
</h1>
<p>
A propos de 4 types de cholestases de l'enfant, faire connaître les particularités de ces maladies et transmettre des informations spécifiques et des conseils généraux à l'hépatologue d'adultes. Les maladies présentées sont : l'Atrésie des voies biliaires, le syndrome d'Alagille, les cholestases intrahépatiques familiales progressives, et les déficits de synthèse des acides biliaires primaires.
</p>
<h1>
L'Atrésie des voies biliaires (1-5)
</h1>
<p>
C'est la cause la plus fréquente de cholestase néonatale (50% des causes ; 1 cas sur 15000 à 20000 naissances). Elle est la principale indication de transplantation hépatique chez l'enfant. Elle est le résultat d'une oblitération acquise, de cause inconnue, ante ou immédiatement post-natale, des voies biliaires qui touche l'ensemble des voies biliaires dans la majorité des cas. Des mécanismes immuno-inflammatoires dirigés contre les voies biliaires sont probablement impliqués. Une origine génétique complexe peut être évoquée. Un cas de « transmission » de la mère à son enfant a été rapporté. Dans environ 10-15% des cas il existe un syndrome malformatif associé rentrant dans le cadre d'un syndrome de polysplénie. Une intervention correctrice (intervention de Kasaï) anastomosant une anse intestinale (hépatoportoentérostomie) ou la vésicule biliaire (hépatoportocholécystostomie) au hile du foie peut permettre un rétablissement du flux biliaire. Si cette intervention chirurgicale est faite avant l'âge de 30 jours on peut espérer un allongement de la survie avec le foie natif. Mais le plus souvent une transplantation hépatique est nécessaire dans l'enfance. Environ 20% des enfants ayant bénéficié de l'intervention de Kasaï sont en vie avec leur foie natif à l'âge de 20 ans et seulement moins de 10% ont une bilirubinémie normale. Même en cas de rétablissement du flux biliaire une cirrhose existe dans presque tous les cas en raison de l'atteinte associée des voies biliaires intrahépatiques. Ces jeunes adultes sont exposés aux complications générales des cirrhoses, à la réapparition secondaire d'un ictère, à des cholangites bactériennes qu'il faut savoir reconnaître et traiter sans retard par une antibiothérapie visant les germes digestifs (translocation bactérienne intestinale), à une éventuelle nécrose aiguë ischémique du foie qui peut être favorisée par une ponction d'ascite à visée évacuatrice, qu'il faut éviter. Une transplantation hépatique est souvent nécessaire à l'âge adulte. Chez les patients avec un syndrome de polysplénie :
</p><ul><li>
le dépistage d'un shunt intrapulmonaire et d'une hypertension artérielle pulmonaire doit être particulièrement régulier, ces complications pouvant être favorisées par des dérivations portsystémiques malformatives ;</li>
<li>Il peut exister une asplénie fonctionnelle justifiant une antibiothérapie par oracilline au long cours.</li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/cholestases.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/jacquemin-emmanuel_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-de-lenfance-a-lage-adulte/161/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre les cholestases chez l&rsquo;enfant et l&rsquo;adolescent</li>
<li>Connaitre les manifestations et les complications survenant &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte,</li>
<li>Savoir quelles informations transmettre &agrave; l&rsquo;h&eacute;patogastroent&eacute;rologue adulte et comment</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>Les cholestases de l&rsquo;enfant sont caract&eacute;ris&eacute;es par leur pr&eacute;sentation souvent n&eacute;onatale, leur origine volontiers g&eacute;n&eacute;tique, leur gravit&eacute; puisque qu&rsquo;elles repr&eacute;sentent 80% des indications de la transplantation h&eacute;patique chez l&rsquo;enfant, et par cons&eacute;quent, souvent par leur m&eacute;connaissance des h&eacute;patologues d&rsquo;adultes. Du fait des progr&egrave;s de la prise en charge des enfants atteints de cholestase chronique, un nombre croissant d&rsquo;enfants atteint l&rsquo;&acirc;ge adulte sans transplantation h&eacute;patique.</p>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<p>A propos de 4 types de cholestases de l&rsquo;enfant, faire conna&icirc;tre les particularit&eacute;s de ces maladies et transmettre des informations sp&eacute;cifiques et des conseils g&eacute;n&eacute;raux &agrave; l&rsquo;h&eacute;patologue d&rsquo;adultes. Les maladies pr&eacute;sent&eacute;es sont&nbsp;: l&rsquo;Atr&eacute;sie des voies biliaires, le syndrome d&rsquo;Alagille, les cholestases intrah&eacute;patiques familiales progressives, et les d&eacute;ficits de synth&egrave;se des acides biliaires primaires.</p>
<h1>L&rsquo;Atr&eacute;sie des voies biliaires (1-5)</h1>
<p>C&#39;est la cause la plus fr&eacute;quente de cholestase n&eacute;onatale (50% des causes&nbsp;; 1 cas sur 15000 &agrave; 20000 naissances). Elle est la principale indication de transplantation h&eacute;patique chez l&#39;enfant. Elle est le r&eacute;sultat d&#39;une oblit&eacute;ration acquise, de cause inconnue, ante ou imm&eacute;diatement post-natale, des voies biliaires qui touche l&#39;ensemble des voies biliaires dans la majorit&eacute; des cas. Des m&eacute;canismes immuno-inflammatoires dirig&eacute;s contre les voies biliaires sont probablement impliqu&eacute;s. Une origine g&eacute;n&eacute;tique complexe peut &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;e. Un cas de &laquo;&nbsp;transmission&nbsp;&raquo; de la m&egrave;re &agrave; son enfant a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;. Dans environ 10-15% des cas il existe un syndrome malformatif associ&eacute; rentrant dans le cadre d&rsquo;un syndrome de polyspl&eacute;nie. Une intervention correctrice (intervention de Kasa&iuml;) anastomosant une anse intestinale (h&eacute;patoportoent&eacute;rostomie) ou la v&eacute;sicule biliaire (h&eacute;patoportochol&eacute;cystostomie) au hile du foie peut permettre un r&eacute;tablissement du flux biliaire. Si cette intervention chirurgicale est faite avant l&#39;&acirc;ge de 30 jours on peut esp&eacute;rer un allongement de la survie avec le foie natif. Mais le plus souvent une transplantation h&eacute;patique est n&eacute;cessaire dans l&rsquo;enfance. Environ 20% des enfants ayant b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de l&rsquo;intervention de Kasa&iuml; sont en vie avec leur foie natif &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 20 ans et seulement moins de 10% ont une bilirubin&eacute;mie normale. M&ecirc;me en cas de r&eacute;tablissement du flux biliaire une cirrhose existe dans presque tous les cas en raison de l&#39;atteinte associ&eacute;e des voies biliaires intrah&eacute;patiques. Ces jeunes adultes sont expos&eacute;s aux complications g&eacute;n&eacute;rales des cirrhoses, &agrave; la r&eacute;apparition secondaire d&#39;un ict&egrave;re, &agrave; des cholangites bact&eacute;riennes qu&rsquo;il faut savoir reconna&icirc;tre et traiter sans retard par une antibioth&eacute;rapie visant les germes digestifs (translocation bact&eacute;rienne intestinale), &agrave; une &eacute;ventuelle n&eacute;crose aigu&euml; isch&eacute;mique du foie qui peut &ecirc;tre favoris&eacute;e par une ponction d&rsquo;ascite &agrave; vis&eacute;e &eacute;vacuatrice, qu&rsquo;il faut &eacute;viter. Une transplantation h&eacute;patique est souvent n&eacute;cessaire &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte. Chez les patients avec un syndrome de polyspl&eacute;nie&nbsp;:</p>
<ol>
<li>le d&eacute;pistage d&rsquo;un shunt intrapulmonaire et d&rsquo;une hypertension art&eacute;rielle pulmonaire doit &ecirc;tre particuli&egrave;rement r&eacute;gulier, ces complications pouvant &ecirc;tre favoris&eacute;es par des d&eacute;rivations portsyst&eacute;miques malformatives&nbsp;;</li>
<li>Il peut exister une aspl&eacute;nie fonctionnelle justifiant une antibioth&eacute;rapie par oracilline au long cours.</li>
</ol>
<h1>Le syndrome d&rsquo;Alagille (6-10)</h1>
<p>Ce syndrome repr&eacute;sente 10 &agrave; 15% des causes de cholestase n&eacute;onatale (1 cas sur 100000 naissances). Il est caract&eacute;ris&eacute; par l&#39;association de cinq crit&egrave;res majeurs: un faci&egrave;s particulier (front bomb&eacute;, petit menton pointu, hypert&eacute;lorisme), un embryotoxon post&eacute;rieur, des anomalies vert&eacute;brales &agrave; type de vert&egrave;bre en aile de papillon, une st&eacute;nose p&eacute;riph&eacute;rique des branches de l&#39;art&egrave;re pulmonaire et une cholestase chronique due &agrave; une paucit&eacute; des voies biliaires interlobulaires. Le diagnostic est pos&eacute; sur l&#39;association d&rsquo;au moins trois des cinq crit&egrave;res. D&rsquo;autres signes dits &laquo;&nbsp;mineurs&nbsp;&raquo; sont rapport&eacute;s au cours du syndrome d&rsquo;Alagille. Le plus fr&eacute;quent est l&rsquo;atteinte r&eacute;nale (tubulopathie, m&eacute;sangiolipidose). L&#39;&eacute;volution vers la cirrhose n&#39;est pas constante et peut appara&icirc;tre &agrave; partir de l&rsquo;adolescence. Une transplantation h&eacute;patique plus pr&eacute;coce peut aussi &ecirc;tre indiqu&eacute;e, le plus souvent en cas d&rsquo;ict&egrave;re persistant depuis la naissance associ&eacute; &agrave; des xanthomes, un prurit s&eacute;v&egrave;re, des fractures osseuses, un retard de croissance staturale et/ou une qualit&eacute; de vie tr&egrave;s m&eacute;diocre. La transmission se fait sur un mode autosomique dominant et l&rsquo;expression ph&eacute;notypique est variable. Des mutations des g&egrave;nes <em>JAG1</em> ou <em>NOTCH2 </em>ont &eacute;t&eacute; identifi&eacute;es chez plus de 90% des patients. Dans 2/3 des cas les mutations sont sporadiques. Ces g&egrave;nes sont impliqu&eacute;s dans la diff&eacute;renciation cellulaire &agrave; des &eacute;tapes pr&eacute;coces du d&eacute;veloppement. Un diagnostic antenatal mol&eacute;culaire est maintenant disponible. Il est important de proposer un conseil g&eacute;n&eacute;tique aux jeunes adultes porteurs d&rsquo;une mutation afin de les informer des risques de transmission &agrave; leur future descendance. Il est important de d&eacute;pister/surveiller une atteinte r&eacute;nale et la survenue d&rsquo;une hypertension art&eacute;rielle syst&eacute;mique. Les patients atteints de syndrome d&rsquo;Alagille ont une propension h&eacute;morragique qui est peut &ecirc;tre en lien avec une thrombopathie secondaire &agrave; l&rsquo;hypercholest&eacute;rol&eacute;mie pr&eacute;sente dans ce syndrome ou avec l&rsquo;anomalie g&eacute;n&eacute;tique, et qui peut compliquer des gestes invasifs ou des traumatismes mineurs. Une propension aux fractures osseuses complique volontiers l&rsquo;&eacute;volution de la maladie d&egrave;s l&rsquo;enfance.</p>
<h1>Les cholestases intrah&eacute;patiques familiales progressives de types 1, 2 et 3 (10-17)</h1>
<p>Les maladies du foie regroup&eacute;es sous cette appellation correspondent &agrave; un groupe h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne d&#39;entit&eacute;s, initialement report&eacute;es sous le nom de Maladie de Byler, qui repr&eacute;sentent 10% &agrave; 15% des causes de cholestase n&eacute;onatale (1 cas sur 100000 naissances) et qui ont &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment d&eacute;membr&eacute;es. Il s&#39;agit d&#39;une cholestase de transmission autosomique r&eacute;cessive, d&#39;origine h&eacute;patocellulaire et &eacute;voluant vers l&#39;insuffisance h&eacute;patocellulaire souvent avant l&#39;adolescence. Dans les 2 premiers types (PFIC1, PFIC2), la cholestase est caract&eacute;ris&eacute;e par un d&eacute;but souvent n&eacute;onatal, un prurit f&eacute;roce, et une activit&eacute; s&eacute;rique toujours normale de la gamma-glutamyl transf&eacute;rase (GGT). La PFIC1 s&rsquo;accompagne d&rsquo;un cort&egrave;ge de signes extrah&eacute;patiques (petite taille, surdit&eacute;, diarrh&eacute;e chronique, atteinte pancr&eacute;atique externe) qui apparaissent avec le temps et/ou s&rsquo;aggravent apr&egrave;s transplantation h&eacute;patique. La PFIC1 est due &agrave; une mutation du g&egrave;ne <em>ATP8B1</em> codant la prot&eacute;ine FIC1, qui est une flippase canaliculaire des aminophospholipides. La PFIC2 est due &agrave; une mutation du g&egrave;ne <em>ABCB11</em> qui code le transporteur canaliculaire BSEP impliqu&eacute; dans la s&eacute;cr&eacute;tion biliaire des acides biliaires. Par opposition aux 2 premi&egrave;res, la PFIC3 d&eacute;bute souvent plus tard, dans les premi&egrave;res ann&eacute;es de vie, et est souvent compliqu&eacute;e par l&#39;apparition d&#39;hypertension portale et d&#39;insuffisance h&eacute;patocellulaire plus tardive. Elle est caract&eacute;ris&eacute;e par un prurit inconstant et mod&eacute;r&eacute;, une activit&eacute; s&eacute;rique &eacute;lev&eacute;e de la GGT et une prolif&eacute;ration ductulaire. La PFIC3 est due &agrave; une anomalie du g&egrave;ne <em>ABCB4</em> qui code une floppase canaliculaire responsable de la s&eacute;cr&eacute;tion biliaire de la phosphatidylcholine. Un diagnostic mol&eacute;culaire antenatal des PFIC est possible. Le traitement de r&eacute;f&eacute;rence reste la transplantation h&eacute;patique mais certains enfants atteints de PFIC peuvent b&eacute;n&eacute;ficier d&#39;un traitement par l&#39;acide ursod&eacute;soxycholique ou d&#39;une d&eacute;rivation biliaire externe. Dans l&rsquo;avenir, des th&eacute;rapies innovantes comme la pharmacoth&eacute;rapie cibl&eacute;e, la th&eacute;rapie cellulaire ou g&eacute;nique permettront peut &ecirc;tre de surseoir &agrave; la transplantation h&eacute;patique. Les quelques enfants qui ont atteints l&rsquo;&acirc;ge adulte sans avoir &eacute;t&eacute; transplant&eacute;s pourront peut &ecirc;tre en b&eacute;n&eacute;ficier. Apr&egrave;s transplantation h&eacute;patique pour une PFIC1, une st&eacute;atose massive peut appara&icirc;tre et repr&eacute;senter une indication &agrave; une retransplantation &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte, mais la petite taille persiste et la st&eacute;ato-h&eacute;patite peut r&eacute;cidiver sur le nouveau greffon. Apr&egrave;s transplantation pour une PFIC2, il peut appara&icirc;tre une cholestase ressemblant &agrave; la maladie initiale. Cela est du &agrave; une allo-immunisation du receveur contre la prot&eacute;ine BSEP du donneur. Cette complication grave doit aussi &ecirc;tre d&eacute;pist&eacute;e &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte et doit faire partie de la surveillance post-transplantation des patients transplant&eacute;s pour une PFIC2. Chez les patients PFIC1-3 atteignant l&rsquo;&acirc;ge adulte sans avoir &eacute;t&eacute; transplant&eacute;s il est tr&egrave;s important de faire un d&eacute;pistage (alphafoetoprot&eacute;ine, &eacute;chographie h&eacute;patique) bi-annuel de tumeurs du foie (h&eacute;patocarcinome, cholangiocarcinome). La cholestase r&eacute;currente b&eacute;nigne, de type 1, 2, ou 3, est due &agrave; des mutations biall&eacute;liques beaucoup moins s&eacute;v&egrave;res, des g&egrave;nes des PFIC. Au plan g&eacute;n&eacute;tique, un diagnostic mol&eacute;culaire antenatal est disponible et un conseil g&eacute;n&eacute;tique doit &ecirc;tre propos&eacute;. Un statut de mutation h&eacute;t&eacute;rozygote pour un des g&egrave;nes des PFIC repr&eacute;sente une pr&eacute;disposition &agrave; d&eacute;velopper une cholestase gravidique, une cholestase m&eacute;dicamenteuse, une lithiase biliaire ou une cholestase n&eacute;onatale transitoire, voire une cirrhose idiopathique ou voire une tumeur h&eacute;patique selon les &acirc;ges de la vie.</p>
<h1>Les d&eacute;ficits de synth&egrave;se des acides biliaires primaires (18-20)</h1>
<p>Les d&eacute;ficits de synth&egrave;se des acides biliaires primaires sont des maladies de transmisssion autosomique r&eacute;cessive qui &eacute;taient confondues avec les PFIC et repr&eacute;sentent maintenant des entit&eacute;s bien caract&eacute;ris&eacute;es sur le plan clinique et mol&eacute;culaire. Deux d&eacute;ficits enzymatiques &nbsp;principaux de la voie de synth&egrave;se des acides biliaires primaires &agrave; partir du cholest&eacute;rol (d&eacute;ficits en 3&szlig;-hydroxy-C27-st&eacute;ro&iuml;de d&eacute;shydrog&eacute;nase/isom&eacute;rase et D4-3-oxo-5&szlig; r&eacute;ductase), transmis sur un mode autosomique r&eacute;cessif et responsables de cholestase chronique, ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crits de la p&eacute;riode n&eacute;onatale &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte. Le plus fr&eacute;quent est le d&eacute;ficit en 3&szlig;-hydroxy-C27-st&eacute;ro&iuml;de d&eacute;shydrog&eacute;nase/isom&eacute;rase. Ces cholestases sont caract&eacute;ris&eacute;es par l&#39;absence de prurit, une activit&eacute; s&eacute;rique normale de la gamma-glutamyl transf&eacute;rase, et un taux s&eacute;rique effondr&eacute; d&#39;acides biliaires primaires. Le diagnostic est fait par l&#39;analyse urinaire, en spectrom&eacute;trie de masse, des m&eacute;tabolites anormaux des acides biliaires qui s&#39;accumulent en amont du d&eacute;ficit enzymatique de la voie de synth&egrave;se des acides biliaires. L&rsquo;analyse mol&eacute;culaire confirme le diagnostic. La cholestase et l&#39;atteinte h&eacute;patique sont secondaires &agrave; la fois &agrave; l&#39;absence d&#39;acides biliaires primaires indispensables &agrave; la formation et &agrave; la s&eacute;cr&eacute;tion de la bile, et &agrave; l&#39;accumulation des acides biliaires atypiques en amont du d&eacute;ficit enzymatique. Ces maladies rel&egrave;vent d&rsquo;un traitement par l&rsquo;acide cholique qui permet d&rsquo;atteindre l&rsquo;&acirc;ge adulte sans transplantation h&eacute;patique et de faire r&eacute;gresser la cirrhose. L&rsquo;acide cholique est donn&eacute; &agrave; dose physiologique. L&rsquo;adaptation du traitement doit se faire en tenant compte des r&eacute;sultats de l&rsquo;analyse des acides biliaires en spectrom&eacute;trie de masse. Au cours de la grossesse, le traitement ne doit pas &ecirc;tre interrompu puisqu&rsquo;il est donn&eacute; &agrave; dose physiologique. Un conseil g&eacute;n&eacute;tique est utile.</p>
<h1>Conseils g&eacute;n&eacute;raux</h1>
<p>Il est important de rappeler que la compliance th&eacute;rapeutique est primordiale, qu&rsquo;une surveillance r&eacute;guli&egrave;re est n&eacute;cessaire, et que la consommation d&rsquo;alcool est interdite ainsi que la prise d&rsquo;aspirine et d&rsquo;anti-inflammatoires non st&eacute;ro&iuml;diens. Il est aussi utile de v&eacute;rifier le taux d&rsquo;anticorps protecteurs contre les virus des h&eacute;patites A et B, de discuter du type hormonal de contraception orale si elle est demand&eacute;e, et de pr&eacute;venir du risque potentiel d&rsquo;accentuer la cholestase sous pilule contraceptive, particuli&egrave;rement au cours des PFIC, et d&rsquo;en d&eacute;tailler les signes annonciateurs (prurit, ict&egrave;re) (21, 22). Il faut aussi rappeler qu&rsquo;une grossesse est en th&eacute;orie possible. Si elle est d&eacute;but&eacute;e chez une jeune femme&nbsp; prenant de l&rsquo;acide ursod&eacute;soxycholique au long cours, le traitement doit &ecirc;tre a priori poursuivi et en aucun cas il ne doit &ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute; sans prendre l&rsquo;avis de l&rsquo;h&eacute;patologue r&eacute;f&eacute;rent. Il faut organiser un conseil g&eacute;n&eacute;tique pour expliquer les risques de transmission et la possibilit&eacute; de diagnostic antenatal en cas de maladie g&eacute;n&eacute;tique. Tout cela doit se faire au sein d&rsquo;une fili&egrave;re de soins organis&eacute;e par des &eacute;quipes d&rsquo;h&eacute;patologie p&eacute;diatrique et adulte. Le changement d&rsquo;&eacute;quipe doit &ecirc;tre annonc&eacute; par le p&eacute;diatre trois ans &agrave; l&rsquo;avance. Il est important de pouvoir recenser le devenir &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte des enfants atteints de maladies du foie.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Chardot C., Darwish A.A., Jacquemin E. Atr&eacute;sie des voies biliaires. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), H&eacute;patologie, 7-070-A-10, 2009.</li>
<li>Spencer LT, Langham MR, Hoyer MH, Jones DA, Caridi JG, Chesrown SE.. Resolution of hypoxemia in a liver transplant recipient after ligation of a portosystemic shunt. J Pediatr 2000 ;137:575-7.</li>
<li>Girard M, Jannot AS, Besnard M, Jacquemin E, Henrion Caude A. Biliary atresia: Does ethnicity matter? J Hepatol 2012&nbsp;; 57&nbsp;: 700-1</li>
<li>Kobayashi K, Kubota M, Okuyama N, Hirayama Y, Watanabe M, Sato K.. Mother-to-daughter occurrence of biliary atresia: a case report. J Pediatr Surg 2008;43:1566-8.</li>
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<li>Lykavieris P, Hadchouel M, Chardot C, Bernard O. Outcome of liver disease in children with Alagille syndrome: a study of 163 patients. Gut 2001;49:431-5.</li>
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</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>L&rsquo;atr&eacute;sie des voies biliaires est la cause la plus fr&eacute;quente de cholestase chronique chez l&rsquo;enfant</li>
<li>Les cholestases chroniques repr&eacute;sentent 80 % des indications de la transplantation h&eacute;patique chez l&rsquo;enfant</li>
<li>Les conseils g&eacute;n&eacute;raux doivent &ecirc;tre rappel&eacute;s lors du passage &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte&nbsp;: consommation d&rsquo;alcool et d&rsquo;AINS interdite, vaccination contre les virus A et B.</li>
<li>La jeune femme doit &ecirc;tre inform&eacute;e qu&rsquo;en cas de grossesse, le traitement par acide ursod&eacute;soxycholique ne doit pas &ecirc;tre interrompu sans l&rsquo;avis de l&rsquo;h&eacute;patologue r&eacute;f&eacute;rent</li>
<li>Il faut organiser un conseil g&eacute;n&eacute;tique pour expliquer les risques de transmission et la possibilit&eacute; de diagnostic ant&eacute;natal en cas de maladie g&eacute;n&eacute;tique</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>[Atelier] Quelles indications chirurgicales pour quelles hémorroïdes ?</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[La maladie hémorroïdaire n’est pas univoque , elle concerne à la fois les hémorroides internes et les hémorroïdes externes.

Les hémorroïdes sont des structures anatomiques normales existant dès la naissance .

Les hémorroïdes internes , issues de l’artère rectale supérieure , sont situées au dessus de la ligne pectinée et distribuées en trois paquets (Latéral gauche ,antérieur droit et postérieur droit) .Elles sont maintenues par le ligament de Parks , issu de la couche longitudinale complexe .

Les hémorroïdes externes , irriguées par l’artère pudendale sont situées sous la ligne pectinée , dans l’espace sous muqueux anal , dans une zone chargée en corpuscules sensibles .

La prévalence de la maladie hémorroïdaire varie , en fonction des études et des populations, entre 4,4 et 86% .(1)

4 à 10% de la population souffre d’hémorroïdes ,seulement 1/3 des patients consultent et 3 à 8 % d’entre eux seront opérés .

Un français sur deux présente annuellement un symptome douloureux bénin (2)

La clinique elle même (rectorragies, douleurs , procidence) n’est pas toujours corrélée à la symptomatologie .(3)

Le traitement de la maladie symptomatique peut être médical ,instrumental ou chirurgical .

Ces traitements ne s’excluent pas les uns les autres et peuvent se succéder dans le temps .

La chirurie d’emblée est reservée aux prolapsus étranglés et thrombosés ,aux associations morbides hyperalgiques (fissure) ,aux hémorragies avec anémie et à la demande présent du patient arrivé au bout de toutes les options thérapeutiques

Doit être opéré celui qui a épuisé les différents traitements instrumentaux et médicaux (4) et qui demande une solution radicale et définitive .

La chirurgie a pour but d’agir sur le plan vasculaire en arrêtant le saignement et sur le plan mécanique en réduisant le prolapsus .]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/indications-chirurgicales-hemorroides.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/pierre-coulom-michel-fantoli_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/atelier-amphi-bleu/324/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> </div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Savoir poser une indication op&eacute;ratoire</li>
<li>Conna&icirc;tre les diff&eacute;rentes techniques et leurs indications</li>
<li>Quelle technique proposer en fonction du terrain ?</li>
<li>Toutes les techniques ont les m&ecirc;mes r&eacute;sultats ?</li>
</ul>
<p>La maladie h&eacute;morro&iuml;daire n&rsquo;est pas univoque , elle concerne &agrave; la fois les h&eacute;morroides internes et les h&eacute;morro&iuml;des externes.</p>
<p>Les h&eacute;morro&iuml;des sont des structures anatomiques normales existant d&egrave;s la naissance .</p>
<p>Les h&eacute;morro&iuml;des internes , issues de l&rsquo;art&egrave;re rectale sup&eacute;rieure , sont situ&eacute;es au dessus de la ligne pectin&eacute;e et distribu&eacute;es en trois paquets (Lat&eacute;ral gauche ,ant&eacute;rieur droit et post&eacute;rieur droit) .Elles sont maintenues par le ligament de Parks , issu de la couche longitudinale complexe .</p>
<p>Les h&eacute;morro&iuml;des externes , irrigu&eacute;es par l&rsquo;art&egrave;re pudendale sont situ&eacute;es sous la ligne pectin&eacute;e , dans l&rsquo;espace sous muqueux anal , dans une zone charg&eacute;e en corpuscules sensibles .</p>
<p>La pr&eacute;valence de la maladie h&eacute;morro&iuml;daire varie , en fonction des &eacute;tudes et des populations, entre 4,4 et 86% .(1)</p>
<p>4 &agrave; 10% de la population souffre d&rsquo;h&eacute;morro&iuml;des ,seulement 1/3 des patients consultent et 3 &agrave; 8 % d&rsquo;entre eux seront op&eacute;r&eacute;s .</p>
<p>Un fran&ccedil;ais sur deux pr&eacute;sente annuellement un symptome douloureux b&eacute;nin (2)</p>
<p>La clinique elle m&ecirc;me (rectorragies, douleurs , procidence) n&rsquo;est pas toujours corr&eacute;l&eacute;e &agrave; la symptomatologie .(3)</p>
<p>Le traitement de la maladie symptomatique peut &ecirc;tre m&eacute;dical ,instrumental ou chirurgical .</p>
<p>Ces traitements ne s&rsquo;excluent pas les uns les autres et peuvent se succ&eacute;der dans le temps .</p>
<p>La chirurie d&rsquo;embl&eacute;e est reserv&eacute;e aux prolapsus &eacute;trangl&eacute;s et thrombos&eacute;s ,aux associations morbides hyperalgiques (fissure) ,aux h&eacute;morragies avec an&eacute;mie et &agrave; la demande pr&eacute;sent du patient arriv&eacute; au bout de toutes les options th&eacute;rapeutiques</p>
<p>Doit &ecirc;tre op&eacute;r&eacute; celui qui a &eacute;puis&eacute; les diff&eacute;rents traitements instrumentaux et m&eacute;dicaux (4) et qui demande une solution radicale et d&eacute;finitive .</p>
<p>La chirurgie a pour but d&rsquo;agir sur le plan vasculaire en arr&ecirc;tant le saignement et sur le plan m&eacute;canique en r&eacute;duisant le prolapsus .</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Sur le plan des techniques chirurgicales&nbsp;:</h1>
<p>Il faut distinguer les h&eacute;morro&iuml;dectomies p&eacute;diculaires (Milligan et Morgan )(5) des h&eacute;morro&iuml;dectomies circulaires (Whitehead modifi&eacute; Toupet ) rarement r&eacute;alis&eacute;es en France</p>
<p>L&rsquo;anopexie circulaire selon Longo n&rsquo;est pas &agrave; proprement parler une h&eacute;morro&iuml;dectomie mais elle fait d&eacute;finitivement partie de l&rsquo;arsenal th&eacute;rapeutique chirurgical de la maladie h&eacute;morroidaire .(6)</p>
<p>R&eacute;cemment des alternatives th&eacute;rapeutiques ont associ&eacute; une ligature doppler guid&eacute;e des art&egrave;res h&eacute;morro&iuml;dales &agrave; une mucopexie .(7)</p>
<p>Les techniques chirurgicales sont donc nombreuses et utilis&eacute;es par les proctologues en fonction de leurs pr&eacute;f&eacute;rences personnelles et de leurs habitudes de travail .</p>
<p>Mais il faut savoir s&rsquo;adapter au terrain et donc savoir varier ses techniques , les conna&icirc;tre toutes pour proposer le meilleur geste possible .</p>
<p>L&rsquo;intervention de Milligan et Morgan (1934) r&eacute;s&egrave;que trois paquets h&eacute;morro&iuml;daires d&eacute;pendants des trois art&egrave;res h&eacute;morro&iuml;dales principales .</p>
<p>C&lsquo;est la technique la plus utilis&eacute;e dans le monde , et conna&icirc;t de nombreuses variantes&nbsp;: H&eacute;morro&iuml;dectomie sous muqueuse de Parks , h&eacute;morro&iuml;dectomie &agrave; foyer ferm&eacute; de Ferguson , elle a &eacute;t&eacute; compl&eacute;t&eacute;e par l&rsquo;&eacute;cole fran&ccedil;aise de J. Arnous et E. Parnaud avec la description de l&rsquo;anoplastie post&eacute;rieure permettant l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se des paquets post&eacute;rieurs et la cure des fissures anales associ&eacute;es .</p>
<p>L&rsquo;anopexie circulaire selon Longo res&egrave;que au dessus de la ligne pectin&eacute;e une collerette muqueuse en utilisant une pince circulaire &agrave; suture automatique . Elle traite &agrave; la fois le prolapsus h&eacute;morro&iuml;daire et le prolapsus muqueux associ&eacute; .Sa sup&eacute;riorit&eacute; par rapport aux traitements endoscopiques est acquise . (8) Elle obtient &agrave; court terme les m&ecirc;mes r&eacute;sultats que l&rsquo;h&eacute;morroidectomie p&eacute;diculaire , les r&eacute;sultats &agrave; long terme sont moins certains (9)</p>
<p>La mucopexie associ&eacute; &agrave; la ligature doppler guid&eacute;e des art&egrave;res h&eacute;morro&iuml;dales consiste &agrave; rep&eacute;rer par doppler les art&egrave;res h&eacute;morro&iuml;daires et &agrave; les ligaturer puis &agrave; faufiler les redondances des diff&eacute;rents paquets pour les ligaturer et les voir dispara&icirc;tre .</p>
<p>L&rsquo;utilisation de ces diff&eacute;rentes techniques d&eacute;pend du terrain&nbsp;:</p>
<p>Devant un prolapsus circulaire h&eacute;morragique du 2&deg; degr&eacute; ,sans pathologie h&eacute;morroidaire externe , l&rsquo;intervention de Longo sera privil&eacute;gi&eacute;e car elle assure une suture art&eacute;rielle et fait disparaitre le prolapsus .</p>
<p>Devant une pathologie complexe , &agrave; la fois interne et externe , l&rsquo;h&eacute;morro&iuml;dectomie p&eacute;diculaire de Milligan et Morgan traite l&rsquo;ensemble de la pathologie .</p>
<p>La ligature Doppler guid&eacute;e avec mucopexie trouve plus souvent sa place dans l&rsquo;arsenal th&eacute;rapeutiques et si cette technique &eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e au traitement des h&eacute;morroides h&eacute;morragiques du 2&deg; degr&eacute; , des publications r&eacute;centes font &eacute;tat de plus de 80% de bons r&eacute;sultats dans les stades 3 et 4 . (10)</p>
<p>La chirurgie h&eacute;morroidaire ne concerne que 10% des patients symptomatiques ( 11)</p>
<p>L&rsquo;efficacit&eacute; de la chirurgie sur les symptomes de la maladie h&eacute;morro&iuml;daire n&rsquo;est pas de 100%.</p>
<p>Les r&eacute;sultats d&eacute;pendent des s&eacute;ries publi&eacute;es mais dans une &eacute;tude comparant ,dans un stade 3 ,l&rsquo;h&eacute;morro&iuml;dectomie p&eacute;diculaire aux traitements instrumentaux la chirurgie est le traitement le plus efficace .(12)</p>
<p>Les recommandations de la Soci&eacute;t&eacute; Am&eacute;ricaine de Chirurgie Colo Rectale sont en accord avec les &eacute;tudes faites sur les traitements des symptomes de la maladie hemorroidaire&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p>Thrombose externe&nbsp;:Thrombectomie et traitement m&eacute;dical</p>
</li>
<li>
<p>Thromboses &agrave; r&eacute;p&eacute;tition&nbsp;:h&eacute;morro&iuml;dectomie</p>
</li>
<li>
<p>Hemorroides internes&nbsp;: Chirurgie apr&egrave;s &eacute;chec du traitement m&eacute;dical et instrumental ,en cas d&rsquo;association morbide (fissure ,papille hypertrophique ,fistule) ,si le patient est demandeur ,dans les stades 3 s&eacute;v&egrave;res et 4 avec ou sans h&eacute;morro&iuml;des externes (11)</p>
</li>
<li>
<p>Les patients doivent &ecirc;tre inform&eacute;s des diff&eacute;rentes modalit&eacute;s th&eacute;rapeutiques ,des diff&eacute;rentes techniques chirurgicales ,des suites op&eacute;ratoires ,des complications &eacute;ventuelles et de la qualit&eacute; du r&eacute;sultat &agrave; long terme .</p>
</li>
</ul>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Johanson JF, SonnenbergA. The prevalence of hemorrhoids and chronic constipation .Gastroenterology 1990&nbsp;;98&nbsp;:380-6</li>
<li>Siproudhis L . Defecation disorders&nbsp;: A french population survey .Dis Colon Rectum 2006&nbsp;; 49&nbsp;:219_27</li>
<li><span lang="en-US">CH. V. Devien .Colo-Proctologie Clinique 1989 . Medsi/Mc Graw-Hill 168- 205</span></li>
<li>Coulom P&nbsp;.Traitement instrumental de la maladie h&eacute;morro&iuml;daire .Gastro. Enterol. <span lang="en-US">Clin. et Biol.&nbsp;: Oct 209 ,Vol 33 N&deg; 10 -11S </span></li>
<li><span lang="en-US">Milligan Etc, Morgan Cn, Jones Le, Officer R Surgical Anatomy of the anal canal and the operative treatment of haemorroids. Lancet, 1937. 233 119 &ndash; 24</span></li>
<li><span lang="en-US">Longo A .Treatment of haemorrhoids desease by reduction of mucosa and haemorrhoidal prolapse with circular suturing device .In 6th World Congress of Endoscopic Surgery 1998 Rome .</span></li>
<li><span lang="en-US">Doppler-Guided Hemorrhoidal Artery Ligation and Rectoanal Repair (HAL-RAR) for the Treatment of Grade IV Hemorrhoids: Long-Term Results in 100 Consecutive Patients .Dis Colon Rectum&nbsp;; 2008,51&nbsp;: 945-949</span></li>
<li>Godeberge Ph . Traitement des h&eacute;morroides&nbsp;: Intervention de Longo versus traitement endoscopique. <span lang="en-US">FMC HGE . Post&rsquo;U2001 Paris </span></li>
<li><span lang="en-US">Mehigan BJ , Monson JRT, Hartley JE . Stapling procedure for haemorrhoids versus Milligan-Morgan haemorrhoidectomy,randomised control trial . Lancet 2000&nbsp;;355&nbsp;:782-5</span></li>
<li><span lang="en-US">Faucheron JL , Gangnier Y . Doppler guided haemorrhoidal artery ligation for the treatement of symptomatic hemorrhoids&nbsp;: Early and three year follow-up results in 100 consecutive patients .Dis Colon Rectum 2008&nbsp;; 51&nbsp;: 945-949</span></li>
<li>Recommandations pour la pratique clinique sur le traitement de la maladie h&eacute;morroidaire .Gastroent&eacute;rologie Clin.et Biol. 2001 Coordonnateur L.Abramowitz, coordonnateur du groupe traitement chirurgical D. Soudan .</li>
<li>Lewis AA, Rogers HS ,Leighton M .Trial of maximal dilatation,cryotherapy and elastic band ligation as alternatives to hemorrhoidectomy in treatment of large prolapsinghaemorroids.Br J Surg 1983 .</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>LES 5 POINTS FORTS</h1>
<ol>
<li>Op&eacute;rer les patients apr&egrave;s &eacute;chec des diff&eacute;rents traitements m&eacute;dicaux et instrumentaux (sauf urgence)</li>
<li>Pr&eacute;f&eacute;rer les h&eacute;morro&iuml;dectomies p&eacute;diculaires en abandonnant les h&eacute;morro&iuml;dectomies circulaires qui entra&icirc;nent ectropion, st&eacute;nose, troubles de la continence. Eviter les sphinct&eacute;rotomies.</li>
<li>Bien poser l&rsquo;indication de l&rsquo;h&eacute;morro&iuml;dopexie circulaire par agrafage pour &eacute;viter ses complications.</li>
<li>Savoir poser l&rsquo;indication du HAL RAR (malades fragiles, AVK&hellip;.)</li>
<li>Savoir proposer le meilleur geste possible en s&rsquo;adaptant au terrain et &agrave; la demande du patient.</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Maladie coeliaque : de l’enfance à l’âge adulte</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/maladie-coeliaque-de-l%e2%80%99enfance-a-l%e2%80%99age-adulte/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>Le passage de l'adolescence à l'âge adulte pose les questions suivantes chez les patients atteints de maladie coeliaque :</p>
<ol>
	<li>Une maladie coeliaque découverte à l'âge de 18 mois chez un enfant qui a suivi un régime strict jusqu'à la puberté justifie-t-elle l'exclusion du gluten toute la vie durant ?</li>
	<li>Si le régime sans gluten est commencé tôt dans l'enfance, l'acquisition d'une tolérance partielle est-elle possible à l'âge adulte ?</li>
	<li>Les enfants d'aujourd'hui bénéficieront-ils dans 10, 20 ou 30 ans d'un traitement médicamenteux ou d'une désensibilisation leur permettant de manger du gluten ?</li>
</ol>
<h1>Définitions</h1>
<p>La maladie coeliaque était classiquement définie chez l'enfant,  comme une entéropathie chronique avec atrophie villositaire secondaire à une réponse immunitaire inappropriée de la muqueuse intestinale à la gliadine du blé, de l'orge et du seigle. A côté de cette forme typique du nourrisson dont le diagnostic repose sur l'analyse histologique d'une biopsie intestinale, le développement de marqueurs sérologiques a révélé l'incidence élevée des formes frustes, pauci-symptomatiques, silencieuses voire latentes, faisant de la maladie coeliaque et des manifestations non digestives de l'intolérance au gluten des pathologies fréquentes. Ce sont ces formes qui sont les plus fréquentes chez l'adolescent et l'adulte.  Ce changement de visage de la maladie coeliaque s'accompagne d'une évolution des stratégies diagnostiques mais également de la définition de la maladie elle-même. Actuellement, la maladie coeliaque doit être comprise comme une maladie dysimmunitaire systémique, initiée par la gliadine et les prolamines proches, survenant chez des sujets génétiquement prédisposés, et caractérisée par la combinaison variable de manifestations cliniques diverses, d'anticorps spécifiques et d'une entéropathie chez les personnes ayant le phénotype HLA DQ2 ou DQ8 [1].</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/maladie-coeliaque.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/olives-jean-pierre_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-de-lenfance-a-lage-adulte/162/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs</h1>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre la pathologie chez l&rsquo;enfant</li>
<li>Conna&icirc;tre les sp&eacute;cificit&eacute;s de la pathologie chez l&rsquo;adolescent</li>
<li>Savoir quelle information transmettre &agrave; l&rsquo;h&eacute;pato gastroent&eacute;rologue adulte et comment</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>Le passage de l&rsquo;adolescence &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte pose les questions suivantes chez les patients atteints de maladie coeliaque :</p>
<ol>
<li>Une maladie c&oelig;liaque d&eacute;couverte &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 18 mois chez un enfant qui a suivi un r&eacute;gime strict jusqu&rsquo;&agrave; la pubert&eacute; justifie-t-elle l&rsquo;exclusion du gluten toute la vie durant&nbsp;?</li>
<li>Si le r&eacute;gime sans gluten est commenc&eacute; t&ocirc;t dans l&rsquo;enfance, l&rsquo;acquisition d&rsquo;une tol&eacute;rance partielle est-elle possible &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte&nbsp;?</li>
<li>Les enfants d&rsquo;aujourd&rsquo;hui b&eacute;n&eacute;ficieront-ils dans 10, 20 ou 30 ans d&rsquo;un traitement m&eacute;dicamenteux ou d&rsquo;une d&eacute;sensibilisation leur permettant de manger du gluten&nbsp;?</li>
</ol>
<h1>D&eacute;finitions</h1>
<p>La maladie c&oelig;liaque &eacute;tait classiquement d&eacute;finie chez l&rsquo;enfant, &nbsp;comme une ent&eacute;ropathie chronique avec atrophie villositaire secondaire &agrave; une r&eacute;ponsef imfmunitaire inappropri&eacute;e de la muqueuse intestinale &agrave; la gliadine du bl&eacute;, de l&rsquo;orge et du seigle. A c&ocirc;t&eacute; de cette forme typique du nourrisson dont le diagnostic repose sur l&rsquo;analyse histologique d&rsquo;une biopsie intestinale, le d&eacute;veloppement de marqueurs s&eacute;rologiques a r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;incidence &eacute;lev&eacute;e des formes frustes, pauci-symptomatiques, silencieuses voire latentes, faisant de la maladie c&oelig;liaque et des manifestations non digestives de l&rsquo;intol&eacute;rance au gluten des pathologies fr&eacute;quentes. Ce sont ces formes qui sont les plus fr&eacute;quentes chez l&rsquo;adolescent et l&rsquo;adulte. &nbsp;Ce changement de visage de la maladie coeliaque s&rsquo;accompagne d&rsquo;une &eacute;volution des strat&eacute;gies diagnostiques mais &eacute;galement de la d&eacute;finition de la maladie elle-m&ecirc;me. Actuellement, la maladie coeliaque doit &ecirc;tre comprise comme une maladie dysimmunitaire syst&eacute;mique, initi&eacute;e par la gliadine et les prolamines proches, survenant chez des sujets g&eacute;n&eacute;tiquement pr&eacute;dispos&eacute;s, et caract&eacute;ris&eacute;e par la combinaison variable de manifestations cliniques diverses, d&rsquo;anticorps sp&eacute;cifiques et d&rsquo;une ent&eacute;ropathie chez les personnes ayant le ph&eacute;notype HLA DQ2 ou DQ8 [1].</p>
<h1>Physiopathologie</h1>
<p>Le gluten n&rsquo;est toxique que chez des sujets g&eacute;n&eacute;tiquement pr&eacute;dispos&eacute;s [2].&nbsp; Nous ing&eacute;rons habituellement 10 &agrave; 15 g de gluten par jour. Les s&eacute;quences peptidiques toxiques de la gliadine, sont relativement r&eacute;sistantes aux capacit&eacute;s enzymatiques digestives et peuvent parvenir intactes au contact de la muqueuse intestinale. Ces fragments sont alors absorb&eacute;s par l&rsquo;&eacute;pith&eacute;lium et arrivent dans le chorion au contact de la transglutaminase tissulaire dont ils sont des substrats de par leur richesse en glutamine.</p>
<p>La transglutaminase transforme par d&eacute;samidation, les glutamines charg&eacute;es positivement en r&eacute;sidus d&rsquo;acides glutamiques, charg&eacute;s n&eacute;gativement. Ceci permet alors leur liaison aux poches &agrave; peptides, charg&eacute;es positivement, des mol&eacute;cules HLA DQ2 ou DQ8 qui sont situ&eacute;es &agrave; la surface des cellules pr&eacute;sentatrices d&rsquo;antig&egrave;nes. Ces peptides d&eacute;samid&eacute;s sont reconnus par les lymphocytes T CD4+ intestinaux qui produisent alors des cytokines comme l&rsquo;interf&eacute;ron g, l&rsquo;IL 4 et le TNF a, responsables des l&eacute;sions d&rsquo;inflammation et d&rsquo;atrophie villositaire [3].</p>
<p>Plus de 90% des malades coeliaques expriment le g&eacute;notype HLA DQ2, alors que 5 &agrave; 10% restant poss&egrave;dent le g&eacute;notype DQ8. Cette pr&eacute;disposition est toutefois fr&eacute;quente, concernant 30 &agrave; 40 % de la population g&eacute;n&eacute;rale, sugg&eacute;rant l&rsquo;implication d&rsquo;autres facteurs. Des facteurs non g&eacute;n&eacute;tiques interviennent &eacute;galement dans l&rsquo;&eacute;volution de la maladie coeliaque en particulier chez le jeune enfant [4]. Les infections intestinales, notamment &agrave; ad&eacute;novirus et &agrave; rotavirus qui alt&egrave;rent la barri&egrave;re intestinale avec une atrophie partielle de la muqueuse, entraineraient une augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute;, de l&rsquo;expression d&rsquo;HLA DQ et de la concentration de transglutaminase tissulaire, favorisant ainsi le d&eacute;veloppement de la maladie. Une exposition &agrave; la gliadine in utero ou via le lait de m&egrave;re, les facteurs immuno-modulateurs du lait maternel, la quantit&eacute; et l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;introduction du gluten jouent &eacute;galement un r&ocirc;le important. L&rsquo;introduction du gluten avant 3 mois ou apr&egrave;s 7 mois est associ&eacute;e &agrave; une augmentation de la pr&eacute;valence de la maladie coeliaque sous toutes ses formes. Les conseils actuels sont d&rsquo;introduire le gluten en faible quantit&eacute; entre 4 et 6 mois pendant la poursuite de l&rsquo;allaitement maternel [5].</p>
<h1>Epid&eacute;miologie</h1>
<p>La pr&eacute;valence se situe entre 1/2500 et 1/3000 pour les formes symptomatiques classiques, mais la majorit&eacute; des formes sont silencieuses ont une symptomatologie atypique et sont souvent m&eacute;connues [4]. Les &eacute;tudes s&eacute;ro-&eacute;pid&eacute;miologiques sugg&egrave;rent que pour chaque cas de maladie coeliaque diagnostiqu&eacute;e il existerait 3 &agrave; 7 cas non diagnostiqu&eacute;s [6]. Dans les pays occidentaux, la pr&eacute;valence de la maladie coeliaque se situe entre 0,7 et 2% dans la population g&eacute;n&eacute;rale, mais elle est de 3 &agrave; 6% chez les diab&eacute;tiques de type 1, de 10 &agrave; 20% chez les apparent&eacute;s du premier degr&eacute; d&rsquo;un sujet coeliaque, de 3&nbsp;&agrave; 15% chez les sujets ayant une an&eacute;mie ferriprive, de 1 &agrave; 3% en cas d&rsquo;ost&eacute;oporose [4]. La fr&eacute;quence varie selon l&rsquo;origine ethnique. Des incidences proches de celles de l&rsquo;Europe ou les Etats-Unis sont not&eacute;es en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Inde. En revanche, la maladie coeliaque est quasiment inconnue en Asie du Sud Est et en Afrique noire.</p>
<p>L&rsquo;incidence, le nombre de nouveaux cas par an rapport&eacute;s &agrave; la population, de la maladie coeliaque a augment&eacute; de fa&ccedil;on importante durant les 30 derni&egrave;res ann&eacute;es, passant de 2-3 &agrave; 9 voire 13 nouveaux cas pour 100000 habitants et par an [7]. Cette augmentation d&rsquo;incidence avec le temps refl&egrave;te probablement davantage reconnaissance des formes atypiques et silencieuses gr&acirc;ce aux tests s&eacute;rologiques. Des diff&eacute;rences de pr&eacute;valence de g&egrave;nes de pr&eacute;disposition et des modalit&eacute;s de la diversification alimentaire (introduction plus pr&eacute;coce ou plus tardive du gluten) pourraient &eacute;galement expliquer des variations g&eacute;ographiques et dans le temps de l&rsquo;incidence de la maladie [6].</p>
<h1>Clinique&nbsp;: le nouveau visage de la maladie coeliaque [8,9]</h1>
<p>La maladie coeliaque est progressivement pass&eacute;e du statut de maladie digestive rare du nourrisson &agrave; celui de maladie syst&eacute;mique fr&eacute;quente touchant tous les &acirc;ges de la vie [10].</p>
<p>Dans sa forme classique, la maladie coeliaque d&eacute;bute chez un nourrisson de plus de 6 mois, quelques semaines apr&egrave;s l&rsquo;introduction du gluten dans l&rsquo;alimentation. Elle se manifeste par une diarrh&eacute;e chronique avec des selles abondantes en &laquo;&nbsp;bouse de vache&nbsp;&raquo;, accompagn&eacute;e d&rsquo;une anorexie, d&rsquo;une apathie. L&rsquo;examen clinique montre un m&eacute;t&eacute;orisme abdominal et des signes de d&eacute;nutrition avec une fonte des masses musculaires et du tissu adipeux. Le retentissement nutritionnel est confirm&eacute; par la cassure de la courbe de poids, parfois associ&eacute;e &agrave; un ralentissement secondaire de la vitesse de croissance staturale. Les deux derni&egrave;res d&eacute;cennies ont r&eacute;v&eacute;l&eacute; l&rsquo;existence de formes atypiques ou frustes qui s&rsquo;av&egrave;rent plus fr&eacute;quentes que la forme classique. Elles peuvent correspondre &agrave; des sympt&ocirc;mes digestifs mod&eacute;r&eacute;s, ou &agrave; des signes extra-digestifs (tableau I), et doivent maintenant &ecirc;tre connues des m&eacute;decins traitants et recherch&eacute;es par la s&eacute;rologie.</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>
<ol>
<li>Selles irr&eacute;guli&egrave;res</li>
<li>Constipation chronique</li>
<li>App&eacute;tit diminu&eacute;</li>
<li>Douleurs abdominales r&eacute;cidivantes</li>
<li>Prise de poids m&eacute;diocre</li>
<li>Retard de croissance</li>
<li>Retard pubertaire, am&eacute;norrh&eacute;e</li>
<li>Fatigue chronique</li>
<li>An&eacute;mie ferriprive r&eacute;fractaire</li>
<li>Douleurs osseuses, fractures sur ost&eacute;op&eacute;nie</li>
<li>Syndrome h&eacute;morragique</li>
<li>Aphtose buccale r&eacute;cidivante</li>
<li>Hypoplasie de l&rsquo;&eacute;mail dentaire</li>
<li>Eruption herp&eacute;tiforme</li>
<li>Augmentation des transaminases</li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">Tableau I : Sympt&ocirc;mes frustes ou atypiques pouvant r&eacute;v&eacute;ler une maladie coeliaque</p>
<p>De nombreuses pathologies peuvent &ecirc;tre associ&eacute;es &agrave; la maladie coeliaque (Tableau II) et peuvent conduire &agrave; son diagnostic ou apparaitre au cours de son suivi [9].</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>
<ol>
<li>Diab&egrave;te de type I</li>
<li>D&eacute;ficit en IgA</li>
<li>Trisomie 21</li>
<li>Syndrome de Turner</li>
<li>Syndrome de Williams</li>
<li>H&eacute;patite et cholangiopathies auto-immunes</li>
<li>Thyro&iuml;dite auto-immune</li>
<li>Apparent&eacute;s de 1er degr&eacute;</li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">Tableau II : Situations &agrave; risque augment&eacute; de maladie coeliaque</p>
<h1>Diagnostic</h1>
<p>Des perturbations biologiques orientent g&eacute;n&eacute;ralement, mais pas toujours, vers un syndrome de malabsorption.</p>
<p>Les marqueurs s&eacute;rologiques constituent actuellement la premi&egrave;re &eacute;tape du diagnostic quelle que soit la forme clinique. Ils sont particuli&egrave;rement utiles en cas de suspicion de maladie coeliaque devant des signes frustes ou atypiques (Tableau I). Les anticorps anti-gliadine, de type IgA et IgG, ont &eacute;t&eacute; les premiers mis en &eacute;vidence dans la maladie coeliaque et largement utilis&eacute;s pour son diagnostic. N&eacute;anmoins, en raison de leur manque de sensibilit&eacute; et de sp&eacute;cificit&eacute;, ils ne sont plus recommand&eacute;s ni rembours&eacute;s [11]. La recherche d&rsquo;IgA anti-endomysium (anti-EMA) a une excellente sensibilit&eacute; et sp&eacute;cificit&eacute; mais n&eacute;cessite des techniques d&rsquo;immunofluorescence indirecte, plus co&ucirc;teuses. Les anticorps anti-transglutaminase tissulaire (anti-TG2), d&eacute;tect&eacute;s facilement par une technique ELISA, ont une excellente sensibilit&eacute; (85 &agrave; 98%) et sp&eacute;cificit&eacute; (94 &agrave; 98%). Les recommandations actuelles [1,11] pr&eacute;conisent en premi&egrave;re intention le dosage des anticorps IgA anti-TG2 en raison de sa facilit&eacute;, sa fiabilit&eacute; et son co&ucirc;t mod&eacute;r&eacute;. La recherche des IgA anti-EMA est pr&eacute;conis&eacute;e en deuxi&egrave;me intention. Il est indispensable d&rsquo;y associer un dosage pond&eacute;ral des immunoglobulines car ces tests peuvent &ecirc;tre pris en d&eacute;faut en cas de d&eacute;ficit en IgA (IgA &lt; 0,2 g/l), pr&eacute;sent chez environ 2% des sujets intol&eacute;rants au gluten. Dans ce cas, il est alors recommand&eacute; de rechercher les IgG anti-TG2 et IgG anti-EMA, et de r&eacute;aliser une biopsie intestinale. En cas de marqueurs s&eacute;rologiques n&eacute;gatifs alors que le tableau clinique est &eacute;vocateur, ou de discordance entre les diff&eacute;rents anticorps, il sera discut&eacute; de rechercher les HLA DQ2&nbsp;/DQ8 et de r&eacute;aliser une biopsie intestinale si ces derniers sont pr&eacute;sents [1].</p>
<p>Le diagnostic est confirm&eacute; par la biopsie intestinale, qui doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e avant toute mise au r&eacute;gime sans gluten. Il est recommand&eacute; de pr&eacute;lever, habituellement au cours d&rsquo;une endoscopie, 4 &agrave; 6 pr&eacute;l&egrave;vements au niveau du bulbe ou du 2&egrave;me duod&eacute;num. Celle-ci montre une atrophie villositaire totale ou sub-totale (grades 2 ou 3 de Marsh) (Fig. 1), associ&eacute;e &agrave; une hyperplasie des cryptes et une augmentation des lymphocytes intra-&eacute;pith&eacute;liaux (sup&eacute;rieure &agrave; 40 %) [12]. Le diagnostic histologique peut &ecirc;tre difficile en cas de r&eacute;gime sans gluten d&eacute;but&eacute; de fa&ccedil;on intempestive, estompant les l&eacute;sions caract&eacute;ristiques. Il faut donc insister aupr&egrave;s des m&eacute;decins traitants sur la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;adresser au sp&eacute;cialiste les enfants suspects de maladie coeliaque avant toute modification de l&rsquo;alimentation. Il faut noter que l&rsquo;atrophie villositaire n&rsquo;est pas sp&eacute;cifique de la maladie coeliaque et peut se voir dans d&rsquo;autres maladies (Tableau III), en revanche une augmentation des lymphocytes intra-&eacute;pith&eacute;liaux au-del&agrave; de 35% renforce la valeur pr&eacute;dictive positive en faveur d&rsquo;une maladie c&oelig;liaque.</p>
<p><img alt="Figure 1 : Atrophie villositaire totale de la muqueuse intestinale dans la maladie coeliaque. " height="236" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/jp_olives-fig_1.jpg" width="550" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 1 :</strong> Atrophie villositaire totale de la muqueuse intestinale dans la maladie coeliaque</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p>Maladie coeliaque</p>
</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Intol&eacute;rance aux prot&eacute;ines du lait de vache</p>
</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Malnutrition prot&eacute;ino-&eacute;nerg&eacute;tique</p>
</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p>Maladie de Crohn</p>
</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
<tr>
<td>Causes dysimmunitaires&nbsp;</td>
<td>
<p>Maladie des cha&icirc;nes alpha <br />
					D&eacute;ficit en IgA<br />
					Hypogammaglobulin&eacute;mie<br />
					HIV <br />
					Gastroent&eacute;rite &agrave; &eacute;osinophiles<br />
					Ent&eacute;ropathies autoimmunes <br />
					R&eacute;action du greffon contre l&rsquo;h&ocirc;te<br />
					Rejet de greffe intestinale</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>Causes infectieuses</td>
<td>
<p>Pullulation microbienne<br />
					Giardiase<br />
					Rotavirus, ad&eacute;novirus<br />
					Cryptosporidiose, microsporidiose, strongylo&iuml;dose<br />
					Tuberculose<br />
					Sprue tropicale</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>Divers&nbsp;</td>
<td>
<p>Atrophie micro-villositaire <br />
					Dysplasie &eacute;pith&eacute;liale&nbsp; <br />
					Abetalipoprotein&eacute;mie</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende">Tableau III : Principales causes d&rsquo;atrophie villositaire intestinale</p>
<p>La disparition des signes cliniques et la n&eacute;gativation des anticorps apr&egrave;s 12 mois de r&eacute;gime sans gluten viendront confirmer le diagnostic de maladie coeliaque.</p>
<p>La biopsie intestinale reste encore &agrave; ce jour l&rsquo;examen indispensable pour confirmer l&rsquo;existence d&rsquo;une maladie c&oelig;liaque et indiquer le d&eacute;but d&rsquo;un r&eacute;gime sans gluten [13].</p>
<p>Toutefois, l&rsquo;&eacute;volution actuelle se fait vers une simplification de la proc&eacute;dure diagnostique, rendue possible gr&acirc;ce &agrave; la fiabilit&eacute; des auto-anticorps et la d&eacute;termination des groupages HLA. Des &eacute;tudes r&eacute;centes [14,15] montrent que l&rsquo;histologie confirme toujours le diagnostic chez les enfants ayant un tableau typique et des anticorps anti-TG2 tr&egrave;s positifs (sup&eacute;rieurs &agrave; 10 fois la limite sup&eacute;rieure de la normale). Dans ces formes classiques, les derni&egrave;res recommandations proposent de ne pas faire de biopsie intestinale avant la mise au r&eacute;gime sans gluten. Cette d&eacute;marche doit &ecirc;tre expliqu&eacute;e &agrave; la famille par un sp&eacute;cialiste en gastro-ent&eacute;rologie p&eacute;diatrique, apr&egrave;s avoir confort&eacute; le diagnostic par la positivit&eacute; des anticorps anti-EMA et la v&eacute;rification que le sujet poss&egrave;de bien les d&eacute;terminants HLA DQ2 ou DQ8 [1]. L&rsquo;histologie intestinale reste par contre un &eacute;l&eacute;ment diagnostique incontournable pour les formes avec symptomatologies frustes ou atypiques, ou associ&eacute;es &agrave; un d&eacute;ficit en IgA, et les cas douteux (discordance des anticorps, sympt&ocirc;mes typiques et s&eacute;v&egrave;res avec anticorps n&eacute;gatifs). La haute valeur pr&eacute;dictive n&eacute;gative des g&egrave;nes de susceptibilit&eacute; HLA DQ2/DQ8, peut &ecirc;tre utile pour &eacute;carter le risque d&rsquo;une maladie coeliaque chez les sujets mis d&rsquo;embl&eacute;e sous r&eacute;gime sans gluten, dans les cas douteux (discordance des anticorps, l&eacute;sions histologiques non typiques) ou dans les populations &agrave; risque (Tableau II) [14,15]. En cas de l&eacute;sions histologiques compatibles avec le diagnostic de maladie coeliaque chez un sujet HLA DQ2/DQ8 n&eacute;gatif, d&rsquo;autres pathologies intestinales doivent &ecirc;tre recherch&eacute;es (Tableau III).&nbsp;</p>
<p>La figure 2 r&eacute;sume les strat&eacute;gies diagnostiques &agrave; adopter chez les sujets symptomatiques.</p>
<p><img alt="Figure 2 : Le modèle de l’iceberg" height="404" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/jp_olives-fig_2.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 2 :</strong> Le mod&egrave;le de l&rsquo;iceberg</p>
<h1>Le spectre de la maladie coeliaque</h1>
<p>Le mod&egrave;le de l&rsquo;iceberg (Fig. 2) illustre qu&rsquo;un stade de maladie latente, ne s&rsquo;exprimant pas sur le plan clinique, pr&eacute;c&egrave;de celui de maladie active [16]. Pendant cette phase de latence, la biopsie intestinale ne montre pas d&rsquo;atrophie villositaire, mais des signes d&rsquo;activation immunologique peuvent &ecirc;tre pr&eacute;sents dans la muqueuse intestinale et les auto-anticorps sp&eacute;cifiques sont pr&eacute;sents. Chez ces sujets, des sympt&ocirc;mes peuvent appara&icirc;tre progressivement accompagn&eacute;s de l&eacute;sions intestinales, signant le passage &agrave; la forme active de la maladie. Cette forme active de la maladie est caract&eacute;ris&eacute;e par la pr&eacute;sence de sympt&ocirc;mes intestinaux ou extra-digestifs, d&rsquo;une atrophie villositaire avec hyperplasie des cryptes et d&rsquo;auto-anticorps circulants. Les formes atypiques, faites de sympt&ocirc;mes extra-digestifs ou digestifs mais non sp&eacute;cifiques, sont les plus fr&eacute;quentes [10]. La maladie coeliaque silencieuse est caract&eacute;ris&eacute;e par la pr&eacute;sence d&rsquo;auto-anticorps dans le s&eacute;rum, l&rsquo;existence de l&eacute;sions histologiques intestinales typiques, chez des sujets HLA-DQ2 ou DQ8 positifs mais asymptomatiques. Un interrogatoire minutieux r&eacute;v&egrave;le cependant souvent des signes digestifs frustes ou un d&eacute;ficit de taille chez l&rsquo;enfant [17]. Ces formes pauci-symptomatiques peuvent s&rsquo;accompagner de d&eacute;ficits nutritionnels en oligo&eacute;l&eacute;ments, min&eacute;raux, ou une ost&eacute;oporose.</p>
<p>Au cours du temps, il existe une progression plus ou moins rapide de la maladie latente vers la forme silencieuse puis la maladie active qui peut se r&eacute;v&eacute;ler &agrave; tout &acirc;ge. Parmi la population g&eacute;n&eacute;tiquement pr&eacute;dispos&eacute;e (HLA DQ2 ou DQ8), cette &eacute;volution est tr&egrave;s variable. Certains sujets d&eacute;veloppent rapidement une maladie bruyante r&eacute;alisant le tableau classique du petit enfant, d&rsquo;autres pr&eacute;sentent des sympt&ocirc;mes plus ou moins typiques pendant l&rsquo;enfance ou &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte voire au 3&egrave;me &acirc;ge, certains adultes sont diagnostiqu&eacute;s devant des complications graves, tandis la majorit&eacute; restera au stade de maladie coeliaque latente pendant toute la vie. Il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; chez les sujets coeliaques adultes non-trait&eacute;s un sur-risque de maladie auto-immune, de cancer du tube digestif, notamment des lymphomes, et une augmentation globale de la mortalit&eacute; [18,19]. Ce sur-risque est discut&eacute; en cas de maladie silencieuse [20].</p>
<p>La figure 3 r&eacute;sume les strat&eacute;gies diagnostiques &agrave; adopter chez les sujets symptomatiques.</p>
<p><img alt="Figure 3 : Arbre diagnostic devant des symptômes compatibles avec une maladie coeliaque (modifié d’après [1]). " height="393" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/jp_olives-fig_3.jpg" width="560" /></p>
<p class="MsoNormal">* ne pas &eacute;carter le diagnostic de maladie coeliaque en cas de d&eacute;ficit en IgA (&lt;0.2 g/l), d&rsquo;&acirc;ge inf&eacute;rieur &agrave; 2 ans, de faible consommation de gluten, de traitement immunosuppresseur, de sympt&ocirc;mes s&eacute;v&egrave;res ou de pathologie associ&eacute;e.</p>
<p class="MsoNormal">** envisager un faux positif des Ac anti-TG2&nbsp;ou un faux n&eacute;gatif de la biopsie&nbsp;: surveillance clinique, r&eacute;valuer les Ac, HLA DQ2/DQ8, biopsie.</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;*** envisager un faux positif des Ac anti-TG2.</p>
<p class="legende"><strong>Figure 3 :</strong> Arbre diagnostic devant des sympt&ocirc;mes compatibles avec une maladie coeliaque (modifi&eacute; d&rsquo;apr&egrave;s [1]).&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Traitement&nbsp;: le r&eacute;gime sans gluten</h1>
<p>Actuellement, le traitement demeure exclusivement di&eacute;t&eacute;tique&nbsp;: le r&eacute;gime sans gluten strict. Celui-ci n&eacute;cessite d&rsquo;exclure de l&rsquo;alimentation tous les aliments naturels ou industriels, contenant des produits d&eacute;riv&eacute;s du bl&eacute;, du seigle, de l&rsquo;orge. Le riz et le ma&iuml;s &eacute;tant permis, la farine de bl&eacute; peut &ecirc;tre remplac&eacute;e dans de nombreuses circonstances par la ma&iuml;zena ou la farine de riz. L&rsquo;ingestion de flocons d&rsquo;avoine est permise ce qui permet de rendre le r&eacute;gime moins monotone, en particulier pour le petit d&eacute;jeuner, et contribue &agrave; &eacute;quilibrer un r&eacute;gime sinon trop limit&eacute; en fibres. L&#39;alimentation peut &ecirc;tre normale par ailleurs, hormis une exclusion du lactose parfois n&eacute;cessaire pendant quelques semaines en cas de diarrh&eacute;e tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re. L&#39;aide d&#39;une di&eacute;t&eacute;ticienne est indispensable &agrave; la mise en route du r&eacute;gime. L&rsquo;Association Fran&ccedil;aise des Intol&eacute;rants au Gluten (<a href="http://www.afdiag.fr" target="_blank">www.afdiag.fr</a>) fournit des informations tr&egrave;s utiles pour aider les familles dans le suivi du r&eacute;gime. Malgr&eacute; une r&eacute;alisation plus facile en pratique gr&acirc;ce &agrave; la disponibilit&eacute; de nombreux produits sans gluten, le r&eacute;gime retentit sur la vie quotidienne, peut &ecirc;tre source de frustration voire de d&eacute;pression, et est encore souvent v&eacute;cu comme &laquo;&nbsp;d&eacute;socialisant&nbsp;&raquo; notamment chez les adolescents. De nombreuses &eacute;tudes chez l&rsquo;adolescent et l&rsquo;adulte montrent qu&rsquo;&agrave; terme le r&eacute;gime est mal suivi par 10 &agrave; 40% des malades, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;importance de consultations syst&eacute;matiques annuelles ou biannuelles avec le m&eacute;decin et la di&eacute;t&eacute;ticienne pour maintenir une bonne observance du r&eacute;gime.&nbsp;</p>
<p>Avec un r&eacute;gime bien conduit, les anticorps disparaissent en un an environ, et doivent rester n&eacute;gatifs. La surveillance d&rsquo;un enfant sous r&eacute;gime sans gluten doit v&eacute;rifier le bon &eacute;tat nutritionnel, la r&eacute;gularit&eacute; de croissance staturo-pond&eacute;rale, le bon d&eacute;roulement de la pubert&eacute;, et la n&eacute;gativit&eacute; des anticorps.</p>
<p>L&rsquo;indication du r&eacute;gime sans gluten est indiscutable dans la maladie symptomatique, typique ou atypique. L&#39;effet du r&eacute;gime sans gluten est le plus souvent spectaculaire en particulier chez le petit enfant&nbsp;: en quelques jours les troubles du comportement disparaissent et l&rsquo;app&eacute;tit revient, puis les selles se normalisent progressivement&nbsp;; la courbe pond&eacute;rale se redresse et l&rsquo;&eacute;tat trophique s&rsquo;am&eacute;liore dans les semaines qui suivent alors que le rattrapage statural est g&eacute;n&eacute;ralement retard&eacute; de 2 &agrave; 3 mois. Le r&eacute;gime supprime les sympt&ocirc;mes et les cons&eacute;quences de la maladie mais ne la gu&eacute;rit pas, la sensibilit&eacute; au gluten, en grande partie g&eacute;n&eacute;tiquement d&eacute;termin&eacute;e, persistant probablement toute la vie. Dans de rares cas, la reprise d&#39;un r&eacute;gime normal &agrave; l&rsquo;adolescence ne donne lieu &agrave; aucune manifestation clinique ou biologique, mais la rechute peut survenir de fa&ccedil;on retard&eacute;e, notamment apr&egrave;s passage &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte. Dans les autres cas, la reprise d&rsquo;une alimentation contenant du gluten est suivie de rechutes biologique et/ou histologique, s&rsquo;accompagnent de d&eacute;min&eacute;ralisation osseuse et exposent &agrave; des pathologies associ&eacute;es. La plupart des &eacute;quipes sont donc favorables au maintien du r&eacute;gime &agrave; vie en raison de son effet pr&eacute;ventif sur la survenue des principales complications, notamment l&rsquo;ost&eacute;oporose, les maladies auto-immunes et les cancers&nbsp; [22, 23].</p>
<p>En cas de maladie silencieuse (anticorps positifs et atrophie villositaire), d&eacute;couverte &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un d&eacute;pistage dans une famille d&rsquo;un coeliaque ou chez un malade &agrave; risque, atteint d&rsquo;une maladie auto-immune partageant le m&ecirc;me terrain g&eacute;n&eacute;tique (diab&egrave;te insulino-d&eacute;pendant, dermatite herp&eacute;tiforme, &hellip;), il convient de rechercher tout signe clinique m&ecirc;me minime (douleurs abdominales, asth&eacute;nie, perte d&rsquo;app&eacute;tit, &eacute;pisodes de diarrh&eacute;e jug&eacute;s banals, ralentissement de la croissance&hellip;), biologique (an&eacute;mie, carence en fer, en folates ou en vitamine D) ou osseux (baisse de la min&eacute;ralisation osseuse mesur&eacute;e par absorption biphotonique) qui signifieraient que la maladie n&rsquo;est pas compl&egrave;tement silencieuse et justifieraient la mise sous r&eacute;gime. En l&rsquo;absence de toute anomalie, le r&eacute;gime peut se discuter car ses effets b&eacute;n&eacute;fiques sur la pathologie associ&eacute;e ou pr&eacute;ventifs sur l&rsquo;apparition d&rsquo;une maladie active, de maladie auto-immune ou de cancer restent incertains [20]. La d&eacute;cision de ne pas instituer alors de r&eacute;gime, notamment en raison du poids psychologique et social, peut &ecirc;tre envisag&eacute;e mais n&eacute;cessite alors une surveillance clinique et biologique r&eacute;guli&egrave;re. La reprise du r&eacute;gime reste n&eacute;anmoins conseill&eacute;e apr&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 25 ans ou en cas de grossesse [24]. En cas de forme latente (anticorps positifs, absence d&rsquo;atrophie villositaire), il est propos&eacute; une simple surveillance clinique et biologique.</p>
<p>Lors du transfert du patient &agrave; un h&eacute;pato-gastroent&eacute;rologue &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte, il doit &ecirc;tre clairement d&eacute;fini si le sujet pr&eacute;sente une intol&eacute;rance persistante justifiant la poursuite prolong&eacute;e ou d&eacute;finitive d&rsquo;un r&eacute;gime sans gluten, ou si en raison d&rsquo;une forme latente ou asymptomatique un r&eacute;gime normal a &eacute;t&eacute; continu&eacute;, ou bien encore si le sujet ne suit pas le r&eacute;gime conseill&eacute; et/ou fait de nombreux &eacute;carts. Il n&rsquo;est pas rare que certains p&eacute;diatres proposent une r&eacute;introduction du gluten &agrave; l&rsquo;adolescence. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de rechute clinique imm&eacute;diate le sujet peut d&eacute;buter sa vie d&rsquo;adulte avec un r&eacute;gime normal, son futur gastroent&eacute;rologue doit en &ecirc;tre inform&eacute;.</p>
<h1>Perspectives th&eacute;rapeutiques [25]</h1>
<p>Une des voies th&eacute;rapeutiques d&#39;avenir serait de traiter les farines par digestion enzymatique des sites toxiques de la gliadine, soit de fa&ccedil;on extemporan&eacute;e soit par ingestion d&#39;enzymes conjointement aux c&eacute;r&eacute;ales. D&#39;autres pistes paraissent plus lointaines et hasardeuses comme l&#39;inactivation de la TG-2, l&#39;apoptose de lymphocytes sp&eacute;cifiques, la vaccinoth&eacute;rapie &hellip; L&rsquo;approche pr&eacute;ventive parait &eacute;galement s&eacute;duisante, reposant sur la promotion de l&rsquo;allaitement maternel, l&rsquo;introduction du gluten entre 4 et 6 mois chez un enfant encore au sein, la vaccination anti-rotavirus, etc&#8230;</p>
<h1>Conclusion</h1>
<p>La maladie coeliaque est une maladie dysimmunitaire syst&eacute;mique, induite par la consommation de gluten chez des sujets g&eacute;n&eacute;tiquement pr&eacute;dispos&eacute;s. Le r&eacute;gime sans gluten strict reste actuellement le seul traitement efficace. Bien conduit, il permet une disparition des sympt&ocirc;mes et pr&eacute;vient l&rsquo;apparition de complications comme l&rsquo;ost&eacute;oporose, certaines maladies auto-immunes ou cancers. Cependant de nombreuses situations peuvent conduire &agrave; ce que l&rsquo;adolescent ou le jeune adulte consomme des quantit&eacute;s importantes et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de gluten ou suive un r&eacute;gime strictement normal. L&rsquo;h&eacute;pato gastroent&eacute;rologue qui va le prendre en charge par la suite doit en &ecirc;tre inform&eacute;, de fa&ccedil;on &agrave; assurer un suivi rapproch&eacute; comprenant, si n&eacute;cessaire, des contr&ocirc;les biologiques r&eacute;p&eacute;t&eacute;s et une biopsie intestinale.</p>
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</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>La maladie c&oelig;liaque est une maladie syst&eacute;mique fr&eacute;quente (0,2 &agrave; 3 %) touchant tous les &acirc;ges de la vie.</li>
<li>La maladie peut &ecirc;tre latente, avec pr&eacute;sence d&rsquo;anticorps mais sans atrophie villositaire intestinale, pendant de nombreuses ann&eacute;es avant de passer &eacute;ventuellement au stade de maladie active, silencieuse (atrophie villositaire et s&eacute;ropositivit&eacute; sans signes clinico-biologiques) ou symptomatique.</li>
<li>La forme classique se manifestant par une diarrh&eacute;e chronique avec d&eacute;nutrition reste relativement rare chez l&rsquo;enfant, &agrave; cot&eacute; des formes frustes ou atypiques, qui sont plus fr&eacute;quentes et souvent m&eacute;connues.</li>
<li>Le r&eacute;gime sans gluten ne doit pas &ecirc;tre d&eacute;but&eacute; sans certitude diagnostique. Il doit &ecirc;tre indiqu&eacute; par un m&eacute;decin sp&eacute;cialis&eacute; en gastroent&eacute;rologie. Le r&eacute;gime sans gluten est indiqu&eacute; devant toute maladie c&oelig;liaque symptomatique, typique ou atypique.</li>
<li>Lors du transfert du patient &agrave; un h&eacute;pato gastroent&eacute;rologue &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte, le r&eacute;gime sans gluten doit &ecirc;tre poursuivi de mani&egrave;re d&eacute;finitive, et s&rsquo;il a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; sa reprise doit &ecirc;tre discut&eacute;e en raison du risque &eacute;lev&eacute; de rechute.</li>
</ol>
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		<title>Traitement par voie basse des lésions villeuses du rectum &#8211; Traitement chirurgical</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Définir une tumeur villeuse rectale et les critères histologiques et topographiques guidant le choix du traitement</h1>
<p>Une tumeur villeuse est une tumeur rectale se présentant  sous l'aspect d'une excroissance couverte de villosités pathologiques.  Elles sont en générale volumineuses et sessiles. Leur surface reproduit les  villosités intestinales leur donnant un aspect frambroisé (figure 1). Elles  sécrètent beaucoup de mucus riche en potassium. Elles saignent facilement car  leur muqueuse est friable. Elles ont la particularité d’avoir un risque élevé  de transformation maligne de l’ordre de 20-40% selon leur taille et de  récidiver dans 10-30% après exérèse (1). Leur transformation maligne et le  degré d’envahissement tumoral sont particulièrement difficiles à évaluer en  pré-opératoire. En effet, malgré un examen clinique minutieux (toucher rectal)  et des biopsies pré-thérapeutiques multiples négatives, un foyer  d’adénocarcinome est présent dans près de 20-25% des cas sur la pièce d’exérèse  (1). Ce risque élevé de transformation maligne conditionne leur prise en charge  et la technique d’exérèse, qu’elle soit endoscopique ou chirurgicale, devra  permettre une exérèse complète de la lésion villeuse en 1 seul fragment avec  des marges de résection saine. En effet, seule une exérèse monobloc permettra  un examen histologique complet de la lésion et de ses marges de résection. </p>
<p>
  Le choix de la  technique d’exérèse d’une tumeur villeuse du rectum va dépendre essentiellement  de critères morphologiques. La sélection d’une tumeur pour une exérèse locale  se fait sur les données du toucher rectal, de l’endoscopie et de  l’échoendoscopie qui est l’examen le plus performant pour l’évaluation  pré-opératoire de l’extension de la tumeur dans la paroi rectale (2). Selon les  recommandations pour la pratique clinique sur la prise en charge des petits  cancers du rectum, une exérèse locale endoscopique ou chirurgicale ne peut-être  envisagée qu’en cas de tumeur villeuse mobile, non ulcérée ou indurée, occupant  moins des 3/4 de la circonférence, de moins de 5 cm et dont l’extension dans la  paroi rectale en echoendoscopie ne dépasse pas la sous muqueuse (uT1N0) (3). Le  choix entre exérèse locale endoscopique et exérèse chirurgicale va dépendre  essentiellement de la taille de la lésion villeuse et de l’expérience de  l’opérateur. Les lésions de petite taille (2-4cm), se soulevant bien après une  injection sous muqueuse, et non développées «&#160;à cheval&#160;» sur une  haustration sont de bon candidats à une exérèse endoscopique par mucosectomie  ou plutôt par dissection sous muqueuse qui rend plus facile la réalisation  d’une exérèse monobloc (4). Dans tous les autres cas, ou à chaque fois que  l’endoscopiste estime qu’une exérèse monobloc parait difficile, une exérèse  locale chirurgicale doit être envisagée. </p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-lesions-villeuses.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/benoist-stephane_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-chirurgie-ou-endoscopie/167/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>D&eacute;finir une tumeur villeuse rectale et les crit&egrave;res histologiques et topographiques guidant le choix du traitement</li>
<li>Quelles sont les indications d&rsquo;un traitement chirurgical par voie basse&nbsp;: type de r&eacute;section et r&eacute;sultats ?</li>
<li>Conna&icirc;tre les complications et les s&eacute;quelles fonctionnelles des traitements chirurgicaux</li>
</ul>
<h1>D&eacute;finir une tumeur villeuse rectale et les crit&egrave;res histologiques et topographiques guidant le choix du traitement</h1>
