Position du problème
L’hépatite chronique Delta (VHD) est l’hépatite virale la plus sévère, avec une évolution plus rapide vers la cirrhose et le carcinome hépato-cellulaire. Une co-infection virale B (VHB) et VHD augmente les taux de transplantation hépatique et de mortalité par rapport à une mono-infection VHB.
En France, son épidémiologie reste mal connue. Cette étude vise à décrire les profils des patients, les complications développées, les options thérapeutiques mises en place et les réponses virologiques sous traitement dans le Nord-Ouest de la France.
Méthode
Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective multicentrique menée entre 2014 et 2025, incluant les patients ayant une sérologie Delta positive dans 5 CHU et 16 hôpitaux généraux. Les données démographiques, virologiques, de fibrose et de traitement ont été recueillies à partir des dossiers médicaux.
Résultat
367 patients ont été inclus, majoritairement des hommes, migrants et en situation de précarité. Parmi eux, 53 % présentaient une charge virale détectable. La transmission materno-fœtale était fréquente. La fibrose était souvent avancée, avec 25 % de cirrhose. Parmi ces derniers, un quart avait un carcinome hépatocellulaire et un sur cinq a nécessité une transplantation.
Les prises en charge étaient hétérogènes avec 13 schémas thérapeutiques différents, 42 % des patients n’avaient qu’un seul dosage de la charge virale et 1 patient sur 3 avec indication au traitement n’a pas été traité. Enfin, 20 % ont été perdus de vue. La réponse virologique à S24 atteignait 47 % en première ligne.
Conclusion
Cette étude confirme la sévérité de l’hépatite Delta, souvent diagnostiquée à un stade avancé avec des sérologies et des charges virales insuffisamment réalisées. Les parcours des patients restent hétérogènes avec de nombreux perdus de vue. Un meilleur dépistage avec généralisation des tests réflexes et un meilleur suivi apparaissent indispensables.
