Position du problème
ESSENCE est un essai de phase III en cours chez des patients avec MASH histologiquement confirmée et fibrose F2-F3. Des résultats intermédiaires positifs ont été rapportés chez 800 patients traités 72 semaines par sémaglutide 2,4 mg hebdomadaire versus placebo. La réponse clinique au traitement dans la MASH ne peut être entièrement reflétée par les changements histologiques.
Cette analyse secondaire vise à évaluer, à S72, la concordance entre histologie et tests non invasifs (TNI) pour juger la réponse au sémaglutide, selon la résolution de la stéatohépatite et l’amélioration de la fibrose.
Méthode
Parmi les 800 premiers patients randomisés, les données d’histologie et de TNI à 72 semaines étaient disponibles chez 394 patients pour l’activité et chez 494 pour la fibrose.
La réponse de l’activité reposait sur : résolution histologique de la MASH sans aggravation de la fibrose, baisse des ALAT ≥ 25 %, ou amélioration du score FAST ≥ 0,22.
La réponse de la fibrose reposait sur : amélioration histologique sans aggravation de la MASH, baisse du LSM ≥ 30 %, ou diminution du score ELF ≥ 0,5 par rapport à l’inclusion initiale.
Résultat
Pour l’activité, 90,3 % des patients sous sémaglutide (n=269) présentaient au moins un critère de réponse, contre 59,2 % sous placebo (n=125). Tous les critères étaient atteints chez 45,7 % vs 10,4 %. Une baisse des ALAT concernait 75,8 % vs 37,6 %. Deux critères étaient remplis chez 75,1 % vs 30,4 %, et 62,5 % vs 20,0 % montraient une concordance entre les ALAT et le score FAST.
Pour la fibrose, 84,3 % des patients sous sémaglutide (n=332) vs 54,9 % sous placebo (n=162) avaient au moins un critère. Tous les critères étaient atteints chez 16,0 % vs 5,6 %. Une baisse du LSM concernait 53,6 % vs 30,9 %, deux critères 53,9 % vs 19,2 %, et la concordance ELF–LSM 37,7 % vs 10,5 %.
Conclusion
En conclusion, une proportion plus élevée de patients traités par sémaglutide répond aux critères histologiques et non invasifs de réponse au traitement par rapport au placebo. L’utilisation des tests non invasifs permet d’identifier davantage de répondeurs que l’histologie seule. Ces résultats soutiennent leur intérêt en pratique clinique. L’étude se poursuit afin de confirmer les bénéfices cliniques à long terme et d’en préciser l’impact sur l’évolution de la maladie et la prise en charge des patients.