<p>Une tumeur villeuse est une tumeur rectale se pr&eacute;sentant sous l&#39;aspect d&#39;une excroissance couverte de villosit&eacute;s pathologiques. Elles sont en g&eacute;n&eacute;rale volumineuses et sessiles. Leur surface reproduit les villosit&eacute;s intestinales leur donnant un aspect frambrois&eacute; (figure 1). Elles s&eacute;cr&egrave;tent beaucoup de mucus riche en potassium. Elles saignent facilement car leur muqueuse est friable. Elles ont la particularit&eacute; d&rsquo;avoir un risque &eacute;lev&eacute; de transformation maligne de l&rsquo;ordre de 20-40% selon leur taille et de r&eacute;cidiver dans 10-30% apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se (1). Leur transformation maligne et le degr&eacute; d&rsquo;envahissement tumoral sont particuli&egrave;rement difficiles &agrave; &eacute;valuer en pr&eacute;-op&eacute;ratoire. En effet, malgr&eacute; un examen clinique minutieux (toucher rectal) et des biopsies pr&eacute;-th&eacute;rapeutiques multiples n&eacute;gatives, un foyer d&rsquo;ad&eacute;nocarcinome est pr&eacute;sent dans pr&egrave;s de 20-25% des cas sur la pi&egrave;ce d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se (1). Ce risque &eacute;lev&eacute; de transformation maligne conditionne leur prise en charge et la technique d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se, qu&rsquo;elle soit endoscopique ou chirurgicale, devra permettre une ex&eacute;r&egrave;se compl&egrave;te de la l&eacute;sion villeuse en 1 seul fragment avec des marges de r&eacute;section saine. En effet, seule une ex&eacute;r&egrave;se monobloc permettra un examen histologique complet de la l&eacute;sion et de ses marges de r&eacute;section.</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Figure 1 : Tumeur villeuse typique immédiatement sus anale" height="394" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/benoist-figure-1.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 1 : </strong>Tumeur villeuse typique imm&eacute;diatement sus anale</p>
<p>Le choix de la technique d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se d&rsquo;une tumeur villeuse du rectum va d&eacute;pendre essentiellement de crit&egrave;res morphologiques. La s&eacute;lection d&rsquo;une tumeur pour une ex&eacute;r&egrave;se locale se fait sur les donn&eacute;es du toucher rectal, de l&rsquo;endoscopie et de l&rsquo;&eacute;choendoscopie qui est l&rsquo;examen le plus performant pour l&rsquo;&eacute;valuation pr&eacute;-op&eacute;ratoire de l&rsquo;extension de la tumeur dans la paroi rectale (2). Selon les recommandations pour la pratique clinique sur la prise en charge des petits cancers du rectum, une ex&eacute;r&egrave;se locale endoscopique ou chirurgicale ne peut-&ecirc;tre envisag&eacute;e qu&rsquo;en cas de tumeur villeuse mobile, non ulc&eacute;r&eacute;e ou indur&eacute;e, occupant moins des 3/4 de la circonf&eacute;rence, de moins de 5 cm et dont l&rsquo;extension dans la paroi rectale en echoendoscopie ne d&eacute;passe pas la sous muqueuse (uT1N0) (3). Le choix entre ex&eacute;r&egrave;se locale endoscopique et ex&eacute;r&egrave;se chirurgicale va d&eacute;pendre essentiellement de la taille de la l&eacute;sion villeuse et de l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;op&eacute;rateur. Les l&eacute;sions de petite taille (2-4cm), se soulevant bien apr&egrave;s une injection sous muqueuse, et non d&eacute;velopp&eacute;es &laquo;&nbsp;&agrave; cheval&nbsp;&raquo; sur une haustration sont de bon candidats &agrave; une ex&eacute;r&egrave;se endoscopique par mucosectomie ou plut&ocirc;t par dissection sous muqueuse qui rend plus facile la r&eacute;alisation d&rsquo;une ex&eacute;r&egrave;se monobloc (4). Dans tous les autres cas, ou &agrave; chaque fois que l&rsquo;endoscopiste estime qu&rsquo;une ex&eacute;r&egrave;se monobloc parait difficile, une ex&eacute;r&egrave;se locale chirurgicale doit &ecirc;tre envisag&eacute;e.</p>
<h1>Quelles sont les indications d&rsquo;un traitement chirurgical par voie basse : type de r&eacute;section et r&eacute;sultats</h1>
<p>Lors de la prise en charge chirurgicale d&rsquo;une tumeur villeuse, il ne faut jamais oublier que la proctectomie avec ex&eacute;r&egrave;se du m&eacute;sorectum et anastomose colo-anale ou colo-sus-anale est la technique chirurgicale de r&eacute;f&eacute;rence pour le traitement chirurgical des cancers du rectum. En cas de l&eacute;sion villeuse, des techniques chirurgicales d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale peuvent &ecirc;tre propos&eacute;es comme alternative &agrave; la proctectomie, si certains crit&egrave;res cliniques, biologiques et radiologiques sont respect&eacute;s. Pour envisager une ex&eacute;r&egrave;se locale chirurgicale, la l&eacute;sion doit &ecirc;tre mobile au toucher rectal, &ecirc;tre situ&eacute; dans le rectum sous-p&eacute;riton&eacute;al, ne pas d&eacute;passer 5 cm dans son plus grand axe, occuper au maximum les trois quart de la circonf&eacute;rence, &ecirc;tre bien ou moyennement diff&eacute;renci&eacute;e et &ecirc;tre class&eacute;e uTis ou uT1 en &eacute;choendoscopie conventionnelle ou T1sm1 en &eacute;choendoscopie avec minisonde (3,5). L&rsquo;imagerie par r&eacute;sonnance magn&eacute;tique n&rsquo;a que peu d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, car elle ne peut permet pas de distinguer avec pr&eacute;cision les tumeurs T1 des tumeurs T2. Avec le d&eacute;veloppement de nouvelle technique chirurgicale comme l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale par microchirurgie endoscopique (6), le crit&egrave;re de taille (&lt;5cm) n&rsquo;est plus formel et une ex&eacute;r&egrave;se locale peut &ecirc;tre propos&eacute;e pour des l&eacute;sions ayant un diam&egrave;tre de 7-8 cm si les autres crit&egrave;res sont respect&eacute;s. Dans tous les autres cas, si le malade est en &eacute;tat de supporter une chirurgie par voie abdominale, l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale ne doit m&ecirc;me pas &ecirc;tre tent&eacute;e en raison du risque trop &eacute;lev&eacute; d&rsquo;extension ganglionnaire, qui est de l&rsquo;ordre de 20-25% pour une tumeur Tsm3 ou T2 (7). Quelque soit la technique chirurgicale d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale utilis&eacute;e, il faudra toujours pr&eacute;venir le malade que la prise en charge d&eacute;finitive ne pourra &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e qu&rsquo;apr&egrave;s analyse histologique d&eacute;finitive de la pi&egrave;ce de r&eacute;section locale en r&eacute;union de concertation pluridisciplinaire. En cas de facteurs histo-pronostiques favorables (bien diff&eacute;renci&eacute;, absence d&rsquo;embole vasculaire ou lymphatique, envahissement superficiel sm1 de la sous-muqueuse, marges de r&eacute;section saines d&rsquo;au moins 1 mm), le risque d&rsquo;atteinte ganglionnaire peut &ecirc;tre estim&eacute; comme inf&eacute;rieur &agrave; 5% (7) et une surveillance seule sera possible (3). En effet pour ces cancers superficiels de bon pronostic, les r&eacute;sultats oncologiques obtenus apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se locale sont quasiment &eacute;quivalents &agrave; ceux obtenus apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se radicale avec un taux de r&eacute;cidive &agrave; 5 ans de 3 &agrave; 4% selon les s&eacute;ries (8, 9), et un taux de survie globale &agrave; 3 ans identique &agrave; celui obtenu apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se radicale dans la seule &eacute;tude randomis&eacute;e contr&ocirc;l&eacute;e publi&eacute;e (10). Dans les autres cas il faudra discuter en RCP une proctectomie compl&eacute;mentaire de rattrapage en fonction du terrain sans attendre la survenue d&rsquo;une r&eacute;cidive (3, 11).</p>
<p>D&rsquo;un point de vue technique, il existe deux techniques chirurgicales: l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique et l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale par microchirurgie endoscopique (TEM). Quelle que soit la technique, l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se doit &ecirc;tre monobloc, macroscopiquement compl&egrave;te, passant en zone de muqueuse saine. Apr&egrave;s l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se, elle doit &ecirc;tre adress&eacute;e &agrave; l&rsquo;anatomopathologiste &eacute;pingl&eacute;e et orient&eacute;e sur un support rigide (figure 2).</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Figure 2 : Pièce de résection d’une tumeur villeuse, épinglée et orientée sur un support fixe pour examen anatomopathologique" height="613" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/benoist-figure-2.jpg" width="519" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 2 :</strong> Pi&egrave;ce de r&eacute;section d&rsquo;une tumeur villeuse, &eacute;pingl&eacute;e et orient&eacute;e sur un support fixe pour examen anatomopathologique</p>
<h2>L&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique</h2>
<p>Il s&rsquo;agit de la technique la plus utilis&eacute;e. Pour des raisons d&rsquo;exposition, elle ne s&rsquo;adresse qu&rsquo;aux tumeurs de petite taille (&le; 3cm) situ&eacute;e dans le bas rectum &agrave; moins de 8cm de la marge anale pouvant &ecirc;tre tract&eacute;es et ext&eacute;rioris&eacute;es au travers de l&rsquo;anus. Apr&egrave;s exposition de l&rsquo;anus par des &eacute;carteurs, la r&eacute;section se fait au bistouri &eacute;lectrique ou au ciseau coagulateur en essayant d&rsquo;avoir une marge de r&eacute;section d&rsquo;au moins 1 cm. <strong>Afin de faciliter l&rsquo;exposition, Plusieurs fils tracteurs peuvent &ecirc;tre plac&eacute; autour de la l&eacute;sion r&eacute;alisant la technique du parachute qui est de tr&egrave;s loin la technique d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique la plus utilis&eacute;e.</strong> Beaucoup plus rarement, il peut &eacute;galement &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; un lambeau muqueux rectal sous la l&eacute;sion permettant de tracter celle-ci. L&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se peut &ecirc;tre superficielle mais int&eacute;resse le plus souvent toute l&rsquo;&eacute;paisseur de la paroi rectale jusqu&rsquo;&agrave; la graisse p&eacute;ri-rectale.</p>
<h2>L&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale par microchirurgie endoscopique (TEM)</h2>
<p>Cette technique, d&eacute;crite initialement par Buess et al. en 1984, permet l&rsquo;excision compl&egrave;te par voie transanale des tumeurs du rectum plus hauts situ&eacute;es: jusqu&rsquo;&agrave; 18 cm de la marge &agrave; la face post&eacute;rieure et jusqu&rsquo;&agrave; 12 cm &agrave; la face ant&eacute;rieure. D&rsquo;un point de vue technique, elle s&rsquo;apparente &agrave; une coelioscopie endorectale (6). Elle utilise un rectoscope op&eacute;rateur large, de 4 cm de diam&egrave;tre, permettant le passage simultan&eacute; de plusieurs instruments chirurgicaux et d&rsquo;une cam&eacute;ra elle-m&ecirc;me reli&eacute; &agrave; une t&eacute;l&eacute;vision (figure 3). L&rsquo;ensemble est reli&eacute; &agrave; un insufflateur-exsufflateur de CO2 qui permet la distension continue du rectum (figure 4). Cette distension continue du rectum par l&rsquo;insufflation offre une parfaite exposition du site op&eacute;ratoire et permet une ex&eacute;r&egrave;se monobloc de la tumeur sans fragmentation tumorale (figure 4). La TEM a pour avantage de permettre l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se des tumeurs du moyen et haut rectum inaccessibles par ex&eacute;r&egrave;se conventionnelle transanale. En revanche, elle parait moins adapt&eacute;e pour les tumeurs tr&egrave;s basses descendant dans le canal anal, du fait d&rsquo;un d&eacute;faut d&rsquo;&eacute;tanch&eacute;it&eacute; du syst&egrave;me. Par cette technique, il est &eacute;galement possible de faire des r&eacute;sections dans les diff&eacute;rents plans de la paroi rectale et la distension continue du rectum permet de bien diff&eacute;rentier la sous muqueuse de la musculeuse et de la graisse p&eacute;ri-rectale. Malgr&eacute; tous ces avantages d&eacute;montr&eacute;s, la TEM a un certain nombre d&rsquo;inconv&eacute;nients qui ont probablement limit&eacute; son d&eacute;veloppement. Bien que pouvant s&rsquo;apparenter &agrave; la c&oelig;lioscopie, Il s&rsquo;agit d&rsquo;une technique difficile qui n&eacute;cessite un long apprentissage, la difficult&eacute; &eacute;tant principalement li&eacute;e au confinement du site op&eacute;ratoire. De plus, son &eacute;quipement est complexe, et co&ucirc;teux de l&rsquo;ordre de 20000 euros. Enfin, hormis dans les centres sp&eacute;cialis&eacute;s en chirurgie colorectale, l&rsquo;investissement requis peut para&icirc;tre disproportionn&eacute; par rapport &agrave; la fr&eacute;quence des indications. <strong>Toute une gamme de mat&eacute;riel jetable utilisant des rectoscopes plus court se sont d&eacute;velopp&eacute;e permettant de r&eacute;aliser cette technique avec un co&ucirc;t acceptable. En particulier, de plus en plus d&rsquo;auteurs utilise les mono-trocarts (type SILS par exemple) qui ont &eacute;t&eacute; initialement d&eacute;velopp&eacute;s pour raffiner la technique de coelioscopie abdominale. En effet ces mono-trocarts permettent le passage simultan&eacute; d&rsquo;un optique et de plusieurs instruments et permettent la r&eacute;alisation de coelioscopie endo-rectale. Ces monotrocarts ont l&rsquo;avantage d&rsquo;&ecirc;tre souple et de minimiser ainsi le risque de traumatisme du sphincter anal mais ont l&rsquo;inconv&eacute;nient d&rsquo;&ecirc;tre court et de ne permettre que l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se de l&eacute;sions villeuse situ&eacute; dans le bas rectum oudans la partie basse du moyen rectum.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Figure 3 : Instrumentation de l’éxérèse trans anale par microchirurgie endoscopique. Rectoscope opérateur fenêtré à sa base permettant le passage de plusieurs instruments." height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/benoist-figure-3.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 3 : </strong>Instrumentation de l&rsquo;&eacute;x&eacute;r&egrave;se trans anale par microchirurgie endoscopique. Rectoscope op&eacute;rateur fen&ecirc;tr&eacute; &agrave; sa base permettant le passage de plusieurs instruments.</p>
<p>Quelle que soit la technique r&eacute;alis&eacute;e, en cas de tumeur villeuse, il est recommand&eacute; de r&eacute;aliser une ex&eacute;r&egrave;se int&eacute;ressant toute la paroi du rectum, allant jusqu&rsquo;&agrave; la graisse p&eacute;rirectale (3). N&eacute;anmoins, il semble qu&rsquo;une ex&eacute;r&egrave;se locale int&eacute;ressant toute l&rsquo;&eacute;paisseur de la paroi rectale majore la morbidit&eacute; des proctectomies de rattrapage r&eacute;alis&eacute;es lorsque l&rsquo;examen histologique d&eacute;finitif montre que la tumeur est plus &eacute;volu&eacute;e que pr&eacute;vue (12). C&rsquo;est pourquoi, lorsqu&rsquo;une chirurgie de rattrapage est pr&eacute;vue initialement en cas de tumeur envahissant les couches profondes de la sous-muqueuse, il y a probablement une place pour limiter le plan de l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale jusqu&rsquo;aux premi&egrave;res fibres de la muscculeuse afin de diminuer la morbidit&eacute; de l&rsquo;&eacute;ventuelle chirurgie de rattrapage. Quelle que soit la technique r&eacute;alis&eacute;e, apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se de la l&eacute;sion, la cavit&eacute; de r&eacute;section peut &ecirc;tre laiss&eacute;e ouverte ou sutur&eacute;e et, une &eacute;tude contr&ocirc;l&eacute;e n&rsquo;incluant que 44 malades, montrait que la morbidit&eacute; op&eacute;ratoire n&rsquo;&eacute;tait pas modifi&eacute;e par la suture de la cavit&eacute; de r&eacute;section (13).</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Figure 4 : Vues opératoire au cours d’une TEM. 4A: Distension permanente du rectum permettant de bien visualiser la lésion villeuse. 4B: Début de dissection de la lésion à l’aide de 2 instruments. 4C Résection jusqu’à la graisse péri-rectale. 4D: Cavité de résection après exérèse." height="406" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/benoist-figure-4.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 4 :</strong> Vues op&eacute;ratoire au cours d&rsquo;une TEM. 4A: Distension permanente du rectum permettant de bien visualiser la l&eacute;sion villeuse. 4B: D&eacute;but de dissection de la l&eacute;sion &agrave; l&rsquo;aide de 2 instruments. 4C R&eacute;section jusqu&rsquo;&agrave; la graisse p&eacute;ri-rectale. 4D: Cavit&eacute; de r&eacute;section apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se.</p>
<p>Apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique <strong>par la technique du parachute</strong>, la dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation varie entre 2 et 5 jours en fonction de la taille la tumeur r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e. Bien qu&rsquo;il soit recommand&eacute; qu&rsquo;elles soient de 1cm, les marges de r&eacute;section sont en moyenne de l&rsquo;ordre de 2mm et n&rsquo;exc&egrave;dent que tr&egrave;s rarement 5 mm apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique (14-17). Le taux de r&eacute;section incompl&egrave;te ou R1, d&eacute;finie par une marge envahie, varie de 11 &agrave; 30% pouvant expliquer un taux de r&eacute;cidive in situ variant de 12 &agrave; 20% (14-20).</p>
<p>Apr&egrave;s TEM, la dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation varie de 2 &agrave; 5 jours quelque soit la taille de la tumeur r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e et semble donc comparable &agrave; celle observ&eacute;e apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique (6, 21-26). Apr&egrave;s TEM, les marges de r&eacute;section semble sup&eacute;rieures &agrave; celles observ&eacute;e apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique et sont en moyenne de 6-7 mm, elles sont rarement inf&eacute;rieur &agrave; 5 mm (21-26). Le taux de r&eacute;section incompl&egrave;te ou R1 varie entre 0 et 10% et le taux de r&eacute;cidive in situ est inf&eacute;rieur &agrave; 10% (21-27).</p>
<p>Seul deux &eacute;tudes r&eacute;trospectives ont compar&eacute; les r&eacute;sultats &agrave; long terme de ces deux techniques (28-29). Dans la premi&egrave;re &eacute;tude (28), le taux de r&eacute;section incompl&egrave;te R1 &eacute;tait significativement plus bas apr&egrave;s TEM qu&rsquo;apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique (12 vs 50%; p&lt;0,001) et il en &eacute;tait de m&ecirc;me pour le taux de r&eacute;cidive in situ (6,1% vs 28,6%, p&lt;0,001). La deuxi&egrave;me &eacute;tude avait les m&ecirc;mes conclusions et montrait &eacute;galement un taux de r&eacute;section incompl&egrave;te R1 et un taux de r&eacute;cidive in situ significativement plus bas apr&egrave;s TEM. La diff&eacute;rence &eacute;tait encore plus importante pour les l&eacute;sions de plus de 5 cm (29).</p>
<p>Lorsque les 2 techniques sont possibles les r&eacute;sultats oncologiques semblent meilleurs apr&egrave;s TEM qu&rsquo;apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anal classique probablement parce que la TEM qui offre une parfaite exposition de la lumi&egrave;re rectale permet des r&eacute;sections plus larges.</p>
<h1>Conna&icirc;tre les complications et les s&eacute;quelles fonctionnelles des traitements chirurgicaux</h1>
<p>Quelle que soit la technique utilis&eacute;e, l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale &agrave; une mortalit&eacute; et une morbidit&eacute; op&eacute;ratoire bien moindre que la proctectomie avec ex&eacute;r&egrave;se totale du m&eacute;sorectum, m&ecirc;me si cette derni&egrave;re est r&eacute;alis&eacute;e en coelioscopie (10, 30). C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales raisons, pour la quelle l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale est une alternative attractive &agrave; la proctectomie en cas de tumeur villeuse ou de cancer superficiel Tis ou T1sm1.</p>
<p>Apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique par <strong>la technique du parachute</strong>, la mortalit&eacute; op&eacute;ratoire est inf&eacute;rieure &agrave; 1% et la morbidit&eacute; varie de 10 &agrave; 20% selon les s&eacute;ries (14-20). Les complications les plus fr&eacute;quemment rapport&eacute;s sont les complications urinaires &agrave; type de r&eacute;tention aigu&euml; post-op&eacute;ratoire, les surinfections de la cavit&eacute; de r&eacute;section et les h&eacute;morragies qui sont le plus souvent pr&eacute;coces. Le taux de r&eacute;intervention est faible, inf&eacute;rieur &agrave; 5% et consiste le plus souvent en un geste d&rsquo;h&eacute;mostase en cas d&rsquo;h&eacute;morragie active.</p>
<p>Apr&egrave;s TEM, la mortalit&eacute; est inf&eacute;rieure &agrave; 1% et la morbidit&eacute; varie de 2 &agrave; 20% (21-27) et est comparable &agrave; celle observ&eacute;e apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se transanale classique (28, 29). La faisabilit&eacute; est de l&rsquo;ordre de 95% &agrave; 100% selon les s&eacute;ries et le principal incident per-op&eacute;ratoire est la br&egrave;che p&eacute;riton&eacute;ale en cas d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se de tumeur du haut rectum ou d&rsquo;implantation basse du cul de sac de douglas. Ces br&egrave;ches sont g&eacute;n&eacute;ralement sutur&eacute;es dans le m&ecirc;me temps op&eacute;ratoire soit au travers du rectoscope par voie transanale, soit sous coelioscopie. Les complications les plus fr&eacute;quentes sont les h&eacute;morragies qui surviennent dans 1% &agrave; 9% des cas et les complications urinaires qui surviennent dans 1 &agrave; 7% des cas (21-27%). Les complications h&eacute;morragiques ont la particularit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre souvent retard&eacute;es et de survenir alors que le malade est sorti de l&rsquo;h&ocirc;pital. Elle sont le plus souvent plus graves qu&rsquo;apr&egrave;s ex&eacute;r&egrave;se trans-anale classique car de diagnostic plus retard&eacute; et n&eacute;cessite souvent une h&eacute;mostase chirurgicale. Enfin, du fait d&rsquo;une cavit&eacute; de r&eacute;section assez large, il n&rsquo;est pas rare (10%) d&rsquo;observer un &eacute;pisode de fi&egrave;vre &eacute;lev&eacute;e &agrave; 39&deg;C lors de la reprise du transit malgr&eacute; une antibioth&eacute;rapie p&eacute;ri-op&eacute;ratoire.</p>
<p>Quelle que soit la technique utilis&eacute;e, les s&eacute;quelles &agrave; long terme des ex&eacute;r&egrave;ses locales chirurgicales sont tr&egrave;s rares, inf&eacute;rieures &agrave; 5% et sont nettement moindre qu&rsquo;apr&egrave;s proctectomie. En particulier, elles ont l&rsquo;avantage de ne pas modifier le transit intestinal et en particulier le nombre de selles par 24h. La principale s&eacute;quelle est la survenue d&rsquo;une st&eacute;nose anorectale dont la fr&eacute;quence est inf&eacute;rieure &agrave; 10% (14-27). Ces st&eacute;noses sont de traitement difficile et leur meilleur traitement est pr&eacute;ventif consistant &agrave; ne pas r&eacute;aliser d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale de l&eacute;sion occupant plus des 3/4 de la circonf&eacute;rence. Apr&egrave;s TEM, il est observ&eacute; une incontinence anale dans 3% des cas, probablement du &agrave; un traumatisme du sphincter lors de l&rsquo;introduction du rectoscope op&eacute;rateur. Cette incontinence anale est transitoire et r&eacute;versible dans quasiment tous les cas et le taux d&rsquo;incontinence anale persistante au del&agrave; d&rsquo;un mois est inf&eacute;rieure &agrave; 0,5%. Enfin, apr&egrave;s TEM, en cas d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se large jusqu&rsquo;&agrave; la graisse p&eacute;riton&eacute;ale peut &ecirc;tre observ&eacute;es tr&egrave;s rarement (&lt;1%) des douleurs rectales chroniques en rapport avec un d&eacute;faut de cicatrisation de la cavit&eacute; de r&eacute;section.</p>
<h1>Conclusions</h1>
<p>En cas de tumeur villeuse du rectum, l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se locale chirurgicale est une alternative fiable &agrave; la proctectomie d&rsquo;embl&eacute;e. Elle a des indications propres qu&rsquo;il faut bien conna&icirc;tre et ne pas transgresser afin de ne pas compromettre les r&eacute;sultats oncologiques &agrave; long terme en cas de transformation maligne. La TEM semble &ecirc;tre la technique qui offre les meilleurs r&eacute;sultats en terme de qualit&eacute; d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se et a l&rsquo;avantage de donner acc&egrave;s aux tumeurs du moyen et haut rectum. Dans tous les cas, le traitement d&eacute;finitif ne pourra &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute; qu&rsquo;apr&egrave;s analyse histologique d&eacute;finitive de la pi&egrave;ce de r&eacute;section locale.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
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</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ol>
<li>Les tumeurs villeuses du rectum ont un risque &eacute;lev&eacute; de transformation maligne et ce risque augmente avec leur taille</li>
<li>En cas de tumeur villeuse du rectum une ex&eacute;r&egrave;se locale chirurgicale ne peut &ecirc;tre envisag&eacute;e que pour une tumeur ne d&eacute;passant pas la sous muqueuse (uT1N0) en &eacute;choendoscopie, occupant au maximum les 3/4 de la circonf&eacute;rence</li>
<li>Avant d&rsquo;envisager une ex&eacute;r&egrave;se locale chirurgicale d&rsquo;une tumeur villeuse, il faut toujours pr&eacute;venir le malade que la prise en charge d&eacute;finitive ne pourra &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e qu&rsquo;en RCP en fonction de l&rsquo;examen anatomopathologique de la l&eacute;sion r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e</li>
<li>L&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se trans-anale par microchirurgie endoscopique (TEM) est sup&eacute;rieure aux techniques chirurgicales conventionnelles pour les l&eacute;sions situ&eacute;es &agrave; distance du sphincter anal en termes de taux de r&eacute;section compl&egrave;te.</li>
<li>La morbidit&eacute; des ex&eacute;r&egrave;ses locales chirurgicales est inf&eacute;rieure &agrave; 20% et leurs s&eacute;quelles &agrave; long terme sont inf&eacute;rieures &agrave; 5%.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>La mucoviscidose</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>Avec une incidence de l'ordre d'un cas pour 4000 naissances, la mucoviscidose est la plus fréquente des maladies génétiques dans les populations d'origine européenne ; sa transmission est autosomique récessive. On compte 5000 à 6000 patients en France, dont la moitié sont adultes, et 200 nouveaux patients naissent chaque année. Le gène muté, situé sur le chromosome 7, code pour la synthèse de la protéine CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator), composée de 1480 acides aminés, qui régule le transport des ions sodium et chlore de part et d'autre de la membrane apicale des cellules épithéliales. Près de 2000 mutations ont été décrites depuis la découverte du gène en 1989, dont la plus fréquente porte sur l'élimination d'un acide aminé (phénylalanine) situé en position 508 sur la protéine CFTR : il s'agit de la mutation delta F 508, présente chez 70 à 75% des patients. Le dysfonctionnement du gène CFTR a pour conséquence la déshydratation des sécrétions muqueuses, en particulier au niveau broncho-pulmonaire et digestif.  </p>
<p>L'expression clinique de la maladie est très hétérogène et variable d'un patient à l'autre. Il n'y a pas <em>une</em> mucoviscidose, mais <em>des</em> mucoviscidoses. Cette hétérogénéité de la maladie n'est pas seulement due au nombre très élevé de mutations ; d'autres gènes que le gène CFTR, dits modificateurs, influencent l'expression clinique de la maladie. Les patients ont un poumon sain à la naissance, mais l'atteinte pulmonaire apparaît dès les premiers mois de vie, en raison de l'inflammation et de l'obstruction des bronches qui favorisent les surinfections broncho-pulmonaires, en particulier par <em>Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa </em>(bacille pyocyanique) (1). La colonisation par le pyocyanique atteint environ 50% des patients, et plus de 80% des adultes. Elle représente un tournant essentiel dans l'évolution de la mucoviscidose, avec le risque d'apparition d'une insuffisance respiratoire chronique.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/mucoviscidose.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/turck-dominique_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-de-lenfance-a-lage-adulte/163/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre et traiter les anomalies pancr&eacute;atiques (insuffisance pancr&eacute;atique exocrine, pancr&eacute;atite) au cours de la mucoviscidose&nbsp;;</li>
<li>Conna&icirc;tre et traiter les anomalies h&eacute;pato-biliaires au cours de la mucoviscidose&nbsp;;</li>
<li>Conna&icirc;tre et traiter les anomalies gastro-intestinales (reflux gastro-oesophagien, syndrome d&rsquo;obstruction intestinale distale, mucoc&egrave;le appendiculaire, constipation, prolapsus rectal) au cours de la mucoviscidose&nbsp;;</li>
<li>Conna&icirc;tre et traiter les anomalies nutritionnelles au cours de la mucoviscidose.</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>Avec une incidence de l&#39;ordre d&rsquo;un cas pour 4000 naissances, la mucoviscidose est la plus fr&eacute;quente des maladies g&eacute;n&eacute;tiques dans les populations d&#39;origine europ&eacute;enne&nbsp;; sa transmission est autosomique r&eacute;cessive. On compte 5000 &agrave; 6000 patients en France, dont la moiti&eacute; sont adultes, et 200 nouveaux patients naissent chaque ann&eacute;e. Le g&egrave;ne mut&eacute;, situ&eacute; sur le chromosome 7, code pour la synth&egrave;se de la prot&eacute;ine CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator), compos&eacute;e de 1480 acides amin&eacute;s, qui r&eacute;gule le transport des ions sodium et chlore de part et d&rsquo;autre de la membrane apicale des cellules &eacute;pith&eacute;liales. Pr&egrave;s de 2000 mutations ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites depuis la d&eacute;couverte du g&egrave;ne en 1989, dont la plus fr&eacute;quente porte sur l&rsquo;&eacute;limination d&rsquo;un acide amin&eacute; (ph&eacute;nylalanine) situ&eacute; en position 508 sur la prot&eacute;ine CFTR&nbsp;: il s&rsquo;agit de la mutation delta F 508, pr&eacute;sente chez 70 &agrave; 75% des patients. Le dysfonctionnement du g&egrave;ne CFTR a pour cons&eacute;quence la d&eacute;shydratation des s&eacute;cr&eacute;tions muqueuses, en particulier au niveau broncho-pulmonaire et digestif. &nbsp;</p>
<p>L&rsquo;expression clinique de la maladie est tr&egrave;s h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne et variable d&rsquo;un patient &agrave; l&rsquo;autre. Il n&rsquo;y a pas <em>une</em> mucoviscidose, mais <em>des</em> mucoviscidoses. Cette h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; de la maladie n&rsquo;est pas seulement due au nombre tr&egrave;s &eacute;lev&eacute; de mutations&nbsp;; d&rsquo;autres g&egrave;nes que le g&egrave;ne CFTR, dits modificateurs, influencent l&rsquo;expression clinique de la maladie. Les patients ont un poumon sain &agrave; la naissance, mais l&rsquo;atteinte pulmonaire appara&icirc;t d&egrave;s les premiers mois de vie, en raison de l&#39;inflammation et de l&#39;obstruction des bronches qui favorisent les surinfections broncho-pulmonaires, en particulier par <em>Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa </em>(bacille pyocyanique) (1). La colonisation par le pyocyanique atteint environ 50% des patients, et plus de 80% des adultes. Elle repr&eacute;sente un tournant essentiel dans l&rsquo;&eacute;volution de la mucoviscidose, avec le risque d&rsquo;apparition d&rsquo;une insuffisance respiratoire chronique.</p>
<p>Le pronostic de la mucoviscidose, qui d&eacute;pend avant tout de l&rsquo;atteinte respiratoire, s&rsquo;est consid&eacute;rablement am&eacute;lior&eacute; gr&acirc;ce au diagnostic plus pr&eacute;coce permis par le d&eacute;pistage n&eacute;o-natal (g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; en France en 2002), &agrave; la mise en place d&rsquo;&eacute;quipes multidisciplinaires dans des centres de soins sp&eacute;cialis&eacute;s, &agrave; la cr&eacute;ation de r&eacute;seaux ville-h&ocirc;pital entre centres de soins et intervenants lib&eacute;raux (m&eacute;decins, kin&eacute;sith&eacute;rapeutes, infirmiers), et &agrave; l&rsquo;application de protocoles th&eacute;rapeutiques reposant sur le tryptique drainage bronchique par kin&eacute;sith&eacute;rapie respiratoire r&eacute;guli&egrave;re &#8211; antibioth&eacute;rapie adapt&eacute;e en cas de surinfection broncho-pulmonaire, en particulier &agrave; pyocyanique &#8211; et maintien d&rsquo;un &eacute;tat nutritionnel satisfaisant. La mucoviscidose a longtemps &eacute;t&eacute; une maladie exclusive de l&rsquo;enfant&nbsp;: la m&eacute;diane de survie ne d&eacute;passait pas 2 ans au d&eacute;but des ann&eacute;es 1950 et 5 ans au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960. La quasi-totalit&eacute; des enfants suivis actuellement dans les centres de soins p&eacute;diatriques deviendront des adultes&nbsp;; en 2013, la m&eacute;diane de survie est de l&rsquo;ordre de 37-38 ans en France et l&rsquo;esp&eacute;rance de vie d&rsquo;un nouveau-n&eacute; atteint de mucoviscidose est de l&rsquo;ordre de 45 ans. De nouvelles perspectives th&eacute;rapeutiques sont en cours d&rsquo;&eacute;valuation, notamment <em>via</em> la stimulation de la synth&egrave;se et/ou le transport de la prot&eacute;ine CFTR ou d&rsquo;autres canaux chlore (2).&nbsp;&nbsp; &nbsp;</p>
<p>La prise en charge des patients devenus adultes est donc essentielle. La poursuite de leur suivi au sein des centres de soins pour enfants et adolescents n&rsquo;est &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence pas souhaitable, en raison de l&rsquo;inadaptation des structures hospitali&egrave;res p&eacute;diatriques, du d&eacute;sir l&eacute;gitime des patients d&rsquo;une autonomisation et de l&rsquo;&eacute;mergence progressive de probl&eacute;matiques sp&eacute;cifiques (d&eacute;veloppement de la vie sociale, projet d&rsquo;insertion professionnelle, d&eacute;sir d&rsquo;enfant&#8230;). La fr&eacute;quence des troubles digestifs chez les patients atteints de mucoviscidose et leur retentissement &eacute;ventuel sur l&rsquo;&eacute;tat respiratoire et le pronostic vital justifient qu&rsquo;un gastro-ent&eacute;rologue soit int&eacute;gr&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;quipe m&eacute;dicale des centres de soins d&rsquo;adultes (3).&nbsp; Celui-ci doit s&rsquo;attendre &agrave; ce que le patient ait un niveau de connaissances &eacute;lev&eacute; sur sa maladie, ce qui a pour cons&eacute;quence un niveau d&rsquo;exigence tout aussi &eacute;lev&eacute;, tant sur le plan de la comp&eacute;tence que de l&rsquo;&eacute;coute ou de la disponibilit&eacute; pour les consultations, en particulier si le patient poursuit des &eacute;tudes ou est ins&eacute;r&eacute; dans la vie professionnelle. Une bonne connaissance de la mucoviscidose, de son &eacute;volution et des progr&egrave;s th&eacute;rapeutiques est donc n&eacute;cessaire ; elle ne peut s&rsquo;acqu&eacute;rir qu&rsquo;au prix d&rsquo;un investissement personnel, en temps et en &eacute;nergie (3). &nbsp;&nbsp;</p>
<h1>L&rsquo;insuffisance pancr&eacute;atique exocrine (IPE)</h1>
<p>L&rsquo;IPE est pr&eacute;sente d&egrave;s la naissance chez 70 &agrave; 80% des patients (3). Le dysfonctionnement de la prot&eacute;ine CFTR est responsable de l&#39;hyperviscosit&eacute; des s&eacute;cr&eacute;tions pancr&eacute;atiques, qui obstruent les canaux pancr&eacute;atiques et contribuent &agrave; la destruction secondaire des <em>acini</em> par des ph&eacute;nom&egrave;nes d&rsquo;auto-digestion. Le tissu acineux est progressivement remplac&eacute; par du tissu fibreux, avant que n&rsquo;apparaisse une involution adipeuse. Les &icirc;lots de Langerhans sont quant &agrave; eux longtemps &eacute;pargn&eacute;s. L&#39;insuffisance de s&eacute;cr&eacute;tion en lipase, trypsine et chymotrypsine entra&icirc;ne un syndrome de maldigestion et de malabsorption des graisses et des prot&eacute;ines qui a un effet d&eacute;l&eacute;t&egrave;re sur l&#39;&eacute;tat nutritionnel, et est responsable de carences en vitamines liposolubles A, D, E, K, et en acides gras essentiels. Le d&eacute;ficit de la s&eacute;cr&eacute;tion en amylase pancr&eacute;atique est responsable d&#39;une maldigestion de l&#39;amidon aboutissant &agrave; une fermentation bact&eacute;rienne colique accrue, dont les cons&eacute;quences sont mal connues. La st&eacute;atorrh&eacute;e n&rsquo;est pas la seule cause de pertes caloriques f&eacute;cales. On peut y ajouter les pertes li&eacute;es aux bact&eacute;ries coliques, ainsi qu&rsquo;&agrave; la malabsorption provoqu&eacute;e par les anomalies du mucus intestinal et de la motricit&eacute; digestive. Une &eacute;tude a ainsi montr&eacute; que les pertes &eacute;nerg&eacute;tiques f&eacute;cales chez les patients atteints de mucoviscidose &eacute;taient repr&eacute;sent&eacute;es pour environ 40% par la st&eacute;atorrh&eacute;e et pour environ 30% par la masse bact&eacute;rienne f&eacute;cale. M&ecirc;me en l&rsquo;absence de st&eacute;atorrh&eacute;e pathologique, les pertes &eacute;nerg&eacute;tiques f&eacute;cales &eacute;taient estim&eacute;es &agrave; environ 2 kcal par gramme de selles (4). &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<p>Il existe une corr&eacute;lation g&eacute;notype-ph&eacute;notype en ce qui concerne l&rsquo;IPE : 97 &agrave; 98% des patients homozygotes pour la mutation delta F 508 (soit environ la moiti&eacute; des patients) en sont porteurs contre 72% des patients h&eacute;t&eacute;rozygotes composites pour la mutation delta F 508 et seulement 36% des patients qui ne poss&egrave;dent pas cette mutation. L&rsquo;absence d&rsquo;IPE est un facteur de bon pronostic : meilleur &eacute;tat nutritionnel, moindre fr&eacute;quence de l&rsquo;infection chronique &agrave; pyocyanique et moindre d&eacute;gradation de la fonction respiratoire.</p>
<p>L&rsquo;IPE ne s&rsquo;exprime cliniquement que lorsque plus de 90% du pancr&eacute;as sont d&eacute;truits. L&#39;IPE non ou insuffisamment trait&eacute;e peut se manifester par une diarrh&eacute;e graisseuse, des douleurs abdominales, un ballonnement voire un prolapsus rectal&nbsp;; elle peut contribuer &agrave; l&rsquo;apparition d&rsquo;une d&eacute;nutrition, d&eacute;l&eacute;t&egrave;re sur le plan respiratoire. L&rsquo;IPE peut survenir secondairement chez des patients initialement &laquo;&nbsp;suffisants&nbsp;&raquo; pancr&eacute;atiques, d&rsquo;o&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une surveillance r&eacute;guli&egrave;re de la fonction pancr&eacute;atique.</p>
<p>L&#39;&eacute;valuation pr&eacute;cise de la s&eacute;cr&eacute;tion enzymatique du pancr&eacute;as n&eacute;cessite la r&eacute;alisation d&rsquo;un tubage duod&eacute;nal. Ce test invasif n&rsquo;est jamais utilis&eacute; en pratique clinique ; il est r&eacute;serv&eacute; &agrave; la r&eacute;alisation de tests pharmacologiques &eacute;valuant la biodisponibilit&eacute; des enzymes pancr&eacute;atiques d&rsquo;origine animale destin&eacute;s &agrave; traiter l&rsquo;IPE (&laquo;&nbsp;extraits pancr&eacute;atiques&nbsp;&raquo; &#8211; EP). L&rsquo;&eacute;tude de la st&eacute;atorrh&eacute;e consiste en la mesure de la quantit&eacute; de graisses f&eacute;cales (en grammes par 24 heures) au cours d&rsquo;un recueil de selles r&eacute;alis&eacute; pendant au moins 3 jours cons&eacute;cutifs (3). Id&eacute;alement, on mesure le coefficient d&#39;absorption des graisses (CA) [(graisses ing&eacute;r&eacute;es-graisses excr&eacute;t&eacute;es)/graisses ing&eacute;r&eacute;es) x 100)]. La st&eacute;atorrh&eacute;e est consid&eacute;r&eacute;e comme anormalement &eacute;lev&eacute;e lorsque le CA est inf&eacute;rieur &agrave; 90-93% chez l&rsquo;enfant de plus d&rsquo;un an. S&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de calculer les <em>ingesta </em>pendant 3 jours cons&eacute;cutifs, on se contente de la seule mesure de la st&eacute;atorrh&eacute;e, pathologique au del&agrave; de 4-5 grammes/jour. M&ecirc;me en cas d&rsquo;IPE s&eacute;v&egrave;re, la sensibilit&eacute; de la mesure de la st&eacute;atorrh&eacute;e ne d&eacute;passe pas 70 % et sa sp&eacute;cificit&eacute; est de l&#39;ordre de 60 &agrave; 75 %. En d&eacute;pit de ses limites et de ses inconv&eacute;nients, en particulier la n&eacute;cessit&eacute; du recueil des selles pendant 3 jours cons&eacute;cutifs qui contribue &agrave; sa mauvaise acceptation par les patients, la mesure de la st&eacute;atorrh&eacute;e reste la principale m&eacute;thode permettant d&rsquo;&eacute;valuer objectivement l&#39;efficacit&eacute; de la suppl&eacute;mentation en EP. Le dosage de l&#39;&eacute;lastase f&eacute;cale, non d&eacute;grad&eacute;e au cours du transit intestinal,&nbsp; est consid&eacute;r&eacute; comme un bon reflet de la s&eacute;cr&eacute;tion pancr&eacute;atique exocrine. L&rsquo;avantage principal de ce dosage est qu&rsquo;il est r&eacute;alisable sur un seul &eacute;chantillon de selles. Les valeurs normales se situent au dessus de 200 &micro;g/gramme de selles : la sensibilit&eacute; est de l&rsquo;ordre de 98 % pour les IPE s&eacute;v&egrave;res et de 70 % pour les IPE mod&eacute;r&eacute;es. Ce dosage n&#39;est pas influenc&eacute; par la prise d&#39;EP.</p>
<p>Le<strong> </strong>traitement de l&rsquo;IPE repose sur l&rsquo;utilisation par voie orale des EP. Les premiers EP provenaient de pancr&eacute;as d&rsquo;origine porcine qui poss&eacute;daient de faibles activit&eacute;s enzymatiques et &eacute;taient inactiv&eacute;s par l&#39;hyperacidit&eacute; gastrique et la diminution de la s&eacute;cr&eacute;tion bicarbonat&eacute;e observ&eacute;es au cours de la mucoviscidose. La mise sur le march&eacute; d&rsquo;EP prot&eacute;g&eacute;s de l&rsquo;inactivation par l&rsquo;acidit&eacute; gastrique gr&acirc;ce &agrave; un enrobage gastro-r&eacute;sistant dont le d&eacute;litement s&#39;effectue &agrave; des pH sup&eacute;rieurs &agrave; 5,5 ou 6, a repr&eacute;sent&eacute; un progr&egrave;s d&eacute;cisif dans la prise en charge digestive et nutritionnelle de la mucoviscidose. Les EP se pr&eacute;sentent sous forme de g&eacute;lules contenant pr&egrave;s d&rsquo;une centaine de microsph&egrave;res ; elles sont donn&eacute;es au d&eacute;but du repas ou de la collation (5). Leur taille varie de 1,2 &agrave; 2 mm, et ce petit diam&egrave;tre permet un passage transpylorique synchrone au repas. C&rsquo;est l&rsquo;efficacit&eacute; de ces EP gastro-prot&eacute;g&eacute;s qui a permis d&rsquo;augmenter l&rsquo;apport en graisses et donc de mieux couvrir les besoins &eacute;nerg&eacute;tiques augment&eacute;s des patients. Le but de la suppl&eacute;mentation en EP est d&#39;obtenir une absorption intestinale des graisses et des prot&eacute;ines la plus proche possible de la normale, en surveillant dans l&rsquo;id&eacute;al le CA des graisses, &agrave; d&eacute;faut la st&eacute;atorrh&eacute;e. En pratique clinique, on se contente le plus souvent de v&eacute;rifier la bonne r&eacute;ponse du patient aux EP : absence de douleurs abdominales et/ou de diarrh&eacute;e graisseuse, et maintien d&rsquo;un bon &eacute;tat nutritionnel.</p>
<p>Les recommandations en EP sont habituellement exprim&eacute;es par rapport au poids : la dose initiale d&rsquo;EP devrait &ecirc;tre de l&rsquo;ordre de 1000 unit&eacute;s lipase/kg/repas avant l&rsquo;&acirc;ge de 4 ans et de 500 unit&eacute;s lipase/kg/repas apr&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 4 ans (5). La dose est divis&eacute;e par 2 pour les collations ; la dose quotidienne totale est estim&eacute;e pour 3 repas et 2 ou 3 collations par jour. Lorsque les sympt&ocirc;mes de malabsorption (diarrh&eacute;e graisseuse, douleurs abdominales) persistent, il faut d&rsquo;abord rechercher des facteurs de mauvaise efficacit&eacute; des EP : 1) utilisation d&rsquo;EP soumis &agrave; une chaleur excessive ; 2) prise des EP en dehors et non pas en d&eacute;but des repas&nbsp;; 3) consommation excessive de jus de fruits ; 4) absence de prise d&rsquo;EP lors de la consommation de lait et/ou la prise d&rsquo;une collation ; 5) mauvaise observance du patient (refus de la maladie, souhait de rester mince). L&rsquo;augmentation des doses d&rsquo;EP n&rsquo;est d&eacute;cid&eacute;e qu&rsquo;apr&egrave;s avis m&eacute;dical et non pas &agrave; la seule initiative du patient et/ou de sa famille ; l&rsquo;autom&eacute;dication est en effet un facteur de risque d&rsquo;augmentation inconsid&eacute;r&eacute;e des doses d&rsquo;EP. Au-del&agrave; d&rsquo;une dose d&rsquo;EP de 2.500 unit&eacute;s lipase/kg/repas, une maladie associ&eacute;e &agrave; la mucoviscidose doit &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;e : maladie coeliaque, intol&eacute;rance au lactose, pullulation microbienne intestinale, infection bact&eacute;rienne ou parasitaire, maladie de Crohn. En l&rsquo;absence d&rsquo;une telle maladie associ&eacute;e et sous r&eacute;serve de l&rsquo;&eacute;chec des adjuvants des EP (<em>cf. infra</em>), l&rsquo;augmentation des doses d&rsquo;EP au-del&agrave; de 2.500 unit&eacute;s lipase/kg/repas n&rsquo;est justifi&eacute;e que si son efficacit&eacute; est document&eacute;e, id&eacute;alement par l&rsquo;am&eacute;lioration du CA des graisses ou &agrave; d&eacute;faut de la st&eacute;atorrh&eacute;e, au minimum par la disparition des sympt&ocirc;mes digestifs et/ou l&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;tat nutritionnel. Il est recommand&eacute; de ne pas d&eacute;passer la dose de 10.000 unit&eacute;s lipase/kg/jour, avec un maximum de 250.000 unit&eacute;s lipase/jour. La consommation de doses tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es d&#39;EP, pouvant d&eacute;passer 20.000 unit&eacute;s lipase/kg/jour, a en effet &eacute;t&eacute; associ&eacute;e dans les ann&eacute;es 1990-1995 &agrave; l&#39;apparition de cas de st&eacute;nose colique, dont aucune observation n&rsquo;a cependant &eacute;t&eacute; rapport&eacute;e en France. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un tableau non sp&eacute;cifique d&#39;obstruction intestinale distale r&eacute;sistant au traitement m&eacute;dical, parfois associ&eacute;e &agrave; une diarrh&eacute;e sanglante (6). L&#39;intervention chirurgicale pouvait trouver une st&eacute;nose du c&ocirc;lon ascendant n&eacute;cessitant une h&eacute;micolectomie droite ; l&#39;examen anatomo-pathologique mettait en &eacute;vidence une fibrose sous-muqueuse importante, responsable d&#39;une st&eacute;nose intra-luminale du c&ocirc;lon. La physiopathologie de ces l&eacute;sions coliques n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;e&nbsp;; les l&eacute;sions observ&eacute;es pourraient &ecirc;tre dues &agrave; un ou plusieurs des constituants des EP.</p>
<p>Lorsque la st&eacute;atorrh&eacute;e est insuffisamment contr&ocirc;l&eacute;e malgr&eacute; une prise et une posologie apparemment ad&eacute;quates d&#39;EP, la prescription concomitante d&rsquo;un adjuvant th&eacute;rapeutique, destin&eacute; &agrave; r&eacute;duire l&rsquo;hypers&eacute;cr&eacute;tion gastrique acide qui peut g&ecirc;ner l&rsquo;activit&eacute; des EP, devient justifi&eacute;e. Le bicarbonate de sodium a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute; en raison de son go&ucirc;t m&eacute;diocre &agrave; doses &eacute;lev&eacute;es, de m&ecirc;me que les antis&eacute;cr&eacute;toires de type antagoniste des r&eacute;cepteurs H2 &agrave; l&rsquo;histamine et la taurine, dont l&rsquo;efficacit&eacute; n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute;e. L&#39;adjonction aux EP d&#39;om&eacute;prazole &agrave; la dose de 20 &agrave; 40 mg/jour chez l&#39;adulte en une prise quotidienne, permet une diminution de l&#39;ordre de 20% de la st&eacute;atorrh&eacute;e par rapport aux EP seuls. Une revue r&eacute;cente de la litt&eacute;rature a n&eacute;anmoins conclu en la n&eacute;cessit&eacute; de nouvelles &eacute;tudes avant de confirmer l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des inhibiteurs de la pompe &agrave; protons dans cette indication (7). &nbsp;</p>
<h1>L&rsquo;atteinte h&eacute;pato-biliaire</h1>
<p>L&#39;anomalie d&rsquo;expression de la prot&eacute;ine CFTR dans les cellules &eacute;pith&eacute;liales biliaires peut provoquer une augmentation de la viscosit&eacute; de la bile et une obstruction des canalicules biliaires (8). Ces l&eacute;sions, initialement en foyers (cirrhose biliaire focale), progressent pour aboutir &agrave; une cirrhose biliaire multilobulaire. L&#39;incidence de l&rsquo;atteinte h&eacute;patique varie selon que l&#39;on consid&egrave;re la d&eacute;couverte d&rsquo;anomalies histologiques &agrave; l&#39;autopsie de patients d&eacute;c&eacute;d&eacute;s d&#39;autres complications (20-70%) ou la pr&eacute;sence d&rsquo;une cirrhose biliaire compliqu&eacute;e ou non d&rsquo;hypertension portale (HTP) (2-10%). La cirrhose rend compte de moins de 2% des d&eacute;c&egrave;s. Les complications v&eacute;siculaires sont fr&eacute;quentes : microv&eacute;sicule chez un quart des patients, le plus souvent asymptomatique, ou lithiase radio-transparente chez un adulte sur 2.</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas de corr&eacute;lation g&eacute;notype-ph&eacute;notype d&eacute;montr&eacute;e. Un ict&egrave;re cholestatique transitoire peut r&eacute;v&eacute;ler la mucoviscidose chez le nouveau-n&eacute;. Apr&egrave;s la p&eacute;riode n&eacute;onatale, la d&eacute;couverte d&rsquo;une augmentation mod&eacute;r&eacute;e, totalement isol&eacute;e et le plus souvent spontan&eacute;ment r&eacute;solutive des transaminases et/ou de la gamma GT, est fr&eacute;quente (10-35% des patients). Il n&#39;y a aucune corr&eacute;lation entre l&rsquo;intensit&eacute; des anomalies biologiques et la gravit&eacute; des l&eacute;sions anatomiques. La d&eacute;couverte d&rsquo;une h&eacute;patom&eacute;galie de consistance normale ou molle correspond le plus souvent &agrave; une st&eacute;atose. L&rsquo;h&eacute;patom&eacute;galie peut aussi &ecirc;tre due &agrave; une cirrhose biliaire focale voire &agrave; une cirrhose biliaire multilobulaire. Elle est dure, irr&eacute;guli&egrave;re, et pr&eacute;domine sur le lobe gauche ; l&#39;&eacute;chographie confirme la cirrhose en montrant une irr&eacute;gularit&eacute; des contours du foie, la pr&eacute;sence de nodules et/ou de signes d&rsquo;HTP. Le diagnostic de cirrhose est le plus souvent confirm&eacute; avant l&rsquo;&acirc;ge de 10 ans (8). La cirrhose expose &agrave; 2 complications principales : HTP, et en particulier h&eacute;morragie digestive qui peut mettre en jeu le pronostic vital, et insuffisance h&eacute;patique, de survenue plus tardive.</p>
<p>Un bilan h&eacute;patique et une &eacute;chographie abdominale doivent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;s chaque ann&eacute;e. Une IRM peut &ecirc;tre indiqu&eacute;e en cas de doute sur la nature des l&eacute;sions h&eacute;patiques ou en cas d&rsquo;anomalies biliaires. Le diagnostic d&rsquo;h&eacute;patopathie &agrave; un stade pr&eacute;coce est difficile au cours de la mucoviscidose en raison de l&rsquo;absence d&rsquo;outils diagnostiques non invasifs sensibles et sp&eacute;cifiques. On retient habituellement la pr&eacute;sence de 2 des 3 crit&egrave;res suivants (8) : 1) h&eacute;patom&eacute;galie et/ou spl&eacute;nom&eacute;galie&nbsp;; 2) augmentation des transaminases et/ou des gamma-GT lors de 3 contr&ocirc;les successifs sur une p&eacute;riode d&rsquo;un an, apr&egrave;s exclusion des autres causes d&rsquo;atteinte h&eacute;patique&nbsp;; 3) anomalies de l&rsquo;&eacute;chostructure du foie et/ou existence de signes d&rsquo;HTP &agrave; l&rsquo;&eacute;chographie. La biopsie h&eacute;patique n&rsquo;est pas indiqu&eacute;e, car elle risque de sous-estimer les l&eacute;sions de cirrhose lorsque celle-ci est au stade focal. Plusieurs &eacute;tudes r&eacute;alis&eacute;es chez des patients atteints de mucoviscidose ont montr&eacute; une bonne corr&eacute;lation entre les valeurs de l&rsquo;&eacute;lastom&eacute;trie impulsionnelle (Fibroscan) et les scores histologiques de fibrose. Cet examen pourrait permettre un diagnostic pr&eacute;coce de l&rsquo;h&eacute;patopathie de la mucoviscidose avant l&rsquo;apparition d&rsquo;anomalies clinique et/ou biologiques (9).</p>
<p>En cas de cirrhose et/ou de signes cliniques ou &eacute;chographiques d&rsquo;HTP,&nbsp;il faut r&eacute;aliser une fibroscopie &oelig;so-gastrique &agrave; la recherche de varices &oelig;sophagiennes et/ou gastriques, renouvel&eacute;e tous les 2-3 ans en l&rsquo;absence de varices&nbsp;; elle doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e plus rapidement en cas de suspicion de saignement digestif (an&eacute;mie, microcytose, d&eacute;ficit en fer). En pr&eacute;sence de varices, il est prudent de r&eacute;p&eacute;ter la fibroscopie au moins une fois par an. Le syndrome h&eacute;pato-pulmonaire, li&eacute; &agrave; une dilatation capillaire intra-pulmonaire responsable d&rsquo;un shunt fonctionnel droite-gauche et d&rsquo;une hypox&eacute;mie, &eacute;voqu&eacute; devant une baisse de la saturation en oxyg&egrave;ne de plus de 5% lors du passage de la position couch&eacute;e &agrave; la position debout, doit &ecirc;tre recherch&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement en cas de cirrhose, par &eacute;chographie de double contraste (&eacute;preuve aux microbulles) ou scintigraphie pulmonaire aux macro-agr&eacute;gats d&rsquo;albumine marqu&eacute;e.&nbsp;Le diagnostic d&rsquo;une hypertension art&eacute;rielle pulmonaire (syndrome porto-pulmonaire) repose sur l&rsquo;&eacute;chographie cardiaque.</p>
<p>L&rsquo;acide ursod&eacute;soxycholique (AUDC) ne repr&eacute;sente que 1-2 % des acides biliaires totaux. A forte dose, il a au cours des cholestases un effet de cytoprotection et un effet chol&eacute;r&eacute;tique (10). Il est justifi&eacute; de d&eacute;buter un traitement par AUDC &agrave; la dose de 20-25 mg/kg/jour en 2 ou 3 prises quotidiennes <em>per os </em>d&egrave;s le diagnostic d&rsquo;atteinte h&eacute;patique telle que d&eacute;finie plus haut. L&rsquo;am&eacute;lioration, voire la normalisation biologique, survient le plus souvent en quelques semaines &agrave; quelques mois, mais avec un retour aux valeurs anormales &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t du traitement (10). L&rsquo;effet de l&rsquo;AUDC sur la fibrose h&eacute;patique est tr&egrave;s controvers&eacute;. L&rsquo;AUDC n&rsquo;a aucun effet sur les complications biliaires. La vaccination contre l&rsquo;h&eacute;patite A et l&rsquo;h&eacute;patite B est conseill&eacute;e. L&rsquo;utilisation d&rsquo;acide ac&eacute;tyl-salicylique et d&rsquo;anti-inflammatoires non st&eacute;ro&iuml;diens est formellement contre-indiqu&eacute;e, m&ecirc;me en l&rsquo;absence d&rsquo;HTP.</p>
<p>Les varices oesophagiennes (VO) de grade 2 et 3 avec signes de la ligne rouge doivent &ecirc;tre trait&eacute;es, id&eacute;alement avant tout &eacute;pisode h&eacute;morragique, en 1&egrave;re intention par ligature &eacute;lastique. L&rsquo;efficacit&eacute; des b-bloquants n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e au cours de la mucoviscidose&nbsp;; l&rsquo;atteinte respiratoire les contre-indique en raison de leur effet broncho-constricteur. La d&eacute;rivation porto-syst&eacute;mique transh&eacute;patique (TIPS), qui expose en th&eacute;orie &agrave; un risque moindre d&#39;enc&eacute;phalopathie porto-cave que la d&eacute;rivation chirurgicale, a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e avec des r&eacute;sultats satisfaisants.&nbsp; En cas d&rsquo;&eacute;chec du traitement de l&rsquo;HTP, la d&eacute;rivation porto-syst&eacute;mique chirurgicale n&rsquo;est propos&eacute;e qu&rsquo;aux patients sans insuffisance h&eacute;patique ni atteinte pulmonaire s&eacute;v&egrave;re (8).</p>
<p>La d&eacute;cision de transplantation h&eacute;patique est difficile au cours de la mucoviscidose, et d&eacute;pend de la fonction respiratoire, de l&rsquo;&eacute;tat nutritionnel et du contexte psycho-social du patient. Si l&#39;atteinte h&eacute;patique menace le pronostic vital (albumin&eacute;mie &lt; 30 g/L&nbsp;; troubles de l&rsquo;h&eacute;mostase s&eacute;v&egrave;res non corrig&eacute;s par la vitamine K&nbsp;; complications de l&rsquo;HTP&nbsp;: ascite, h&eacute;morragie digestive non contr&ocirc;l&eacute;e par la ligature des VO, syndrome h&eacute;pato-pulmonaire&nbsp;; hypertension art&eacute;rielle pulmonaire), on propose une transplantation h&eacute;patique, isol&eacute;e en cas d&rsquo;atteinte pulmonaire mod&eacute;r&eacute;e et associ&eacute;e &agrave; une transplantation pulmonaire en cas d&#39;insuffisance respiratoire s&eacute;v&egrave;re. Ces indications sont difficiles et rel&egrave;vent d&rsquo;&eacute;quipes tr&egrave;s sp&eacute;cialis&eacute;es (8). &nbsp;</p>
<h1>Les manifestations gastro-intestinales</h1>
<h2>Reflux gastro-oesophagien (RGO)</h2>
<p>Le RGO est plus fr&eacute;quemment observ&eacute; chez les patients atteints de mucoviscidose que dans la population g&eacute;n&eacute;rale (11). Comme au cours de toute pathologie respiratoire, il est favoris&eacute; par la distension thoracique, la toux et la kin&eacute;sith&eacute;rapie. Des anomalies intrins&egrave;ques de la motricit&eacute; oeso-gastrique ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; d&eacute;crites, avec une fr&eacute;quence &eacute;lev&eacute;e d&rsquo;&eacute;pisodes de relaxation inappropri&eacute;e du sphincter inf&eacute;rieur de l&rsquo;&oelig;sophage et un ralentissement du p&eacute;ristaltisme oesophagien et de la vidange gastrique (11). Le RGO peut contribuer &agrave; la diminution des <em>ingesta</em> et &agrave; la d&eacute;gradation de l&rsquo;&eacute;tat nutritionnel, et aggraver la fonction respiratoire. Sa recherche doit &ecirc;tre syst&eacute;matique lorsque l&rsquo;&eacute;tat respiratoire se d&eacute;grade de fa&ccedil;on inexpliqu&eacute;e. Le RGO peut &eacute;galement jouer un r&ocirc;le dans l&rsquo;apparition d&rsquo;une bronchiolite oblit&eacute;rante et d&rsquo;un rejet de greffe apr&egrave;s transplantation pulmonaire. Le traitement chirurgical est parfois n&eacute;cessaire et peut am&eacute;liorer l&rsquo;&eacute;tat respiratoire du patient.&nbsp; &nbsp;</p>
<h2>Syndrome d&#39;obstruction intestinale distale (SOID)</h2>
<p>Le SOID est une pathologie r&eacute;currente sp&eacute;cifique &agrave; la mucoviscidose (12). Il est d&ucirc; &agrave; une obstruction plus ou moins compl&egrave;te de l&#39;intestin gr&ecirc;le, d&eacute;butant g&eacute;n&eacute;ralement dans la r&eacute;gion il&eacute;o-caecale&nbsp;; le tube digestif est &eacute;paissi, oed&eacute;mati&eacute; et rempli d&rsquo;un mat&eacute;riel compact. Le SOID est &eacute;voqu&eacute; devant des douleurs abdominales &agrave; type de crampes, souvent localis&eacute;es en fosse iliaque droite (FID) o&ugrave; la palpation peut retrouver une masse sensible, associ&eacute;es &agrave; une anorexie, un ralentissement du transit et/ou des vomissements, et une distension abdominale. La pr&eacute;valence du SOID est mal connue, &eacute;valu&eacute;e &agrave; 10-20% quels que soient l&rsquo;&acirc;ge et le sexe. Aucun facteur d&eacute;clenchant n&rsquo;a pu &ecirc;tre identifi&eacute; avec certitude, mais on trouve souvent la notion d&rsquo;un d&eacute;ficit d&rsquo;apport hydrique ou d&rsquo;une suppl&eacute;mentation inappropri&eacute;e en EP. La radiographie d&rsquo;ASP peut montrer des selles granit&eacute;es en FID avec quelques niveaux hydro-a&eacute;riques. Il faut &eacute;liminer une appendicite, une mucoc&egrave;le appendiculaire ou une occlusion compl&egrave;te. Le traitement du SOID est avant tout empirique en l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es et randomis&eacute;es. On d&eacute;bute habituellement&nbsp; avec une r&eacute;hydratation si n&eacute;cessaire, associ&eacute;e &agrave; des laxatifs osmotiques <em>per os </em>contenant dupoly&eacute;thyl&egrave;ne glycol (PEG), type Klean-Prep&reg;, Golytely&reg; ou Movicol&reg;. Si n&eacute;cessaire, on prescrit une solution de PEG iso-osmotique par voie orale &agrave; la posologie de 20-40 mL/kg/h avec un maximum de 1L/h sur 8 heures ; la vidange est alors obtenue en 2 &agrave; 6 heures. La r&eacute;solution compl&egrave;te des sympt&ocirc;mes doit &ecirc;tre obtenue et la radiographie d&rsquo;ASP peut &ecirc;tre utilis&eacute;e pour montrer la disparition du SOID. L&rsquo;utilisation en 2&egrave;me intention de lavements &agrave; la gastrographine est parfois propos&eacute;e. Les formes compliqu&eacute;es d&#39;occlusion, heureusement rares, n&eacute;cessitent une intervention chirurgicale (l&#39;utilisation de PEG est alors formellement contre-indiqu&eacute;e). La pr&eacute;vention repose sur le maintien d&rsquo;un bon &eacute;tat d&rsquo;hydratation et l&#39;optimisation du traitement de l&#39;IPE.</p>
<h2>Mucoc&egrave;le appendiculaire</h2>
<p>Suspect&eacute;e devant des douleurs abdominales r&eacute;currentes et une masse en FID, en l&rsquo;absence de signes inflammatoires cliniques ou biologiques, la mucoc&egrave;le appendiculaire est d&eacute;tect&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chographie abdominale qui montre un appendice distendu par un mucus &eacute;paissi, et confirm&eacute;e par l&rsquo;intervention chirurgicale (3). L&rsquo;appendicectomie doit &ecirc;tre associ&eacute;e &agrave; l&rsquo;ablation d&rsquo;une collerette caecale pour &eacute;viter les r&eacute;cidives. La d&eacute;couverte fortuite d&rsquo;une mucoc&egrave;le appendiculaire &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une &eacute;chographie abdominale r&eacute;alis&eacute;e chez un patient totalement asymptomatique ne justifie pas d&rsquo;intervention chirurgicale syst&eacute;matique.</p>
<h2>Constipation</h2>
<p>La constipation est fr&eacute;quente. Il faut la distinguer du SOID et &eacute;liminer les autres causes de constipation non sp&eacute;cifiques &agrave; la mucoviscidose. Le transit intestinal doit &ecirc;tre &eacute;valu&eacute; &agrave; chaque consultation, compl&eacute;t&eacute; par la palpation abdominale. La constipation ne doit en aucun cas &ecirc;tre trait&eacute;e ou pr&eacute;venue par une r&eacute;duction de posologie des EP. Il est utile d&#39;enrichir le r&eacute;gime en fibres et d&#39;augmenter l&#39;apport hydrique. Le traitement de la constipation est identique &agrave; celui des patients indemnes de mucoviscidose (3).</p>
<h2>Prolapsus rectal</h2>
<p>La constipation, la diarrh&eacute;e, les efforts de toux et la malnutrition sont des facteurs favorisants. Un r&eacute;gime appauvri en graisses ne permet pas toujours de le pr&eacute;venir. Une optimisation de la posologie des EP peut contribuer &agrave; une am&eacute;lioration (3). Une indication chirurgicale peut se discuter de fa&ccedil;on tout &agrave; fait exceptionnelle lors de douleurs invalidantes &agrave; la d&eacute;f&eacute;cation ou d&rsquo;&eacute;pisodes d&#39;incontinence associ&eacute;e aux &eacute;pisodes de prolapsus.</p>
<h2>Pathologies digestives associ&eacute;es</h2>
<p>La maladie coeliaque et la maladie de Crohn ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites avec une pr&eacute;valence accrue au cours de la mucoviscidose (3). Ces deux diagnostics doivent &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;s en cas de troubles digestifs non expliqu&eacute;s par un mauvais contr&ocirc;le th&eacute;rapeutique de l&rsquo;IPE. Les colites &agrave; <em>Clostridium difficile</em>, plus fr&eacute;quemment observ&eacute;es chez les patients adolescents et adultes, sont favoris&eacute;es par les traitements antibiotiques it&eacute;ratifs, surtout en cas de colonisation &agrave; pyocyanique, et par le traitement immunosuppresseur apr&egrave;s transplantation pulmonaire. Les patients sans IPE peuvent pr&eacute;senter des &eacute;pisodes r&eacute;currents de pancr&eacute;atite, &agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;une destruction progressive du pancr&eacute;as et de l&rsquo;apparition secondaire d&rsquo;une IPE.&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h1>D&eacute;nutrition</h1>
<h2>Physiopathologie de la d&eacute;nutrition&nbsp;</h2>
<p>La d&eacute;nutrition est fr&eacute;quente au cours de la mucoviscidose, d&rsquo;autant plus que le patient est adulte et qu&rsquo;il existe une insuffisance respiratoire chronique (13). Elle acc&eacute;l&egrave;re la d&eacute;gradation de la fonction respiratoire et aggrave le pronostic vital. L&#39;augmentation de l&#39;app&eacute;tit permet initialement de couvrir les besoins &eacute;nerg&eacute;tiques. Les <em>ingesta</em> peuvent devenir ensuite insuffisants pour les raisons suivantes, qui peuvent s&#39;associer : colonisation par le pyocyanique, responsable d&rsquo;exacerbations broncho-pulmonaires r&eacute;cidivantes, dyspn&eacute;e, toux, RGO, douleurs abdominales, troubles du comportement alimentaire, syndrome d&eacute;pressif, ou association &agrave; une maladie c&oelig;liaque ou &agrave; une maladie de Crohn. M&ecirc;me en cas de suppl&eacute;mentation ad&eacute;quate en EP, on estime la perte calorique f&eacute;cale au cours de la mucoviscidose &agrave; pr&egrave;s de 2 kilocalories par gramme de selles. Les pertes azot&eacute;es dues &agrave; l&#39;expectoration peuvent d&eacute;passer 10 grammes/j en cas d&rsquo;infection pulmonaire s&eacute;v&egrave;re et contribuer au d&eacute;ficit &eacute;nerg&eacute;tique. Les troubles de la r&eacute;gulation glucidique, pr&eacute;sents chez plus d&rsquo;un patient adulte sur deux, <em>a fortiori</em> un diab&egrave;te vrai, aggravent &eacute;galement les pertes &eacute;nerg&eacute;tiques par le biais de la glycosurie (14).</p>
<h2>Prise en charge nutritionnelle &nbsp;</h2>
<p>Le patient doit &ecirc;tre pes&eacute; et l&rsquo;indice de masse corporelle (IMC) calcul&eacute; &agrave; chaque consultation. Une fois/an, voire plus si n&eacute;cessaire, un bilan biologique est r&eacute;alis&eacute; : dosage des vitamines liposolubles (A, D, E, taux de prothrombine), acides gras essentiels (AGE), min&eacute;raux (sodium, calcium) et oligo-&eacute;l&eacute;ments (fer, zinc). Les suppl&eacute;mentations vitaminiques n&eacute;cessaires au cours de la mucoviscidose sont indiqu&eacute;es dans le tableau 1. L&#39;&eacute;valuation di&eacute;t&eacute;tique permet d&rsquo;&eacute;tablir si l&rsquo;apport calorique du patient couvre ses besoins th&eacute;oriques, estim&eacute;s classiquement entre 120 et 150% des apports nutritionnels conseill&eacute;s (ANC) pour l&#39;&acirc;ge et le sexe<em>. </em>En fait, chez les patients sans IPE ni insuffisance respiratoire chronique, les <em>ingesta</em> sont proches de ceux de la population g&eacute;n&eacute;rale (soit 90-100 % des ANC). L&rsquo;alimentation est libre, hypercalorique et normolipidique, adapt&eacute;e aux go&ucirc;ts du patient. Tout infl&eacute;chissement de l&rsquo;IMC est un signe d&#39;alerte qui justifie une prise en charge nutritionnelle (15). Auparavant, il&nbsp; est indispensable de s&#39;assurer : 1) du bon contr&ocirc;le de l&#39;IPE par une prise et une posologie ad&eacute;quates d&#39;EP ; 2) de l&#39;absence de surinfection pulmonaire chronique, en particulier par le pyocyanique ou le staphylocoque dor&eacute; ; 3) de l&rsquo;absence de troubles de la r&eacute;gulation glucidique par la r&eacute;alisation annuelle d&rsquo;une hyperglyc&eacute;mie provoqu&eacute;e par voie orale d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de 10 ans (14) ; 4) de la correction d&rsquo;&eacute;ventuels d&eacute;ficits nutritionnels sp&eacute;cifiques : AGE, vitamines liposolubles (A, D, E, K), min&eacute;raux (sodium, calcium) et oligo-&eacute;l&eacute;ments (fer, zinc) ; 5) de l&rsquo;absence de pathologie digestive associ&eacute;e (maladie c&oelig;liaque, maladie de Crohn). L&rsquo;assistance nutritionnelle doit &ecirc;tre la plus simple et la plus d&eacute;nu&eacute;e de risque possible. &nbsp;</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<th>Vitamine</th>
<th>Patients n&eacute;cessitant une suppl&eacute;mentation</th>
<th>Dose initiale</th>
</tr>
<tr>
<td>A</td>
<td>IPE, cholestase</td>
<td>4.000&ndash;10.000 UI*/jour</td>
</tr>
<tr>
<td>D</td>
<td>IPE, cholestase</td>
<td>400&ndash;800 UI**/jour (en<br />
				fonction du taux s&eacute;rique)</td>
</tr>
<tr>
<td>E</td>
<td>IPE, cholestase</td>
<td>100&ndash;400 UI***/jour</td>
</tr>
<tr>
<td>K</td>
<td>IPE, cholestase</td>
<td>1 mg/jour-10 mg/semaine</td>
</tr>
<tr>
<td>B12</td>
<td>Test de Schilling &lt; 45 %<br />
				apr&egrave;s r&eacute;section il&eacute;ale</td>
<td>100 &micro;g/mois (IM)</td>
</tr>
<tr>
<td>Autres vitamines hydro-solubles</td>
<td>Aucune suppl&eacute;mentation<br />
				si alimentation normale</td>
<td>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3">
<p>IPE : insuffisance pancr&eacute;atique exocrine ; UI : unit&eacute; internationale</p>
<p>Facteurs de conversion :<br />
					*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vitamine A : 1 &micro;g&nbsp; = 0,3 UI <br />
					**&nbsp;&nbsp; Vitamine D : 1 &micro;g&nbsp; = 40 UI <br />
					*** Vitamine E : 1 mg = 1 UI</p>
<p>La n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une suppl&eacute;mentation vitaminique chez les patients ayant une fonction pancr&eacute;atique normale doit &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e individuellement en fonction des taux vitaminiques s&eacute;riques</p>
<p>IM : intra-musculaire</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><strong>Tableau I : </strong>Recommandations pour les suppl&eacute;mentations vitaminiques au cours de la mucoviscidose.</p>
<p>La suppl&eacute;mentation orale fractionn&eacute;e<strong> </strong>consiste en l&rsquo;enrichissement<strong> </strong>calorique des repas par l&rsquo;adjonction de margarine, beurre, lait concentr&eacute;, fromage ou jaune d&rsquo;&oelig;uf. On peut aussi utiliser les nombreux suppl&eacute;ments oraux commercialis&eacute;s. Il s&rsquo;agit de pr&eacute;parations hypercaloriques (1-2 kcal/L) suppl&eacute;ment&eacute;es en &eacute;lectrolytes, vitamines et oligo-&eacute;l&eacute;ments. Elles sont destin&eacute;es &agrave; &ecirc;tre consomm&eacute;es entre les repas mais pas &agrave; les remplacer, sous peine de ne pas obtenir un apport calorique suppl&eacute;mentaire. La prise d&rsquo;EP est n&eacute;cessaire en raison de leur contenu &eacute;lev&eacute; en lipides. Leur efficacit&eacute; nutritionnelle n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute;e avec certitude (16). Ces suppl&eacute;ments oraux sont souvent abandonn&eacute;s rapidement par les patients.</p>
<p>L&rsquo;alimentation ent&eacute;rale &agrave; d&eacute;bit continu (AEDC) nocturne &agrave; domicile est propos&eacute;e secondairement (17). Avant de la d&eacute;buter, il faut rechercher un RGO, qui ne contre-indique pas l&rsquo;AEDC sous r&eacute;serve d&#39;un traitement efficace. On met en place rapidement une gastrostomie percutan&eacute;e endoscopique d&rsquo;autant que la sonde naso-gastrique est fr&eacute;quemment source d&#39;inconfort en raison de naus&eacute;es ou de vomissements, d&#39;irritation nasale, surtout en cas de polypose naso-sinusienne, ou lorsque des acc&egrave;s de toux entra&icirc;nent des retraits de la sonde. L&#39;apport calorique au cours de l&rsquo;AEDC d&eacute;pend du niveau des <em>ingesta</em> spontan&eacute;s pendant la journ&eacute;e et du degr&eacute; de d&eacute;nutrition. L&#39;apport &eacute;nerg&eacute;tique total des 24 h (nutrition orale + nutrition ent&eacute;rale) doit repr&eacute;senter id&eacute;alement au moins 120 &agrave; 150 % des ANC. Les solut&eacute;s polym&eacute;riques sont aussi efficaces que les solut&eacute;s &eacute;l&eacute;mentaires ou semi-&eacute;l&eacute;mentaires et beaucoup moins co&ucirc;teux. Il n&#39;existe pas de consensus sur les modalit&eacute;s d&#39;administration des EP au cours de l&rsquo;AEDC. Le plus souvent, on conseille la prise d&#39;EP en d&eacute;but d&rsquo;AEDC et au coucher, et en cas de r&eacute;veil nocturne. Le risque d&#39;hyperglyc&eacute;mie impose la mesure de la glyc&eacute;mie en d&eacute;but, milieu et fin de nuit lors de la mise en route de l&rsquo;AEDC. En cas de diab&egrave;te, le recours &agrave; l&#39;insuline est n&eacute;cessaire, en raison notamment de son effet anabolisant. Apr&egrave;s quelques semaines d&rsquo;AEDC, on assiste &agrave; un gain pond&eacute;ral, &agrave; une am&eacute;lioration de l&#39;estime de soi et une augmentation de l&#39;activit&eacute; physique. L&rsquo;alimentation parent&eacute;rale prolong&eacute;e est r&eacute;serv&eacute;e aux patients pr&eacute;sentant un gr&ecirc;le court ou aux candidats d&eacute;nutris &agrave; la greffe pulmonaire qui ne supportent pas la NEDC.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Rabin HR, Surette MG. The cystic fibrosis airway microbiome. Curr Opin Pulm Med 2012; 18: 622-7.</li>
<li>Rowe SM, Borowitz DS, Burns JL, Clancy JP, Donaldson SH, Retsch-Bogart G et al. Progress in cystic fibrosis and the CF Therapeutics Development Network. Thorax 2012; 67: 882-90.</li>
<li>Gelfond D, Borowitz D. Gastrointestinal complications of cystic fibrosis. Clin Gastroenterol Hepatol 2012 Nov 8. doi:pii: S1542-3565(12)01308-0. 10.1016/j.cgh.2012.11.006 [Epub ahead of print].</li>
<li>Murphy JL, Wootton SA, Bond SA, Jackson AA. Energy content of stools in normal healthy controls and patients with cystic fibrosis. Arch Dis Child 1991; 66:495-500.&nbsp;</li>
<li>Sinaasappel M, Stern M, Littlewood, Wolfe S, Steinkamp G, Heijerman HGM et al. Nutrition in patients with cystic fibrosis: a European consensus. J Cyst Fibrosis 2002; 1: 51-75.</li>
<li>Smyth RL, Ashby D, O&#39;Hea U, Burrows E, Lewis P, van Velzen D et al. Fibrosing colonopathy in cystic fibrosis: results of a case-control study. Lancet 1995; 346: 1247-51.</li>
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<li>Conway S, Morton A, Wolfe S. Enteral tube feeding for cystic fibrosis. Cochrane Database Syst Rev 2012; 12: CD001198.</li>
</ol>
<h1>Points forts</h1>
<ol>
<li>La moiti&eacute; des 5000&nbsp; &agrave; 6000 patients atteints de mucoviscidose en France sont des adultes.</li>
<li>La m&eacute;diane de survie des patients atteints de mucoviscidose est actuellement de l&rsquo;ordre de 40 ans</li>
<li>Une prise en charge insuffisante des complications digestives au cours de la mucoviscidose contribue au risque d&rsquo;apparition d&rsquo;une d&eacute;nutrition, qui peut jouer un r&ocirc;le dans&nbsp; la d&eacute;gradation de la fonction respiratoire et aggraver le pronostic vital.</li>
<li>Plus de 80% des patients atteints de mucoviscidose ont une insuffisance pancr&eacute;atique exocrine. &nbsp;</li>
<li>L&rsquo;atteinte h&eacute;pato-biliaire de la mucoviscidose doit &ecirc;tre identifi&eacute;e pr&eacute;cocement par la r&eacute;alisation annuelle d&rsquo;un bilan biologique h&eacute;patique et d&rsquo;une &eacute;chographie abdominale avant de d&eacute;buter un traitement par acide ursod&eacute;soxycholique. &nbsp;</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Le traitement endoscopique des pseudokystes pancréatiques</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5127</guid>
		<description><![CDATA[<p>Les pseudokystespancréatiques (PKP) sont définis par la Conférence de Consensus d'Atlanta comme des collections de liquide pancréatique entourées d’une paroi de tissu fibreux granuleux consécutives à une pancréatite aiguë, un traumatisme pancréatique ou une pancréatite chronique [1]. Selon leur cause, ils peuvent contenir du sang ou de la nécrose. Ils peuvent être catégorisés en PKP aigus (en lien avec un épisode de pancréatite aiguësurvenu plus de 4 semaines auparavant et souvent dus à une résorption de nécrose) et en PKP chroniques (survenant dans un contexte de pancréatite chronique sans antécédents d’épisode aigu et souvent qualifiés de rétentionnels résultant de mise sous pression des canaux pancréatiques). Cette distinction est importante car leur histoire naturelle et leur prise en charge thérapeutique peuvent être différentes [2].
