Position du problème
La gemcitabine-nab-paclitaxel (régime MPACT) est une option en 1ère ligne chez les patients atteints d’adénocarcinome du pancréas canalaire métastatique (mPDAC) et le 5-FU NALIRI (régime NAPOLI) est validé en 2e ligne après échec de la gemcitabine. Un traitement séquentiel associant les deux traitements pourrait constituer une stratégie permettant de retarder la résistance thérapeutique et de réduire la toxicité cumulative. L’objectif de l’étude FUNGEMAX-PRODIGE 61 était d’évaluer l’efficacité d’une telle stratégie en 1ère ligne dans les mPDAC.
Méthode
L’étude FUNGEMAX est un essai clinique randomisé de phase II. Les critères d’inclusion étaient : patients de moins de 75 ans atteints d’un mPDAC naïfs de traitement. Les patients ont été randomisés entre un bras MPACT (standard) et 2 bras expérimentaux : un bras NAPOLI et un bras séquentiel (alternance tous les 2 mois NAPOLI-MPACT). Le critère de jugement principal était le taux de survie sans progression (SSP). Les critères de jugement secondaire étaient : la survie globale (SG), le taux de réponse objectif (RO) et la toxicité.
Résultat
Il y avait 288 patients inclus, 96 dans chaque bras. Concernant l’efficacité, le critère de jugement principal n’était pas atteint. En effet, le bras séquentiel par rapport au bras MPACT présentait une médiane de SSP plus longue mais non statistiquement significative (médiane de 6.1 vs 5.7 mois, HR = 0.77), une SG à 24 mois plus importante (24% vs 12%) et un taux de RO plus élevé (43% vs 38%). En revanche, concernant le bras NAPOLI, la SSP, la SG et le taux de RO étaient moins bons par rapport au bras MPACT. Quant à la tolérance, le bras séquentiel alternait les toxicités digestives de NAPOLI et hématologiques d’MPACT mais présentait moins de neurotoxicité.
Conclusion
En conclusion, le schéma NAPOLI présente une efficacité insuffisante en 1ère ligne. En revanche, le schéma séquentiel alternant « gemcitabine-nab-paclitaxel » et « 5-FU-NALIRI » semble intéressant. En effet, il est faisable avec une toxicité habituelle et moins de toxicité cumulative (neurotoxicité). Il présente également un signal d’efficacité par rapport au schéma MPACT et pourrait constituer une alternative chez les patients non candidats à une tri-chimiothérapie.
