Position du problème
Les modalités de surveillance par coloscopie dans la population à risque intermédiaire reposent sur les polypes précédemment détectés et réséqués. Bien qu’une association inverse entre le taux de détection d’adénomes (TDA) de l’endoscopiste et le risque de développer un cancer colorectal post-coloscopie (CCPC) soit reconnue, les mesures de performance des endoscopistes ne sont pas prises en compte lors de la détermination des intervalles de surveillance. Cette étude a pour but de comparer l’impact du TDA à la présence de polypes à haut risque (PHR) sur la survenue de CCPC.
Méthode
Les patients ayant bénéficié d’une coloscopie suite à un test de dépistage positif ont été inclus, et ont été classés dans les groupes polypes à faible risque (PFR) ou polypes à haut risque (PHR), conformément aux recommandations de l’ESGE de 2020. Le risque de CCPC a été défini comme tout CCR diagnostiqué de 6 à 36 mois après la coloscopie de référence. Les endoscopistes ont été classés en trois groupes égaux en fonction de leur TDA (faible/moyen/élevé) pour permettre une analyse stratifiée.
Résultat
239 217 patients ont été inclus, dont 74 289 (31,1 %) présentaient des PHR et 202 un CCPC. Le TDA médian était de 66,3%. La présence de PHR n’était pas associée au risque de CCPC, alors que le TDA l’était. L’incidence du CCPC était de 3,68 pour 10 000 personnes-années chez les personnes ne présentant pas de polypes ou PFR et traitées par un endoscopiste avec TDA faible, vs 1,69 chez les personnes présentant des PHR et traitées par un endoscopiste avec un TDA élevé. Les personnes présentant des PHR avec un endoscopiste ayant un TDA faible présentaient le risque le plus élevé de CCPC.
Conclusion
Cette étude a démontré que le TDA des endoscopistes avait un impact majeur sur la survenue de CCPC, alors que le caractère à haut risque des polypes n’en avait pas. Cela pose la question de nouveaux critères à prendre en compte dans les modalités de surveillance post polypectomie, ainsi que la mise en évidence d’un seuil de TDA ?