Position du problème
L’upadacitinib (UPA), un anti-JAK oral, a déjà démontré son efficacité en traitement d’induction de la maladie de Crohn (MC). Une analyse post hoc d’un essai de phase 3 randomisé, contrôlé contre placebo a également permis de démontrer son efficacité dans la MC avec LAP. Actuellement, les données en vie réelle de son utilisation dans les LAP restent limitées.
Méthode
Tous les patients consécutifs, atteints de MC et traités par UPA 45 mg, ont été inclus de manière rétrospective entre septembre 2022 et septembre 2024, à partir de 32 centres du GETAID en France et en Belgique.
La rémission clinique (absence de fistules productives et d’ulcères anaux, sans nécessité d’un traitement médical des LAP par antibiotiques ou topiques, ou d’un traitement chirurgical) et la réponse clinique (amélioration d’au moins 50 % des ulcères ou des fistules) étaient évaluées à la semaine 12.
Résultat
Parmi les 243 patients sous UPA, 54 (22,2%) avaient des LAP au moment de l’induction, dont 43 avec une atteinte fistulisante et 11 avec des ulcères anaux isolés. A l’inclusion, tous les patients avaient déjà été exposés à une biothérapie et 47,2% avaient déjà eu une chirurgie périnéale. 68,5% des patients étaient en réponse clinique à la semaine 12 et 18,5% en rémission clinique. En analyse multivariée, le phénotype pénétrant (OR = 14,8, p = 0,04) était associé à un taux plus élevé de réponse clinique à la semaine 12, alors que le nombre de biothérapies antérieures n’avait pas d’influence (OR = 1,63, p = 0,47). 7 patients (13%) ont arrêté l’UPA, tous pour manque d’efficacité.
Conclusion
Dans cette cohorte en vie réelle, de patients atteints de MC très réfractaire avec LAP, le traitement d’induction par UPA a permis d’obtenir une réponse clinique chez 2/3 des patients. Un suivi des patients à long terme ainsi que des études prospectives et randomisées seront nécessaires pour confirmer ces résultats prometteurs dans la prise en charge des LAP.