Position du problème
L’appendicectomie a longtemps été étudiée pour son rôle potentiel dans la prévention et le traitement de la rectocolite hémorragique (RCH). Si certaines études ont suggéré un effet protecteur contre l’apparition de la maladie, d’autres ont remis en question son efficacité, voire soulevé des inquiétudes vis à vis d’un risque accru de complications, notamment de cancer colorectal. Une nouvelle étude multicentrique apporte des données préliminaires suggérant un bénéfice potentiel de l’appendicectomie dans la prise en charge des formes réfractaires de RCH modérée à sévère.
Méthode
Cette étude de cohorte prospective, multicentrique a inclus des patients âgés ≥16 ans souffrant d’une RCH modérée à sévère malgré un traitement antérieur optimisé avec un traitement avancé (biothérapie, petite molécule). Les patients éligibles étaient ceux pour lesquels le projet d’optimisation thérapeutique était considérée comme le passage à un inhibiteur de Janus kinase (JAK-i) ou la réalisation d’une coloproctectomie. Les patients recrutés ont été consultés (modèle de préférence du patient) pour subir une appendicectomie ou poursuivre la séquence thérapeutique classique sus-décrite.
Résultat
120 patients ont été inclus dans l’analyse répartis en 3 groupes (gpes) :appendicectomie (n=65), JAK-i (n=50), coloproctectomie (n=5). Les caractéristiques étaient globalement comparables entre les gpes appendicectomie et JAK-i à l’inclusion. Les patients appendicectomisés poursuivaient le traitement médical qu’ils avaient avant la chirurgie (anti-TNF alpha dans la majorité des cas). Le groupe appendicectomie avait une proportion significativement plus élevée de patients en rémission clinique sans échec thérapeutique à 12 mois par rapport au groupe traité par JAK-i (33,8 % vs 12,0 %, p=0,007). Il n’y avait pas de différence concernant les événements indésirables.
Conclusion
L’appendicectomie pourrait constituer une alternative efficace pour induire une rémission clinique dans la RCH modérée à sévère et réfractaire à au moins une thérapie avancée. Plus de résultats concernant les évènement indésirables possiblement associés notamment le risque de cancer colorectal sont nécessaires avant de valider cette approche.