Position du problème
Les taux résiduels d’infliximab sont supérieurs en cas d’administration sous cutanée (IFX SC) qu’en cas d’administration IV. Il s’agit de la première étude évaluant l’association entre ces taux résiduels d’IFX SC et la réponse clinique chez des patients avec une MICI.
Méthode
Il s’agit d’une étude prospective ayant inclus 71 patients consécutifs. Les patients étaient traités par IFX SC 120 mg/14 jours depuis au moins 8 semaines. Tous les patients avaient switché de la forme IFX IV depuis au moins 22 semaines et étaient en rémission clinique lors du switch. A l’inclusion, la rémission clinique (score CDAI < 150 pour la MC et score Mayo partiel < 3 pour la RCH), l'activité clinique et biologique (CRP <5), rémission biologique (calprotectine fécale < 250 microg) ou la rémission profonde (clinique, biologique et biochimique) étaient notées et les taux d'IFX mesurés.
Résultat
Les taux sériques d’IFX SC étaient significativement plus élevés en cas de rémission profonde comparés à ceux des patients en rémission clinique et biologique et encore supérieures à ceux en rémission biologique et à un moindre degré en rémission clinique. Le taux d’IFX SC était le seul facteur indépendant associé à une évolution favorable en analyse multivariée. Le taux optimal d’IFX SC sérique associé à une rémission profonde était de 20 ug/ml.
L’ajout d’un immunosuppresseur ne semble pas associé à des taux plus élevés d’IFX SC en traitement d’entretien.
Conclusion
Des concentrations d’IFX SC > 20 ug/ml étaient associées à une rémission profonde dans la maladie de Crohn et la RCH (rémission clinique, biologique et biochimique). Une telle association n’a jamais encore été rapportée dans la littérature.
