Position du problème
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé reste de mauvais pronostic. Bien que les soins palliatifs (SP) soient recommandés précocement en cancérologie, ils sont encore peu intégrés dans le parcours de soins du CHC. Pourtant, ils améliorent la qualité de vie, les symptômes et parfois la survie. Cette étude visait à évaluer l’impact des SP sur la survie après arrêt du traitement systémique (TS) chez les patients atteints de CHC avancé.
Méthode
Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant des patients atteints de CHC avancés, diagnostiqués entre 2016 et 2021, et décédés après au moins un traitement systémique (TS). Les données cliniques, tumorales, le recours aux équipes de soins palliatifs (ESP) et le parcours de fin de vie ont été collectés. Le critère d’évaluation principal était le délai entre la dernière cure/dose de TS et le décès, selon le contact ou non avec une ESP.
Résultat
Parmi 245 patients, 49,1 % ont eu un contact avec une ESP, mais seulement 27,2 % avant l’arrêt du TS. Aucun bénéfice global de survie selon le contact ou non avec une ESP n’a été mis en évidence. Cependant, le contact précoce avec une ESP était associé à une meilleure survie après arrêt du TS (9,1 vs 5,3 semaines ; p=0,014). Lorsqu’une ESP avait été sollicité, on observait plus souvent une hospitalisation en unité de SP. Il est important de souligner que près de 1 patient sur 5 est décédé dans les 15 jours suivant la dernière cure/dose TS.
Conclusion
Les soins palliatifs (SP) sont encore trop peu et trop tardivement intégrés dans la prise en charge du CHC avancé. Si le recours aux SP n’améliore pas la survie globale, une orientation précoce avant l’arrêt des traitements systémiques semble bénéfique sur la survie après arrêt du traitement. Il est urgent de repenser leur place dans le parcours des patients. A noter, compte tenu du caractère rétrospectif de l’étude, il n’a pas été possible d’évaluer la qualité de vie des patients. Ainsi, des études prospectives avec évaluation de la qualité de vie des patients semblent indispensables.