</p>
<p>
Avant d’envisager un drainage d’une PKP, il est bien sûr important de s’assurer du diagnostic et d’exclure les kystes néoplasiques, duplications gastriques ou intestinales ; ou toute autre formation kystique ne correspondant pas à la définition de PKP. En cas de doute, il vaut mieux s’abstenir de drainer et veiller à obtenir une confirmation diagnostique préalable par un complément d’imagerie, une cyto-ponction, en discutant le dossier en concertation multidisciplinaire [3].</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-pseudokystes.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/deprez-pierre_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-endoscopie/365/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Conna&icirc;tre l&#39;histoire naturelle des pseudokystes en fonction dela maladie pancr&eacute;atique sous-jacente</li>
<li>Conna&icirc;tre les indications th&eacute;rapeutiques</li>
<li>Identifier les contre-indications au traitement endoscopique</li>
<li>Quels sont le mat&eacute;riel n&eacute;cessaire et les techniques endoscopiques ?</li>
</ul>
<p>Les pseudokystespancr&eacute;atiques (PKP) sont d&eacute;finis par la Conf&eacute;rence de Consensus d&#39;Atlanta comme des collections de liquide pancr&eacute;atique entour&eacute;es d&rsquo;une paroi de tissu fibreux granuleux cons&eacute;cutives &agrave; une pancr&eacute;atite aigu&euml;, un traumatisme pancr&eacute;atique ou une pancr&eacute;atite chronique [1]. Selon leur cause, ils peuvent contenir du sang ou de la n&eacute;crose. Ils peuvent &ecirc;tre cat&eacute;goris&eacute;s en PKP aigus (en lien avec un &eacute;pisode de pancr&eacute;atite aigu&euml;survenu plus de 4 semaines auparavant et souvent dus &agrave; une r&eacute;sorption de n&eacute;crose) et en PKP chroniques (survenant dans un contexte de pancr&eacute;atite chronique sans ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;&eacute;pisode aigu et souvent qualifi&eacute;s de r&eacute;tentionnels r&eacute;sultant de mise sous pression des canaux pancr&eacute;atiques). Cette distinction est importante car leur histoire naturelle et leur prise en charge th&eacute;rapeutique peuvent &ecirc;tre diff&eacute;rentes [2].</p>
<p>Avant d&rsquo;envisager un drainage d&rsquo;une PKP, il est bien s&ucirc;r important de s&rsquo;assurer du diagnostic et d&rsquo;exclure les kystes n&eacute;oplasiques, duplications gastriques ou intestinales&nbsp;; ou toute autre formation kystique ne correspondant pas &agrave; la d&eacute;finition de PKP. En cas de doute, il vaut mieux s&rsquo;abstenir de drainer et veiller &agrave; obtenir une confirmation diagnostique pr&eacute;alable par un compl&eacute;ment d&rsquo;imagerie, une cyto-ponction, en discutant le dossier en concertation multidisciplinaire [3].</p>
<h1>Pseudokystes compliquant la pancr&eacute;atite aigu&euml;</h1>
<p>Dans ce contexte, les PKP sont la cons&eacute;quence d&rsquo;une n&eacute;crose pancr&eacute;atique ou des effusions p&eacute;ripancr&eacute;atiques. La n&eacute;crose glandulaire est d&eacute;finie comme une (des) zone(s) de parenchyme pancr&eacute;atique non viable focalis&eacute;e(s) ou diffuse(s), &eacute;ventuellement localis&eacute;e(s) en p&eacute;riph&eacute;rie glandulaire, et &eacute;ventuellement associ&eacute;e(s) &agrave; une n&eacute;crose graisseuse p&eacute;ri-pancr&eacute;atique. Cette d&eacute;finition anatomique correspond, &agrave; l&#39;examen microscopique, &agrave; une destruction du r&eacute;seau capillaire des cellules glandulaires, des canaux excr&eacute;teurs, et de la graisse p&eacute;ri-lobulaire. Macroscopiquement, cette n&eacute;crose a un aspect d&#39;&eacute;toupe, si&eacute;geant le plus souvent au sein d&#39;un liquide s&eacute;ro-h&eacute;matique. En imagerie la n&eacute;crose pancr&eacute;atique est &eacute;voqu&eacute;e devant la pr&eacute;sence de zones qui ne se rehaussent pas apr&egrave;s injection de produit de contraste (TDM ou IRM). En l&#39;absence de surinfection, apr&egrave;s la quatri&egrave;me semaine, la n&eacute;crose &eacute;volue vers la r&eacute;sorption compl&egrave;te dans plus de 50 % des cas,parfois tardivement. Elle peut &eacute;voluer vers la constitution de pseudokystes.Les pseudokystes repr&eacute;sentent donc l&#39;&eacute;volution vers une collection liquidienne non infect&eacute;e. Le fait de les voir persister, voire augmenter de taille, implique en g&eacute;n&eacute;ral soit une communication avec un canal pancr&eacute;atique soit une rupture du canal pancr&eacute;atique principal. Ils peuvent alors entra&icirc;ner une compression d&rsquo;organes de voisinage, une h&eacute;morragie ou s&#39;infecter secondairement. Ils peuvent &ecirc;tre volumineux et peu ou asymptomatiques, multiples dans 15% des cas et leur localisation est plut&ocirc;t corpor&eacute;ocaudale [4].</p>
<h1>Pseudokystesassoci&eacute;s &agrave; la pancr&eacute;atite chronique</h1>
<p>Les pseudokystes compliquent une pancr&eacute;atite chronique dans 20 &agrave; 40% des cas. L&rsquo;&acirc;ge moyen d&rsquo;apparition est de 44 &agrave; 50 ans avec un d&eacute;lai moyen de 5 ans apr&egrave;s l&rsquo;apparition des premiers sympt&ocirc;mes. Leur localisation est plus souvent c&eacute;phalique et ils communiquent avec un canal pancr&eacute;atique dans 50% des cas. Sur le plan clinique, ces pseudokystes se manifestent par des douleurs dans 80% des cas, des vomissements dans 50% des cas, une masse abdominale dans 25% des cas et un ict&egrave;re dans 10% des cas. Leur histoire naturelle est difficile &agrave; pr&eacute;ciser car ils sont, dans la plupart dess&eacute;ries, m&eacute;lang&eacute;s avec les pseudokystes compliquant une pancr&eacute;atite aigu&euml;[5,6]. L&rsquo;&eacute;volution spontan&eacute;e peut conduire vers une disparition spontan&eacute;e qui est rare (10 % des cas) mais qui peut se produire m&ecirc;me en cas de communication avec les canaux pancr&eacute;atiques si les kystes sont de petite taille (&lt; 3 cm). Les complications, quand elles surviennent, sont &agrave; type de compression,d&rsquo;h&eacute;morragie, de rupture, d&rsquo;extension notamment pleurale ou d&rsquo;infection [7].</p>
<h1>Techniques et r&eacute;sultats du drainage des pseudokystes pancr&eacute;atiques</h1>
<h2>Drainage chirurgical</h2>
<p>Le drainage des collections pancr&eacute;atiques peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; par voie percutan&eacute;e, chirurgicale ou endoscopique. Les techniques chirurgicales et laparoscopiques incluent les kystogastrostomies, kystoduod&eacute;nostomies, kystoj&eacute;junostomies, les r&eacute;sections pancr&eacute;atiques, les n&eacute;crosectomies et la pose de drains apr&egrave;s lavage de la cavit&eacute; p&eacute;riton&eacute;ale [8]. L&rsquo;avantage r&eacute;side en d&rsquo;excellents r&eacute;sultats &agrave; court et &agrave; long terme et la possibilit&eacute; de r&eacute;aliser une n&eacute;crosectomie et de traiter des anomalies associ&eacute;es telles que la queue pancr&eacute;atique d&eacute;connect&eacute;e. Elle reste ce jour principalement indiqu&eacute;e en cas de contenu en grande partie solide au sein de la cavit&eacute; kystique (au mieux appr&eacute;ci&eacute; en &eacute;chographie ou en IRM et non en TDM) ou en cas d&rsquo;&eacute;chec du traitement percutan&eacute; ou endoscopique du fait d&rsquo;une morbidit&eacute; avoisinant les 30%, une mortalit&eacute; de 1-5% et une dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation longue [9]. L&rsquo;abord chirurgical est donc le plus souvent remplac&eacute; par des techniques moins invasives associ&eacute;es &agrave; une moindre morbidit&eacute; et mortalit&eacute;.</p>
<h2>Drainage percutan&eacute;</h2>
<p>Le drainage percutan&eacute; est r&eacute;alis&eacute; sous anesth&eacute;sie locale ou g&eacute;n&eacute;rale, sous contr&ocirc;le &eacute;chographique ou tomodensitom&eacute;trique. La ponction simple percutan&eacute;e a une efficacit&eacute; imm&eacute;diate sup&eacute;rieure &agrave; 50% mais avec un taux de r&eacute;cidive r&eacute;dhibitoire de 50 &agrave; 78% des cas qui a conduit &agrave; l&rsquo;abandon decette technique. Le drainage permet un plus grand taux de succ&egrave;s initial (42 &agrave; 96%), mais m&ecirc;me avec une dur&eacute;e de drainage d&eacute;passant 15 jours, le taux de r&eacute;cidiveavoisine ou d&eacute;passe le tiers des cas [5]. Il utilise des drains de calibre &gt; 12 Fr parfois munis d&rsquo;une queue de cochon distale (pigtail) et multiperfor&eacute;e. Deux drains peuvent &ecirc;tre n&eacute;cessaires, l&rsquo;un pour laver et l&rsquo;autre pour aspirer. Un lavage quotidien avec r&eacute;-aspiration est n&eacute;cessaire. Compte tenu de la dur&eacute;e de drainage n&eacute;cessaire et du risque de r&eacute;cidive, les traitements endoscopiques se sont peu &agrave; peu impos&eacute;s. N&eacute;anmoins, le drainage percutan&eacute; reste une technique utile dans l&rsquo;urgence, en cas de surinfection de pseudo-kyste ou de n&eacute;crose pancr&eacute;atique infect&eacute;e, et dans les collectionsinaccessibles &agrave; l&rsquo;endoscopie telles que celles s&rsquo;&eacute;tendant dans les goutti&egrave;res paracoliques [10]. Il est &eacute;galement souvent pr&eacute;f&eacute;r&eacute; dans le drainage des collections post-op&eacute;ratoires (bien que le traitement endoscopique puisse &ecirc;tre propos&eacute; relativement pr&eacute;cocement), et chez les patients trop instables que pour subir un acte endoscopique. Les complications comportent h&eacute;morragies, plaies sur des organes visc&eacute;raux, infection cutan&eacute;e, fistule r&eacute;siduelle, et faible efficacit&eacute; en cas de n&eacute;crose dans les PKP.</p>
<h2>Drainage endoscopique</h2>
<p>Le drainage endoscopique et en particulier guid&eacute; par &eacute;choendoscopie (EE) s&rsquo;est impos&eacute; progressivement en raison de son haut pouvoir de r&eacute;solution et de localisation des collections et pour &eacute;viter l&rsquo;interposition de vaisseaux sanguins. Les r&eacute;sultats des traitements endoscopiques et chirurgicaux sont comparables en termes d&rsquo;efficacit&eacute;, mais avec un co&ucirc;t moindre, une plus courte dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation et une meilleure qualit&eacute; de vie apr&egrave;s le drainage endoscopique [11]. La mortalit&eacute; li&eacute;e au traitement est l&eacute;g&egrave;rement moindre avec le traitement endoscopique (0.2% vs 2.5%) [12]. L&rsquo;ESGE recommande donc le traitement endoscopique comme le drainage de premi&egrave;re ligne pour les PKP compliquant la pancr&eacute;atite chronique, pourvu que le drainage soit indiqu&eacute; et que le PKP soit accessible &agrave; l&rsquo;endoscopie [7].</p>
<p>Les techniques de drainage endoscopique de pseudo-kyste pancr&eacute;atique comprennent le drainage dit transmural, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; travers la paroi gastrique (kysto-gastrostomie) ou &agrave; travers la paroi duod&eacute;nale (kysto-duod&eacute;nostomie) et le drainage transpapillaire qui consiste &agrave; intuber le canal pancr&eacute;atique principal avec un drain naso-kystique ou une proth&egrave;se simple. Les 2 abords peuvent &ecirc;tre combin&eacute;s simultan&eacute;ment pendant la m&ecirc;me proc&eacute;dure ou s&eacute;quentiellement, en d&eacute;butant par le drainage transmural [13]. Les indications respectives de ces 2 abords seront pr&eacute;cis&eacute;es dans le chapitre &laquo;&nbsp;strat&eacute;gie&nbsp;&raquo;.</p>
<h2>Abord transpapillaire</h2>
<p>L&rsquo;abord transpapillaire pr&eacute;suppose l&rsquo;existence d&rsquo;une communication entre le PKP et le canal pancr&eacute;atique principal. Il implique un cath&eacute;t&eacute;risme s&eacute;lectif du canal pancr&eacute;atique principal via la papille majeure (ou mineure en cas de pancr&eacute;as divisum ou de st&eacute;nose du canal de Wirsung c&eacute;phalique), une dilatation canalaire &eacute;ventuelle, l&rsquo;extraction de calculs si n&eacute;cessaire et la pose d&rsquo;une proth&egrave;se calibr&eacute;e &agrave; la taille du canal pancr&eacute;atique [14].La sphinct&eacute;rotomie pancr&eacute;atique constitue la premi&egrave;re &eacute;tape du traitement endoscopique pour permettre l&rsquo;acc&egrave;s au canal pancr&eacute;atique, diminuer la pression canalaire et permettre l&rsquo;extraction ult&eacute;rieure de calculs ou de fragments de calcul pancr&eacute;atique. Cette &eacute;tape est essentielle tant sur le plan technique que sur le plan des r&eacute;sultats th&eacute;rapeutiques. Suivant les possibilit&eacute;s anatomiques, un drain naso-pancr&eacute;atique ou uneproth&egrave;se sont laiss&eacute;s en place avec l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; distale positionn&eacute;e soit dans la lumi&egrave;re du kyste, soit dans le canal pancr&eacute;atique &agrave; proximit&eacute;, ou id&eacute;alement, en amont de la communication. La dur&eacute;e moyenne du drainage est en g&eacute;n&eacute;ral de deux mois mais d&eacute;pend de la disparition du pseudo-kyste au cours du suivi radiologique. Elle d&eacute;pend aussi de son association au traitement des l&eacute;sions canalaires pancr&eacute;atiques, l&rsquo;existence de rupture du canal pancr&eacute;atique pouvant imposer un drainage prolong&eacute; sous peine de r&eacute;cidive pr&eacute;coce [13-14].</p>
<p class="legende">Tableau 1. Tableau comparant les indications et r&eacute;sultats des diff&eacute;rents abords de drainage</p>
<table border="1" cellpadding="7" cellspacing="0">
<tbody>
<tr valign="TOP">
<td>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Techniques</strong></span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Avantages</strong></span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>D&eacute;savantages</strong></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Chirurgie</strong></span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Kystogastrostomie</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Kystoj&eacute;junostomie</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">R&eacute;section pancr&eacute;atique</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">N&eacute;crosectomie</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">N&eacute;crosectomie laparoscopique</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Pose de drains</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Efficacit&eacute; du drainage </span><span lang="fr-FR">95%</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-N&eacute;crosectomie plus &eacute;tendue</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Capacit&eacute; de traiter des anomalies associ&eacute;es (st&eacute;nose, rupture, fistule&hellip;)</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Traitement des &eacute;checs endoscopiques et percutan&eacute;s</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Mortalit&eacute; 1-5%</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Morbidit&eacute; 30%</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Abord plus invasif</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation et s&eacute;jour aux soins intensifs plus longs</span></p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Radiologie</strong></span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Drainage percutan&eacute;</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Abord moins invasif</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Drainage des collections non accessibles par voie endoscopique</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Drainages d&rsquo;urgence</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Drainage en post-op&eacute;ratoire</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Drainage des patients en &eacute;tat trop critique que pour subir un abord endoscopique ou chirurgical</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Moindre efficacit&eacute; (42-96%)</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Haut taux de r&eacute;cidive</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Impossibilit&eacute; de drainer la n&eacute;crose solide</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Complications locales&nbsp;: fistule externe, infections cutan&eacute;es, perforation colon</span></p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><strong>Endoscopie</strong></span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Drainage transpapillaire</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Kysto-gastrostomie</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Kysto-duod&eacute;nostomie</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Kysto-j&eacute;junostomie</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">Guid&eacute; ou non par &eacute;choendoscopie</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Efficacit&eacute; comparable au traitement chirurgical</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Moindre co&ucirc;t</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Plus courte dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Taux mortalit&eacute; plus faible</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Traitement combin&eacute; des PK et des pathologies canalaires associ&eacute;es</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Cr&eacute;ation d&rsquo;une fistule interne plut&ocirc;t qu&rsquo;externe</span></p>
</td>
<td>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Mortalit&eacute; &lt;1%</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Morbidit&eacute; 10-25%</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-Si n&eacute;crose solide n&eacute;cessitera des s&eacute;ances r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de n&eacute;crosectomie</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><u><strong>Non &eacute;choendoguid&eacute;</strong></u></span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-uniquement accessible si PKP bombant (&lt;50%)</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-risque h&eacute;morragique du fait de vaisseaux interpos&eacute;s</span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-risque de confondre tumeur kystique et PK</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR"><em><u><strong>Echoendoguid&eacute;</strong></u></em></span></p>
<p lang="en-US"><span lang="fr-FR">-expertise non &laquo;&nbsp;universelle&nbsp;&raquo;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Abord transmural</h2>
<p>L&rsquo;abord transmural &eacute;choendoguid&eacute; est habituellement r&eacute;alis&eacute; avec un &eacute;choendoscope lin&eacute;aire, permettant la ponction du PKP &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une aiguille 19-gauge, un pr&eacute;l&egrave;vement de liquide pour analyse biochimique et bact&eacute;riologique, l&rsquo;opacification &eacute;ventuelle pour associer le rep&eacute;rage fluoroscopique au rep&eacute;rage &eacute;chographique et la mise en place d&rsquo;un fil guide 0.035 &agrave; extr&eacute;mit&eacute; hydrophile pour &eacute;viter de perforer ou de faire saigner la paroi de la collection et bien enroul&eacute; dans celle-ci. La ponction peut aussi &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une pointe chaude ou d&rsquo;un syst&egrave;me de type Giovannini associant en un seul set une aiguille, un cath&eacute;ter introducteur, un cystostome et une proth&egrave;se pr&eacute;-mont&eacute;e [15]. Le trajet transluminal est ensuite calibr&eacute; par un ballon de dilatation (8-10 mm) ou par un cystogastrostome 8-10Fr [16]. Le positionnement simultan&eacute; de 2 fils guides (via le cystostome 10Fr) peut faciliter les man&oelig;uvres ult&eacute;rieures. Une ou plusieurs proth&egrave;ses sont ensuite mises en place selon la taille de la collection et son contenu. Il est impossible sur la base d&rsquo;&eacute;tudes prospectives randomis&eacute;es de se faire une opinion d&eacute;finitive quant au type optimal de proth&egrave;se &agrave; positionner. Le drainage doit cependant id&eacute;alement &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; avec une proth&egrave;se de large calibre (10Fr) ou plusieurs proth&egrave;ses de 7-8.5 ou 10 Fr. Les proth&egrave;ses &agrave; double queue de cochon sont &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer pour r&eacute;duire le risque de migration, d&rsquo;h&eacute;morragie ou de perforation de la paroi de la collection [17].Un drain naso-kystique peut &ecirc;tre utilis&eacute; pour les collections de grande taille (&gt; 8 cm) ou les abc&egrave;s, sans qu&rsquo;il ait &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute; un avantage statistiquement significatif [18]. R&eacute;cemment, l&rsquo;utilisation de proth&egrave;ses m&eacute;talliques a &eacute;t&eacute; propos&eacute;e, mais le risque de migration n&rsquo;a pas encore &eacute;t&eacute; suffisamment valid&eacute; [19]. Des proth&egrave;ses m&eacute;talliques en forme de &laquo;&nbsp;diabolo&nbsp;&raquo; sont d&eacute;di&eacute;es sp&eacute;cifiquement &agrave; cet usage et permettent de cr&eacute;er une large kystogastrostomie, utile pour y ins&eacute;rer un endoscope en vue de r&eacute;aliser une n&eacute;crosectomie [20]. Leur int&eacute;r&ecirc;t doit cependant encore &ecirc;tre valid&eacute; par des &eacute;tudes prospectives contr&ocirc;l&eacute;es.</p>
<h2>R&eacute;sultats et complications</h2>
<p>Le succ&egrave;s du drainage endoscopique des pseudokystes pancr&eacute;atiques d&eacute;passe les 91% pour atteindre 100% dans certaines s&eacute;ries publi&eacute;es [7,15,18, 21-22].Le taux moyen d&rsquo;&eacute;chec est de 0-16% et le taux de r&eacute;cidive de 3 &agrave; 13%, avec 12% des patients n&eacute;cessitant une chirurgie ult&eacute;rieure. La morbidit&eacute; &eacute;tait de 15,5%, comprenant par ordre de fr&eacute;quence h&eacute;morragie, perforation, infection, pancr&eacute;atite et pneumop&eacute;ritoine ou p&eacute;ritonite. La morbidit&eacute; h&eacute;morragique semblait plus importante en cas de kystogastrostomie par rapport &agrave; la kystoduod&eacute;nostomie. En cas d&rsquo;h&eacute;morragie, il est important de faire le diagnostic diff&eacute;rentiel entre un pseudoan&eacute;vrysme, un saignement sur le site de la kystogastrostomie ou celui li&eacute; &agrave; l&rsquo;hypertension portale. Dans notre exp&eacute;rience (plus de 300 drainages de PKP), toutes les h&eacute;morragies (n=8) sont survenues sur le site de la kystogastrostomie et ont &eacute;t&eacute; trait&eacute;es par voie endoscopique (clippage, caut&eacute;risation, ou pose de proth&egrave;se expansible &agrave; vis&eacute;e compressive). Tous les pseudoan&eacute;vrysmes ont &eacute;t&eacute; trait&eacute;s avant tout geste endoscopique de d&eacute;compression, pour &eacute;viter une complication h&eacute;morragique pendant le drainage. De m&ecirc;me, dans notre service, tous les patients re&ccedil;oivent une antibioth&eacute;rapie prophylactique, poursuivie 3 jours et le drainage endoscopique transmural est r&eacute;alis&eacute; sous insufflation CO&sup2;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Encadr&eacute; 1</p>
<table border="1">
<tbody>
<tr>
<td>
<p><strong>Contre-indications au drainage &eacute;choendoscopique transmural</strong></p>
<ol>
<li>Pseudokystes asymptomatiques</li>
<li>Pseudokystes &lt;5cm avec communication canalaire
<p>Pr&eacute;f&eacute;rer un acc&egrave;s transpapillaire</p>
</li>
<li>Collection dans un contexte pancr&eacute;atite aigu&euml;
<p>Attendre au minimum 6 semaines, pour attendre la r&eacute;duction de la n&eacute;crose solide et l&rsquo;encapsulation sauf infection</p>
</li>
<li>Pseudoan&eacute;vrysme
<p>A traiter avant drainage endoscopique</p>
</li>
<li>Troubles de la coagulation
<p>A corriger avant drainage</p>
</li>
<li>Collection inaccessible
<p>Distance &agrave; &eacute;valuer par EE (distance de plus d&rsquo;1 cm par rapport &agrave; l&rsquo;estomac/duod&eacute;num ou j&eacute;junum)</p>
</li>
<li>Pr&eacute;sence de n&eacute;crose solide
<p>Pr&eacute;f&eacute;rer un abord chirurgical (sauf si expertise en n&eacute;crosectomie endoscopique)</p>
</li>
<li>Doute quant au diagnostic de pseudokyste versus tumeur kystique
<p>EE diagnostique pr&eacute;alable au geste de drainage avec ponction (cytologie et biochimie)</p>
</li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Suivi apr&egrave;s drainage</h2>
<p>Le suivi apr&egrave;s drainage doit &ecirc;tre assur&eacute; tant sur le plan clinique (fi&egrave;vre, douleurs) que sur le plan biologique (r&eacute;gression du syndrome inflammatoire et de l&rsquo;ict&egrave;re,) et morphologique (TDM ou IRM). Un bilan morphologique de contr&ocirc;le est conseill&eacute; &agrave; 4 semaines&nbsp;: s&rsquo;il d&eacute;montre un drainage insuffisant (moins de 50% de r&eacute;gression de taille, ou persistance d&rsquo;un syndrome infectieux), il ne faut pas h&eacute;siter &agrave; remplacer les proth&egrave;ses ou en rajouter ou positionner un drain naso-kystique en plus. L&rsquo;apparition de fi&egrave;vre dans le d&eacute;cours du drainage initial t&eacute;moigne d&rsquo;une complication et de la transformation du PKP st&eacute;rile en abc&egrave;s. Ceci sera soit li&eacute; &agrave; une migration des proth&egrave;ses (migration intraluminale ou intrakystique) ou &agrave; un drainage insuffisant ou une mauvaise estimation de la n&eacute;crose solide dans la collection drain&eacute;e. Le drainage devra alors &ecirc;tre am&eacute;lior&eacute; (repositionnement de proth&egrave;ses, ajout de proth&egrave;se, drain, n&eacute;crosectomie endoscopique ou une combinaison de ces m&eacute;thodes). L&rsquo;&eacute;choendoscope n&rsquo;est plus utile &agrave; ce stade, sauf si le trajet fistuleux s&rsquo;est d&eacute;finitivement ferm&eacute; apr&egrave;s expulsion des proth&egrave;ses. Les manipulations peuvent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es avec un duod&eacute;noscope, un endoscope th&eacute;rapeutique, ou un gastroscope (dans le cas d&rsquo;une n&eacute;crosectomie). En cas de migration intrakystique, le retrait de la proth&egrave;se ne doit pas constituer un probl&egrave;me insurmontable, mais n&eacute;cessitera une dilatation du trajet de kystogastrostomie et l&rsquo;extraction soit sous contr&ocirc;le fluoroscopique (pince dents de rat, anse, ou panier) soit sous contr&ocirc;le endoscopique avec introduction d&rsquo;un endoscope dans la collection (dans notre exp&eacute;rience succ&egrave;s de 9/9 cas de migration intrakystique).</p>
<h2>R&eacute;cidive</h2>
<p>En cas de drainage transmural, la r&eacute;cidive du PKP va d&eacute;pendre de 2 facteurs principaux&nbsp;: la maladiesous-jacente et la dur&eacute;e de stenting. Avant d&rsquo;&ocirc;ter les proth&egrave;ses transmurales, il convient donc de s&rsquo;assurer&nbsp;:</p>
<ul>
<li>de la r&eacute;solution compl&egrave;te de la collection</li>
<li>de l&rsquo;absence de pancr&eacute;as caudal d&eacute;connect&eacute; pouvant alimenter le trajet fistuleux</li>
<li>de l&rsquo;absence d&rsquo;anomalie canalaire obstructive pouvant aussi alimenter le site de la collection (lithiase, st&eacute;nose canalaire, rupture compl&egrave;te).</li>
</ul>
<p>Si une de ces anomalies anatomiques est mise en &eacute;vidence, elle m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre trait&eacute;e avant de retirer la ou les proth&egrave;ses de drainage. Il a &eacute;t&eacute; de plus d&eacute;montr&eacute; que le retrait rapide (&lt;6 semaines) des proth&egrave;ses est associ&eacute; &agrave; un plus haut taux de r&eacute;cidive [23].Il n&rsquo;y pas de recommandation univoque pour la dur&eacute;e de placement de ces proth&egrave;ses. Au minimum 30%vont s&rsquo;expulser spontan&eacute;ment lors de la r&eacute;solution du pseudokyste. L&rsquo;attitude la plus commun&eacute;ment admise est de les retirer une fois la collection compl&egrave;tement r&eacute;sorb&eacute;e, ce qui est obtenu dans les 3 mois dans la majorit&eacute; des &eacute;tudes. Mais cette d&eacute;cision peut ou doit &ecirc;tre postpos&eacute;e s&rsquo;il existe une haute probabilit&eacute; de r&eacute;cidive (rupture pancr&eacute;atique compl&egrave;te, st&eacute;nose persistante non trait&eacute;e par CPRE, ant&eacute;c&eacute;dents de r&eacute;cidive apr&egrave;s drainage,&hellip;) [23]. Dans notre exp&eacute;rience, certaines de ces proth&egrave;ses n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; &ocirc;t&eacute;es m&ecirc;me apr&egrave;s un suivi de plus de 5 ans).</p>
<h1>Quand drainer un pseudokyste?</h1>
<p>Les indications du drainage endoscopique de pseudokyste ne d&eacute;pendent plus ni de la taille ni de la dur&eacute;e de leur pr&eacute;sence, mais uniquement des sympt&ocirc;mes ou complications associ&eacute;es ou de l&rsquo;augmentation progressive de leur taille. Les sympt&ocirc;mes comprennent la douleur abdominale, souvent post-prandiale, la sati&eacute;t&eacute; pr&eacute;coce, le syndrome subocclusif, la perte de poids et l&rsquo;ict&egrave;re. Les complications comportent la rupture, l&rsquo;h&eacute;morragie intrakystique ou p&eacute;riton&eacute;ale (h&eacute;mop&eacute;ritoine et choch&eacute;morragique), l&rsquo;extension des collections, la fistule pancr&eacute;atopleurale, l&rsquo;ascite pancr&eacute;atique et surtout l&rsquo;infectionsecondaire, surtout dans un contexte de pancr&eacute;atite aigu&euml; et de manipulations endoscopiques [24]. Le drainage &laquo;&nbsp;prophylactique&nbsp;&raquo; des PKP peut s&rsquo;envisager exceptionnellement en cas de compression de gros vaisseaux, de collection de plus de 5 cm persistant plus de 6 semaines, et dans certains cas de pancr&eacute;atite chronique o&ugrave; il est indiqu&eacute; d&rsquo;y associer le traitement d&rsquo;anomalies canalaire (st&eacute;nose, rupture, lithiase)</p>
<p>En cas de suspicion d&rsquo;h&eacute;morragie intrakystique, notre attitude est de confirmer le caract&egrave;re actif de l&rsquo;h&eacute;morragie par une angio-TDM. Si le saignement est encore actif, t&eacute;moignant de la pr&eacute;sence d&rsquo;un pseudoan&eacute;vrysme, un abord vasculaire par radiologie interventionnelle avec embolisation ou stenting est r&eacute;alis&eacute; avant tout geste endoscopique. Si le saignement n&rsquo;est pas confirm&eacute; ou n&rsquo;est pas actif, le drainage endoscopique est r&eacute;alis&eacute;, apr&egrave;s avoir pr&eacute;venu radiologues et&nbsp;/ou chirurgiens de l&rsquo;&eacute;ventualit&eacute; d&rsquo;une complication h&eacute;morragique. La mortalit&eacute; li&eacute;e aux pseudoan&eacute;vrysmes associ&eacute;s aux PKP est &eacute;lev&eacute;e approchant les 19%.</p>
<p>Dans la pancr&eacute;atite aigu&euml;, la r&egrave;gle est de temporiser le plus longtemps possible (minimum 4-6 semaines), pour permettre d&rsquo;une part au PKP de se collecter correctement et d&rsquo;autre part de lui laisser la possibilit&eacute; de r&eacute;gression spontan&eacute;e qui peut d&eacute;passer 50% [4,24]. N&eacute;anmoins, la survenue d&rsquo;unesurinfection peut conduire &agrave; une indication de drainage plus pr&eacute;coce. Ce drainagepeut alors &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; par voie endoscopique ou par voiepercutan&eacute;e sous contr&ocirc;le &eacute;chographique ou tomodensitom&eacute;trique, ce qui permet la miseen place de drains de diam&egrave;tres importants, et donc un meilleur drainage et lapossibilit&eacute; de lavage. Dans tous les cas, une &eacute;valuation &eacute;cho endoscopique pr&eacute;th&eacute;rapeutique est recommand&eacute;e afin de minimiser la morbidit&eacute; endoscopique.</p>
<h1>Quel acc&egrave;s faut-il pr&eacute;f&eacute;rer: transpapillaire ou transmural?</h1>
<p>Classiquement le drainage transmural s&rsquo;adresse aux PKP qui r&eacute;alisent un bombement dans la lumi&egrave;re digestive et ledrainage transpapillaire aux collections qui communiquent avec les canaux pancr&eacute;atiques [13-14,25].</p>
<p>L&rsquo;&eacute;valuation du patient, de l&rsquo;anatomie canalaire et de la collection estprimordiale pour d&eacute;finir la strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique. Une &eacute;chographie, un scanner, voire une IRM avec MRCP sont indispensables avant tout geste endoscopique. Le scanner ne distingue pas la pr&eacute;sence de n&eacute;crose ou de mat&eacute;riel solide au sein du PK dans la pancr&eacute;atite aigu&euml;, au contraire de l&rsquo;IRM ou de l&rsquo;EE.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;choendoscopie sera ensuite essentielle pour &eacute;valuer le risque h&eacute;morragique qui est &eacute;tabli par l&rsquo;importance de la vascularisation pari&eacute;tale, la pr&eacute;sence d&rsquo;une hypertension portale et un contenu h&eacute;morragique du pseudokyste. Elle d&eacute;terminera ainsi le site id&eacute;al de ponction, &eacute;vitant toute interposition vasculaire et la distance la plus courte entre la collection et la lumi&egrave;re digestive.</p>
<p>Les acc&egrave;s transpapillaires et transmuraux ont &eacute;t&eacute; compar&eacute;s dans 3 &eacute;tudes non randomis&eacute;es (pancr&eacute;atite chronique dans 40-92% des patients trait&eacute;s), montrant un taux de succ&egrave;s similaire (94.6 vs 89.7%) mais avec une morbidit&eacute; moindre du drainage transpapillaire (1.8 vs 15.4%) [13,14]. Ces &eacute;tudes n&rsquo;ont cependant &eacute;valu&eacute; que des PK de moins de 50mm.</p>
<p>En pratique, le drainage transmural doit &ecirc;tre pr&eacute;f&eacute;r&eacute; pour les collections corpor&eacute;ocaudales de grande taille (&gt;50mm): son efficacit&eacute; de plus de 90% contraste avec la moindre efficacit&eacute; de drainage et le risque infectieux associ&eacute; &agrave; la pose d&rsquo;une longue proth&egrave;se par voie transpapillaire. Dans notre exp&eacute;rience, le drainage transmural est toujours r&eacute;alis&eacute; dans un premier temps dans les collections de grandes tailles d&eacute;velopp&eacute;es dans la r&eacute;gion corpor&eacute;ocaudale, r&eacute;servant le traitement endocanalaire aux patients pr&eacute;sentant une st&eacute;nose ou une rupture canalaire pancr&eacute;atique. Ceci permet aussi d&rsquo;&eacute;viter de provoquer une pancr&eacute;atite c&eacute;phalique post CPREsi la t&ecirc;te du pancr&eacute;as et son canal dominant ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;serv&eacute;s lors de l&rsquo;&eacute;pisode initial de pancr&eacute;atite aigu&euml;.</p>
<p>Le drainage transpapillaire reste pr&eacute;f&eacute;r&eacute; dans les PKP de la t&ecirc;te ou de l&rsquo;isthme pancr&eacute;atique, en g&eacute;n&eacute;ral de moins de 5 cm de diam&egrave;tre. Il est un traitement de choix &eacute;galement, parfois combin&eacute; au drainage transmural, dans la pancr&eacute;atite chronique car il permet detraiter les l&eacute;sions canalaires &agrave; l&rsquo;origine du kyste pancr&eacute;atique, et donc, au moinsen th&eacute;orie, de diminuer le risque de r&eacute;cidive. Il peut aussi &ecirc;tre pr&eacute;f&eacute;r&eacute; en cas d&rsquo;hypertension portale avec pr&eacute;sence d&rsquo;un r&eacute;seau variqueux important en p&eacute;rigastrique, bien que l&rsquo;abord transmural soit possible dans ces cas [26].</p>
<h1>Pour un acc&egrave;s transmural, l&rsquo;&eacute;choendoscopie est-elle toujours n&eacute;cessaire?</h1>
<p>Si l&rsquo;&eacute;choendoscopie a d&eacute;montr&eacute; qu&rsquo;elle permet d&rsquo;acc&eacute;der et donc de traiter des collections p&eacute;rivisc&eacute;rales sans bombement dans la lumi&egrave;re digestive, aucune &eacute;tude prospective randomis&eacute;e n&rsquo;a d&eacute;finitivement prouv&eacute; la sup&eacute;riorit&eacute; du guidage &eacute;choendoscopique dans les collections bombant dans la lumi&egrave;re digestive [27-29]. Deux pratiques peuvent donc &ecirc;tre d&eacute;fendues&nbsp;:</p>
<p>- l&rsquo;utilisation syst&eacute;matique de l&rsquo;EED pour toute collection accessible &agrave; cette m&eacute;thode&nbsp;: permet ainsi le diagnostic diff&eacute;rentiel avec d&rsquo;autres l&eacute;sions kystiques notamment tumorales. Cette attitude vise &agrave; r&eacute;duire au maximum le risque de complications notamment h&eacute;morragiques;</p>
<p>- l&rsquo;utilisation d&rsquo;algorithmesfond&eacute;ssur la taille de la collection, sa localisation, son contact avec le canal pancr&eacute;atique, la pr&eacute;sence d&rsquo;une hypertension portale et la certitude clinique et morphologique de se trouver face &agrave; un &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; pseudokyste [25]. L&rsquo;EE est alors particuli&egrave;rement indiqu&eacute;e pour les collections de plus de 5 cm, caudales, associ&eacute;es &agrave; une hypertension portale et non bombantes. En utilisant ce type d&rsquo;algorithme, aucune diff&eacute;rence en terme d&rsquo;efficacit&eacute; et de s&eacute;curit&eacute; n&rsquo;a pu &ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e entre le drainage conventionnel et le drainage par EE [27], mais il est d&eacute;montr&eacute; que ce dernier permet le drainage de collections impossibles &agrave; traiter par endoscopie conventionnelle.</p>
<p>Notre recommandation reste de conseiller l&rsquo;utilisation d&rsquo;un guidage &eacute;choendoscopique pour tout drainage transmural.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Encadr&eacute; 2</p>
<table border="1">
<tbody>
<tr>
<td>
<ol>
<li>Pr&eacute;f&eacute;rer le drainage transpapillaire pour les collections c&eacute;phalo-isthmiques &lt;5cm, communicantes</li>
<li>Choisir le drainage transmural pour les collections de plus de 5 cm</li>
<li>Pr&eacute;f&eacute;rer le drainage &eacute;choendoguid&eacute; pour tout abord transmural</li>
<li>Associer drainage transmural et transpapillaire en cas de l&eacute;sions canalaires</li>
<li>Choisir des conditions optimales pour le drainage transmural
<ul>
<li>Imagerie pr&eacute;-op&eacute;ratoire (EE et IRM)</li>
<li>Insufflation CO&sup2;</li>
<li>Echoendoscope lin&eacute;aire th&eacute;rapeutique</li>
<li>Anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale avec protection des voies a&eacute;riennes</li>
<li>Choix du site&nbsp;: kystoduod&eacute;nostomie si possible&nbsp;; proximit&eacute;, pas d&rsquo;interposition vasculaire, pas de pseudoan&eacute;vrysme</li>
<li>Contr&ocirc;le du drainage par voie endoscopique, &eacute;chographique et fluroroscopique</li>
<li>Instruments adapt&eacute;s (guides hydrophiles, aiguille 19G, ballon de dilatation 8 ou 10-12mm, cystostome 6-8-10Fr, proth&egrave;ses double queue de cochon 7 ou 10Fr de diff&eacute;rentes longueurs, drain naso-kystique 6-7Fr en queue de cochon, mat&eacute;riel d&rsquo;h&eacute;mostase, &eacute;ventuellement proth&egrave;se m&eacute;tallique)</li>
<li>Antibioth&eacute;rapie p&eacute;ri-proc&eacute;durale</li>
</ul>
</li>
</ol>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h1>Limites du traitement endoscopique et cas particuliers</h1>
<p>Certaines collections peuvent s&rsquo;&eacute;tendre dans le m&eacute;diastin et n&eacute;cessiter un drainage quasi trans-cardial voire trans-oesophagien. Les proth&egrave;ses dans ces cas-l&agrave; devront id&eacute;alement &ecirc;tre &agrave; double queue de cochon et dirig&eacute;e de la collection m&eacute;diastinale vers l&rsquo;estomac. En cas d&rsquo;abc&egrave;s m&eacute;diastinal, un drain de lavage sera utile pour acc&eacute;l&eacute;rer la d&eacute;tersion et la granulation [30].</p>
<p>Les collections pancr&eacute;atiques peuvent parfois s&rsquo;&eacute;tendre dans le foie&nbsp;: l&rsquo;&eacute;choendoscopie peut &ecirc;tre utile tant pour le diagnostic (diff&eacute;rentiation avec une tumeur ou une m&eacute;tastase) que pour le drainage [31]. En cas de collections multiples, il est recommand&eacute; de traiter la collection principale dans un premier temps et de drainer les autres en cas de sympt&ocirc;mes persistants ou de non r&eacute;gression lors des contr&ocirc;les tomodensitom&eacute;triques [32]. Enfin le drainage de collections dans un contexte d&rsquo;anatomie modifi&eacute;e (anse en Y, by-pass, Finsterer) restepossible par voie endoscopique. La progression de l&rsquo;&eacute;choendoscope dans une anse gr&ecirc;le doit cependant rester prudente pour &eacute;viter la perforation.</p>
<p>Le drainage endoscopique est parfois impossible dans certains PKP partiellement calcifi&eacute;s (paroi non ponctionnable du fait de sa duret&eacute;), parfois difficile si les collections font moins de 3 cm (une simple ponction vidange est conseill&eacute;e, &eacute;ventuellement associ&eacute;e &agrave; un traitement transpapillaire endocanalaire), ou parfois compliqu&eacute; en cas d&rsquo;hypertension portale tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re (faisable mais &agrave; risque, l&rsquo;indication doit alors &ecirc;tre bien r&eacute;fl&eacute;chie). Enfin la pr&eacute;sence de n&eacute;crose dans le pseudokyste implique un risque major&eacute; de surinfection apr&egrave;s drainage de la composante liquidienne&nbsp;: dans ce cas une n&eacute;crosectomie chirurgicale ou endoscopique devra &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e dans un second temps apr&egrave;s dilatation (ballon 15-18mm) du trajet fistuleux laiss&eacute; par les proth&egrave;ses [33].</p>
<p>Sur le plan technique, le canal op&eacute;rateur des &eacute;choendoscopes lin&eacute;aires th&eacute;rapeutiques reste limit&eacute; &agrave; 3.7-3.8mm (vs 4.2 dans un duod&eacute;noscope)&nbsp;: il est donc difficile d&rsquo;ins&eacute;rer une proth&egrave;se 10Fr dans le cal qui contient d&eacute;j&agrave; un fil guide 0.035. Lors de l&rsquo;utilisation de 2 fils guides, le placement de proth&egrave;ses 7 ou 8.5 Fr est donc conseill&eacute;. Enfin l&rsquo;abord tangentiel de la zone de ponction peut rendre la proc&eacute;dure parfois difficile, notamment au moment d&rsquo;ins&eacute;rer les proth&egrave;ses. Un nouvel &eacute;choendoscope &agrave; vision et canal op&eacute;rateur axiaux a &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute; afin de faciliter les man&oelig;uvres de drainage [34].</p>
<h1>Conclusions</h1>
<p>Les indications de drainage se sont affin&eacute;es ces derni&egrave;res ann&eacute;es, r&eacute;servant le traitement aux PKP symptomatiques et compliqu&eacute;s plut&ocirc;t que de tenir compte de la taille et de la dur&eacute;e de pr&eacute;sence du PKP. L&rsquo;&eacute;choendoscopie est devenue essentielle dans la prise en charge de ces collections, depuis le diagnostic diff&eacute;rentiel avec d&rsquo;autres kystes, la d&eacute;tection de complications potentielles (vascularisation et pseudoan&eacute;vrysmes), et le drainage transmural des PKP qu&rsquo;ils soient bombant ou non dans la lumi&egrave;re gastrique ou intestinale. Le choix du site et de l&rsquo;abord transpapillaire et/ou transmural d&eacute;pend de la pancr&eacute;atopathie sous-jacente, des l&eacute;sions canalaires associ&eacute;es, de la localisation de la collection dans la t&ecirc;te, corps ou queue, et de sa taille sup&eacute;rieure ou non &agrave; 5 cm. La dur&eacute;e de drainage doit &ecirc;tre aussi individualis&eacute;e en fonction des l&eacute;sions pancr&eacute;atiques r&eacute;siduelles. Enfin si le geste de drainage est devenu ais&eacute;, la gestion des complications potentielles et de la pathologie associ&eacute;e n&eacute;cessite de l&rsquo;expertise dans le choix du geste correcteur. La prise en charge des PKP doit donc rester multidisciplinaire, en y associant chirurgiens et radiologues interventionnels.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
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</ol>
<h1>5 Points forts</h1>
<ol>
<li>L&rsquo;histoire naturelle des pseudo kystes pancr&eacute;atiques est diff&eacute;rente dans la pancr&eacute;atite aigue et chronique</li>
<li>Le drainage des pseudo kystes pancr&eacute;atiques dans la pancr&eacute;atite aigu&euml; doit &ecirc;tre si possible diff&eacute;r&eacute; en raison d&rsquo;un taux de r&eacute;gression spontan&eacute;e plus important</li>
<li>Le drainage transgastrique ou transduod&eacute;nal guid&eacute; par &eacute;choendoscopie est le gold standard dans les collections de plus de 5 cm</li>
<li>Le traitement transpapillaire am&eacute;liore les r&eacute;sultats du drainage endoscopique pour les pseudo kystes pancr&eacute;atiques communicants associ&eacute;s &agrave; des anomalies canalaires</li>
<li>La recherche de pseudoan&eacute;vrysme associ&eacute; aux pseudo kystes pancr&eacute;atiques doit &ecirc;tre faite avant toute tentative de drainage</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Rectocolite Hémorragique : quand opérer ?</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/rectocolite-hemorragique-quand-operer/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5035</guid>
		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>
Le traitement chirurgical de la rectocolite hémorragique (RCH) a pour objectif de réséquer l’ensemble de la muqueuse colorectale déjà malade ou susceptible de le devenir1. Les indications opératoires sont en urgence, la colite aiguë grave (CAG) et, « à froid », la résistance au traitement médical, la présence d’un microrectie et l’existence d’une dégénérescence en dysplasie ou cancer. 
</p>
<p>Des recommandations quant à la prise en charge de la RCH ont été rédigées en 20082, basées sur le consensus de l’Organisation Européenne des MICI (ECCO). Ce dernier a été réactualisé en 20123 mais les indications continuent de se modifier car le traitement chirurgical de la RCH évolue en permanence. En effet, l’approche laparoscopique n’apparaît plus comme une simple option thérapeutique mais comme la voie d’abord de référence4, et d’autres techniques sont actuellement en début d’évaluations telles que le trocart unique ou la robotique. Enfin, la question du risque d’infertilité féminine après anastomose iléo-anale (AIA) a également évolué avec l’approche laparoscopique.5,6
</p>
<h1>
Indications thérapeutiques
</h1>
<p>
Il convient de distinguer la colectomie subtotale, intervention réalisée en urgence dans le cadre d’une CAG et qui n’est pas une intervention définitive, des interventions qui seront réalisées de manière élective (« à froid »). Trois types d’interventions chirurgicales peuvent alors être proposés : la coloproctectomie totale (CPT) avec AIA, qui est l’intervention de référence, la CPT avec iléostomie définitive et la colectomie totale avec anastomose iléo-rectale (AIR). 
</p>
<p>
Seule la CPT, qu’elle soit associée à une conservation sphinctérienne ou à la confection d’une iléostomie définitive, permet la résection en totalité des lésions de RCH et de réduire ainsi à son minimum les risques inflammatoire et dégénératif. La colectomie totale avec AIR est une intervention plus simple techniquement, mieux tolérée, mais qui expose au risque de rectite et de cancer sur le rectum laissé en place.
</p>
<h1>
Colectomie subtotale
</h1>
<p>
La conférence de consensus ECCO a recommandé la colectomie subtotale première en urgence ou semi-urgence dans la CAG ne répondant pas au traitement médical, la CAG compliquée, ou en cas de corticothérapie ≥ 20 mg de prednisolone par jour pendant plus de 6 semaines (recommandations de grade C) 2. La colectomie subtotale est en effet une intervention sûre y compris chez des patients fragiles, avec une mortalité inférieure à 1% et une morbidité d’environ 20 à 30%7. Elle sera réalisée sans remise en continuité,  avec double stomie iléale et sigmoidienne</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/rectocolite-hemorragique.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/berdah-stephane_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/pleniere-coloprocto-et-mici/301/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Quels sont les signes devant conduire &agrave; proposer une intervention chirurgicale en cas de colite aigue&nbsp;?</li>
<li>Effet des traitements pr&eacute;op&eacute;ratoires sur le r&eacute;sultat&nbsp;?</li>
<li>Comment choisir le moment optimal&nbsp;?</li>
<li>Quels sont les signes devant conduire &agrave; proposer une intervention chirurgicale en cas de dysplasie&nbsp;/cancer&nbsp;?</li>
<li>Quelle technique op&eacute;ratoire en fonction de la situation (aigue versus &agrave; froid)&nbsp;?</li>
<li>Quel impact sur la fertilit&eacute; en fonction de l&rsquo;intervention&nbsp;?</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>Le traitement chirurgical de la rectocolite h&eacute;morragique (RCH) a pour objectif de r&eacute;s&eacute;quer l&rsquo;ensemble de la muqueuse colorectale d&eacute;j&agrave; malade ou susceptible de le devenir1. Les indications op&eacute;ratoires sont&nbsp;en urgence, la colite aigu&euml; grave&nbsp;(CAG) et, &laquo;&nbsp;&agrave; froid&nbsp;&raquo;, la r&eacute;sistance au traitement m&eacute;dical, la pr&eacute;sence d&rsquo;un microrectie et l&rsquo;existence d&rsquo;une d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence en dysplasie ou cancer. <br />
	Des recommandations quant &agrave; la prise en charge de la RCH ont &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;es en 20082, bas&eacute;es sur le consensus de l&rsquo;Organisation Europ&eacute;enne des MICI (ECCO). Ce dernier a &eacute;t&eacute; r&eacute;actualis&eacute; en 20123 mais les indications continuent de se modifier car le traitement chirurgical de la RCH &eacute;volue en permanence. En effet, l&rsquo;approche laparoscopique n&rsquo;appara&icirc;t plus comme une simple option th&eacute;rapeutique mais comme la voie d&rsquo;abord de r&eacute;f&eacute;rence4, et d&rsquo;autres techniques sont actuellement en d&eacute;but d&rsquo;&eacute;valuations telles que le trocart unique ou la robotique. Enfin, la question du risque d&rsquo;infertilit&eacute; f&eacute;minine apr&egrave;s anastomose il&eacute;o-anale (AIA) a &eacute;galement &eacute;volu&eacute; avec l&rsquo;approche laparoscopique.5,6</p>
<h1>Indications th&eacute;rapeutiques</h1>
<p>Il convient de distinguer la colectomie subtotale, intervention r&eacute;alis&eacute;e en urgence dans le cadre d&rsquo;une CAG et qui n&rsquo;est pas une intervention d&eacute;finitive, des interventions qui seront r&eacute;alis&eacute;es de mani&egrave;re &eacute;lective (&laquo;&nbsp;&agrave; froid&nbsp;&raquo;). Trois types d&rsquo;interventions chirurgicales peuvent alors &ecirc;tre propos&eacute;s&nbsp;: la coloproctectomie totale (CPT) avec AIA, qui est l&rsquo;intervention de r&eacute;f&eacute;rence, la CPT avec il&eacute;ostomie d&eacute;finitive et la colectomie totale avec anastomose il&eacute;o-rectale (AIR). <br />
	Seule la CPT, qu&rsquo;elle soit associ&eacute;e &agrave; une conservation sphinct&eacute;rienne ou &agrave; la confection d&rsquo;une il&eacute;ostomie d&eacute;finitive, permet la r&eacute;section en totalit&eacute; des l&eacute;sions de RCH et de r&eacute;duire ainsi &agrave; son minimum les risques inflammatoire et d&eacute;g&eacute;n&eacute;ratif. La colectomie totale avec AIR est une intervention plus simple techniquement, mieux tol&eacute;r&eacute;e, mais qui expose au risque de rectite et de cancer sur le rectum laiss&eacute; en place.</p>
<h1>Colectomie subtotale</h1>
<p>La conf&eacute;rence de consensus ECCO a recommand&eacute; la colectomie subtotale premi&egrave;re en urgence ou semi-urgence dans la CAG ne r&eacute;pondant pas au traitement m&eacute;dical, la CAG compliqu&eacute;e, ou en cas de corticoth&eacute;rapie &ge; 20 mg de prednisolone par jour pendant plus de 6 semaines (recommandations de grade C)&nbsp;2. La colectomie subtotale est en effet une intervention s&ucirc;re y compris chez des patients fragiles, avec une mortalit&eacute; inf&eacute;rieure &agrave; 1% et une morbidit&eacute; d&rsquo;environ 20 &agrave; 30%7. Elle sera r&eacute;alis&eacute;e sans remise en continuit&eacute;, &nbsp;avec double stomie il&eacute;ale et sigmoidienne.<br />
	Si 12% de l&rsquo;ensemble des patients pr&eacute;sentant une RCH seront &agrave; terme op&eacute;r&eacute;s, ce pourcentage s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 40% apr&egrave;s hospitalisation pour CAG8. Le diagnostic de CAG est bas&eacute; sur des crit&egrave;res clinico-biologiques (crit&egrave;res de Truelove &amp; Witts9 (Tableau 1), crit&egrave;res d&rsquo;Oxford) 3. La CAG peut &ecirc;tre d&rsquo;embl&eacute;e compliqu&eacute;e par un syndrome toxique (10%), un m&eacute;gac&ocirc;lon toxique (ou colectasie) (5%), une perforation colique (4%), ou une h&eacute;morragie massive (1,5%). Le syndrome toxique se traduit par l&rsquo;association d&rsquo;une alt&eacute;ration de l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral, d&rsquo;une fi&egrave;vre et d&rsquo;une d&eacute;shydratation majeure. Le m&eacute;gac&ocirc;lon toxique est d&eacute;fini par une dilatation colique &ge; 6 cm non obstructive, segmentaire ou totale, associ&eacute;e &agrave; un syndrome toxique. Son &eacute;volution naturelle est la perforation colique, qui est associ&eacute;e &agrave; une mortalit&eacute; de 50%10. Son diagnostic n&eacute;cessite donc un traitement m&eacute;dical agressif et une prise en charge chirurgicale dans les 24 premi&egrave;res heures en l&rsquo;absence d&rsquo;am&eacute;lioration2. La pr&eacute;sence d&rsquo;une perforation ou d&rsquo;une h&eacute;morragie n&eacute;cessite un traitement chirurgical de premi&egrave;re intention, en urgence<a href="#_ENREF_17" title="Alves, 2003 #1092">7</a>. Dans les formes non compliqu&eacute;es, un traitement m&eacute;dical premier est recommand&eacute;, associant l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;alimentation orale &agrave; une corticoth&eacute;rapie par voie veineuse &agrave; fortes doses (recommandation de grade B). La prise en charge doit &ecirc;tre d&rsquo;embl&eacute;e multidisciplinaire, faisant intervenir gastro-ent&eacute;rologues et chirurgiens2.&nbsp; L&rsquo;efficacit&eacute; du traitement sera &eacute;valu&eacute;e &agrave; J3 sur la fr&eacute;quence des selles et la CRP, et la colectomie sera discut&eacute;e en cas de d&eacute;t&eacute;rioration ou d&rsquo;absence d&rsquo;am&eacute;lioration. En pratique, la pr&eacute;sence de &gt; 8 selles par jour ou l&rsquo;association de 3 &agrave; 8 selles par jour et d&rsquo;une CRP &gt; 45 mg/L est hautement pr&eacute;dictive de recours au traitement chirurgical (85% des cas)11. Cependant, le &laquo;&nbsp;timing&nbsp;&raquo; de cette chirurgie r&eacute;alis&eacute;e en semi-urgence est mal d&eacute;fini et repose essentiellement sur des avis d&rsquo;experts, qui le situent entre J4 et J72. Ils doivent cependant prendre en compte l&rsquo;introduction de th&eacute;rapeutiques m&eacute;dicales de seconde ligne : la ciclosporine et l&rsquo;infliximab ont d&eacute;montr&eacute; une efficacit&eacute; &eacute;quivalente chez les malades ayant r&eacute;sist&eacute; &agrave; la corticoth&eacute;rapie12. Cette attitude m&eacute;dicale semble avoir fait baisser le taux de colectomie en urgence de 30-70% &agrave; 10-20% 13. La probl&eacute;matique est d&rsquo;&eacute;viter de proposer trop pr&eacute;cocement la chirurgie chez un patient qui aurait r&eacute;pondu au traitement m&eacute;dical, sans augmenter la morbidit&eacute; et la mortalit&eacute; par une intervention r&eacute;alis&eacute;e trop tardivement. En effet, un d&eacute;lai trop long (&gt; 14 jours) entre l&rsquo;admission pour CAG et la colectomie subtotale triple la morbi-mortalit&eacute; postop&eacute;ratoire14. la figure 2 propose un arbre d&eacute;cisionnel issu d&rsquo;une conf&eacute;rence de consensus canadienne15.</p>
<h1>Indications d&rsquo;anastomose il&eacute;o-anale</h1>
<p>D&eacute;velopp&eacute;e par Parks et Nicholls en 1978, la CPT avec AIA est le traitement chirurgical de r&eacute;f&eacute;rence de la RCH car elle r&eacute;pond au double objectif de gu&eacute;rison (r&eacute;section de l&rsquo;ensemble de la muqueuse colorectale) et de conservation sphinct&eacute;rienne. L&rsquo;AIA peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e soit en 3 temps apr&egrave;s colectomie subtotale (la r&eacute;section consiste alors en une proctectomie compl&eacute;mentaire), soit en 2 temps avec CPT d&rsquo;embl&eacute;e. Le troisi&egrave;me &laquo;&nbsp;temps&nbsp;&raquo; fait ici r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la fermeture de l&rsquo;il&eacute;ostomie de protection. L&rsquo;AIA en 2 temps est indiqu&eacute;e en cas de r&eacute;sistance au traitement m&eacute;dical bien conduit, de rechutes pr&eacute;coces et fr&eacute;quentes, de dysplasie, de cancer colorectal, de microrectie ou de st&eacute;nose colique. Certains auteurs r&eacute;alisent, pour des malades s&eacute;lectionn&eacute;s, des CPT avec AIA en un temps, c&lsquo;est &agrave; dire sans il&eacute;ostomie de protection.<br />
	La d&eacute;nutrition et/ou l&rsquo;impr&eacute;gnation cortisonique doivent faire pr&eacute;f&eacute;rer une intervention chirurgicale en 3 temps&nbsp;: Colectomie subtotale avec il&eacute;o-sigmo&iuml;dostomie (premier temps) puis proctectomie et AIA prot&eacute;g&eacute;e par une il&eacute;ostomie (deuxi&egrave;me temps) enfin fermeture de l&rsquo;il&eacute;ostomie de protection (troisi&egrave;me temps).<br />
	Selon le consensus ECCO, une r&eacute;mission est obtenue sous traitement m&eacute;dical si la fr&eacute;quence des selles est inf&eacute;rieure &agrave; 3 par jour, sans saignement ni imp&eacute;riosit&eacute;3.. En cas de corticor&eacute;sistance ou d&rsquo;&eacute;chec des immunosuppresseurs, les anti-TNF sont g&eacute;n&eacute;ralement propos&eacute;s en premi&eacute;re ligne, et la chirurgie &eacute;lective en seconde ligne (ECCO 2012). Elle sera &eacute;galement propos&eacute;e chez des patients ayant des pouss&eacute;es fr&eacute;quentes (<em>i.e. </em>plus de 2 pouss&eacute;es par an) et des rechutes pr&eacute;coces(<em>i.e. </em>avant 3 mois de r&eacute;mission) malgr&eacute; un traitement m&eacute;dical bien conduit<a href="#_ENREF_1" title="Stange, 2008 #1050">1</a>. Contrairement &agrave; ce qui &eacute;tait avanc&eacute; au d&eacute;but de leur utilisation dans la RCH, la prise d&rsquo;anti TNF ne semble pas augmenter le taux de complication apr&egrave;s AIA16de m&ecirc;me les thiopurines.<br />
	Une m&eacute;ta-analyse a &eacute;valu&eacute; le risque de cancer colorectal dans la RCH &agrave; 2% apr&egrave;s 10 ans d&rsquo;&eacute;volution, 8% &agrave; 20 ans et 18% &agrave; 30 ans17. Plusieurs &eacute;tudes plus r&eacute;centes ont cependant revu ces chiffres &agrave; la baisse. Pour Rutter, le risque actuel de cancer&nbsp;&eacute;tait de 2,5% &agrave; 20 ans, 7,6% &agrave; 30 ans et 10.8% &agrave; 40 ans18 . Dans l&rsquo;&eacute;tude de registre de Jess19, il ne retrouvait de sur-risque de cancer colo-rectal que dans certains sous-groupes, notamment les colites anciennes et les malades ayant une cholangite scl&eacute;rosante associ&eacute;e. Une meilleure prise en charge th&eacute;rapeutique et la surveillance endoscopique expliquent probablement cette &eacute;volution. Le pronostic du cancer d&eacute;velopp&eacute; sur RCH &nbsp;semble &eacute;quivalent &agrave; celui des cancers colorectaux sporadiques avec une survie &agrave; 5 ans comparable (54% vs. 53%, <em>p</em> = 0,94). S&rsquo;il existe une indication op&eacute;ratoire indiscutable en cas de DALM (Dysplasia associated lesion mass), de dysplasie de haut grade ou de cancer, il n&rsquo;y a pas de consensus quant au traitement des l&eacute;sions en dysplasie de bas grade sur muqueuse plane ou en relief (ALM&nbsp;: sur muqueuse atteinte avec un pourtour non dysplasique, ou ad&eacute;nome&nbsp;: sur muqueuse saine). Les deux prises en charge possibles sont soit la chirurgie soit une surveillance endoscopique &eacute;troite, apr&egrave;s ex&eacute;r&eacute;se des ALM et ad&eacute;nomes17. Une &eacute;tude r&eacute;cente a cependant mis en &eacute;vidence un l&eacute;ger b&eacute;n&eacute;fice &agrave; opter pour la chirurgie en termes d&rsquo;ann&eacute;es ajust&eacute;es &agrave; la qualit&eacute; de vie et de co&ucirc;t21. Enfin, bien que la majorit&eacute; des st&eacute;noses coliques soient b&eacute;nignes, leur risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence est important (25%-30%). Toute st&eacute;nose colique doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme suspecte et donc &ecirc;tre op&eacute;r&eacute;e dans la RCH.<br />
	La contre-indication principale de l&rsquo;AIA est le mauvais &eacute;tat sphinct&eacute;rien. Celui-ci est &eacute;valu&eacute; avant tout par le toucher rectal mais aussi par une manom&eacute;trie ano-rectale, r&eacute;alis&eacute;e en cas de troubles sphinct&eacute;riens connus et chez les personnes &acirc;g&eacute;es de plus de 70 ans22. En effet, si la fonction sphinct&eacute;rienne est moins bonne chez le sujet &acirc;g&eacute;, les r&eacute;sultats fonctionnels de l&rsquo;AIA varient peu avec l&rsquo;&acirc;ge20. L&rsquo;&acirc;ge avanc&eacute;, seul, ne constitue donc pas une contre-indication &agrave; l&rsquo;AIA mais une &eacute;valuation de la fonction sphinct&eacute;rienne pr&eacute;op&eacute;ratoire est n&eacute;cessaire. La seconde contre-indication, relative, est le doute avec une maladie de Crohn. En effet, seuls des patients tr&egrave;s s&eacute;lectionn&eacute;s pr&eacute;sentant une maladie de Crohn colorectale avec un rectum non conservable et sans atteinte p&eacute;rin&eacute;ale ni gr&ecirc;le peuvent &ecirc;tre trait&eacute;s par AIA24. Certaines &eacute;tudes ont mis en &eacute;vidence une augmentation des &eacute;checs de r&eacute;servoir dans les cancers du rectum (16% <em>vs. </em>7%, <em>p </em>&lt; 0,01), du fait du traitement adjuvant et de la progression de la maladie25. Cependant, une &eacute;tude r&eacute;cente a compar&eacute; de mani&egrave;re r&eacute;trospective AIA et il&eacute;ostomie d&eacute;finitive&nbsp;dans les cancers du rectum sur RCH : 69% des tumeurs &eacute;taient de stade I et II, le taux d&rsquo;&eacute;chec de r&eacute;servoir &eacute;tait de 18% et le type d&rsquo;intervention n&rsquo;avait pas d&rsquo;impact sur le taux de r&eacute;cidive ni sur la survie. La conclusion des auteurs &eacute;tait que le cancer rectal&nbsp; de stade pr&eacute;coce ne devait pas contre-indiquer l&rsquo;AIA26.</p>
<h1>Anastomose il&eacute;o-anale et fertilit&eacute;</h1>
<p>La fertilit&eacute; pr&eacute;op&eacute;ratoire des patientes pr&eacute;sentant une RCH est comparable &agrave; celle de la population g&eacute;n&eacute;rale, y compris sous traitement m&eacute;dical27. En outre, la grossesse est d&rsquo;&eacute;volution normale en cas de quiescence de la maladie, mais son issue est plus incertaine en p&eacute;riode inflammatoire. Plusieurs &eacute;tudes ont &eacute;valu&eacute; la baisse de fertilit&eacute; apr&egrave;s AIA par laparotomie: si les r&eacute;sultats varient beaucoup d&rsquo;une &eacute;tude &agrave; l&rsquo;autre (17% &agrave; 93%), toutes montrent une fertilit&eacute; inf&eacute;rieure &agrave; celle de la population g&eacute;n&eacute;rale28 &nbsp;et 3 &nbsp;m&eacute;ta-analyses abondent dans ce sens, avec une infertilit&eacute; de 43% &agrave; 63% et un risque relatif (RR) de 3,2 &agrave; 3,9 (Tableau 2)29-31. Ces &eacute;tudes avaient conduit jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent &agrave; contre-indiquer de mani&egrave;re relative l&rsquo;AIA chez la femme jeune d&eacute;sireuse de grossesse.<br />
	Deux &eacute;tudes r&eacute;centes ont cependant remis en question cette attitude en &eacute;valuant l&rsquo;infertilit&eacute; apr&egrave;s AIA laparoscopique. Bartels <em>et al.</em> ont compar&eacute; 27 tentatives de grossesses apr&egrave;s AIA laparoscopique et 23 apr&egrave;s AIA par voie conventionnelle. Il existait une fertilit&eacute; sup&eacute;rieure dans le groupe laparoscopie (<em>p </em>= 0.023)5. Dans la seconde &eacute;tude portant sur 63 malades op&eacute;r&eacute;es par laparoscopie, le taux d&rsquo;infertilit&eacute; &eacute;tait de 27% et il n&rsquo;existait pas de diff&eacute;rence de fertilit&eacute; postop&eacute;ratoire avec des patientes ayant eu une appendicectomie (<em>p </em>= 0.397)6. Cette meilleure pr&eacute;servation de la fertilit&eacute; peut s&rsquo;expliquer d&rsquo;une part par la diminution des adh&eacute;rences pelviennes apr&egrave;s AIA laparoscopique32 et d&rsquo;autre part par la technique de dissection pelvienne qui, en l&rsquo;absence de dysplasie ou cancer, est r&eacute;alis&eacute;e au contact du rectum, respectant ainsi l&rsquo;anatomie tubo-ovarienne (en particulier les fossettes ovariennes). En cas d&rsquo;atteinte rectale (rectite, microrectie) ou de dysplasie / cancer, c&rsquo;est donc l&rsquo;AIA qui est indiqu&eacute;e y compris chez la femme jeune, mais la voie d&rsquo;abord laparoscopique doit &ecirc;tre privil&eacute;gi&eacute;e.</p>
<h1>Quand opter pour l&rsquo;anastomose il&eacute;o-rectale&nbsp;?</h1>
<p>La colectomie subtotale avec AIR semble permettre de conserver une fertilit&eacute; postop&eacute;ratoire &eacute;gale &agrave; celle de la population g&eacute;n&eacute;rale. Elle permet &eacute;galement d&rsquo;obtenir de meilleurs r&eacute;sultats fonctionnels que l&rsquo;AIA (fr&eacute;quence et consistance des selles, souillures diurnes et nocturnes, incontinence), sans pour autant &ecirc;tre associ&eacute;e &agrave; une meilleure qualit&eacute; de vie33. Elle peut donc constituer une alternative int&eacute;ressante &agrave; l&rsquo;AIA. La CPT avec AIR peut &ecirc;tre envisag&eacute;e si les trois crit&egrave;res suivants sont respect&eacute;s&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Rectum &laquo;&nbsp;conservable&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire peu inflammatoire et sans microrectie</li>
<li>RCH &eacute;voluant depuis moins de 10 ans</li>
<li>Absence de dysplasie/cancer2.</li>
</ul>
<p>Il est donc n&eacute;cessaire de r&eacute;aliser dans le bilan pr&eacute;op&eacute;ratoire une coloscopie compl&egrave;te pour s&rsquo;assurer de l&rsquo;absence de l&eacute;sion tumorale, une rectoscopie &agrave; la recherche d&rsquo;une inflammation et une rectographie aux hydrosolubles de profil, ou un scanner abdominopelvien avec rectographie et reconstruction sagittale, pour contr&ocirc;ler l&rsquo;absence de microrectie. On pourra alors envisager de r&eacute;aliser une AIR dans les indications suivantes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Doute sur le diagnostic de maladie de Crohn</li>
<li>Fonction sphinct&eacute;rienne alt&eacute;r&eacute;e, en particulier chez les patients &acirc;g&eacute;s de plus de 70 ans</li>
<li>Femme jeune d&eacute;sireuse de grossesse.</li>
</ul>
<h1>Place de l&rsquo;il&eacute;ostomie d&eacute;finitive</h1>
<p>L&rsquo;av&egrave;nement de l&rsquo;AIA a fait quasiment dispara&icirc;tre les indications de CPT avec il&eacute;ostomie d&eacute;finitive. Cette intervention sera principalement r&eacute;alis&eacute;e apr&egrave;s &eacute;chec d&rsquo;AIA, en cas d&rsquo;envahissement tumoral du sphincter anal, ou en cas de l&eacute;sion sphinct&eacute;rienne chez des patients qui ne peuvent pas b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une AIR34. A long terme, environ un quart des patients supportent mal leur il&eacute;ostomie sur un plan social. La confection d&rsquo;une il&eacute;ostomie continente (poche de Kock), o&ugrave; l&rsquo;&eacute;vacuation des selles est faite par un sondage r&eacute;gulier, permet d&rsquo;obtenir une qualit&eacute; de vie comparable &agrave; celle de la population g&eacute;n&eacute;rale. Cependant, cette intervention est techniquement difficile et associ&eacute;e &agrave; des complications postop&eacute;ratoires fr&eacute;quentes, en particulier des d&eacute;sinvaginations (42%)34.&nbsp; &nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tableaux &amp; Figures&nbsp;:</p>
<p class="legende">Tableau 1&nbsp;: Classification de Truelove &amp; Witts selon l&rsquo;activit&eacute; de la rectocolite ulc&eacute;ro-h&eacute;morragique9.</p>
<table align="center" border="1" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="141">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td width="81">
<p>Atteinte <br />
					l&eacute;g&egrave;re</p>
</td>
<td width="81">
<p>Atteinte <br />
					mod&eacute;r&eacute;e</p>
</td>
<td width="81">
<p>Atteinte <br />
					s&eacute;v&egrave;re</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="141">
<p>Nb de selles <br />
					sanglantes / jour</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&lt; 4</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>4 &#8211; 6</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&nbsp;&ge; 6</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="141">
<p>Pouls (bpm)</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&lt; 90</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>90</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&gt; 90</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="141">
<p>Temp&eacute;rature (&deg;C)</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&lt; 37,5</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>37,5 &#8211; 37,8</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&gt; 37,8</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="141">
<p>H&eacute;moglobin&eacute;mie (g/dL)</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&gt; 11,5</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>10,5 &#8211; 11,5</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&lt; 10,5</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="141">
<p>CRP (mg/L)</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>Normale</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&le; 30</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="81">
<p>&gt; 30</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Nb&nbsp;: nombre, bpm&nbsp;: battements par minute.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 2&nbsp;: Infertilit&eacute; apr&egrave;s AIA par laparotomie, r&eacute;sultats de trois m&eacute;ta-analyses.</p>
<div align="center">
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="121">
					M&eacute;ta-analyses</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">Ann&eacute;e</p>
</td>
<td width="87">
<p align="center">Patientes, n</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">Etiologie</p>
</td>
<td width="107">
<p align="center">Tentatives de<br />
						grossesse, n</p>
</td>
<td width="87">
<p align="center">Infertilit&eacute;, %</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="99">
<p align="center">Comparaison</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="121">
<p align="center">Waljee 29</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">2006</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">481</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">RCH + PAF</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="107">
<p align="center">-</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">48%</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="99">
<p align="center">RR=3.2 / PG</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="121">
<p align="center">Cornish 30</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">2007</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">650</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">RCH + PAF</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="107">
<p align="center">-</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">43%</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="99">
<p align="center">-</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td nowrap="nowrap" width="121">
<p align="center">Rajaratnam 31</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">2011</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">1076</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">RCH + PAF</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="107">
<p align="center">457</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="87">
<p align="center">63%</p>
</td>
<td nowrap="nowrap" width="99">
<p align="center">RR=3.9 / PG</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
<p>RCH&nbsp;: Rectocolite h&eacute;morragique&nbsp;; PAF&nbsp;: Polyad&eacute;nomatose familiale&nbsp;; RR = Risque Relatif&nbsp;; PG&nbsp;: Population G&eacute;n&eacute;rale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Figure 2&nbsp;: Arbre d&eacute;cisionnel pour la prise en charge des malades adultes hospitalis&eacute;s pour colite aigue grave selon Bitton et coll.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Rectocolite Hémorragique : quand opérer ?" height="819" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/berdah1.jpg" width="560" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Modalités pratiques et conditions de la consultation de transition</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/modalites-pratiques-et-conditions-de-la-consultation-de-transition/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La consultation de transition à l’adolescence en gastroentérologie et en hépatologie est une consultation déterminante (1, 3). Elle est à la fois l’occasion de découvrir le monde de la médecine d’adulte pour le patient, de faire la connaissance d’un nouveau malade (débuter une nouvelle relation durable) pour le médecin d’adulte, d’assurer la continuité des soins pour le pédiatre et de préparer la fin d’une relation étroite pour les parents, l’adolescent et le pédiatre. Elle survient aussi à une période critique de doute et de structuration psychologique de l’adolescent. Elle ne doit pas être une rupture mais bien une transition en douceur dans le parcours de soin du patient (4,5). C’est la raison pour laquelle elle doit être soigneusement préparée (6,7). La transmission des données médicales est essentielle mais ne suffit pas. Cette consultation doit répondre à des objectifs médicaux précis mais aussi aux attentes du patient et, bien souvent, de ses parents. C’est ainsi qu’elle doit aussi reposer sur un minimum de connaissance de la psychologie de l’adolescence, de la maladie chronique de l’enfant et de la psychologie particulière du patient et de sa famille. Enfin, de cette rencontre « détonante », chacun doit tirer bénéfice et ressortir rassuré. Quinze années de pratique d’une consultation commune de transition à l’adolescence en hépatologie nous ont permis d’acquérir une expérience pragmatique dans un domaine encore peu connu et souvent théorisé. Notre objectif est de donner un exemple de ce qui peut se faire avec ses avantages mais aussi ses faiblesses. Nous avons bien conscience que l’on peut faire mieux mais que les contraintes techniques ou géographiques peuvent aussi rendre impossible la reproduction de notre expérience.</p>
<h1>
Principales caractérisques de la période d’adolescence(8-10)
</h1>
<p>
Le terme d’adolescence est utilisé pour décrire une période critique de la vie, dont les limites sont floues, situées entre l’enfance et l’âge adulte durant laquelle l’enfant dépendant se transforme en un adulte indépendant. Ainsi, l’adolescent n’est plus un enfant mais pas encore un adulte. C’est une période de changements physiques (modifications physiques et sexuelles, transformations corporelles) sous-tendus par des processus neuro-hormonaux au cours de laquelle le corps devient sexué. Le travail de l’adolescence consiste à accepter cette nouvelle identité symbolisée par ce nouveau corps.
