LIEN D’INTÉRÊTS L’auteur n’a pas déclaré de lien d’intérêts en relation avec son article MOTS-CLÉS Petits polypes, polypectomie, anse froide, pince à biopsie Introduction La détection puis la résection des polypes adénomateux permet de diminuer de façon significative l’incidence et de la mortalité du cancer colorectal (1). Les petits polypes sont définis par une taille comprise entre 6 et 9 mm et les très petits polypes (diminutive polyps) par une taille de 5 mm ou moins. Ces polypes sont fréquents, ils représentent environ entre 50 et 80 % des polypes diagnostiqués durant une coloscopie (2). Leur analyse histologique montre des polypes adénomateux dans 30 à 60 % des cas ou plus rarement de véritables adénocarcinomes, dans 0,5 à 2 %. Dans la littérature, le taux de résection incomplète pour les polypes infracentimétriques est d’environ 7 à 10 % (3). Il existe en pratique une hétérogénéité des techniques endoscopiques utilisées pour la résection de ces polypes : pince à biopsies (ou pince froide), pince chaude, anse froide ou anse chaude (4). Il est important de noter que la mesure des polypes est généralement peu précise comme le témoignent les résultats d’une étude montrant que 46 % des polypes ≥ 10 mm avaient une taille < 10 mm à l’examen histologique (5). Les différentes techniques de résection des petits polypes La pince froide ou pince à biopsies Il s’agit d’une technique simple, peu coûteuse et sûre avec un risque négligeable de complication (Figure 1). L’ouverture d’une pince froide est en général de 6-7 mm et permet de récupérer les fragments de polype dans 100 % des cas. Certaines pinces ont une plus grande capacité de résection avec un écartement de 8,2 mm (par exemple : pince Jumbo, Boston Scientific). Après la résection à la pince, l’évaluation d’un éventuel résidu tumoral peut être difficile en raison d’un saignement post-résection fréquent.   Figure 1 : Résection avec une pince froide ou pince à biopsie (A et B) et avec une anse froide (C et D) de deux très petits polypes du côlon La pince chaude Elle nécessite l’utilisation d’un bistouri électrique qui permet de coaguler les berges de la résection. En raison des artéfacts de coagulation l’analyse histologique peut être difficile. De plus, un syndrome post-polypectomie dans le colon droit a été décrit, il correspond à des douleurs abdominales post-polypectomie. L’anse froide Il s’agit d’une anse plus fine et plus rigide que l’anse diathermique…