L’ustekinumab diminue le risque de développer une 2ème maladie inflammatoire immuno-médiée chez les patients atteints de maladie de Crohn

Position du problème

Le risque de développer une 2ème maladie inflammatoire immuno-médiée chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) est d’environ 20%. Ce risque de réactions paradoxales sous biothérapie a beaucoup été évalué dans des cohortes de patients sous anti-TNF, mais il existe très peu de données concernant les autres biothérapies. L’objectif de cette étude était d’évaluer le risque de développer une seconde maladie inflammatoire immuno-médiée chez des patients atteints de maladie de Crohn (MC), traités par anti-TNF et par ustekinumab.

Méthode

Des patients atteints de MC, sans autre maladie inflammatoire immuno-médiée, traités par anti-TNF en 1ère ligne, et switchés pour un autre anti-TNF ou de l’ustekinumab en 2ème ligne, ont été identifiés à partir d’une cohorte issue des bases de données de santé françaises entre 2008 et 2022.
Le critère de jugement principal était la survenue d’une 2ème maladie inflammatoire immuno-médiée (rhumatologique, dermatologique, neurologique, thyroïdienne, une connectivite ou une vascularite).
Le suivi débutait au moment du switch du traitement, jusqu’à la survenue d’une 2ème maladie immuno-médiée.

Résultat

Après ajustement par un score de propension, les caractéristiques des patients des 2 groupes étaient comparables.
Durant le suivi, 850 patients ont développés une 2ème maladie inflammatoire immuno-médiée sous anti-TNF et 158 sous ustekinumab. Ces maladies étaient principalement le psoriasis et la spondylarthrite ankylosante. L’incidence cumulée de survenue d’une 2ème maladie inflammatoire immuno-médiée était d’environ 20% à 10 ans sous anti-TNF contre 5% à 10 ans sous ustekinumab. Le HR en faveur de l’ustekinumab était de 0,53 [0,43-0,64], et de 0,62 [0,36-0,89] après exclusion du psoriasis et de la spondylarthrite ankylosante.

Conclusion

Cette étude montre que sur une cohorte de plus de 16 000 patients français atteints de MC ayant étant exposés à un anti-TNF en 1ère ligne, l’exposition à l’ustekinumab en 2ème ligne diminue le risque de développer une seconde maladie inflammatoire immuno-médiée, comparativement à l’utilisation d’un 2ème anti-TNF.
Reste à déterminer si c’est l’ustekinumab qui protège de ce risque ou si c’est l’anti-TNF qui l’induit.

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