Introduction De nombreux consensus à l’échelle nationale, européenne ou internationale dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ont permis d’établir des recommandations dans l’initiation des traitements, en revanche les stratégies de désescalade ou d’arrêt de traitements sont moins connues. Les stratégies de réduction des traitements font intervenir plusieurs paramètres parmi lesquels l’activité de la maladie, les contraintes ou risques éventuels pour les patients, les coûts et surtout les souhaits des patients. Le rapport bénéfice/risque de la stratégie de désescalade sera différent d’un traitement à l’autre et/ou si le patient reçoit un seul ou plusieurs médicaments. La possibilité d’un retraitement et d’un retour à la rémission en cas de récidive de la maladie est également à prendre en considération dans le choix de la stratégie d’arrêt. L’objectif de cette mise au point est de faire un état des lieux sur les stratégies de désescalade ou d’arrêt dans la rectocolite hémorragique (RCH) afin de guider le gastro-entérologue en pratique clinique dans cette prise de décision. Pourquoi diminuer ou arrêter les traitements ? Les traitements des MICI peuvent parfois entraîner un sur-risque d’infections et de certains cancers 1. En ce qui concerne les infections bénignes, peu de données sont disponibles, en dehors de l’association démontrée entre exposition aux thiopurines et risque d’infections bénignes cutanées par les virus herpès et les papillomavirus 2. Il existe un excès du risque d’infections sévères, y compris d’infections opportunistes, chez les patients atteints de MICI sous immunosuppresseurs,…