</p>
<p>
L’adolescence est une mouvance permanente. Le début, difficile à cerner, est marqué par l’amorce de la puberté, vers l’âge de 11 ans.  La durée s’inscrit difficilement dans un nombre d’année précis. La fin est aussi difficile à définir car les évolutions sociales indiquent que les jeunes ne deviennent souvent indépendants que bien après leur 20 ans en terme de logement et d’autonomie financière. C’est donc un long processus complexe fait d’expériences et de rencontres multiples. Le soutien des parents est nécessaire pour pouvoir mieux s’en distancier. Pour devenir lui-même, l’adolescent a besoin de se différencier de ses parents et de s’affirmer. Il va donc faire un travail de tri dans ce qu’il a reçu de ses parents, choisir ce qu’il veut garder et rejeter ce qui ne lui convient pas.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/modalites-pratiques-conditions.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/karl-barange-et-pierre-broue_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-de-lenfance-a-lage-adulte/165/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Expos&eacute; de synth&egrave;se : modalit&eacute;s pratiques et conditions de la consultation de transmition</li>
</ul>
<p>La consultation de transition &agrave; l&rsquo;adolescence en gastroent&eacute;rologie et en h&eacute;patologie est une consultation d&eacute;terminante (1, 3). Elle est &agrave; la fois l&rsquo;occasion de d&eacute;couvrir le monde de la m&eacute;decine d&rsquo;adulte pour le patient, de faire la connaissance d&rsquo;un nouveau malade (d&eacute;buter une nouvelle relation durable) pour le m&eacute;decin d&rsquo;adulte, d&rsquo;assurer la continuit&eacute; des soins pour le p&eacute;diatre et de pr&eacute;parer la fin d&rsquo;une relation &eacute;troite pour les parents, l&rsquo;adolescent et le p&eacute;diatre. Elle survient aussi &agrave; une p&eacute;riode critique de doute et de structuration psychologique de l&rsquo;adolescent. Elle ne doit pas &ecirc;tre une rupture mais bien une transition en douceur dans le parcours de soin du patient (4,5). C&rsquo;est la raison pour laquelle elle doit &ecirc;tre soigneusement pr&eacute;par&eacute;e (6,7). La transmission des donn&eacute;es m&eacute;dicales est essentielle mais ne suffit pas. Cette consultation doit r&eacute;pondre &agrave; des objectifs m&eacute;dicaux pr&eacute;cis mais aussi aux attentes du patient et, bien souvent, de ses parents. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle doit aussi reposer sur un minimum de connaissance de la psychologie de l&rsquo;adolescence, de la maladie chronique de l&rsquo;enfant et de la psychologie particuli&egrave;re du patient et de sa famille. Enfin, de cette rencontre &laquo;&nbsp;d&eacute;tonante&nbsp;&raquo;, chacun doit tirer b&eacute;n&eacute;fice et ressortir rassur&eacute;. Quinze ann&eacute;es de pratique d&rsquo;une consultation commune de transition &agrave; l&rsquo;adolescence en h&eacute;patologie nous ont permis d&rsquo;acqu&eacute;rir une exp&eacute;rience pragmatique dans un domaine encore peu connu et souvent th&eacute;oris&eacute;. Notre objectif est de donner un exemple de ce qui peut se faire avec ses avantages mais aussi ses faiblesses. Nous avons bien conscience que l&rsquo;on peut faire mieux mais que les contraintes techniques ou g&eacute;ographiques peuvent aussi rendre impossible la reproduction de notre exp&eacute;rience.</p>
<h1>Principales caract&eacute;risques de la p&eacute;riode d&rsquo;adolescence(8-10)</h1>
<p>Le terme d&rsquo;adolescence est utilis&eacute; pour d&eacute;crire une p&eacute;riode critique de la vie, dont les limites sont floues, situ&eacute;es entre l&rsquo;enfance et l&rsquo;&acirc;ge adulte durant laquelle l&rsquo;enfant d&eacute;pendant se transforme en un adulte ind&eacute;pendant. Ainsi, l&rsquo;adolescent n&rsquo;est plus un enfant mais pas encore un adulte. C&rsquo;est une p&eacute;riode de changements physiques (modifications physiques et sexuelles, transformations corporelles) sous-tendus par des processus neuro-hormonaux au cours de laquelle le corps devient sexu&eacute;. Le travail de l&rsquo;adolescence consiste &agrave; accepter cette nouvelle identit&eacute; symbolis&eacute;e par ce nouveau corps.</p>
<p>L&rsquo;adolescence est une mouvance permanente. Le d&eacute;but, difficile &agrave; cerner, est marqu&eacute; par l&rsquo;amorce de la pubert&eacute;, vers l&rsquo;&acirc;ge de 11 ans.&nbsp; La dur&eacute;e s&rsquo;inscrit difficilement dans un nombre d&rsquo;ann&eacute;e pr&eacute;cis. La fin est aussi difficile &agrave; d&eacute;finir car les &eacute;volutions sociales indiquent que les jeunes ne deviennent souvent ind&eacute;pendants que bien apr&egrave;s leur 20 ans en terme de logement et d&rsquo;autonomie financi&egrave;re. C&rsquo;est donc un long processus complexe fait d&rsquo;exp&eacute;riences et de rencontres multiples. Le soutien des parents est n&eacute;cessaire pour pouvoir mieux s&rsquo;en distancier. Pour devenir lui-m&ecirc;me, l&rsquo;adolescent a besoin de se diff&eacute;rencier de ses parents et de s&rsquo;affirmer. Il va donc faire un travail de tri dans ce qu&rsquo;il a re&ccedil;u de ses parents, choisir ce qu&rsquo;il veut garder et rejeter ce qui ne lui convient pas.</p>
<p>Cette phase s&rsquo;associe &agrave; des signes psychologiques remarquables&nbsp;: p&eacute;riode de souffrance (difficult&eacute; de se d&eacute;tacher de l&rsquo;enfance, recherche de l&rsquo;ind&eacute;pendance, et de la responsabilit&eacute;) et de joie (sentiment d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte&nbsp;: responsabilit&eacute;, prise de d&eacute;cision, maturit&eacute; physiologique et intellectuelle), crise d&rsquo;originalit&eacute; qui traduit une prise de conscience de soi et suscite un vigoureux sentiment de la valeur personnelle. L&rsquo;adolescent vit une ambivalence des sentiments et une variabilit&eacute; rapide de ceux-ci. L&rsquo;adolescent ne fait jamais les choses comme l&rsquo;adulte s&rsquo;y attend. Il vit aussi un sentiment d&rsquo;&eacute;tranget&eacute; li&eacute; &agrave; son corps sexu&eacute; et &agrave; ses conflits identificatoires qui conf&egrave;rent &agrave; cette p&eacute;riode une potentialit&eacute; d&eacute;pressive.</p>
<p>Au cours de son adolescence, le jeune doit passer des liens de l&rsquo;enfance &agrave; d&rsquo;autres liens affectifs. Ce passage est un temps de rupture et de s&eacute;paration qui se manifeste par un d&eacute;sinvestissement progressif des images parentales qui peut s&rsquo;accompagner d&rsquo;un sentiment de honte et de rejet plus ou moins violent de celles-ci. Ce d&eacute;sinvestissement s&rsquo;accompagne d&rsquo;une individuation de l&rsquo;adolescent&nbsp;: il est diff&eacute;rent de ses parents mais il ne sait pas encore qui il est. C&rsquo;est aussi la raison pour laquelle il a besoin de se rapprocher de pairs et de groupes d&rsquo;autres adolescents. La t&acirc;che essentielle de l&rsquo;adolescent est de r&eacute;pondre progressivement &agrave; cette question et de trouver son identit&eacute; propre.</p>
<p>L&rsquo;adolescent doit se reconnaitre &agrave; nouveau comme quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il aime, qu&rsquo;il estime et qui vaut la peine. Le comportement typique de l&rsquo;adolescent est donc une qu&ecirc;te de l&rsquo;identit&eacute; qui passe par une d&eacute;marche d&rsquo;int&eacute;riorisation et de repli vis-&agrave;-vis des adultes. Ne sachant pas qui il est, l&rsquo;adolescent va vivre diff&eacute;rentes exp&eacute;riences, adoptant parfois des conduites extr&ecirc;mes, lui permettant d&rsquo;explorer la vie jusqu&rsquo;aux limites de la mort recherchant ses propres limites mais aussi celle des adultes et de la soci&eacute;t&eacute;. Ces transformations profondes que vivent les adolescents s&rsquo;accompagnent de m&eacute;canismes de d&eacute;fense. Ce sont des r&eacute;ponses &agrave; l&rsquo;angoisse qui accompagne toute mutation. Ce sont des m&eacute;canismes &laquo;&nbsp;de survie&nbsp;&raquo; qui assurent la coh&eacute;sion psychique de l&rsquo;individu &nbsp;m&ecirc;me s&rsquo;ils sont d&eacute;rangeants et difficiles &agrave; contenir.</p>
<h1>R&eacute;actions psychologiques des parents face &agrave; la maladie chronique de l&rsquo;enfant&nbsp;(9, 1)</h1>
<p>Les parents d&rsquo;enfants atteints de maladie chronique d&eacute;veloppent plusieurs ph&eacute;nom&egrave;nes psychologiques avec des intensit&eacute;s et degr&eacute;s d&rsquo;association plus ou moins importants&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Angoisse&nbsp;: </strong>elle aboutit souvent &agrave; une permissivit&eacute; excessive. Ceci peut conduire l&rsquo;enfant &agrave; des troubles de l&rsquo;&eacute;dification des limites avec parfois des mises en danger importantes. Parfois l&rsquo;angoisse parentale contamine l&rsquo;enfant et il s&rsquo;enferme dans une d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de ses parents.</li>
<li><strong>D&eacute;pression&nbsp;:</strong> la maladie de l&rsquo;enfant peut occasionner un grand &eacute;pisode d&eacute;pressif parental et/ou une demande trop importante vis-&agrave;-vis de leur enfant (pour &ecirc;tre &laquo;&nbsp;r&eacute;par&eacute;s&nbsp;&raquo; par lui), ils lui demandent d&rsquo;&ecirc;tre un malade parfait.</li>
<li><strong>Agressivit&eacute; :</strong> elle se d&eacute;veloppe vis-&agrave;-vis de leur enfant et peut s&rsquo;exprimer de mani&egrave;re inconsciente de diff&eacute;rente mani&egrave;re. La plupart du temps elle est indirectement exprim&eacute;e et voire masqu&eacute;e. Elle peut aussi se diriger vers les soignants.</li>
<li><strong>Culpabilit&eacute;&nbsp;:</strong> m&ecirc;me si leur responsabilit&eacute; n&rsquo;est pas du tout engag&eacute;e dans la r&eacute;alit&eacute;, les parents ressentent une grande culpabilit&eacute; vis-&agrave;-vis de la maladie de leur enfant.</li>
</ul>
<h1>L&rsquo;adolescent malade (6, 8, 10)</h1>
<p>Une maladie &agrave; l&rsquo;adolescence peut entraver des processus maturatifs propres &agrave; cette p&eacute;riode. L&rsquo;adolescent peut &laquo;&nbsp;bloquer&nbsp;&raquo; son adolescence ou au contraire l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rer avec notamment des conduites &agrave; risque. Quand la maladie est apparue dans l&rsquo;enfance, les parents peuvent mal vivre l&rsquo;adolescence et avec l&rsquo;impression que le jeune va casser tous les efforts qu&rsquo;ils ont faits dans l&rsquo;enfance pour le soigner.</p>
<p>La maladie peut avoir des impacts positifs sur l&rsquo;adolescent&nbsp;: c&rsquo;est l&rsquo;occasion de se r&eacute;approprier sa maladie, d&rsquo;avoir un prise sur son avenir, de devenir un acteur dans ses soins par opposition &agrave; un &eacute;tat de passivit&eacute; pendant l&rsquo;enfance. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de prouver sa capacit&eacute; &agrave; assumer des responsabilit&eacute;s nouvelles.</p>
<p>La maladie peut avoir des impacts n&eacute;gatifs sur l&rsquo;adh&eacute;sion aux soins car elle renforce la peur de l&rsquo;avenir. Elle g&eacute;n&egrave;re une impression d&rsquo;&ecirc;tre diff&eacute;rent des autres et une peur de la d&eacute;pendance (traitement, m&eacute;decins, parents..) qui entrave l&rsquo;autonomie.</p>
<p>Pour les adolescents qui vont mal, le corps qui fait d&eacute;faut peut devenir un lieu d&rsquo;expression des conflits avec le d&eacute;sir de le faire souffrir. L&rsquo;inobservance est un mode de mise en danger. C&rsquo;est une modalit&eacute; relationnelle avec l&rsquo;entourage pour &agrave; la fois tester sa fiabilit&eacute; mais aussi tester ses limites.</p>
<p>La maladie peut entraver le processus d&rsquo;autonomisation. L&rsquo;adolescent est &agrave; la recherche d&rsquo;une autre identit&eacute; que celle d&rsquo;un malade. Il peut rejeter les autres adolescents, s&rsquo;exclure des groupes de jeunes et se jeter dans une d&eacute;pendance parentale. Il y a toujours chez lui des interrogations sur l&rsquo;influence de la maladie sur sa sexualit&eacute;, les risques de transmission &agrave; sa descendance&#8230;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h1>Les conditions de la consultation de transition (1, 6)</h1>
<p>La r&eacute;ussite du relais d&eacute;pend de la r&eacute;flexion commune men&eacute;e sur les enjeux et les modalit&eacute;s de cette &laquo;&nbsp;transition&nbsp;&raquo; puis de ce &laquo;&nbsp;transfert&nbsp;&raquo;. Cela n&eacute;cessite un <strong>investissement important</strong> des p&eacute;diatres, des m&eacute;decins d&rsquo;adulte, des familles et des adolescents eux-m&ecirc;mes.</p>
<p>Il faut vaincre des r&eacute;ticences. Le p&eacute;diatre a toujours du mal &agrave; interrompre des liens parfois tr&egrave;s forts qui le lient &agrave; une famille et un enfant. Dans le cas de maladies rares dont la survie, autrefois, n&rsquo;exc&eacute;dait pas l&rsquo;adolescence, il peut avoir des doutes sur l&rsquo;exp&eacute;rience des m&eacute;decins d&rsquo;adulte pour prendre en charge son patient et &ecirc;tre tent&eacute; de prolonger le suivi pour conna&icirc;tre l&rsquo;&eacute;volution ult&eacute;rieure de ces maladies. L&rsquo;adolescent peut avoir des craintes que le m&eacute;decin d&rsquo;adulte ne soit pas capable de comprendre sa maladie. Il peut avoir peur de perdre une relation privil&eacute;gi&eacute;e et percevoir un sentiment d&rsquo;abandon &agrave; un moment critique. Les parents vont partager les m&ecirc;mes craintes que leur adolescent malade, avoir peur d&rsquo;&ecirc;tre rel&eacute;gu&eacute;s au second plan alors qu&rsquo;ils constituent un soutien essentiel pour le jeune malade qu&rsquo;ils estiment encore incapable de se d&eacute;brouiller seul.</p>
<p><strong>Le changement d&rsquo;environnement doit ainsi &ecirc;tre pr&eacute;par&eacute;</strong> car il peut &ecirc;tre un facteur de d&eacute;stabilisation pour un jeune adulte habitu&eacute; &agrave; &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;. La consultation de transition permet d&rsquo;<strong>organiser un passage en douceur </strong>et &eacute;vite des transferts brusques toujours pr&eacute;judiciables. Ces consultations de transition doivent &ecirc;tre valoris&eacute;es et pr&eacute;sent&eacute;es comme une exp&eacute;rience positive pour permettre une projection pour un futur adulte. Elles doivent &ecirc;tre annonc&eacute;es des mois ou des ann&eacute;es &agrave; l&rsquo;avance pour permettre petit &agrave; petit &agrave; l&rsquo;adolescent de devenir l&rsquo;interlocuteur privil&eacute;gi&eacute; et &agrave; ses parents d&rsquo;accepter de passer en retrait tout en restant partie prenante dans la prise en charge.</p>
<p><strong>Le moment du transfert est plus fonction de l&rsquo;adolescent et de sa famille que de l&rsquo;&acirc;ge civil</strong> proprement dit. Id&eacute;alement, croissance et pubert&eacute; doivent &ecirc;tre achev&eacute;es, l&rsquo;adolescent et les parents paraissent d&eacute;sireux et pr&ecirc;ts et la maladie doit &ecirc;tre en phase calme. Il ne faut pas faire le passage pour des raisons de non compliance dans une ambiance v&eacute;cue comme punitive.</p>
<p>Entre le p&eacute;diatre et m&eacute;decin d&rsquo;adulte de la m&ecirc;me sp&eacute;cialit&eacute; doivent exister une confiance technique importante et une r&eacute;elle volont&eacute; d&rsquo;investissement personnel en temps et en &eacute;nergie pour assurer ce relais d&eacute;licat. Le p&eacute;diatre doit r&eacute;sumer l&rsquo;histoire du patient au travers d&rsquo;une pr&eacute;sentation formelle et/ou d&rsquo;un document de synth&egrave;se. R&eacute;ciproquement, le p&eacute;diatre doit &ecirc;tre inform&eacute; de la suite de l&rsquo;&eacute;volution par le m&eacute;decin d&rsquo;adulte. Le travail p&eacute;diatrique ne doit pas &ecirc;tre d&eacute;nigr&eacute; par le m&eacute;decin d&rsquo;adulte&nbsp;: &eacute;viter de recommencer des examens compl&eacute;mentaires d&eacute;j&agrave; effectu&eacute;s et/ou de modifier imm&eacute;diatement les traitements de fond d&egrave;s la premi&egrave;re consultation.</p>
<p>Il est important de reprendre de nouvelles explications sur la maladie et de r&eacute;pondre &agrave; de nouvelles questions. Une ou plusieurs consultations communes permettent de bien situer les objectifs et de r&eacute;pondre d&rsquo;une seule voix aux questions.</p>
<p><strong>L&rsquo;important est d&rsquo;avoir de la souplesse dans ce processus de passage fondamental.</strong></p>
<h1>Modalit&eacute;s pratiques de la consultation de transition (1)</h1>
<p>Notre exp&eacute;rience de consultation de transition &agrave; concern&eacute; plus de 150 adolescents atteints de maladies chroniques du foie<strong>.</strong></p>
<p>La proc&eacute;dure que nous utilisons a &eacute;volu&eacute; les premi&egrave;res ann&eacute;es pour &ecirc;tre toujours similaire depuis plus de 10 ans. Elle est sous-tendue par quelques principes simples.</p>
<p>La p&eacute;riode d&rsquo;adolescence n&rsquo;&eacute;tant pas d&eacute;finie, il n&rsquo;y a pas de crit&egrave;re d&rsquo;&acirc;ge. Le moment le plus opportun est certainement celui qui correspond au souhait de l&rsquo;adolescent valid&eacute; par sa famille. La seule condition est que la pubert&eacute; soit achev&eacute;e ainsi que la croissance. Alors, si la question n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; abord&eacute;e spontan&eacute;ment &agrave; la demande de l&rsquo;adolescent ou de ses parents, c&rsquo;est le p&eacute;diatre qui aborde la question de la transition.</p>
<p>Il y a d&rsquo;abord une pr&eacute;paration p&eacute;diatrique qui est effectu&eacute;e 1 &agrave; 2 ans auparavant en suscitant des questions sur l&rsquo;avenir &agrave; l&rsquo;&acirc;ge adulte. Au cours des consultations p&eacute;diatriques, lorsque la pubert&eacute; d&eacute;bute, l&rsquo;autonomisation de l&rsquo;adolescent sur son traitement et sa surveillance est pr&eacute;par&eacute;e. Cela n&eacute;cessite souvent de reprendre les explications sur la maladie qui sont alors per&ccedil;ues avec une &eacute;coute diff&eacute;rente. Il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;&ecirc;tre questionn&eacute; sur la vie adulte future, la possibilit&eacute; d&rsquo;avoir des enfants, de poursuivre des &eacute;tudes ou de travailler. De mani&egrave;re naturelle, la question du transfert vers la m&eacute;decine d&rsquo;adulte survient souvent au cours de ces entretiens. Nous indiquons alors &agrave; l&rsquo;adolescent les principes, modalit&eacute;s et conditions des consultations de transitions devant ses parents. C&rsquo;est l&rsquo;adolescent et lui seul qui d&eacute;termine le moment des premi&egrave;res consultations communes. Il est important de bien indiquer et de v&eacute;rifier que les parents n&rsquo;interviennent pas dans ce choix et qu&rsquo;ils lui en laissent la totale libert&eacute;. Si la d&eacute;cision vient &agrave; tarder alors que nous appr&eacute;cions un certain degr&eacute; de maturit&eacute;, il nous arrive d&rsquo;inciter en argumentant. Les explications sur les modalit&eacute;s de notre programme de transition sont habituellement compl&egrave;tes et donn&eacute;es entre l&rsquo;&acirc;ge 14 et de 16 ans. Nous expliquons que c&rsquo;est l&rsquo;adolescent qui choisira le moment lorsqu&rsquo;il (elle) se sentira pr&ecirc;t. La consultation peut &ecirc;tre suivie d&rsquo;autres consultations communes&nbsp; (habituellement 2 ou 3) selon la demande du patient. Les parents peuvent y assister s&rsquo;ils le souhaitent et c&rsquo;est souvent le cas &agrave; la premi&egrave;re. Nous indiquons aussi qu&rsquo;il faut que la maladie soit stable. Nous ne faisons aucune modification th&eacute;rapeutique avant une transition, tout doit avoir &eacute;t&eacute; valid&eacute; auparavant. Il arrive, dans certains cas, que nous discutions de la strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique &agrave; appliquer avant la premi&egrave;re consultation. Tout doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; en parfaite coordination pour que l&rsquo;adolescent et sa famille aient l&rsquo;impression d&rsquo;un transfert en douceur. Lorsque l&rsquo;annonce des modalit&eacute;s de la transition a &eacute;t&eacute; faite, le m&eacute;decin d&rsquo;adulte est automatiquement ajout&eacute; &agrave; la liste des correspondants du courrier. Le dernier courrier p&eacute;diatrique contient une synth&egrave;se claire de l&rsquo;histoire de la maladie et des temps forts ainsi que le descriptif pr&eacute;cis de l&rsquo;&eacute;tat du patient.</p>
<p>La premi&egrave;re consultation de transition peut se d&eacute;rouler &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital des enfants mais s&rsquo;effectue le plus souvent dans l&rsquo;unit&eacute; de m&eacute;decine adulte. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une consultation longue qui peut durer 1 heure.</p>
<p>Nous utilisons toujours le m&ecirc;me c&eacute;r&eacute;monial&nbsp;: nous nous rencontrons d&rsquo;abord quelques minutes entre m&eacute;decins dans la salle de consultation pour bien refaire le point du dossier et indiquer d&rsquo;&eacute;ventuelles particularit&eacute;s concernant l&rsquo;adolescent qui ne peuvent &ecirc;tre &eacute;crites. Ensuite, nous allons chercher le patient (et sa famille) ensemble dans la salle d&rsquo;attente, c&rsquo;est le premier contact avec la pr&eacute;sentation du m&eacute;decin d&rsquo;adulte par le p&eacute;diatre. Puis, c&rsquo;est le p&eacute;diatre qui commence la consultation en reprenant devant l&rsquo;adolescent l&rsquo;histoire de sa maladie, son &eacute;tat et son traitement actuel en utilisant le tutoiement. Le p&eacute;diatre parle sous le contr&ocirc;le du patient et de ses parents ce qui est souvent l&rsquo;occasion de questions compl&eacute;mentaires ou de commentaires. C&rsquo;est souvent &agrave; ce moment que le m&eacute;decin d&rsquo;adulte commence &agrave; intervenir, en utilisant le vouvoiement. Il suit souvent un temps d&rsquo;&eacute;change &agrave; 3 qui permet au patient de bien comprendre que nous sommes en parfaite coordination et compl&eacute;mentarit&eacute;. Le m&eacute;decin d&rsquo;adulte enchaine souvent sur l&rsquo;interrogatoire et compl&egrave;te les informations sur la vaccination, la contraception, l&rsquo;alcool, le tabac, les projets d&rsquo;avenir etc.&hellip; Il v&eacute;rifie aussi les connaissances et la perception que l&rsquo;adolescent a de sa maladie. Pendant cette phase, les parents sont souvent respectueux et silencieux mais le m&eacute;decin d&rsquo;adulte s&rsquo;efforce avant tout de s&rsquo;adresser &agrave; l&rsquo;adolescent pour clairement indiquer qu&rsquo;il (elle) reste l&rsquo;interlocuteur privil&eacute;gi&eacute;. Ensuite, l&rsquo;examen clinique est r&eacute;alis&eacute; par le m&eacute;decin d&rsquo;adulte tandis que le p&eacute;diatre reste assis et peut discuter avec les parents. C&rsquo;est le moment o&ugrave; se noue le premier contact physique entre le m&eacute;decin et son patient. Le reste de la consultation peut comporter une discussion sur la suite du programme th&eacute;rapeutique, des examens et du rythme des consultations ult&eacute;rieures ainsi que des modalit&eacute;s selon lesquelles sera organis&eacute; le suivi adulte. Il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;indiquer comment se feront d&rsquo;&eacute;ventuelles hospitalisations (il peut m&ecirc;me y avoir une visite propos&eacute;e de l&rsquo;unit&eacute; adulte). Nous essayons de ne pas effectuer de modification th&eacute;rapeutique lors de ce premier contact et de respecter le rythme de suivi ant&eacute;rieurement &eacute;tabli. Le m&eacute;decin d&rsquo;adulte indique aussi ses coordonn&eacute;es.</p>
<p>Lors du second contact, la dur&eacute;e de la consultation est habituellement plus courte et se rapproche d&rsquo;une consultation habituelle. C&rsquo;est le m&eacute;decin d&rsquo;adulte qui m&egrave;ne l&rsquo;ensemble de la consultation, r&eacute;alise les ordonnances. Le p&eacute;diatre n&rsquo;est plus l&agrave; que pour r&eacute;pondre &agrave; d&rsquo;ultimes questions. Il s&rsquo;agit souvent du dernier contact en accord avec l&rsquo;adolescent. Il est courant que cette seconde consultation se d&eacute;roule sans les parents. Sinon, habituellement, ils s&rsquo;effacent lors de la consultation suivante.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas rare que le p&eacute;diatre reste en contact avec la famille et/ou le patient par la suite. Les sollicitations compl&eacute;mentaires m&eacute;dicales se font parfois au d&eacute;but &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une absence du m&eacute;decin d&rsquo;adulte. Les r&eacute;ponses doivent toujours indiquer que c&rsquo;est le m&eacute;decin d&rsquo;adulte qui est le r&eacute;f&eacute;rent d&eacute;sormais et que tout doit &ecirc;tre valid&eacute; par lui. Si le r&eacute;f&eacute;rent adulte n&rsquo;est pas absent, pour toute question m&eacute;dicale, l&rsquo;appel lui est transmis. Il est fr&eacute;quent que les patients viennent rendre visite au p&eacute;diatre ou le croisent &agrave; l&rsquo;occasion de sa venue pour d&rsquo;autres consultations de transitions aux consultations adultes. Ces contacts sont toujours l&rsquo;occasion de v&eacute;rifier que la transition s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e dans de bonnes conditions. Que le patient comme ses parents ne se sont pas sentis &laquo;&nbsp;l&acirc;ch&eacute;s&nbsp;&raquo; par le p&eacute;diatre et que le m&eacute;decin d&rsquo;adulte est bien investi de toute la confiance du patient et de sa famille. Le m&eacute;decin d&rsquo;adulte continue d&rsquo;adresser les courriers au p&eacute;diatre. Il est tr&egrave;s courant qu&rsquo;une discussion th&eacute;rapeutique voire diagnostique s&rsquo;enclenche plusieurs ann&eacute;es apr&egrave;s la consultation de transition &agrave; l&rsquo;occasion de nouvelles donn&eacute;es scientifiques ou de probl&egrave;mes particuliers. Les patients en sont inform&eacute;s et cet &eacute;l&eacute;ment est tr&egrave;s important pour investir le m&eacute;decin d&rsquo;adulte.</p>
<p>Dans notre exp&eacute;rience, nous avons observ&eacute;s tr&egrave;s peu de &laquo;&nbsp;perdus de vue&nbsp;&raquo; m&ecirc;me si nous avons a d&eacute;plor&eacute; quelques &eacute;checs toujours en rapport avec un passage insuffisamment pr&eacute;par&eacute; ou une situation clinique ou th&eacute;rapeutique instable.</p>
<h1>Conclusion</h1>
<p>L&rsquo;adolescence est une p&eacute;riode de grande instabilit&eacute; physique et psychique. L&rsquo;existence d&rsquo;une maladie chronique imposant un suivi r&eacute;gulier voire un traitement rend le contexte encore plus complexe. C&rsquo;est pourtant &agrave; ce moment de la vie du patient que le transfert doit naturellement s&rsquo;effectuer avec les risques de perte d&rsquo;adh&eacute;sion au programme de suivi et de compliance th&eacute;rapeutique. Un long travail de pr&eacute;paration est r&eacute;alis&eacute; en amont par le p&eacute;diatre pour ce passage en douceur toujours r&eacute;alis&eacute; avec l&rsquo;approbation du patient. Un r&eacute;el investissement est indispensable par le m&eacute;decin d&rsquo;adultes (temps de consultation plus long, formation &agrave; des maladies mal connues au stade adulte, int&eacute;gration du cursus scolaire dans le plan th&eacute;rapeutique, prise en compte de l&rsquo;environnement&nbsp; parental&hellip;).</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>JP Dommergues, P Alvin. Le relais entre p&eacute;diatres et m&eacute;decins d&rsquo;adultes dans les maladies chroniques de l&rsquo;enfant. Arch Pediatr 2003&nbsp;; 10&nbsp;:295-299</li>
<li>JL Pinzon, KJ Jacobson, J Reiss. Say goodbye and say hello&nbsp;: the transition from pediatric to adult gastroenterology. Can J&nbsp; Gastroenterol 2004; 18:735-742.</li>
<li>Reiss J, Gibson R. Health care transition: destinations unknown. Pediatrics 2002;110:1307&ndash;14.</li>
<li>P Jacquin, M Levine. Difficult&eacute;s d&rsquo;observance dans les maladies chroniques &agrave; l&rsquo;adolescence : comprendre pour agir. Arch Pediatr 2008&nbsp;; 12&nbsp;:89-94</li>
<li>Berquist RK, Berquist WE, Esquivel CO, et al. Adolescent non-adherence: prevalence and consequences in liver transplant recipients. Pediatr Transplant 2006;10:304&ndash;10.</li>
<li>P Alvin. Maladie chronique &agrave; l&rsquo;adolescence&nbsp;: dix questions pertinentes. Arch Pediatr 2003&nbsp;; 10&nbsp;:360-366.</li>
<li>C Stheneur et al. La premi&egrave;re consultation avec un adolescent. Arch Pediatr 2009&nbsp;; 16&nbsp;:1309-1312</li>
<li>Michaud PA, Suris JC, Viner R. The adolescent with a chronic condition. Part 2. Arch Dis Child 2004;89:943&ndash;9.</li>
<li>C Jousselme, JP Visier, JP Raynaud. Relation m&eacute;decin-malade, personnalisation de la prise en charge m&eacute;dicale avec l&rsquo;enfant, l&rsquo;adolescent. Cours de modules transdisciplinaire d&rsquo;apprentissage de l&rsquo;exercice m&eacute;dical 2008.</li>
<li>P Alvin. &laquo;&nbsp;Jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 18 ans&nbsp;&raquo;. Arch Pediatr 2004&nbsp;; 11&nbsp;: 1159-1162</li>
</ol>
<h1>Les 4 points forts</h1>
<ol>
<li>La consultation de transition repose sur une volont&eacute; de r&eacute;ussite et un investissement personnel en temps et en formation des m&eacute;decins p&eacute;diatres comme des m&eacute;decins d&rsquo;adulte.</li>
<li>La ou les consultations de transition doivent &ecirc;tre pr&eacute;par&eacute;es une ou deux ann&eacute;es auparavant par le p&eacute;diatre en concertation avec le m&eacute;decin d&rsquo;adulte</li>
<li>La consultation de transition doit d&eacute;rouler pendant une p&eacute;riode de stabilit&eacute; clinique et th&eacute;rapeutique de l&rsquo;adolescent.</li>
<li>Le passage de la prise en charge p&eacute;diatrique vers le milieu adulte doit se faire en douceur et peut n&eacute;cessiter plusieurs consultations de transition.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Béta-bloquants et cirrhose : quand les commencer et quand les arrêter</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[PDF Diaporama]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/betabloquants-cirrhose.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/cales-paul_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <!-- <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2012/MICI/Seirafi%20Mariam%20-%20Grossesse%20et%20MICI/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> &#8211;></div>
<p><strong>Abr&eacute;viations&nbsp;:</strong></p>
<p style="margin-left: 40px;">GPH&nbsp;: gradient de pression h&eacute;patique <br />
	HTA&nbsp;: hypertension art&eacute;rielle<br />
	HTP&nbsp;: hypertension portale <br />
	ILA&nbsp;: infection du liquide d&rsquo;ascite <br />
	TIPS&nbsp;: shunt transjugulaire intrah&eacute;patique porto-syst&eacute;mique <br />
	VO&nbsp;: varice &oelig;sophagienne</p>
<h1><a id="_Toc339621775" name="_Toc339621775">Introduction</a></h1>
<p>La 1ere conf&eacute;rence de consensus sur l&rsquo;hypertension portale (HTP) a eu lieu en France en 1999, elle a &eacute;t&eacute; actualis&eacute;e par une 2e conf&eacute;rence en 2003 [<a href="#_ENREF_1" title="Lebrec, 2005 #72">1</a>]. Depuis, de nombreuses recommandations nationales et quelques unes sp&eacute;cifiques (par ex. en p&eacute;diatrie) ont &eacute;t&eacute; &eacute;mises.<br />
	Parall&egrave;lement, des recommandations internationales ont &eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement actualis&eacute;es&nbsp;soit par des soci&eacute;t&eacute;s savantes (AASLD, APASL) soit par des groupes internationaux&nbsp;dont le plus important est celui de Baveno. Les recommandations de Baveno V sont la r&eacute;f&eacute;rence de base actuelle [<a href="#_ENREF_2" title="de Franchis, 2010 #3">2</a>].<br />
	Si l&rsquo;on consid&egrave;re les m&eacute;ta-analyses&nbsp;&laquo;&nbsp;b&eacute;ta-bloquants et HTP&quot;, on en rel&egrave;ve 27 de 1990 &agrave; 2012 avec un regain depuis 2007&nbsp;: 13 m&eacute;ta-analyses dans les 5 derni&egrave;res ann&eacute;es <strong>(tableau 1)</strong>.<br />
	L&rsquo;efficacit&eacute; des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs ou de la ligature &eacute;lastique n&rsquo;est plus &agrave; d&eacute;montrer en pr&eacute;vention primaire et secondaire de l&rsquo;h&eacute;morragie par HTP. Pourtant, la prescription des b&eacute;ta-bloquants semble toujours perfectible selon une enqu&ecirc;te am&eacute;ricaine r&eacute;cente [<a href="#_ENREF_3" title="Maddur, 2011 #4">3</a>]. <br />
	Les questions actuelles sont&nbsp;:</p>
<ul>
<li>la place respective des B&eacute;ta-bloquants et de la ligature &eacute;lastique ,</li>
<li>l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de leur association,</li>
<li>l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;autre association comme B&eacute;ta-bloquants + d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s</li>
<li>d&rsquo;autres indications des b&eacute;ta-bloquants comme la pr&eacute;vention de l&rsquo;infection du liquide d&rsquo;ascite (ILA) et une am&eacute;lioration de la mortalit&eacute; ind&eacute;pendante de l&rsquo;h&eacute;morragie,</li>
<li>la tol&eacute;rance des b&eacute;ta-bloquants dans certaines situations comme l&rsquo;ascite r&eacute;fractaire.</li>
</ul>
<p>N&rsquo;est abord&eacute;e ici que l&rsquo;HTP li&eacute;e &agrave; la cirrhose chez l&rsquo;adulte.</p>
<h1><a id="_Toc339621776" name="_Toc339621776">Indications</a></h1>
<h2><a id="_Toc339621777" name="_Toc339621777">Indications sp&eacute;cifiques&nbsp;de l&rsquo;HTP</a></h2>
<p>Les indications des b&eacute;ta-bloquants sp&eacute;cifiques &agrave; l&rsquo;HTP sont bas&eacute;es sur les recommandations et les m&eacute;ta-analyses.&nbsp;Elles d&eacute;pendent du type de pr&eacute;vention et de l&eacute;sion. L&rsquo;indication de base concerne la rupture de varice &oelig;sophagienne (VO).</p>
<h3><a id="_Toc339621778" name="_Toc339621778">Selon le type de pr&eacute;vention</a></h3>
<h4>Pr&eacute;vention pr&eacute;-primaire</h4>
<p>C&rsquo;est la pr&eacute;vention de l&rsquo;apparition de (grosses) VO (<strong>figure 1</strong>). Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>
	&laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;indication, actuellement, d&rsquo;utiliser les &beta;-bloquants b&eacute;ta-bloquants pour pr&eacute;venir la formation des varices &raquo;</p>
<h4>Pr&eacute;vention primaire</h4>
<p>C&rsquo;est la pr&eacute;vention de la premi&egrave;re h&eacute;morragie (<strong>figure 1</strong>).</p>
<h5>Patients avec petites varices</h5>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les patients avec petites varices et des z&eacute;brures rouges ou de la classe C de Child ont un risque accru d&rsquo;h&eacute;morragie et devraient &ecirc;tre trait&eacute;s par des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs (5, D). <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em><br />
	Les patients avec petites varices, sans signe de risque accru, peuvent &ecirc;tre trait&eacute;s par beta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; pour pr&eacute;venir la progression des varices et l&rsquo;h&eacute;morragie. Des &eacute;tudes compl&eacute;mentaires sont n&eacute;cessaires pour confirmer ce b&eacute;n&eacute;fice.&nbsp;&raquo; <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em></p>
<p>Commentaire&nbsp;: les petites varices avec des z&eacute;brures rouges sont exceptionnelles. C&rsquo;est une prescription hors AMM.</p>
<h5>Patients avec varices de taille moyenne ou grande</h5>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>&laquo; Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs ou la ligature &eacute;lastique&nbsp; des varices sont recommand&eacute;s pour la pr&eacute;vention de la premi&egrave;re h&eacute;morragie par rupture de varices moyennes ou grandes (1a, A). <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.&nbsp; </em><br />
	Le choix du traitement devrait &ecirc;tre bas&eacute; sur l&rsquo;expertise et les ressources locales, la pr&eacute;f&eacute;rence et les caract&eacute;ristiques du patient, les effets secondaires et les contre-indications (5, D).<br />
	Le carvedilol est une alternative prometteuse (1b, A) qui n&eacute;cessite des &eacute;tudes compl&eacute;mentaires. <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em><br />
	Le traitement par shunt, la scl&eacute;roth&eacute;rapie endoscopique et le mono-nitrate d&rsquo;isosorbide <em>seuls</em> ne devraient pas &ecirc;tre utilis&eacute;s en pr&eacute;vention de la premi&egrave;re rupture de varices (1a, A).<br />
	Il n&rsquo;y a pas assez de donn&eacute;es pour recommander l&rsquo;utilisation des beta-bloquants non s&eacute;lectifs en combinaison avec le 5&nbsp;mono-nitrate d&rsquo;isosorbide, la spironolactone ou la ligature &eacute;lastique&nbsp; pour la pr&eacute;vention primaire. <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em></p>
<p>Commentaire&nbsp;: la r&eacute;elle nouveaut&eacute; est la possibilit&eacute; de faire de la ligature &eacute;lastique en pr&eacute;vention primaire. Ceci est discut&eacute; plus loin. La strat&eacute;gie globale de la pr&eacute;vention primaire est pr&eacute;sent&eacute;e dans la <strong>figure 2</strong>.</p>
<h4>Pr&eacute;vention secondaire</h4>
<p>C&rsquo;est la pr&eacute;vention de la r&eacute;cidive h&eacute;morragique (<strong>figure 1</strong>).</p>
<h5>P&eacute;riode o&ugrave; d&eacute;buter la pr&eacute;vention secondaire</h5>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>&laquo;&nbsp;La pr&eacute;vention secondaire devrait d&eacute;buter d&egrave;s que possible &agrave; partir du 6e jour apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;pisode de rupture variqueuse (5, D).<br />
	La date du d&eacute;but de la pr&eacute;vention secondaire devrait &ecirc;tre document&eacute;e.&nbsp;&raquo;</p>
<h5>Patients avec cirrhose</h5>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>&laquo;&nbsp;La combinaison d&rsquo;un &beta;-bloquant et de la ligature &eacute;lastique&nbsp; est le traitement pr&eacute;f&eacute;r&eacute;, car il r&eacute;sulte en une moindre r&eacute;cidive, compar&eacute; &agrave; l&rsquo;un des deux traitements seuls. <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em><br />
	La r&eacute;ponse h&eacute;modynamique au traitement pharmacologique fournit une information sur le risque de r&eacute;cidive h&eacute;morragique et la survie.<br />
	L&rsquo;addition de mononitrate d&rsquo;isosorbide aux &beta;-bloquants peut am&eacute;liorer l&rsquo;efficacit&eacute; du traitement chez les non-r&eacute;pondeurs h&eacute;modynamiques. &raquo; <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em></p>
<h5>Cas particuliers</h5>
<h6>Patients cirrhotiques qui ne peuvent ou ne souhaitent pas &ecirc;tre trait&eacute;s par LE</h6>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>Les &beta;-bloquants b&eacute;ta-bloquants avec le mononitrate d&rsquo;isosorbide est l&rsquo;option pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e. <em>Cet item est une nouveaut&eacute;.</em></p>
<h6>Patients cirrhotiques qui ont une contre-indication ou une intol&eacute;rance aux &beta;-bloquants</h6>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<p>La ligature &eacute;lastique&nbsp; est le traitement pr&eacute;f&eacute;r&eacute;.</p>
<h6>Patients chez lesquels les &beta;-bloquants sont contre-indiqu&eacute;s ou inefficaces et qui ne peuvent pas &ecirc;tre manag&eacute;s par les traitements non-d&eacute;rivatifs</h6>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</p>
<div>
	Le shunt transjugulaire intrah&eacute;patique porto-syst&eacute;mique (TIPS) (4, C) ou le shunt chirurgical (4, C) devraient &ecirc;tre envisag&eacute;s.</div>
<h3><a id="_Toc339621779" name="_Toc339621779">Selon le type de l&eacute;sion</a></h3>
<h4>Varices &oelig;sophagiennes</h4>
<p>Toutes les recommandations pr&eacute;c&eacute;dentes concernent les VO qui sont bien document&eacute;es par de nombreuses &eacute;tudes randomis&eacute;es ou m&eacute;ta-analyses ce qui n&rsquo;est pas souvent le cas pour les autres sources d&rsquo;h&eacute;morragie li&eacute;es &agrave; l&rsquo;HTP.</p>
<h4>Varices gastriques</h4>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes : <br />
	-La <em>pr&eacute;vention primaire</em>&nbsp;repose sur une recommandation t&eacute;nue :</p>
<div>
	&laquo;&nbsp;En d&eacute;pit de l&rsquo;absence de donn&eacute;es sp&eacute;cifiques d&rsquo;&eacute;tudes prophylactiques, les patients avec varices gastriques peuvent &ecirc;tre trait&eacute;s par&nbsp; b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs.&nbsp;&raquo;</div>
<p>Commentaires&nbsp;: depuis a &eacute;t&eacute; publi&eacute;e une &eacute;tude randomis&eacute;e montrant que la colle biologique (cyanoacrylate) &eacute;tait plus efficace que les beta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; en pr&eacute;vention primaire des varices gastriques [<a href="#_ENREF_4" title="Mishra, 2011 #5">4</a>].</p>
<p>-La <em>pr&eacute;vention secondaire</em>&nbsp;d&eacute;pend du type de varices (<strong>figure 3</strong>) :<br />
	<em>*Patients qui ont saign&eacute; de varices gastriques isol&eacute;es de type I (IVG1) ou de varices gastro-&oelig;sophagiennes de type II (GOV2)&nbsp;:</em></p>
<div>
<p>Le N-butyl-cyanoacrylate (1b, A) ou le TIPS (2b, B) sont recommand&eacute;s.</p>
</div>
<p><em>*Patients qui ont saign&eacute; de varices gastro-&oelig;sophagiennes de type I (GOV1)<strong>&nbsp;:</strong></em></p>
<div>
<p>Ces patients peuvent &ecirc;tre trait&eacute;s par colle biologique, ligature &eacute;lastique des varices &oelig;sophagiennes ou b&eacute;ta-bloquants (2b, B).</p>
</div>
<p>Commentaires&nbsp;: il est surprenant de voir que pour une h&eacute;morragie par GOV1, certes moins fr&eacute;quente mais tout aussi grave que celle des VO, il soit recommand&eacute; b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs ou ligature &eacute;lastique et non les deux comme pour les VO. Par contre, il a &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment montr&eacute; que l&rsquo;adjonction de b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs &agrave; la colle biologique n&rsquo;apportait pas de b&eacute;n&eacute;fice [<a href="#_ENREF_5" title="Hung, 2012 #6">5</a>] . De m&ecirc;me, une autre &eacute;tude r&eacute;cente a sugg&eacute;r&eacute; la sup&eacute;riorit&eacute; de la colle sur les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs en terme de r&eacute;cidive h&eacute;morragique et de mortalit&eacute; [<a href="#_ENREF_6" title="Mishra, 2010 #7">6</a>] par la m&ecirc;me &eacute;quipe qu&rsquo;en pr&eacute;vention primaire.</p>
<h4>Gastropathie d&rsquo;HTP</h4>
<ul>
<li>Pr&eacute;vention primaire&nbsp;:&nbsp;pas de recommandation Baveno V ce qui est justifi&eacute; vu la faible gravit&eacute; et pr&eacute;valence de ce type de saignement.</li>
<li>Pr&eacute;vention secondaire&nbsp;: les recommandations Baveno V&nbsp;sont les suivantes :</li>
</ul>
<div>Les b&eacute;ta-bloquants devraient &ecirc;tre utilis&eacute;s pour la pr&eacute;vention de la r&eacute;cidive h&eacute;morragique.</div>
<p>Commentaires&nbsp;: avant d&rsquo;attribuer un saignement &agrave; une gastropathie, il faut s&rsquo;assurer de ne pas n&eacute;gliger une autre source telle que des varices mal visualis&eacute;es dans un contexte d&rsquo;urgence. Dans le cas de la confirmation ult&eacute;rieure de varice (en particulier fundiques), l&rsquo;attitude minimale sera de consid&eacute;rer leur pr&eacute;vention primaire par b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs .</p>
<h4>Ectasies vasculaires antrales</h4>
<p>Aucune recommandation Baveno V&nbsp;! Le traitement doit &ecirc;tre endoscopique [<a href="#_ENREF_7" title="Ripoll, 2010 #9">7</a>] . Le traitement n&rsquo;est pas celui de l&rsquo;hyperpression portale car un traitement par b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs est au mieux inefficace alors qu&rsquo;un traitement d&eacute;rivatif pourrait &ecirc;tre pire car aggravant les ectasies.</p>
<h4>Ascite</h4>
<p>Aucune recommandation Baveno V&nbsp;! Ceci est du au fait que ce groupe laisse les recommandations au club international de l&rsquo;ascite et cr&eacute;e un vide. En effet, plusieurs &eacute;tudes randomis&eacute;es ont sugg&eacute;r&eacute; un effet favorable des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; en pr&eacute;vention primaire de l&rsquo;ascite [<a href="#_ENREF_8" title="Cales, 1991 #71">8</a>].</p>
<h2><a id="_Toc339621780" name="_Toc339621780">Indications non sp&eacute;cifiques de l&rsquo;HTP</a></h2>
<p>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; ont des indications tr&egrave;s fr&eacute;quentes en dehors de l&rsquo;HTP, en premier lieu l&rsquo;hypertension art&eacute;rielle (HTA). Il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; que les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs, comme le propranolol, &eacute;taient aussi capables de traiter l&rsquo;HTA au cours de la cirrhose [<a href="#_ENREF_9" title="Sharma, 2010 #12">9</a>]. Cependant, on peut se demander si en pareil cas, il ne serait pas plus int&eacute;ressant de prescrire un b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectif&nbsp; plus puissant, d&rsquo;un point de vue h&eacute;modynamique, comme le carvedilol [<a href="#_ENREF_10" title="Bosch, 2010 #10">10</a>]. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus int&eacute;ressant que le carvedilol pourrait avoir un effet anti-fibrosant notamment h&eacute;patique [<a href="#_ENREF_11" title="Hamdy, 2012 #13">11</a>] et qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute; que les h&eacute;patopathies avec HTA pourraient avoir plus de fibrose h&eacute;patique qu&rsquo;en l&rsquo;absence d&rsquo;HTA [<a href="#_ENREF_12" title="Corey, 2009 #15">12</a>].</p>
<h2><a id="_Toc339621781" name="_Toc339621781">Modalit&eacute;s</a></h2>
<h3><a id="_Toc339621782" name="_Toc339621782">Propranolol</a></h3>
<p>C&rsquo;est le b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectif chef de file dans l&rsquo;HTP. C&rsquo;est donc celui qui b&eacute;n&eacute;ficie le plus d&rsquo;&eacute;tudes. La pharmacologie au cours de la cirrhose est mal connue pourtant elle a &eacute;t&eacute; bien &eacute;tudi&eacute;e [<a href="#_ENREF_13" title="Cales, 1989 #16">13</a>]. On peut prescrire d&rsquo;embl&eacute;e 160 mg/j de la forme retard (ou 80 mg/j si on dispose de cette forme) sauf si l&rsquo;on craint une mauvaise tol&eacute;rance (<strong>tableau 2</strong>). Classiquement, l&rsquo;objectif est de r&eacute;duire la fr&eacute;quence cardiaque de 25%. En r&eacute;alit&eacute;, la diminution moyenne dans les &eacute;tudes est de 22%. L&rsquo;objectif est d&rsquo;obtenir une fr&eacute;quence cardiaque entre 50 et 60/min. Cela doit &ecirc;tre plus consid&eacute;r&eacute; comme un marqueur de compliance puisque l&rsquo;on ne recherche pas de dose minimale efficace. En effet, le seuil toxique du propranolol est situ&eacute; &agrave; plus de 400 mg/j. D&rsquo;autre part, quelques &eacute;tudes ont sugg&eacute;r&eacute; qu&rsquo;une dose &eacute;lev&eacute;e &eacute;tait un gage de meilleure efficacit&eacute; tant en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_14" title="Cales, 1992 #17">14</a>] qu&rsquo;en pr&eacute;vention secondaire [<a href="#_ENREF_15" title="Muntaner, 2010 #18">15</a>] .</p>
<h3><a id="_Toc339621783" name="_Toc339621783">Nadolol</a></h3>
<p>Il a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute; dans plusieurs &eacute;tudes randomis&eacute;es. La posologie moyenne est de 60 mg/j (&eacute;chelle&nbsp;: 20-160). On peut commencer &agrave; 20 mg/j et augmenter par pallier de 20 mg/j tous les 3 jours si la tol&eacute;rance est bonne, la fr&eacute;quence cardiaque &gt; 50 /min et la pression art&eacute;rielle systolique &gt; 90 mm Hg [<a href="#_ENREF_10" title="Bosch, 2010 #10">10</a>]. Il peut &ecirc;tre utilis&eacute; en cas d&rsquo;effets ind&eacute;sirables neurologiques centraux attribu&eacute;s au propranolol car le nadolol, peu liposoluble, franchit peu la barri&egrave;re h&eacute;mato-m&eacute;ning&eacute;e. C&rsquo;est une prescription hors AMM.</p>
<h3><a id="_Toc339621784" name="_Toc339621784">Carvedilol</a></h3>
<p>Ce b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectif&nbsp; est particulier car il poss&egrave;de aussi une faible activit&eacute;&nbsp; anti-alpha 1 adr&eacute;nergique. Son effet sur la pression portale est sup&eacute;rieur &agrave; celui du propranolol mais ceci se fait aux d&eacute;pens aussi d&rsquo;un effet plus prononc&eacute; sur la pression art&eacute;rielle. C&rsquo;est pourquoi, il ne devrait &ecirc;tre prescrit chez un malade Child C que sous certaines conditions (<strong>tableau 2</strong>). Dans une &eacute;tude randomis&eacute;e, il s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; sup&eacute;rieur &agrave; la ligature &eacute;lastique en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_16" title="Tripathi, 2009 #19">16</a>] mais on manque de validation&nbsp;; c&rsquo;est pourquoi il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; retenu dans les indications des recommandations Baveno V. Il y a deux situations o&ugrave; il peut &ecirc;tre utilis&eacute;&nbsp;: soit en 1ere ligne en cas d&rsquo;HTA, soit en 2e ligne en cas de non r&eacute;ponse h&eacute;modynamique au propranolol ou nadolol [<a href="#_ENREF_10" title="Bosch, 2010 #10">10</a>]. A noter un possible effet anti-fibrosant h&eacute;patique [<a href="#_ENREF_11" title="Hamdy, 2012 #13">11</a>] . C&rsquo;est une prescription hors AMM.</p>
<h3><a id="_Toc339621785" name="_Toc339621785">Associations</a></h3>
<p>L&rsquo;association b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs et d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s augmente l&rsquo;efficacit&eacute; h&eacute;modynamique de chacun. Cependant le carvedilol pourrait avoir une meilleure efficacit&eacute; h&eacute;modynamique que cette association [<a href="#_ENREF_17" title="Tripathi, 2010 #20">17</a>] .<br />
	Dans la vraie vie, les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs sont parfois associ&eacute;s &agrave; des m&eacute;dicaments diminuant la pression porte&nbsp;: diur&eacute;tiques, sartans (ARA2)&hellip;Il faut donc en tenir compte.</p>
<h1><a id="_Toc339621786" name="_Toc339621786">Efficacit&eacute; et tol&eacute;rance</a></h1>
<h2><a id="_Toc339621787" name="_Toc339621787">Efficacit&eacute;</a></h2>
<h3><a id="_Toc339621788" name="_Toc339621788">R&eacute;sultats</a></h3>
<p>Les r&eacute;sultats des m&eacute;ta-analyses sont pr&eacute;sent&eacute;s dans un tableau (<strong>tableau 1</strong>) et r&eacute;sum&eacute;s ci-dessous.</p>
<h4>Pr&eacute;vention primaire</h4>
<ul>
<li>B&eacute;ta-bloquants&nbsp; seuls<br />
		Les beta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; diminuent significativement l&rsquo;incidence de la premi&egrave;re h&eacute;morragie. L&rsquo;effet sur la mortalit&eacute; est plus marqu&eacute; en pr&eacute;vention secondaire [<a href="#_ENREF_18" title="Pagliaro, 1992 #21">18</a>] qu&rsquo;en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_19" title="Bernard, 1997 #23">19</a>].<strong> </strong></li>
<li>B&eacute;ta-bloquants&nbsp; <em>vs</em> ligature &eacute;lastique <br />
		Les m&eacute;ta-analyses ou revues syst&eacute;matiques les plus r&eacute;centes montrent une diminution significative de l&rsquo;incidence des h&eacute;morragies digestives globales ou dues aux varices avec la ligature &eacute;lastique mais sans diff&eacute;rence sur la mortalit&eacute; globale ou par h&eacute;morragie [<a href="#_ENREF_20" title="Funakoshi, 2012 #24">20</a>, <a href="#_ENREF_21" title="Gluud, 2012 #25">21</a>] . Ceci peut faire sugg&eacute;rer un effet des B&eacute;ta-bloquants&nbsp; ind&eacute;pendant de ses effets sur l&rsquo;h&eacute;morragie&nbsp; [<a href="#_ENREF_21" title="Gluud, 2012 #25">21</a>].</li>
<li>B&eacute;ta-bloquants + ligature &eacute;lastique <br />
		Il n&rsquo;y a pas assez de donn&eacute;es pour produire une m&eacute;ta-analyse. Rappelons que cette association n&rsquo;est pas recommand&eacute;e en pr&eacute;vention primaire ce d&rsquo;autant que l&rsquo;incidence des effets secondaires serait augment&eacute;e [<a href="#_ENREF_22" title="Lo, 2010 #29">22</a>].</li>
<li>R&ocirc;le des d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s <br />
		Le mononitrate d&rsquo;isosorbide utilis&eacute; seul ou en association avec les B&eacute;ta-bloquants&nbsp; ne semble pas r&eacute;duire le taux d&rsquo;h&eacute;morragie en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>].</li>
</ul>
<h4>Pr&eacute;vention secondaire</h4>
<ul>
<li>B&eacute;ta-bloquants seuls<br />
		Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; diminuent significativement l&rsquo;incidence de la r&eacute;cidive h&eacute;morragique et la mortalit&eacute; globale [<a href="#_ENREF_18" title="Pagliaro, 1992 #21">18</a>].</li>
<li>B&eacute;ta-bloquants + ligature &eacute;lastique <br />
		L&rsquo;association traitement pharmacologique et traitement endoscopique ne r&eacute;duit pas significativement la mortalit&eacute; globale ou li&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&eacute;morragie [<a href="#_ENREF_24" title="Ravipati, 2009 #32">24</a>] . Par contre l&rsquo;association r&eacute;duit significativement l&rsquo;incidence de l&rsquo;h&eacute;morragie soit globale soit li&eacute;e aux varices par rapport &agrave; l&rsquo;un des deux traitements seuls [<a href="#_ENREF_24" title="Ravipati, 2009 #32">24</a>, <a href="#_ENREF_25" title="Gonzalez, 2008 #34">25</a>] .</li>
<li>R&ocirc;le des d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s <br />
		Compar&eacute; au traitement endoscopique, le mononitrate d&rsquo;isosorbide utilis&eacute; seul ou en association avec les b&eacute;ta-bloquants ne semble pas r&eacute;duire le taux d&rsquo;h&eacute;morragie en pr&eacute;vention secondaire [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]. Par contre, il semble r&eacute;duire significativement la mortalit&eacute; [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]. Compar&eacute; &agrave; la ligature &eacute;lastique, l&rsquo;association b&eacute;ta-bloquants + mononitrate d&rsquo;isosorbide semble aussi efficace sur la r&eacute;cidive de la rupture de varice que la ligature &eacute;lastique [<a href="#_ENREF_26" title="Ding, 2009 #35">26</a>]. Ces&nbsp; constatations soul&egrave;vent la question de l&rsquo;&eacute;valuation de la trith&eacute;rapie ligature &eacute;lastique + beta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; + d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s.</li>
</ul>
<h4>Ascite</h4>
<p>Une m&eacute;ta-analyse sugg&egrave;re que le propranolol r&eacute;duit significativement l&rsquo;incidence de l&rsquo;ILA, ind&eacute;pendamment de la r&eacute;ponse h&eacute;modynamique [<a href="#_ENREF_27" title="Senzolo, 2009 #36">27</a>] . Curieusement, il ne semble exister aucune m&eacute;ta-analyse sur l&rsquo;incidence de l&rsquo;ascite alors qu&rsquo;une r&eacute;duction significative a &eacute;t&eacute; observ&eacute;e dans plusieurs &eacute;tudes randomis&eacute;es [<a href="#_ENREF_8" title="Cales, 1991 #71">8</a>]. Une &eacute;tude r&eacute;cente non randomis&eacute;e a sugg&eacute;r&eacute; une diminution significative de l&rsquo;incidence de l&rsquo;ascite simple, de l&rsquo;ascite r&eacute;fractaire et du syndrome h&eacute;pato-r&eacute;nal chez les r&eacute;pondeurs en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_28" title="Hernandez-Gea, 2012 #37">28</a>] .</p>
<h4>Varices gastriques</h4>
<p>Il n&rsquo;y a pas de m&eacute;ta-analyse mais quelques &eacute;tudes randomis&eacute;es isol&eacute;es sont disponibles. Cependant, ayant &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es dans un seul et m&ecirc;me pays, elles doivent &ecirc;tre confirm&eacute;es dans d&rsquo;autres pays.</p>
<h3><a id="_Toc339621789" name="_Toc339621789">Evaluation</a></h3>
<h4>Gradient de pression</h4>
<h5>Avis acad&eacute;mique&nbsp;</h5>
<p>Les recommandations Baveno V&nbsp;en pr&eacute;vention du 1er &eacute;pisode h&eacute;morragique sont les suivantes :</p>
<div>
	Dans les centres o&ugrave; les ressources ad&eacute;quates et l&rsquo;expertise sont disponibles, la mesure du gradient de pression h&eacute;patique (GPH) devrait &ecirc;tre utilis&eacute;e en routine dans des indications pronostiques et th&eacute;rapeutiques.<br />
	Une diminution du GPH d&rsquo;au moins 20&nbsp;% par rapport &agrave; l&rsquo;&eacute;tat basal ou &agrave; &le; 12&nbsp;mm Hg apr&egrave;s traitement chronique par b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; est cliniquement pertinente dans le contexte de la pr&eacute;vention primaire.<br />
	La r&eacute;ponse aigu&euml; du GPH &agrave; l&rsquo;administration intraveineuse de propranolol peut &ecirc;tre utilis&eacute;e pour identifier les r&eacute;pondeurs aux b&eacute;ta-bloquants, sp&eacute;cifiquement une diminution du GPH de 10 % ou &agrave;&nbsp;&le;&nbsp;12mmHg, peut &ecirc;tre pertinente dans ce contexte.</div>
<p>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la r&eacute;ponse aigu&euml; a &eacute;t&eacute; observ&eacute; en pr&eacute;vention primaire [<a href="#_ENREF_29" title="Villanueva, 2009 #38">29</a>] et secondaire [<a href="#_ENREF_30" title="La Mura, 2009 #39">30</a>] et semble avoir &eacute;t&eacute; confirm&eacute; [<a href="#_ENREF_31" title="de-Madaria, 2010 #40">31</a>] . Toutefois, la question n&rsquo;est pas aussi simple puisqu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; r&eacute;cemment que le maintien de la r&eacute;ponse &agrave; long terme n&rsquo;&eacute;tait observ&eacute; que chez les cirrhotiques alcooliques qui demeuraient abstinents [<a href="#_ENREF_32" title="Augustin, 2012 #41">32</a>] . De m&ecirc;me l&rsquo;aggravation de la fonction h&eacute;patique durant le suivi s&rsquo;accompagnait d&rsquo;une aggravation de la pression portale [<a href="#_ENREF_33" title="Merkel, 2010 #43">33</a>] .</p>
<h5>Vraie vie&nbsp;</h5>
<p>La place de l&rsquo;&eacute;valuation de la r&eacute;ponse h&eacute;modynamique est discut&eacute;e parmi les experts. De plus, bien que sugg&eacute;r&eacute; par une &eacute;tude non randomis&eacute;e [<a href="#_ENREF_34" title="Bureau, 2002 #44">34</a>] , l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;un traitement combin&eacute; du type b&eacute;ta-bloquants + d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s n&rsquo;est pas d&eacute;montr&eacute; chez les non r&eacute;pondeurs par une &eacute;tude randomis&eacute;e. En outre, il n&rsquo;est pas certain que les non r&eacute;pondeurs aux b&eacute;ta-bloquants soient r&eacute;pondeurs &agrave; la ligature &eacute;lastique [<a href="#_ENREF_35" title="Triantos, 2005 #45">35-37</a>] . Enfin, une m&eacute;ta-analyse sugg&egrave;re que l&rsquo;association b&eacute;ta-bloquants + d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s diminuerait la mortalit&eacute; sans diminuer la r&eacute;cidive h&eacute;morragique en pr&eacute;vention secondaire par rapport &agrave; la ligature &eacute;lastique [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]. Dans ces conditions, on peut se demander s&rsquo;il ne serait pas plus pertinent de faire une bith&eacute;rapie pharmacologique chez tous sans passer par une &eacute;valuation h&eacute;modynamique. Cependant, ceci n&eacute;cessiterait de d&eacute;montrer la sup&eacute;riorit&eacute; de la trith&eacute;rapie b&eacute;ta-bloquants + ligature &eacute;lastique&nbsp; + d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s <em>vs</em> la bith&eacute;rapie b&eacute;ta-bloquants + ligature &eacute;lastique.<br />
	Il semble important de donner une dose ad&eacute;quate de b&eacute;ta-bloquants ce que ne permet pas l&rsquo;&eacute;valuation h&eacute;modynamique. A cet &eacute;gard, l&rsquo;&eacute;ducation th&eacute;rapeutique par des infirmi&egrave;res permettrait de mieux atteindre cet objectif tout en diminuant le taux de sevrage en b&eacute;ta-bloquants [<a href="#_ENREF_38" title="Tandon, 2010 #51">38</a>] dont on conna&icirc;t les effets d&eacute;l&eacute;t&egrave;res au cours de l&rsquo;HTP [<a href="#_ENREF_39" title="Lebrec, 1982 #64">39</a>].</p>
<h4>Surveillance pratique</h4>
<p>La mesure de la fr&eacute;quence cardiaque de repos est un objectif minimaliste qui sert plus &agrave; mesurer la compliance. Ce n&rsquo;est pas un test de b&eacute;ta-blocage satisfaisant &agrave; la diff&eacute;rence de la fr&eacute;quence cardiaque d&rsquo;effort [<a href="#_ENREF_13" title="Cales, 1989 #16">13</a>].<br />
	Un cirrhotique trait&eacute; par b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs doit avoir &agrave; chaque consultation de suivi protocolaire, tel que d&eacute;fini par la HAS, une attention particuli&egrave;re sur les mesures suivantes : fr&eacute;quence cardiaque de repos, pression art&eacute;rielle, fonction h&eacute;patique (Child-Pugh) et r&eacute;nale (cr&eacute;atinin&eacute;mie), et glyc&eacute;mie ainsi que le degr&eacute; d&rsquo;ascite.<br />
	Il n&rsquo;y a pas de place directe des tests non invasifs, en particulier le Fibroscan, pour &eacute;valuer l&rsquo;HTP et la r&eacute;ponse h&eacute;modynamique [<a href="#_ENREF_40" title="Reiberger, 2012 #59">40</a>] . Par contre, se posera la p&eacute;rennit&eacute; du traitement pr&eacute;ventif si un examen invasif ou non invasif montre une r&eacute;version de la cirrhose&nbsp;; voir plus loin.</p>
<h2><a id="_Toc339621790" name="_Toc339621790">Tol&eacute;rance</a></h2>
<p>Les effets secondaires non sp&eacute;cifiques des beta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; ne sont pas abord&eacute;s ici.</p>
<h3><a id="_Toc339621791" name="_Toc339621791">Mortalit&eacute;</a></h3>
<p>En pr&eacute;vention primaire, les b&eacute;ta-bloquants entra&icirc;nent significativement plus souvent des effets ind&eacute;sirables s&eacute;v&egrave;res que la ligature &eacute;lastique&nbsp; mais cette derni&egrave;re donne plus souvent des effets ind&eacute;sirables responsables de d&eacute;c&egrave;s [<a href="#_ENREF_20" title="Funakoshi, 2012 #24">20</a>]. <br />
	Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; am&eacute;liorent la mortalit&eacute; de fa&ccedil;on globale mais ce pourrait &ecirc;tre le contraire dans certaines situations. Une premi&egrave;re m&eacute;ta-analyse avait jet&eacute; un doute sur l&rsquo;effet des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; sur la mortalit&eacute; chez les patients avec ascite ou avec fonction h&eacute;patique d&eacute;grad&eacute;e&nbsp; [<a href="#_ENREF_41" title="Pagliaro, 1992 #52">41</a>] mais cela &eacute;tait controvers&eacute; [<a href="#_ENREF_42" title="Poynard, 1991 #53">42</a>] . <br />
	Une &eacute;tude r&eacute;cente contr&ocirc;l&eacute;e, mais non randomis&eacute;e, a montr&eacute; une surmortalit&eacute; chez les cirrhotiques avec ascite r&eacute;fractaire trait&eacute;s par propranolol [<a href="#_ENREF_43" title="Serste, 2010 #54">43</a>] . Plusieurs hypoth&egrave;ses ont &eacute;t&eacute; avanc&eacute;es (majoration de la dysfonction post paracent&egrave;se, aggravation de la cardiomyopathie cirrhotique, s&eacute;lection de non r&eacute;pondeurs). Il sera difficile de r&eacute;aliser une &eacute;tude randomis&eacute;e mais il est n&eacute;cessaire d&rsquo;avoir d&rsquo;autres donn&eacute;es. En attendant, il faut raisonner au cas par cas et se poser la question de la poursuite des b&eacute;ta-bloquants dans les circonstances suivantes&nbsp;: aggravation de la fonction h&eacute;patique avec ascite r&eacute;fractaire, sepsis et syndrome h&eacute;pato-r&eacute;nal. Bien entendu, cette situation sera anticip&eacute;e par une mesure de la pression art&eacute;rielle systolique et un seuil de 90 mm Hg doit &ecirc;tre pr&eacute;serv&eacute;.</p>
<h3><a id="_Toc339621792" name="_Toc339621792">H&eacute;morragie digestive</a></h3>
<p>Un taux de 5% de collapsus imputable aux b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; au cours des h&eacute;morragies digestives a &eacute;t&eacute; not&eacute; dans les &eacute;tudes randomis&eacute;es [<a href="#_ENREF_44" title="Cales, 1985 #55">44</a>].</p>
<h3><a id="_Toc339621793" name="_Toc339621793">Hypertension porto-pulmonaire</a></h3>
<p>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; sont contre-indiqu&eacute;s dans l&rsquo;hypertension porto-pulmonaire [<a href="#_ENREF_45" title="Provencher, 2006 #56">45</a>] .</p>
<h3><a id="_Toc339621794" name="_Toc339621794">C&oelig;ur</a></h3>
<p>Les effets des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;s sur la cardiomyopathie cirrhotique mais on suspecte qu&rsquo;ils soient d&eacute;l&eacute;t&egrave;res (voir plus loin). Par contre ils&nbsp; raccourcissent l&rsquo;intervalle QT seulement chez les cirrhotiques qui avaient un allongement pr&eacute;alable [<a href="#_ENREF_46" title="Zambruni, 2008 #58">46</a>] .</p>
<h1><a id="_Toc339621795" name="_Toc339621795">Place de la ligature en pr&eacute;vention primaire</a></h1>
<h2><a id="_Toc339621796" name="_Toc339621796">Ligature seule</a></h2>
<p>C&rsquo;est une nouvelle possibilit&eacute; selon Baveno V.&nbsp; Le choix peut se faire en 2 &eacute;tapes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Le choix du traitement devrait &ecirc;tre bas&eacute; sur l&rsquo;expertise et les ressources locales, la pr&eacute;f&eacute;rence et les caract&eacute;ristiques du patient, les effets secondaires et les contre-indications.</li>
<li>S&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;argument pour l&rsquo;un des deux traitements, l&rsquo;auteur sugg&egrave;re de commencer par un b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; sur les arguments suivants&nbsp;:
<ul>
<li>Moins d&rsquo;effets ind&eacute;sirables graves [<a href="#_ENREF_20" title="Funakoshi, 2012 #24">20</a>].</li>
<li>Effet possible sur d&rsquo;autres cibles&nbsp;: ascite, infection du liquide d&rsquo;ascite.</li>
<li>Le rapport co&ucirc;t efficacit&eacute; n&rsquo;est pas tr&egrave;s diff&eacute;rent entre les 2 traitements [<a href="#_ENREF_47" title="Imperiale, 2007 #60">47</a>].</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Ceci apr&egrave;s avoir expos&eacute; les 2 traitements et demand&eacute; la pr&eacute;f&eacute;rence du patient qui peut diverger de celle du praticien&nbsp; [<a href="#_ENREF_48" title="Longacre, 2008 #61">48</a>].</p>
<h2><a id="_Toc339621797" name="_Toc339621797">Association&nbsp;?</a></h2>
<p>Il n&rsquo;y a pas assez de donn&eacute;es pour recommander l&rsquo;utilisation de combinaison en pr&eacute;vention primaire. La seule &eacute;tude randomis&eacute;e &eacute;tait m&ecirc;me en d&eacute;faveur [<a href="#_ENREF_22" title="Lo, 2010 #29">22</a>].</p>
<h1><a id="_Toc339621798" name="_Toc339621798">Arr&ecirc;t des B&eacute;ta-bloquants</a></h1>
<h2><a id="_Toc339621799" name="_Toc339621799">Cas g&eacute;n&eacute;ral</a></h2>
<p>On peut envisager plusieurs situations selon le motif&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Inefficacit&eacute; avec h&eacute;morragie
<ul>
<li>En pr&eacute;vention primaire, cela conduit &agrave; la reprise du b&eacute;ta-bloquant&nbsp; au 6e jour en association avec la ligature &eacute;lastique dans le cadre de la pr&eacute;vention secondaire.</li>
<li>&nbsp;En pr&eacute;vention secondaire, cela conduit &agrave; discuter une alternative th&eacute;rapeutique ce d&rsquo;autant que les non r&eacute;pondeurs aux B&eacute;ta-bloquants&nbsp; semblent &ecirc;tre aussi des non r&eacute;pondeurs &agrave; la ligature &eacute;lastique&nbsp; [<a href="#_ENREF_37" title="de Souza, 2012 #62">37</a>] .</li>
<li>Dans tous les cas, il faut s&rsquo;assurer que les B&eacute;ta-bloquants&nbsp; &eacute;taient prescrits de fa&ccedil;on ad&eacute;quate&nbsp;:
<ul>
<li>dose suffisante,</li>
<li>compliance suffisante.</li>
</ul>
</li>
</ul>
</li>
<li>Arr&ecirc;t pour un autre motif valable. Ce peut &ecirc;tre un effet secondaire s&eacute;rieux.
<ul>
<li>En pr&eacute;vention primaire, ceci implique une conversion vers la ligature &eacute;lastique.</li>
<li>En pr&eacute;vention secondaire, le B&eacute;ta-bloquants&nbsp; pourrait &ecirc;tre remplac&eacute; par une autre mol&eacute;cule&nbsp;: d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s &agrave; type de mononitrate d&rsquo;isosorbide.</li>
</ul>
</li>
<li>Autres circonstances&nbsp;:</li>
</ul>
<p>On pourrait &ecirc;tre tent&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter le traitement de l&rsquo;HTP en raison de la stabilit&eacute; de la cirrhose apr&egrave;s quelques ann&eacute;es. Rappelons qu&rsquo;il n&rsquo;est pas recommand&eacute; d&rsquo;effectuer une surveillance endoscopique pour des VO trait&eacute;es par b&eacute;ta-bloquants seul. Cependant, il n&rsquo;est pas recommand&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter les b&eacute;ta-bloquants. Ceci n&rsquo;est pas pr&eacute;cis&eacute; dans Baveno V. Toutefois, une &eacute;tude randomis&eacute;e en pr&eacute;vention primaire a montr&eacute; que si l&rsquo;on arr&ecirc;tait les B&eacute;ta-bloquants&nbsp; apr&egrave;s une assez longue p&eacute;riode, on augmentait significativement la mortalit&eacute; sans modification de l&rsquo;incidence de l&rsquo;h&eacute;morragie digestive [<a href="#_ENREF_49" title="Abraczinskas, 2001 #63">49</a>] . Ceci est un autre argument pour un effet b&eacute;n&eacute;fique des b&eacute;ta-bloquants non li&eacute; &agrave; l&rsquo;h&eacute;morragie digestive.<br />
	Cependant la question va se poser de plus en plus lorsque la gu&eacute;rison de la cause est constat&eacute;e en particulier dans les h&eacute;patites virales. Ceci sera d&rsquo;autant plus vrai que l&rsquo;on aura constat&eacute; une r&eacute;version de la cirrhose. On sait que la r&eacute;version de la cirrhose apr&egrave;s une gu&eacute;rison du VHC ne semble plus induire de risque r&eacute;siduel de complication h&eacute;patique &agrave; l&rsquo;exception du carcinome h&eacute;pato-cellulaire. En attendant des &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es, il n&rsquo;est pas possible de formuler de recommandation sur l&rsquo;arr&ecirc;t de b&eacute;ta-bloquants dans un tel cas. Ceci peut &ecirc;tre discut&eacute; dans des cas particuliers. C&rsquo;est &eacute;videmment le cas en mati&egrave;re de greffe de foie.<br />
	Rappelons enfin que l&rsquo;arr&ecirc;t non justifi&eacute; des b&eacute;ta-bloquants peut &ecirc;tre responsable d&rsquo;un ph&eacute;nom&egrave;ne de rebond avec h&eacute;morragie&nbsp; [<a href="#_ENREF_39" title="Lebrec, 1982 #64">39</a>].</p>
<h2><a id="_Toc339621800" name="_Toc339621800">Situations particuli&egrave;res</a></h2>
<h3><a id="_Toc339621801" name="_Toc339621801">H&eacute;morragie digestive</a></h3>
<p>Il faut arr&ecirc;ter les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs d&egrave;s sa survenue et les reprendre en r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale au 6e jour.</p>
<h3><a id="_Toc339621802" name="_Toc339621802">Hypotension art&eacute;rielle</a></h3>
<p>En cas de pression art&eacute;rielle systolique &lt; 90 mm Hg, il faut r&eacute;duire la dose ou envisager une conversion vers la ligature &eacute;lastique seule.</p>
<h3><a id="_Toc339621803" name="_Toc339621803">Ascite r&eacute;fractaire</a></h3>
<p>Comme discut&eacute; ailleurs, il faut envisager une conversion vers la ligature &eacute;lastique seule.</p>
<h3><a id="_Toc339621804" name="_Toc339621804">Diab&egrave;te</a></h3>
<p>L&rsquo;insulino-r&eacute;sistance ne modifie pas la r&eacute;ponse au b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs [<a href="#_ENREF_50" title="Erice, 2012 #65">50</a>] . Le diab&egrave;te n&rsquo;est pas une contre-indication aux b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs . Par contre ils&nbsp; peuvent retarder la prise en charge d&rsquo;une hypoglyc&eacute;mie par masquage adr&eacute;nergique.</p>
<h3><a id="_Toc339621805" name="_Toc339621805">Divers</a></h3>
<p>L&rsquo; hypertension porto-pulmonaire doit faire envisager l&rsquo;arr&ecirc;t d&rsquo;un b&eacute;ta-bloquant non s&eacute;lectif&nbsp; [<a href="#_ENREF_45" title="Provencher, 2006 #56">45</a>] .</p>
<h2><a id="_Toc339621806" name="_Toc339621806">Substitution des B&eacute;ta-bloquants</a></h2>
<p>Si l&rsquo;arr&ecirc;t des b&eacute;ta-bloquants a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; et que le traitement de l&rsquo;HTP est n&eacute;cessaire, la solution d&eacute;pend du contexte. <br />
	Il y a 4 circonstances de substitution&nbsp;:</p>
<ul>
<li>contre-indication,</li>
<li>intol&eacute;rance,</li>
<li>non r&eacute;ponse h&eacute;modynamique,</li>
<li>non r&eacute;ponse clinique (&eacute;chec).</li>
</ul>
<p>Dans les 2 premier cas, une &eacute;tude en pr&eacute;vention primaire avait sugg&eacute;r&eacute; que la ligature &eacute;lastique n&rsquo;&eacute;tait pas une bonne alternative [<a href="#_ENREF_35" title="Triantos, 2005 #45">35</a>] mais ceci a &eacute;t&eacute; infirm&eacute; [<a href="#_ENREF_36" title="Dell'Era, 2008 #48">36</a>].<br />
	Dans le cas de non r&eacute;ponse h&eacute;modynamique en pr&eacute;vention primaire, la m&ecirc;me &eacute;tude a conclu &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la ligature &eacute;lastique [<a href="#_ENREF_36" title="Dell'Era, 2008 #48">36</a>]. <br />
	Pas contre dans le cas de non r&eacute;ponse clinique (&eacute;chec), l&rsquo;adjonction de ligature &eacute;lastique aux b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; ne semble pas une solution valable [<a href="#_ENREF_37" title="de Souza, 2012 #62">37</a>] . Une solution alternative sera donc &agrave; envisager.</p>
<h1><a id="_Toc339621807" name="_Toc339621807">Conclusion</a></h1>
<p>Les B&eacute;ta-bloquants sont efficaces pour pr&eacute;venir la 1ere h&eacute;morragie par rupture de VO&nbsp;; ils sont en comp&eacute;tition avec la ligature &eacute;lastique (<strong>tableau 2</strong>). Concernant la pr&eacute;vention de la r&eacute;cidive, ils sont conseill&eacute;s en association avec la ligature &eacute;lastique (<strong>tableau 2</strong>). Mais il persiste des zones d&rsquo;ombre&nbsp;: en cas de pr&eacute;vention secondaire apr&egrave;s un &eacute;chec de pr&eacute;vention primaire par b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs , ont-ils un int&eacute;r&ecirc;t en plus de la ligature &eacute;lastique, ou faut -il associer un d&eacute;riv&eacute;s nitr&eacute;s, envisager un b&eacute;ta-bloquant non s&eacute;lectif&nbsp; particulier comme le carvedidol&nbsp; ou une solution alternative ?<br />
	Concernant la mortalit&eacute;, les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs ont un int&eacute;r&ecirc;t qui d&eacute;passe la seule pr&eacute;vention de l&rsquo;h&eacute;morragie car il y a des effets b&eacute;n&eacute;fiques non h&eacute;modynamiques. Ainsi selon une hypoth&egrave;se r&eacute;cente [<a href="#_ENREF_51" title="Krag, 2012 #26">51</a>], il y aurait 3 p&eacute;riodes pour les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; au cours de la cirrhose&nbsp;: cirrhose <em>pr&eacute;coce</em> sans effet sur la mortalit&eacute; ; cirrhose <em>interm&eacute;diaire</em> (compens&eacute;e ou complication sans s&eacute;v&eacute;rit&eacute;) o&ugrave; les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; am&eacute;liorent la mortalit&eacute; par une r&eacute;duction du risque h&eacute;morragique et de la translocation bact&eacute;rienne&nbsp;; cirrhose <em>terminale</em> o&ugrave; les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; r&eacute;duiraient la survie par un impact n&eacute;gatif sur la fonction cardiaque (<strong>figure 4</strong>). Il reste donc &agrave; trouver les moyens de d&eacute;terminer les 2 seuils de prescription (d&eacute;but et arr&ecirc;t) des b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs&nbsp; au cours de la cirrhose et les solutions alternatives en cas d&rsquo;arr&ecirc;t.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; .&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h1><a id="_Toc339621808" name="_Toc339621808">R&eacute;f&eacute;rences</a></h1>
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	<a id="_ENREF_48" name="_ENREF_48"></a>[48]&nbsp; Longacre AV, Imaeda A, Garcia-Tsao G, Fraenkel L. A pilot project examining the predicted preferences of patients and physicians in the primary prophylaxis of variceal hemorrhage. Hepatology 2008;47:169-176. <br />
	<a id="_ENREF_49" name="_ENREF_49"></a>[49]&nbsp; Abraczinskas DR, Ookubo R, Grace ND, Groszmann RJ, Bosch J, Garcia-Tsao G, et al. Propranolol for the prevention of first esophageal variceal hemorrhage: a lifetime commitment? Hepatology 2001;34:1096-1102. <br />
	<a id="_ENREF_50" name="_ENREF_50"></a>[50]&nbsp; Erice E, Llop E, Berzigotti A, Abraldes JG, Conget I, Seijo S, et al. Insulin resistance in patients with cirrhosis and portal hypertension. Am J Physiol Gastrointest Liver Physiol 2012;302:G1458-1465. <br />
	<a id="_ENREF_51" name="_ENREF_51"></a>[51]&nbsp; Krag A, Wiest R, Albillos A, Gluud LL. The window hypothesis: haemodynamic and non-haemodynamic effects of beta-blockers improve survival of patients with cirrhosis during a window in the disease. Gut 2012;61:967-969. <br />
	<a id="_ENREF_52" name="_ENREF_52"></a>[52]&nbsp; Li L, Yu C, Li Y. Endoscopic band ligation versus pharmacological therapy for variceal bleeding in cirrhosis: a meta-analysis. Can J Gastroenterol 2011;25:147-155. <br />
	<a id="_ENREF_53" name="_ENREF_53"></a>[53]&nbsp; Tripathi D, Graham C, Hayes PC. Variceal band ligation versus beta-blockers for primary prevention of variceal bleeding: a meta-analysis. Eur J Gastroenterol Hepatol 2007;19:835-845. <br />
	<a id="_ENREF_54" name="_ENREF_54"></a>[54]&nbsp; Ko SY, Kim JH, Choe WH, Kwon SY, Lee CH. Pharmacotherapy alone vs endoscopic variceal ligation combination for secondary prevention of oesophageal variceal bleeding: meta-analysis. Liver Int 2012;32:867-869. <br />
	<a id="_ENREF_55" name="_ENREF_55"></a>[55]&nbsp; Thiele M, Krag A, Rohde U, Gluud LL. Meta-analysis: banding ligation and medical interventions for the prevention of rebleeding from oesophageal varices. Aliment Pharmacol Ther 2012;35:1155-1165. <br />
	<a id="_ENREF_56" name="_ENREF_56"></a>[56]&nbsp; Funakoshi N, Segalas-Largey F, Duny Y, Oberti F, Valats JC, Bismuth M, et al. Benefit of combination beta-blocker and endoscopic treatment to prevent variceal rebleeding: a meta-analysis. World J Gastroenterol 2010;16:5982-5992.</p>
<p><strong><br clear="all" /><br />
	</strong></p>
<p class="legende"><strong>Tableau 1.</strong> M&eacute;ta-analyses publi&eacute;es dans les 5 derni&egrave;res ann&eacute;es sur les BB dans l&rsquo;HTP.</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" style="width: 100%;">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;"><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;"><strong>An</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;"><strong>Auteur</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;"><strong>n &eacute;tudes</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;"><strong>Patients (n)</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;"><strong>D&eacute;c&egrave;s</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;"><strong>D&eacute;c&egrave;s h&eacute;morragie</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;"><strong>H&eacute;morragie</strong><br />
					<strong>digestive</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;"><strong>Rupture varice</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;"><strong>Pr&eacute;vention primaire&nbsp;:</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">LE vs BB</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2012</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Gluud [<a href="#_ENREF_21" title="Gluud, 2012 #25">21</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">19</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">773/731</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 1,09<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,85<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,69<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,67 DS</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB vs LE</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2012</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Funakoshi [<a href="#_ENREF_20" title="Funakoshi, 2012 #24">20</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">19</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">1483</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">NS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">OR 2,06 <br />
					p &lt; 0,0001</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">-</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">LE vs BB</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2011</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Li [<a href="#_ENREF_52" title="Li, 2011 #66">52</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">12</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">1023</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 1,06 NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,66 NS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,79 NS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,72<br />
					&raquo; DS</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">LE vs BB</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2007</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Tripathi [<a href="#_ENREF_53" title="Tripathi, 2007 #67">53</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">9</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">734</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 1,09<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,71<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,63<br />
					DS</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">DN vs autrea</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2010</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Gluud [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">10</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">NS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;"><strong>Pr&eacute;vention secondaire&nbsp;:</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB+LE vs BB</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2012</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Ko [<a href="#_ENREF_54" title="Ko, 2012 #68">54</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">4</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">409</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 1,212<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,78<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,603<br />
					P=0,001</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB+LE vs seul</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2012</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Thiele [<a href="#_ENREF_55" title="Thiele, 2012 #69">55</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">9</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">442 vs 513</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 0,89<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,52<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,68<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">DS</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">LE vs BB + DN</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2011</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Li [<a href="#_ENREF_52" title="Li, 2011 #66">52</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">6</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">687</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 1,25<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 1,16 NS</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,95 NS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,89 NS</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">Endoscopie vs BB + endoscopie</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2010</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Funakoshi [<a href="#_ENREF_56" title="Funakoshi, 2010 #70">56</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">14 SE<br />
					3 LE</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">OR 1,83 <br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">OR 2,20<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB+DN vs endoscopie</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2010</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Gluud [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">17</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 0,73 DS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">NS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">Pharmacologie vs endoscopie</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2009</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Ravipati [<a href="#_ENREF_24" title="Ravipati, 2009 #32">24</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">25</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">2159</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 0,997<br />
					P = ,978</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 1,171<br />
					P = ,39</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 1,067<br />
					P = ,546</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 1,143<br />
					P = ,476</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">Pharmaco + endo vs endo</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2009</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Ravipati [<a href="#_ENREF_24" title="Ravipati, 2009 #32">24</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 0,787<br />
					p = 0,405</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,786 <br />
					p = 0,405</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR 0,623<br />
					p &lt; 0,001</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,601<br />
					p &lt; 0,001</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB+DN vs LE</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2009</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Ding [<a href="#_ENREF_26" title="Ding, 2009 #35">26</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">4</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR 0,81<br />
					p = 0,15</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">RR 0,76<br />
					p = 0,40</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">RR 0,79<br />
					p = 0,05</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="106">
<p style="text-align: center;">BB + endoscopie vs BB ou endoscopie seul</p>
</td>
<td valign="top" width="47">
<p style="text-align: center;">2008</p>
</td>
<td valign="top" width="73">
<p style="text-align: center;">Gonzalez [<a href="#_ENREF_25" title="Gonzalez, 2008 #34">25</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="61">
<p style="text-align: center;">23</p>
</td>
<td valign="top" width="68">
<p style="text-align: center;">1860</p>
</td>
<td valign="top" width="69">
<p style="text-align: center;">RR :<br />
					0,78 (endo)<br />
					0,70 (BB)<br />
					NS</p>
</td>
<td valign="top" width="87">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="90">
<p style="text-align: center;">RR :<br />
					0,68 (endo)<br />
					0,71 (BB)<br />
					DS</p>
</td>
<td valign="top" width="67">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>BB : b&eacute;ta-bloquant, LE : ligature &eacute;lastique, SE&nbsp;: scl&eacute;roth&eacute;rapie endoscopique, DN&nbsp;: d&eacute;riv&eacute; nitr&eacute;, DS&nbsp;: diff&eacute;rence significative, NS&nbsp;: non significatif, RR&nbsp;: risque relatif, OR&nbsp;: odds ratio<br />
	a&nbsp; DN vs placebo ou BB et DN + BB vs BB ou DN + BB vs endoscopie</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende"><strong>Tableau 2.</strong> Recommandations pour la pr&eacute;vention de l&rsquo;h&eacute;morragie de l&rsquo;HTP.</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" style="width: 100%;" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="8" valign="bottom" width="96%">
<p><strong>Progression des varices oesophagiennes</strong></p>
</td>
<td width="3%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2" width="34%">
<p><strong>Taille (</strong><strong>&AElig;</strong><strong> mm)</strong></p>
</td>
<td colspan="2" width="2%">
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td colspan="2" width="18%">
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td width="21%">
<p><strong>H&eacute;morragie</strong></p>
</td>
<td width="19%">
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td width="3%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="bottom" width="11%">
<p><strong>&lt; 5</strong></p>
</td>
<td colspan="2" valign="bottom" width="24%">
<p><strong>&sup3;</strong><strong> 5</strong></p>
</td>
<td colspan="2" valign="top" width="1%">
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td valign="bottom" width="18%">
<p><strong>1&egrave;re </strong></p>
</td>
<td valign="bottom" width="21%">
<p><strong>2e</strong></p>
</td>
<td colspan="2" valign="bottom" width="22%">
<p><strong>3e</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="bottom" width="11%">
<p>HTP</p>
</td>
<td valign="bottom" width="23%">
<p>Pr&eacute;primaire</p>
</td>
<td colspan="2" valign="top" width="2%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td colspan="2" valign="bottom" width="18%">
<p>Primaire</p>
</td>
<td valign="bottom" width="21%">
<p>Secondaire</p>
</td>
<td valign="bottom" width="19%">
<p>Tertiaire</p>
</td>
<td width="3%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="bottom" width="11%">
<p>Rien</p>
</td>
<td valign="bottom" width="23%">
<p>Rien</p>
</td>
<td colspan="2" valign="top" width="2%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td colspan="2" valign="bottom" width="18%">
<p>BB ou LE</p>
</td>
<td valign="bottom" width="21%">
<p>BB et LE</p>
</td>
<td valign="bottom" width="19%">
<p>TIPS</p>
</td>
<td width="3%">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>BB : b&eacute;ta-bloquant, LE : ligature &eacute;lastique, TIPS&nbsp;: shunt transjugulaire intrah&eacute;patique porto-syst&eacute;mique</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende"><strong>Tableau 3.</strong> M&eacute;dicaments utilis&eacute;s pour la pr&eacute;vention de l&rsquo;h&eacute;morragie de l&rsquo;HTP. A noter que seul le propranolol a une AMM en France.</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p><strong>Mol&eacute;cule</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p><strong>Dose usuelle (mg/j)</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p><strong>Notes</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p><strong>B&eacute;ta-bloquant non s&eacute;lectif&nbsp;:</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>On peut commencer &agrave; 20 (nadolol) ou 40 (propranolol) mg/j et augmenter par pallier de 20 (nadolol) ou 40 (propranolol) tous les 3 &agrave; 5 jours si la tol&eacute;rance est bonne et la fr&eacute;quence cardiaque &gt; 50 /min et la pression art&eacute;rielle systolique &gt; 90 mm Hg</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p>Propranolol [<a href="#_ENREF_13" title="Cales, 1989 #16">13</a>, <a href="#_ENREF_57" title="Lebrec, 2004 #1">57</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>80-160</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>Dose maxi&nbsp;: 320 mg/j<br />
					Pr&eacute;f&eacute;rer la forme retard&nbsp;: 160 mg/j<br />
					Forme standard&nbsp;: 1 &agrave; 2 prise(s) / j</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p>Nadolol [<a href="#_ENREF_10" title="Bosch, 2010 #10">10</a>, <a href="#_ENREF_57" title="Lebrec, 2004 #1">57</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>60-80</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>Dose maxi&nbsp;: 160 mg/j<br />
					1 prise / j</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p>Carvedilol [<a href="#_ENREF_10" title="Bosch, 2010 #10">10</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>Child A : 12,5 x 2 <br />
					Child B-C : 12,5 x 1 ou 6,25 x 2</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>Conseill&eacute; chez les patients avec une HTA ou non r&eacute;pondeurs au propranolol.<br />
					Prudence en cas d&rsquo;ascite ou chez les Child C.</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p><strong>D&eacute;riv&eacute; nitr&eacute;&nbsp;:</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="152">
<p>Mononitrate d&rsquo;isosorbide [<a href="#_ENREF_23" title="Gluud, 2010 #31">23</a>]</p>
</td>
<td valign="top" width="151">
<p>20 x 1 &agrave; 20 x 2</p>
</td>
<td valign="top" width="309">
<p>On peut commencer &agrave; 20 mg/j. <br />
					Dose maxi&nbsp;: 80 mg/j.<br />
					En association au b&eacute;ta-bloquant non s&eacute;lectif&nbsp;; il est alors d&eacute;but&eacute; apr&egrave;s avoir atteint la dose de maintenance du b&eacute;ta-bloquant.<br />
					Prudence en cas d&rsquo;ascite ou chez les Child C.</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong><br clear="all" /><br />
	</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende"><strong>Figure 1.</strong> Diff&eacute;rents types de pr&eacute;vention au cours de l&rsquo;HTP.</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Différents types de prévention au cours de l’HTP" height="353" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/cales001.gif" width="480" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende"><strong>Figure 2.</strong> Strat&eacute;gie de la pr&eacute;vention primaire de l&rsquo;HTP. La fr&eacute;quence de l&rsquo;endoscopie peut &ecirc;tre adapt&eacute;e en fonction de la fonction h&eacute;patique.</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Stratégie de la prévention primaire de l’HTP." height="403" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/cales002.gif" width="533" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende"><strong>Figure 3.</strong> Diff&eacute;rents types de varices gastriques.</p>
<p><img alt="Différents types de varices gastriques" height="353" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/cales003.gif" width="480" /></p>
<p class="legende">
	<strong>Figure 4.</strong> Hypoth&egrave;se sur le r&ocirc;le des b&eacute;ta-bloquants au cours de la cirrhose, d&rsquo;apr&egrave;s [<a href="#_ENREF_51" title="Krag, 2012 #26">51</a>].</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Hypothèse sur le rôle des béta-bloquants au cours de la cirrhose" border="0" height="353" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/cales004.gif" width="480" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>5 points forts de Mr Cales</h1>
<ol>
<li>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs (propranolol, nadolol) sont indiqu&eacute;s en cas de grosses varices &oelig;sophagiennes n&rsquo;ayant jamais saign&eacute; (pr&eacute;vention primaire)&nbsp;; ils peuvent &ecirc;tre remplac&eacute;s par la ligature &eacute;lastique.</li>
<li>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs sont indiqu&eacute;s en association avec la ligature &eacute;lastique en pr&eacute;vention de la r&eacute;cidive h&eacute;morragique par rupture de varices &oelig;sophagiennes.</li>
<li>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs augmentent la survie au cours de la cirrhose gr&acirc;ce &agrave; leurs effets h&eacute;modynamiques mais aussi par d&rsquo;autres effets (translocation bact&eacute;rienne).</li>
<li>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs semblent r&eacute;duire l&rsquo;incidence d&rsquo;autres complications li&eacute;es &agrave; l&rsquo;hypertension portale (ascite, infection du liquide d&rsquo;ascite).</li>
<li>Les b&eacute;ta-bloquants non s&eacute;lectifs sont &agrave; arr&ecirc;ter dans les <strong>seules</strong> circonstances suivantes&nbsp;: h&eacute;morragie digestive significative (pendant 5 jours), hypertension porto-pulmonaire, effet secondaire intol&eacute;rable.&nbsp; Leur arr&ecirc;t peut &ecirc;tre envisag&eacute; au stade de cirrhose terminale (ascite r&eacute;fractaire notamment).</li>
</ol>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/beta-bloquants-et-cirrhose-quand-les-commencer-et-quand-les-arreter/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Traitement par voie basse des lésions villeuses du rectum – Traitement endoscopique</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/traitement-par-voie-basse-des-lesions-villeuses-du-rectum-%e2%80%93-traitement-endoscopique/</link>
		<comments>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/traitement-par-voie-basse-des-lesions-villeuses-du-rectum-%e2%80%93-traitement-endoscopique/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5284</guid>
		<description><![CDATA[<h1>Généralités</h1>
<p>
La résection muqueuse par voie endoscopique est le traitement de référence des lésions superficielles du tractus digestif sans risque ganglionnaire (1), les lésions villeuses ou laterally spreading tumors (LST) sont des lésions adénomateuses colorectales avec une extension en surface de plus de 2 cm qui oblige une réflexion particulière quant au choix de la résection et quant à la nécessité d’une résection en monobloc. Leur localisation rectale, sous péritonéale, entraîne une accessibilité particulièrement aisée, non seulement aux endoscopistes mais également aux chirurgiens avec un plus faible risque en cas d’effraction de la musculeuse, ce qui accroit les possibilités thérapeutiques.
