Position du problème
Dans la maladie de Crohn (MC), 20 à 30% des patients ont une atteinte périnéale. Les anti-TNF sont bien établis comme traitement de première ligne dans les LAP. Cependant, il existe un risque de rechute sous anti-TNF ou de non-réponse, de 60% à 1 an et il existe peu de données concernant le traitement de 2ème et de 3ème ligne dans les LAP. Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’efficacité de différentes biothérapies en 2ème et 3ème ligne dans les LAP, après échec d’un anti-TNF.
Méthode
Cette étude rétrospective, multicentrique, a inclus 486 patients avec LAP en échec d’un traitement de 1ère ligne par anti-TNF. Le critère de jugement principal était la réponse clinique à 6 mois de l’induction d’une nouvelle ligne, et était évaluée par le médecin. La rémission clinique, la réponse radiologique et la cicatrisation radiologique ont été également été évaluées, comme critères de jugement secondaire.
Résultat
Sur les 234 patients avec LAP active, traités en 2ème ligne par une autre biothérapie (ustekinumab, vedolizumab ou un 2ème anti-TNF), 79,4% des patients sous ustekinumab avaient une réponse clinique à 6 mois, contre 58,9% et 48,7% des patients sous vedolizumab ou sous anti-TNF respectivement (p 0,001). De même, sur les 147 patients avec une LAP active traités en 3ème ligne par une biothérapie, 77,6% des patients sous ustekinumab avaient une réponse clinique à 6 mois, contre 58,2% et 55,1% chez les patients sous vedolizumab ou sous anti-TNF (p<0,001).
Conclusion
Cette étude est la première comparant les différentes biothérapies en 2ème ou 3ème ligne, dans les LAP après échec d’un anti-TNF. L’ustekinumab apparait comme le plus efficace pour obtenir une réponse clinique, comparativement au vedolizumab ou à un 2ème anti-TNF.
Des études complémentaires seront nécessaires pour confirmer ces données, notamment chez des patients avec des maladies très réfractaires.