Position du problème
L’ablation muqueuse anti-reflux (Anti-Reflux Mucosal Ablation ARMA) a montré des résultats encourageants pour le traitement du reflux gastro-œsophagien dans des études observationnelles. Mais jusqu’alors elle n’a pas été évaluée lors d’essais cliniques. L’objectif principal de cet essai était d’évaluer son efficacité clinique et sa sécurité.
Méthode
C’est un essai clinique en triple aveugle, de supériorité, multicentrique, espagnol, en intention de traiter modifiée. Inclusion : patients atteints de RGO chronique dépendants des IPP. Exclusion : patients avec une hernie hiatale >2 cm. Les patients ont été randomisés (1:1) soit pour une ablation muqueuse anti-reflux (ARMA) par plasma argon, soit pour une endoscopie simple. Le critère de jugement principal était le succès clinique à 3 mois défini par une diminution de >50% du score GERD-HRQL. Les données de pH impédancemétrie et de manométrie haute résolution ont été évaluées.
Résultat
63 patients ont été randomisés, l’analyse en ITTm a inclus 31 patients dans le groupe ARMA et 29 dans le groupe endoscopie simple, dont les caractéristiques initiales étaient semblables. Le succès clinique à 3 mois était similaire dans les deux groupes : ARMA 61,3 % (19/31) contre endoscopie simple 51,7 % (15/29), p = 0,46. Aucune amélioration statistiquement significative n’a été observée pour les données manométriques ou de pH-impédancemétrie. La dysphagie (48 % contre 10 %, p < 0,001) et la douleur post-procédure (27 % contre 4 %, p = 0,012) étaient plus fréquentes dans le groupe ARMA. Aucun cas de perforation ou de saignement n’a été déclaré.
Conclusion
Dans cette étude prospective multicentrique, la technique ARMA n’a pas démontré d’efficacité clinique et paraclinique supérieure à l’endoscopie simple chez les patients ayant un RGO chronique dépendant des IPP, avec des effets secondaires plus importants qui restent non graves. Lors de la même session, un essai randomisé monocentrique montrait à l’inverse une amélioration significative des symptômes et des données de la pH-métrie à 6 mois, ce qui nécessite donc des essais à plus grande échelle afin de déterminer l’intérêt de cette technique.