Position du problème
La gastro-entéro-anastomose (GEA) est une avancée récente en échoendoscopie thérapeutique, et est pratiquée de plus en plus fréquemment avec des indications qui s’élargissent. La plupart des données actuelles sont issues d’études rétrospectives qui se concentrent sur les résultats techniques à court terme. Les données sur les résultats à long terme, la nécessité de réintervention et les modifications des stents métalliques à apposition luminale (LAMS) sont limitées.
Méthode
Toutes les GEA réalisées dans un seul établissement avec la technique simplifiée sans fil (WEST) entre 2020 et 2024 ont été inclus dans un registre prospectif, avec une évaluation de l’efficacité et de la sécurité tous les 60 jours. Les principaux critères de jugement étaient la récidive des symptômes après le succès clinique initial et la survie sans dysfonctionnement. Des endoscopies étaient réalisées afin d’évaluer la modification du stent et de la muqueuse adjacente. Une imagerie permettait d’évaluer les variations du calibre du stent.
Résultat
163 patients atteints de pathologies malignes ont bénéficié d’une GEA endoscopique. Les taux de succès technique et clinique étaient respectivement de 98,8% et 96,3%. Une récidive des symptômes était constatée chez 9% des patients dont 6,4% (n=10) étaient liés à une dysfonction du stent après une médiane de 231 jours. Toutes les dysfonctions ont pu être traitées par endoscopie (stent in stent: 3; changement= 2; sonde de nutrition= 1; extraction alimentaire= 2; dilatation= 1; nouvelle GEA endoscopique= 1). La survie sans symptômes étaient de 93,5 et 79,2% respectivement 6 et 12 mois. En scanner, la réduction de calibre progressait de 0,25 mm tous les 2 mois.
Conclusion
L’évolution naturelle des GEA implique des modifications du LAMS et des réactions tissulaires, ainsi qu’un rétrécissement progressif du diamètre du LAMS. Cependant, la plupart de ces modifications restent asymptomatiques, avec un taux de réinterventions endoscopiques de 6,5 %, toutes étant un succès. Pour aller plus loin, au vu des progrès des traitements oncologiques et de l’amélioration de la survie de nos patients, ces données restent à vérifier sur des durées de suivi au delà de 1 an.