Position du problème
Les dernières recommandations de l’ACPGBI sur la prise en charge des lésions intraépithéliales anales de haut grade (HSIL) proposent une nouvelle stratégie sensiblement différente des recommandations françaises.
Méthode
La surveillance des patients traités pour HSIL est défini en trois groupes à risque :
– Risque élevé : patients VIH, HSH ≥ 35 ans avec le VIH, HSH ≥ 45 ans, Femmes transgenres, Femmes aux antécédents de cancer/HSIL vulvaire, Greffé d’organe solide depuis >10 ans, Antécédent de cancer anal
– Risque modéré : absence de caractéristiques de haut risque, mais ayant une atteinte étendue au moment du diagnostic (≥ 50 % de la surface anale et/ou périanale)
– Risque faible : absence de caractéristiques de haut risque et ayant une atteinte limitée (< 50 % de la surface ou HSIL isolée)
Résultat
Ces recommandations préconisent d’adresser tous patients HSIL vers un centre ayant une expertise en AHR et en lien avec une RCP de cancérologie anale. Toute HSIL anal confirmée histologiquement doit être traité au cours d’une AHR.
Après traitement, le suivi dans les 3-6 mois par AHR. La cytologie et la recherche d’HPV restent optionnelles. Les biopsies systématiques sont déconseillés. En l’absence de récidive la surveillance est dictée selon trois niveau :
– haut risque : surveillance à 12, 24, 36, 48 et 60 mois puis à vie ;
– risque modéré : surveillance à 12, 24 et 48 mois ;
– bas risque : surveillance à 12 et 24 mois.
En l’absence de récidive, ces deux derniers groupes quittent la surveillance spécialisée avec consignes de reconsultation.
Conclusion
Les britanniques font de l’AHR le pivot du parcours des patients présentant une HSIL. Celle-ci guide les biopsies, le traitement puis le contrôle d’éradication et la surveillance !
La France privilégie un accès à l’AHR orienté par le triage HPV16 et la cytologie. Cette évolution souligne l’enjeu développer l’expertise et l’accès à l’AHR.