</p>
<p>
Dans cette mise au point nous ne parlerons que des traitements endoscopiques, avec l’émergence de la dissection sous muqueuse, qui permet une résection de type chirurgicale visant le R0 et qui vient compléter les différentes méthodes de mucosectomie.
</p>
<h1>
Les différents traitements endoscopiques (avantages et inconvénients)
</h1>
<h2>
La mucosectomie
</h2>
<p>
C’est la méthode la plus utilisée, car la plus ancienne et la plus accessible de par sa facilité d’apprentissage ; elle consiste à réaliser une injection sous muqueuse pour créer un espace de clivage entre la lésion et le plan musculaire puis d’utiliser une anse diathermique pour réaliser la préhension de la lésion puis la résection par électrocoagulation (le plus souvent avec un courant d’endocoup) (figure 1). L’objectif de cette méthode est de réaliser un résection en bloc, mais sur des lésions de plus de 2 cm de diamètre c’est quasiment impossible et la résection se réalise alors en plusieurs fragments (piecemeal) (2) . Dans ce cas, il faut être très organisé et s’attacher à réaliser un résection de proche en proche sans laisser de reliquat adénomateux en pont entre les résections et sur les berges (Photos 1 et 2).</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-endoscopique-lesions-villeuses.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/lepilliez-vincent_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-chirurgie-ou-endoscopie/168/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Savoir identifier les l&eacute;sions villeuses rectales accessibles &agrave; un traitement endoscopique.</li>
<li>Conna&icirc;tre les aspects endoscopiques, les limites de l&rsquo;histologie et le r&ocirc;le de l&rsquo;&eacute;choendoscopie.</li>
<li>Savoir choisir la proc&eacute;dure d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se endoscopique.</li>
<li>Savoir &eacute;valuer le caract&egrave;re complet de l&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se et les modalit&eacute;s de surveillance.</li>
</ul>
<h1>G&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s</h1>
<p>La r&eacute;section muqueuse par voie endoscopique est le traitement de r&eacute;f&eacute;rence des l&eacute;sions superficielles du tractus digestif sans risque ganglionnaire (1), les l&eacute;sions villeuses ou laterally spreading tumors (LST) sont des l&eacute;sions ad&eacute;nomateuses colorectales avec une extension en surface de plus de 2 cm qui oblige une r&eacute;flexion particuli&egrave;re quant au choix de la r&eacute;section et quant &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une r&eacute;section en monobloc. Leur localisation rectale, sous p&eacute;riton&eacute;ale, entra&icirc;ne une accessibilit&eacute; particuli&egrave;rement ais&eacute;e, non seulement aux endoscopistes mais &eacute;galement aux chirurgiens avec un plus faible risque en cas d&rsquo;effraction de la musculeuse, ce qui accroit les possibilit&eacute;s th&eacute;rapeutiques.</p>
<p>Dans cette mise au point nous ne parlerons que des traitements endoscopiques, avec l&rsquo;&eacute;mergence de la dissection sous muqueuse, qui permet une r&eacute;section de type chirurgicale visant le R0 et qui vient compl&eacute;ter les diff&eacute;rentes m&eacute;thodes de mucosectomie.</p>
<h1>Les diff&eacute;rents traitements endoscopiques&nbsp;(avantages et inconv&eacute;nients)</h1>
<h2>La mucosectomie</h2>
<p>C&rsquo;est la m&eacute;thode la plus utilis&eacute;e, car la plus ancienne et la plus accessible de par sa facilit&eacute; d&rsquo;apprentissage&nbsp;; elle consiste &agrave; r&eacute;aliser une injection sous muqueuse pour cr&eacute;er un espace de clivage entre la l&eacute;sion et le plan musculaire puis d&rsquo;utiliser une anse diathermique pour r&eacute;aliser la pr&eacute;hension de la l&eacute;sion puis la r&eacute;section par &eacute;lectrocoagulation (le plus souvent avec un courant d&rsquo;endocoup) <strong>(figure 1)</strong>. L&rsquo;objectif de cette m&eacute;thode est de r&eacute;aliser un r&eacute;section en bloc, mais sur des l&eacute;sions de plus de 2 cm de diam&egrave;tre c&rsquo;est quasiment impossible et la r&eacute;section se r&eacute;alise alors en plusieurs fragments (piecemeal) (2) . Dans ce cas, il faut &ecirc;tre tr&egrave;s organis&eacute; et s&rsquo;attacher &agrave; r&eacute;aliser un r&eacute;section de proche en proche sans laisser de reliquat ad&eacute;nomateux en pont entre les r&eacute;sections et sur les berges <strong>(Photos 1 et 2)</strong>.</p>
<p><img alt="Figure 1 : technique de la mucosectomie" height="221" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-1.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 1 : </strong>technique de la mucosectomie</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Photo 1 : LST granulaire homogène du bas rectum, pit pattern IV : lésion non suspecte  de dégénérescence traitable par mucosectomie" height="441" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-photo-1.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Photo 1 :</strong> LST granulaire homog&egrave;ne du bas rectum, pit pattern IV : l&eacute;sion non suspecte &nbsp;de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence traitable par mucosectomie</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Photo 2 : site après mucosectomie en fragments" height="441" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-photo-2.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Photo 2 : </strong>site apr&egrave;s mucosectomie en fragments</p>
<h3>Les avantages</h3>
<p>La simplicit&eacute; d&rsquo;utilisation et d&rsquo;apprentissage et une efficacit&eacute; d&eacute;montr&eacute;e &agrave; 98% de gu&eacute;rison pour des LST rectales apr&egrave;s une &agrave; deux s&eacute;ances (2) , le tout pour une morbidit&eacute; tr&egrave;s faible de 3,8% vs 13% en cas de TEM (transanal endoscopic microsurgery) (p&lt;0,001) (3).</p>
<p>Dans cette localisation, les saignements imm&eacute;diats repr&eacute;sentent 8% des cas (2) mais ne sont pas &agrave; consid&eacute;rer comme des complications car ils sont toujours traitables endoscopiquement et ne n&eacute;cessitent jamais de transfusion (2) .</p>
<h3>Les inconv&eacute;nients</h3>
<p>Il n&rsquo;y en a qu&rsquo;un seul, d&ucirc; &agrave; l&rsquo;absence de r&eacute;section en bloc R0&nbsp;; c&rsquo;est le risque de r&eacute;cidive pr&eacute;coce (3 mois) qui dans les LST rectales est de 8% &agrave; 11,5% (2; 3) . Mais qui sont le plus souvent traitables endoscopiquement, si bien que le risque de r&eacute;cidive tardive (&gt;1an) apr&egrave;s plusieurs s&eacute;ances est de 1,5%, ce qui est l&eacute;g&egrave;rement inf&eacute;rieur, mais de fa&ccedil;on non significative, aux 3% de la TEM en une seule s&eacute;ance (3).</p>
<h2>La dissection sous muqueuse ou ESD (endoscopic submucosal dissection)</h2>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une m&eacute;thode plus r&eacute;cente cr&eacute;&eacute;e au Japon initialement pour traiter les cancers superficiels gastriques, et qui s&rsquo;est rapidement &eacute;tendue aux autres localisations du tractus digestif, dont le rectum. Elle consiste &eacute;galement &agrave; r&eacute;aliser une injection sous muqueuse pour cr&eacute;er un espace de clivage entre la l&eacute;sion et le plan musculaire puis, &agrave; la place d&rsquo;une r&eacute;section &agrave; l&rsquo;anse, on r&eacute;alise une incision circonf&eacute;rentielle de la muqueuse autour de la l&eacute;sion en respectant des marges de s&eacute;curit&eacute; d&rsquo;au moins 1 &agrave; 2 mm, et une dissection sous muqueuse &agrave; proprement parler pour s&eacute;parer la l&eacute;sion du plan profond, le tout en utilisant un ou plusieurs couteaux d&rsquo;&eacute;lectrocoagulation <strong>(figure 2 et photos 3, 4 et 5)</strong>.</p>
<p><img alt="Figure 2 : technique de la dissection sous muqueuse" height="398" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-2.jpg" width="551" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 2 : </strong>technique de la dissection sous muqueuse</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Photo 4 : site après dissection sous muqueuse" height="448" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-photo-4.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Photo 4 :</strong> site apr&egrave;s dissection sous muqueuse</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<p><img alt="Photo 5 : lésion réséquée étalée sur plaque de liège avec marges latérales satisfaisantes" height="448" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-photo-5.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Photo 5 :</strong> l&eacute;sion r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e &eacute;tal&eacute;e sur plaque de li&egrave;ge avec marges lat&eacute;rales satisfaisantes</p>
<h3>Les avantages</h3>
<p>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;unique technique endoscopique qui permette une r&eacute;section en bloc visant le R0 pour des l&eacute;sions superficielles de plus de 2 cm.</p>
<p>Son efficacit&eacute; est proche de 100% en terme de gu&eacute;rison en cas de r&eacute;section R0 avec des crit&egrave;re histologiques satisfaisants (cf. surveillance) puisque dans une revue de la litt&eacute;rature de 13 s&eacute;ries regroupant 1397 cas d&rsquo;ESD colorectales R0, seul un cas de r&eacute;cidive a &eacute;t&eacute; constat&eacute; soit 0,07% (4), cette efficacit&eacute; &eacute;tant comparable &agrave; la TEM pour les m&ecirc;mes crit&egrave;res histologiques mais avec une dur&eacute;e d&rsquo;hospitalisation significativement inf&eacute;rieure avec respectivement 3,6 jours vs 6,6 jours (5), et &eacute;galement la possibilit&eacute; de la r&eacute;aliser sans anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale (5).</p>
<p>La survie sp&eacute;cifique sans r&eacute;cidive est de 100% &agrave; 3 et 5 ans (6) , ce qui n&rsquo;est pas &eacute;tonnant compte tenu du bon pronostic de ces l&eacute;sions superficielles.</p>
<h3>Les inconv&eacute;nients</h3>
<p>L&rsquo;inconv&eacute;nient principal est l&rsquo;apprentissage long et difficile de cette technique qui la rend peu accessible actuellement en Europe, et donc r&eacute;serv&eacute;e &agrave; des centres experts. En effet, il est indispensable d&rsquo;avoir un formation sur mod&egrave;le animal avec au moins 30 dissections avant de passer &agrave; l&rsquo;homme (7). Au d&eacute;but, il sera pr&eacute;f&eacute;rable de d&eacute;buter dans l&rsquo;antre gastrique puis progressivement commencer &agrave; traiter des l&eacute;sions du fundus puis du rectum (7). Selon les experts japonais, une exp&eacute;rience d&rsquo;au moins 50&nbsp;cas est n&eacute;cessaire pour se consid&eacute;rer comme autonome (8) et a fortiori avant de d&eacute;buter dans le c&ocirc;lon et l&rsquo;&oelig;sophage (7). Et il faut ensuite garder un niveau d&rsquo;activit&eacute; annuel &eacute;valu&eacute; &agrave; un minimum de 10&nbsp;&agrave; 20 ESD (7).</p>
<p>Une &eacute;tude allemande montre que malgr&eacute; une exp&eacute;rience de plus de 100 ESD dans d&rsquo;autres organes, il est n&eacute;cessaire de r&eacute;aliser 25 ESD rectales avant d&rsquo;avoir des r&eacute;sultats satisfaisants comparables aux &eacute;tudes asiatiques en terme de qualit&eacute; de r&eacute;section (soit &gt;90 % de r&eacute;section en bloc et &gt;80% R0) et encore 25 autres pour am&eacute;liorer sa rapidit&eacute; (9).</p>
<p>Un autre inconv&eacute;nient est la dur&eacute;e du geste qui est sup&eacute;rieure &agrave; une simple mucosectomie mais qui reste significativement inf&eacute;rieure pour des l&eacute;sions comparables &agrave; la TEM avec respectivement 84 min (SD 51,2) vs 116,4 min (SD 58,5) (5). A l&rsquo;heure actuelle il existe aussi un probl&egrave;me de surco&ucirc;t de la technique compar&eacute; &agrave; une cotation de l&rsquo;acte qui est insuffisante (pour exemple au japon une ESD correspond&nbsp; en valeur &agrave; 3 mucosectomies).</p>
<p>Les complications sont &eacute;galement plus fr&eacute;quentes que pour la mucosectomie, mais sont comparables &agrave; celle de la TEM (5) et inf&eacute;rieures &agrave; la chirurgie laparoscopique (10). Elles sont domin&eacute;es par les perforations avec un taux de 7,9% dans une &eacute;tude allemande (9) mais bien s&ucirc;r ce taux varie avec l&rsquo;exp&eacute;rience puisse que dans une large &eacute;tude multicentrique japonaise d&rsquo;ESD colorectales il oscille entre 11,8% dans les centres avec une exp&eacute;rience inf&eacute;rieure &agrave; 50 cas par an, et 4,1% dans les centres &agrave; plus de 100 cas /an pour des ESD colorectales (11) . Elles sont dans la grande majorit&eacute; des cas traitables endoscopiquement par la mise en place de clips et la localisation sous p&eacute;riton&eacute;ale les rend relativement anodines en terme de cons&eacute;quence clinique (9; 11) . Les facteurs de risques exposant aux perforations sont la taille et la pr&eacute;sence de fibrose sous muqueuse (12; 13) .</p>
<h1>Quel traitement choisir pour quelle l&eacute;sion&nbsp;?</h1>
<p>Une fois que l&rsquo;on &agrave; d&eacute;tect&eacute; une LST rectale en coloscopie, il faut se poser la question de l&rsquo;absolue n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une r&eacute;section R0 car, si pour une l&eacute;sion non d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, on peut tol&eacute;rer un risque de r&eacute;cidive pr&eacute;coce qui sera le plus souvent traitable par une seconde s&eacute;ance de mucosectomie, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une l&eacute;sion d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, ce risque n&rsquo;est pas acceptable et il faudra pr&eacute;f&eacute;rer un r&eacute;section R0 qui endoscopiquement ne peut &ecirc;tre que par ESD si la l&eacute;sion fait plus de 2cm <strong>(figure 3)</strong> (14) .</p>
<p><img alt="Figure 3 : comparaison schématique des différentes techniques de résection endoscopique" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-3.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 3 :</strong> comparaison sch&eacute;matique des diff&eacute;rentes techniques de r&eacute;section endoscopique</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En pratique, il est rare que les biopsies r&eacute;alis&eacute;es &eacute;ventuellement au pr&eacute;alable confirment le caract&egrave;re d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; en cas de l&eacute;sion superficielle, et il est m&ecirc;me pr&eacute;f&eacute;rable de ne pas en r&eacute;aliser avant une r&eacute;section pour &eacute;viter la cr&eacute;ation de points de fibrose qui risqueront de rendre plus difficile la r&eacute;section secondaire si toutefois elle sont pratiqu&eacute;es, il faut les cibler sur les zones les plus &eacute;paisses (12; 13) .</p>
<p>Il est cependant capital de r&eacute;aliser un bilan syst&eacute;matique de caract&eacute;risation de la l&eacute;sion pour pr&eacute;dire au plus juste la nature histologique et en cas de crit&egrave;re de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence de r&eacute;aliser un bilan d&rsquo;extension adapt&eacute;.</p>
<h2>Le bilan avant toute r&eacute;section</h2>
<h3>A. La caract&eacute;risation endoscopique&nbsp;:</h3>
<p>L&rsquo;objectif de ce bilan est de d&eacute;terminer le pronostic histologique avec le risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence et le risque ganglionnaire qui est corr&eacute;l&eacute; &agrave; l&rsquo;invasion en profondeur (14; 15) .</p>
<ul>
<li><strong>La classification de PARIS&nbsp;et des LST :</strong></li>
</ul>
<p>Elle se d&eacute;termine selon l&rsquo;aspect en relief de la l&eacute;sion ad&eacute;nomateuse superficielle et est directement corr&eacute;l&eacute;e au risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence <strong>(figure 4 et 5)</strong> (15-18) .</p>
<p><img alt="Figure 4 : classification de Paris et risque de dégénérescence" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-4.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 4 : </strong>classification de Paris et risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Figure 5 : classification des LST et risque de dégénérescence" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-5.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 5 :</strong> classification des LST et risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence</p>
<ul>
<li><strong>le Pit pattern&nbsp;(Classification de KUDO)&nbsp;:</strong></li>
</ul>
<p>Initialement d&eacute;crite avec l&rsquo;analyse du pit pattern apr&egrave;s coloration et zoom, elle est &eacute;galement d&eacute;terminable avec les endoscopes haute r&eacute;solution avec ou sans coloration virtuelle <strong>(figure 6)</strong> (14-16) .</p>
<p><img alt="Figure 6 : pit pattern" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-6.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 6 : </strong>pit pattern</p>
<ul>
<li><strong>La classification de NICE&nbsp;:</strong><strong> </strong></li>
</ul>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une classification plus r&eacute;cente qui introduit en plus la notion de vascular pattern en &eacute;tude NBI (Narrow Band Imaging) Olympus&copy; Tokyo Japon <strong>(tableau 1 et figure 7)</strong>, et elle actuellement en cours de validation (19).</p>
<p><img alt="Tableau 1 : critères de NICE" height="271" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-tab-1.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Tableau 1 : </strong>crit&egrave;res de NICE</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Figure 7 : critères de NICE illustrés" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-7.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 7 :</strong> crit&egrave;res de NICE illustr&eacute;s</p>
<h3><strong>B. L&rsquo;&eacute;choendoscopie</strong></h3>
<p>Toute l&eacute;sion comportant un crit&egrave;re de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence doit b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une &eacute;choendoscopie car, si les limites lat&eacute;rale de la l&eacute;sion sont &eacute;videntes &agrave; d&eacute;terminer avec l&rsquo;aide des endoscopes haute r&eacute;solution si besoin en s&rsquo;aidant d&rsquo;une coloration &agrave; l&rsquo;indigo carmin 0,2 &agrave; 0,4% ou d&rsquo;une coloration virtuelle, il est indispensable de confirmer le caract&egrave;re superficiel de la l&eacute;sion avec l&rsquo;absence d&rsquo;envahissement en profondeur de la musculeuse et l&rsquo;absence d&rsquo;ad&eacute;nopathie, pour ne pas se lancer dans une r&eacute;section qui peut &ecirc;tre &agrave; risque et qui n&rsquo;aura surtout aucun int&eacute;r&ecirc;t carcinologique en cas d&rsquo;extension trop importante.</p>
<p>Seules les l&eacute;sions uT1N0 pourront b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une r&eacute;section endoscopique.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;choendoscopie standard (5 &agrave; 12 MHz) au tube souple est la technique de r&eacute;f&eacute;rence dans cette indication&nbsp;; elle permettra &eacute;galement l&rsquo;exploration en amont de la charni&egrave;re recto-sigmo&iuml;dienne. La sensibilit&eacute; et sp&eacute;cificit&eacute; sont respectivement de 97 et 96% pour les l&eacute;sions limit&eacute;es &agrave; la muqueuse et de 87,8 et 98,3% pour des l&eacute;sions limit&eacute;es &agrave; la sous muqueuse&nbsp;&nbsp; (20; 21) . La valeur pr&eacute;dictive positive pour diff&eacute;rencier une l&eacute;sion T1 d&rsquo;une l&eacute;sion T2/T3 est de 93,3% (22).&nbsp; L&rsquo;utilisation de minisondes &agrave; haute fr&eacute;quence (15 &agrave; 20MHz) peut am&eacute;liorer la performance globale pour le diagnostic des l&eacute;sions T1sm1, sm2 et sm3 avec respectivement 100, 92 et 93% (23) , mais tr&egrave;s peu d&rsquo;&eacute;quipes l&rsquo;utilisent en pratique courante et, de plus, elles ne permettent pas une bonne exploration &agrave; la recherche d&rsquo;ad&eacute;nopathie du fait de leur faible profondeur de champ et elles sont &eacute;galement difficiles &agrave; utiliser en cas de volumineuses l&eacute;sions v&eacute;g&eacute;tantes.</p>
<h2>Strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique propos&eacute;e</h2>
<p>En somme, en cas de l&eacute;sion d&eacute;prim&eacute;e, de LST NG ou G non homog&egrave;ne, d&rsquo;un pit pattern &agrave; V et/ou un stade 3 de la classification de NICE, le risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence est significatif. L&rsquo;&eacute;choendoscopie est alors indispensable pour confirmer le caract&egrave;re superficiel et, enfin, la r&eacute;section se doit d&rsquo;&ecirc;tre en bloc en visant le R0 pour &eacute;viter le risque de r&eacute;cidive canc&eacute;reuse (figure 8).</p>
<p><img alt="Figure 8 : critères endoscopiques macroscopiques de dégénérescence" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-8.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 8 : </strong>crit&egrave;res endoscopiques macroscopiques de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En suivant cette ligne de conduite, on peut proposer l&rsquo;algorithme d&eacute;cisionnel suivant (figure 9).</p>
<p><img alt="Figure 9 : algorithme décisionnel du choix du traitement endoscopique " height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-9.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 9 : </strong>algorithme d&eacute;cisionnel du choix du traitement endoscopique&nbsp;</p>
<h3>Quelle surveillance&nbsp;?</h3>
<p>La d&eacute;cision d&eacute;finitive de valider la r&eacute;section endoscopique comme suffisante ou de choisir une prise en charge chirurgicale compl&eacute;mentaire avec curage ganglionnaire se fait en fonction du r&eacute;sultat de l&rsquo;analyse histologique finale, en utilisant la classification de Vienne (figure 10) (24) et en d&eacute;terminant le risque ganglionnaire r&eacute;el en cas de l&eacute;sion d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, qui est proportionnel &agrave; l&rsquo;invasion en profondeur (figure 11) (14; 15; 25).</p>
<p><img alt="Figure 10 : classification de Vienne" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-10.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 10 :</strong> classification de Vienne</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img alt="Figure 11 : risque ganglionnaire en fonction de l’invasion en profondeur" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/lepillez-fig-11.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende"><strong>Figure 11 : </strong>risque ganglionnaire en fonction de l&rsquo;invasion en profondeur</p>
<p>Cette d&eacute;cision doit &ecirc;tre prise dans le cadre d&rsquo;une r&eacute;union pluridisciplinaire de canc&eacute;rologie d&egrave;s qu&rsquo;une d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence existe.</p>
<p>En cas de l&eacute;sion d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, le traitement endoscopique n&rsquo;est jug&eacute; suffisant que si toutes les conditions suivantes sont r&eacute;unies&nbsp;(14) :</p>
<ul>
<li>R&eacute;section compl&egrave;te R0 prouv&eacute;e histologiquement (avec marges lat&eacute;rales et profondes).</li>
<li>L&eacute;sion bien diff&eacute;renci&eacute;e.</li>
<li>Absence d&rsquo;embol lymphatique ou vasculaire.</li>
<li>Un envahissement en profondeur qui ne d&eacute;passe pas le premier tiers de la sous-muqueuse (soit &lt; 1000 microm&egrave;tres au del&agrave; de la musculaire muqueuse)</li>
</ul>
<p>Puis la d&eacute;termination du rythme de la surveillance se fait en suivant les recommandations habituelles apr&egrave;s r&eacute;section d&rsquo;ad&eacute;nome colique &eacute;dit&eacute; par l&rsquo;ANAES en 2004&nbsp;:</p>
<p>Ad&eacute;nomes de bas grade (V3) ou ad&eacute;nomes avanc&eacute;s&nbsp;(&gt;1cm ou contingent villeux ou dysplasie de haut grade (V4.1) ou cancer in situ (V4.2))&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Ex&eacute;r&egrave;se non R0&nbsp;: coloscopie &agrave; 3 mois</li>
<li>Ex&eacute;r&egrave;se compl&egrave;te R0 :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
<ul>
<li>si ad&eacute;nome avanc&eacute; (V4.1 et V4.2) ou &ge;3 ad&eacute;nomes ou ATCD familial de CCR (au premier degr&eacute;)&nbsp;: colo &agrave; 3, 8, 13 et 23 ans tant que la coloscopie est normale</li>
<li>si ad&eacute;nome en dysplasie de bas grade V3 et &lt;3 ad&eacute;nomes et sans ATCD familial au premier degr&eacute;&nbsp;: colo &agrave; 5,10 et 20 ans tant que la coloscopie est normale.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Ad&eacute;nomes transform&eacute;s (V4.3, V4.4 et V5)</p>
<ul>
<li>V4.3 et V4.4&nbsp;:
<ul>
<li>Ex&eacute;r&egrave;se non R0&nbsp;: coloscopie &agrave; 3 mois, puis &agrave; 3, 8, 13 et 23 ans tant que la coloscopie est normale</li>
<li>Ex&eacute;r&egrave;se compl&egrave;te R0&nbsp;: coloscopie &agrave; 3, 8, 13 et 23 ans tant que la coloscopie est normale</li>
</ul>
</li>
<li>V5&nbsp;avec ex&eacute;r&egrave;se compl&egrave;te RO : coloscopie &agrave; 3 mois si aucun traitement compl&eacute;mentaire n&rsquo;a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; en RCP. Ce contr&ocirc;le est en g&eacute;n&eacute;ral coupl&eacute; &agrave; une &eacute;choendoscopie &agrave; la recherche d&rsquo;ad&eacute;nopathie, et si ce contr&ocirc;le est normal, on poursuit une surveillance classique avec une coloscopie &agrave; 3, 8, 13 et 23 ans comme en cas de chirurgie pour un cancer colique et tant que la coloscopie est normale.</li>
</ul>
<h1>Conclusion</h1>
<p>Les villeuses ou LST rectales superficielles, sans risque ganglionnaire, sont toutes traitables endoscopiquement. Une analyse pr&eacute;cise des caract&eacute;ristiques macroscopiques de la l&eacute;sion permet de faire le choix entre une r&eacute;section par mucosectomie piecemeal (en l&rsquo;absence de crit&egrave;re de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence) ou par dissection sous muqueuse (en cas de pr&eacute;sence de crit&egrave;re de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence).</p>
<p>Le traitement endoscopique doit &ecirc;tre choisi en premi&egrave;re intention du fait de l&rsquo;expertise de l&rsquo;endoscopiste pour d&eacute;terminer parfaitement les limites lat&eacute;rales des l&eacute;sions gr&acirc;ce aux endoscopes haute r&eacute;solution, si besoin en s&rsquo;aidant de coloration.</p>
<h1>Bibliographie</h1>
<ol>
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</ol>
<h1>Les 5 points forts</h1>
<ul>
<li>Le diagnostic des tumeurs villeuses du rectum est endoscopique, cet examen est le seul qui puisse d&eacute;terminer avec pr&eacute;cision les limites lat&eacute;rales de la l&eacute;sion et il permet d&rsquo;&eacute;valuer le risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence.</li>
<li>Toute l&eacute;sion comportant un crit&egrave;re de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence endoscopique doit b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une &eacute;choendoscopie</li>
<li>En cas de suspicion de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence superficielle de la l&eacute;sion, la dissection sous muqueuse doit &ecirc;tre pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e &agrave; la mucosectomie.</li>
<li>En cas de l&eacute;sion d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, le traitement endoscopique est jug&eacute; suffisant si toutes les conditions suivantes sont r&eacute;unies&nbsp;: r&eacute;section R0, l&eacute;sion bien diff&eacute;renci&eacute;e, absence d&rsquo;embol lymphatique ou vasculaire, un envahissement en profondeur inf&eacute;rieur &agrave; 1000mm au del&agrave; de la musculaire muqueuse (sm1).</li>
<li>Toute l&eacute;sion d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e trait&eacute;e endoscopiquement doit &ecirc;tre discut&eacute;e en RCP.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La cirrhose biliaire primitive : actualités</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Généralités</h1>
<p>La cirrhose biliaire primitive (CBP) est une maladie chronique du foie caractérisée sur le plan clinique par un syndrome de cholestase intra-hépatique et sur le plan anatomopathologique par une destruction progressive des petits canaux biliaires. En l'absence de traitement, la maladie évolue vers un état fibreux du foie pouvant conduire à l'hypertension portale (HTP), à l'insuffisance hépatique, puis au décès. La fréquence des anticorps anti-mitochondries (AAM) et la forte prédominance féminine font de cette maladie l'archétype de la maladie auto-immune du foie. La CBP n'a pas d'étiologie connue. Les études familiales, génétiques et épidémiologiques suggèrent qu'elle résulte d'une combinaison complexe de facteurs de risque héréditaires et environnementaux. La CBP est ubiquitaire et atteint selon les pays entre 20 et 400 individus par million d'habitants. Sa prévalence est largement sous-estimée du fait de la fréquence des formes mineures asymptomatiques.Rapportée à la population à risque, la maladie toucherait environ une femme de plus de 40 ans surmille. La CBP évolue schématiquement en 3 phases : une phase asymptomatique pouvant durer plus de 10 ans et passer totalement inaperçue en l'absence d'une analyse systématique des tests biologiques hépatiques; une phase symptomatique marquée par une fatigue, un prurit,une cholestase biologique progressive et le développement d'une fibrose hépatique et d'une ductopénie; enfin, une phase terminale caractérisée par un ictère permanent associé à une altération de l'état général, à une cirrhose, à une HTP, puis à une insuffisance hépatique conduisant au décès en 2 à 4 ans si une transplantation hépatique (TH) n'est pas envisageable. Des formes ductopéniques rapides ou des formes frontières associées à une hépatite auto-immune (HAI, syndrome de chevauchement) sont plus rares. Le diagnostic précoce est important car l'efficacité du traitement médical dépend en grande partie du stade auquel il est débuté. La prise au long cours d'acide ursodésoxycholique (AUDC) permet de ralentir la maladie et d'augmenter l'espérance de vie des patients mais ce traitement reste insuffisant chez 30% à 40%d'entre eux. A ce jour, il n'y a pas d'autre médicament dont l'efficacité sur la survie ait été établie. La TH, lorsqu'elle est possible, reste le traitement de choix des formes terminales de la maladie.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/cirrhose-bliliaire-primitive.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/corpechot-christophe_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <!-- <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2012/MICI/Seirafi%20Mariam%20-%20Grossesse%20et%20MICI/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> &#8211;></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques&nbsp;:</h1>
<ul>
<li>Quels sont les &eacute;l&eacute;ments du diagnostic de cirrhose biliaire primitive et la place de la ponction biopsie h&eacute;patique&nbsp;?</li>
<li>Modalit&eacute;s du traitement, surveillance et causes d&rsquo;&eacute;chec.</li>
<li>Prise en charge des formes avec r&eacute;ponse partielle.</li>
<li>Place de la transplantation h&eacute;patique.</li>
</ul>
<h1>G&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s</h1>
<p>La cirrhose biliaire primitive (CBP) est une maladie chronique du foie caract&eacute;ris&eacute;e sur le plan clinique par un syndrome de cholestase intra-h&eacute;patique et sur le plan anatomopathologique par une destruction progressive des petits canaux biliaires<a href="#_ENREF_1" title="Selmi, 2011 #1181">1</a>. En l&rsquo;absence de traitement, la maladie &eacute;volue vers un &eacute;tat fibreux du foie pouvant conduire &agrave; l&rsquo;hypertension portale (HTP), &agrave; l&rsquo;insuffisance h&eacute;patique, puis au d&eacute;c&egrave;s. La fr&eacute;quence des anticorps anti-mitochondries (AAM) et la forte pr&eacute;dominance f&eacute;minine font de cette maladie l&rsquo;arch&eacute;type de la maladie auto-immune du foie. La CBP n&rsquo;a pas d&rsquo;&eacute;tiologie connue. Les &eacute;tudes familiales, g&eacute;n&eacute;tiques et &eacute;pid&eacute;miologiques sugg&egrave;rent qu&rsquo;elle r&eacute;sulte d&rsquo;une combinaison complexe de facteurs de risque h&eacute;r&eacute;ditaires et environnementaux. La CBP est ubiquitaire et atteint selon les pays entre 20 et 400 individus par million d&rsquo;habitants.<a href="#_ENREF_2" title="Gross, 2008 #890">2</a> Sa pr&eacute;valence est largement sous-estim&eacute;e du fait de la fr&eacute;quence des formes mineures asymptomatiques.Rapport&eacute;e &agrave; la population &agrave; risque, la maladie toucherait environ une femme de plus de 40 ans surmille. La CBP &eacute;volue sch&eacute;matiquement en 3 phases&nbsp;: une phase asymptomatique pouvant durer plus de 10 ans et passer totalement inaper&ccedil;ue en l&rsquo;absence d&rsquo;une analyse syst&eacute;matique des tests biologiques h&eacute;patiques; une phase symptomatique marqu&eacute;e par une fatigue, un prurit,une cholestase biologique progressive et le d&eacute;veloppement d&rsquo;une fibrose h&eacute;patique&nbsp;et d&rsquo;une ductop&eacute;nie; enfin, une phase terminale caract&eacute;ris&eacute;e par un ict&egrave;re permanent associ&eacute; &agrave; une alt&eacute;ration de l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral, &agrave; une cirrhose, &agrave; une HTP, puis &agrave; une insuffisance h&eacute;patique conduisant au d&eacute;c&egrave;s en 2 &agrave; 4 ans si une transplantation h&eacute;patique (TH) n&rsquo;est pas envisageable. Des formes ductop&eacute;niques rapides ou des formes fronti&egrave;res associ&eacute;es &agrave; une h&eacute;patite auto-immune (HAI, syndrome de chevauchement) sont plus rares. Le diagnostic pr&eacute;coce est important car l&rsquo;efficacit&eacute; du traitement m&eacute;dical d&eacute;pend en grande partie du stade auquel il est d&eacute;but&eacute;. La prise au long cours d&rsquo;acide ursod&eacute;soxycholique (AUDC) permet de ralentir la maladie et d&rsquo;augmenter l&rsquo;esp&eacute;rance de vie des patients mais ce traitement reste insuffisant chez 30% &agrave; 40%d&rsquo;entre eux. A ce jour, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre m&eacute;dicament dont l&rsquo;efficacit&eacute; sur la survie ait &eacute;t&eacute; &eacute;tablie. La TH, lorsqu&rsquo;elle est possible, reste le traitement de choix des formes terminales de la maladie.</p>
<h1>Quels sont les &eacute;l&eacute;ments du diagnostic de cirrhose biliaire primitive et la place de la ponction biopsie h&eacute;patique&nbsp;?</h1>
<p>Le diagnostic de CBP doit &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute; devant toute &eacute;l&eacute;vation chronique inexpliqu&eacute;e de l&rsquo;activit&eacute; s&eacute;rique des tests h&eacute;patiqueschez une femme de plus de 35 ans, surtoutsi elle pr&eacute;domine surles phosphatases alcalines (PAL) ou la gamma-glutamyltranspeptidase (GGT).Le sexe masculin n&rsquo;exclue pas le diagnostic (10% des cas) mais le rend moins plausible. L&rsquo;existence d&rsquo;un prurit isol&eacute; sans l&eacute;sion cutan&eacute;e pr&eacute;alable est un bon signe d&rsquo;appel mais il n&rsquo;est pr&eacute;sent que dans 30 &agrave; 50% des cas. Son absence n&rsquo;exclue donc pas le diagnostic. La fatigue est le principal sympt&ocirc;me all&eacute;gu&eacute; par les patients mais elle est totalement non sp&eacute;cifique. Des douleurs articulaires, un syndrome sec buccal ou oculaire, un syndrome de Raynaud,unxanthelasmaou une h&eacute;patom&eacute;galie peuvent aussi &ecirc;trepr&eacute;sents.Les formes historiquement d&eacute;crites dans les ann&eacute;es 60 r&eacute;v&eacute;l&eacute;es d&rsquo;embl&eacute;e par un ict&egrave;re et une alt&eacute;ration de l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral sont devenues tr&egrave;s rares.</p>
<p>Selon les recommandations 2009 de l&rsquo;American Association for the Study of LiverDiseases (AASLD),<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a> le diagnostic de CBP peut &ecirc;tre &eacute;tabli si au moins 2 des crit&egrave;res suivants sont pr&eacute;sents&nbsp;: 1) signes biochimiques de cholestase reposant principalement sur l&rsquo;activit&eacute; s&eacute;rique des PAL&nbsp;; 2) pr&eacute;sence d&rsquo;AAM&nbsp;; 3) l&eacute;sion de cholangite destructrice non suppur&eacute;e des canaux biliaires interlobulaires.Publi&eacute;es la m&ecirc;me ann&eacute;e, les recommandations de l&rsquo;European Association for the Study of the Liver (EASL)<a href="#_ENREF_4" title="EASL, 2009 #953">4</a>indiquent que le diagnostic de CBP peut &ecirc;tre formellement port&eacute; chez un adulte ayantune &eacute;l&eacute;vation inexpliqu&eacute;e des PAL et une recherched&rsquo;AAM positive (la biopsie n&rsquo;&eacute;tant r&eacute;serv&eacute;e dans cette situation qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;valuation du stade de la maladie).A noter qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de consensus concernantle seuil critique d&rsquo;activit&eacute; des enzymes h&eacute;patiques pour le diagnostic de CBP.L&rsquo;AASLD ne donne pas d&rsquo;indication. L&rsquo;EASL d&eacute;finit la cholestase biologique parune activit&eacute; des PAL &gt;1,5 fois la limite sup&eacute;rieure de la normale (N) associ&eacute;e une GGT &gt;3 x N.A noter &eacute;galement que l&rsquo;augmentation de la concentration s&eacute;rique des IgM,bien que fr&eacute;quemment observ&eacute;e, ne fait officiellement pas partie des crit&egrave;res diagnostiques retenus pas l&rsquo;AASLD et l&rsquo;EASL.</p>
<p>Les AAM sont pr&eacute;sents chez 90-95% des patients atteints de CBP. Ils sont recherch&eacute;s en premi&egrave;re intention par immuno-fluorescence indirecte (IFI) sur lame triple substrat (foie, rein et estomac de rat)<a href="#_ENREF_5" title="Invernizzi, 2007 #1186">5</a>. Un titre &ge; 1/40 chez des patients ayant des signes de cholestase peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme significatif.<a href="#_ENREF_6" title="Vergani, 2004 #1187">6</a> Cette positivit&eacute; en IFI doit toujours &ecirc;tre confirm&eacute;e par un test sp&eacute;cifique de reconnaissance d&rsquo;un ou de plusieurs antig&egrave;nesmitochondriaux recombinants qui peut diff&eacute;rer selon les laboratoires (ELISA, dot blot, western blot). Des anticorps anti-nucl&eacute;aires (AAN) sont pr&eacute;sents chez 25% &agrave; 70% des patients atteints de CBP.Deux types d&rsquo;AAN ont une forte sp&eacute;cificit&eacute; (&gt; 90%) pour la CBP&nbsp;: 1) des AAN avec fluorescence membranaire cercl&eacute;e (&laquo;&nbsp;rim-like&nbsp;&raquo;), dirig&eacute;s contre les pores nucl&eacute;aires et correspondant dans 50% des cas &agrave; des anti-gp210 lorsqu&rsquo;ils sont sp&eacute;cifiquement recherch&eacute;s par ELISA, 2) des AAN avec fluorescence en &laquo;&nbsp;gros grains&nbsp;&raquo;(&laquo;&nbsp;dot blot&nbsp;&raquo;) &nbsp;intranucl&eacute;airescorrespondant &agrave; des anti-sp100 dirig&eacute;s contre les cores nucl&eacute;aires.<a href="#_ENREF_7" title="Invernizzi, 2005 #807">7</a> Ces AAN ont une faible sensibilit&eacute; (&le; 25%) pour le diagnostic de CBP mais peuvent &ecirc;trepr&eacute;sents dans pr&egrave;s de 50% des cas de CBP sans AAM. A la diff&eacute;rence des AAM, ils pourraient avoir une valeur pronostique car ils semblent &ecirc;tre plus fr&eacute;quents dans les formes s&eacute;v&egrave;res et &eacute;volutives de la maladie. Des anticorps anti-muscle lisse (AML) sont rarement observ&eacute;s en dehors des cas d&rsquo;HAI associ&eacute;e (syndrome de chevauchement).A noter que des AAM sont parfoisd&eacute;tect&eacute;s en l&rsquo;absence de tout signe biologique ou histologique de CBP.La s&eacute;ropr&eacute;valence des AAM dans la population g&eacute;n&eacute;rale a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e &agrave;0,5%des donneurs de sang lorsqu&rsquo;un test sensible (ELISA) est utilis&eacute;. Dans cette situation, il faut rechercher une h&eacute;patite virale C, une autre maladie autoimmune(en particulier HAI, scl&eacute;rodermie, syndrome des anti-phospholipides,an&eacute;mie h&eacute;molytique auto-immune),unedysglobulin&eacute;mie et une prise de papav&eacute;rine. Les patients ayant des AAM isol&eacute;s sans anomalies des tests enzymatiques h&eacute;patiques sont &agrave; risque de d&eacute;velopper une CBP et doivent avoir un dosage des PAL une fois par an.<br />
	La ponction-biopsie h&eacute;patique (PBH) n&rsquo;est pasn&eacute;cessaire au diagnosticdans la majorit&eacute; des cas.En revanche, elledemeureindispensable en cas de forme atypique, c&rsquo;est &agrave; dire d&rsquo;absence d&rsquo;AAM&nbsp;(CBP &laquo;&nbsp;s&eacute;ron&eacute;gative&nbsp;&raquo;) oud&rsquo;augmentation inhabituelle des transaminases (&gt; 5 xN) ou des IgGs&eacute;riques (&gt; 20 g/L)pouvant sugg&eacute;rerun syndrome de chevauchement (HAI), ou de toute autre pathologie h&eacute;patique suspect&eacute;e.<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a>La PBH garde toute sa placedans l&rsquo;&eacute;valuation de la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la maladie et en particulier du degr&eacute; d&rsquo;activit&eacute; inflammatoire, de la fibrose et de la paucit&eacute; biliaire. La taille de la PBH est essentielle. La probabilit&eacute; d&rsquo;observerdesl&eacute;sionsbiliaires augmente avec le nombre d&rsquo;espaces porte. L&rsquo;examen de 10 &agrave; 15 espaces porte et de plusieurs plans de coupe est n&eacute;cessaire &agrave; l&rsquo;&eacute;valuation qualitative et quantitative des canaux biliaires. La l&eacute;sion caract&eacute;ristique de la CBP est la cholangite destructrice granulomateusenon suppur&eacute;e (dite l&eacute;sion biliaire&laquo;&nbsp;floride&nbsp;&raquo;).La cholangite destructrice lymphocytaire non granulomateuse est une variante moins sp&eacute;cifique. Les l&eacute;sions de cholangite destructrice non suppur&eacute;esont tr&egrave;s &eacute;vocatrices de CBP sans &ecirc;tre totalement pathognomoniques (<strong>Tableau 1</strong>). Il est important de noter que ces l&eacute;sions peuvent &ecirc;tre absentes de l&rsquo;&eacute;chantillon examin&eacute;sans pour autant exclure le diagnostic car leur r&eacute;partition est h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne et segmentaire le long des canaux interlobulaires. D&rsquo;autres signes non sp&eacute;cifiques ont une valeur d&rsquo;orientationdiagnostique vers une maladie biliaire: inflammation portale pr&eacute;dominante, granulome &eacute;pith&eacute;lio&iuml;de, cholestase histologique p&eacute;riportale, r&eacute;action ductulaire, ductop&eacute;nie.La ductop&eacute;nie est habituellement d&eacute;finie par un pourcentage d&rsquo;espaces porte sans canaux biliaires sup&eacute;rieur &agrave; 50%.<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a> Un immuno-marquage des canaux biliaires par la cytok&eacute;ratine 7peut faciliterson &eacute;valuation. La pr&eacute;sence d&rsquo;une activit&eacute; n&eacute;crotico-inflammatoire marqu&eacute;e, p&eacute;riportale ou lobulaire, doit sugg&eacute;rer l&rsquo;existence d&rsquo;un syndrome de chevauchement (HAI) mais il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;observer une h&eacute;patite d&rsquo;interface lymphocytaire segmentaire et focale au cours de la CBP.Le stade histologique tient compte &agrave; la fois du degr&eacute; d&rsquo;inflammation et de fibrose (classifications de Ludwig<a href="#_ENREF_8" title="Ludwig, 1978 #450">8</a>et deScheuer<a href="#_ENREF_9" title="Scheuer, 1967 #238">9</a>). Le stade de Scheuerprend &eacute;galementen compte la pr&eacute;sence ou non de l&eacute;sions biliaires floridesou d&rsquo;une r&eacute;action ductulaire. Quelque soit la classification, le stade est d&eacute;finien 4 cat&eacute;gories(<strong>Figure 1</strong>).C&rsquo;est le niveau l&eacute;sionnel le plus avanc&eacute; sur la biopsie&nbsp;qui d&eacute;finit le stade&nbsp;de la maladie: atteinte portale (stade 1), atteinte p&eacute;riportale (stade 2), atteinte septale (stade 3), &nbsp;cirrhose (stade 4).</p>
<p>L&rsquo;&eacute;lastom&eacute;trieh&eacute;patique (Fibroscan)est une m&eacute;thode concurrentielle d&rsquo;&eacute;valuationdu stade de la CBP. Elle a d&rsquo;excellentes valeurs pr&eacute;dictives positive et n&eacute;gative pour la d&eacute;tection ou l&rsquo;exclusiond&rsquo;une fibrose s&eacute;v&egrave;re (&ge;F3) ou d&rsquo;une cirrhose<a href="#_ENREF_10" title="Corpechot, 2012 #1137">10</a>. Elle est moins performante pour diff&eacute;rencier les stades interm&eacute;diaires de fibrose (&le;F2). Elle pourrait &eacute;viter la r&eacute;alisation de la PBH dans le seul but d&rsquo;affirmer ou d&rsquo;&eacute;liminerl&rsquo;existence d&rsquo;une fibrose extensive.Toutefois, il n&rsquo;y a aucune recommandation officielle d&rsquo;utilisation de l&rsquo;&eacute;lastom&eacute;trie dans le bilan initial de la CBP, l&rsquo;AASLD se contentant d&rsquo;&eacute;voquer son int&eacute;r&ecirc;t potentiel<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a>. Plusieurs tests s&eacute;riques de fibrose ont &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;s au cours de la CBP (acide hyaluronique,scores de Forns, APRI,FIB-4 et ELF).Mais ces marqueurs n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;&eacute;tude extensive de sorte que leur utilisation ne peut &ecirc;tre recommand&eacute;e en pratique clinique.<br />
	Ilest important de noter qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de crit&egrave;res consensuels pour le diagnostic de syndrome de chevauchement entre la CBP et l&rsquo;HAI.Du fait des implications th&eacute;rapeutiques potentielles, il est cependant recommand&eacute; d&rsquo;&eacute;liminer ce diagnostic d&egrave;s qu&rsquo;un diagnostic de CBP a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli. Lesscores diagnostiques de l&rsquo;HAI dans leur version originale, r&eacute;vis&eacute;e<a href="#_ENREF_11" title="Alvarez, 1999 #1190">11</a> ou simplifi&eacute;e<a href="#_ENREF_12" title="Hennes, 2008 #1189">12</a>ne sont pas adapt&eacute;s. Les crit&egrave;res diagnostiques de Paris<a href="#_ENREF_13" title="Chazouilleres, 1998 #262">13</a>(<strong>Tableau 2</strong>) bas&eacute;s sur la pr&eacute;sence d&rsquo;au moins 2 crit&egrave;res d&rsquo;HAIont &eacute;t&eacute; recommand&eacute;s par l&rsquo;EASL.<a href="#_ENREF_4" title="EASL, 2009 #953">4</a></p>
<h1>Modalit&eacute;s du traitement, surveillance et causes d&rsquo;&eacute;chec.</h1>
<p>Le traitement de fond de la CBP repose sur l&rsquo;administration orale d&rsquo;AUDCau long cours &agrave; la dose de 13 &agrave; 15 mg/kg/j. Ce traitement a un effet b&eacute;n&eacute;fique bien &eacute;tabli sur les taux de bilirubine, des enzymes h&eacute;patiques (en particulier les PAL), de cholest&eacute;rol et des IgM.<a href="#_ENREF_14" title="Lindor, 2007 #812">14</a> L&rsquo;effet th&eacute;rapeutique sur la progression de la maladie etla survie en particulier a &eacute;t&eacute; plus difficile &agrave; &eacute;tablir en raison de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; des essais cliniques, du faible nombre de patients et des dur&eacute;es de suivi insuffisantes.L&rsquo;analyse des donn&eacute;es combin&eacute;es des 3 premiers essais effectu&eacute;s contre placebo (fran&ccedil;ais, canadien, am&eacute;ricain)<a href="#_ENREF_15" title="Poupon, 1997 #19">15</a>a montr&eacute; que la survie sans TH des patients trait&eacute;s par AUDC pendant 4 ans &eacute;tait sup&eacute;rieure &agrave; celle des patients ayant re&ccedil;u soit un placebo pendant 4 ans soit un placebo pendant 2anssuivi d&rsquo;un traitement en &laquo;&nbsp;ouvert&nbsp;&raquo; par AUDC pendant encore 2 ans(<strong>Figure 2</strong>).L&rsquo;essai de la Mayo Clinic montrait en outre une diminution de l&rsquo;incidence des varices oesophagiennes sous AUDC. Ces r&eacute;sultats ont &eacute;t&eacute; cependant r&eacute;fut&eacute;spar la m&eacute;ta-analysede l&rsquo;ensemble des essais th&eacute;rapeutiques publi&eacute;s n&rsquo;ayant pas retrouv&eacute; d&rsquo;effet significatif du traitement sur le risque de d&eacute;c&egrave;s, deTH ou de complications de la maladie.<a href="#_ENREF_16" title="Gong, 2007 #657">16</a> Les r&eacute;sultats de cettem&eacute;ta-analyse sont critiquables car plus de la moiti&eacute; des essais inclus &eacute;taient de dur&eacute;e inf&eacute;rieure &agrave; 2 ans ou&eacute;valuaient des posologiesnon optimales d&rsquo;AUDC.Une seconde m&eacute;ta-analyse effectu&eacute;e &agrave; partir de l&rsquo;ensemble des essais ayant test&eacute; l&rsquo;AUDC &agrave; une posologie &ge; 11 mg/kg/j pendant une p&eacute;riode d&rsquo;au moins 2 ans a confirm&eacute; l&rsquo;existence d&rsquo;un b&eacute;n&eacute;fice th&eacute;rapeutique sur la survie sans TH ainsi qu&rsquo;une diminutionde laprogression histologique &agrave; partir des stades pr&eacute;coces<a href="#_ENREF_17" title="Shi, 2006 #656">17</a>. Enfin, l&rsquo;effet de l&rsquo;AUDC sur le prurit et la fatigue est discordant selon les essais et ne ressortpas de mani&egrave;re significativedans les m&eacute;ta-analyses.<br />
	Les recommandations de l&rsquo;EASL et de l&rsquo;AASLD sont de traiter par AUDC (13-15 mg/kg/j) de mani&egrave;re prolong&eacute;e tous les patients atteints de CBP quelque soit leur stade, m&ecirc;me si ils sont asymptomatiques.<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a>, <a href="#_ENREF_4" title="EASL, 2009 #953">4</a> L&rsquo;AUDC est administr&eacute; le plus souvent en 2 (parfois 3) prises orales. En cas d&rsquo;administration parall&egrave;le d&rsquo;un ch&eacute;lateur des acides biliaires pour le traitement du prurit (cholestyramine, colestipol)les prises d&rsquo;AUDC doivent &ecirc;tre espac&eacute;es d&rsquo;au moins 2 &agrave; 4 heures par rapport &agrave; la prise du ch&eacute;lateur. En cas de maladie s&eacute;v&egrave;re ou tr&egrave;s fortement symptomatique (cirrhose, HTP, ict&egrave;re, prurit intense)il est recommand&eacute; de d&eacute;buter l&rsquo;AUDC &agrave; faible dose (200-250 mg/j)et d&rsquo;augmenter de 200-250 mgtoutes les semaines jusqu&rsquo;&agrave; la dose optimalesous surveillance du taux de bilirubine.L&rsquo;AUDC est en principe contre-indiqu&eacute; au cours du 1er trimestre de la grossesse et au cours de l&rsquo;allaitement, mais aucune toxicit&eacute; pour le f&oelig;tus ou le nouveau-n&eacute; n&rsquo;a &eacute;t&eacute; incidemment rapport&eacute;echez les patientes ayant con&ccedil;uet men&eacute; leur grossesse et l&rsquo;allaitement sous AUDC. L&rsquo;AUDC a peu d&rsquo;effets secondaires. Une diarrh&eacute;e transitoire est observ&eacute;e en d&eacute;but de traitement chez une minorit&eacute; de patients(&lt; 5%). Des br&ucirc;lures &eacute;pigastriquespeuvent &ecirc;tre rapport&eacute;es de fa&ccedil;on &eacute;pisodique.Une prisede poids de 1 &agrave; 2 kg est statistiquementobserv&eacute;ela premi&egrave;re ann&eacute;e.La r&eacute;ponse th&eacute;rapeutique &agrave; l&rsquo;AUDC doit &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e &agrave; l&rsquo;aide des tests biochimiques h&eacute;patiques mesur&eacute;s tous les 3 &agrave; 6 mois selon la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; initiale de la maladie.L&rsquo;am&eacute;lioration des PAL et de la GGT s&rsquo;observe d&egrave;s le premier mois et90%de la r&eacute;ponse biochimique est atteint&agrave;1 an. Vingt pourcent des patients ont une normalisation compl&egrave;te des tests h&eacute;patiques apr&egrave;s 2 ans de traitement.</p>
<p>Les traitements non sp&eacute;cifiques concernent la prise en charge du prurit, la pr&eacute;vention ou le traitement de l&rsquo;ost&eacute;oporose, l&rsquo;hypercholest&eacute;rol&eacute;mie et l&rsquo;HTP.Le traitement du prurit doit faire appel en 1&egrave;re intention&agrave; la cholestyramine (4-16 g/j) qui doit &ecirc;tre prise &agrave; distance de l&rsquo;AUDC (2-4 h),puis en cas d&rsquo;&eacute;chec &agrave; la rifampicine (150-600 mg/j)qui est souvent plus efficace, enfin si n&eacute;cessaire&agrave; la naltrexone (25-50 mg/j)ou &agrave; la sertraline(25-100 mg/j)d&rsquo;efficacit&eacute;variableet souvent limit&eacute;s par leurs effets secondaires. Les anti-histaminiquesbien que non recommand&eacute;sde mani&egrave;re sp&eacute;cifique en raison de leur effet s&eacute;datif sont assez largement prescritsdans la pratique.La phototh&eacute;rapie par UVB pourrait avoir un effet b&eacute;n&eacute;fique mais il n&rsquo;existe pas d&rsquo;&eacute;tude de grande taille. Dans les cas de prurit r&eacute;fractaireil est n&eacute;cessaire de recourir &agrave; des traitements invasifscomme les &eacute;changes plasmatiques, le syst&egrave;me MARS (&eacute;puration extracorporelle sur colonne de charbon et gradient d&rsquo;albumine) ou le drainagenaso-biliaire avant d&rsquo;envisager la TH en cas d&rsquo;insuffisance h&eacute;patique associ&eacute;e.Concernant le risque d&rsquo;ost&eacute;oporose, il est recommand&eacute; de suppl&eacute;er tous les patients en calcium (1 g/j) et vitamine D (800 UI/jou 100000 UI/3-4 mois) m&ecirc;me si le b&eacute;n&eacute;fice n&rsquo;est pas formellement d&eacute;montr&eacute;. Un traitement par alendronate (70 mg/semaine) est indiqu&eacute;en cas d&rsquo;ost&eacute;oporose (T score &lt; 2,5) ou d&rsquo;ant&eacute;c&eacute;dent de fracture porotique. En cas de varices oesophagiennes, une perfusion mensuelle de biphosphonatedoit &ecirc;tre pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e.L&rsquo;hypercholest&eacute;rol&eacute;mie au cours de la CBP n&rsquo;est pas associ&eacute;e &agrave; une augmentation d&eacute;montr&eacute;e du risque cardio-vasculaire et l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;un traitement hypocholest&eacute;rol&eacute;miantdans cette situation est discutable.Toutefois, en cas d&rsquo;hypercholest&eacute;rol&eacute;mie familiale ou de maladie cardiovasculaire av&eacute;r&eacute;e une statinepeut &ecirc;tre prescritesans risque particulier pour le foie.Enfin, le traitement de l&rsquo;HTP n&rsquo;est pas diff&eacute;rent de celui recommand&eacute; dans les autres causes d&rsquo;HTP intra-h&eacute;patique.</p>
<p>La survie des patients trait&eacute;s par AUDC reste inf&eacute;rieure &agrave; celle d&rsquo;une population t&eacute;moin appari&eacute;e pour l&rsquo;&acirc;ge et le sexe.<a href="#_ENREF_18" title="Poupon, 1999 #178">18</a> Les principaux facteurs de mauvais pronostic sont&nbsp;: 1) en d&eacute;but de traitement&nbsp;: une bilirubine totale &eacute;lev&eacute;e (&gt; 17 &micro;moles/L), un stade histologique &ge; 3, une mesure de la duret&eacute; du foie &gt; 9,6 kPaet l&rsquo;existence sur la PBH d&rsquo;une h&eacute;patite d&rsquo;interface significative (segmentaire et focale dans la majorit&eacute; des espaces porte ou circonf&eacute;rentielle dans plus de 50% d&rsquo;entre eux); 2) sous traitement&nbsp;: une r&eacute;ponse biochimique &agrave; 1 an insatisfaisante et une augmentation de la duret&eacute; du foie &gt; 2,1 kPa/an.Les indicateurs pronostiques non sp&eacute;cifiques (dont les scores de Child-Pugh et MELD) sont valides au stade de cirrhose. La r&eacute;ponse biochimique &agrave; 1 an est l&rsquo;un des facteurs les plus fortement li&eacute;s au pronostic.Il existe plusieurs d&eacute;finitions de la r&eacute;ponse biochimique incompl&egrave;te (<strong>Tableau 3</strong>).<a href="#_ENREF_19" title="Angulo, 1999 #313">19-23</a>. Les crit&egrave;res de Paris, qui ont &eacute;t&eacute; valid&eacute;s dans diff&eacute;rentes populations, sont recommand&eacute;s par l&rsquo;EASL et l&rsquo;AASLDdans le butd&rsquo;identifier les patients mauvais r&eacute;pondeurs &agrave; l&rsquo;AUDC.<a href="#_ENREF_3" title="Lindor, 2009 #951">3</a>, <a href="#_ENREF_4" title="EASL, 2009 #953">4</a> . Ces patients ont une survie sans TH de 51%&agrave; 10 ans alors qu&rsquo;elle est de 90% chez les r&eacute;pondeurs (<strong>Figure 3</strong>).<a href="#_ENREF_21" title="Corpechot, 2008 #809">21</a>L&rsquo;augmentation de la duret&eacute; du foie mesur&eacute;e par&eacute;lastom&eacute;trie est probablement un bon crit&egrave;re de r&eacute;ponse incompl&egrave;te &agrave; l&rsquo;AUDC.<a href="#_ENREF_10" title="Corpechot, 2012 #1137">10</a> Cependant,il n&rsquo;existe pas d&rsquo;&eacute;tude prospective d&eacute;montrantde fa&ccedil;on formelle l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;&eacute;lastom&eacute;triedans le suivi des patients et aucune recommandation officielle n&rsquo;a &eacute;t&eacute; faite &agrave; ce sujet.</p>
<h1>Prise en charge des formes avec r&eacute;ponse partielle.</h1>
<p>En cas de r&eacute;ponse incompl&egrave;te &agrave; l&rsquo;AUDC, il est recommand&eacute; derechercher de mani&egrave;re syst&eacute;matique les situations suivantescar elles peuvent d&eacute;boucher surdes mesures th&eacute;rapeutiques sp&eacute;cifiques efficaces: 1) posologie d&rsquo;AUDC insuffisante&nbsp;; 2) observance sous-optimale; 3) syndrome de chevauchement (HAI)&nbsp;; 4)dysthyro&iuml;die&nbsp;; 5) maladie coeliaque.Il est bien &eacute;tabli qu&rsquo;une dose d&rsquo;AUDC &le; 10 mg/kg/j est associ&eacute;e &agrave; une moins bonne r&eacute;ponse biochimique.<a href="#_ENREF_24" title="Angulo, 1999 #260">24</a>Un dosage chromatographique ou spectrom&eacute;trique desacides biliaires s&eacute;riques primaires, secondaires et tertiairesn&rsquo;est pas effectu&eacute; en pratique courante car c&rsquo;est un examen couteux, non totalementstandardis&eacute; et r&eacute;serv&eacute; &agrave; un nombre de laboratoirestr&egrave;s restreint.Toutefois, en cas de mauvaise r&eacute;ponse th&eacute;rapeutique, cet examenpourrait s&rsquo;av&eacute;rerutile.En effet, le pourcentage d&rsquo;AUDC circulant est assez bien corr&eacute;l&eacute; &agrave; son enrichissement biliaire qui est lui m&ecirc;me bien corr&eacute;l&eacute; &agrave; la baisse des PAL.Unpourcentage d&rsquo;AUDC circulant&lt; 50% est consid&eacute;r&eacute; comme insuffisant, la fourchette th&eacute;rapeutique &eacute;tant comprise entre 50% et 80%. La recherche de signes d&rsquo;HAI en cas de mauvaise r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;AUDC (voir crit&egrave;res diagnostiquesdu syndrome de chevauchement au chapitre pr&eacute;c&eacute;dent) est primordiale car les formes mixtes de CBPsont observ&eacute;es dans 10% des caset r&eacute;pondentle plus souvent &agrave; un traitement compl&eacute;mentairepar cortico&iuml;des plus ou moins associ&eacute;s &agrave; l&rsquo;azathioprine.Les dysfonctionnements thyro&iuml;diens doivent &ecirc;tre recherch&eacute;s car ils sontfr&eacute;quentsau cours de la CBP (10%-15%) etpourraientparticiper aux anomalies de la biologieh&eacute;patique. La maladie coeliaquequi est retrouv&eacute;e chez &lt; 1% des patients atteints de CBP peut &ecirc;tre une caused&rsquo;anomalies persistantes des tests h&eacute;patiques sous AUDC.</p>
<p>Dans la majorit&eacute; des casaucun de ces facteurs n&rsquo;est retrouv&eacute; et la questionpos&eacute;e est de savoir si il est n&eacute;cessaire d&rsquo;optimiser le traitement par AUDC et si oui, comment?Pour le moment,il n&rsquo;existe pas de r&eacute;ponse &eacute;vidente &agrave; ces questions. L&rsquo;AASLD reconna&icirc;t que des essais th&eacute;rapeutiquessont justifi&eacute;s chez lespatients ayant une r&eacute;ponse biochimique incompl&egrave;te apr&egrave;s 3 &agrave; 6 mois d&rsquo;AUDC.<a href="#_ENREF_25" title="Silveira, 2010 #952">25</a> Les doses &eacute;lev&eacute;es d&rsquo;AUDC (&ge; 20 mg/kg/j) n&rsquo;am&eacute;liore pas la r&eacute;ponse biochimique<a href="#_ENREF_24" title="Angulo, 1999 #260">24</a>. L&rsquo;addition de colchicine, de methotrexateou de mycophenolatemofetiln&rsquo;apporte pasde b&eacute;n&eacute;fice th&eacute;rapeutique. Les traitements semblant pouvoir am&eacute;liorer la r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;AUDCsont les corticost&eacute;ro&iuml;des, en particulier le bud&eacute;sonide, les fibrates (agonistes du r&eacute;cepteurnucl&eacute;aire PPAR&alpha;) et les d&eacute;riv&eacute;s synth&eacute;tiques de l&rsquo;acide chenod&eacute;soxycholique dont l&rsquo;acide obeticholique (agonistes du r&eacute;cepteur nucl&eacute;aire des acides biliaires). L&rsquo;adjonction de prednisone (ou prednisolone) &agrave; la dose de 10 &agrave; 30 mg/j, associ&eacute;e ou non &agrave; l&rsquo;azathioprine, am&eacute;liore les tests biochimiques et l&rsquo;inflammation histologique aux stades pr&eacute;coces de la maladie mais augmente significativement le risque d&rsquo;ost&eacute;op&eacute;nie.Le bud&eacute;sonide &agrave; la dose de 6 &agrave; 9 mg/jsemble avoir les m&ecirc;mes effets b&eacute;n&eacute;fiques mais avec un risque d&rsquo;ost&eacute;op&eacute;nie cortico-induite moins &eacute;lev&eacute;<a href="#_ENREF_26" title="Leuschner, 1999 #381">26</a>, <a href="#_ENREF_27" title="Rautiainen, 2005 #595">27</a> .Cependant son b&eacute;n&eacute;fice sur la progression cliniqueet la surviereste &agrave; d&eacute;montrer (un essai th&eacute;rapeutique est en cours). A noter qu&rsquo;il est contre-indiqu&eacute; chez les patients cirrhotiques en raison d&rsquo;un passage syst&eacute;mique accru augmentant le risque de complications m&eacute;taboliques et osseuseset d&rsquo;un risque rapport&eacute; de thrombose de la veine porte.Les fibrates (fenofibrate, bezafibrate) en association &agrave; l&rsquo;AUDC ou en monoth&eacute;rapie ont un effet b&eacute;n&eacute;fique certain sur les tests biochimiques h&eacute;patiques<a href="#_ENREF_28" title="Itakura, 2004 #956">28</a>mais il n&rsquo;y a pas pour le moment d&rsquo;essai th&eacute;rapeutique prolong&eacute; prouvant leur int&eacute;r&ecirc;t sur le long terme (plusieurs essais sont en cours). L&rsquo;acide obeticholique (AOC) est un agoniste du r&eacute;cepteur des acides biliaires FXR (Farnesoid X receptor) dont le r&ocirc;le protecteur au cours de la cholestase est bien &eacute;tabli<em>in vitro</em> et <em>in vivo</em>. Cette mol&eacute;cule en cours d&rsquo;&eacute;valuation constitue la 1&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;agonistes synth&eacute;tiques de FXR.Desessais de courte dur&eacute;e ont montr&eacute; qu&rsquo;elle avait un effet b&eacute;n&eacute;fique sur les tests biochimiques h&eacute;patiques en cas de r&eacute;ponse incompl&egrave;te &agrave; l&rsquo;AUDC, mais au prix d&rsquo;une augmentation de la fr&eacute;quence et de l&rsquo;intensit&eacute; du prurit pour des doses &gt; 10 mg/j.<a href="#_ENREF_29" title="Mason, 2010 #1031">29</a> L&agrave; encore, le b&eacute;n&eacute;fice en termes de survie sans complication reste &agrave; d&eacute;montrer (un essai prolong&eacute; est en cours).</p>
<h1>Place de la transplantation h&eacute;patique.</h1>
<p>La TH a consid&eacute;rablement am&eacute;lior&eacute; le pronostic des formes terminales de la maladie. La survie&agrave; 5ans apr&egrave;s TH est de 80%-85%. Les indications de la TH ne diff&egrave;rent pas de celles des autres causes d&rsquo;insuffisance h&eacute;patique et les r&egrave;gles &eacute;tablies sur le score MELD ou de Child-Pughrestent valides.La concentration de la bilirubine totale a n&eacute;anmoins une valeur indicative sp&eacute;cifique. Les patients dont la bilirubineapproche 100 &micro;mol/L (~6 mg/dL) doivent &ecirc;tre orient&eacute;s vers un centre de TH.<a href="#_ENREF_30" title="Neuberger, 2003 #1196">30</a> Le score de la Mayo Clinic, qui tient compte deplusieursparam&egrave;tres pronostiques (&acirc;ge, bilirubine, albumine, temps de Quick,pr&eacute;sence d&rsquo;oed&egrave;me ou d&rsquo;une ascite)peut &eacute;galement participer &agrave; la d&eacute;cision (scorecritique &ge; 7,8) mais son calcul peu ais&eacute; fait qu&rsquo;il est rarement utilis&eacute; en pratique clinique.Les patients souffrant d&rsquo;une forme ductop&eacute;nique rapide se manifestant par un ict&egrave;re et un prurit s&eacute;v&egrave;renon r&eacute;versibles doivent &ecirc;tre orient&eacute;s vers un centre de TH m&ecirc;me en l&rsquo;absence de signe clinique ou histologique de cirrhose.Un prurit r&eacute;fractaire isol&eacute;, c&rsquo;est &agrave; diresans ict&egrave;re ou autre signe de gravit&eacute;,n&rsquo;est pas consid&eacute;r&eacute; comme une indication en soi &agrave; la TH.Le risque de r&eacute;cidive clinique de la maladie est estim&eacute; &agrave; 20-25% apr&egrave;s 10 ans. Ce risque serait sup&eacute;rieur en cas de traitement partacrolimus(vs. ciclosporine) mais le niveau de preuve n&rsquo;est pas assez &eacute;lev&eacute; pour donner lieu &agrave; des recommandations sp&eacute;cifiques. L&rsquo;arr&ecirc;t des cortico&iuml;des n&rsquo;est pas conseill&eacute; car le risque de rejet est &eacute;lev&eacute;.Les r&eacute;cidives sur le greffon sont g&eacute;n&eacute;ralement peu s&eacute;v&egrave;re et r&eacute;pondent souvent de mani&egrave;re favorable&agrave; la r&eacute;introduction de l&rsquo;AUDC. Les cas dere-transplantations pour r&eacute;cidives&eacute;v&egrave;re de la maladie sur le greffonsont rares.</p>
<p class="legende">Tableau 1. Causes de cholangite destructrice non suppur&eacute;edes canaux interlobulaires</p>
<blockquote>
<p>Cirrhose biliaire primitive<br />
		Cholangite scl&eacute;rosante primitive ou secondaire<br />
		Sarco&iuml;dose<br />
		H&eacute;patite auto-immune<br />
		Cholangite m&eacute;dicamenteuse<br />
		Cholangite n&eacute;oplasique (lymphome, mastocytose, hystiocytose)<br />
		H&eacute;patite C, B, E<br />
		R&eacute;action du greffon contre l&rsquo;h&ocirc;te (allogreffe de moelle) <strong><br clear="all" /><br />
		</strong></p>
</blockquote>
<p class="legende"><strong>&nbsp;</strong>Tableau 2. Crit&egrave;res de Paris pour le diagnostic d&rsquo;HAI quand le diagnostic de CBP a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli (au moins 2 crit&egrave;res doivent &ecirc;tre pr&eacute;sents)</p>
<blockquote>
<p>1) Alanine aminotransf&eacute;rase (ALAT) &gt; 5 x N<br />
		2) IgG&gt; 2 x N ou AML &ge; 1/80<br />
		3) H&eacute;patite d&rsquo;interface p&eacute;riportale ou p&eacute;riseptale mod&eacute;r&eacute;e ou s&eacute;v&egrave;re <strong><br clear="all" /><br />
		</strong></p>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 3. Crit&egrave;res de r&eacute;ponse biochimique incompl&egrave;te &agrave; l&rsquo;AUDC.</p>
<table align="left" border="0" cellpadding="0" cellspacing="5" style="width: 100%;" width="650">
<tbody>
<tr>
<td style="" valign="top" width="130">
				D&eacute;signation</td>
<td valign="top" width="123">
<p style="">Dur&eacute;e<br />
					de traitement<br />
					&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p style="">Crit&egrave;res</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Rochester</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>6 mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>PAL &ge; 2 x N ouscore de la Mayo &ge; 4.5</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Barcelone</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>12mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>Diminution desPAL &le; 40%</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Paris (I)</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>12mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>PAL &ge; 3 x N ou AST &ge; 2 x N ouBili. Tot.&gt;17 &micro;mole/L</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Paris (II) *</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>12mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>PAL &ge; 1,5x N ou AST &ge; 1,5x NouBil. Tot.&gt;17 &micro;mole/L</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Rotterdam</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>12mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>Bilirubine Totaleet/ou Albumine anormale</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Toronto**</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>24mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>PAL &gt; 1.67 x N</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="130">
<p>Ehime</p>
</td>
<td valign="top" width="123">
<p>6 mois</p>
</td>
<td valign="top" width="397">
<p>Diminutionde la GGT &le; 70%</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>* sp&eacute;cifiques des stades histologiques pr&eacute;coces (1-2). ** d&eacute;fini sur la base d&rsquo;une progression histologique d&rsquo;au moins 1 stade (tous les autres crit&egrave;res ont &eacute;t&eacute; d&eacute;finis sur la base de la survie sans TH).<strong><br clear="all" /><br />
	</strong></p>
<p class="legende">Figure 1. Les 4 stades histologiques de la CBP selon la classification de Scheuer&nbsp;: A, Stade 1 avec l&eacute;sion de cholangite destructrice granulomateuse (fl&egrave;che)&nbsp;; B, Stade 2 avec r&eacute;action ductulairep&eacute;riportale (fl&egrave;che)&nbsp;; C, Stade 3 avec fibrose septale extensive&nbsp;sans cirrhose; D, stade 4 correspondant &agrave; la cirrhose (A &#8211; B, HES x100&nbsp;; C, rouge sirius x50&nbsp;; D, rouge sirius x20).</p>
<p class="legende" style="text-align: center;"><img alt="Les 4 stades histologiques de la CBP selon la classification de Scheuer" height="426" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corpechot-1.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende">Figure 2. Taux de survie sans transplantation h&eacute;patique &eacute;valu&eacute;s &agrave; partir de 548 patients trait&eacute;s initialement par AUDC (13-15 mg/kg/j) ou placebo (analyse combin&eacute;e de 3 grands essais th&eacute;rapeutiques)</p>
<p class="legende" style="text-align: center;"><img alt="Taux de survie sans transplantation hépatique évalués à partir de 548 patients traités initialement par AUDC (13-15 mg/kg/j) ou placebo (analyse combinée de 3 grands essais thérapeutiques)" height="420" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corpechot-2.jpg" width="560" /></p>
<p class="legende">Figure 3. Taux de survie sans transplantation des patients trait&eacute;s par AUDC en fonction de la r&eacute;ponse biochimique &agrave; 1 an (crit&egrave;res de Paris).</p>
<p class="legende" style="text-align: center;"><img alt="Taux de survie sans transplantation des patients traités par AUDC en fonction de la réponse biochimique à 1 an (critères de Paris)." height="423" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corpechot-3.jpg" width="560" /></p>
<h1>Remerciements&nbsp;:</h1>
<p>L&rsquo;auteur remercie le Pr Dominique Wendum (service d&rsquo;Anatomie Pathologique, H&ocirc;pital Saint-Antoine, Paris) qui a gentiment accept&eacute; de fournir les illustrations histologiques.</p>
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<li><a id="_ENREF_25" name="_ENREF_25"></a>25.&nbsp; Silveira MG, Brunt EM, Heathcote J, Gores GJ, Lindor KD, Mayo MJ. American Association for the Study of Liver Diseases endpoints conference: design and endpoints for clinical trials in primary biliary cirrhosis. Hepatology 2010;52:349-59.</li>
<li><a id="_ENREF_26" name="_ENREF_26"></a>26.&nbsp; Leuschner M, Maier KP, Schlichting J, Strahl S, Herrmann G, Dahm HH, Ackermann H, Happ J, Leuschner U. Oral budesonide and ursodeoxycholic acid for treatment of primary biliary cirrhosis: results of a prospective double-blind trial. Gastroenterology 1999;117:918-25.</li>
<li><a id="_ENREF_27" name="_ENREF_27"></a>27.&nbsp; Rautiainen H, Karkkainen P, Karvonen AL, Nurmi H, Pikkarainen P, Nuutinen H, Farkkila M. Budesonide combined with UDCA to improve liver histology in primary biliary cirrhosis: A three-year randomized trial. Hepatology 2005;41:747-752.</li>
<li><a id="_ENREF_28" name="_ENREF_28"></a>28.&nbsp; Itakura J, Izumi N, Nishimura Y, Inoue K, Ueda K, Nakanishi H, Tsuchiya K, Hamano K, Asahina Y, Kurosaki M, Uchihara M, Miyake S. Prospective randomized crossover trial of combination therapy with bezafibrate and UDCA for primary biliary cirrhosis. Hepatol Res 2004;29:216-222.</li>
<li><a id="_ENREF_29" name="_ENREF_29"></a>29.&nbsp; Mason A, Luketic VA, Lindor K, Hirschfield GM, Gordon SC, Mayo MJ, Kowdley KV, Pares A, Trauner M, Sciacca CI, Beecher Jones T, Pruzanski M, Shapiro DA. Farnesoid &#8211; X Receptor Agonists: a New Class of Drugs for the Treatment of PBC? An International Study Evaluating the Addition of Obeticholic Acid ( INT &#8211; 747 ) to Ursodeoxycholic Acid. Hepatology 2010;52:357A.</li>
<li><a id="_ENREF_30" name="_ENREF_30"></a>30.&nbsp; Neuberger J. Liver transplantation for primary biliary cirrhosis: indications and risk of recurrence. J Hepatol 2003;39:142-8.</li>
</ul>
<h1>&nbsp;</h1>
<h1>LES POINTS FORTS MR CORPECHOT</h1>
<ul>
<li>Le diagnostic de cirrhose biliaire primitive ne n&eacute;cessite pas de PBH dans 90% des cas.</li>
<li>Un syndrome de chevauchement (cirrhose biliaire primitive -h&eacute;patite auto-immune) est pr&eacute;sent dans 10% des cas.</li>
<li>Le traitement par acide ursod&eacute;soxycholique est bien tol&eacute;r&eacute; et efficace notamment aux stades pr&eacute;coces.</li>
<li>La survie sans transplantation h&eacute;patique est corr&eacute;l&eacute;e &agrave; la r&eacute;ponse biochimique sous acide ursod&eacute;soxycholique</li>
<li>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;autre traitement valid&eacute; except&eacute; la transplantation h&eacute;patique au stade terminal.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Traitement chirurgical du cancer colique en occlusion</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:11:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1>Introduction</h1>
<p>La prise en charge des patients  ayant un cancer colique en occlusion pose &#224; la fois</p>
<ul>
  <li>le probl&#232;me d&#8217;une obstruction organique s&#233;v&#232;re  du colon avec tous les retentissements potentiels notamment d&#8217;ordre g&#233;n&#233;ral ou  intestinal d&#8217;amont</li>
  <li>et le probl&#232;me d'un cancer souvent localement  avanc&#233; et fr&#233;quemment d&#233;j&#224; m&#233;tastatique.</li>
</ul>
<p>L'incidence des occlusions par  cancers coliques est diff&#233;remment appr&#233;ci&#233;e selon les crit&#232;res d'occlusion.  Elle varie ainsi de 4 &#224; 24 % selon les s&#233;ries publi&#233;es (1-3) . </p>
<p>Le traitement chirurgical optimal  des cancers du colon en occlusion reste un sujet de controverse. L&#8217;utilisation  grandissante des stents est venue compliquer ce d&#233;bat.</p>
<p>En cas de cancer du c&#244;lon  r&#233;v&#233;l&#233; par une occlusion intestinale aigu&#235;, une intervention chirurgicale en  urgence est associ&#233;e &#224; une morbi-mortalit&#233; importante  ainsi qu&#8217;un taux &#233;lev&#233; de stomie. L'utilisation de stents en situation palliative  est maintenant valid&#233;e cependant l'utilisation de stent en traitement d&#8217;attente  avant chirurgie est plus controvers&#233;e. Le sujet des stents est abord&#233; dans un  autre chapitre de cet ouvrage mais on peut &#233;voquer dans ce chapitre consacr&#233; &#224;  la chirurgie certains aspects de l'utilisation des stents dans ce contexte. Les  principaux avantages du stent sont :</p>
<ul>
  <li>une restauration rapide de la continuit&#233;  digestive</li>
  <li>la possibilit&#233; de prendre son temps afin  d'envisager une prise en charge optimale pouvant inclure un traitement  n&#233;o-adjuvant, une chirurgie &#233;lective et une r&#233;flexion sur une prise en charge pluri-disciplinaire dans le cadre d'une maladie avanc&#233;e.  (4). </li>
</ul>
<p>Les inconv&#233;nients principaux  des stents sont&#160;:</p>
<ul>
  <li>Les complications locales notamment les  perforations qui peuvent g&#234;ner les &#233;ventuels futurs gestes chirurgicaux</li>
  <li>la possibilit&#233; de migration ou d'obstruction du  stent et donc de r&#233;cidive d'occlusion</li>
</ul>
<h1>G&#233;n&#233;ralit&#233;s</h1>
<p>On estime que 20% des malades  atteints de cancer colorectal se pr&#233;sentent en urgence, g&#233;n&#233;ralement avec une  tumeur avanc&#233;e, compliqu&#233;e : occlusion, perforation ou h&#233;morragie. La prise en  charge de ces malades est associ&#233;e &#224; une morbidit&#233; et une mortalit&#233; accrues de  mani&#232;re significative par rapport aux situations &#233;lectives ( 5).  En effet, d'une part, les malades ont une alt&#233;ration de l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral, une d&#233;shydratation,  une s&#233;questration liquidienne, un d&#233;s&#233;quilibre hydro-&#233;lectrolytiques et un  &#233;ventuel sepsis. D'autre part, ils ne peuvent pas b&#233;n&#233;ficier d'un bilan optimal  de leur &#233;tat g&#233;n&#233;ral et de leur pathologie colique. En outre, il n&#8217;est pas  possible de r&#233;aliser une pr&#233;paration colique satisfaisante dans un contexte de  surcharge stercorale importante, en particulier si la tumeur est totalement  obstructive.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-chirurgical-cancer-colique.pdf" target="blank">PDF</a> <!--<a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/nouveau nom_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a>  <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2012/MICI/Seirafi%20Mariam%20-%20Grossesse%20et%20MICI/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> &#8211;></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Connaitre les indications chirurgicales d&rsquo;une occlusion sur cancer colique en situation palliative ou curative</li>
