Position du problème
Le Védolizumab (VEDO) trouve depuis quelques années sa place dans le traitement des MICI modérées à sévères et particulièrement dans la RCH. Bien que son rôle dans l’induction et le maintien de la rémission profonde dans la Maladie de Crohn (MC) ait été souligné dans plusieurs études, son utilisation est parfois . LOVE-CD, une étude prospective, compare l’efficacité du VEDO dans la MC précoce (évolution < 2 ans, bio-naïf) face à la MC non précoce et rapporte les résultats de l'optimisation du VEDO chez les non répondeurs à 6 mois.
Méthode
Dans cet essai, les patients atteints d’une MC modérée à sévère ont reçu du VEDO pendant 52 semaines. Des iléo-coloscopies avec biopsies ont été réalisées à trois moments (S0, S26 et S52). Dans le premier travail : Ont été rapportés la rémission endoscopique (RE) (SES-CD <4), l'amélioration histologique de la muqueuse (AH) (Geboes score (GS) ≤3B.1) et la rémission histologique (RH) (GS <2B.1).
Dans un 2ème travail, les patients qui n’avaient pas de réponse endoscopique à S26, ont été optimisés (de 300mg/8 semaines à 300mg/4 semaines). La rémission clinico-endoscopique a été évaluée à S52.
Résultat
260 patients ont été inclus. A S52 Les patients atteints de MC précoce avaient plus plus de taux de RH que dans la MC tardive (38,4 % vs 14,9 %, p=0,00004). Les taux de rémission clinique, RE et RH à S26 et S52 étaient comparables. En ce qui concerne la localisation de la maladie, les taux de RH dans le côlon et l’iléon n’étaient pas significativement différents (35,2 % vs 27,8 %, p=0,15).
A S26 31.5% des patients étaient non répondeurs à l’endoscopie. A S52, le groupe optimisé présentait des concentrations sériques de VDZ significativement plus élevées (moyenne 46,4 vs 16,3 ug/ml, p<0,001) sans différence significative dans le taux de RC ou de RE.
Conclusion
Le Védolizumab agit aussi bien sur le colon que sur l’iléon. Son optimisation dans la maladie de Crohn n’améliore pas les taux de rémission clinique ou endoscopique. Ce traitement est plus efficace lorsqu’il est administré précocement dans la MC, avec de meilleures chances de rémission profonde. Cependant, en France, il n’est remboursé qu’en deuxième ligne, ce qui limite l’application de ces données dans la population française.