LIENS D’INTÉRÊTS Anthony BUISSON déclare avoir exercé une activité de consultant pour Abbvie, Amgen, Arena, Biogen, Celltrion, CTMA, Ferring, Galapagos, Janssen, Nexbiome, Pfizer, Takeda, Tillotts, de conférencier pour Abbvie, Amgen, Biogen, Celltrion, Ferring, Janssen, Pfizer, Takeda, Tillotts, Vifor-Pharma et avoir obtenu des financements de recherche de la part de Abbvie, Celltrion, Pfizer et Takeda. MOTS-CLÉS Maladie de Crohn ; complications ; anti-TNF ABRÉVIATIONS CDAI : Crohn’s disease activity index CDOS : Crohn’s disease obstructive score ; GETAID : groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires digestives ; IRM : imagerie par résonance magnétique ; MICI : maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ; PEG : polyéthylène glycol ; TDM : tomodensitométrie ; TNF : tumor necrosis factor Introduction La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) dont l’évolution naturelle tend vers la destruction intestinale (sténose, fistule ou résection intestinale) et qui peut considérablement altérer la qualité de vie des patients. La maladie de Crohn luminale se révèle sous forme inflammatoire, c’est-à-dire non compliquée, dans environ 80 % des cas au diagnostic (1). Les formes luminales compliquées inaugurales concernent donc environ un patient sur 5 au moment du diagnostic et peuvent être de deux types : sténosantes, pénétrantes (présence d’une ou plusieurs fistules intra-abdominales indépendamment de la présence de lésions ano-périnéales) ou les deux de manière concomitante. Il faut noter que les formes compliquées sont plus fréquentes en cas d’atteinte iléale de la maladie (2). Formes sténosantes inaugurales Épidémiologie et diagnostic Les formes sténosantes sont préférentiellement localisées au niveau de l’iléon ou de la valvule iléo-caecale et touchent entre 5 et 10 % des patients au moment du diagnostic (1,2). La symptomatologie est différente de la forme luminale classique avec une diarrhée au second plan ou absente. En revanche, on observe des douleurs abdominales fréquentes associées à des signes obstructifs tels qu’un syndrome de Koenig (douleurs abdominales déclenchées par les repas, de localisation constante et cédant brutalement avec le passage de gaz et/ou de selles parfois suivies d’une débâcle diarrhéique), des nausées, voire des vomissements, une restriction alimentaire et un amaigrissement involontaire. Il faut noter qu’une maladie de Crohn sténosante peut être asymptomatique ou paucisymptomatique dans certains cas et découverte en endoscopie ou en imagerie. Les indices d’activité de la maladie tels que le CDAI (Crohn’s Disease Activity Index) ou l’indice d’Harvey-Bradshaw ne sont pas adaptées à ces formes. Le CDOS (Crohn’s disease obstructive score), variant de 0 à…