<li>Quel geste chirurgical&nbsp;: colectomie ou stomie de d&eacute;charge</li>
<li>R&eacute;sultat sur la qualit&eacute; de vie et la morbi-mortalit&eacute; &agrave; court et &agrave; moyen terme</li>
</ul>
<h1>Introduction</h1>
<p>La prise en charge des patients ayant un cancer colique en occlusion pose &agrave; la fois</p>
<ul>
<li>le probl&egrave;me d&rsquo;une obstruction organique s&eacute;v&egrave;re du colon avec tous les retentissements potentiels notamment d&rsquo;ordre g&eacute;n&eacute;ral ou intestinal d&rsquo;amont</li>
<li>et le probl&egrave;me d&#39;un cancer souvent localement avanc&eacute; et fr&eacute;quemment d&eacute;j&agrave; m&eacute;tastatique.</li>
</ul>
<p>L&#39;incidence des occlusions par cancers coliques est diff&eacute;remment appr&eacute;ci&eacute;e selon les crit&egrave;res d&#39;occlusion. Elle varie ainsi de 4 &agrave; 24 % selon les s&eacute;ries publi&eacute;es (1-3) .</p>
<p>Le traitement chirurgical optimal des cancers du colon en occlusion reste un sujet de controverse. L&rsquo;utilisation grandissante des stents est venue compliquer ce d&eacute;bat.</p>
<p>En cas de cancer du c&ocirc;lon r&eacute;v&eacute;l&eacute; par une occlusion intestinale aigu&euml;, une intervention chirurgicale en urgence est associ&eacute;e &agrave; une morbi-mortalit&eacute; importante ainsi qu&rsquo;un taux &eacute;lev&eacute; de stomie. L&#39;utilisation de stents en situation palliative est maintenant valid&eacute;e cependant l&#39;utilisation de stent en traitement d&rsquo;attente avant chirurgie est plus controvers&eacute;e. Le sujet des stents est abord&eacute; dans un autre chapitre de cet ouvrage mais on peut &eacute;voquer dans ce chapitre consacr&eacute; &agrave; la chirurgie certains aspects de l&#39;utilisation des stents dans ce contexte. Les principaux avantages du stent sont :</p>
<ul>
<li>une restauration rapide de la continuit&eacute; digestive</li>
<li>la possibilit&eacute; de prendre son temps afin d&#39;envisager une prise en charge optimale pouvant inclure un traitement n&eacute;o-adjuvant, une chirurgie &eacute;lective et une r&eacute;flexion sur une prise en charge pluri-disciplinaire dans le cadre d&#39;une maladie avanc&eacute;e. (4).</li>
</ul>
<p>Les inconv&eacute;nients principaux des stents sont&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Les complications locales notamment les perforations qui peuvent g&ecirc;ner les &eacute;ventuels futurs gestes chirurgicaux</li>
<li>la possibilit&eacute; de migration ou d&#39;obstruction du stent et donc de r&eacute;cidive d&#39;occlusion</li>
</ul>
<h1>G&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s</h1>
<p>On estime que 20% des malades atteints de cancer colorectal se pr&eacute;sentent en urgence, g&eacute;n&eacute;ralement avec une tumeur avanc&eacute;e, compliqu&eacute;e : occlusion, perforation ou h&eacute;morragie. La prise en charge de ces malades est associ&eacute;e &agrave; une morbidit&eacute; et une mortalit&eacute; accrues de mani&egrave;re significative par rapport aux situations &eacute;lectives ( 5). En effet, d&#39;une part, les malades ont une alt&eacute;ration de l&#39;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral, une d&eacute;shydratation, une s&eacute;questration liquidienne, un d&eacute;s&eacute;quilibre hydro-&eacute;lectrolytiques et un &eacute;ventuel sepsis. D&#39;autre part, ils ne peuvent pas b&eacute;n&eacute;ficier d&#39;un bilan optimal de leur &eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral et de leur pathologie colique. En outre, il n&rsquo;est pas possible de r&eacute;aliser une pr&eacute;paration colique satisfaisante dans un contexte de surcharge stercorale importante, en particulier si la tumeur est totalement obstructive.</p>
<p>Dans ce contexte le taux de sepsis superficiels et profonds ainsi que le taux de fistules anastomotiques est augment&eacute; ( 6).</p>
<p>Une occlusion tumorale colique touche environ 16% des malades atteints de cancer colorectal, entra&icirc;nant distension abdominale, douleur, constipation, et vomissements. Si la valvule il&eacute;o-caecale est continente, le danger principal est la perforation diastatique du caecum en amont de la tumeur occlusive.</p>
<h1>El&eacute;ments de d&eacute;cision</h1>
<p>Les diff&eacute;rents &eacute;l&eacute;ments &agrave; prendre en compte dans le processus de d&eacute;cision sont r&eacute;sum&eacute;s dans le tableau 1. Ils guident notamment le chirurgien sur le d&eacute;lai, le type d&rsquo;intervention (r&eacute;section, simple d&eacute;rivation) ou encore la possibilit&eacute; de remise en continuit&eacute;. Les cinq options les plus courantes sont r&eacute;pertori&eacute;es dans le tableau 2.</p>
<p>Une anastomose il&eacute;o-colique est r&eacute;alisable dans la plupart des cas. En revanche, une anastomose colo-colique est &agrave; risque &eacute;lev&eacute; de complications li&eacute;es &agrave; la stase stercorale et la distension du c&ocirc;lon en amont de l&#39;obstruction.</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<th>
<p align="center"><strong>El&eacute;ment</strong></p>
</th>
<th>
<p align="center"><strong>Donn&eacute;es </strong></p>
</th>
<th>
<p align="center"><strong>Implication</strong></p>
</th>
</tr>
<tr>
<td rowspan="2" valign="top">
<p>Localisation&nbsp; de la tumeur</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Droite<br />
					Gauche</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Anastomose il&eacute;ocolique<br />
					Anastomose Colo-colique</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Colon / rectum</p>
</td>
<td valign="top">
<p>N&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;finir l&rsquo;indication de radio-chimioth&eacute;rapie n&eacute;o-adjuvante en cas de cancer rectal</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Localis&eacute; vs m&eacute;tastatique</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Traitement &agrave; vis&eacute;e curative ou palliative</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Extension locale de la tumeur</p>
</td>
<td valign="top">
<p>R&eacute;s&eacute;cable vs non r&eacute;s&eacute;cable</p>
</td>
<td valign="top">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Perforation pr&eacute;sente ou imminente</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Intervention urgente</p>
<p>De la tumeur ou en amont de la tumeur</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Evite la perforation</p>
<p>Diss&eacute;mination de cellules tumorales<br />
					P&eacute;ritonite stercorale<br />
					Difficult&eacute;s de cicatrisation Retard de traitement adjuvant</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="3" valign="top">
<p>&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Etat du colon en amont de l&rsquo;occlusion</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Viabilit&eacute; ?<br />
					D&eacute;chirures pari&eacute;tales ?</p>
</td>
<td valign="top">
<p>Possibilit&eacute; d&rsquo;anastomose ?</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Informations sur le colon d&rsquo;amont</p>
</td>
<td valign="top">
<p>L&eacute;sions synchrones</p>
</td>
<td valign="top">
<p>L&rsquo;&eacute;valuation est-elle&nbsp; possible avant la chirurgie&nbsp;?</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Maladie colique sous-jacente</p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>MICI</li>
<li>forme h&eacute;r&eacute;ditaire (HNPCC, FAP)</li>
</ul>
</td>
<td>
<p>Risque de &nbsp;cancer multifocal (synchrone, m&eacute;tachrone)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p>Etat g&eacute;n&eacute;ral du malade</p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Cardiorespiratoire</li>
<li>Hydratation</li>
<li>Fonction r&eacute;nale</li>
<li>Coagulopathie</li>
<li>Sepsis</li>
<li>Etat nutritionnel</li>
<li>D&eacute;pendance</li>
</ul>
</td>
<td>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><strong>Tableau 1</strong> : El&eacute;ments pertinents dans la discussion de la prise en charge des cancers coliques en occlusion</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="1" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<th>
<p align="center"><strong>OPTIONS</strong></p>
</th>
<th>
<p align="center"><strong>POUR</strong></p>
</th>
<th>
<p align="center"><strong>CONTRE</strong></p>
</th>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>R&eacute;section segmentaire avec anastomose en un temps</strong></p>
<ul>
<li>avec/sans stomie</li>
<li>avec/sans pr&eacute;paration sur table</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Pr&eacute;servation de la longueur du colon</li>
<li>Evite les difficult&eacute;s li&eacute;es &agrave; la remise en continuit&eacute; d&rsquo;un Hartmann</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Risque de fistule</li>
<li>lourdeur du lavage perop&eacute;ratoire</li>
<li>Pas d&rsquo;&eacute;valuation du colon d&rsquo;amont</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Colectomie (sub) totale</strong> avec anastomose en un temps</p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Ablation du colon l&eacute;s&eacute; ou non-explor&eacute;</li>
<li>Anastomose en un temps</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Perte de longueur du colon</li>
<li>Risque de fistule</li>
<li>Alt&eacute;ration de la fonction digestive</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Hartmann</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Ablation de la tumeur</li>
<li>Evite une anastomose</li>
<li>Epargne de la longueur colique</li>
<li>permet l&rsquo;exploration du colon d&rsquo;amont</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Risque de stomie d&eacute;finitive</li>
<li>lourdeur de la remise en continuit&eacute;</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Colostomie d&rsquo;amont</strong></p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Chirurgie simple</li>
<li>Evite une anastomose</li>
<li>Permet d&rsquo;am&eacute;liorer l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du malade</li>
<li>Permet un &eacute;ventuel traitement n&eacute;o-adjuvant</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<p>Tumeur laiss&eacute;e en place</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<p><strong>Stenting</strong></p>
<ul>
<li>Traitement d&rsquo;attente avant une chirurgie d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se</li>
<li>D&eacute;finitif si palliatif</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Permet d&rsquo;am&eacute;liorer l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du malade</li>
<li>Permet l&rsquo;&eacute;valuation du colon d&rsquo;amont apr&egrave;s am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;tat de sa paroi</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Couteux</li>
<li>Pas toujours r&eacute;alisable</li>
<li>Grev&eacute; de complication</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p class="legende"><strong>Tableau 2 :</strong> Avantages et inconv&eacute;nients des diff&eacute;rentes options th&eacute;rapeutiques chirurgicales</p>
<h1>Cancers de l&rsquo;h&eacute;mi-colon droit</h1>
<p>Si le site de l&rsquo;occlusion colique est proximal, une r&eacute;section segmentaire carcinologique (il&eacute;o-colectomie droite segmentaire, h&eacute;mi-colectomie droite, h&eacute;mi-colectomie droite &eacute;tendue) avec anastomose il&eacute;o-colique (rarement prot&eacute;g&eacute;e par une il&eacute;ostomie) est consensuelle (7). Cette attitude r&eacute;alise dans le m&ecirc;me temps le traitement de l&rsquo;occlusion et la part chirurgicale de la prise en charge carcinologique. L a mise en place d&#39;un stent sur l&rsquo;h&eacute;micolon droit ne semble donc pas justifi&eacute;e car il s&rsquo;agirait d&rsquo;une proc&eacute;dure superflue et couteuse. . Il est souhaitable, si ceci est possible, d&rsquo;explorer le c&ocirc;lon en aval de l&rsquo;obstacle tumoral afin d&rsquo;&eacute;liminer des l&eacute;sions synchrones ou une pathologie sous-jacente.</p>
<h1>Cancers de l&rsquo;h&eacute;mi-colon gauche</h1>
<p>Si la tumeur est situ&eacute;e sur la moiti&eacute; gauche du colon, la prise en charge chirurgicale est plus complexe. Le c&ocirc;lon d&rsquo;amont est distendu et fragilis&eacute;, mais surtout, il ne peut pas &ecirc;tre explor&eacute; &agrave; la recherche de l&eacute;sions synchrones. Or , le taux de l&eacute;sions synchrones est &eacute;lev&eacute; dans cette situation. Le taux de cancers synchrones varie de 1 &agrave; 7 % en fonction des s&eacute;ries et si on rajoute les l&eacute;sions pr&eacute;canc&eacute;reuses non r&eacute;s&eacute;cables endoscopiquement, une intervention suppl&eacute;mentaire apr&egrave;s la prise en charge en urgence est n&eacute;cessaire dans 15% des cas (8,9) .</p>
<p>Les options qui peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;es dans ce contexte sont multiples&nbsp;:</p>
<ol>
<li><em>la colectomie (sub)totale avec anastomose il&eacute;o-rectale</em>. Outre la lourdeur du geste, il faut citer les r&eacute;sultats fonctionnels souvent peu satisfaisants de cette intervention : selles fr&eacute;quentes et liquides nocturnes et diurnes. (10)</li>
<li><em>un lavage sur la table</em> avec r&eacute;section-anastomose segmentaire et coloscopie perop&eacute;ratoire. Cette proc&eacute;dure allonge la dur&eacute;e de l&rsquo;intervention de 30 &agrave; 60 minutes, avec une mobilisation colique compl&egrave;te et alourdit la morbi-mortalit&eacute;</li>
<li><em>Une strat&eacute;gie en 2 &#8211; ou m&ecirc;me 3 temps</em> au lieu d&rsquo;une proc&eacute;dure &eacute;lective en un temps comme 1) et 2)</li>
</ol>
<p>Ce sont ces strat&eacute;gies en plusieurs temps qui sont pr&eacute;f&eacute;r&eacute;es dans la majorit&eacute; des cas en raison du mauvais &eacute;tat de la paroi colique et/ou du mauvais &eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du malade&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Intervention de Hartmann</li>
<li>Stomie de d&eacute;charge (colostomie ou il&eacute;ostomie si la valvule il&eacute;ocaecale est incontinente) et r&eacute;section ult&eacute;rieure</li>
<li>R&eacute;section anastomose prot&eacute;g&eacute;e par une stomie</li>
<li>Toute autre combinaison de proc&eacute;dures incluant notamment la mise en place de stent</li>
</ul>
<p>Il n&lsquo;existe pas de donn&eacute;es pertinentes dans la litt&eacute;rature pour trancher entre ces diff&eacute;rentes attitudes (except&eacute; la discussion sur la mise en place de stent qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;un autre chapitre).</p>
<p>La colostomie premi&egrave;re semble r&eacute;serv&eacute;e aux malades fragiles ou n&eacute;cessitant une strat&eacute;gie diagnostique ou th&eacute;rapeutique ne devant pas &ecirc;tre retard&eacute;e par d&rsquo;&eacute;ventuelles suites op&eacute;ratoires. En effet, une m&eacute;ta-analyse r&eacute;cente n&rsquo;a pas trouv&eacute; de diff&eacute;rence de mortalit&eacute; entre colostomie premi&egrave;re et r&eacute;section premi&egrave;re (avec ou sans anastomose)(10).</p>
<p>L&rsquo;intervention de Hartmann est la proc&eacute;dure en deux temps la plus utilis&eacute;e. Le premier temps consiste en une r&eacute;section recto-sigmo&iuml;dienne associ&eacute;e &agrave; une colostomie terminale et l&rsquo;abandon du moignon rectal sutur&eacute; dans l&rsquo;abdomen. Le second temps est la remise en continuit&eacute; par r&eacute;intervention abdominale (&eacute;ventuellement laparoscopique) et anastomose colo-rectale. Il faut savoir que dans cette situation pr&egrave;s de 60% des malades ne sont jamais remis en circuit et gardent leur colostomie, non en raison d&rsquo;impossibilit&eacute;s techniques mais pour des raisons li&eacute;es au terrain du malade. (12)</p>
<p>L&agrave; encore, il n&rsquo;y a pas de litt&eacute;rature convaincante pour nous aider dans le choix de la proc&eacute;dure. Il n&rsquo;y a notamment pas d&rsquo;&eacute;tudes prospectives randomis&eacute;es comparant le Hartmann aux r&eacute;sections-anastomoses prot&eacute;g&eacute;es &eacute;ventuellement par une il&eacute;ostomie. Les s&eacute;ries publi&eacute;es comportent g&eacute;n&eacute;ralement un important biais de s&eacute;lection, le Hartmann &eacute;tant propos&eacute; aux malades les plus graves et les r&eacute;sections-anastomose aux cas plus favorables (5,13). Ainsi, la mortalit&eacute; post-op&eacute;ratoire des occlusions coliques par cancer est &eacute;lev&eacute;e, situ&eacute;e dans une fourchette allant de 15 &agrave; 30%. Cette mortalit&eacute; est identique quelle que soit le type de chirurgie r&eacute;alis&eacute;e. (14,15)</p>
<p>L es centres &agrave; haut volume d&rsquo;activit&eacute; en chirurgie colorectale, donc &agrave; expertise &eacute;lev&eacute;e dans ce domaine, ont un taux plus &eacute;lev&eacute; de r&eacute;section-anastomose (16). En revanche, dans les centres &agrave; moins grand volume d&rsquo;activit&eacute;, le Hartmann doit rester l&rsquo;intervention de choix notamment pour les malades les plus fragiles. En effet, plusieurs &eacute;tudes, anciennes (17) comme r&eacute;centes (16) montrent que la mortalit&eacute; postop&eacute;ratoire de la chirurgie de r&eacute;section en urgence du cancer colorectal est plus &eacute;lev&eacute;e dans les h&ocirc;pitaux &agrave; faible volume compar&eacute;s aux centres &agrave; haut volume d&rsquo;activit&eacute;. Une s&eacute;rie r&eacute;cente de la litt&eacute;rature regroupant les r&eacute;sultats de 148 h&ocirc;pitaux du Royaume Uni rel&egrave;ve aussi cette diff&eacute;rence pour les malades les plus ag&eacute;s. (14).</p>
<p>Afin d&rsquo;&eacute;viter une stomie, un &nbsp;stent colique comme traitement d&rsquo;attente peut &ecirc;tre propos&eacute;e. Le stent peut m&ecirc;me &ecirc;tre le traitement instrumental d&eacute;finitif en situation palliative. Ceci permet th&eacute;oriquement de lever l&rsquo;occlusion, d&rsquo;&eacute;viter une chirurgie en urgence, d&rsquo;am&eacute;liorer &agrave; la fois l&rsquo;&eacute;tat de la paroi colique et l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du malade. Une r&eacute;section-anastomose peut &ecirc;tre ensuite envisag&eacute;e apr&egrave;s un d&eacute;lai plus ou moins long par rapport &agrave; l&rsquo;&eacute;pisode occusif &nbsp;en fonction des imp&eacute;ratifs carcinologiques et g&eacute;n&eacute;raux. (18,19)</p>
<p>Cette attitude n&rsquo;est actuellement pas valid&eacute;e. Si les premi&egrave;res &eacute;tudes r&eacute;trospectives semblaient en faveur des stents, les essais randomis&eacute;s ont soit &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;es pr&eacute;cocement, soit n&rsquo;&eacute;taient pas en faveur des stents pour des raisons de faisabilit&eacute; notamment.</p>
<p>Les principaux inconv&eacute;nients des stents dans cette situation sont&nbsp;:</p>
<ul>
<li>pour les situations palliatives, la migration</li>
<li>pour le traitement d&rsquo;attente, l&rsquo;infiltration de la r&eacute;gion tumorale occasionnant une g&ecirc;ne lors de la chirurgie d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se, les perforations compliquant le geste chirurgical et ses suites, voire le risque th&eacute;orique de diss&eacute;mination tumorale</li>
</ul>
<h1>Conclusion</h1>
<p>Le r&eacute;sultat de la prise en charge des cancers coliques en occlusion n&#39;est pas li&eacute; uniquement aux aspects techniques m&eacute;dico-chirurgicaux. La qualit&eacute; de vie pr&eacute;visionnelle du malade (c&#39;est &agrave; dire, ses desiderata) doit &ecirc;tre prise en compte. L&#39;incidence des complications septiques est aussi tr&egrave;s li&eacute;e au pronostic global car elles retardent voire interdisent l&#39;acc&egrave;s au traitement adjuvant. Par cons&eacute;quent, le bon sens clinique doit guider l&rsquo;indication op&eacute;ratoire en priorit&eacute; vers la th&eacute;rapeutique permettant la r&eacute;cup&eacute;ration postop&eacute;ratoire la plus rapide possible.</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
<ol>
<li>Ohman U. Prognosis in patients with obstructing colorectal carcinoma. Am J Surg. 1982;143:742&ndash;747. Irvin TT, Greaney MG. The treatment of colonic cancer presenting with intestinal obstruction. Br J Surg. 1977;64:741&ndash;744.</li>
<li>Rault A, Collet D, Sa Cunha A, Larroude D, Ndobo&#39;epoy F, Masson B. Prise en charge du cancer colique en occlusion. Ann Chir. 2005 Jun;130(5):331-5.</li>
<li>Trompetas V. Emergency management of malignant acute left-sided colonic obstruction. Ann R Coll Surg Engl. 2008 Apr;90(3):181-6.</li>
<li>Karoui M, Soprani A, Charachon A, Delbaldo C, Vigano L, Luciani A, Cherqui D. Primary chemotherapy with or without colonic stent for management of irresectable stage IV colorectal cancer. Eur J Surg Oncol. 2010 Jan;36(1):58-64.</li>
<li>Sjo OH, Larsen S, Lunde OC, et al. Short term outcome after emergency and elective surgery for colon cancer. Colorectal Dis 2009;11:733-9.</li>
<li>Alves A, Panis Y, Mathieu P, et al. Postoperative mortality and morbidity in French patients undergoing colorectal surgery: results of a prospective multicenter study. Arch Surg 2005;140:278-83.</li>
<li>Phillips RK, Hittinger R, Fry JS, Fielding LP. Malignant large bowel obstruction. Br J Surg. 1985;72:296&ndash;302.</li>
<li>Park SH, Lee JH, Lee SS, Kim JC, Yu CS, Kim HC, Ye BD, Kim MJ, Kim AY, Ha HK. CT colonography for detection and characterisation of synchronous proximal colonic lesions in patients with stenosing colorectal cancer. Gut. 2012;61(12):1716-22.</li>
<li>Patel SS, Floyd A, Doorly MG, Ortega AE, Ault GT, Kaiser AM, Senagore AJ. Current controversies in the management of colon cancer. Curr Probl Surg. 2012 Jul;49(7):398-460.</li>
<li>The SCOTIA Study Group. Subtotal colectomy versus on-table irrigation and anastomosis. Br J Surg1995;82:1622-7.</li>
<li>De Salvo GL, Gava C, Lise M, Pucciarelli S. Curative surgery for obstruction from primary left colorectal carcinoma: Primary or staged resection? Cochrane Database Syst Rev. 2004;2 CD002101.</li>
<li>Pearce NW, Scott SD, Karran SJ. Timing and method of reversal of Hartmann&#39;s procedure. Br. J. Surg., 79 (1992), pp. 839&ndash;841.</li>
<li>Aslar AK, Ozdemir S, Mahmoudi H, et al. Analysis of 230 cases of emergent surgery for obstructing colon cancer-lessons learned. J Gastrointest Surg 2011;15:110-9.</li>
<li>Tekkis PP, Kinsman R, Thompson MR, Stamatakis JD; Association of Coloproctology of Great Britain, Ireland. The Association of Coloproctology of Great Britain and Ireland study of large bowel obstruction caused by colorectal cancer. Ann Surg. 2004 Jul;240(1):76-81.</li>
<li>Meyer F, Marusch F, Koch A, Meyer L, F&uuml;hrer S, K&ouml;ckerling F, Lippert H, Gastinger I; German Study Group &quot;Colorectal Carcinoma (Primary Tumor)&quot;. Emergency operation in carcinomas of the left colon: value of Hartmann&#39;s procedure. Tech Coloproctol. 2004 Nov;8 Suppl 1:s226-9.</li>
<li>Zorcolo L, Covotta L, Carlomagno N, Bartolo DC. Toward lowering morbidity, mortality, and stoma formation in emergency colorectal surgery: the role of specialization. Dis Colon Rectum. 2003 Nov;46(11):1461-7.</li>
<li>Phillips RK, Hittinger R, Fry JS, Fielding LP. Malignant large bowel obstruction. Br J Surg. 1985;72:296&ndash;302.</li>
<li>Jim&eacute;nez-P&eacute;rez J, Casellas J, Garc&iacute;a-Cano J, et al. Colonic stenting as a bridge to surgery in malignant large-bowel obstruction: a report from two large multinational registries. Am J Gastroenterol 2011;106:2174-80.</li>
<li>&nbsp;Mackay CD, Craig W, Hussey JK, et al. Self-expanding metallic stents for large bowel obstruction. Br J Surg 2011;98:1625-9.</li>
</ol>
<h1>Les 4 points forts</h1>
<ul>
<li>L&rsquo;objectif principal de la prise en charge doit &ecirc;tre la restauration du circuit digestif. Aucune technique chirurgicale n&rsquo;a fait la preuve de sa sup&eacute;riorit&eacute; dans cette situation.</li>
<li>Dans le cas d&rsquo;un cancer du c&ocirc;lon droit occlusif, l&rsquo;il&eacute;o-colectomie droite suivie d&rsquo;une anastomose il&eacute;o-transverse est possible dans la majorit&eacute; des cas</li>
<li>Dans le cas d&rsquo;un cancer du c&ocirc;lon gauche occlusif, l&rsquo;indication th&eacute;rapeutique d&eacute;pend de l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du malade et du bilan d&rsquo;extension (TDM en urgence)</li>
<li>Dans le cas d&rsquo;un cancer du c&ocirc;lon gauche occlusif, l&rsquo;intervention de Hartmann est une option th&eacute;rapeutique s&ucirc;re.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le traitement médicamenteux de la dépendance alcoolique (en dehors de la période aiguë)</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:09:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[PDF Diaporama]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-medicamentaux-dependance-alcoolique.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/michel-laurent_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <!-- <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2012/MICI/Seirafi%20Mariam%20-%20Grossesse%20et%20MICI/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> &#8211;></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques&nbsp;:</h1>
<ul>
<li>Comment identifier les d&eacute;pendances alcooliques (physique et psychologique)</li>
<li>Indications d&rsquo;un traitement m&eacute;dicamenteux au cours de la d&eacute;pendance alcoolique et r&egrave;gles d&rsquo;utilisation</li>
<li>Evaluer l&rsquo;efficacit&eacute; et la tol&eacute;rance de ces traitements</li>
</ul>
<p>L&rsquo;approche th&eacute;rapeutique en alcoologie &eacute;volue constamment.<br />
	La notion de conduites addictives a progressivement remplac&eacute; celles de toxicomanie et d&rsquo;alcoolisme et les structures de soin diff&eacute;renci&eacute;es ont fusionn&eacute; pour devenir des CSAPAs (Centres de Soin, d&rsquo;Accompagnement et de Pr&eacute;vention en Addictologie). Elle met au centre non plus le produit ou la d&eacute;pendance physique mais la notion de perte de contr&ocirc;le ou de compulsion dans les comportements de consommation. Dans la mesure o&ugrave; la dimension comportementale est au premier plan, la notion de conduite addictive peut s&rsquo;appliquer &agrave; des conduites de perte de contr&ocirc;le sans qu&rsquo;un toxique ne soit obligatoirement impliqu&eacute;&nbsp;: c&rsquo;est le cas des achats pathologiques, du jeu excessif, de la sexualit&eacute; compulsive.<br />
	Goodman d&eacute;finit en 1990 le concept d&rsquo;addiction comme suit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Processus selon lequel un comportement, qui permet &agrave; la fois l&rsquo;&eacute;prouv&eacute; d&rsquo;un plaisir et le soulagement d&rsquo;une tension interne, est r&eacute;p&eacute;t&eacute;, malgr&eacute; les efforts pour en r&eacute;duire la fr&eacute;quence, du fait de la perte de contr&ocirc;le au cours de sa r&eacute;alisation, et poursuivi malgr&eacute; ses cons&eacute;quences n&eacute;gative&nbsp;&raquo;.</p>
<h1>L&rsquo;identification du trouble et son diagnostic</h1>
<p>Dans le champ m&eacute;dical et sur un plan nosographique, la d&eacute;limitation de la &laquo;&nbsp;maladie&nbsp;&raquo; renvoie aux d&eacute;finitions communes du DSM 4 et de la CIM 10 d&rsquo;abus ou d&rsquo;usage nocif et de d&eacute;pendance. La notion d&rsquo;abus ou usage nocif renvoie &agrave; l&rsquo;existence de dommages sans les crit&egrave;res de d&eacute;pendance et la d&eacute;pendance &agrave; la pr&eacute;sence d&rsquo;un certain nombre de crit&egrave;res sur une p&eacute;riode de 12 mois.</p>
<ul>
<li><em>DSM 4&nbsp;: Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, 4&egrave;me &eacute;dition, version r&eacute;vis&eacute;e, Association des Psychiatres Am&eacute;ricains, Washington DC, 2000.</em></li>
<li><em>CIM-10/ICD-10&nbsp;: Classification Internationale des Troubles Mentaux et des Troubles du Comportement, 10&egrave;me &eacute;dition, OMS, Gen&egrave;ve, 1993.</em></li>
</ul>
<h2>Crit&egrave;res DSM 4 d&rsquo;abus de substance&nbsp;:</h2>
<h3>Au moins une des manifestations suivantes :</h3>
<ul>
<li>incapacit&eacute; &agrave; remplir obligations majeures (travail, &eacute;cole, maison&hellip;)</li>
<li>situations dangereuses (conduite, machine, escalade)</li>
<li>probl&egrave;mes judiciaires r&eacute;p&eacute;t&eacute;s (violences, agressions, comportement anormal&hellip;)</li>
<li>utilisation r&eacute;p&eacute;t&eacute;e malgr&eacute; les probl&egrave;mes interpersonnels ou sociaux (difficult&eacute;s conjugales, divorce, disputes, bagarres&hellip;)</li>
</ul>
<h2>Crit&egrave;res DSM 4 de d&eacute;pendance&nbsp;:</h2>
<h3>Trois ou plus des manifestations suivantes &agrave; un moment quelconque d&rsquo;une p&eacute;riode de 12 mois :</h3>
<ul>
<li><strong>tol&eacute;rance</strong></li>
<li><strong>syndrome de sevrage</strong></li>
<li><strong>perte de contr&ocirc;le (quantit&eacute; / dur&eacute;e)</strong></li>
<li><strong>d&eacute;sir persistant ou incapacit&eacute; &agrave; r&eacute;duire / arr&ecirc;ter</strong></li>
<li><strong>temps pass&eacute;</strong></li>
<li><strong>abandon des autres activit&eacute;s</strong></li>
<li><strong>utilisation poursuivie malgr&eacute; la connaissance des r&eacute;percussions psychologiques / physiques</strong></li>
</ul>
<p>Il faut noter qu&rsquo;une nouvelle version du DSM (DSM 5) va &ecirc;tre publi&eacute;e au printemps 2013, abandonnant les notions d&rsquo;abus et de d&eacute;pendance pour n&rsquo;identifier qu&rsquo;un seul trouble g&eacute;n&eacute;rique pour tous les comportements addictifs&nbsp;: &laquo;&nbsp;<strong>le trouble li&eacute; &agrave; une substance</strong>&nbsp;&raquo; de d&eacute;finition non plus cat&eacute;gorielle (Abus <em>vs.</em> D&eacute;pendance) mais dimensionnelle (intensit&eacute; du trouble en fonctions du nombre de crit&egrave;res pr&eacute;sents)&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Incapacit&eacute; &agrave; remplir des obligations majeures</strong></li>
<li><strong>Situations dangereuses</strong></li>
<li><strong>Utilisation r&eacute;p&eacute;t&eacute;e malgr&eacute; les probl&egrave;mes sociaux d&eacute;sir puissant ou compulsif</strong></li>
<li><strong>Perte de contr&ocirc;le (quantit&eacute; / dur&eacute;e)</strong></li>
<li><strong>Syndrome de sevrage</strong></li>
<li><strong>Tol&eacute;rance</strong></li>
<li><strong>D&eacute;sir persistant ou efforts infructueux pour r&eacute;duire</strong></li>
<li><strong>Temps pass&eacute;</strong></li>
<li><strong>Abandon des autres activit&eacute;s</strong></li>
<li><strong>Utilisation poursuivie malgr&eacute; la pr&eacute;sence manifeste de cons&eacute;quences nocives</strong></li>
<li><strong>Craving ou d&eacute;sir puissant ou compulsif de consommer</strong></li>
</ul>
<p>Le trouble sera consid&eacute;r&eacute; comme mod&eacute;r&eacute; si 2 &agrave; 3 crit&egrave;res sont pr&eacute;sents, s&eacute;v&egrave;re pour 4 crit&egrave;res ou plus. Ce sont ces crit&egrave;res diagnostiques qui seront &agrave; employer dans les ann&eacute;es &agrave; venir sauf modifications &eacute;ventuelles.</p>
<p align="center"><img alt="Le traitement médicamenteux de la dépendance alcoolique" height="160" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/michel001.jpg" width="363" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans le champ de la pr&eacute;vention, la notion d&rsquo;usage &agrave; risque est &eacute;galement pr&eacute;sente, d&eacute;finie essentiellement par le seuil quantitatif de consommation d&rsquo;alcool au-del&agrave; duquel des cons&eacute;quences pour la sant&eacute; peuvent survenir. L&rsquo;OMS fixe ces seuils comme suit&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Usage ponctuel : jamais plus de 4 verres par occasion.</strong></li>
<li><strong>Usage r&eacute;gulier : jamais plus de :</strong>
<ul>
<li><strong>21 verres par semaine chez l&rsquo;homme </strong></li>
<li><strong>14 verres par semaine chez la femme</strong></li>
</ul>
</li>
<li><strong>Abstention de toute consommation au moins un jour par semaine</strong>.</li>
</ul>
<p>Un verre standard d&rsquo;alcool (10 grammes d&rsquo;alcool pur) est, au moins en France, une dose de bar, soit&nbsp;:</p>
<p align="center"><img alt="Un verre standard d’alcool (10 grammes d’alcool pur) est, au moins en France, une dose de bar" height="147" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/michel002.jpg" width="560" /></p>
<p>En pratique, la fr&eacute;quence &eacute;lev&eacute;e de consommations excessives d&rsquo;alcool en population g&eacute;n&eacute;rale en France justifie son d&eacute;pistage syst&eacute;matique lors de consultations &laquo;&nbsp;tout venant&nbsp;&raquo;. Banaliserle questionnement autour de la consommation d&rsquo;alcool et de tabac est important en pratique courante. Ilpeut &ecirc;tre initi&eacute; par une question simple comme&nbsp;: &laquo;&nbsp;consommez-vous de l&rsquo;alcool&nbsp;? du tabac&nbsp;?&nbsp;&raquo; en pr&eacute;cisant ensuite les quantit&eacute;s et fr&eacute;quences.<br />
	Pour appr&eacute;cier le caract&egrave;re excessif de la consommation d&rsquo;alcool, l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils comme le <strong>questionnaire AUDIT</strong>[<a href="#_ENREF_1" title="Saunders, 1993 #3873">1</a>] (Alcohol Use Disorders Identification Test) peut &ecirc;tre pr&eacute;conis&eacute;e. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un auto-questionnaire explorant les consommations des 12 derniers mois par 10 questions dont les r&eacute;ponses sont cot&eacute;es de 0 &agrave; 4. Le questionnaire peut &ecirc;tre remis en salle d&rsquo;attente avant la consultation et discut&eacute; ensuite au vu des r&eacute;sultats.</p>
<p align="center"><img alt="" height="609" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/michel003.jpg" width="560" /></p>
<p>
	Ce questionnaire a &eacute;t&eacute; valid&eacute; tant en population g&eacute;n&eacute;rale qu&rsquo;en populations sp&eacute;cifiques (pr&eacute;vention routi&egrave;re, jeunes de plus de 18 ans, femmes enceintes, malades pr&eacute;sentant des troubles mentaux). Son interpr&eacute;tation est la suivante&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Score &gt; ou = 5 : consommation &agrave; risque probable</li>
<li>Score &gt; ou = 8 : usage nocif (7 chez la femme) probable</li>
<li>Score &gt; ou = 12 : alcoolod&eacute;pendance probable (11 chez la femme)</li>
</ul>
<p>Le <strong>questionnaire DETA (CAGE)</strong> est un auto-questionnaire de d&eacute;brouillage en 4 questions, explorant la vie enti&egrave;re, qui peut facilement &ecirc;tre d&eacute;pos&eacute; en salle d&rsquo;attente pour que les patients s&rsquo;auto-&eacute;valuent&nbsp; (un score &ge; 2 r&eacute;ponses positives est en faveur d&rsquo;un m&eacute;susage) :</p>
<ul>
<li>Avez-vous d&eacute;j&agrave; ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolis&eacute;es ?</li>
<li>Votre entourage vous a-t-il d&eacute;j&agrave; fait des remarques au sujet de votre consommation ?</li>
<li>Avez-vous d&eacute;j&agrave; eu l&rsquo;impression que vous buviez trop ?</li>
<li>Avez-vous d&eacute;j&agrave; eu besoin d&rsquo;alcool d&egrave;s le matin pour vous sentir en forme ?</li>
</ul>
<p>L&rsquo;&eacute;tablissement du diagnostic d&rsquo;abus ou de d&eacute;pendance, utile surtout sur un plan &eacute;pid&eacute;miologique ou de recherche, peut reposer sur l&rsquo;utilisation en face &agrave; face d&rsquo;un outil <strong>d&rsquo;entretien diagnostic structur&eacute; comme le MINI</strong>[<a href="#_ENREF_2" title="Sheehan, 1998 #4328">2</a>] (MINI International Neuropsychiatric Interview)&nbsp;:</p>
<p>
	<strong>DEPENDANCE ALCOOLIQUE / ABUS D&rsquo;ALCOOL</strong></p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" style="width: 100%;">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">F1</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Au cours des 12 derniers mois, vous est-il arriv&eacute; &agrave; plus de trois reprises de boire, en moins de trois heures, plus que l&rsquo;&eacute;quivalent d&rsquo;une bouteille de vin (ou de 3 verres d&rsquo;alcool fort) ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&gt; <br />
					NON</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">
					OUI</p>
</td>
<td valign="top" width="94">
<p style="text-align: center;">1</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">F2</p>
<p style="text-align: center;">a</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Au cours des 12 derniers mois :</strong></p>
<p>Aviez-vous besoin de plus grandes quantit&eacute;s d&rsquo;alcool pour obtenir le m&ecirc;me effet qu&rsquo;auparavant ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">2</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">b</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque vous buviez moins, vos mains tremblaient-elles, transpiriez-vous ou vous sentiez-vous agit&eacute;(e) ?<br />
					Ou, vous arrivait-il de prendre un verre pour &eacute;viter d&rsquo;avoir ces probl&egrave;mes ou pour &eacute;viter d&rsquo;avoir la&nbsp; &laquo;&nbsp;gueule de bois&nbsp;&raquo; ?<br />
					Coter <strong>OUI,</strong> si <strong>OUI</strong> &agrave; l&rsquo;un ou l&rsquo;autre</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">3</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;c</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque vous buviez, vous arrivait-il souvent de boire plus que vous n&rsquo;en aviez l&rsquo;intention au d&eacute;part ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">4</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;d</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Avez-vous essay&eacute;, sans pouvoir y arriver, de r&eacute;duire votre consommation ou de ne plus boire ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">5</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">e</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Les jours o&ugrave; vous buviez, passiez-vous beaucoup de temps &agrave; vous procurer de l&rsquo;alcool, &agrave; boire ou &agrave; vous remettre des effets de l&rsquo;alcool ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">6</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">f</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Avez-vous r&eacute;duit vos activit&eacute;s (loisirs, travail, quotidiennes) ou avez-vous pass&eacute; moins de temps avec les autres parce que vous buviez ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">7</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">g</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Avez-vous continu&eacute; &agrave; boire tout en sachant que cela entra&icirc;nait chez vous des probl&egrave;mes de sant&eacute; ou des probl&egrave;mes psychologiques ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">8</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="94">
<p align="right">&nbsp;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Y A-T-IL AU MOINS <strong>3 OUI</strong> EN <strong>F2</strong> ?</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" colspan="3" valign="top" width="189">
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br />
					<strong>NON&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;OUI&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong></p>
<p align="center"><strong><em>DEPENDANCE ALCOOLIQUE</em></strong><br />
					<strong><em>ACTUEL</em></strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td colspan="3" valign="top" width="189">
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42"><br clear="all" /><br />
				<br clear="all" /></p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>LE PATIENT PRESENTE-T-IL UNE DEPENDANCE ALCOOLIQUE ?</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">
					NON</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&gt; <br />
					OUI</p>
</td>
<td valign="top" width="94">
<p align="right"><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p style="text-align: center;">F3</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p><strong>Au cours des 12 derniers mois :</strong></p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="94">
<p align="right"><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p style="text-align: center;">a</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>Avez-vous &eacute;t&eacute; &agrave; plusieurs reprises ivre ou avec la &laquo;&nbsp;gueule de bois&nbsp;&raquo; alors que vous aviez des choses &agrave; faire au travail (/&agrave; l&rsquo;&eacute;cole) ou &agrave; la maison ? Cela a-t-il pos&eacute; des probl&egrave;mes ? <br />
					ne coter OUI que si cela a cause des probl&egrave;mes</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">9</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" style="width: 100%;" width="723">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">b</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous est-il arriv&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre sous l&rsquo;effet de l&rsquo;alcool dans une situation o&ugrave; cela &eacute;tait physiquement risqu&eacute; comme conduire, utiliser une machine ou un instrument dangereux, faire du bateau, etc. ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">10</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">c</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Avez-vous eu des probl&egrave;mes l&eacute;gaux parce que vous aviez bu comme une interpellation ou une condamnation ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">11</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">d</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
<p>Avez-vous continu&eacute; &agrave; boire tout en sachant que cela entra&icirc;nait des probl&egrave;mes avec votre famille ou votre entourage ?</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">NON</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="48">
<p align="center">OUI</p>
</td>
<td align="center" valign="middle" width="94">12</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="48">
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="94">
<p align="right"><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="42">
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="463">
<p align="right">&nbsp;</p>
<p>Y A-T-IL AU MOINS <strong>1 OUI</strong> EN <strong>F3</strong> ?</p>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top" width="28">
<p align="center"><strong>&nbsp;</strong></p>
</td>
<td align="center" colspan="3" valign="top" width="189">
<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong><br />
					<strong>NON&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;OUI&nbsp;</strong></p>
<p align="center"><strong><em>ABUS D&rsquo;ALCOOL</em></strong><br />
					<strong><em>ACTUEL</em></strong></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>La prise en charge th&eacute;rapeutique</h1>
<p>L&rsquo;organisation de la prise en charge th&eacute;rapeutique pr&eacute;suppose une &eacute;valuation attentive de &laquo;&nbsp;l&agrave;&nbsp;&raquo; o&ugrave; en est le patient et de ce qu&rsquo;il se sent pr&ecirc;t &agrave; faire ou para&icirc;t capable de faire. En attendant la possibilit&eacute; de mettre en place une prise en charge structur&eacute;e, une approche pragmatique bas&eacute;e sur une r&eacute;duction des risques associ&eacute;s &agrave; la consommation d&rsquo;alcool peut &ecirc;tre mise en place. L&rsquo;approche doit pouvoir &ecirc;tre globale, portant sur les aspects &agrave; la fois m&eacute;dicaux, mais aussi psychologiques et sociaux. Il est &eacute;videmment illusoire d&rsquo;esp&eacute;rer aborder une consommation excessive d&rsquo;alcool si le patient pr&eacute;sente un trouble d&eacute;pressif actuel s&eacute;v&egrave;re ou est sans domicile fixe. Une &eacute;valuation et une orientation sp&eacute;cialis&eacute;e peuvent &ecirc;tre n&eacute;cessaires.</p>
<p>Le rep&eacute;rage d&rsquo;une d&eacute;pendance et plus globalement d&rsquo;une perte durable de contr&ocirc;le des consommations justifie d&rsquo;envisager en priorit&eacute; une abstinence au moins pendant une p&eacute;riode de temps initiale.<br />
	La d&eacute;termination des objectifs &agrave; court terme est une &eacute;tape importante. Si les objectifs sont clairement &eacute;nonc&eacute;s, la strat&eacute;gie peut &ecirc;tre d&eacute;termin&eacute;e avec le patient avec des &eacute;ch&eacute;ances chronologiques pr&eacute;cises. Si par contre le patient ne sait pas encore ce qu&rsquo;il souhaite ou ce qu&rsquo;il se sent capable de faire, une approche motivationnelle, empathique, constitue une premi&egrave;re &eacute;tape. Elle peut reposer sur un journal des consommations et le d&eacute;tail d&rsquo;une balance d&eacute;cisionnelle&nbsp;: avantages retir&eacute;s de la consommation d&rsquo;alcool, ceux escompt&eacute;s de la r&eacute;duction ou de l&rsquo;arr&ecirc;t de la consommation, cons&eacute;quences n&eacute;gatives de la consommation d&rsquo;alcool et craintes associ&eacute;es au sevrage. <br />
	Certains patients fonctionnent depuis l&rsquo;adolescence avec une consommation d&rsquo;alcool, ont le sentiment de g&eacute;rer leurs &eacute;motions avec, et ne se connaissent finalement pas sans. D&rsquo;autres ont d&eacute;j&agrave; exp&eacute;riment&eacute; l&rsquo;abstinence et ses b&eacute;n&eacute;fices mais ont &eacute;t&eacute; aussi confront&eacute;s &agrave; des difficult&eacute;s lors de ces p&eacute;riodes, en particulier avec l&rsquo;apparition au premier plan de troubles psychiques (d&eacute;pression, anxi&eacute;t&eacute;, troubles phobiques, &hellip;) ou la r&eacute;actualisation de psycho-traumatismes plus ou moins enfouis. La prise en compte de ses dimensions avec si besoins une prise en charge sp&eacute;cialis&eacute;e simultan&eacute;e peut &ecirc;tre n&eacute;cessaire.</p>
<p align="center"><img alt="La prise en charge thérapeutique" height="234" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/michel004.jpg" width="484" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les th&eacute;rapeutiques m&eacute;dicamenteuses constituent une aide r&eacute;elle, &agrave; l&rsquo;efficacit&eacute; d&eacute;montr&eacute;e bien que limit&eacute;e sur un plan clinique. La globalit&eacute; de la prise en charge, int&eacute;grant l&rsquo;ensemble des besoins du sujet, est essentielle.<br />
	Une fois l&rsquo;orientation th&eacute;rapeutique choisie, des objectifs doivent &ecirc;tre fix&eacute;s avec les patients&nbsp;:</p>
<ul>
<li>date de d&eacute;but du sevrage en cas d&rsquo;objectif d&rsquo;abstinence avec mise en place des r&eacute;am&eacute;nagements de la vie quotidienne destin&eacute;s &agrave; r&eacute;duire la fr&eacute;quence et l&rsquo;intensit&eacute; des situations &agrave; risque</li>
<li>fr&eacute;quence, contexte et quantit&eacute; d&rsquo;alcool consomm&eacute;e en cas d&rsquo;objectif de r&eacute;duction de la consommation d&rsquo;alcool</li>
</ul>
<p>La tenue d&rsquo;un tableau de bord, recueillant quotidiennement les situations au cours desquelles le patient s&rsquo;est senti particuli&egrave;rement expos&eacute; et les &eacute;ventuelles quantit&eacute;s consomm&eacute;es, est d&rsquo;une aide importante. Les quantit&eacute;s d&rsquo;alcool sont recueillies en verre standard d&rsquo;alcool. M&ecirc;me si les objectifs semblent atteints et consolid&eacute;s, un suivi doit &ecirc;tre maintenu dans le temps, avec renforcement des progr&egrave;s et d&eacute;dramatisation des &laquo;&nbsp;faux-pas&nbsp;&raquo; ou p&eacute;riodes de rechute.</p>
<p>Trois m&eacute;dicaments b&eacute;n&eacute;ficient actuellement d&rsquo;une AMM officielle dans le maintien de l&rsquo;abstinence chez le sujet alcoolo-d&eacute;pendant&nbsp;: <strong>l&rsquo;Acamprosate, la Naltrexone et le Disulfirame</strong>.<br />
	L&rsquo;Acamprosate et la Naltrexone constituent des traitements de premi&egrave;re intention, utilisables d&egrave;s que possible apr&egrave;s l&rsquo;arr&ecirc;t de la consommation d&rsquo;alcool dans l&rsquo;objectif de r&eacute;duire l&rsquo;app&eacute;tence pour l&rsquo;alcool et ainsi les risques de rechute. &nbsp;L&rsquo;Acamprosate ne pr&eacute;sente pas de contre-indication ou d&rsquo;incompatibilit&eacute; majeure, il peut &ecirc;tre utilis&eacute; d&egrave;s le d&eacute;but du sevrage chez tout patient alcoolo-d&eacute;pendant. <br />
	La Naltrexone est aussi un traitement de premi&egrave;re intention mais contre-indiqu&eacute; chez les sujets d&eacute;pendants aux opiac&eacute;s, b&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un traitement de substitution ou relevant d&rsquo;une antalgie majeure par opiac&eacute;s. Elle cible la &laquo;&nbsp;r&eacute;compense&nbsp;&raquo; associ&eacute;e &agrave; l&rsquo;usage d&rsquo;alcool et donc peut-&ecirc;tre plus les sujets pr&eacute;sentant une consommation impulsive. Les deux traitements peuvent &ecirc;tre associ&eacute;s. Le maintien d&rsquo;une consommation d&rsquo;alcool lors de la prise de ces traitements n&rsquo;impose pas l&rsquo;arr&ecirc;t du traitement mais lors d&rsquo;un traitement par Naltrexone, les effets s&eacute;datifs peuvent &ecirc;tre cumul&eacute;s avec l&rsquo;alcool, imposant une vigilance accrue. <br />
	Le Disulfirame est par contre un traitement de seconde intention pr&eacute;sentant de nombreuses contre-indications et un maniement d&eacute;licat, r&eacute;serv&eacute; aux patients en &eacute;chec avec les pr&eacute;c&eacute;dents traitements et b&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un soutien de l&rsquo;entourage.</p>
<h1>Acamprosate</h1>
<p>L&rsquo;Acamprosate agit sur l&rsquo;activit&eacute; GABAergique et antagonise l&rsquo;action des acides amin&eacute;s excitateurs, en particulier celle du glutamate. Il corrige l&rsquo;hyper-excitabilit&eacute; neuronale et r&eacute;gule l&rsquo;activit&eacute; dopaminergique m&eacute;solimbique (circuit de la r&eacute;compense, impliqu&eacute; dans l&rsquo;ensemble des ph&eacute;nom&egrave;nes addictifs).<br />
	Selon la m&eacute;ta-analyse Cochrane de 2010 [<a href="#_ENREF_3" title="Rosner, 2010 #6311">3</a>], compar&eacute; au placebo, l&rsquo;Acamprosate r&eacute;duit significativement le risque de consommer de l&rsquo;alcool (RR 0.86 [95% CI 0.81 to 0.91]) et augmente significativement la dur&eacute;e cumul&eacute;e d&rsquo;abstinence (MD 10.94 [95% CI 5.08 to 16.81]). Dans cette m&eacute;ta-analyse, le seul effet ind&eacute;sirable significativement plus fr&eacute;quent que le placebo est la diarrh&eacute;e.<br />
	Il est indiqu&eacute; dans toute forme d&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance, d&egrave;s l&rsquo;arr&ecirc;t de l&rsquo;alcool. Les seules contre-indications sont l&rsquo;allaitement et l&rsquo;insuffisance r&eacute;nale (&eacute;limination exclusive et sous forme inchang&eacute;e au niveau r&eacute;nal). <br />
	Les posologies sont de 6 cp/j chez l&nbsp;&lsquo;adulte de plus de 60 kgs (r&eacute;partis en 3 prises, de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; distance des repas si la tol&eacute;rance digestive est bonne) et 4 cp/j chez l&rsquo;adulte de moins de 60 kg (2 prises/j).<br />
	Les principaux effets ind&eacute;sirables sont les troubles digestifs (essentiellement diarrh&eacute;es mais aussi ballonnements, flatulences) et des troubles de la libido. En cas de troubles digestifs, une baisse temporaire de posologie est recommand&eacute;e, &agrave; maintenir si les troubles r&eacute;apparaissent &agrave; la r&eacute;-augmentation des doses.<br />
	Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;interaction m&eacute;dicamenteuse particuli&egrave;re ni de surveillance clinique ou biologique sp&eacute;cifique &agrave; proposer.<br />
	La grande fr&eacute;quence des troubles digestifs justifie d&rsquo;informer au pr&eacute;alable les patients de leur survenue possible, au risque d&rsquo;une interruption spontan&eacute;e du traitement.<br />
	La dur&eacute;e de traitement est de un an. Le co&ucirc;t quotidien du traitement varie entre 1,01 et 1,51 euros par jour.</p>
<h1>Naltrexone</h1>
<p>La Naltrexone est un antagoniste des r&eacute;cepteurs opiac&eacute;s mu. Elle agirait chez les sujets alcoolo-d&eacute;pendants en favorisant la r&eacute;gulation de l&rsquo;activit&eacute; dopaminergique m&eacute;solimbique. <br />
	Selon la m&eacute;ta-analyse Cochrane de 2010 [<a href="#_ENREF_4" title="Rosner, 2010 #6312">4</a>], la naltrexone comparativement au placebo r&eacute;duit le risque de consommation massive d&rsquo;alcool (RR 0.83 [95% CI 0.76 to 0.90]) et le nombre de jours d&rsquo;alcoolisation d&rsquo;environ 4% (MD -3.89 [95% CI -5.75 to -2.04]. Dans cette m&eacute;ta-analyse, les principaux effets ind&eacute;sirables comparativement au placebo sont les troubles digestifs (naus&eacute;es essentiellement) et un effet s&eacute;datif (somnolence diurne).<br />
	La naltrexone est indiqu&eacute;e dans toute forme d&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance pour pr&eacute;venir la rechute, &agrave; l&rsquo;exception des sujets pr&eacute;sentant une d&eacute;pendance associ&eacute;e aux opiac&eacute;s en raison de son profil antagoniste opiac&eacute;. Son effet de pr&eacute;vention de la consommation massive d&rsquo;alcool &nbsp;pourrait le faire pr&eacute;f&eacute;rer chez les sujets pr&eacute;sentant une forte d&eacute;pendance psychique.<br />
	Il est contre-indiqu&eacute; chez les sujets pr&eacute;sentant une insuffisance h&eacute;patocellulaire s&eacute;v&egrave;re (m&eacute;tabolisme h&eacute;patique) et ceux pr&eacute;sentant une d&eacute;pendance associ&eacute;e aux opiac&eacute;s ou un traitement de substitution aux opiac&eacute;s.<br />
	La posologie est de un comprim&eacute; par jour.<br />
	Les principaux effets ind&eacute;sirables relev&eacute;s sont des naus&eacute;es et/ou vomissements, c&eacute;phal&eacute;es, s&eacute;dation ou insomnie, anxi&eacute;t&eacute;, nervosit&eacute;, crampes et douleurs abdominales, douleurs articulaires et musculaires.<br />
	Les principales interactions concernent d&rsquo;une part l&rsquo;effet antagoniste opiac&eacute; (antalgiquesopio&iuml;des et traitements de substitution aux opiac&eacute;s) avec perte d&rsquo;efficacit&eacute; des antalgiques et sevrage induit chez les sujets d&eacute;pendants aux opiac&eacute;s, et d&rsquo;autre part l&rsquo;effet s&eacute;datif avec potentialisation des effets d&rsquo;autres d&eacute;presseurs du Syst&egrave;me Nerveux Central. Il n&rsquo;y pas d&rsquo;interaction signal&eacute;e avec les traitements de l&rsquo;h&eacute;patite C et en particulier les inhibiteurs de prot&eacute;ases.<br />
	La dur&eacute;e pr&eacute;conis&eacute;e du traitement est de 3 mois et son co&ucirc;t quotidien de 1,30 euros.</p>
<h1>Disulfirame</h1>
<p>Le disulfirame est un traitement aversif (antabuse), entra&icirc;nant une r&eacute;action physiologique violente lors de la consommation d&rsquo;alcool, dissuasive chez les sujets alcoolo-d&eacute;pendants. Le disulfirame inhibe l&#39;ac&eacute;tald&eacute;hyde-d&eacute;shydrog&eacute;nase, et entra&icirc;ne une &eacute;l&eacute;vation de la concentration en ac&eacute;tald&eacute;hyde, m&eacute;tabolite de l&#39;alcool &eacute;thylique responsable de manifestations d&eacute;plaisantes&nbsp;: bouff&eacute;es congestives du visage, naus&eacute;es et vomissements, sensation de malaise, tachycardie, hypotension.</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Disulfirame" height="170" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/michel005.jpg" width="240" /></p>
<p>	L&rsquo;efficacit&eacute; du Disulfirame a fait l&rsquo;objet de seulement quelques &eacute;tudes anciennes et &agrave; la m&eacute;thodologie limit&eacute;e. Il en ressort principalement que lorsque la prise du Disulfirame est supervis&eacute;e, il a un effet sur l&rsquo;abstinence &agrave; court terme, le nombre de jours avant rechute et le nombre de jours d&rsquo;alcoolisation [<a href="#_ENREF_5" title="Jorgensen, 2011 #6313">5</a>] . Son efficacit&eacute; a &eacute;galement &eacute;t&eacute; explor&eacute;e dans le cadre de la d&eacute;pendance &agrave; la coca&iuml;ne mais sans r&eacute;sultat conclusif pour l&rsquo;instant (revue Cochrane).<br />
	C&rsquo;est un traitement de seconde intention, pour des patients en grande difficult&eacute; avec l&rsquo;alcool et restant en &eacute;chec avec une prise en charge de premi&egrave;re intention impliquant Acamprosate ou Naltrexone. Les contre indications sont en effet multiples en raison des effets associ&eacute;s &agrave; la prise simultan&eacute;e d&rsquo;alcool (avec au maximum collapsus, mort subite, troubles du rythme, angor, d&eacute;pression respiratoire, accidents neurologiques), des effets ind&eacute;sirables et des interactions m&eacute;dicamenteuses. Son efficacit&eacute; est conditionn&eacute;e par la r&eacute;gularit&eacute; de sa prise et en pratique sa supervision. Il est donc souhaitable, lorsque ce traitement est indiqu&eacute;, que la prise quotidienne du traitement soit accompagn&eacute;e par un membre de l&rsquo;entourage imm&eacute;diat apr&egrave;s &eacute;change avec le th&eacute;rapeute.<br />
	En pratique, de faibles quantit&eacute;s d&rsquo;alcool peuvent d&eacute;clencher une r&eacute;action aversive et le patient doit en &ecirc;tre inform&eacute;. L&rsquo;alcool contenu dans la solution de m&eacute;thadone ne suffit cependant a priori pas pour d&eacute;clencher la r&eacute;action antabuse. Il faut attendre au moins 24 heures apr&egrave;s la derni&egrave;re prise d&rsquo;alcool avant la premi&egrave;re prise de Disulfirame et une r&eacute;action antabuse peut subvenir lors de la prise d&rsquo;alcool jusqu&rsquo;&agrave; 2 semaines apr&egrave;s son arr&ecirc;t. Le traitement sera d&eacute;but&eacute; &agrave; la posologie de un demi(pour &eacute;valuer la tol&eacute;rance) puis un comprim&eacute; par jour ensuite, le matin.<br />
	Les contre-indications au traitement sont nombreuses, incluant insuffisance h&eacute;patique, r&eacute;nale, respiratoire s&eacute;v&egrave;res mais aussi diab&egrave;te, atteintes neuropsychiques (&agrave; prendre au sens large, en particulier comitialit&eacute;) et cardiovasculaires. Il peut exister une hypersensibilit&eacute; au disulfirame, contre-indiquant son emploi et le traitement ne peut &ecirc;tre pris s&rsquo;il y a eu prise de boissons alcoolis&eacute;es ou de m&eacute;dicaments contenant de l&rsquo;alcool au cours des 24 derni&egrave;res heures.<br />
	La prescription doit &ecirc;tre pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e d&rsquo;un examen m&eacute;dical attentif et d&rsquo;un bilan biologique (fonction h&eacute;patique surtout mais aussi r&eacute;nale). Dans la mesure o&ugrave; de rares cas d&rsquo;h&eacute;patites fulminantes ont &eacute;t&eacute; observ&eacute;s, un contr&ocirc;le r&eacute;gulier du bilan h&eacute;patique, et des transaminases en particulier, est pr&eacute;conis&eacute; pendant les 3 premiers mois. Une &eacute;l&eacute;vation &agrave; plus de 3 fois la normale des transaminases impose un arr&ecirc;t imm&eacute;diat et d&eacute;finitif du traitement ainsi qu&rsquo;un suivi attentif. En cas de doute sur une comitialit&eacute;, un &eacute;lectroenc&eacute;phalogramme peut &ecirc;tre demand&eacute;.<br />
	Le Disulfirame interagit (associations d&eacute;conseill&eacute;es) avec l&rsquo;Isoniazide (troubles du comportement et de la coordination), les Nitro-5-imidazol&eacute;s (m&eacute;tronidazole, ornidazole, secnidazole, tinidazole&nbsp;: observation de bouff&eacute;es d&eacute;lirantes, d&rsquo;&eacute;tats confusionnels), la Ph&eacute;nyto&iuml;ne (augmentation importante et rapide des taux plasmatiques avec signes toxiques li&eacute;s &agrave; une inhibition de son m&eacute;tabolisme) mais aussi (association faisant l&rsquo;objet de pr&eacute;cautions d&rsquo;emploi) avec la Warfarine, et par extrapolation les autres anticoagulants, entra&icirc;nant une augmentation de l&rsquo;effet anticoagulant oral par diminution du m&eacute;tabolisme h&eacute;patique.<br />
	Les effets ind&eacute;sirables sont &eacute;galement &agrave; prendre en compte. Ils peuvent &ecirc;tre gastro-intestinaux (modification du go&ucirc;t et de l&rsquo;haleine, naus&eacute;es, gastralgies, diarrh&eacute;es), h&eacute;patiques (&eacute;l&eacute;vation des transaminases), neurologiques (polyn&eacute;vrite, n&eacute;vrite optique, c&eacute;phal&eacute;es, somnolence, troubles neuropsychiques &agrave; type de troubles mn&eacute;siques ou confusion).<br />
	En conclusion, l&rsquo;importance des contre-indications et effets ind&eacute;sirable peut para&icirc;tre r&eacute;dhibitoire et d&eacute;courager de la prescription de ce traitement. Il appara&icirc;t cependant que lorsque &laquo;&nbsp;tout&nbsp;&raquo; a &eacute;chou&eacute;, ce n&rsquo;est que gr&acirc;ce au Disulfirame que certains patients arrivent &agrave; mettre fin &agrave; leur consommation d&rsquo;alcool. Le soutien de l&rsquo;entourage est cependant essentiel lors de sa prescription et une rencontre avec les proches est fortement recommand&eacute;e pour le succ&egrave;s de la prise en charge.</p>
<p>Co&ucirc;t quotidien&nbsp;: de 0,07 &agrave; 0,13 euros par jour.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Traitements en d&eacute;veloppement</h1>
<p>Diff&eacute;rentes mol&eacute;cules sont en cours de d&eacute;veloppement (Nalmefene, Ondansetron) ou existent d&eacute;j&agrave; sur le march&eacute; dans une autre indication (Topiramate, Baclof&egrave;ne) ou avec une autre forme gal&eacute;nique (Naltrexone) et sont &eacute;valu&eacute;es dans le traitement de la d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool en raison de leur efficacit&eacute; suppos&eacute;e dans la prise en charge de la d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool.Naltrexone et Nalmefene sont des antagonistes des r&eacute;cepteurs opiac&eacute;s, l&rsquo;Ondansetron un antagoniste des r&eacute;cepteurs 5HT3, le Topiramate et le Baclof&egrave;ne agissent au niveau des r&eacute;cepteurs GABA.</p>
<h2>Baclof&egrave;ne</h2>
<p>Le Baclof&egrave;ne b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un statut particulier. Cet ancien traitement (commercialis&eacute; en 1974 comme traitement de contractures d&rsquo;origine neurologique), agoniste des r&eacute;cepteurs GABA-B, n&rsquo;a pas d&rsquo;AMM dans le traitement de la d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool. Cependant, sa prescription dans cette derni&egrave;re indication s&rsquo;est progressivement install&eacute;e en France dans les suites du bruit m&eacute;diatique provoqu&eacute; par la parution de l&rsquo;ouvrage (&laquo;&nbsp;Le dernier verre&nbsp;&raquo;) d&rsquo;un m&eacute;decin s&rsquo;&eacute;tant auto-trait&eacute; par ce m&eacute;dicament, le Dr Ameisen. Ceci malgr&eacute; l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;vidence scientifique suffisante pour en justifier (&agrave; ce jour) une AMM (pour revue, voir la synth&egrave;se de la litt&eacute;rature effectu&eacute;e par la Soci&eacute;t&eacute; Fran&ccedil;aise d&rsquo;Alcoologie&nbsp;: <a href="http://www.sfalcoologie.asso.fr/download/Baclofene_SFA_15juin2011.pdf">http://www.sfalcoologie.asso.fr/download/Baclofene_SFA_15juin2011.pdf</a> )</p>
<p>Le message v&eacute;hicul&eacute; par l&rsquo;ouvrage du Dr Ameisenr&eacute;pondait &agrave; une double attente&nbsp;: proposer des traitements &agrave; l&rsquo;efficacit&eacute; plus marqu&eacute;e que ceux actuellement disponibles et ne plus axer les objectifs th&eacute;rapeutiquesexclusivement sur l&rsquo;abstinence, inaccessible ou non souhait&eacute;e par de nombreux patients, mais sur la r&eacute;duction de la consommation, le retour &agrave; une consommation contr&ocirc;l&eacute;e.<br />
	L&rsquo;ANSM a r&eacute;cemment autoris&eacute; la conduite de 2 essais th&eacute;rapeutiques (Etudes Bacloville et Alpadir) afin d&rsquo;objectiver dans le cadre d&rsquo;essais contr&ocirc;l&eacute;s et &agrave; une posologie suffisante l&rsquo;efficacit&eacute; th&eacute;rapeutique du Baclof&egrave;ne dans le traitement de l&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance.<br />
	Si cette mol&eacute;cule n&rsquo;a donc pas d&rsquo;AMM dans cette indication, l&rsquo;ANSM, au regard de &laquo;&nbsp;<em>donn&eacute;esobservationnelles</em>&nbsp;&raquo;r&eacute;centes ayant mis en&eacute;vidence des &laquo;&nbsp;<em>b&eacute;n&eacute;fices cliniques chez certains patients</em>&nbsp;&raquo;, admet implicitement la possibilit&eacute; de son usage&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;Afssaps rappelle que la prise en charge de l&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance implique une approche globale par des m&eacute;decins exp&eacute;riment&eacute;s dans le suivi de patients d&eacute;pendants. Le recours au baclof&egrave;ne doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; au cas par cas et avec une adaptation posologique individuelle afin de garantir dans le temps la dose utile pour chaque patient&hellip;et une surveillance rapproch&eacute;e de la r&eacute;ponse th&eacute;rapeutique et de la survenue des effets ind&eacute;sirables.&nbsp;</em>&raquo; <br />
	Elle formule une recommandation&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Dans l&rsquo;attente de la mise en vigueur du dispositif de recommandations temporaires d&rsquo;utilisation (RTU), pr&eacute;vu par la Loi du 29 d&eacute;cembre 2011, qui pourra, si elle est justifi&eacute;e, donner un cadre coh&eacute;rent &agrave; la prescription du baclof&egrave;ne hors AMM, l&rsquo;Afssaps recommande que la prescription et la prise en charge soit effectu&eacute;e par des m&eacute;decins form&eacute;s et impliqu&eacute;s dans la prise en charge de l&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de psychiatres, d&rsquo;addictologues, d&rsquo;alcoologues ou de g&eacute;n&eacute;ralistes, id&eacute;alement de mani&egrave;re pluridisciplinaire</em>.&nbsp;&raquo; (AFSSAPS, point d&rsquo;information 2012, Utilisation du baclof&egrave;ne dans le traitement de l&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance : actualisation. <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Utilisation-du-baclofene-dans-le-traitement-de-l-alcoolo-dependance-Point-d-information-actualisation-juin-2012/(language)/fre-FR">http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Utilisation-du-baclofene-dans-le-traitement-de-l-alcoolo-dependance-Point-d-information-actualisation-juin-2012/(language)/fre-FR</a> )</p>
<p>En dehors d&rsquo;une efficacit&eacute; insuffisamment d&eacute;montr&eacute;e &agrave; ce jour, une pr&eacute;occupation importante repose sur le profil de tol&eacute;rance du Baclof&egrave;ne &agrave; forte dose et de mani&egrave;re prolong&eacute;e. Les posologies &laquo;&nbsp;utiles&nbsp;&raquo; sont en effet beaucoup plus &eacute;lev&eacute;es que celle lors de son utilisation dans le traitement de contractures d&rsquo;origine neurologique centrale (30 &agrave; 75 mg/j)&nbsp;: 270 mg/j pour le Dr Ameisen, 400 mg/j &nbsp;au maximum dans une s&eacute;rie de 180 patients suivis en France avec une posologie moyenne de 145 mg/j&plusmn;75 mg [<a href="#_ENREF_6" title="Rigal, 2012 #6314">6</a>].<br />
	Sur les ajustements posologiques, le comit&eacute; technique de pharmacovigilance de mars 2012 du Centre de Pharmacovigilance de Grenoble donne des indications&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Il y a un consensus g&eacute;n&eacute;ral sur la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une augmentation posologique progressive, mais pas de consensus sur la dose maximale, ni sur la niveau et la dur&eacute;e des paliers posologiques.Aucun auteur ne s&rsquo;avance sur une dose optimale &agrave; atteindre. L&rsquo;id&eacute;e est qu&rsquo;il y a probablement une dose seuil patient-d&eacute;pendante &agrave; atteindre pour laquelle le patient observe une extinction du d&eacute;sir de consommer, qui n&rsquo;est pas toujours &eacute;lev&eacute;e ou qu&rsquo;il n&rsquo;est pas toujours possible d&rsquo;atteindre en pratique du fait des effets ind&eacute;sirables(EI) (les patients se retrouvant avec des doses permettant une moindre consommation mais pas une abstinence, et qui peuvent &ecirc;tre comparables aux doses utilis&eacute;es dans le traitement de la spasticit&eacute;).</em>&nbsp;&raquo; <a href="http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Utilisation-du-baclofene-dans-le-traitement-de-l-alcoolo-dependance-Point-d-information-actualisation-juin-2012/(language)/fre-FR">http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Utilisation-du-baclofene-dans-le-traitement-de-l-alcoolo-dependance-Point-d-information-actualisation-juin-2012/(language)/fre-FR</a></p>
<p>En pratique, il est recommand&eacute; d&rsquo;augmenter seulement tr&egrave;s progressivement les posologies en raison de la fr&eacute;quence de survenue d&rsquo;effets ind&eacute;sirables parfois importants et pouvant conduire &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t du traitement ou une r&eacute;duction posologique.<br />
	Les conclusions du Centre de pharmacovigilance de Grenoble sur les effets ind&eacute;sirables sont&nbsp;:</p>
<p><em>&laquo;Le baclof&egrave;ne a un profil d&rsquo;effet ind&eacute;sirable typique des GABAergiques (s&eacute;dation, confusionsyndrome de sevrage) y compris pour les EI plus rares comme : d&eacute;sinhibition, troubles mn&eacute;siques, syndrome desevrage, effet paradoxaux ou abus. N&eacute;anmoins il s&rsquo;en distingue par :</em></p>
<ul>
<li><em>le risque convulsif en cours de traitement (et pas en sevrage). La faiblesse des effectifs des &eacute;tudes&eacute;pid&eacute;miologiques dans le sevrage alcoolique fait qu&rsquo;il est impossible de se prononcer sur unequelconque aggravation du risque de convulsion lorsque le baclof&egrave;ne est utilis&eacute; en phase de sevragealcoolique. Cela survient majoritairement chez les patients aux ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;&eacute;pilepsie, mais celapeut n&eacute;anmoins survenir de mani&egrave;re impr&eacute;visible chez le sujet normal.</em></li>
<li><em>Le syndrome des jambes sans repos constitue un v&eacute;ritable signal (4 cas). Le m&eacute;canismephysiopathologique passe possiblement par des effets d&eacute;presseurs respiratoires et/ou une relaxationdu carrefour oropharyng&eacute; et/ou une down-r&eacute;gulation dopaminergique. Malgr&eacute; cet effet ind&eacute;sirable,les patients d&eacute;crivent une am&eacute;lioration de la qualit&eacute; globale de leur sommeil en cours de traitement.</em></li>
<li><em>les troubles musculaires paradoxaux</em></li>
<li><em>la dangerosit&eacute; du fait de l&rsquo;accumulation en cas d&rsquo;insuffisance r&eacute;nale </em></li>
<li><em>les troubles cardiovasculaires</em> (hypotension fr&eacute;quente, rares bradycardies)</li>
<li><em>les troubles urinaires</em> (aggravation fr&eacute;quente d&rsquo;une dysurie pr&eacute;existante)<em>&nbsp;&raquo;</em><br />
		<em>&laquo;&nbsp;Les moyens de pr&eacute;vention des complications sont assez &eacute;vidents :</em></li>
<li><em>&eacute;valuation de la fonction r&eacute;nale avant mise le d&eacute;but du traitement</em></li>
<li><em>augmentation progressive plus progressive des doses chez les &eacute;pileptiques et les insuffisants r&eacute;naux</em></li>
<li><em>encadrement m&eacute;dical rapproch&eacute; pendant la phase de mont&eacute;e posologique : 1 visite par semaine outoutes les 2 semaines (selon le potentiel de d&eacute;rapage du patient ou l&rsquo;existence d&rsquo;un terrain &agrave; risque)</em></li>
<li><em>n&rsquo;autoriser les doses suppl&eacute;mentaires, &agrave; vis&eacute;e anxiolytique que chez des patients dont l&rsquo;aptitude &agrave; g&eacute;rer le traitement a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e</em></li>
<li><em>traiter les facteurs pr&eacute;disposant au risque de rechute pour &eacute;viter les interactionsbaclof&egrave;ne-alcool</em></li>
<li><em>d&eacute;conseiller l&rsquo;arr&ecirc;t brutal du traitement</em></li>
<li><em>favoriser la prescription pluridisciplinaire dans une unit&eacute; de concertation calqu&eacute;e sur le mod&egrave;le lillois (CAMTEA, Rolland, Th&eacute;rapie, 2010)&nbsp;&raquo;</em></li>
</ul>
<p>Des cas d&rsquo;h&eacute;patite auraient &eacute;galement &eacute;t&eacute; d&eacute;crits[<a href="#_ENREF_7" title="Macaigne, 2011 #6315">7</a>].</p>
<p>En tout &eacute;tat de cause, le Baclof&egrave;ne repr&eacute;sente un traitement de seconde intention apr&egrave;s &eacute;chec des traitements de premi&egrave;re ligne, d&rsquo;initiation prudente avec accroissement progressif des posologies, associ&eacute; &agrave; une surveillance clinique attentive et rapproch&eacute;e. Il cible selon les patients le retour &agrave; une consommation contr&ocirc;l&eacute;e ou l&rsquo;abstinence.</p>
<h2>Nalmefene</h2>
<p>Le Nalmefene qui est un autre antagoniste des r&eacute;cepteurs opiac&eacute;s prometteur devrait rapidement b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;une AMM dans le traitement de la d&eacute;pendance alcoolique en France.Il agit sans doute via un antagonisme dopaminergique (blocage des effets r&eacute;compensant associ&eacute;s &agrave; la prise d&rsquo;alcool).</p>
<h1>Conclusions</h1>
<p>En raison de l&rsquo;importance de la consommation excessive d&rsquo;alcool et de ses cons&eacute;quences sanitaires en France, son d&eacute;pistage syst&eacute;matique aussi bien par l&rsquo;entretien qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;outils standardis&eacute;s simples, est une n&eacute;cessit&eacute; en pratique courante. La r&eacute;duction des dommages, longtemps cantonn&eacute;e aux drogues illicites en France, est aussi applicable &agrave; la consommation excessive d&rsquo;alcool et n&rsquo;est pas incompatible avec la recherche &agrave; terme d&rsquo;un objectif d&rsquo;abstinence, en particulier pour les plus d&eacute;pendants. Une approche globale est n&eacute;cessaire chez les sujets les plus d&eacute;pendants. Les m&eacute;dicaments actuellement sur la march&eacute; (Acamprosate, Naltrexone, Disulfirame) ont une indication dans le maintien de l&rsquo;abstinence et, s&rsquo;ils ont une efficacit&eacute; d&eacute;montr&eacute;e, ont un effet d&rsquo;une amplitude mod&eacute;r&eacute;e. D&rsquo;autres mol&eacute;cules dont la mise sur le march&eacute; dans le traitement de l&rsquo;alcoolisme est imminente (Nalmefene) ou dont l&rsquo;AMM pourrait &ecirc;tre &eacute;tendue &agrave; terme (Baclof&egrave;ne) ciblent la r&eacute;duction de la consommation et pourrait pr&eacute;senter une efficacit&eacute; int&eacute;ressante.</p>
<h1>R&eacute;ferences</h1>
<ol>
<li><a id="_ENREF_1" name="_ENREF_1"></a> Saunders, J.B., et al., <em>Development of the Alcohol Use Disorders Identification Test (AUDIT): WHO Collaborative Project on Early Detection of Persons with Harmful Alcohol Consumption&#8211;II.</em> Addiction, 1993. <strong>88</strong>(6): p. 791-804.</li>
<li><a id="_ENREF_2" name="_ENREF_2"></a> Sheehan, D.V., et al., <em>The Mini-International Neuropsychiatric Interview (M.I.N.I.): the development and validation of a structured diagnostic psychiatric interview for DSM-IV and ICD-10.</em> J Clin Psychiatry, 1998. <strong>59 Suppl 20</strong>: p. 22-33;quiz 34-57.</li>
<li><a id="_ENREF_3" name="_ENREF_3"></a> Rosner, S., et al., <em>Acamprosate for alcohol dependence.</em> Cochrane Database Syst Rev, 2010(9): p. CD004332.</li>
<li><a id="_ENREF_4" name="_ENREF_4"></a> Rosner, S., et al., <em>Opioid antagonists for alcohol dependence.</em> Cochrane Database Syst Rev, 2010(12): p. CD001867.</li>
<li><a id="_ENREF_5" name="_ENREF_5"></a> Jorgensen, C.H., B. Pedersen, and H. Tonnesen, <em>The efficacy of disulfiram for the treatment of alcohol use disorder.</em> Alcohol Clin Exp Res, 2011. <strong>35</strong>(10): p. 1749-58.</li>
<li><a id="_ENREF_6" name="_ENREF_6"></a> Rigal, L., et al., <em>Abstinence and &#39;low-risk&#39; consumption 1 year after the initiation of high-dose baclofen: a retrospective study among &#39;high-risk&#39; drinkers.</em> Alcohol Alcohol, 2012. <strong>47</strong>(4): p. 439-42.</li>
<li><a id="_ENREF_7" name="_ENREF_7"></a> Macaigne, G., et al., <em>Baclofen-induced acute hepatitis in alcohol-dependent patient.</em> Clin Res Hepatol Gastroenterol, 2011. <strong>35</strong>(5): p. 420-1.</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Points forts M. Michel</h1>
