Position du problème
Plusieurs études ont démontré une altération des voies de la kératinisation (transformation de la muqueuse en épithélium pavimenteux) dans les fistules anopérinéales lié à la maladie de Crohn. L’enjeu de cette étude était d’identifier les facteurs cliniques associés à cette altération et de déterminer son influence sur la cicatrisation et l’évolution à long terme des fistules.
Méthode
Chez des patients opérés de fistules anopérinéales de Crohn, le séquençage de l’ARN du matériel de curetage a permis de calculer un score de kératinisation, défini comme faible si < 0 et élevé si ≥ 0. L’étude évaluait principalement son association avec les caractéristiques cliniques, dont la classification préopératoire TOpCLASS, et secondairement avec l’évolution des fistules et la rémission radiologique (MAGNIFI ≤ 5).
Résultat
Parmi les 36 patients inclus (âge médian : 33 ans), 56 % présentaient une faible kératinisation. Le score était plus bas chez les fumeurs et dans les formes TOpCLASS plus sévères 2b, 2c et 3 que dans les fistules accessibles à une réparation chirurgicale 2a.
Concernant le pronostic, un score de kératinisation élevé ≥ 0 était associé à une rémission radiologique plus fréquente après fermeture chirurgicale (6/8 contre 1/9 ; p = 0,02). À l’inverse, un score < 0 était associé à un recours plus fréquent à une dérivation fécale ou à une proctectomie (8/20 contre 1/16 ; p = 0,03).
Conclusion
Étude originale suggérant que le score de kératinisation pourrait constituer un outil de sélection des patients candidats à une technique d’obturation du trajet fistuleux, une kératinisation élevée étant associée à une meilleure rémission radiologique après fermeture. Résultats néanmoins exploratoires, issus d’un faible effectif (n = 36), qui nécessitent une validation prospective avant toute utilisation dans la décision thérapeutique.
