Amputation abdomino-périnéale dans les MICI : pourquoi 1 patient sur 5 présente des lésions périnéales chroniques ?

Position du problème

Malgré le développement des thérapies avancées dans les MICI, l’amputation abdomino-périnéale (AAP) reste une option de dernier recours en cas de LAP réfractaire ou de MICI associée à un cancer colorectal ou anal. Même à distance de la chirurgie (> 6 mois), il n’est pas rare que certains patients présentent des suppurations périnéales chroniques.

L’objectif de l’étude était de décrire et caractériser les patients présentant des lésions périnéales chroniques après AAP.

Méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée dans 4 centres parisiens. Tous les patients suivis pour une MICI et ayant bénéficié d’une AAP ont été inclus. Le critère de jugement principal était la probabilité de cicatrisation périnéale à 1 an.

Résultat

103 patients ont été évalués après une AAP. Il s’agissait d’une majorité de femme suivie pour MC diagnostiquée dans l’enfance avec échec d’au moins 2 thérapies avancées (60%). Après AAP, le délai médian de cicatrisation était de 3 mois. Le taux de cicatrisation à 1 an était de 80%. En cas d’absence de cicatrisation à 3 ans, la probabilité de cicatrisation était nulle. L’épiploplastie semble être un facteur protecteur. L’introduction d’une thérapie avancée ne semblait pas prévenir l’apparition des lésions. Le sexe féminin est prédictif de lésions chroniques. 20% des patients ont nécessité une 2e chirurgie.

Conclusion

20% des patients opérés d’une AAP avec stomie définitive ont présenté des suppurations périnéales chroniques. La distinction entre récidives de lésions périnéales en lien avec la MICI des lésions post opératoires s’avère complexe. Ces lésions périnéales probablement sous estimées nécessitent de continuer d’examiner et d’interroger les patients après une AAP.

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