Cancers oeso-gastro-duodénaux d’intervalle : la bête noire du gastro entérologue

Position du problème

Dans une méta analyse récente, 10.7% des patients diagnostiqués d’un cancer oeso-gastro-duodénal (OGD) ont bénéficié d’une endoscopie haute dans les 3 années précédentes. Un chiffre qui alerte sur notre rigueur dans la pratique de cet examen, souvent annoncé comme ne durant que 5 minutes! Mais alors, quels facteurs sont associés à ces cancers d’intervalle?

Méthode

On distingue 2 temps :
D’une part, une étude de cohorte rétrospective a étudié l’ensemble des cas de cancers OGD dans le CHG de Colmar sur la période s’étendant de janvier 2020 à avril 2025.
D’autre part, une enquête prospective menée en 2025 s’est intéressée aux différents indicateurs qualité de la gastroscopie dans ce même centre.

Résultat

Sur 14683 procédures réalisées par 17 endoscopistes, 137 cancers OGD ont été diagnostiqués.
7.3% de ces patients (n=10) avaient bénéficié d’une gastroscopie négative dans les 3 années précédant le diagnostic.
Les examens ont été réalisés sans sédation pour 8 de ces 10 patients.
Ces 10 cancers d’intervalle concernaient l’oesophage (supérieur n=3, inférieur n=2), le corps gastrique (n=2) et le duodénum (n=3). On déplore 6 cancers OGD avancés ou métastatiques.
Concernant l’opérateur, il s’agissait le plus souvent d’un sénior (expérience >5 ans).
Pour les critères qualité : près de 80% des gastroscopies duraient moins de 7 minutes et des biopsies étaient réalisées dans 75% des cas.

Conclusion

Enfin des données françaises sur ces cancers OGD d’intervalle dont tout de même 50% sont jugés évitables.
Pour réduire ce risque, soyons vigilants au retrait, surtout dans l’oesophage et si possible en coloration virtuelle!

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