Position du problème
Chez les patients atteints de polyposes adénomateuses familiales (PAF), l’incidence des cancers gastriques a fortement augmenté ces dernières décennies. La surveillance chez ces patients et la résection des lésions dysplasiques sont donc primordiales, puisque le pronostic des patients est mauvais avec 6 patients sur 7 décédant dans les 2 ans en l’absence de résection. Le but de l’étude était d’évaluer la faisabilité et la sécurité de la résection endoscopique des lésions gastriques en cas de PAF.
Méthode
Etude multicentrique prospective internationale dans 5 centres experts européens incluant les patients atteints de PAF avec résection endoscopique de lésions gastriques entre 2021 et 2024. Les types de résection étaient la mucosectomie (EMR), la résection à l’anse froide et la dissection sous-muqueuse (ESD). Les taux de complication étaient recueillis selon la classification AGREE de 2022.
Résultat
Dans les 5 centres, 209 lésions supposées dysplasiques ont été réséquées chez 58 patients atteints de PAF (1 à 19 lésions par patient). La taille médiane des lésions était de 11mm (8-20) et la localisation principale était le corps gastrique (127). L’EMR était la technique principale de résection (n=165), suivie de la résection à l’anse froide (n=39) puis l’ESD (n=5). 68% des lésions ont été réséquées en monobloc et l’histologie a montré une dysplasie de bas et haut grade dans 65,6% et 1,9% des cas et un adénocarcinome dans 1,4% des cas. 4,8% des patients ont eu une récidive (non dysplasique) durant le suivi. Enfin, 3,4% ont eu une complication hémorragique, tous après une EMR.
Conclusion
La détection et la résection endoscopique des lésions dysplasiques en cas de PAF est un réel défi dans la prise en charge de nos patients et particulièrement en cas de polypose étendue. Les différents types de résection endoscopique semblent montrer de bons profils de sécurité, le type de résection est évidemment à choisir en fonction de la taille et de l’aspect de la lésion ainsi que le terrain du patient.