Dépistage de la maladie cœliaque et du diabète de type 1 en pédiatrie : quand une goutte suffit
Position du problème
La maladie cœliaque (MC) est une affection auto-immune déclenchée par l’ingestion de gluten, responsable d’une inflammation intestinale chronique. Sa prévalence mondiale est estimée à 1 %, mais le sous-diagnostic reste fréquent, notamment pendant l’enfance. En Italie, près de 65 % des cas ne sont pas identifiés. L’étude pilote D1Ce Screen, présentée, vise à évaluer le dépistage de la MC et du diabète de type 1 (DT1) par dosage d’auto-anticorps spécifiques sur un prélèvement de sang capillaire.
Méthode
L’objectif était donc d’évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et la durabilité d’un programme national de dépistage combiné de la MC et DT1 en Italie au sein de 4 régions, chez des enfants de 2 à 11 ans, et réalisé par le pédiatre traitant. Les auto-anticorps spécifiques de la MC(IgA et Ig G) et du DT1 étaient dosés par méthode ELISA dans un même laboratoire centralisé et le typage HLA DQ2/DQ8 était réalisé à partir d’échantillons de sang séché. En cas de positivité d’un ou deux des tests les patients étaient adressés à des centres hospitaliers spécialisés.
Résultat
Parmi 565 pédiatres sollicités, 429 (75,7 %) ont effectivement participé à l’inclusion de patients dans l’étude (environ 20 patients inclus par médecin). Les pédiatres exerçaient en majorité dans un ville de taille moyenne et faisaient partie d’une structure avec un support infirmier. 5 535 enfants ont été inclus en 10 mois, dont 91,1 % dans la tranche d’âge cible ; 49,4 % étaient des filles. Parmi les échantillons prélevés, 89% ont pu être analysés pour au moins un test. Dans cette population : 48 (0,97%) des patients on eu un test capillaire positif pour le DT1, et 219 (4,4%) pour la maladie cœliaque. Les résultats positifs sont en cours de confirmation dans des centres spécialisés.
Conclusion
L’étude D1Ce Screen démontre la faisabilité d’un dépistage pédiatrique national de la MC et du DT1. L’implication des pédiatres, la participation familiale élevée et la qualité du prélèvement capillaire soutiennent la faisabilité du modèle. Ces résultats ouvrent la voie à une possible extension à grande échelle dans le tout le système de santé italien. La confirmation de la positivité des tests en centre spécialisés est en cours. Ce dépistage a certainement un coût mais à mettre en balance avec le coût d'un diagnostic tardif. Un exemple à suivre en France ?
Ana BEYRNE, Marseille