Introduction La survenue d’une insuffisance rénale au cours de la cirrhose est fréquente et comprend classiquement l’insuffisance rénale chronique (IRC) et aiguë (IRA ; le terme « AKI », pour « acute kidney injury », désigne désormais l’IRA dans la littérature anglo-saxonne). L’IRC, définie (critères KDIGO) par un débit de filtration glomérulaire (DFG) inférieur à 60 ml/min/1,73 m2 ou la présence de marqueurs d’atteinte parenchymateuse (albuminurie, anomalies du sédiment urinaire, anomalies de l’histologie et/ ou de l’échographie rénale) pendant plus de 3 mois [1], est le plus souvent secondaire à des comorbidités (diabète, hypertension artérielle) et/ou à des causes plus spécifiques (néphropathie à IgA, glomérulopathie liée aux hépatites virales B ou C). L’IRC ayant été beaucoup moins étudiée que l’IRA au cours de la cirrhose décompensée (sa prévalence n’est même pas connue), nous ne discuterons ici que de l’IRA, qui s’observe au cours de 40 à 80 % des hospitalisations de patients atteints de cirrhose [2]. La prise en charge adéquate de l’IRA nécessite de pouvoir répondre aux questions suivantes que nous aborderons dans cette mise au point : 1) comment diagnostiquer une IRA chez le patient cirrhotique ? 2) quelles sont les causes de l’IRA ? 3) quelles sont les explorations à réaliser en présence d’une IRA ? 4) quel est l’impact pronostique de cette IRA ? 5) Quelle est la prise en charge spécifique de l’IRA selon son degré de gravité ? La connaissance de la physiopathologie de…