Position du problème
La calprotectine est un biomarqueur de l’inflammation muqueuse largement utilisé dans les MICI. Ce test peut être réalisé à domicile avec une acceptabilité correcte. Dans la RCH, il a été démontré que son augmentation prédit une poussée dans les 90 jours. Cette essai se demande si un suivi rapproché et proactif de la calprotectine à domicile pourrait réduire les poussées de RCH.
Méthode
Une étude prospective randomisée multicentrique a été menée chez des patients RCH en rémission durant 18 mois. Le suivi proactif de la calprotectine fécale à domicile tous les 2 mois ou lors d’une poussée symptomatique a été comparé au suivi standard. Le traitement pouvait être modifié devant une élévation de la calprotectine selon la discrétion du médecin. La poussée symptomatique était définie par une augmentation du mpMayo ≥2 points ou un score de saignement rectal ≥1. Les données étaient collectées tous les 6 mois.
Résultat
584 patients ont été suivis sur 14 sites au Canada et en Australie (n=292 bras interventionnel et n=294 bras contrôle). Les 2 groupes étaient comparables : âge moyen de 41,9 ans, maladie récente (1,61 contre 1,44 ans) et en rémission (moyenne mpMayo 0,39 contre 0,40). Le taux de rechute dans le bras interventionnel était de 30,9% contre 32,8% dans le bras contrôle à 18 mois (HR:1,01 95% IC: 0.76, 1,34; p=0,96). Le risque de rechute restait similaire dans les 2 groupes selon l’extension de la maladie ou l’utilisation de biothérapie initialement. Parmi les 87 patients du groupe interventionnel avec une calprotectine > 250 Ug/g, 48,7% des patients avaient un changement de traitement.
Conclusion
Un tiers des patients avec une RCH en rémission clinique développe une poussée symptomatique à 18 mois. Un suivi proactive de la calprotectine à domicile n’était pas associé à une réduction des poussées. Toutefois, une des limites de cette étude est l’absence de stratégie thérapeutique codifiée (optimisation) devant l’élévation de la calprotectine.