<ul>
<li>Le d&eacute;pistage en pratique courante de la consommation excessive d&rsquo;alcool doit &ecirc;tre syst&eacute;matis&eacute;. Il repose sur l&rsquo;interrogatoire et des outils standardis&eacute;s simples.</li>
<li>En cas de consommation excessive, un temps d&rsquo;&eacute;valuation int&eacute;grant une approche motivationnelle et la d&eacute;termination de l&rsquo;ensemble des besoins du patient, est n&eacute;cessaire afin de d&eacute;terminer les objectifs de la prise en charge (abstinence, retour &agrave; une consommation contr&ocirc;l&eacute;e). En attendant, une d&eacute;marche centr&eacute;e sur la r&eacute;duction des dommages associ&eacute;e &agrave; la consommation d&rsquo;alcool doit &ecirc;tre mise en &oelig;uvre.</li>
<li>Les traitements b&eacute;n&eacute;ficiant actuellement d&rsquo;une AMM dans le traitement de l&rsquo;alcoolo-d&eacute;pendance sont centr&eacute;s sur l&rsquo;abstinence (acamprosate, naltrexone, disulfirame)&nbsp;; ils sont d&rsquo;efficacit&eacute; r&eacute;elle mais n&eacute;anmoins limit&eacute;e</li>
<li>Le disulfirame a de nombreuses contre-indications et des effets ind&eacute;sirables parfois importants, justifiant son utilisation en seconde ligne avec si possible un soutien de l&rsquo;entourage &agrave; l&rsquo;observance.</li>
<li>Plusieurs nouveaux m&eacute;dicaments prometteurs sont en voie de mise sur le march&eacute;, ciblant la r&eacute;duction de la consommation plus que l&rsquo;abstinence (baclof&egrave;ne, nalmefene) avec une efficacit&eacute; qui pourrait &ecirc;tre sup&eacute;rieure &agrave; ceux actuellement disponibles. Le baclof&egrave;ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;une controverse.</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Endobrachyœsophage (EBO) : surveillance et indications thérapeutiques</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/endobrachyoesophage-ebo-surveillance-et-indications-therapeutiques/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:09:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.fmcgastro.org/?p=5073</guid>
		<description><![CDATA[L’endobrachyoesophage (EBO) ou œsophage de Barrett correspond au remplacement de la muqueuse œsophagienne malpighienne normale par une muqueuse glandulaire. Cette métaplasie est liée au reflux gastro-œsophagien (RGO). L’exposition acido-peptique est en effet le facteur étiologique principal mais non exclusif car les sécrétions biliaires et le reflux entéro-gastrique sont eux aussi responsables du développement de l’EBO et de ses complications[1]. Bien que l’épidémiologie de l’EBO ne soit pas connue avec précision, plusieurs études rapportent une prévalence de l’ordre de 5,6% dans la population générale[2,3]. La fréquence et l’ancienneté du reflux sont corrélées à l’existence d’un EBO. En revanche, la sévérité du RGO, bien que corrélée à l’extension en longueur de l’EBO, n’est pas prédictive de l’existence d’un EBO. Plus récemment l’ancienneté et l’importance du tabagisme, ainsi que l’obésité, notamment chez la femme, ont été identifiés comme des facteurs de risque d’EBO[4]. Le diagnostic d’EBO repose sur l’association simultanée d’un aspect endoscopique évocateur (ESEM pour Endoscopically Suspected Esophageal Metaplasia) et de la présence d’un épithélium glandulaire sur les biopsies œsophagiennes (figure 1). Cette définition dite de Montréal reste discutée dans la mesure où la plupart des anatomopathologistes estime qu’il faut impérativement la présence de métaplasie intestinale (complète ou incomplète) pour pouvoir parler d’EBO. Il est important de noter qu’il n’y a pas d’intérêt à utiliser d’agents colorants (indigo carmin, bleu de méthylène, acide acétique) ou de chromoendoscopie virtuelle pour la détection d’un EBO, dont la suspicion repose sur l’aspect macroscopique en lumière blanche et la description des repères endoscopiques. La description endoscopique de l’EBO doit être à la fois précise et reproductible. C’est à ce titre que la classification de Prague, internationalement validée et admise [5] doit être utilisée par chaque praticien en cas de suspicion d’EBO. Celle-ci comporte deux éléments de description représentés par les lettres C et M, qui correspondent respectivement à l’extension des lésions circonférentielles (C), et à l’extension maximale des lésions en hauteur (M) (figure 2).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/endobrachyoesophage.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/coron-emmanuel_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Dimanche/pleniere-endoscopie/363/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a> </div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques&nbsp;:</h1>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">Conna&icirc;tre les modalit&eacute;s temporelles et techniques de la surveillance d&rsquo;un EBO</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Quels sont les crit&egrave;res de traitement d&rsquo;un EBO</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Conna&icirc;tre les techniques de traitement endoscopique et chirurgical d&rsquo;un EBO</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Conna&icirc;tre l&rsquo;impact de la surveillance d&rsquo;un EBO sur le risque de cancer</p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Introduction</h1>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;endobrachyoesophage (EBO) ou &oelig;sophage de Barrett correspond au remplacement de la muqueuse &oelig;sophagienne malpighienne normale par une muqueuse glandulaire. Cette m&eacute;taplasie est li&eacute;e au reflux gastro-&oelig;sophagien (RGO). L&rsquo;exposition acido-peptique est en effet le facteur &eacute;tiologique principal mais non exclusif car les s&eacute;cr&eacute;tions biliaires et le reflux ent&eacute;ro-gastrique sont eux aussi responsables du d&eacute;veloppement de l&rsquo;EBO et de ses complications[1]. Bien que l&rsquo;&eacute;pid&eacute;miologie de l&rsquo;EBO ne soit pas connue avec pr&eacute;cision, plusieurs &eacute;tudes rapportent une pr&eacute;valence de l&rsquo;ordre de 5,6% dans la population g&eacute;n&eacute;rale[2,3]. La fr&eacute;quence et l&rsquo;anciennet&eacute; du reflux sont corr&eacute;l&eacute;es &agrave; l&rsquo;existence d&rsquo;un EBO. En revanche, la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; du RGO, bien que corr&eacute;l&eacute;e &agrave; l&rsquo;extension en longueur de l&rsquo;EBO, n&rsquo;est pas pr&eacute;dictive de l&rsquo;existence d&rsquo;un EBO. Plus r&eacute;cemment l&rsquo;anciennet&eacute; et l&rsquo;importance du tabagisme, ainsi que l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;, notamment chez la femme, ont &eacute;t&eacute; identifi&eacute;s comme des facteurs de risque d&rsquo;EBO[4]. Le diagnostic d&rsquo;EBO repose sur l&rsquo;association simultan&eacute;e d&rsquo;un aspect endoscopique &eacute;vocateur (ESEM pour Endoscopically Suspected Esophageal Metaplasia) et de la pr&eacute;sence d&rsquo;un &eacute;pith&eacute;lium glandulaire sur les biopsies &oelig;sophagiennes (figure 1). Cette d&eacute;finition dite de Montr&eacute;al reste discut&eacute;e dans la mesure o&ugrave; la plupart des anatomopathologistes estime qu&rsquo;il faut imp&eacute;rativement la pr&eacute;sence de m&eacute;taplasie intestinale (compl&egrave;te ou incompl&egrave;te) pour pouvoir parler d&rsquo;EBO. Il est important de noter qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; utiliser d&rsquo;agents colorants (indigo carmin, bleu de m&eacute;thyl&egrave;ne, acide ac&eacute;tique) ou de chromoendoscopie virtuelle pour la d&eacute;tection d&rsquo;un EBO, dont la suspicion repose sur l&rsquo;aspect macroscopique en lumi&egrave;re blanche et la description des rep&egrave;res endoscopiques. La description endoscopique de l&rsquo;EBO doit &ecirc;tre &agrave; la fois pr&eacute;cise et reproductible. C&rsquo;est &agrave; ce titre que la classification de Prague, internationalement valid&eacute;e et admise [5] doit &ecirc;tre utilis&eacute;e par chaque praticien en cas de suspicion d&rsquo;EBO. Celle-ci comporte deux &eacute;l&eacute;ments de description repr&eacute;sent&eacute;s par les lettres C et M, qui correspondent respectivement &agrave; l&rsquo;extension des l&eacute;sions circonf&eacute;rentielles (C), et &agrave; l&rsquo;extension maximale des l&eacute;sions en hauteur (M) (figure 2).</p>
<p><img alt="aspect endoscopique evocateur d'ebo" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/coron1.gif" width="560" /></p>
<p class="legende">Figure 1&nbsp;: (A) Aspect endoscopique &eacute;vocateur d&rsquo;EBO (ESEM). (B) Coupe histologique d&rsquo;une biopsie &oelig;sophagienne montrant une m&eacute;taplasie intestinale incompl&egrave;te avec pr&eacute;sence d&rsquo;une muqueuse glandulaire (2) rempla&ccedil;ant la muqueuse malpighienne normale(1).(Remerciements au Prof. JF Mosnier, Service d&rsquo;Anatomopathologie, CHU de Nantes)</p>
<p><img alt="exemple d'un endobrachyoesophage" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/coron2.gif" width="560" /></p>
<p class="legende">Figure 2: Exemple d&rsquo;un endobrachyoesophage class&eacute; C3M5 selon la classification de Prague</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<h1>Conna&icirc;tre les modalit&eacute;s temporelles et techniques de la surveillance d&rsquo;un EBO</h1>
<p align="JUSTIFY">Les objectifs de la surveillance des patients atteints d&rsquo;EBO sont de d&eacute;pister pr&eacute;cocement les l&eacute;sions dysplasiques risquant d&rsquo;&eacute;voluer vers l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome, et si possible de les traiter par des m&eacute;thodes efficaces et mini-invasives.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Protocole de surveillance</h2>
<p align="JUSTIFY">Des recommandations ont &eacute;t&eacute; d&eacute;finies par les diff&eacute;rentes soci&eacute;t&eacute;s savantes. En France, en 2007, la Soci&eacute;t&eacute; Fran&ccedil;aise d&rsquo;Endoscopie Digestive (SFED) a &eacute;dit&eacute; des recommandations, en insistant sur le fait que la surveillance ne s&rsquo;applique que si l&rsquo;&acirc;ge physiologique et les co-morbidit&eacute;s du patient ne contre-indiqueront pas le traitement d&rsquo;&eacute;ventuelles l&eacute;sions dysplasiques ou n&eacute;oplasiques invasives. Selon ces recommandations, apr&egrave;s confirmation du diagnostic d&rsquo;EBO, une cartographie syst&eacute;matique de l&rsquo;EBO chez chaque patient doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e selon le protocole de Seattle. Les modalit&eacute;s de ce protocole biopsique d&eacute;pendent de la hauteur de l&rsquo;EBO&nbsp;: 1) En cas d&rsquo;EBO court (&lt; 3 cm) ou en languettes&nbsp;: 2 &agrave; 4 biopsies tous les centim&egrave;tres (1 pot par niveau), 2) En cas d&rsquo;EBO long (&ge; 3cm)&nbsp;: 4 biopsies quadratiques tous les 2 cm (1 pot par niveau). A ces biopsies syst&eacute;matiques, il est aussi recommand&eacute; d&rsquo;ajouter les biopsies de toute anomalie de relief ou de coloration de la muqueuse &oelig;sophagienne. Ainsi, afin de sensibiliser ce protocole et d&rsquo;am&eacute;liorer le rendement des biopsies en ciblant mieux les zones suspectes, des recommandations de bonne pratique sont &agrave; respecter. L&rsquo;exploration attentive et compl&egrave;te de la muqueuse (&eacute;ventuellement aid&eacute;e par l&rsquo;utilisation d&rsquo;antispasmodiques et de mucolytiques) sous anesth&eacute;sie &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un endoscope haute r&eacute;solution en lumi&egrave;re blanche est une premi&egrave;re &eacute;tape indispensable, puisque ce type d&rsquo;endoscope permet une meilleure caract&eacute;risation du pit pattern[6]. Toute anomalie muqueuse rep&eacute;r&eacute;e doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une localisation et d&rsquo;une description pr&eacute;cise en utilisant la classification de Paris (figure 3).</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY" class="western" style="margin-bottom: 0cm; line-height: 150%">&nbsp;</p>
<p><img alt="classification de Paris des lésions superficielles du tube digestif" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013//coron3.gif" width="560" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Figure 3&nbsp;: Classification de Paris des l&eacute;sions superficielles du tube digestif</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<h2>R&ocirc;le de la chromoscopie</h2>
<p align="JUSTIFY">Bien que non obligatoire, la chromoscopie peut &ecirc;tre utilis&eacute;e pour mieux cibler les biopsies. Historiquement, le bleu de m&eacute;thyl&egrave;ne a &eacute;t&eacute; le premier utilis&eacute; dans cette indication avec de bons r&eacute;sultats initiaux[7]. Mais du fait du temps relativement long pour l&rsquo;application du colorant (application premi&egrave;re de N-ac&eacute;tylcyst&eacute;&iuml;ne 10%, puis de bleu de m&eacute;thyl&egrave;ne 0,5%, en terminant par un lavage abondant &agrave; l&rsquo;eau), des difficult&eacute;s d&rsquo;interpr&eacute;tation de cette coloration et du risque mutag&egrave;ne th&eacute;orique dans l&rsquo;EBO[8], le bleu de m&eacute;thyl&egrave;ne a &eacute;t&eacute; progressivement abandonn&eacute; au profit de l&rsquo;indigo carmin, qui est bien plus simple d&rsquo;utilisation. Celui-ci semble permettre l&rsquo;identification de la dysplasie de haut grade avec une sensibilit&eacute; proche de 100% dans quelques &eacute;tudes[9,10], ces r&eacute;sultats n&eacute;cessitant d&rsquo;&ecirc;tre confirm&eacute;s sur de plus grandes cohortes et par des &eacute;tudes de corr&eacute;lation pour pouvoir le recommander en pratique courante. Surtout, l&rsquo;acide ac&eacute;tique, utilis&eacute; &agrave; une concentration de 1,5 &agrave; 3%, permet la d&eacute;naturation transitoire des prot&eacute;ines nucl&eacute;aires et des cytok&eacute;ratines des cellules &eacute;pith&eacute;liales responsable d&rsquo;un blanchissement tissulaire, et permet alors un rehaussement spectaculaire de la microarchitecture de la muqueuse de l&rsquo;EBO, et la r&eacute;v&eacute;lation de zones irr&eacute;guli&egrave;res ou h&eacute;morragiques suspectes de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence.</p>
<p align="JUSTIFY">Plus r&eacute;cemment, les r&eacute;sultats des &eacute;tudes et, surtout, leur simplicit&eacute; d&rsquo;utilisation font des m&eacute;thodes de chromoscopie virtuelle (syst&egrave;mes NBI, FICE, i-scan) des outils int&eacute;ressants pour la d&eacute;tection de zones dysplasiques. En particulier, l&rsquo;&eacute;tude de Wolfsen[11] a montr&eacute; que l&rsquo;utilisation du syst&egrave;me NBI permettait d&rsquo;augmenter la d&eacute;tection de l&eacute;sions dysplasiques chez un plus grand nombre de patients, avec un nombre moindre de biopsies par rapport au protocole de Seattle r&eacute;alis&eacute; en endoscopie standard. D&rsquo;autres &eacute;tudes ont confirm&eacute; les bonnes performances diagnostiques de la chromoscopie virtuelle pour la d&eacute;tection de la dysplasie de haut grade par le syst&egrave;me NBI (Se 94%, Sp 76%, VPP 64%, VPN 98%)[12]ou par le syst&egrave;me FICE[13]. Malgr&eacute; ces r&eacute;sultats prometteurs, la chromoscopie au cours de l&rsquo;exploration d&rsquo;un EBO n&eacute;cessite encore une validation sur de plus larges s&eacute;ries pour &ecirc;tre d&eacute;finitivement recommand&eacute;e en pratique quotidienne. En particulier, les concordances inter-observateurs des &eacute;tudes disponibles restent insuffisantes pour envisager son utilisation dans une pratique communautaire[14]. En conclusion, l&rsquo;inspection minutieuse de la muqueuse &oelig;sophagienne en endoscopie de haute r&eacute;solution reste le gold standard pour d&eacute;tecter des l&eacute;sions dysplasiques ou n&eacute;oplasiques d&eacute;velopp&eacute;es sur EBO et cibler les biopsies.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Technologies &eacute;mergentes</h2>
<p align="JUSTIFY">Les performances diagnostiques de technologies innovantes sont en cours d&rsquo;&eacute;valuation. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;autofluorescence, de l&rsquo;endomicroscopie confocale (EMC), de l&rsquo;endocytoscopie et de la tomographie par coh&eacute;rence optique. L&rsquo;EMC reste la technologie la mieux &eacute;tudi&eacute;e dans cette indication. Il a, par exemple, &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment montr&eacute; dans une &eacute;tude internationale multicentrique randomis&eacute;e que la sensibilit&eacute; pour la d&eacute;tection de l&eacute;sions de DHG ou de carcinome in situ &eacute;tait tr&egrave;s significativement augment&eacute;e par l&rsquo;ajout d&rsquo;un examen par endomicroscopie confocale fibr&eacute;e (syst&egrave;me Cellvizio) par rapport &agrave; l&rsquo;examen en lumi&egrave;re blanche seule{15].</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Quels sont les crit&egrave;res de traitement d&rsquo;un EBO&nbsp;?</h1>
<p align="JUSTIFY">Les crit&egrave;res de traitement d&rsquo;un EBO d&eacute;pendent essentiellement des r&eacute;sultats de la cartographie biopsique. La figure 4 pr&eacute;sente un algorithme de prise en charge. Nous distinguons 3 grandes cat&eacute;gories de patients.</p>
<p><img alt="algorithme de prise en charge des patients présentant un EBO" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/coron4.gif" width="560" /></p>
<p class="legende">Figure 4&nbsp;: Algorithme de prise en charge des patients pr&eacute;sentant un EBO</p>
<h2>Cas n&deg;1&nbsp;: Le patient pr&eacute;sente un EBO non dysplasique</h2>
<p align="JUSTIFY">Dans ce cas pr&eacute;cis, de loin le plus fr&eacute;quent, les objectifs th&eacute;rapeutiques sont la disparition des sympt&ocirc;mes et des complications inflammatoires (ulc&egrave;re, &oelig;sophagite et st&eacute;nose peptique) du RGO et la pr&eacute;vention de l&rsquo;apparition de la dysplasie voire du cancer. Les inhibiteurs de la pompe &agrave; protons (IPP) garantissent dans la majorit&eacute; des cas le contr&ocirc;le de la symptomatologie douloureuse et la pr&eacute;vention des complications li&eacute;es au reflux. Par contre, il n&rsquo;existe &agrave; ce jour aucune preuve formelle de leur efficacit&eacute; en termes de chimiopr&eacute;vention de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien tout comme les inhibiteurs s&eacute;lectifs de COX 2 ou la chirurgie anti-reflux[16].</p>
<p align="JUSTIFY">Ces patients doivent dans tous les cas &ecirc;tre surveill&eacute;s attentivement par des cartographies r&eacute;guli&egrave;res effectu&eacute;es selon le protocole de Seattle. Puisqu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute; que les EBO longs avaient plus de risques de transformation maligne que les EBO courts [17], la SFED propose un rythme de surveillance diff&eacute;rent en fonction de la hauteur de l&rsquo;EBO&nbsp;:</p>
<ul>
<li>
<p align="JUSTIFY">Pour un EBO de moins de 3 cm&nbsp;de hauteur: nouvelle cartographie &agrave; 5 ans</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Pour un EBO ayant une hauteur comprise entre 3 et 6 cm&nbsp;: nouvelle cartographie &agrave; 3 ans</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Pour un EBO de plus de 6 cm de hauteur&nbsp;: nouvelle cartographie &agrave; 2 ans</p>
</li>
</ul>
<p align="JUSTIFY">La surveillance d&rsquo;un EBO non dysplasique devrait prendre fin, soit en cas de survenue de dysplasie n&eacute;cessitant une intervention th&eacute;rapeutique, soit lorsque le clinicien pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de b&eacute;n&eacute;fice &agrave; poursuivre cette surveillance compte-tenu de l&rsquo;&acirc;ge du patient et/ou des co-morbidit&eacute;s.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Cas n&deg;2&nbsp;: Le patient pr&eacute;sente un ou plusieurs foyers de dysplasie de bas grade</h2>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;identification d&rsquo;une DBG sur un EBO est responsable d&rsquo;une augmentation de l&rsquo;incidence annuelle d&rsquo;ad&eacute;nocarcinome de 0,6 &agrave; 1,4% par rapport &agrave; un EBO simple[18].L&rsquo;&eacute;tape primordiale est de confirmer de diagnostic de DBG par une nouvelle s&eacute;rie de biopsies. En effet, le diagnostic histologique de DBG est difficile, et la concordance inter-observateur des anatomo-pathologistes pour le diagnostic de DBG sur EBO est faible[19]. Par exemple, une &eacute;tude r&eacute;cente a montr&eacute; qu&rsquo;apr&egrave;s relecture des lames par des anatomo-pathologistes experts, seuls 15% des diagnostics de DBG &eacute;taient r&eacute;ellement confirm&eacute;s[20].C&rsquo;est pourquoi la SFED propose en cas de DBG douteuse une nouvelle cartographie pr&eacute;coce &agrave; 2-3 mois sous couvert d&rsquo;un traitement par IPP double dose pendant cette p&eacute;riode, les IPP limitant le risque de faux-positifs li&eacute;s &agrave; des l&eacute;sions purement inflammatoires mais non dysplasiques. En cas de dysplasie de bas grade certaine, il n&rsquo;y a actuellement pas de recommandation de traitement de cette dysplasie. Une simple surveillance rapproch&eacute;e est propos&eacute;e par une nouvelle cartographie semestrielle (avec double lecture anatomo-pathologique) la premi&egrave;re ann&eacute;e puis tous les ans. Cependant, compte-tenu de l&rsquo;augmentation du risque d&rsquo;&eacute;volution vers la dysplasie de haut grade et/ou l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome, du risque d&rsquo;erreur d&rsquo;&eacute;chantillonnage des biopsies pouvant limiter la surveillance et surtout de la grande efficacit&eacute; de nouvelles m&eacute;thodes endoscopiques pour &eacute;radiquer un EBO en DBG, comme la radiofr&eacute;quence (RF) .[21], le d&eacute;bat du traitement de la DBG sur EBO est relanc&eacute;. Afin de r&eacute;pondre &agrave; cette question, plusieurs essais sont actuellement en cours dont un essai prospectif multicentrique fran&ccedil;ais randomisant les patients, soit dans un groupe surveillance seule, soit dans un groupe de traitement par RF est actuellement en cours (plus d&rsquo;information sur www.sfed.org). L&rsquo;un des aspects essentiels de la probl&eacute;matique reste l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t m&eacute;dico-&eacute;conomique d&rsquo;un tel traitement, qui reste largement &agrave; d&eacute;montrer.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Cas n&deg;3&nbsp;: Le patient pr&eacute;sente un ou plusieurs foyers de DHG ou de carcinome in situ</h2>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;incidence annuelle d&rsquo;ad&eacute;nocarcinome en cas de DHG sur EBO atteint 6%[22]. Tout comme la dysplasie de bas grade, la SFED recommande une deuxi&egrave;me cartographie 1 &agrave; 2 mois apr&egrave;s pendant lesquels un traitement par IPP &agrave; double dose est pr&eacute;conis&eacute;. Une double lecture anatomo-pathologique sera l&agrave; aussi r&eacute;alis&eacute;e. La DHG et le carcinome in situ sont caract&eacute;ris&eacute;s par des l&eacute;sions ne franchissant pas la lame basale et donc limit&eacute;es &agrave; la muqueuse sans risque d&rsquo;envahissement ganglionnaire ou m&eacute;tastatique. Avant l&rsquo;av&egrave;nement des traitements endoscopiques, l&rsquo;oesophagectomie &eacute;tait le traitement standard pour la prise en charge de telles l&eacute;sions malgr&eacute; une morbidit&eacute; de 30 &agrave; 40% et une mortalit&eacute; per et post-op&eacute;ratoire de 1 &agrave; 4%. L&rsquo;endoscopie a donc aujourd&rsquo;hui, de fait, une place de premier choix dans la strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique. Il est recommand&eacute; de compl&eacute;ter le bilan endoscopique par une &eacute;cho-endoscopie avec des sondes standard en cas de dysplasie de haut grade ou cancer sur les biopsies afin d&rsquo;&eacute;liminer une infiltration tissulaire profonde ou un envahissement ganglionnaire. En cas de d&eacute;couverte de ganglion suspect, une ponction sous &eacute;cho-endoscopie devra &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e. En effet, il est important de r&eacute;server les indications des traitements endoscopiques &eacute;ventuels aux l&eacute;sions class&eacute;es usT1N0. Deux principaux groupes de techniques endoscopiques sont disponibles&nbsp;: les techniques de r&eacute;section endoscopique (mucosectomie et dissection sous-muqueuse) et les techniques de thermoablation (plasma argon, phototh&eacute;rapie dynamique, cryoth&eacute;rapie, radiofr&eacute;quence). Ces traitements sont d&eacute;velopp&eacute;s dans le paragraphe ci-dessous.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Conna&icirc;tre les techniques de traitement endoscopique et chirurgical d&rsquo;un EBO</h1>
<p align="JUSTIFY">En r&eacute;sum&eacute;, le traitement endoscopique s&rsquo;adresse aux EBO en DHG ou carcinome in situ sans infiltration de la sous-muqueuse. On distingue les techniques de r&eacute;section endoscopique et les techniques de thermoablation.</p>
<h2>Techniques de r&eacute;section endoscopique</h2>
<h3>Mucosectomie &oelig;sophagienne</h3>
<p align="JUSTIFY">Elle consiste en la r&eacute;section de la muqueuse et d&rsquo;une partie de la sous-muqueuse &oelig;sophagienne. Plusieurs m&eacute;thodes ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crite en commen&ccedil;ant par la m&eacute;thode historique du &laquo;&nbsp;lift and cut&nbsp;&raquo;, plus adapt&eacute; pour la jonction oeso-gastrique, o&ugrave; la l&eacute;sion est aspir&eacute;e et r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e &agrave; l&rsquo;anse diathermique [23]. Les m&eacute;thodes les plus utilis&eacute;es de nos jours sont celles comportant une injection sous-muqueuse pr&eacute;alable permettant notamment de pr&eacute;dire une infiltration en profondeur en cas de non-soul&egrave;vement. Parmi elles, la technique d&rsquo;Inoue et al.[25] utilise un cap transparent permettant d&rsquo;aspirer la l&eacute;sion apr&egrave;s injection qui est ensuite r&eacute;s&eacute;qu&eacute;e &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une anse d&eacute;di&eacute;e s&rsquo;ouvrant &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du cap (syst&egrave;me d&eacute;velopp&eacute; par Olympus). La deuxi&egrave;me technique utilise le principe de la ligature &eacute;lastique (sur le mod&egrave;le de la ligature des varices &oelig;sophagiennes) apr&egrave;s injection sous-muqueuse (syst&egrave;me d&eacute;velopp&eacute; par Cook) permettant dans un deuxi&egrave;me temps la r&eacute;section de la l&eacute;sion &agrave; l&rsquo;anse [25]. La technique d&rsquo;utilisation d&rsquo;un endoscope double canal permettant la traction de la l&eacute;sion et sa r&eacute;section dans le m&ecirc;me temps a &eacute;t&eacute; progressivement abandonn&eacute;e par la plupart des endoscopistes.</p>
<p align="JUSTIFY">Plusieurs &eacute;tudes ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es pour &eacute;valuer la mucosectomie endoscopique dans le traitement des l&eacute;sions superficielles sur EBO[26,27,28]. L&rsquo;&eacute;radication de ces l&eacute;sions &eacute;tait obtenue dans 85% des cas en moyenne avec un taux de complication de l&rsquo;ordre de 10 &agrave; 12%. Les facteurs de risques de r&eacute;cidive connus suite &agrave; une r&eacute;section par mucosectomie sont la r&eacute;section multifragmentaire, un EBO de plus de 5 cm de hauteur et la pr&eacute;sence de carcinome multi-focal sur la pi&egrave;ce de r&eacute;section endoscopique [29], soulignant la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un traitement endoscopique compl&eacute;mentaire afin d&rsquo;&eacute;radiquer l&rsquo;EBO r&eacute;siduel.</p>
<h3>Dissection endoscopique sous-muqueuse oesophagienne</h3>
<p align="JUSTIFY">Technique la plus r&eacute;cente, elle d&eacute;rive de la dissection sous-muqueuse gastrique d&eacute;crite initialement par les &eacute;quipes japonaises. Elle consiste &agrave; diss&eacute;quer pas &agrave; pas la muqueuse et la sous-muqueuse de la musculeuse &agrave; l&rsquo;aide de couteaux endoscopiques sp&eacute;cifiques. Les avantages de la DES par rapport &agrave; la mucosectomie&oelig;sophagienne sont de pouvoir mieux contr&ocirc;ler les plans de dissection et surtout d&rsquo;obtenir une r&eacute;section dite en bloc, c&#39;est-&agrave;-dire non fragmentaire, de la l&eacute;sion afin de faciliter l&rsquo;interpr&eacute;tation histologique et de limiter le risque de r&eacute;cidive. Cependant, la finesse de la paroi &oelig;sophagienne ainsi que l&rsquo;&eacute;troitesse de la lumi&egrave;re en font une technique risqu&eacute;e et d&rsquo;apprentissage difficile. Les premi&egrave;res &eacute;tudes, bien que r&eacute;alis&eacute;es &agrave; partir de petits effectifs, confirment des taux d&rsquo;&eacute;radication des l&eacute;sions dysplasiques et n&eacute;oplasiques comparables &agrave; ceux de la mucosectomie[30]. En France, cette technique prometteuse est en cours d&rsquo;&eacute;valuation.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Techniques de thermoablation</h2>
<h3>La coagulation par plasma argon</h3>
<p align="JUSTIFY">Le plasma argon est une technique relativement ais&eacute;e d&rsquo;utilisation. Le taux d&rsquo;&eacute;radication de la m&eacute;taplasie intestinale est de l&rsquo;ordre de 70%. En cas de DHG, les taux d&rsquo;&eacute;radication semblent plus faibles que la phototh&eacute;rapie dynamique [31]. Les principales complications suite &agrave; cette proc&eacute;dure sont les douleurs et dysphagies avec un risque de st&eacute;nose d&rsquo;environ 5 &agrave; 10%[32]. La mise en &eacute;vidence apr&egrave;s traitement d&rsquo;&icirc;lots r&eacute;siduels de m&eacute;taplasie situ&eacute;s sous la muqueuse r&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;e, le burried Barrett, faisant craindre une r&eacute;cidive voire une d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence &agrave; moyen ou long terme de l&rsquo;EBO, est une autre complication pr&eacute;occupante. Du fait d&rsquo;une apparente gu&eacute;rison, leur surveillance est donc bien plus compliqu&eacute;e. L&rsquo;efficacit&eacute; des nouvelles techniques de thermoablation et la fr&eacute;quence relativement importante de burried Barrett[33] dans le cas du traitement par plasma argon rendent cette derni&egrave;re technique moins s&eacute;duisante et donc de moins en moins utilis&eacute;e.</p>
<h3>La phototh&eacute;rapie dynamique (PDT)</h3>
<p align="JUSTIFY">La PDT utilise une mol&eacute;cule photosensibilisante (Photofrin, acide-5-aminol&eacute;vulinique). Une source lumineuse sp&eacute;cifiquement d&eacute;di&eacute;e pr&eacute;sentant une longueur d&rsquo;onde adapt&eacute;e au spectre d&rsquo;absorption de la mol&eacute;cule photosensibilisante et appliqu&eacute;e sur la zone d&rsquo;EBO dysplasique &agrave; traiter permet la destruction des cellules dysplasiques et m&eacute;taplasiques de fa&ccedil;on sp&eacute;cifiques. Les r&eacute;sultats de cette technique sont relativement bons avec une destruction de la m&eacute;taplasie intestinale dans 68 &agrave; 83% des cas [34] au prix cependant d&rsquo;un risque de l&rsquo;ordre de 2 &agrave; 10% de burried Barrett[35]. Dans une large &eacute;tude multicentrique, randomis&eacute;e, la PDT permettait une &eacute;radication de la DHG chez 77% des patients mais avec un maintien de cette r&eacute;ponse &agrave; 5 ans pour seulement la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux [36]. Cette &eacute;tude rapporte aussi plusieurs complications comprenant notamment un nombre non n&eacute;gligeable de st&eacute;noses &oelig;sophagiennes post-PDT (36% des cas). Ce taux important de st&eacute;noses ainsi que les difficult&eacute;s de mise en &oelig;uvre de la PDT (photoprotection des patients pendant plusieurs jours suivant l&rsquo;injection du photosensibilisant avec risque de br&ucirc;lures cutan&eacute;es, mise &agrave; disposition d&rsquo;un laser d&eacute;di&eacute;) ont limit&eacute; la diffusion de cette modalit&eacute; th&eacute;rapeutique qui est envisag&eacute;e en second choix apr&egrave;s la RF dans la plupart des centres en France.</p>
<h3>Radiofr&eacute;quence (RF)</h3>
<p align="JUSTIFY">La RF (syst&egrave;me HALO, BarrX medical, USA) utilise une onde de coagulation d&eacute;truisant les micro-vaisseaux et d&eacute;naturant les prot&eacute;ines cellulaires. La profondeur d&rsquo;action de cette onde est calibr&eacute;e, fixe et contr&ocirc;l&eacute;e, l&rsquo;ensemble permettant la thermoablation de l&rsquo;EBO et des l&eacute;sions associ&eacute;es. Une grande s&eacute;rie prospective randomis&eacute;e (RF versus proc&eacute;dure fictive) de 127 patients a montr&eacute; un taux d&rsquo;&eacute;radication de la dysplasie et de la m&eacute;taplasie intestinale de 85,7% et 77,4%, respectivement [37]. Les taux de complication restent acceptable avec dans cette s&eacute;rie 7,6% de st&eacute;noses post-RF. Par ailleurs, au cours de la surveillance endoscopique post-RF, il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; que les biopsies &oelig;sophagiennes obtenues sont aussi profondes que pour des patients non trait&eacute;s, permettant donc d&rsquo;assurer le rendement diagnostique de ces biopsies, en particulier &agrave; la recherche d&rsquo;un &eacute;ventuel burried Barrett qui semble moins fr&eacute;quent avec cette technique de thermoablation qu&rsquo;avec d&rsquo;autres m&eacute;thodes plus anciennes comme le plasma argon[38].</p>
<h3>Cryoth&eacute;rapie</h3>
<p align="JUSTIFY">Cette technique en cours d&rsquo;&eacute;valuation est particuli&egrave;rement prometteuse. Ainsi, Shaheen et al. ont montr&eacute; un taux d&rsquo;&eacute;radication de 97% pour la DHG et 57% pour la m&eacute;taplasie intestinale avec peu d&rsquo;effets secondaires dont 3% de st&eacute;noses et 2% de douleur n&eacute;cessitant le recours aux morphiniques)[39]. Bien qu&rsquo;&eacute;tant la plus large cohorte &agrave; ce jour, la dur&eacute;e de suivi courte (10 mois) et le caract&egrave;re r&eacute;trospectif de cette &eacute;tude n&eacute;cessitent de valider largement par des &eacute;tudes prospectives randomis&eacute;es avant d&rsquo;envisager la cryoth&eacute;rapie comme m&eacute;thode th&eacute;rapeutique dans nos algorithmes d&eacute;cisionnels.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>En pratique, quelle technique endoscopique choisir&nbsp;?</h2>
<p align="JUSTIFY">Concernant la technique de mucosectomie, les syst&egrave;mes COOK et OLYMPUS restent les plus utilis&eacute;s et les mieux &eacute;tudi&eacute;s. Une &eacute;tude comparative randomis&eacute;e multicentrique a par ailleurs montr&eacute; que le mat&eacute;riel de mucosectomie utilisant le cap transparent (ER kit, OLYMPUS) &eacute;tait plus co&ucirc;teux et allongeait le temps de proc&eacute;dure de fa&ccedil;on significative par rapport au syst&egrave;me de ligature (Duette, COOK) avec cependant l&rsquo;obtention de pi&egrave;ces plus larges mais pas plus &eacute;paisses. Le nombre de complications &eacute;taient comparables dans les deux groupes [40]. Cette &eacute;tude tend donc &agrave; avantager la technique de r&eacute;section par ligature.</p>
<p align="JUSTIFY">R&eacute;cemment une &eacute;tude prospective multicentrique randomis&eacute;e de Van Vilsterenet al.a mis en &eacute;vidence que, pour un EBO&le;5 cm, l&rsquo;efficacit&eacute; de la mucosectomie &oelig;sophagienne seule et d&rsquo;un traitement combinant mucosectomie des l&eacute;sions visibles endoscopiquement et RF &eacute;taient comparable tant pour l&rsquo;&eacute;radication de la dysplasie (100% vs 96%) que pour l&rsquo;&eacute;radication de l&rsquo;EBO (92% vs 96%). Cependant le nombre de complications (perforations, h&eacute;morragies, st&eacute;noses) ainsi que le nombre total de proc&eacute;dures &eacute;tait plus important dans le bras mucosectomie seule. Au terme d&rsquo;un suivi moyen de 2 ans, seule une r&eacute;cidive carcinomateuse au total a &eacute;t&eacute; observ&eacute;e, dans le bras mucosectomie seule, trait&eacute;e efficacement par une nouvelle mucosectomie[41]. Ces r&eacute;sultats sugg&egrave;rent que le traitement combin&eacute; est aussi efficace et moins morbide. Une efficacit&eacute; similaire a &eacute;t&eacute; rapport&eacute;e dans le cas d&rsquo;EBO long (&gt;10 cm)[42]. D&rsquo;autres &eacute;tudes ont confirm&eacute; cette double approche, la RF permettant aussi la destruction de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;EBO sous-jacent, facteur de risque connu de r&eacute;cidive. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;association d&rsquo;un traitement par mucosectomie des l&eacute;sions visibles et d&rsquo;&eacute;radication de l&rsquo;EBO r&eacute;siduel est &agrave; ce jour le traitement de r&eacute;f&eacute;rence de la DHG et du carcinome in situ sur EBO. Cette strat&eacute;gie a r&eacute;cemment &eacute;t&eacute; valid&eacute;e par une conf&eacute;rence de consensus internationale [43].</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h2>Le patient pr&eacute;sente un ad&eacute;nocarcinome invasif</h2>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;oesophagectomie reste le traitement de r&eacute;f&eacute;rence de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome invasif en particulier en cas de crit&egrave;res histopathologiques de mauvais pronostic tels qu&rsquo;une faible diff&eacute;renciation tumorale ou la pr&eacute;sence d&rsquo;emboles lymphatique, nerveux ou vasculaires. Le risque d&rsquo;envahissement ganglionnaire en cas d&rsquo;atteinte de la sous-muqueuse varie de 18 &agrave; 44%[44]. D&rsquo;un point de vue macroscopique, le caract&egrave;re multifocal de la DHG (de part la coexistence fr&eacute;quente de l&eacute;sions plus invasives [45]), la pr&eacute;sence de l&eacute;sions ulc&eacute;r&eacute;es ou polypo&iuml;des, et la pr&eacute;sence de l&eacute;sions de plus de 2 cm doivent faire envisager d&rsquo;embl&eacute;e le traitement chirurgical car ces crit&egrave;res constituent des facteurs de risque d&rsquo;envahissement ganglionnaire.</p>
<p align="JUSTIFY">La technique chirurgicale varie selon les centres. Deux approches sont envisageables&nbsp;: l&rsquo;oesophagectomie transhiatale et l&rsquo;oesophagectomie transthoracique. La voie transhiatale pr&eacute;senterait une mortalit&eacute; significativement moins importante (6,7% Vs 13,1%). Cependant la survie des patients ne semble pas influenc&eacute;e par le choix de la technique op&eacute;ratoire [46]. Quelque soit la technique, la prise en charge en centre expert diminue la mortalit&eacute; &agrave; 2%. La morbidit&eacute; reste tout de m&ecirc;me &eacute;lev&eacute;e comprenant notamment des complications post-op&eacute;ratoire imm&eacute;diates (fistules, abc&egrave;s,&hellip;) ou tardives (st&eacute;noses,&hellip;). L&rsquo;avenir sera probablement &agrave; la combinaison d&rsquo;approches mini-invasives par laparoscopie et thoracoscopie qui semblent diminuer le taux de complications post-op&eacute;ratoires voire am&eacute;liorer la survie des patients [47,48].</p>
<p align="JUSTIFY">Plus r&eacute;cemment, certaines &eacute;quipes ont &eacute;tendu le traitement endoscopique aux ad&eacute;nocarcinomes avec extension superficielle dans la sous-muqueuse (T1sm1), bien diff&eacute;renci&eacute;s, sans embole lymphatique et avec marges de r&eacute;section en zone saine [49]. Dans ces cas, sous r&eacute;serve du caract&egrave;re r&eacute;trospectif des &eacute;tudes, les r&eacute;sultats &agrave; long terme semblent comparables &agrave; l&rsquo;oesophagectomie avec une mortalit&eacute; et une morbidit&eacute; nettement plus faibles [50]. Des &eacute;tudes prospectives comparant le traitement chirurgical et les traitements combin&eacute;s endoscopiques avec en particulier la dissection sous-muqueuse &oelig;sophagienne permettront de mieux pr&eacute;ciser la place des traitements endoscopiques pour la prise en charge de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Conna&icirc;tre l&rsquo;impact de la surveillance d&rsquo;un EBO sur le risque de cancer</h1>
<p align="JUSTIFY">Aucune &eacute;tude contr&ocirc;l&eacute;e n&rsquo;a d&eacute;montr&eacute; l&rsquo;efficacit&eacute; de la surveillance endoscopique sur la mortalit&eacute; et la morbidit&eacute; par ad&eacute;nocarcinome de l&rsquo;&oelig;sophage &agrave; ce jour. Malgr&eacute; tout, un programme de surveillance doit &ecirc;tre propos&eacute; &agrave; un patient porteur d&rsquo;EBO chez qui un traitement peut &ecirc;tre envisag&eacute; en cas de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence. En effet, seul le d&eacute;pistage des l&eacute;sions &agrave; un stade pr&eacute;coce permet d&rsquo;envisager un traitement curatif mini-invasif et moins morbide que l&rsquo;oesophagectomie. L&rsquo;histoire naturelle de la d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence de l&rsquo;EBO, qui &eacute;volue selon une s&eacute;quence m&eacute;taplasie-dysplasie-cancer, est un argument suppl&eacute;mentaire pour r&eacute;aliser cette surveillance. Ainsi, la m&eacute;taplasie, d&eacute;finissant l&rsquo;EBO, est une muqueuse au sein de laquelle se succ&egrave;dent des modifications cellulaires ainsi que des mutations de l&rsquo;ADN responsables de l&rsquo;apparition de la dysplasie. Cette dysplasie peut elle-m&ecirc;me secondairement &eacute;voluer vers l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien. C&rsquo;est cette s&eacute;quence m&eacute;taplasie-dysplasie-cancer, caract&eacute;ristique de l&rsquo;&eacute;volution maligne de l&rsquo;EBO, qui a conduit &agrave; une classification du degr&eacute; dysplasique des EBO[51]. Elle reste la classification anatomo-pathologique la plus utilis&eacute;e de nos jours. Elle distingue quatre stades&nbsp;: 1) absence de dysplasie, 2) aspect ind&eacute;termin&eacute; pour la dysplasie, 3) dysplasie de bas grade (DBG), 4) dysplasie de haut grade (DHG). La survenue d&rsquo;une dysplasie voire d&rsquo;un ad&eacute;nocarcinome sur EBO n&rsquo;est pas rarissime. L&rsquo;incidence de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien augmente dans les pays occidentaux (2,5 &agrave; 7 pour 100000 au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000)[52] et le facteur de risque le plus important, partag&eacute; avec l&rsquo;EBO, est le RGO, m&ecirc;me si la moiti&eacute; des patients pr&eacute;sentant un ad&eacute;nocarcinome de l&rsquo;&oelig;sophage n&rsquo;ont jamais eu de symptomatologie &eacute;vocatrice de reflux. Les autres facteurs de risques comme le tabagisme, l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute; et l&rsquo;alimentation pauvre en fruits et en l&eacute;gumes viennent s&rsquo;ajouter aux facteurs de risque en lien avec l&rsquo;EBO comme l&rsquo;&acirc;ge, l&rsquo;&eacute;tendue de l&rsquo;EBO et les ant&eacute;c&eacute;dents de st&eacute;nose ou d&rsquo;ulc&egrave;re de Barrett. L&rsquo;incidence annuelle de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien chez les patients pr&eacute;sentant un EBO a &eacute;t&eacute; &eacute;valu&eacute;e entre 0,6 et 0,7 pour 100 personnes-ann&eacute;es par deux grandes m&eacute;ta-analyses [53,17]. Cette incidence est plus importante en cas de DBG sur EBO puisqu&rsquo;elle atteint 1,4% [18]. Enfin, en cas de DHG, l&rsquo;incidence annuelle culmine &agrave; 6%[22].Ainsi, c&rsquo;est l&rsquo;association du risque d&rsquo;&eacute;volution n&eacute;oplasique et du pronostic effroyable de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome de l&rsquo;&oelig;sophage, principalement li&eacute; &agrave; sa d&eacute;couverte &agrave; un stade souvent avanc&eacute;, qui a justifi&eacute; l&rsquo;&eacute;tablissement par les soci&eacute;t&eacute;s savantes de recommandations pour la surveillance des patients pr&eacute;sentant un EBO.</p>
<p align="JUSTIFY">Par ailleurs, la question du d&eacute;pistage de l&rsquo;EBO chez les patients atteints de RGO est toujours d&eacute;battue notamment depuis le retrait de ce type de recommandation en 2008 par l&rsquo;American Gastroenterological Association et l&rsquo;American College of Gastroenterology. La recherche et la validation de m&eacute;thodes non invasives de d&eacute;tection de l&rsquo;EBO est actuellement en cours et r&eacute;alimente le d&eacute;bat. Des m&eacute;thodes endoscopiques mini-invasives comme la naso-fibroscopie ou la vid&eacute;ocapsule &oelig;sophagienne semblent int&eacute;ressantes et pr&eacute;sentent un bon rapport co&ucirc;t-b&eacute;n&eacute;fice mais celui-ci sous-tend une forte participation &agrave; ce d&eacute;pistage ce qui, malgr&eacute; une bonne acceptabilit&eacute; de ces examens, semble encore loin d&rsquo;&ecirc;tre le cas [54].</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>Conclusion</h1>
<p align="JUSTIFY">Au vu de l&rsquo;incidence en constante augmentation de l&rsquo;EBO, nous serons de plus en plus fr&eacute;quemment confront&eacute;s &agrave; ses complications dysplasiques et n&eacute;oplasiques dans l&rsquo;avenir. L&rsquo;examen endoscopique rigoureux est la cl&eacute; d&rsquo;une surveillance efficace, garante d&rsquo;une prise en charge optimale. L&rsquo;arsenal th&eacute;rapeutique s&rsquo;adressant aux EBO en DHG ne cesse de s&rsquo;agrandir et d&rsquo;&eacute;voluer. Les meilleurs r&eacute;sultats sont actuellement obtenus en combinant la r&eacute;section endoscopique des anomalies visibles avec la destruction de l&rsquo;EBO r&eacute;siduel par radiofr&eacute;quence. Surtout, l&rsquo;am&eacute;lioration de la d&eacute;tection de ces l&eacute;sions (EMC) et l&rsquo;av&egrave;nement de nouveaux traitements prometteurs (cryoth&eacute;rapie, dissection sous-muqueuse) &eacute;tofferont encore notre arsenal et permettront peut-&ecirc;tre d&rsquo;am&eacute;liorer encore la prise en charge de ces patients. Tous ces &eacute;l&eacute;ments rendent envisageable, gr&acirc;ce &agrave; des programmes de surveillance optimis&eacute;s, une diminution de la mortalit&eacute; li&eacute;e &agrave; l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome &oelig;sophagien. Sur le plan m&eacute;dico-&eacute;conomique, l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;ventuel d&rsquo;&eacute;radiquer pr&eacute;cocement des EBO non compliqu&eacute;s ou pr&eacute;sentant uniquement une DBG afin d&rsquo;&eacute;liminer le risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence reste largement &agrave; d&eacute;montrer. De m&ecirc;me, il reste &agrave; d&eacute;velopper un enjeu crucial, celui de pouvoir stratifier les patients en fonction de leur risque de d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence &agrave; partir de nouveaux biomarqueurs endoscopiques ou mol&eacute;culaires.</p>
<p align="JUSTIFY">&nbsp;</p>
<h1>R&eacute;f&eacute;rences</h1>
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<p align="JUSTIFY">48. Verhage RJJ, Hazebroek EJ, Boone J, Van Hillegersberg R. Minimally invasive surgery compared to open procedures in esophagectomy for cancer: a systematic review of the literature. Minerva Chir. 2009;64(2):135-146.</p>
<p align="JUSTIFY">49. Buskens CJ, Westerterp M, Lagarde SM, et al. Prediction of appropriateness of local endoscopic treatment for high-grade dysplasia and early adenocarcinoma by EUS and histopathologicfeatures.Gastrointest. Endosc.&nbsp;2004;60(5):703-710.</p>
<p align="JUSTIFY">50. Das A, Singh V, Fleischer DE, Sharma VK. A comparison of endoscopic treatment and surgery in early esophageal cancer: an analysis of surveillance epidemiology and end results data. Am. J. Gastroenterol. 2008;103(6):1340-1345.</p>
<p align="JUSTIFY">51. Riddell RH, Goldman H, Ransohoff DF, et al. Dysplasia in inflammatory bowel disease: standardized classification with provisional clinical applications.&nbsp;Hum. Pathol.&nbsp;1983;14(11):931-968.</p>
<p align="JUSTIFY">52. El-Serag HB, Mason AC, Petersen N, Key CR. Epidemiological differences between adenocarcinoma of the oesophagus and adenocarcinoma of the gastric cardia in the USA.&nbsp;Gut. 2002;50(3):368-372.</p>
<p align="JUSTIFY">53. Thomas T, Abrams KR, De Caestecker JS, Robinson RJ. Meta analysis: Cancer risk in Barrett&rsquo;s oesophagus.&nbsp;Aliment.Pharmacol.Ther.&nbsp;2007;26(11-12):1465-1477.</p>
<p align="JUSTIFY">54. Chang JY, Talley NJ, Locke GR 3rd, et al.Population screening for barrett esophagus: a prospective randomized pilot study.&nbsp;Mayo Clin. Proc.&nbsp;2011;86(12):1174-1180.</p>
<h1>LES 5 POINTS FORTS</h1>
<ol>
<li>
<p align="JUSTIFY">Le diagnostic de l&rsquo;endobrachyoesophage est avant tout histologique (m&eacute;taplasie intestinale)</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;incidence de l&rsquo;ad&eacute;nocarcinome du bas oesophage est en constante augmentation et son principal facteur de risque est l&rsquo;endobrachyoesophage.</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Le d&eacute;pistage endoscopique des l&eacute;sions dysplasiques d&eacute;velopp&eacute;es sur EBO, facilit&eacute; par les d&eacute;veloppements optiques en endoscopie, est l&rsquo;objectif majeur de la surveillance</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;association de la r&eacute;section des l&eacute;sions dysplasiques visibles et de l&rsquo;&eacute;radication de l&rsquo;EBO r&eacute;siduel par une m&eacute;thode thermique comme la radiofr&eacute;quence est importante afin de pr&eacute;venir les r&eacute;cidives m&eacute;tachrones</p>
</li>
<li>
<p align="JUSTIFY">Apres ablation d&rsquo;une l&eacute;sion dysplasique par mucosectomie ou dissection sous-muqueuse, la discussion de l&rsquo;algorithme d&eacute;cisionnel doit &ecirc;tre effectu&eacute;e de mani&egrave;re multidisciplinaire (gastroent&eacute;rologue, anatomopathologiste, chirurgien), au cas par cas apr&egrave;s analyse de l&rsquo;extension en profondeur sur la pi&egrave;ce d&rsquo;ex&eacute;r&egrave;se et en fonction du bilan d&rsquo;extension habituel afin de d&eacute;cider si le traitement endoscopique seul est suffisant ou si un traitement compl&eacute;mentaire doit &ecirc;tre envisag&eacute;</p>
</li>
</ol>
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		<title>L’ischémie mésentérique aiguë</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:09:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[PDF Diaporama Vid&#233;o Abr&#233;viations IMA&#160;: isch&#233;mie m&#233;sent&#233;rique aigue, IMC&#160;: isch&#233;mie m&#233;sent&#233;rique chronique, AMS&#160;: art&#232;re m&#233;sent&#233;rique sup&#233;rieure, AMI&#160;: art&#232;re m&#233;sent&#233;rique inf&#233;rieure, TC&#160;: tronc c&#339;liaque, SIRS&#160;: systemic inflammatory response syndrome, SHI&#160;: syndrome d&#8217;hypoperfusion intestinal. De l&#8217;isch&#233;mie m&#233;sent&#233;rique, seul l&#8217;infarctus est la forme g&#233;n&#233;ralement connue des cliniciens&#160;; pourtant, sonspectre clinique et physiopathologique est large et son pronostic mauvais. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/ischemie-mesenterique.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/corcos-olivier_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Samedi/planiere-gastro/314/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Abr&eacute;viations</h1>
<p style="">IMA&nbsp;: isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigue, IMC&nbsp;: isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique chronique, AMS&nbsp;: art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure, AMI&nbsp;: art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique inf&eacute;rieure, TC&nbsp;: tronc c&oelig;liaque, SIRS&nbsp;: systemic inflammatory response syndrome, SHI&nbsp;: syndrome d&rsquo;hypoperfusion intestinal.</p>
<p style="">De l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique, seul l&rsquo;infarctus est la forme g&eacute;n&eacute;ralement connue des cliniciens&nbsp;; pourtant, <u>son</u>spectre clinique et physiopathologique est large et son pronostic mauvais. L&#39;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique repr&eacute;sente l&rsquo;une des urgences abdominales les plus s&eacute;v&egrave;res et probablement les plus m&eacute;connues. Des travaux r&eacute;cents ont permis de mieux comprendre la physiopathologie de la perfusion et de l&rsquo;isch&eacute;mie intestinale, depuis l&rsquo;occlusion vasculaire jusqu&rsquo;&agrave; la constitution de la n&eacute;crose, sugg&eacute;rant que chacun des m&eacute;canismes impliqu&eacute;s devrait &ecirc;tre reconnu et trait&eacute; sp&eacute;cifiquement. A partir des recommandations existantes, de la connaissance de la physiopathologie de l&rsquo;isch&eacute;mie intestinale et de notre exp&eacute;rience, une nouvelle strat&eacute;gie de prise en charge a pu &ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute;e, avec le double objectif&nbsp; d&rsquo;&eacute;viter le d&eacute;c&egrave;s du patient mais &eacute;galement une r&eacute;section intestinale &eacute;tendue.&nbsp;</p>
<p>Les colites isch&eacute;miques gauches, correspondant &agrave; une isch&eacute;mie dans le territoire de l&rsquo;art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique inf&eacute;rieure, ont un mode de diagnostic, une prise en charge et un pronostic diff&eacute;rents de l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigue, et ne seront pas trait&eacute;s ici.</p>
<h1>Anatomie et physiopathologie</h1>
<h2>Anatomie de la vascularisation splanchnom&eacute;sent&eacute;rique</h2>
<p><u>Les 3 principales art&egrave;res digestives</u>, branches ant&eacute;rieures de l&rsquo;aorte sont, de haut en bas (figure 1)&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Le tronc c&oelig;liaque (TC) qui vascularise le foie, l&rsquo;estomac, le bloc duod&eacute;nopancr&eacute;atique, les premiers centim&egrave;tres du j&eacute;junum et la rate.</li>
<li>L&rsquo;art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure (AMS) qui vascularise tout l&rsquo;intestin gr&ecirc;le, la valvule il&eacute;oc&aelig;cale et le colon droit.</li>
<li>L&rsquo;art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique inf&eacute;rieure (AMI) qui vascularise le colon depuis l&rsquo;angle droit jusqu&rsquo;&agrave; la charni&egrave;re recto-sigmo&iuml;dienne</li>
</ul>
<p>Il existe de nombreuses variantes anatomiques et d&rsquo;importantes collat&eacute;rales afin de prot&eacute;ger le circuit digestif de l&rsquo;isch&eacute;mie. A noter que le bas rectum re&ccedil;oit le sang des art&egrave;res h&eacute;morro&iuml;daires inf&eacute;rieures et moyennes, branches de l&rsquo;art&egrave;re iliaque interne. En ce qui concerne la microcirculation, il faut savoir que les art&eacute;rioles se branchent sur un intense r&eacute;seau de capillaires et de veinules et qu&#39;&agrave; l&rsquo;&eacute;tage muqueux, chaque villosit&eacute; intestinale contient une art&eacute;riole centrale qui la traverse jusqu&rsquo;&agrave; son sommet et se divise en r&eacute;seau capillaire. Le sommet des villosit&eacute;s est le plus sensible &agrave; l&rsquo;isch&eacute;mie. <u>En ce qui concerne le retour veineux</u>, la veine m&eacute;sent&eacute;rique inf&eacute;rieure rejoint la veine spl&eacute;nique et l&#39;ensemble conflue vers la veine m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure pour former <u>le tronc porte</u>. (figure 2)&nbsp;:</p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Anatomie de la vascularisation splanchnomésentérique" height="332" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corcos001.jpg" width="560" /></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="Anatomie de la vascularisation splanchnomésentérique" height="364" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corcos002.jpg" width="529" /></p>
<h2>Physiopathologie de l&rsquo;IMA</h2>
<p>L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique est la cons&eacute;quence d&rsquo;une interruption ou d&rsquo;une diminution du flux sanguin splanchno-m&eacute;sent&eacute;rique. Elle peut &ecirc;tre art&eacute;rielle ou veineuse, aigu&euml; ou chronique, occlusive ou non occlusive.<br />
	L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique a une physiopathologie multi-&eacute;tapes qui explique son &eacute;volution clinique inexorable en l&rsquo;absence de traitement, depuis la douleur abdominale aigue jusqu&rsquo;&agrave; la n&eacute;crose intestinale &eacute;tendue, la d&eacute;faillance d&rsquo;organes et le d&eacute;c&egrave;s.</p>
<h3>Seuil critique de d&eacute;livrance en oxyg&egrave;ne</h3>
<p>Quand le d&eacute;bit sanguin &agrave; destination digestive baisse en dessous de 50% du d&eacute;bit basal (le seuil critique de d&eacute;livrance en 02), les cellules de la muqueuse et de la sous-muqueuse basculent vers une glycolyse ana&eacute;robie entrainant&nbsp; la production de lactates. Or, dans la plupart des cas d&rsquo;isch&eacute;mie splanchnique, les taux de lactates art&eacute;riels vont rester normaux, en d&eacute;pit d&rsquo;une augmentation de la production de lactates par l&rsquo;intestin. Cette dissociation tient en fait aux capacit&eacute;s h&eacute;patiques de m&eacute;tabolisation des lactates. Ainsi, l&#39;acidose lactique syst&eacute;mique, signe de gravit&eacute; classique de l&#39;IMA, est un ph&eacute;nom&egrave;ne tardif, qui t&eacute;moigne d&rsquo;une isch&eacute;mie s&eacute;v&egrave;re, transmurale et souvent n&eacute;crotique de l&rsquo;intestin (1).</p>
<h3><strong>Alt&eacute;ration muqueuses intestinales et activation de l&rsquo;immunit&eacute; inn&eacute;e</strong></h3>
<p>L&rsquo;isch&eacute;mie intestinale va &ecirc;tre responsable d&rsquo;une augmentation de la perm&eacute;abilit&eacute; &eacute;pith&eacute;liale et d&rsquo;une translocation bact&eacute;rienne/endotoxines. Quand l&rsquo;hypoxie, l&rsquo;acidose r&eacute;gionale et la perm&eacute;abilit&eacute; &eacute;pith&eacute;liale s&rsquo;aggravent, de larges surfaces sous-muqueuses intestinales interagissent avec une charge antig&eacute;nique bact&eacute;rienne massive, stimulant l&rsquo;immunit&eacute; inn&eacute;e et les voies locales/syst&eacute;miques inflammatoires telles que TLR, NF-KB ou TNF (2,3). Les mod&egrave;les animaux d&rsquo;IMA, par occlusion de l&rsquo;AMS, trait&eacute;s par un remplissage vasculaire et une d&eacute;contamination antibiotique orale survivent plus longtemps que les contr&ocirc;les ou les animaux recevant des antibiotiques IV (4) . Plus r&eacute;cemment, une m&eacute;ta-analyse et plusieurs essais randomis&eacute;s contr&ocirc;l&eacute;s ont montr&eacute; chez les patients de r&eacute;animation, qu&rsquo;une d&eacute;contamination digestive orale/IV &eacute;tait associ&eacute;e &agrave; moins de d&eacute;faillances d&rsquo;organes, de bact&eacute;ri&eacute;mies et de d&eacute;tresses respiratoires, confirmant le r&ocirc;le d&eacute;l&eacute;t&egrave;re de la translocation bact&eacute;rienne (5). Apr&egrave;s activation des voies inflammatoires r&eacute;gionales, un v&eacute;ritable emballement peut survenir avec n&eacute;crose irr&eacute;versible de l&rsquo;intestin, p&eacute;ritonite, g&eacute;n&eacute;ralisation de l&rsquo;inflammation, sepsis, d&eacute;faillance d&rsquo;organes.<br />
	Les l&eacute;sions endoth&eacute;liales vont &ecirc;tre responsables d&rsquo;une consommation plaquettaire et d&rsquo;une activation de la fibrinolyse &agrave; l&rsquo;origine de syndromes h&eacute;morragiques, notamment p&eacute;riton&eacute;aux. Ainsi, les manifestations h&eacute;morragiques pr&eacute;-, per et post-op&eacute;ratoires qui sont fr&eacute;quemment observ&eacute;s sont pr&eacute;cis&eacute;ment les t&eacute;moins de la persistance de l&#39;isch&eacute;mie.</p>
<h3>Occlusion vasculaire</h3>
<ul>
<li><u>En cas d&rsquo;occlusion art&eacute;rielle</u>, aigu&euml; ou chronique, la demande m&eacute;tabolique du tissu d&eacute;passe l&rsquo;apport en oxyg&egrave;ne et les l&eacute;sions d&rsquo;isch&eacute;mie se d&eacute;veloppent initialement &agrave; partir de la muqueuse et de la sous-muqueuse puis s&rsquo;&eacute;tendent en profondeur (6). Soixante dix pourcent du d&eacute;bit intestinal &eacute;tant destin&eacute; &agrave; la vascularisation de la muqueuse et de la sous-muqueuse intestinales, ces zones sont les premi&egrave;res &agrave; pr&eacute;senter des signes d&rsquo;isch&eacute;mie en cas d&rsquo;occlusion art&eacute;rielle. A mesure que l&rsquo;occlusion se poursuit, la n&eacute;crose devient transmurale puis gangr&eacute;neuse, conduisant au d&eacute;c&egrave;s du patient en l&rsquo;absence d&rsquo;une r&eacute;section intestinale urgente. Ainsi, lorsqu&rsquo;une art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique (art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure le plus souvent) est occluse, l&rsquo;isch&eacute;mie devient rapidement transmurale/gangr&eacute;neuse, tandis qu&rsquo;une occlusion d&rsquo;art&eacute;rioles intra murales conduit &agrave; une isch&eacute;mie intra murale muqueuse/sous-muqueuse. Il faut savoir cependant que les besoins m&eacute;taboliques et en oxyg&egrave;ne d&eacute;pendent de plusieurs facteurs dont l&#39;&eacute;tat h&eacute;modynamique g&eacute;n&eacute;ral, le degr&eacute; d&rsquo;ath&eacute;roscl&eacute;rose, l&#39;importance de la circulation collat&eacute;rale et de m&eacute;canismes complexes de r&eacute;gulation de la vasomotricit&eacute; (6).<br />
		&nbsp;</li>
<li><u>La thrombose veineuse m&eacute;sent&eacute;rique</u> (+/- portale) peut survenir sur foie cirrhotique ou non. L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique r&eacute;sulte de l&rsquo;extension du thrombus vers les veines m&eacute;sent&eacute;riques et les arcades veineuses m&eacute;sent&eacute;riques. Les arcades veineuses m&eacute;sent&eacute;riques fonctionnent en effet comme une circulation collat&eacute;rale drainant le flux sanguin intestinal vers les territoires adjacents non thrombos&eacute;s. Quand l&rsquo;isch&eacute;mie se prolonge au del&agrave; de plusieurs jours, un infarctus intestinal peut survenir. En aval de la thrombose de la veine porte, les cons&eacute;quences h&eacute;patiques sont peu marqu&eacute;es. Les signes clinique et biologique de souffrance h&eacute;patique sont absents ou transitoires. Des ph&eacute;nom&egrave;nes de compensation naturelle expliquent pourquoi l&rsquo;interruption du flux portal a peu de cons&eacute;quence clinique. Un premier m&eacute;canisme compensatoire est la vasodilatation imm&eacute;diate de l&rsquo;art&egrave;re h&eacute;patique en r&eacute;ponse &agrave; une diminution du flux veineux portal (arterial &laquo;&nbsp;buffer&nbsp;&raquo; response). Le second m&eacute;canisme compensatoire est le d&eacute;veloppement rapide de veines collat&eacute;rales porto-portes, ou cavernome portal. Ces veines collat&eacute;rales deviennent visibles quelques jours apr&egrave;s la thrombose. L&rsquo;infarcissement intestinal secondaire &agrave; une thrombose m&eacute;sent&eacute;rique pourrait &ecirc;tre favoris&eacute; par un vasospasme art&eacute;riel et/ou des facteurs de risque d&rsquo;ath&eacute;roscl&eacute;rose (7,8).</li>
</ul>
<h3>Vasospasme art&eacute;riel</h3>
<p>Dans les situations de bas d&eacute;bit, mais &eacute;galement en cas d&rsquo;occlusion vasculaire, la vasoconstriction splanchnique est un ph&eacute;nom&egrave;ne pr&eacute;coce et profond, qui peut conduire &agrave; lui seul &agrave; une diminution du d&eacute;bit sanguin sous le seuil critique de 50% &agrave; partir duquel les l&eacute;sions d&rsquo;isch&eacute;mies vont se constituer (9,10). L&rsquo;isch&eacute;mie splanchnique se d&eacute;veloppe ainsi bien avant que ne survienne l&rsquo;instabilit&eacute; h&eacute;modynamique. Cette vasoconstriction splanchnique peut &ecirc;tre d&eacute;clench&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;&eacute;tats de choc, incluant les h&eacute;morragies, les sepsis, les hypovol&eacute;mies ou les d&eacute;faillance cardiog&eacute;niques mais aussi lors de certains traitements, de prise de coca&iuml;ne ou d&rsquo;exercices intenses (11). Elle est corr&eacute;l&eacute;e &agrave; la mortalit&eacute; dans la pancr&eacute;atite aigue grave, les traumatismes, le post-op&eacute;ratoire, le sepsis ou les h&eacute;morragies (12-14). L&rsquo;occlusion vasculaire conduit &agrave; une hypoperfusion splanchno-m&eacute;sent&eacute;rique, une activation du syst&egrave;me r&eacute;nine-angiotensine-aldost&eacute;rone et une vasoconstriction digestive. Ce vasospasme est le plus souvent pr&eacute;sent quel que soit le m&eacute;canisme de l&rsquo;isch&eacute;mie art&eacute;rielle et persiste m&ecirc;me apr&egrave;s la lev&eacute;e de l&rsquo;obstacle (9).</p>
<h1>Incidence et pronostic</h1>
<p align="left">Dans la litt&eacute;rature, le chiffre d&rsquo;incidence fr&eacute;quemment cit&eacute; de l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigu&euml; est de&nbsp; 1/1000 hospitalisations (9). <br />
	Une revue analysant 45 &eacute;tudes observationnelles sur 3692 patients a montr&eacute; que l&rsquo;IMA &eacute;tait presque constamment mortelle en l&rsquo;absence d&rsquo;un traitement agressif et pr&eacute;coce. La mortalit&eacute; globale des patients trait&eacute;s variait de 40% (isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique veineuse) &agrave; plus de 77% (isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique art&eacute;rielle), les principaux facteurs pronostics &eacute;tant la pr&eacute;cocit&eacute; du diagnostic (dans les 12-24 premi&egrave;res heures), la cause de l&rsquo;isch&eacute;mie (thrombose, emboles, non-occlusive, veineuse) et l&rsquo;absence de traitement adapt&eacute; (tableau 1)(15). <br />
	Nous avons r&eacute;cemment publi&eacute; nos r&eacute;sultats d&rsquo;une &eacute;tude pilote chez 18 patients qui montrent qu&rsquo;une prise en charge multimodale multidisciplinaire centr&eacute;e sur la viabilit&eacute; intestinale &eacute;tait associ&eacute;e &agrave; une survie &agrave; 30j et 2 ans de 95% et 89%, respectivement, &eacute;vitant une r&eacute;section intestinale dans 61% des cas. Chez les malades op&eacute;r&eacute;s la longueur de r&eacute;section intestinale &eacute;tait diminu&eacute;e 207 cm &agrave; 30 cm en cas de revascularisation associ&eacute;e(16).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 1: Pronostic de l&#39;IMA (d&rsquo;apr&egrave;s <strong>(15)</strong>)</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" style="width: 100%;" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" rowspan="2" style="text-align: center;">
				Traitement</td>
<td colspan="5">
<p align="center">Taux de mortalit&eacute;</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="center">Embole</p>
</td>
<td>
<p align="center">Thrombose</p>
</td>
<td>
<p align="center">Thrombose veineuse</p>
</td>
<td>
<p align="center">Non occlusif</p>
</td>
<td>
<p align="center">Global</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2">
<p align="center">Abstention th&eacute;rapeutique</p>
</td>
<td>
<p align="center">96,4</p>
</td>
<td>
<p align="center">99,4</p>
</td>
<td>
<p align="center">87,1</p>
</td>
<td>
<p align="center">90,6</p>
</td>
<td>
<p align="center">95,6</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="4">
<p align="center">Traitement curatif</p>
</td>
<td>
<p align="center">R&eacute;section (%)</p>
</td>
<td>
<p align="center">48,1</p>
</td>
<td>
<p align="center">76,5</p>
</td>
<td>
<p align="center">37,2</p>
</td>
<td>
<p align="center">72,8</p>
</td>
<td>
<p align="center">57,2</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="center">Revascularisation (%)</p>
</td>
<td>
<p align="center">59,7</p>
</td>
<td>
<p align="center">73,3</p>
</td>
<td>
<p align="center">18,2</p>
</td>
<td>
<p align="center">0</p>
</td>
<td>
<p align="center">56,1</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="center">Revascularisation<br />
					R&eacute;section (%)</p>
</td>
<td>
<p align="center">59,3</p>
</td>
<td>
<p align="center">84,2</p>
</td>
<td>
<p align="center">50</p>
</td>
<td>
<p align="center">0</p>
</td>
<td>
<p align="center">62,2</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="center">Sous-total (%)</p>
</td>
<td>
<p align="center">54,1</p>
</td>
<td>
<p align="center">77,4</p>
</td>
<td>
<p align="center">32,1</p>
</td>
<td>
<p align="center">72,7</p>
</td>
<td>
<p align="center">56,8</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td colspan="2">
<p align="center">Total (%)</p>
</td>
<td>
<p align="center">70,1</p>
</td>
<td>
<p align="center">88,3</p>
</td>
<td>
<p align="center">44</p>
</td>
<td>
<p align="center">86</p>
</td>
<td>
<p align="center">72,6</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h1>Classification et causes d&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique</h1>
<h2>Isch&eacute;mie aigue vs isch&eacute;mie chronique</h2>
<ul>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigu&euml;</u> (IMA) conduit en quelques heures/jours &agrave; l&rsquo;infarctus m&eacute;sent&eacute;rique et souvent au d&eacute;c&egrave;s. Une souffrance intestinale aigue associ&eacute;e &agrave; une occlusion, compl&egrave;te ou incompl&egrave;te, d&rsquo;une seule art&egrave;re digestive suffit au diagnostic d&rsquo;IMA. Elle peut succ&eacute;der &agrave; une isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique chronique.</li>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique chronique</u> (IMC), d&eacute;finie par l&rsquo;existence d&rsquo;un syndrome d&rsquo;angor intestinal par st&eacute;nose d&rsquo;au moins deux branches de l&rsquo;aorte digestive (tronc c&oelig;liaque, art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure et inf&eacute;rieure) peut se compliquer d&rsquo;une IMA. D&rsquo;authentiques isch&eacute;mies chroniques ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites en pr&eacute;sence d&rsquo;une st&eacute;nose isol&eacute;e du tronc coeliaque.</li>
</ul>
<h2>Isch&eacute;mie occlusive vs isch&eacute;mie non occlusive</h2>
<ul>
<li><u>M&eacute;canisme occlusif</u> est en cause dans les occlusions art&eacute;rielles ath&eacute;romateuses (50%) ou emboliques (20%) mais aussi dans les isch&eacute;mies par thromboses veineuses m&eacute;sent&eacute;rico-portes. Ce m&eacute;canisme peut &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine aussi bien des IMA que des IMC (10).</li>
<li><u>M&eacute;canisme non occlusif</u>. Il s&rsquo;agit du syndrome d&rsquo;hypoperfusion intestinale li&eacute; une baisse prolong&eacute;e du d&eacute;bit sanguin art&eacute;riel m&eacute;sent&eacute;rique, avec souvent vasoconstriction splanchnom&eacute;sent&eacute;rique. L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique non occlusive repr&eacute;sente 30% des isch&eacute;mies aigu&euml;s. L&rsquo;isch&eacute;mie non-occlusive peut &ecirc;tre favoris&eacute;e par un ath&eacute;rome art&eacute;riel(11,17).</li>
</ul>
<h2>Isch&eacute;mie art&eacute;rielle vs veineuse</h2>
<ul>
<li><u>Origine art&eacute;rielle</u> (isch&eacute;mies occlusives ou non occlusives, isch&eacute;mies chroniques), li&eacute;e &agrave; une atteinte ou un bas d&eacute;bit d&rsquo;une ou plusieurs art&egrave;res&nbsp; (TC, AMS, AMI).</li>
<li><u>Origine veineuse</u>, li&eacute;e &agrave; une thrombose veineuse m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure (&eacute;tendue ou non au tronc porte). Elle concerne moins de 10% des patients avec thrombose veineuse m&eacute;sent&eacute;rique. Son pronostic est meilleur que celui de l&rsquo;IMA art&eacute;rielle.</li>
</ul>
<h2>Isch&eacute;mie pr&eacute;coce vs tardive(16)</h2>
<ul>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie pr&eacute;coce</u> est d&eacute;finie par l&rsquo;absence de complication, de d&eacute;faillance d&rsquo;organes ou de lactates &eacute;lev&eacute;es.</li>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie tardive</u> comprend la pr&eacute;sence d&rsquo;au moins l&rsquo;un des signes suivants&nbsp;:
<ul>
<li>Suspicion de complication (p&eacute;ritonite, perforation, n&eacute;crose)</li>
<li>Au moins une d&eacute;faillance d&rsquo;organes (respiratoire, h&eacute;modynamique, r&eacute;nale, acido-basique, h&eacute;matologique)</li>
<li>Des lactates &eacute;lev&eacute;s</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h2>Causes des isch&eacute;mies m&eacute;sent&eacute;riques aigu&euml;s</h2>
<h3>L&rsquo;IMA occlusive concerne l&rsquo;occlusion d&rsquo;un ou plusieurs vaisseaux digestifs, le plus souvent l&rsquo;art&egrave;re m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure. <u> </u></h3>
<h4>Embolie :</h4>
<ul>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie embolique</u> survient &agrave; partir d&rsquo;une cardiopathie embolig&egrave;ne ou d&rsquo;un ath&eacute;rome de la crosse de l&rsquo;aorte. Les an&eacute;vrismes ventriculaires, les troubles du rythme, une pathologie ou une proth&egrave;se des valves mitro-aortiques ou peuvent favoriser la formation de thrombi et leur embolie p&eacute;riph&eacute;rique.</li>
<li><u>Thrombose</u>
<ul>
<li><u>L&rsquo;isch&eacute;mie thrombotique</u> se d&eacute;veloppe au sein d&rsquo;art&egrave;res digestives pathologiques (st&eacute;nose, ath&eacute;rome, art&eacute;rite). La gravit&eacute; de l&rsquo;isch&eacute;mie d&eacute;pend dans ce cas de l&rsquo;absence de collat&eacute;ralit&eacute; et de sa survenue chez un patient d&eacute;nutri, notamment lorsqu&rsquo;elle succ&egrave;de &agrave; une IMC. En cas d&rsquo;importantes collat&eacute;rales, le risque de n&eacute;crose est plus faible.</li>
<li>Parfois la thrombose survient sur une vascularite dont les principales sont la p&eacute;ri-art&eacute;rite noueuse, le purpura rhumatoide, la maladie de Wegener, Churg et Strauss, la polyang&eacute;ite microscopique, le syndrome hyper&eacute;osinophilique, la maladie de Takayasu(18).</li>
<li>Une art&eacute;rite radique, une dissection/an&eacute;vrysme art&eacute;rielle ou une complication chirurgicale peuvent &ecirc;tre en cause.&nbsp;</li>
<li>Un syndrome des anti-phospholipides, une thrombophilie ou une hypercoagulabilit&eacute; peuvent &ecirc;tre &eacute;galement en cause.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>IMA non occlusive et syndrome d&rsquo;hypoperfusion intestinale (SHI)</h4>
<p>Elle est li&eacute;e &agrave; une&nbsp; hypoperfusion des art&egrave;res m&eacute;sent&eacute;riques<strong>. </strong>Le risque de survenue augmente avec l&rsquo;&acirc;ge. Son origine est multifactorielle :</p>
<p>La thrombose veineuse m&eacute;sent&eacute;rique repr&eacute;sente environ 15% des IMA et donne lieu &agrave; une isch&eacute;mie intestinale dans environ 20% des cas. Un infarcissement intestinal peut survenir en cas de baisse relative du d&eacute;bit art&eacute;riel (sepsis, h&eacute;morragie, hypovol&eacute;mie) ou de vasoconstriction art&eacute;rielle. Dans une &eacute;tude r&eacute;cente portant sur une s&eacute;rie de 64 patients avec thrombose m&eacute;sent&eacute;rique (+/- portale), nous avons compar&eacute; les formes r&eacute;s&eacute;qu&eacute;es aux formes non r&eacute;s&eacute;qu&eacute;es et avons montr&eacute; que l&rsquo;existence d&rsquo;un diab&egrave;te, d&rsquo;un syndrome m&eacute;tabolique ou d&rsquo;une souffrance intestinale (rectorragies, ascite, insuffisance r&eacute;nale, &eacute;tat de choc) &eacute;taient des facteurs de risque de r&eacute;section intestinale (22). Une cause locale est identifi&eacute;e dans environ 30% des cas, et une cause g&eacute;n&eacute;rale dans 70% des cas et doivent toujours &ecirc;tre recherch&eacute;es. Les causes locales sont&nbsp;: cancer, inflammation locor&eacute;gionale (pancr&eacute;atite, angiocholite, sigmo&iuml;dite, chol&eacute;cystite, MICI, CMV, chirurgie),&nbsp; cirrhose. Les causes g&eacute;n&eacute;rales sont l&rsquo;h&eacute;moglobinurie paroxystique nocturne, les syndromes my&eacute;loproliferatifs,&nbsp; le syndrome des anti-phospholipides,&nbsp; la maladie de Beh&ccedil;et, la maladie c&oelig;liaque et les thrombophilies h&eacute;r&eacute;ditaires (7).</p>
<ul>
<li>Les interactions pharmacologiques de patients souffrant de multipathologies n&eacute;cessitant de nombreux m&eacute;dicaments qui sont des cofacteurs de vasoconstriction m&eacute;sent&eacute;rique.</li>
<li>Les digitaliques, les alcalo&iuml;des, les d&eacute;riv&eacute;s de l&rsquo;ergot de seigle et la coca&iuml;ne et ses d&eacute;riv&eacute;s constituent un risque additionnel de d&eacute;velopper un SHI, et doivent &ecirc;tre recherch&eacute;s en particulier chez les sujets jeunes (coca&iuml;ne) (19).</li>
<li>L&rsquo;association de traitements cardiaques et de furos&eacute;mide chez les insuffisants cardiaques entra&icirc;ne une diminution de la perfusion m&eacute;sent&eacute;rique par hyperaldost&eacute;ronisme (secondaire &agrave; l&rsquo;hypovol&eacute;mie).</li>
<li>Une pathologie cardiaque, avec bas d&eacute;bit conduisant &agrave; une vasoconstriction art&eacute;rielle m&eacute;sent&eacute;rique, elle m&ecirc;me secondaire &agrave; une activation sympathique (20).</li>
