Position du problème
Le traitement standard de l’adénocarcinome oesograstrique (AOG) résécable repose sur une tri-chimiothérapie (CT) par FLOT péri-opératoire + immunothérapie (IT) par Durvalumab. Cependant, les tumeurs dMMR/MSI semblent être résistantes à la bi-CT, mais sensibles à la double IT (antiPD1 + antiCTLA4) néoadjuvante. Peu de données sont disponibles sur la réponse à la tri-CT ou aux antiPD1 seuls. Cette étude a voulu évaluer les différentes stratégies néoadjuvantes pour les AOG résécables dMMR/MSI.
Méthode
Cette étude rétrospective multicentrique (23 centres français) a été menée de 2018 à 2023 chez des patients avec AOG résécable MSI/dMMR. Les données démographiques, tumorales et thérapeutiques ont été analysées. Les patients étaient classés en 4 groupes selon le traitement préopératoire : CT, double IT, anti-PD1 seul ou chirurgie d’emblée. L’objectif principal était le taux de pCR et le taux de réponse pathologique majeur (pMR); les critères secondaires incluaient la survie sans récidive (SSR), la survie globale (SG) et la tolérance.
Résultat
207 patients (âge médian 76 ans, 66% hommes) ont été inclus. Les traitements préopératoires variaient entre CT (103 pts), bi-IT (28 pts), anti-PD1 seul (38 pts) ou chirurgie d’emblée (38 pts). Moins de patients ont été opérés dans les bras IT, souvent en raison de réponses complètes permettant une conservation d’organe. La pCR était supérieure dans les groupes IT (41 et 44%) vs. 9% dans le groupe CT. La SG et SSR étaient significativement supérieures dans le bras bi-IT, même après ajustement des facteurs pronostiques (IPTW). Les toxicités sévères gd 3-4 étaient plus fréquentes dans le bras bi-IT versus bras mono-IT (14% vs.9%, p= non significatif) mais gérables.
Conclusion
L’immunothérapie améliore significativement les taux de pCR/pMR vs chimiothérapie, avec une supériorité du doublet anti-PD1 + anti-CTLA4 sur la monothérapie. Son efficacité pourrait être sous-estimée en lien avec les stratégies de conservation d’organe. Il y a un signal favorable de l’IT sur la survie. Concernant la tolérance, le surcoût de toxicité de la bi-IT semble rester acceptable.
