Crohn périanal fistulisant : l’IRM de baseline dévoile les clés du pronostic
Position du problème
L’IRM est l’examen de référence pour l’évaluation de l’atteinte péri-anale complexe. La rémission profonde dans la maladie fistulisante périnéale complexe est difficile a évaluer et elle doit associer une rémission clinique et radiologique afin d'adapter au mieux le traitement, comme l'a montré le récent consensus TOpClass.
Méthode
Ainsi l’objectif de cette étude a été d’identifier les facteurs IRM associés à la rémission profonde et leur impact sur le pronostic clinique. Pour cela, les patients atteints de maladie périnéale complexe sous anti-TNF-α ont bénéficié d’un bilan initial comportant IRM et une évaluation clinique. La rémission clinique était la fermeture des orifices externes et la rémission radiologique était l'absence de prise de contraste et hyperintensitéT2 sur le trajet fistuleux. L'IRM était réalisé chez les patients en rémission clinique.
Résultat
Sur 105 patients, 80 (sex-ratio M/F : 1,33 ; âge moyen : 32,35 ans) ont été inclus. Toutes les fistules étaient appareillées par un séton, 88,1 % étaient sous ifx, les autres sous ada. La rémission radiologique concernait 28,6 % des patients. Les trajets en fer à cheval (p:0,013) et un score de Van Assche > 14 (p:0,027) étaient associés à l’absence de rémission radiologique. Parmi les patients en rémission radiologique initiale, 13 patients ont rechuté après 65,8 mois. La rémission radiologique était associé à un moindre risque de rechute. Pts sans récidive : 81,3 % à 1 an, 62,7 % à 3 ans et 50,1 % à 5 ans versus 62,2 %, 35,8 % et 23,2 % pour ceux en rémission clinique seule.
Conclusion
La rémission radiologique n’est obtenue que chez un tiers des patients atteints de maladie périnéale complexe après rémission clinique. Les fistules en fer à cheval et un score de Van Assche élevé sur l'IRM initial sont des facteurs indépendants de récidive et sont associés à un moins bon pronostic à long terme. Ces résultats vont dans le meme sens que le rapport TOpClass, et doivent nous inciter à proposer une évaluation par IRM dès qu'une rémission clinique est obtenue pour adapter au mieux la suite du traitement.
Ana BEYRNE, Marseille