« Cancers gastriques avancés non résécables HER2+ avec CPS ≥1 : Pembro ou Trastu ? Les deux mon capitaine ! »

Position du problème

Environ 20% des cancers gastriques ou de la jonction oeso-gastrique (JOG) avancés présente une amplification HER2. Depuis les résultats de l’étude ToGA, la prise en charge standard en première ligne repose sur l’association d’une bichimiothérapie avec du trastuzumab. L’étude KEYNOTE-811 évalue l’intérêt d’adjoindre du pembrolizumab au standard actuel. Les résultats issus d’une première analyse intermédiaire avaient retrouvé une augmentation du taux de réponse objective en faveur du pembrolizumab

Méthode

Cet essai de phase III multicentrique a inclus des patients atteints d’un cancer gastrique ou de la JOG avancé non résécable, HER2 positif, OMS 0 ou 1. Ces patients étaient randomisés entre un bras expérimental traité par une bichimiothérapie, trastuzumab, et pembrolizumab 200mg toutes les 3 semaines, et un bras contrôle traité par bichimiothérapie, trastuzumab et placebo. Les deux critères de jugement principaux étaient la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG).

Résultat

L’étude a inclus 350 patients dans le bras expérimental, et 348 dans le bras contrôle. La SSP médiane était de 10,0 mois dans le bras pembrolizumab, contre 8,1 mois dans le bras placebo (HR = 0,73 [0,61-0,87]), et la SG médiane de 20,0 mois contre 16,8 mois (HR = 0,84 [0,70-1,01]). Chez les patients PD-L1 CPS ≥1, la SSP médiane était de 10,9 contre 7,3 mois (HR = 0,71 [0,59-0,86]), et la SG médiane de 20,0 contre 15,7 mois (HR = 0.81 [0.67-0.98]). Il n'y avait de nouveau signal concernant la tolérance du pembrolizumab.

Conclusion

L’étude est positive, avec une augmentation de la SSP et de la SG. Les analyses en sous-groupe ne retrouvent cependant pas d’intérêt à l’ajout du pembrolizumab chez les 15% de patients avec un PD-L1 CPS <1. Les guidelines de l’ESMO ont été actualisées suite à une AMM européenne récente (29/823) recommandant un traitement associant une bichimiothérapie au trastuzumab et au pembrolizumab en cas de statut HER2+ et PD-L1 CPS ≥1.

Adrien Grancher