Calprotectine fécale, généralités et modalités de dosage Identifiée pour la première fois par Fagerhol et al. en 1980 (1), la calprotectine (ou protéine S100A8-A9) est une glycoprotéine de 36 kDa de poids moléculaire qui appartient à la famille des protéines S100. C’est un hétérodimère constitué de 2 chaînes lourdes et 1 chaîne légère non covalentes. La calprotectine est contenue dans des granules cytoplasmiques et représente 5 % des protéines totales et 60 % des protéines cytosoliques des polynucléaires neutrophiles. Ces derniers constituent la source principale de calprotectine qui est aussi présente dans le cytoplasme des monocytes-macrophages et dans une moindre mesure dans les cellules épithéliales et les kératinocytes. La calprotectine est sécrétée par les cellules activées ou lorsqu’elles sont soumises à un stress ou encore à un signal de mort cellulaire. Elle est détectable dans le sérum, les selles, les urines, la salive ou le liquide synovial (2-4). La calprotectine est une protéine de liaison au calcium et au zinc au rôle incomplètement élucidé. Elle aurait des propriétés antibactériennes et antifungiques, mais aussi immunomodulatrices par son interaction avec les métalloprotéinases zinc-dépendantes responsables de l’activation de cytokines proinflammatoires comme le TNF-a. La calprotectine est une protéine relativement stable à température ambiante et qui résiste à la dégradation par les endoprotéases bactériennes contenues dans la lumière intestinale. Saverymuttu et al. ont montré qu’au cours des MICI, il existe une excellente corrélation entre l’excrétion fécale des leucocytes et l’activité clinique, endoscopique et histologique…