<p>	Les autres causes de vasoconstriction m&eacute;sent&eacute;rique sont les &eacute;tats de choc quels qu&rsquo;ils soient, la d&eacute;shydratation, la dialyse, la chirurgie cardiaque ou abdominale majeure, les doses importantes de vasoconstricteurs sans prise en compte de l&rsquo;h&eacute;modynamique splanchno-m&eacute;sent&eacute;rique (11,21).</ul>
<h1>Diagnostic positif de l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigue</h1>
<h2>IMA occlusive.</h2>
<p>&nbsp;Le diagnostic repose sur l&rsquo;association des quatre signes suivants&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Douleur abdominale aigue</li>
<li>Signes de souffrance digestive aigue (syndrome inflammatoire+imagerie)</li>
<li>Occlusion d&rsquo;au moins l&rsquo;un des principaux vaisseaux digestifs</li>
<li>Terrain &agrave; risque ou syndrome d&rsquo;hypoperfusion intestinale.</li>
</ul>
<h2>IMA non occlusive</h2>
<p>Le diagnostic repose l&rsquo;association des 3 signes suivants&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Syndrome abdominal aigu</li>
<li>Souffrance digestive aigue (syndrome inflammatoire+imagerie)</li>
<li>Syndrome d&rsquo;hypoperfusion intestinale</li>
</ul>
<h2>Place des lactates</h2>
<p>Le dosage des lactates n&rsquo;a pas sa place dans le diagnostic positif de l&rsquo;IMA. Un taux normal de Lactates n&rsquo;&eacute;limine en rien le diagnostic qui doit &ecirc;tre port&eacute; sur les crit&egrave;res pr&eacute;c&eacute;demment d&eacute;crits. <strong>Le </strong>&nbsp;taux ne s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve qu&rsquo;en cas d&rsquo;isch&eacute;mie tardive, il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un marqueur de gravit&eacute;(23).</p>
<h1>Manifestations cliniques de l&#39;IMA&nbsp;</h1>
<p>La douleur abdominale et le terrain &agrave; risque sont constamment retrouv&eacute;s.</p>
<h2>La douleur abdominale&nbsp;:</h2>
<p>C&rsquo;est le premier sympt&ocirc;me de l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique. Un &acirc;ge &lt;50 ans n&rsquo;exclut pas le diagnostic. Les femmes sont plus fr&eacute;quemment touch&eacute;es que les hommes. La douleur abdominale peut &ecirc;tre aigue et inaugurale ou succ&eacute;der &agrave; une p&eacute;riode plus ou moins longue d&rsquo;angor m&eacute;sent&eacute;rique (douleurs postprandiales, peur alimentaire, perte de poids). Le d&eacute;but de la douleur aigu&euml; doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le signal du compte &agrave; rebours conduisant, sans traitement, &agrave; la n&eacute;crose intestinale &eacute;tendue et au d&eacute;c&egrave;s. Elle diffuse rapidement &agrave; l&rsquo;ensemble de l&rsquo;abdomen, d&rsquo;intensit&eacute; croissante, rapidement tr&egrave;s intense, sans r&eacute;pit. A ce stade il existe une dissociation entre son intensit&eacute; et la pauvret&eacute; de l&rsquo;examen abdominale. Il peut exister une distension intestinale progressive et des vomissements. Tardivement, la douleur s&rsquo;associe &agrave; une fi&egrave;vre, une d&eacute;fense, puis une contracture abdominale dans un contexte de Systemic Inflammatory Response Syndrome (SIRS) ou d&rsquo;&eacute;tat de choc (10,21).</p>
<h2>Le terrain &agrave; risque est souvent m&eacute;connu</h2>
<ul>
<li><strong>Facteurs de risques</strong> de thrombose, d&rsquo;ath&eacute;rome ou de cardiopathie
<ul>
<li>Cardiopathie isch&eacute;mique, embolig&egrave;ne, arythmog&egrave;ne</li>
<li>Tabac, HTA, diab&egrave;te, dyslipid&eacute;mie, ath&eacute;roscl&eacute;rose</li>
<li>Surpoids, ant&eacute;c&eacute;dents thromboemboliques (fausses couches, phl&eacute;bites..), contraception oestroprogestative, thrombophilie</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Traitement</strong> vasoconstricteur ou consommation de coca&iuml;ne</li>
</ul>
<h2>Formes pr&eacute;coces et formes tardives d&rsquo;IMA</h2>
<p>Deux formes cliniques, pr&eacute;coces et tardives, ont &eacute;t&eacute; d&eacute;crites, corr&eacute;l&eacute;es au pronostic de l&rsquo;IMA (r&eacute;section, longueur de la r&eacute;section, dur&eacute;e de s&eacute;jour en r&eacute;animation) (tableau 2) (16)</p>
<ul>
<li><strong>IMA pr&eacute;coce&nbsp;:</strong> A ce stade, pour le r&eacute;animateur ou le chirurgien, &laquo;&nbsp;le malade va bien&nbsp;&raquo;&nbsp;: il a une douleur abdominale &eacute;volutive, mais pas encore de fi&egrave;vre, de d&eacute;faillance h&eacute;modynamique, respiratoire, r&eacute;nale, h&eacute;matologique ou digestive. Il existe une dissociation entre l&rsquo;intensit&eacute; de la douleur qui doit faire &eacute;voquer une urgence abdominale, et une palpation abdominale subnormale avec conditions h&eacute;modynamiques conserv&eacute;es, qui ne doivent pas rassurer le gastroent&eacute;rologue. Biologiquement il existe un syndrome inflammatoire (hyperleucocytose, CRP) et les lactates sont encore normaux. Devant un tel tableau le patient est trop souvent renvoy&eacute; &agrave; son domicile ou couch&eacute; dans les &eacute;tages, le temps que surviennent les complications. La normalit&eacute; des lactates n&rsquo;exclut pas le diagnostic et doit au contraire conduire &agrave; un traitement urgent (23). Les signes fr&eacute;quemment associ&eacute;s sont les vomissements, une distension abdominale avec intol&eacute;rance digestive ou une h&eacute;morragie digestive, qui t&eacute;moigne d&rsquo;ulc&eacute;rations muqueuses.</li>
<li><strong>IMA tardive&nbsp;:</strong> Apr&egrave;s plusieurs heures d&rsquo;&eacute;volution la douleur s&rsquo;associe &agrave; des sympt&ocirc;mes qui t&eacute;moignent de la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de l&rsquo;atteinte isch&eacute;mique (21). C&rsquo;est &agrave; ce stade que l&rsquo;&eacute;volution devient dramatique et que le risque de mortalit&eacute; est le plus grand. Ceux qui survivent ont le plus souvent un syndrome de gr&ecirc;le ultra-court n&eacute;cessitant une prise en charge sp&eacute;cialis&eacute;e et une nutrition parent&eacute;rale de longue dur&eacute;e (24,25). C&rsquo;est &agrave; ce stade que les lactates seront &eacute;lev&eacute;es, t&eacute;moignant d&rsquo;une isch&eacute;mie/n&eacute;crose transmurale.</li>
</ul>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<p>Tableau 2: Signes cliniques et biologiques des IMA (d&rsquo;apr&egrave;s <strong>(16)</strong>)</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<div>
					<strong>Signes communs &agrave; l&#39;IMA</strong></div>
<ul>
<li>Douleur abdominale aigue</li>
<li>FDR thrombo-emboliques ou art&eacute;riels</li>
<li>Hyperleucocytose/CRP &eacute;lev&eacute;e</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<div>
<p align="center"><strong>IMA pr&eacute;coce</strong></p>
</p></div>
<ul>
<li>Clinique&nbsp;:
<ul>
<li>Pas de suspicion de complication (sepsis, p&eacute;ritonite, d&eacute;faillance d&rsquo;organes)</li>
</ul>
</li>
<li><strong>Lactates normaux</strong></li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<div>
<p align="center"><strong>IMA Tardive</strong></p>
</p></div>
<ul>
<li>Clinique&nbsp;:
<ul>
<li>Sepsis s&eacute;v&egrave;re</li>
<li>Vomissements et il&eacute;us</li>
<li>D&eacute;fense localis&eacute;e puis g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e</li>
<li>Syndrome h&eacute;morragique</li>
<li>D&eacute;faillances d&rsquo;organes</li>
<li>D&eacute;nutrition s&eacute;v&egrave;re</li>
</ul>
</li>
<li>Biologie
<ul>
<li><strong>Lactates &eacute;lev&eacute;s</strong></li>
<li>Hypoxie, Acidose, insuffisance r&eacute;nale, Thrombop&eacute;nie</li>
</ul>
</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<h2>Particularit&eacute;s selon le m&eacute;canisme de l&rsquo;isch&eacute;mie</h2>
<p class="legende">A c&ocirc;t&eacute; des signes cliniques communs aux IMA, les diff&eacute;rents m&eacute;canismes &agrave; l&rsquo;origine de l&rsquo;isch&eacute;mie apportent des caract&egrave;res sp&eacute;cifiques (tableau 3)(10)&nbsp;:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tableau 3: Signes cliniques selon le m&eacute;canisme de l&#39;IMA</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<td width="195">
				Thrombose</td>
<td width="158">
<p align="left">Embolie</p>
</td>
<td width="235">
<p align="left">IMA non-occlusive</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top" width="195">
<ul>
<li>Atcd de maladie art&eacute;rielle ath&eacute;romateuse</li>
<li>Angor m&eacute;sent&eacute;rique pr&eacute;c&eacute;dent l&rsquo;IMA (50%)</li>
<li>D&eacute;nutrition</li>
<li>Souffle</li>
<li>Abolition des pouls</li>
</ul>
</td>
<td valign="top" width="158">
<ul>
<li>Survenue brutale</li>
<li>ACFA (75%)</li>
<li>Autre accident embolique contemporain (20%)</li>
<li>ATCD emboliques (30%)</li>
</ul>
</td>
<td width="235">
<ul>
<li>Clinique&nbsp;: distension abdominale, intol&eacute;rance &agrave; la nutrition ent&eacute;rale, d&eacute;fense, hypotension, fi&egrave;vre, h&eacute;morragies digestives, vomissements, diarrh&eacute;e</li>
<li>Contexte&nbsp;: Bas-d&eacute;bit, &eacute;tats de chocs, traitements hypovol&eacute;miants, vasoconstricteurs, Coca&iuml;ne</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<h1>Examens compl&eacute;mentaires</h1>
<h2>L&rsquo;angioscanner multibarrettes avec acquisitions art&eacute;rielles, veineuses et portales</h2>
<p>Son r&ocirc;le est majeur car il permet le diagnostic positif, &eacute;tiologique et de gravit&eacute; de l&#39;IMA, et permet de d&eacute;finir la prise en charge.<strong> </strong>Techniquement le scanner h&eacute;lico&iuml;dal est pratiqu&eacute; sur un mode spiral&eacute; ou multi-spiral&eacute; avec h&eacute;lice, possibilit&eacute; de coupes fines et injection vasculaire d&rsquo;agent de contraste iod&eacute;s (2-4 ml/s) avec mesure du temps de circulation avant rehaussement art&eacute;riel optimal (26,27). Il est rapide et non invasif et permet d&rsquo;objectiver l&rsquo;occlusion d&rsquo;un ou plusieurs troncs vasculaires et de ses branches. Sa performance diagnostique pour l&rsquo;&eacute;tude de l&rsquo;aorte, des troncs coelio-m&eacute;sent&eacute;riques, et de leurs premi&egrave;res branches de division est excellente. Il permet de d&eacute;tecter les occlusions, compl&egrave;tes ou incompl&egrave;tes, de l&rsquo;AMS et de la veine m&eacute;sent&eacute;rique sup&eacute;rieure avec une sensibilit&eacute; autour de 90%, mais il a une faible sensibilit&eacute; (50%) pour l&rsquo;isch&eacute;mie non occlusive qui ne se manifeste qu&rsquo;&agrave; travers des signes indirects (indication &agrave; une art&eacute;riographie). Il oriente vers le m&eacute;canisme de l&rsquo;IMA (ath&eacute;rome, multiples emboles), pr&eacute;cise son stade (pr&eacute;coce ou tardif), &eacute;limine d&rsquo;autres urgences abdominales et participe au suivi apr&egrave;s traitement. Il permet de rechercher une isch&eacute;mie associ&eacute;e de l&rsquo;estomac, des voies biliaires, de la rate, des reins ou des surr&eacute;nales (28,29). Les signes tomodensitom&eacute;triques intestinaux communs aux IMA et sp&eacute;cifiques aux formes pr&eacute;coces et tardives sont r&eacute;sum&eacute;s tableaux 4 et 5. Le scanner ne permet pas la visualisation des petites branches art&eacute;rielles intra-murales et de la perfusion muqueuse.</p>
<p class="legende">Tableau 4: Signes tomodensitom&eacute;triques de l&#39;IMA</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top">
<div>
<p align="center"><strong>Signes communs &agrave; l&#39;IMA</strong></p>
</p></div>
<ul>
<li>Epaississement de la paroi digestive</li>
<li>&OElig;d&egrave;me sous-muqueux</li>
<li>Rehaussement h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de la muqueuse, hyperh&eacute;mie</li>
<li>Absence de rehaussement de la paroi digestive</li>
<li>H&eacute;morragie intra-murale</li>
<li>Liquide intra-abdominal</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<div>
<p align="center"><strong>IMA pr&eacute;coce</strong></p>
</p></div>
<ul>
<li>Absence de complication</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
</td>
<td valign="top">
<div>
<p align="center"><strong>IMA Tardive</strong></p>
</p></div>
<p>Pr&eacute;sence de complications&nbsp;</p>
<ul>
<li>Perforation (pneumop&eacute;ritoine, &eacute;panchements)</li>
<li>Aspect de p&eacute;ritonite (prise de contraste p&eacute;riton&eacute;ale, &eacute;panchements et collections)</li>
<li>N&eacute;crose intestinale&nbsp;: absence de prise de contraste sur un intestin aminci, fantomatique, avec pneumatose intestinale&nbsp; et aerom&eacute;sent&eacute;rie/a&eacute;roportie</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 5: Aspects morphologiques selon le m&eacute;canisme de l&#39;IMA</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>
				Thrombose (29)</td>
<td>
<p align="center">Embolie (30)</p>
</td>
<td>
<p align="center">IMA non-occlusive (31)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td valign="top">
<ul>
<li>Ath&eacute;rome</li>
<li>St&eacute;nose ath&eacute;romateuse</li>
<li>Thrombose compl&egrave;te ou incompl&egrave;te</li>
<li>Pr&eacute;sence de collat&eacute;ralit&eacute;</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Thrombi suspendus occlusifs</li>
<li>AMS et branches distales++</li>
<li>Autres territoires touch&eacute;s (rate, foie, membres inf&eacute;rieurs, reins, cerveau)</li>
<li>Absence de collat&eacute;ralit&eacute;</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Pas d&rsquo;occlusion art&eacute;rielle</li>
<li>Signes non sp&eacute;cifiques de souffrance digestive</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h2><strong>L&rsquo;art&eacute;riographie aorto-coelio-m&eacute;sent&eacute;rique </strong></h2>
<ul>
<li><strong>Si une pathologie occlusive est identifi&eacute;e</strong> sur le TDM, l&rsquo;art&eacute;riographie doit &ecirc;tre syst&eacute;matiquement envisag&eacute;e pour une revascularisation r&eacute;alis&eacute;e sous traitement m&eacute;dical.</li>
<li><strong>En cas de suspicion d&rsquo;isch&eacute;mie non occlusive</strong>,<strong>&nbsp;</strong>l&rsquo;art&eacute;riographie permet un diagnostic pr&eacute;coce, seul &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;am&eacute;liorer la survie, le scanner ne montrant que&nbsp; des signes non sp&eacute;cifiques de souffrance intestinale, d&rsquo;interpr&eacute;tation difficile chez des patients de r&eacute;animation (ascite, &eacute;panchements). Siegelmann et al. ont d&eacute;crit quatre crit&egrave;res art&eacute;riographiques pour le diagnostic de vasospasme m&eacute;sent&eacute;rique (32):
<ul>
<li>R&eacute;tr&eacute;cissement &agrave; l&rsquo;origine des branches de l&rsquo;AMS</li>
<li>Alternance de dilatations et de r&eacute;tr&eacute;cissements des branches intestinales, en &laquo;chapelet de saucisses&raquo;</li>
<li>Spasme des arcades m&eacute;sent&eacute;riques</li>
<li>Remplissage incomplet des vaisseaux intra-muraux (conduisant &agrave; un retard au remplissage veineux)</li>
</ul>
</li>
<li>Les constatations de l&#39;examen peuvent ne concerner qu&rsquo;une partie du r&eacute;seau vasculaire ou &ecirc;tre &eacute;tendues &agrave; l&rsquo;ensemble des branches m&eacute;sent&eacute;riques. M&ecirc;me si un seul des signes peut suffire au diagnostic d&rsquo;isch&eacute;mie non-occlusive, ils ne sont pas totalement sp&eacute;cifiques: le r&eacute;tr&eacute;cissement ou l&rsquo;alternance dilatations &#8211; r&eacute;tr&eacute;cissements peut se voir dans l&rsquo;ath&eacute;roscl&eacute;rose;&nbsp; le retard au retour veineux m&eacute;sent&eacute;rique doit faire rechercher une thrombose veineuse m&eacute;sent&eacute;rique. Dans ces cas incertains, l&rsquo;efficacit&eacute; d&rsquo;un traitement vasodilatateur dans l&rsquo;AMS confirmera le diagnostic.</li>
</ul>
<h2><strong>&nbsp;Autres</strong></h2>
<h3>Recherche de facteurs de thrombose</h3>
<p>Les facteurs de thrombose, y compris en cas d&rsquo;IMA art&eacute;rielle, doivent &ecirc;tre syst&eacute;matiquement recherch&eacute;s (cancers, d&eacute;ficits en prot&eacute;ine C, prot&eacute;ine S, mutation du facteurs II, du facteurs V (Leiden), d&eacute;ficit en antithrombine 3, r&eacute;sistance Prot&eacute;ine C activ&eacute;e, homocyst&eacute;ine, syndrome des anti-phospholipides, anticoagulant circulant, H&eacute;moglobinurie Paroxystique Nocture,&nbsp; cryoglobulin&eacute;mie, mutation JAK2).</p>
<h3>Place de l&#39;&rsquo;endoscopie digestive</h3>
<p>Elle n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire au diagnostic d&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique et normale, elle n&rsquo;&eacute;limine en rien le diagnostic. <br />
	<strong>L&rsquo;endoscopie digestive haute</strong> est souvent normale mais peut d&eacute;tecter des l&eacute;sions en cas de st&eacute;nose du tronc coeliaque&nbsp;:</p>
<ul></ul>
<ul>
<li><u>Gastropathie h&eacute;morragique&nbsp;</u>: multiples &eacute;rosions sur une muqueuse &laquo;&nbsp;pleurant le sang&nbsp;&raquo;. Cette situation se voit volontiers chez les patients de r&eacute;animation, en acidose, au d&eacute;cours d&rsquo;une dialyse, sous amines vasopressives.</li>
<li><u>Ulc&egrave;res isch&eacute;miques oeso-gastro-duod&eacute;naux</u>, &eacute;voqu&eacute;s en cas de n&eacute;gativit&eacute; des recherches d&rsquo;Helicobacter Pylori ou de r&eacute;sistance au traitement par IPP.</li>
<li><u>Aspect n&eacute;crotique et gris&acirc;tre d&rsquo;ulc&eacute;rations</u> plus ou moins &eacute;tendues, t&eacute;moignant d&rsquo;une isch&eacute;mie s&eacute;v&egrave;re de la muqueuse et de la sous-muqueuse. Cet aspect n&rsquo;est pas en soi une indication op&eacute;ratoire.</li>
</ul>
<p><strong><u>L&rsquo;il&eacute;ocoloscopie</u></strong><strong>.</strong> Deux situations doivent &ecirc;tre distingu&eacute;es&nbsp;:</p>
<ul></ul>
<ul>
<li><u>Le diagnostic d&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique est connu</u>. Dans cette situation (en dehors de la colite isch&eacute;mique), <strong>l&rsquo;endoscopie digestive</strong> n&rsquo;a pas sa place actuellement.</li>
<li><u>Le diagnostic d&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique n&rsquo;est pas connu</u> et l&rsquo;il&eacute;ocoloscopie est r&eacute;alis&eacute;e &agrave; vis&eacute;e diagnostique. L&rsquo;isch&eacute;mie intestinale peut donner un aspect tr&egrave;s &eacute;vocateur (ulc&eacute;rations creusantes &agrave; l&#39;emporte pi&egrave;ce avec limites l&eacute;sionnelles nettes) bien que non sp&eacute;cifique avec des l&eacute;sions dans le territoire des vaisseaux m&eacute;sent&eacute;riques atteints. Dans cette situation, il faut savoir compl&eacute;ter l&rsquo;il&eacute;ocoloscopie d&rsquo;un angioscanner abdominal pour confirmer le diagnostic.</li>
</ul>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<h1>Strat&eacute;gie th&eacute;rapeutique</h1>
<p>L&#39;adage classique &agrave; propos&nbsp; de l&rsquo;infarctus m&eacute;sent&eacute;rique&nbsp; &laquo; le diagnostic est impossible, le pronostic sans espoir et le traitement inutile&raquo; n&#39;est plus de mise. La survie tr&egrave;s prolong&eacute;e des patients ayant un syndrome de gr&ecirc;le court apr&egrave;s isch&eacute;mie intestinale et la proportion importante de ces patients in fine sevr&eacute;s de nutrition parent&eacute;rale le d&eacute;montre (24,25).<br />
	L&rsquo;IMA peut et doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une pathologie digestive r&eacute;versible gr&acirc;ce &agrave; un traitement ciblant la viabilit&eacute; intestinale.</p>
<p><strong>La prise en charge actuelle de l&rsquo;IMA, qu&rsquo;elle soit veineuse ou art&eacute;rielle, associe trois approches</strong>(16):</p>
<ul>
<li>La pr&eacute;vention d&rsquo;une d&eacute;faillance multi-visc&eacute;rale par un traitement m&eacute;dical sp&eacute;cifique</li>
<li>La pr&eacute;servation de l&rsquo;intestin isch&eacute;mique non-n&eacute;crotique par une revascularisation</li>
<li>La r&eacute;section des segments isch&eacute;miques n&eacute;crotiques</li>
</ul>
<p><strong>L&rsquo;efficacit&eacute; du traitement sera jug&eacute;e sur la disparition de la douleur abdominale</strong> qui traduit la r&eacute;gression de l&rsquo;isch&eacute;mie. De m&ecirc;me, la persistance de la douleur t&eacute;moigne de la persistance de l&rsquo;isch&eacute;mie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Cette prise en charge est r&eacute;capitul&eacute;e dans l&#39;algorithme ci dessous (figure 3)<strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;">
	<strong><img alt="La prise en charge actuelle de l’IMA, qu’elle soit veineuse ou artérielle, associe trois approches" height="231" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corcos003.jpg" width="613" /></strong><strong> </strong></p>
<h2>Traitement m&eacute;dical</h2>
<p>D&egrave;s le diagnostic suspect&eacute; d&rsquo;IMA et tout au long de la prise en charge, les patients doivent recevoir un traitement m&eacute;dical r&eacute;capitul&eacute; dans le tableau <strong>6</strong>. Le m&eacute;canisme de l&#39;IMA conditionne les techniques de revascularisation (tableau 7).</p>
<p class="legende">
	Tableau 6: Principes et modalit&eacute;s d&#39;administration du traitement m&eacute;dical de l&#39;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigu&euml;</p>
<table border="1" cellpadding="2" cellspacing="0" style="width: 100%;">
<tbody>
<tr>
<td rowspan="6" width="225">
				<strong>Protocole m&eacute;dical commun</strong></td>
<td width="399">
<p>Remplissage vasculaire, m&ecirc;me lorsque l&rsquo;h&eacute;modynamique para&icirc;t conserv&eacute;e</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>H&eacute;parinoth&eacute;rapie par h&eacute;parine non fractionn&eacute;e (HNF) avec activit&eacute; anti-Xa , maintenue entre 0,5- 0,8 dans la mesure du possible m&ecirc;me en cas d&rsquo;h&eacute;morragie digestive</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>D&eacute;contamination digestive orale&nbsp;:<br />
					gentamycine orale 80mg/j<br />
					M&eacute;tronidazole oral 1,5g/j</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>IPP IV (Esom&eacute;prazole 80 mg/j)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>Oxyg&eacute;noth&eacute;rapie 4l/min en l&rsquo;absence d&rsquo;hypoxie et adapt&eacute;e en cas d&rsquo;hypoxie</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>Repos digestif complet</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td rowspan="5" width="225">
<p>Protocole m&eacute;dical additionnel</p>
</td>
<td width="399">
<p>Aspirine IV 100 mg/j si revascularisation envisag&eacute;e et/ou occlusion de la paroi art&eacute;rielle (compression, thrombose, ath&eacute;rome)</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>Piperacilline-tazobactam&nbsp; IV 4&#215;3 grammes/j si SIRS (systemic inflammatory response syndrome)&nbsp; ou d&eacute;faillance d&rsquo;organe</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>Aspiration digestive si il&eacute;us</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>Transfusion sanguine si Hb&lt;9g/dL</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="399">
<p>HBPM curative plut&ocirc;t qu&#39;HNF en cas d&rsquo;isch&eacute;mie veineuse</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Revascularisation radiologique</h2>
<p>Elle doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e en premi&egrave;re intention chaque fois qu&rsquo;elle est techniquement possible notamment en cas d&rsquo;isch&eacute;mie pr&eacute;coce. Elle est r&eacute;alis&eacute;e lors d&rsquo;une art&eacute;riographie, par abord hum&eacute;ral plut&ocirc;t que f&eacute;moral, chez un patient sous h&eacute;parine non fractionn&eacute;e (HNF) IV SE, aspirine et IPP. Elle n&eacute;cessite deux op&eacute;rateurs. Les diff&eacute;rentes techniques sont r&eacute;sum&eacute;es dans le tableau 7. Il existe un risque non n&eacute;gligeable de thrombose per-proc&eacute;dure et la possibilit&eacute; d&#39;une revascularisation chirurgicale imm&eacute;diatement apr&egrave;s le geste radiologique doit toujours &ecirc;tre anticip&eacute;e. La persistance de la douleur apr&egrave;s geste de revascularisation t&eacute;moigne de son &eacute;chec.</p>
<h2>Prise en charge chirurgicale</h2>
<p>Le principal risque de l&rsquo;IMA est la n&eacute;crose intestinale. La prise en charge chirurgicale devra concerner &agrave; la fois les vaisseaux et l&rsquo;intestin&nbsp;et &ecirc;tre assur&eacute;e par un chirurgien digestif et un chirurgien vasculaire. En cas de suspicion clinique ou tomodensitom&eacute;trique de complication (perforation, p&eacute;ritonite, n&eacute;crose), une laparotomie doit &ecirc;tre pratiqu&eacute;e en urgence. Une large incision m&eacute;diane est le plus souvent n&eacute;cessaire pour un lavage, une exploration minutieuse de la totalit&eacute; de l&rsquo;intestin et pour une &eacute;ventuelle revascularisation. Les territoires n&eacute;crotiques seront alors r&eacute;s&eacute;qu&eacute;s de fa&ccedil;on appropri&eacute;e. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h3>Revascularisation chirurgicale</h3>
<p>Chaque fois que possible, le temps vasculaire doit pr&eacute;c&eacute;der le temps intestinal, de fa&ccedil;on &agrave; pr&eacute;server un maximum de longueur de gr&ecirc;le. La technique chirurgicale de revascularisation sera guid&eacute;e par le m&eacute;canisme de l&rsquo;isch&eacute;mie, &eacute;tabli au mieux en pr&eacute;op&eacute;ratoire sur les caract&eacute;ristiques cliniques et les donn&eacute;es d&rsquo;imagerie. Les principales techniques sont&nbsp; r&eacute;sum&eacute;es tableau 7. <strong> </strong></p>
<h3>R&eacute;section intestinale</h3>
<p>Quatre situations doivent &ecirc;tre distingu&eacute;es(33):</p>
<ul>
<li><u>Dans les formes graves n&eacute;cessitant une r&eacute;section intestinale &eacute;tendue</u>, il ne faut pas h&eacute;siter &agrave; entreprendre une strat&eacute;gie agressive de r&eacute;section et de r&eacute;animation &agrave; condition qu&#39;il soit envisageable pour le&nbsp; patient de pouvoir&nbsp; retourner &agrave; son domicile avec une nutrition parent&eacute;rale,. En effet, la survie &agrave; 5 ans des patients apr&egrave;s r&eacute;section intestinale &eacute;tendue est sup&eacute;rieure &agrave; 60%&nbsp; et la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux sera sevr&eacute;e de la NP (25).</li>
<li><u>En cas de p&eacute;ritonite</u> avec perforation intestinale, les segments paraissant viables laiss&eacute;s en place sont mis en stomie, en canon de fusil de fa&ccedil;on &agrave; surveiller les stomies, reflets de l&#39;&eacute;tat du gr&ecirc;le. Toute anastomose est contre-indiqu&eacute;e dans ce contexte. La mise en stomie dans le m&ecirc;me orifice permettra ult&eacute;rieurement un r&eacute;tablissement de continuit&eacute; par voie &eacute;lective. Si un second look est pr&eacute;vu ou en cas de chirurgie de sauvetage, les extr&eacute;mit&eacute;s intestinales ne sont pas toujours mises en stomie mais agraf&eacute;es et laiss&eacute;es dans le ventre.</li>
<li><u>En l&rsquo;absence de p&eacute;ritonite ou de perforation intestinale</u>, une tentative de remise en continuit&eacute; imm&eacute;diatement apr&egrave;s r&eacute;section peut &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute;e, &agrave; condition d&rsquo;&ecirc;tre certain de la qualit&eacute; de la vascularisation des segments intestinaux. Ce choix toujours risqu&eacute; doit donner lieu &agrave; une reprise chirurgicale au moindre doute ou &agrave; un deuxi&egrave;me look syst&eacute;matique &agrave; 48h. Le r&eacute;tablissement de continuit&eacute; dans le m&ecirc;me temps peut &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute; lorsque la prise en charge du syndrome de gr&ecirc;le court, avec stomie &agrave; haut d&eacute;bit, souvent chez un patient &acirc;g&eacute;, sera source pr&eacute;visible d&rsquo;un risque post-op&eacute;ratoire important.</li>
<li><u>Lorsque des territoires sont isch&eacute;mique mais non n&eacute;crotiques</u> et qu&rsquo;une revascularisation chirurgicale est possible, les territoires isch&eacute;miques seront conserv&eacute;s et contr&ocirc;l&eacute;s soit en cas d&rsquo;&eacute;volution clinique d&eacute;favorable, soit lors d&#39;une intervention de second look d&rsquo;embl&eacute;e d&eacute;cid&eacute;e.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p class="legende">Tableau 7: Modalit&eacute;s de la revascularisation selon le m&eacute;canisme de l&#39;IMA</p>
<table border="1" cellpadding="0" cellspacing="2" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td>
<p align="center">&nbsp;</p>
</td>
<td>
<p align="center">Thrombose</p>
</td>
<td>
<p align="center">Embolie</p>
</td>
<td>
<p align="center">IMA non-occlusive</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="left">Traitement radiologique</p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Thrombolyse</li>
<li>Angioplastie</li>
<li>Thrombo-aspiration</li>
<li>D&eacute;sobstruction m&eacute;canique</li>
<li>Stent</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Thrombolyse</li>
<li>Thrombo-aspiration</li>
<li>D&eacute;sobstruction m&eacute;canique</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>Vasodilatateur intra-art&eacute;riel</li>
</ul>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p align="left">Traitement chirurgical</p>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>D&eacute;sobstruction m&eacute;canique</li>
<li>R&eacute;implantation art&eacute;rielle</li>
<li>Endarteriectomie</li>
<li>Pontage</li>
<li>Patching</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>D&eacute;sobstruction m&eacute;canique</li>
<li>Pontage</li>
</ul>
</td>
<td valign="top">
<ul>
<li>A &eacute;viter</li>
<li>Uniquement en cas d&rsquo;&eacute;chec des autres traitements</li>
<li>But&nbsp;: diagnostic/r&eacute;section</li>
</ul>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<h2><strong>Organisation de la prise en charge</strong></h2>
<p>La prise en charge multidisciplinaire de l&rsquo;IMA requiert la disponibilit&eacute; des diff&eacute;rentes sp&eacute;cialit&eacute;s impliqu&eacute;es&nbsp;: r&eacute;animation, chirurgie digestive et vasculaire, radiologie interventionnelle et gastroent&eacute;rologie. <br />
	<strong>Le point fondamental de la prise en charge consiste paradoxalement &agrave; proposer une strat&eacute;gie d&rsquo;autant plus agressive que le patient va bien</strong> et n&rsquo;a pas (encore) de d&eacute;faillances (isch&eacute;mie pr&eacute;coce), l&rsquo;enjeu majeur &eacute;tant de prot&eacute;ger le gr&ecirc;le et d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;aggravation. Une revascularisation radiologique et/ou chirurgicale doit &ecirc;tre propos&eacute;e sans d&eacute;lai. Dans notre exp&eacute;rience, ces deux facteurs (revascularisation, isch&eacute;mie pr&eacute;coce) ont permis d&rsquo;&eacute;viter la chirurgie dans 60% des cas, et de diminuer significativement la longueur de la r&eacute;section intestinale et la dur&eacute;e de s&eacute;jour en r&eacute;animation(16).</p>
<p style="text-align: center;">La prise en charge multimodale comprend, en cas d&#39;IMA occlusive, 3 &eacute;tapes successives (Figure). <br />
	<img alt="Organisation de la prise en charge" height="402" src="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/image/texte_postu_2013/corcos004.jpg" width="536" /><br clear="all" /><br />
	<strong> </strong></p>
<p><strong>En cas d&#39;Isch&eacute;mie non-occlusive, </strong>&nbsp;le traitement ne doit pas &ecirc;tre chirurgical de premi&egrave;re intention. La chirurgie ne doit &ecirc;tre propos&eacute;e qu&rsquo;en cas d&rsquo;incertitude diagnostique, ou apr&egrave;s &eacute;chec des traitements ou d&rsquo;aggravation du patient (d&eacute;faillance multivisc&eacute;rale). La priorit&eacute; est au r&eacute;tablissement d&rsquo;un d&eacute;bit de perfusion splanchno-m&eacute;sent&eacute;rique, selon le sch&eacute;ma suivant&nbsp;:</p>
<ul>
<li>Protocole m&eacute;dical commun</li>
<li>Diminution des amines vasopressives (noradr&eacute;naline)</li>
<li>Traitement &eacute;tiologique de l&rsquo;hypoperfusion (hypovol&eacute;mie, sepsis, dysfonction cardiaque, h&eacute;morragie)</li>
<li>Traitement d&rsquo;une acidose associ&eacute;e (dialyse)</li>
<li>Optimisation de l&rsquo;h&eacute;matose</li>
<li><em>Vasodilatation intra-art&eacute;rielle m&eacute;sent&eacute;rique</em>. Outre sa valeur diagnostique, l&rsquo;art&eacute;riographie permet une prise en charge th&eacute;rapeutique. Si les conditions clinico-biologiques ne s&rsquo;am&eacute;liorent pas malgr&eacute; les traitements, <strong>une vasodilatation radiologique s&eacute;lective de l&rsquo;AMS est recommand&eacute;e</strong> et doit &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e avant que l&rsquo;isch&eacute;mie ne soit irr&eacute;versible (34). L&#39;extr&eacute;mit&eacute; du cath&eacute;ter intra-art&eacute;riel doit &ecirc;tre laiss&eacute;e en position stable dans l&rsquo;AMS pour un traitement vasodilatateur continu poursuivi jusqu&rsquo;&agrave; la lev&eacute;e du vasospasme ou &agrave; 72h. Plusieurs &eacute;tudes utilisant la Papav&eacute;rine dans l&rsquo;isch&eacute;mie non-occlusive ont rapport&eacute; des taux de mortalit&eacute; d&rsquo;environ 40% (35). Le contr&ocirc;le angiographique est r&eacute;alis&eacute; apr&egrave;s le bolus puis, en l&rsquo;absence d&rsquo;am&eacute;lioration, &agrave; 24h.</li>
</ul>
<h2>Maintien et restauration des fonctions digestives et nutritionnelles</h2>
<p>Pendant la phase aigue d&rsquo;une insuffisance intestinale d&rsquo;origine vasculaire, la paroi intestinale doit &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;e afin de r&eacute;cup&eacute;rer une fonction normale. Le protocole m&eacute;dical doit &ecirc;tre poursuivi, en &eacute;vitant les situations de vasoconstriction m&eacute;sent&eacute;rique (sepsis, hypovol&eacute;mie, diur&eacute;tiques) et la cause de l&rsquo;IMA doit &ecirc;tre trait&eacute;e. Apr&egrave;s traitement, la douleur doit disparaitre avant la&nbsp; r&eacute;alimentation orale. <br />
	<u>En l&rsquo;absence de r&eacute;section intestinale ou en cas de r&eacute;section intestinale courte apr&egrave;s revascularisation</u>, la reprise d&rsquo;une alimentation orale peut &ecirc;tre envisag&eacute;e lorsque la douleur et le syndrome inflammatoire ont disparu. Une fois les ph&eacute;nom&egrave;nes isch&eacute;miques r&eacute;solus, les patients doivent remanger. Lorsque l&rsquo;IMA succ&egrave;de &agrave; une isch&eacute;mie chronique chez un patient d&eacute;j&agrave; d&eacute;nutri, une assistance nutritionnelle parent&eacute;rale est souvent n&eacute;cessaire. Toute manifestation clinique persistante (h&eacute;morragies, d&eacute;faillances, intol&eacute;rance digestive haute, malabsorption, douleurs, persistance ou apparition d&rsquo;une d&eacute;nutrition) peut traduire une isch&eacute;mie &eacute;volutive et doit conduire &agrave; proposer une nutrition parent&eacute;rale, une revascularisation et/ou une r&eacute;section intestinale. <br />
	<u>Chez les patients ayant eu une r&eacute;section intestinale &eacute;tendue, u</u>ne revascularisation radiologique ou chirurgicale doit toujours &ecirc;tre discut&eacute;e lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e ou lorsque persistent des sympt&ocirc;mes d&rsquo;isch&eacute;mie. Les collections intra-abdominales doivent &ecirc;tre trait&eacute;es efficacement (antibiotiques, drainages) et la nutrition parent&eacute;rale ne doit pas &ecirc;tre retard&eacute;e. Dans la phase initiale qui succ&egrave;de &agrave; la r&eacute;section intestinale, le traitement m&eacute;dical aura pour principes:</p>
<ul>
<li><u>La pr&eacute;vention ou la correction de la d&eacute;nutrition</u> : pr&eacute;vention du syndrome de renutrition, nutrition parent&eacute;rale couvrant les d&eacute;penses &eacute;nerg&eacute;tiques totales et les besoins en micronutriments</li>
<li><u>La r&eacute;duction du d&eacute;bit de selles et de l&rsquo;hypersecr&eacute;tion gastrique acide</u>: IPP IV, ralentisseurs du transit, solut&eacute;s de r&eacute;hydratation orale, restriction hydrique, traitement &eacute;ventuel des infections et de l&rsquo;inflammation</li>
<li><u>La compensation des pertes</u> : bilan entr&eacute;e/sortie avec mesure du poids quotidien, ionogrammes plasmatiques/urinaires, monitoring Mg++/Ph+, pose d&rsquo;un cath&eacute;ter veineux central, nutrition parent&eacute;rale compl&egrave;te non exclusive.</li>
</ul>
<h2>Place des Structures d&rsquo;URgences Vasculaires Intestinales (SURVI)</h2>
<p>La mortalit&eacute; et la survenue d&rsquo;un syndrome de gr&ecirc;le court apr&egrave;s IMA ne doivent plus &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;es comme des fatalit&eacute;s li&eacute;es &agrave; la malchance. Nous avons montr&eacute; que l&rsquo;isch&eacute;mie intestinale &eacute;tait un ph&eacute;nom&egrave;ne r&eacute;versible et qu&rsquo;une prise en charge centr&eacute;e sur la viabilit&eacute; intestinale &eacute;tait &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;viter le d&eacute;c&egrave;s, les r&eacute;sections intestinales &eacute;tendues et le recours &agrave; la nutrition parent&eacute;rale de longue dur&eacute;e (16). Cette prise en charge requiert un plateau technique multidisciplinaire sp&eacute;cialis&eacute; et disponible 24h/24 et &agrave; m&ecirc;me de recevoir les patients suspects d&rsquo;isch&eacute;mie dans un p&eacute;rim&egrave;tre r&eacute;gional. A c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;organisation de structures de soins suffisamment sp&eacute;cialis&eacute;es pour prendre en charge ces malades, il est n&eacute;cessaire d&rsquo;&eacute;tendre la connaissance du traitement moderne de l&rsquo;IMA&nbsp; aupr&egrave;s des gastroent&eacute;rologues, des internes, des urgentistes, des chirurgiens vasculaires et digestifs, des radiologues et des r&eacute;animateurs.<br />
	<strong>En l&rsquo;absence de structures d&rsquo;urgences vasculaires intestinales disponibles, les patients doivent toujours recevoir le traitement m&eacute;dical multimodal</strong> et &ecirc;tre pris en charge au plus vite dans les structures capables de r&eacute;aliser une revascularisation et une r&eacute;section intestinale.</p>
<h1><strong>Conclusion</strong></h1>
<p>L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigu&euml; est une super-urgence digestive appartenant au champ de l&rsquo;H&eacute;pato-gastroent&eacute;rologie, et son traitement ne doit plus reposer seulement sur les chirurgiens ou les r&eacute;animateurs. Son caract&egrave;re r&eacute;versible et curable n&eacute;cessite d&rsquo;orchestrer la prise en charge en tenant compte du stade pr&eacute;coce ou tardif de l&rsquo;isch&eacute;mie. <br />
	Tous les malades doivent recevoir d&egrave;s le diagnostic pos&eacute; un protocole m&eacute;dical dont l&rsquo;objectif est de d&eacute;samorcer les voies de l&rsquo;inflammation sous l&rsquo;effet de l&rsquo;hypoxie. Les stades pr&eacute;coces doivent privil&eacute;gier la revascularisation radiologique. Les stades tardifs et compliqu&eacute;s doivent &ecirc;tre op&eacute;r&eacute;s, en pr&eacute;sence de chirurgiens digestifs et vasculaires. La cr&eacute;ation de Structures d&rsquo;URgences Vasculaires Intestinales (SURVI) est &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;organiser cette prise en charge et de transformer le pronostic de l&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique aigue.</p>
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<li>Elkrief L., Corcos O, Bruno O. Et al. Factors associated with intestinal resection in patients with mesenteric venous thrombosis. AASLD 2012</li>
<li>Demir IE, Ceyhan GO, Friess H. Beyond Lactate: Is There a Role for Serum Lactate Measurement in Diagnosing Acute Mesenteric Ischemia. Digestive surgery. 2012;29(3):226&ndash;35.</li>
<li>Messing B, Crenn P, Beau P, Boutron-Ruault MC, Rambaud JC, Matuchansky C. Long-term survival and parenteral nutrition dependence in adult patients with the short bowel syndrome. Gastroenterology. 1999 Nov 1;117(5):1043&ndash;50.</li>
<li>Amiot A, Messing B, Corcos O, Panis Y, Joly F. Determinants of home parenteral nutrition dependence and survival of 268 patients with non-malignant short bowel syndrome. Clinical Nutrition. Elsevier Ltd; 2012 Sep 15;:1&ndash;7.</li>
<li>Ofer A, Abadi S, Nitecki S, Karram T, Kogan I, Leiderman M, et al. Multidetector CT angiography in the evaluation of acute mesenteric ischemia. European Radiology. 2009 Jan 9;19(1):24&ndash;30.</li>
<li>Furukawa A, Kanasaki S, Kono N, Wakamiya M, Tanaka T, Takahashi M, et al. CT Diagnosis of Acute Mesenteric Ischemia from Various Causes. American Journal of Roentgenology. 2009 Feb 1;192(2):408&ndash;16.</li>
<li>Kirkpatrick IDC, Kroeker MA, Greenberg HM. Biphasic CT with mesenteric CT angiography in the evaluation of acute mesenteric ischemia: initial experience. Radiology. 2003 Oct 1;229(1):91&ndash;8.</li>
<li>Hellinger JC. Evaluating mesenteric ischemia with multidetector-row CT angiography. Tech Vasc Interv Radiol. 2004 Sep 1;7(3):160&ndash;6.</li>
<li>Acosta S, Bj&ouml;rck M. Acute thrombo-embolic occlusion of the superior mesenteric artery: a prospective study in a well defined population. European journal of vascular and endovascular surgery : the official journal of the European Society for Vascular Surgery. 2003 Aug 1;26(2):179&ndash;83.</li>
<li>Bj&ouml;rck M, Wanhainen A. Nonocclusive Mesenteric Hypoperfusion Syndromes: Recognition and Treatment. Seminar in Vasc Surg. 2010 Apr 11;23(1):54&ndash;64.</li>
<li>Trompeter M, Brazda T, Remy C, Vestring T, Reimer P. Non-occlusive mesenteric ischemia: etiology, diagnosis, and interventional therapy. European Radiology. 2002 May 1;12(5):1179&ndash;87.</li>
<li>Duffas JP, Otal P, Corcos O. Therapeutic strategy for acute mesenteric ischemia. Colon Rectum. 2010 Feb 17;4(1):42&ndash;9.</li>
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<li>Kozuch PL, Brandt LJ. Review article: diagnosis and management of mesenteric ischaemia with an emphasis on pharmacotherapy. Aliment Pharmacol Ther. 2005 Feb 1;21(3):201&ndash;15.</li>
</ol>
<h1 align="left">Les 5 points forts :</h1>
<ol>
<li>L&rsquo;isch&eacute;mie m&eacute;sent&eacute;rique peut &ecirc;tre aigue ou chronique, art&eacute;rielle ou veineuse, avec ou sans occlusion vasculaire</li>
<li>Le diagnostic positif&nbsp; repose sur la pr&eacute;sence de douleurs abdominales associ&eacute;es &agrave; des signes tomodensitom&eacute;triques (&eacute;paississement pari&eacute;tal intestinal, anomalies du rehaussement muqueux,&nbsp; r&eacute;tr&eacute;cissement de calibre des vaisseaux m&eacute;sent&eacute;riques dans les formes occlusives)</li>
<li>La pr&eacute;sence de signes de gravit&eacute; cliniques (sepsis, d&eacute;faillance d&rsquo;organes, d&eacute;fense, p&eacute;ritonite) et tomodensitom&eacute;triques (&eacute;panchements et prise de contraste p&eacute;riton&eacute;ale, amincissement pari&eacute;tal intestinal sans rehaussement, a&eacute;roportie/a&eacute;rom&eacute;sent&eacute;rie, pneumatose pari&eacute;tale) associ&eacute;e &agrave; des lactates &eacute;lev&eacute;s d&eacute;finissent les formes tardives qui sont des urgences chirurgicales (r&eacute;section intestinale et revascularisation chirurgicale)</li>
<li>L&rsquo;absence de signes de gravit&eacute; clinique et tomodensitom&eacute;trique associ&eacute;e &agrave; des lactates normaux d&eacute;finit les formes pr&eacute;coces qui doivent &ecirc;tre rapidement reconnues et trait&eacute;es en raison du risque d&rsquo;aggravation brutale</li>
<li>Une revascularisation des territoires isch&eacute;miques et une r&eacute;section de l&rsquo;intestin non viable, associ&eacute;es &agrave; un traitement m&eacute;dical permettent de pr&eacute;venir l&rsquo;aggravation, de pr&eacute;server la viabilit&eacute; intestinale et d&rsquo;&eacute;viter le d&eacute;c&egrave;s du patient.</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Traitement chirurgical ou endoscopique du cancer colique en occlusion</title>
		<link>http://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/traitement-chirurgical-ou-endoscopique-du-cancer-colique-en-occlusion/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 14:09:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Textes]]></category>

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		<description><![CDATA[<h1><strong>Identifier les patients pouvant justifier de la pose d'une prothèse colique</strong></h1>
<h2>Indications de pose de prothèse colique</h2>
<p>Les indications de pose de prothèse colique sous-entendent la conjonction de 2 évènements : la présence d'un cancer colo-rectal et le développement d'un syndrome occlusif. Ceci représente 7 à 29% des cancers coliques (1). Un cancer colique en occlusion n'est cependant pas une indication systématique à la pose d'une prothèse : Les indications respectives de l'abord chirurgical et de la pose de prothèse dépendent des éléments cliniques et du bilan réalisé.</p>
<p>Deux cas de figure doivent être isolés : </p>
<ul>
 <li>L'occlusion est inaugurale.</li>
 <li>Le cancer est connu et l'occlusion en complique l'évolution. </li>
</ul>
<p>Le premier cas de figure correspond à la découverte du cancer en urgence par le biais de l'occlusion. Les questions qui vont se poser sont les suivantes : </p>
<ul>
 <li>L'occlusion colique est-elle due à un cancer ? </li>
 <li>Si oui, le patient est-il opérable ?</li>
 <li>Quelle est la conduite à tenir la mieux adaptée ? </li>
 <ul>
  <li>Opérer dans l'espoir de réaliser une résection-anastomose, tout en sachant qu'une colostomie est souvent nécessaire.</li>
  <li>Ou bien poser immédiatement une prothèse afin de lever l'occlusion et d'éviter la colostomie pour permettre une résection-anastomose en un temps une dizaine de jours plus tard (prothèse en pont vers la chirurgie), si le bilan réalisé permet cette chirurgie.   </li>
 </ul>
</ul>
<p>Le deuxième cas de figure est celui où le cancer est déjà connu, traité. La situation du patient est le plus souvent palliative car le développement d'une occlusion sur un cancer traité signe en général un échappement à la chimiothérapie qui impose une prise en charge palliative :</p>
<p>Quelle est la conduite à tenir la mieux adaptée ?</p>
<ul>
 <li>Réaliser une chirurgie palliative ?</li>
 <li>Mettre en place une prothèse à visée palliative ?</li>
</ul>
<h2>Existe-t-il des indications ou des contre-indications en fonction de la localisation de la sténose cancéreuse ?<strong> </strong></h2>
<p>Aucune des études publiées n'a rapporté d'empêchement  à la pose d'une prothèse colique qui soit directement lié à la localisation de la sténose, tout en sachant que plus la sténose est proche du rectum, plus simple et rapide est le geste. De fait, la quasi-totalité des poses de prothèses concernent des cancers du rectum, du sigmoïde ou du colon gauche. Les difficultés sont liées à la situation des sténoses au niveau des angulations, en particulier celle de l'angle splénique ou de la charnière recto-sigmoïdienne. La seule vraie contre-indication est représentée par les cancers du rectum dont le pôle inférieur est à moins de 25 mm de la marge anale : dans ce cas, l'extrémité inférieure de la prothèse ne peut se déployer sous la sténose et est source d'inconfort, voire de douleurs pour le patient. Cette situation peut constituer une raison de retrait très précoce de la prothèse.</p>
<h2> La carcinose péritonéale influe sur les résultats immédiats et à moyen terme : doit-elle constituer une contre-indication ?</h2>
<p> La question mérite d'être posée car dans une large série, certes rétrospective mais ayant inclus 412 patients, la présence d'une carcinose péritonéale était un facteur prédictif de mauvais résultat au même titre que la dilatation préalable et la réalisation d'une chimiothérapie (2). Si l'existence d'une carcinose péritonéale n'est pas une contre-indication absolue, elle implique de ne pas insister si des difficultés techniques surviennent au cours du geste. Pour cette raison la détection d'une ascite au scanner doit inciter à la prudence.  </p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="doc_links"><a href="/wp-content/uploads/file/pdf-2013/traitement-chirurgical-ou-endoscopique-cancer.pdf" target="blank">PDF</a> <a href="/wp-content/uploads/file/ppt-2013/laugier-rene_ppt.pdf" target="blank">Diaporama</a> <a href="http://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/file/flash-2013/Vendredi/sympo-chirurgie-ou-endoscopie/171/fc/index.htm" target="blank">Vid&eacute;o</a></div>
<h1>Objectifs p&eacute;dagogiques</h1>
<ul>
<li>Identifier les patients pouvant justifier de la pose d&rsquo;une proth&egrave;se colique <strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong></li>
<li>Conna&icirc;tre les principes de la&nbsp; mise en place d&rsquo;une proth&egrave;se endoscopique&nbsp;: quel type de proth&egrave;se&nbsp;?</li>
<li>Les trucs et astuces pour limiter les risques de perforation et de migration</li>
<li>R&eacute;sultats sur la qualit&eacute; de vie et la morbi-mortalit&eacute; &agrave; court et &agrave; moyen terme.<strong>&nbsp;</strong></li>
</ul>
<h1><strong>Identifier les patients pouvant justifier de la pose d&rsquo;une proth&egrave;se colique</strong></h1>
<h2>Indications de pose de proth&egrave;se colique</h2>
<p>Les indications de pose de proth&egrave;se colique sous-entendent la conjonction de 2 &eacute;v&egrave;nements&nbsp;: la pr&eacute;sence d&rsquo;un cancer colo-rectal et le d&eacute;veloppement d&rsquo;un syndrome occlusif. Ceci repr&eacute;sente 7 &agrave; 29% des cancers coliques (1). Un cancer colique en occlusion n&rsquo;est cependant pas une indication syst&eacute;matique &agrave; la pose d&rsquo;une proth&egrave;se&nbsp;: Les indications respectives de l&rsquo;abord chirurgical et de la pose de proth&egrave;se d&eacute;pendent des &eacute;l&eacute;ments cliniques et du bilan r&eacute;alis&eacute;.</p>
<p>Deux cas de figure doivent &ecirc;tre isol&eacute;s&nbsp;:</p>
<ul>
<li>L&rsquo;occlusion est inaugurale.</li>
<li>Le cancer est connu et l&rsquo;occlusion en complique l&rsquo;&eacute;volution.</li>
</ul>
<p>Le premier cas de figure correspond &agrave; la d&eacute;couverte du cancer en urgence par le biais de l&rsquo;occlusion.&nbsp; Les questions qui vont se poser sont les suivantes&nbsp;:</p>
<ul>
<li>L&rsquo;occlusion colique est-elle due &agrave; un cancer&nbsp;?</li>
<li>Si oui, le patient est-il op&eacute;rable&nbsp;?</li>
<li>Quelle est la conduite &agrave; tenir la mieux adapt&eacute;e&nbsp;?
<ul>
<li>Op&eacute;rer dans l&rsquo;espoir de r&eacute;aliser une r&eacute;section-anastomose, tout en sachant qu&rsquo;une colostomie est souvent n&eacute;cessaire.</li>
<li>Ou bien poser imm&eacute;diatement une proth&egrave;se afin de lever l&rsquo;occlusion et&nbsp; d&rsquo;&eacute;viter la colostomie pour permettre une r&eacute;section-anastomose en un temps une dizaine de jours plus tard (proth&egrave;se en pont vers la chirurgie), si le bilan r&eacute;alis&eacute; permet cette chirurgie.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Le deuxi&egrave;me cas de figure est celui o&ugrave; le cancer est d&eacute;j&agrave; connu, trait&eacute;. La situation du patient est le plus souvent palliative car le d&eacute;veloppement d&rsquo;une occlusion sur un cancer trait&eacute; signe en g&eacute;n&eacute;ral un &eacute;chappement &agrave; la chimioth&eacute;rapie qui impose une prise en charge &nbsp;palliative :</p>
<p>Quelle est la conduite &agrave; tenir la mieux adapt&eacute;e&nbsp;?</p>
<ul>
<li>R&eacute;aliser une chirurgie palliative&nbsp;?</li>
<li>Mettre en place une proth&egrave;se &agrave; vis&eacute;e palliative&nbsp;?</li>
</ul>
<h2>Existe-t-il des indications ou des contre-indications en fonction de la localisation de la st&eacute;nose canc&eacute;reuse&nbsp;?<strong>&nbsp; </strong></h2>
<p>Aucune des &eacute;tudes publi&eacute;es n&rsquo;a rapport&eacute; d&rsquo;emp&ecirc;chement&nbsp; &agrave; la pose d&rsquo;une proth&egrave;se colique qui soit directement li&eacute; &agrave; la localisation de la st&eacute;nose,&nbsp; tout en sachant que&nbsp; plus la st&eacute;nose&nbsp; est proche du rectum, plus simple et rapide est le geste. De fait, la quasi-totalit&eacute; des poses de proth&egrave;ses concernent des cancers du rectum, du sigmo&iuml;de ou du colon gauche. Les difficult&eacute;s sont li&eacute;es &agrave; la situation des st&eacute;noses au niveau des angulations, en particulier celle de l&rsquo;angle spl&eacute;nique ou de la charni&egrave;re recto-sigmo&iuml;dienne. La seule vraie contre-indication est repr&eacute;sent&eacute;e par les cancers&nbsp; du rectum dont le p&ocirc;le inf&eacute;rieur est &agrave; moins de 25 mm de la marge anale&nbsp;: dans ce cas, l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; inf&eacute;rieure de la proth&egrave;se ne peut se d&eacute;ployer sous la st&eacute;nose et est source d&rsquo;inconfort, voire de douleurs pour le patient. Cette situation peut constituer une raison de retrait tr&egrave;s pr&eacute;coce de la proth&egrave;se.</p>
<h2>La carcinose p&eacute;riton&eacute;ale influe sur les r&eacute;sultats imm&eacute;diats et &agrave; moyen terme&nbsp;: doit-elle constituer une contre-indication&nbsp;?</h2>
<p>La question m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre pos&eacute;e car dans une large s&eacute;rie, certes r&eacute;trospective mais ayant inclus 412 patients, la pr&eacute;sence d&rsquo;une carcinose p&eacute;riton&eacute;ale &eacute;tait un facteur pr&eacute;dictif de mauvais r&eacute;sultat au m&ecirc;me titre que la dilatation pr&eacute;alable et la r&eacute;alisation d&rsquo;une chimioth&eacute;rapie (2). Si l&rsquo;existence d&rsquo;une carcinose p&eacute;riton&eacute;ale n&rsquo;est pas une contre-indication absolue, elle implique de&nbsp; ne pas insister si des difficult&eacute;s techniques surviennent au cours du geste. Pour cette raison la d&eacute;tection d&rsquo;une ascite au scanner doit inciter &agrave; la prudence.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<h1>Conna&icirc;tre les principes de la&nbsp; mise en place d&rsquo;une proth&egrave;se endoscopique&nbsp;: quel type de proth&egrave;se&nbsp;?</h1>
<p>Nous envisagerons successivement les recommandations relatives au lieu de la pose, au personnel n&eacute;cessaire et au mat&eacute;riel utilis&eacute;.</p>
<h2>Le lieu de la pose</h2>
<p>La scopie&nbsp; &eacute;tant indispensable &agrave; un guidage optimal,&nbsp; il faut travailler dans une salle de radiologie interventionnelle ou dans une salle d&rsquo;endoscopie &eacute;quip&eacute;e d&rsquo;un arceau de scopie. Qu&rsquo;en est il de la pose de proth&egrave;se effectu&eacute;e par les radiologues sous guidage radiologique exclusif : les r&eacute;sultats publi&eacute;s dans la litt&eacute;rature ne sont comparables &agrave; ceux obtenus par l&rsquo;endoscopie dans la pratique quotidienne que dans certains centres radiologiques experts, essentiellement asiatiques, avec des s&eacute;ries&nbsp; significativement plus r&eacute;duites&nbsp; que les s&eacute;ries endoscopiques. Il faut de plus, noter que dans ces s&eacute;ries, les auteurs rapportent certains cas d&rsquo;impossibilit&eacute; de mise en place radiologique (20 sur 87 dans la s&eacute;rie d&rsquo;Athreya S et al, par exemple)&nbsp; justifiant alors une combinaison radiologie-endoscopie (3-6). Il faut donc pr&eacute;f&eacute;rer une pose de proth&egrave;se endoscopique avec&nbsp; guidage radiologique &agrave; une pose de proth&egrave;se exclusivement radiologique, afin d&rsquo;obtenir un maximum de pr&eacute;cision, de s&eacute;curit&eacute; et d&rsquo;efficacit&eacute;.</p>
<h2>Le personnel n&eacute;cessaire</h2>
<ul>
<li>L&rsquo;endoscopiste doit &ecirc;tre aid&eacute; par un(e) assistant(e)&nbsp; pour la mise en place de la proth&egrave;se. Il (elle) doit conna&icirc;tre le mat&eacute;riel et bien s&ucirc;r, &eacute;galement son fonctionnement pour &ecirc;tre performant(e) au moment de la lib&eacute;ration de la proth&egrave;se. Il faut id&eacute;alement disposer de plusieurs proth&egrave;ses de taille et de longueur diff&eacute;rentes pour faire face aux diff&eacute;rentes situations anatomiques possibles.</li>
<li>Le type de s&eacute;dation d&eacute;pend de l&rsquo;&eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral du patient et des conditions de r&eacute;alisation de l&rsquo;endoscopie en situation d&rsquo;urgence. La pose peut &ecirc;tre faite sans aucune s&eacute;dation, sous s&eacute;dation intraveineuse ou sous anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale. Une importante s&eacute;rie prospective rapporte que sur 447 patients de la &laquo;&nbsp;vraie vie&nbsp;&raquo;, une s&eacute;dation &agrave; base de midazolam a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e dans 75,7% des cas, une anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale dans 3,6% des cas et aucune s&eacute;dation , dans 20,7% des cas (7).&nbsp; Cette s&eacute;rie europ&eacute;enne hispano-danoise ne refl&egrave;te cependant pas les modes op&eacute;ratoires &nbsp;utilis&eacute;s &nbsp;en France, o&ugrave; la pr&eacute;sence d&rsquo;un anesth&eacute;siste &nbsp;&nbsp;est le plus souvent possible. &nbsp;En cas d&rsquo;occlusion install&eacute;e avec vomissements, une intubation trach&eacute;ale est indipensable pour &eacute;viter une inhalation, favoris&eacute;e par le <em>d&eacute;cubitus</em> dorsal et l&rsquo;insufflation endoscopique. Cependant cette s&eacute;rie prospective nous d&eacute;montre que le geste peut &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; dans d&rsquo;excellentes conditions sous&nbsp; pr&eacute;m&eacute;dication par&nbsp; midazolam, ce qui peut all&eacute;ger la gestion de l&rsquo;acte endoscopique en urgence, dans les structures d&eacute;pourvues d&rsquo;anesth&eacute;sistes. En l&rsquo;absence d&rsquo;anesth&eacute;siste, il ne faut donc pas r&eacute;cuser le patient au risque de trop attendre et d&rsquo;induire des complications m&eacute;taboliques, infectieuses ou p&eacute;riton&eacute;ales.</li>
<li>Le patient&nbsp; est install&eacute; en d&eacute;cubitus lat&eacute;ral gauche en cas de s&eacute;dation par midazolam. En cas d&rsquo;anesth&eacute;sie g&eacute;n&eacute;rale, le patient est plac&eacute;, selon la pr&eacute;f&eacute;rence de l&rsquo;op&eacute;rateur&nbsp; en d&eacute;cubitus lat&eacute;ral ou en d&eacute;cubitus dorsal . Dans mon exp&eacute;rience,&nbsp; le d&eacute;cubitusdorsal facilite grandement la pr&eacute;cision de la pose et donc les r&eacute;sultats imm&eacute;diats autant que tardifs.</li>
</ul>
<h2>Le mat&eacute;riel</h2>
<p>La proth&egrave;se est toujours de type &laquo;&nbsp;TTS, through- the- scope&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;elle se pose &agrave; travers l&rsquo;endoscope par le canal op&eacute;rateur qui doit &ecirc;tre de diam&egrave;tre suffisant (3,8 ou 4,2 mm, ce qui correspond &agrave; des endoscopes de type interventionnel).&nbsp; La technique de pose proprement dite est univoque quel que soit le type de proth&egrave;se &agrave; mettre en place. L&rsquo;endoscope doit arriver au p&ocirc;le inf&eacute;rieur de la st&eacute;nose canc&eacute;reuse: un certain nombre d&rsquo;&eacute;checs sont en effet dus &agrave; l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; la st&eacute;nose ou de se positionner correctement devant cette derni&egrave;re. Un coloscope est le plus souvent utilis&eacute;, mais dans certaines circonstances, un gastroscope th&eacute;rapeutique ayant un canal op&eacute;rateur large, plus souple, peut &ecirc;tre plus efficace(8).&nbsp; L&rsquo;objectif est de faire passer le fil guide, g&eacute;n&eacute;ralement introduit dans un cath&eacute;ter, &agrave; travers la st&eacute;nose sans pour autant la franchir avec l&rsquo;endoscope. La scopie est alors tr&egrave;s utile Le fil guide ayant &eacute;t&eacute; positionn&eacute; largement au-dessus de la st&eacute;nose, on v&eacute;rifie qu&rsquo;il est effectivement dans le colon d&rsquo;amont; il est&nbsp; alors souhaitable d&rsquo;injecter un peu de produit de contraste afin de visualiser le colon d&rsquo;amont, le p&ocirc;le sup&eacute;rieur du cancer, l&rsquo;aspect de la st&eacute;nose, sa longueur, &nbsp;sa morphologie et son orientation. On peut &eacute;galement mesurer pr&eacute;cis&eacute;ment la longueur de la st&eacute;nose en gonflant un ballonnet extracteur au-dessus de la st&eacute;nose puis en le retirant jusqu&rsquo;&agrave; son p&ocirc;le sup&eacute;rieur, puis en le d&eacute;gonflant et&nbsp; en mesurant &agrave; partir du d&eacute;gonflage, la distance entre cette limite sup&eacute;rieure et son apparition dans le champ visuel sous la st&eacute;nose qui est corr&eacute;l&eacute;e &agrave; la longueur de cath&eacute;ter retir&eacute; &agrave; partir de la sortie du canal op&eacute;rateur (8).</p>
<p>Cette &eacute;tape permet de choisir les caract&eacute;ristiques de la proth&egrave;se qui va &ecirc;tre mise en place: diam&egrave;tre, et surtout longueur. Dans les grandes s&eacute;ries, les longueurs les plus souvent utilis&eacute;es sont 90 mm et 120 mm (7, 9). Il a &eacute;t&eacute; montr&eacute; qu&rsquo;un trop petit diam&egrave;tre qui pourrait para&icirc;tre plus s&ucirc;r est source de plus de migrations (10)&nbsp;: il faut donc le d&eacute;conseiller a priori.</p>
<p>La gaine de la proth&egrave;se est introduite au travers de la st&eacute;nose sous contr&ocirc;le fluoroscopique et sa position est pr&eacute;cis&eacute;ment suivie par les rep&egrave;res radio-opaques dont elle est munie. Il faut noter que toutes les proth&egrave;ses actuellement pr&eacute;sentes sur le march&eacute; ne sont pas &eacute;quivalentes en termes de radio-opacit&eacute; ou de rigidit&eacute; et que ces d&eacute;tails peuvent devenir critiques dans certaines conditions difficiles. On a pu ainsi montrer que les proth&egrave;ses Ultraflex &reg; coliques (la premi&egrave;re &eacute;volution de la&nbsp; plateforme Wallflex&reg; de Boston Scientific, ) &eacute;taient plus efficaces et plus sures que leur forme ant&eacute;rieure moins &eacute;volu&eacute;e&nbsp;: les proth&egrave;ses Wallstent &reg; (11). Si les proth&egrave;ses&nbsp; Colonic Wallflex&reg;&nbsp;&raquo; (Boston Scientific&nbsp; ) sont les plus repr&eacute;sent&eacute;es dans les travaux publi&eacute;s, toutes les autres proth&egrave;ses ne se valent peut-&ecirc;tre pas&nbsp;: Park JK et al ont montr&eacute; dans une s&eacute;rie r&eacute;trospective de 103 patients que les &nbsp;Niti-S&nbsp;&reg; (Taewoong, Cor&eacute;e) et les &nbsp;Bonastents&reg;&nbsp; (Life Partners Europe) migraient moins que les Wallflex&reg;&nbsp;: respectivement&nbsp; 0%, 15% et 25,9% (12)&nbsp;! On peut cependant noter que dans cette s&eacute;rie cor&eacute;enne, le taux de migration pr&eacute;sent&eacute; pour les 2 premiers types de proth&egrave;ses ne correspond pas &agrave; ce qui est publi&eacute; dans&nbsp; les autres travaux.</p>
<p>&nbsp;Les proth&egrave;ses commencent toujours &agrave; &ecirc;tre lib&eacute;r&eacute;es par leur extr&eacute;mit&eacute; distale (c&rsquo;est-&agrave;-dire au-dessus du cancer). Il est conseill&eacute; de commencer leur largage assez largement au-dessus du bord sup&eacute;rieur du cancer pour leur permettre de se d&eacute;ployer librement dans la partie dilat&eacute;e du colon. Le positionnement correct est ensuite ajust&eacute; au plus pr&eacute;cis par un retrait global de l&rsquo;ensemble gaine-proth&egrave;se en partie d&eacute;ploy&eacute;e, puis la lib&eacute;ration&nbsp; compl&egrave;te de la proth&egrave;se sera effectu&eacute;e, l&rsquo;endoscope &eacute;tant positionn&eacute; &agrave; quelques cm de distance du bord inf&eacute;rieur de la st&eacute;nose. Il faut en effet tenir compte du raccourcissement que subissent ces proth&egrave;ses au moment de leur lib&eacute;ration, raccourcissement qui est d&rsquo;autant plus important que la proth&egrave;se se trouve dans un espace libre de colon non st&eacute;nos&eacute;&nbsp;: pour en tenir compte il suffit de garder au moins 3 cm de proth&egrave;se dans sa gaine en dessous du bord inf&eacute;rieur de la st&eacute;nose et &eacute;viter ainsi que la collerette inf&eacute;rieure ne se retrouve &agrave; la fin du processus de largage, encore &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la st&eacute;nose et non pas en dehors d&rsquo;elle. Durant la man&oelig;uvre de largage, il faut &ecirc;tre prudent, doux et surtout m&eacute;ticuleux pour obtenir un r&eacute;sultat le plus pr&eacute;cis possible, garant d&rsquo;un bon r&eacute;sultat clinique. Le positionnement id&eacute;al doit &eacute;galement tenir compte de l&rsquo;axe de la st&eacute;nose par rapport &agrave; celui (ou ceux) du colon au-dessus et au-dessous. Il faut bien garder &agrave; l&rsquo;esprit que la proth&egrave;se qui &eacute;pouse les angulations du colon au moment de sa lib&eacute;ration, va se redresser et adopter une forme rectiligne dont l&rsquo;axe sera celui de la st&eacute;nose, qui est la zone la plus rigide&nbsp;et non pas celui du colon non pathologique, plus souple ! Ce point devient particuli&egrave;rement critique lorsque la st&eacute;nose se trouve au niveau d&rsquo;un des angles coliques, au sein d&rsquo;une angulation du sigmo&iuml;de ou, pire encore au niveau de la charni&egrave;re recto-sigmo&iuml;dienne. Le risque est en effet de constituer une angulation entre l&rsquo;axe de la proth&egrave;se qui s&rsquo;est redress&eacute;e et le colon d&rsquo;amont&nbsp;: ce cas de figure expose &agrave; un mauvais fonctionnement de la proth&egrave;se dont l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; libre ne va pas &ecirc;tre situ&eacute;e en face de la lumi&egrave;re colique (ce qui va g&ecirc;ner ou emp&ecirc;cher compl&egrave;tement les mati&egrave;res de p&eacute;n&eacute;trer &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la proth&egrave;se) et la rendre inefficace. Le second danger est celui provoqu&eacute;&nbsp; par la pression ponctuelle et le frottement r&eacute;p&eacute;t&eacute; du bord sup&eacute;rieur de la proth&egrave;se sur le bord libre du colon d&rsquo;amont&nbsp; responsables d&rsquo;ulc&eacute;rations, elles-m&ecirc;mes g&eacute;n&eacute;rant un risque de perforation secondaire&nbsp; ou de ph&eacute;nom&egrave;nes h&eacute;morragiques.</p>
<p>Les proth&egrave;ses &laquo; TTS &raquo; peuvent &ecirc;tre couvertes ou non-couvertes. Les premiers r&eacute;sultats cliniques n&rsquo;&eacute;taient&nbsp; pas en faveur des proth&egrave;ses couvertes qui &eacute;taient tr&egrave;s peu utilis&eacute;es dans le traitement des obstructions malignes en raison de migrations trop fr&eacute;quentes. La preuve d&eacute;finitive en a &eacute;t&eacute; apport&eacute;e r&eacute;cemment par Park S et al (13) gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;tude prospective randomis&eacute;e dans laquelle le taux de migration &eacute;tait de 1,8 % pour les proth&egrave;ses non couvertes et de 21,1% pour les proth&egrave;ses couvertes&nbsp;<strong>!</strong> Ce taux inacceptable de migration&nbsp; pr&eacute;coce ne compensait pas le plus faible taux d&rsquo;occlusion secondaire par croissance tumorale (3,8 % vs 14,5%). Cette donn&eacute;e a &eacute;t&eacute; r&eacute;cemment confirm&eacute;e par Kim BC et al (10).<strong>&nbsp;</strong></p>
<h1>Les trucs et astuces pour limiter les risques de perforation et de migration</h1>
<p>&nbsp;Si le cath&eacute;t&eacute;risme de la st&eacute;nose est difficile, on peut s&rsquo;aider de 2&nbsp;&laquo; trucs et astuces &raquo; :</p>
<ul>
<li>A la place d&rsquo;un cath&eacute;ter, utiliser un sphinct&eacute;rotome si possible rotatif qui permet de changer l&rsquo;orientation du fil guide en aval de la st&eacute;nose et donc de mieux se positionner en face de son axe principal.</li>
<li>Le second &laquo;&nbsp;truc&nbsp;&raquo; est &agrave; mettre en oeuvre quand il apparait vraiment impossible de faire franchir la st&eacute;nose par le fil guide&nbsp;: on peut alors utiliser un naso-gastroscope pour passer, sans aucune dilatation &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de la st&eacute;nose, introduire un fil guide par le canal op&eacute;rateur, puis&nbsp; retirer le naso-gastroscope&nbsp; en laissant le fil guide en place, et enfin&nbsp; remonter un coloscope sur le fil guide jusqu&rsquo;au p&ocirc;le inf&eacute;rieur de la st&eacute;nose. La proth&egrave;se sera ensuite avanc&eacute;e &agrave; travers le canal op&eacute;rateur du coloscope.</li>
</ul>
<p>&nbsp;Pour limiter au maximum le risque de perforation, la premi&egrave;re des pr&eacute;cautions est de bannir &nbsp;la dilatation pr&eacute;alable: ceci avait d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; not&eacute; dans des travaux r&eacute;trospectifs plus anciens et se retrouve dans la s&eacute;rie prospective de Meisner et al&nbsp;: la dilatation multiplie par un facteur 9,4 le risque de perforation, qu&rsquo;elle soit faite par au moyen d&rsquo;une bougie, d&rsquo;un ballon hydraulique ou par les 2 associ&eacute;s (7).</p>
<p>Au cours du largage de la proth&egrave;se, le conseil est de commencer la lib&eacute;ration largement au-dessus du cancer pour retirer la proth&egrave;se, &agrave; la demande, &agrave; travers la st&eacute;nose: si au cours de cette man&oelig;uvre la proth&egrave;se est trop retir&eacute;e vers le bas, il va devenir impossible de la remonter ouverte &agrave; travers la st&eacute;nose. Il faut alors la recapturer, ce qui est maintenant possible avec la plupart de ces proth&egrave;ses (ceci consiste &agrave; inverser le mouvement de lib&eacute;ration, pour recouvrir &agrave; nouveau la proth&egrave;se de sa gaine) et ainsi pouvoir la remonter plus loin au-dessus de la st&eacute;nose. Le positionnement doit donc &ecirc;tre parfait, ce qui fait disparaitre en presque totalit&eacute;, les risques de malposition primaire ou de migration imm&eacute;diate.</p>
<p>Pour &eacute;viter une angulation entre l&rsquo;axe de la proth&egrave;se et le colon d&rsquo;amont, il faut privil&eacute;gier une proth&egrave;se de plus grande longueur qui pourra &eacute;pouser plus facilement les courbes anatomiques. De plus, dans les cas de proth&egrave;ses palliatives d&eacute;finitives, il faut tenir compte de la poursuite de la croissance tumorale et donc pr&eacute;voir que cette derni&egrave;re va envahir les extr&eacute;mit&eacute;s de la proth&egrave;se si cette derni&egrave;re n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; choisie suffisamment longue, sans marge de s&eacute;curit&eacute; de 20 mm au moins, au-dessus et au-dessous de la st&eacute;nose au moment de la pose. Enfin, une radio de l&rsquo;abdomen sans pr&eacute;paration est conseill&eacute;e 48 h apr&egrave;s le geste pour v&eacute;rifier le bon positionnement de la proth&egrave;se et son degr&eacute;&nbsp; d&rsquo;expansion, dont on vient de montrer qu&rsquo;il est corr&eacute;l&eacute; &agrave; la dur&eacute;e&nbsp; de sa perm&eacute;abilit&eacute; (14).</p>
<h1>R&eacute;sultats sur la qualit&eacute; de vie et la morbi-mortalit&eacute;</h1>
<h2>R&eacute;sultats &agrave; court terme, pour toutes les indications de proth&egrave;ses</h2>
<p>&nbsp;Nous poss&eacute;dons 3 tr&egrave;s larges s&eacute;ries r&eacute;trospectives ayant inclus 3581 patients (15-17). Quatre &eacute;tudes randomis&eacute;es sont publi&eacute;es &agrave; ce jour (18-21)&nbsp;et&nbsp; 4 m&eacute;ta analyses ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;es &agrave; ce sujet&nbsp;entre 2007 et en 2012, qui comportent respectivement 451, 207, 234 et 601 patients inclus dans 10, 5, 4 et 8 &eacute;tudes comparatives (22-25).&nbsp; A toutes ces s&eacute;ries, il faut ajouter les r&eacute;sultats de dizaines d&rsquo;&eacute;tudes publi&eacute;es dans un grand nombre de pays et de la premi&egrave;re large s&eacute;rie prospective Hispano-danoise portant sur 447 patients, donnant les r&eacute;sultats de &laquo;&nbsp;la vraie vie&nbsp;&raquo; dans des h&ocirc;pitaux g&eacute;n&eacute;raux de ces 2 pays (7). Les performances des proth&egrave;ses coliques pos&eacute;es par voie endoscopique&nbsp; en cas de cancer colorectal en occlusion sont donc parfaitement connus et apparaissent vraiment reproductibles &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s, o&ugrave; les r&eacute;sultats&nbsp; sont tr&egrave;s discordants&nbsp;&nbsp; .</p>
<p>Pour un maximum de clart&eacute;, il faut d&rsquo;abord envisager les r&eacute;sultats initiaux (le plus souvent estim&eacute;s apr&egrave;s les 48 premi&egrave;res heures ou &agrave; la premi&egrave;re semaine)&nbsp;: ils vont d&eacute;crire les succ&egrave;s et les complications dues &agrave; la pose des proth&egrave;ses et concernent tous les patients proth&eacute;s&eacute;s, qu&rsquo;ils le soient de mani&egrave;re palliative d&eacute;finitive ou de mani&egrave;re transitoire en attendant la chirurgie. Ces r&eacute;sultats sont quelquefois d&eacute;crits &agrave; 30 jours et correspondent aux d&eacute;buts des r&eacute;sultats &agrave; long terme qui vont concerner uniquement les proth&egrave;ses palliatives d&eacute;finitives. Pour r&eacute;pondre aux questions que nous nous sommes pos&eacute;es dans le premier chapitre, on tiendra compte des comparaisons des r&eacute;sultats qui se feront &agrave; 2 niveaux&nbsp;diff&eacute;rents: r&eacute;sultats de la chirurgie en urgence compar&eacute;s &agrave; ceux obtenus par la proth&egrave;se &laquo;en pont vers la chirurgie&raquo;, d&rsquo;une part et d&rsquo;autre part, comparaison des r&eacute;sultats &agrave; long terme des proth&egrave;ses palliatives d&eacute;finitives avec ceux de la chirurgie classique de d&eacute;rivation palliative. Cette comparaison doit de plus, s&rsquo;envisager en termes de r&eacute;sultats imm&eacute;diats qui concernent le taux de mortalit&eacute;, de colostomies, de s&eacute;jours hospitaliers et de r&eacute;section en 1 seul temps, tandis qu&rsquo;&agrave; plus long terme c&rsquo;est l&rsquo;influence &eacute;ventuelle de la proth&egrave;se sur le pronostic du cancer qui doit &ecirc;tre analys&eacute;.</p>
<p>De cette masse tr&egrave;s importante de donn&eacute;es, on peut retenir que les localisations les plus fr&eacute;quemment en cause pour la pose d&rsquo;une proth&egrave;se&nbsp; sont le sigmo&iuml;de (50-70%), le rectum (12-18%), le colon gauche (9-15%) et plus rarement le transverse ou le colon droit.</p>
<p>La s&eacute;curit&eacute; de pose est excellente avec des taux de mortalit&eacute; imm&eacute;diate qui sont pratiquement nuls dans toutes les s&eacute;ries&nbsp;: entre 0% et 1%, en moyenne &agrave; 0,58 % (0% dans la large s&eacute;rie prospective de 447 patients [7])<em>.</em> &nbsp;Les succ&egrave;s techniques se situent entre 92 et 98,2%, en moyenne &agrave; 96,2 % alors que les taux de succ&egrave;s clinique se situent aux alentours de 92%, ce qui signifie clairement que 2 &agrave; 4 % des proth&egrave;ses, pourtant pos&eacute;es correctement ne vont pas fonctionner suffisamment bien pour lever l&rsquo;obstacle colique (15-17). Il est ainsi surprenant (mais sans doute du &agrave; la pose surtout radiologique des proth&egrave;ses) de noter que dans l&rsquo;&eacute;tude Montpelli&eacute;raine,&nbsp; le taux de succ&egrave;s technique n&rsquo;est que de 46,7%(19), alors que les r&eacute;sultats publi&eacute;s les moins satisfaisants&nbsp; le situent aux environs de 70% (21).</p>
<p>Les complications imm&eacute;diates sont repr&eacute;sent&eacute;es par la perforation, la migration et &agrave; un moindre degr&eacute; par l&rsquo;h&eacute;morragie&nbsp;: les perforations imm&eacute;diates &nbsp;sont not&eacute;es&nbsp; entre 0,8 et 4,5%, 3,7% en moyenne&nbsp; (1,3% pour la s&eacute;rie prospective [7]). L&agrave; encore, le taux de perforation de la s&eacute;rie fran&ccedil;aise&nbsp;&nbsp; (19) qui se trouve &agrave; 10%&nbsp; sort compl&egrave;tement de ce qui est consid&eacute;r&eacute; comme acceptable pour des &eacute;quipes endoscopiques ! Les migrations sont not&eacute;es entre 0 et 13%&nbsp; (1,8% pour la s&eacute;rie prospective [7]), et les h&eacute;morragies&nbsp; entre 0,9 et 1,8 % (04% [7]). Il faut noter que les 2 derni&egrave;res complications conduisent le plus souvent &agrave; des reprises endoscopiques tandis que les perforations sont une indication op&eacute;ratopire et sont la source quasi exclusive de la mortalit&eacute; imm&eacute;diate.</p>
<h2>R&eacute;sultats &agrave; long&nbsp; terme, pour les proth&egrave;ses palliatives d&eacute;finitives</h2>
<p>Nous disposons&nbsp; des r&eacute;sultats &agrave; 30 j de la s&eacute;rie prospective hispano-danoise et&nbsp; de donn&eacute;es&nbsp; moins&nbsp; pr&eacute;cises sur la date du recueil des donn&eacute;es par rapport &agrave; la pose de la proth&egrave;se (7, 9, 27). La mortalit&eacute;&nbsp; concernant ces patients en mauvais &eacute;tat g&eacute;n&eacute;ral, est de 9%, mais&nbsp;&nbsp; li&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;volution&nbsp;&nbsp; du cancer dans la moiti&eacut