Introduction Les adénomes duodénaux (AD) sont une entité rare, bien que la littérature abonde ces dernières années sur le sujet. La définition de l’image endoscopique s’étant nettement améliorée, la découverte fortuite d’AD lors d’une ­gastroscopie diagnostique est beaucoup plus fréquente. Par ailleurs, la dangerosité réputée de la résection de ces lésions est contre balancée par le développement des techniques comme la dissection sous-muqueuse et l’expertise grandissante de certains centres en résections endoscopiques complexes. Ces lésions ont mauvaise réputation, d’une part en raison de leur localisation duodénale, au contact du rétro péritoine et de la vascularisation pancréatique faisant craindre un taux élevé de complication après muco­sectomie, d’autre part en raison de leur potentiel de transformation cancéreuse. Nous détaillerons dans ce chapitre, exclusivement les adénomes extra ampullaires et sporadiques du duodénum, les adénomes de la papille et ceux survenant dans le cadre de la polypose familiale faisant l’objet d’une prise en charge spécifique non détaillée ici. Épidémiologie des AD sporadiques non ampullaires Les AD sporadiques, survenant en dehors du contexte de polypose adénomateuse familiale liée au gène APC, sont rares et représentent 0,3 à 1,5 % des lésions découvertes lors d’endoscopies digestives hautes [1]. On estime que la prévalence de polypes du duodénum découverts lors de gastro­scopies varie de 1 à 4 % et rassemble plusieurs entités comme les lipomes, adénomes des glandes de Brunner, polypes fibroïdes inflammatoires, tumeurs carcinoïdes et polypes de Peutz-Jeghers. Parmi ces lésions, les authentiques AD extra ampullaires sont rares et…