LIENS D’INTÉRÊTS Amgen ; Astellas Pharma ; Astra-Zeneca ; Bristol-Myers Squibb ; Gritstone Oncology ; GlaxoSmithKline ; Haliodx ; Kaleido Biosciences ; Merck & Co. ; Inc. ; Pierre Fabre ; Roche/Ventana ; Sanofi ; Seagen ; Servier et Transgène. MOTS-CLÉS Cancers colorectaux, inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, instabilité micro-satellitaire ABRÉVIATIONS Cancers colo-rectaux (CCR) Cancers colo-rectaux (CCRm) Instabilité micro-satellitaire : MSI deficient Mismatch Repair : dMMR procient Mismatch Repair : pMMR Inhibiteurs de point de contrôle immunitaires : ICIs Polymerase Chain reaction : PCR Immunohistochimie : IHC Next-Generation Sequencing : NGS Autorisation de mise sur le marché : AMM Introduction Le phénotype d’instabilité des microsatellites avec déficience du système de réparation du mésappariement de l’ADN (MSI/dMMR) est observé dans environ 15-18 % des cancers colo-rectaux de stade II, 9-10 % des cas de stade III et 4-5 % des cas de stade IV (1-4). Le statut MSI/dMMR est un marqueur de pronostic favorable au stade II, sa valeur pronostique étant plus controversée en cas de stade III et IV (2-4). Le traitement standard du cancer du côlon MSI/dMMR de stade II et III est la résection chirurgicale de la tumeur primitive, suivie d’une chimiothérapie adjuvante associant fluoropyrimidine et oxaliplatine pour les cas au stade III (2,3). Les CCR de stade IV MSI/dMMR ont un plus mauvais pronostic que ceux Micro- Satellite Stable sans anomalie du système de réparation du mésappariement de l’ADN (pMMR) en raison d’une moindre efficacité des traitements standards (4). L’immunothérapie, par inhibiteurs de point de contrôle immunitaires (ICI), a révolutionné la prise en charge des patients atteints de certains cancers métastatiques ou très avancés. Certaines cellules cancéreuses expriment le récepteur PD1 qui se lie à des récepteurs de surface PDL1 des lymphocytes cytotoxiques et ainsi les piègent et les endorment. Au lieu de cibler directement les cellules cancéreuses comme c’est le cas de la chimiothérapie, des thérapies ciblées ou de la radiothérapie, les ICI ciblent le système immunitaire du malade, dont ils lèvent les freins pour que certaines cellules du système immunitaire (lymphocytes T, cellules dendritiques principalement) puissent détruire les cellules cancéreuses. Les lymphocytes T cytotoxiques peuvent en effet reconnaître les cellules cancéreuses à leurs marqueurs de surfaces spécifiques et les éliminer. La neutralisation de CTLA-4 par un anticorps anti-CTLA4) accroît l’activation des lymphocytes T (signal de co-stimulation par le complexe majeur d’histocompatibilité). Cette nouvelle approche a été un changement global de paradigme avec des applications cliniques…