Position du problème
Après le drainage d’un abcès anal, identifier les patients qui développeront une fistule reste un enjeu. L’étude pilote PACCMAN explore l’intérêt des cultures microbiologiques du pus prélevé lors du drainage pour prédire cette évolution.
Méthode
Cette étude prospective a inclus 50 patients présentant un abcès périanal, sans antécédent connu de maladie de Crohn. Le protocole prévoyait un drainage de l’abcès avec prélèvement de pus pour culture et antibiogramme. Les patients étaient ensuite suivis pendant 24 mois, avec réalisation d’une IRM au décours.
Le critère de jugement principal était la formation d’une fistule confirmée à l’IRM et nécessitant une intervention chirurgicale.
Résultat
Parmi les 50 patients inclus, 44 ont bénéficié d’un drainage de l’abcès, les autres avaient reçu un traitement conservateur. Parmi les 44 patients opérés, un prélèvement de pus a été réalisé chez 33 d’entre eux.
Des bacilles coliformes ont été identifiés dans 15 cultures sur 33 (45 %), avec notamment une association de flore cutanée et de coliformes, E. Coli ou une flore mixte. Les 18 autres cultures (55 %) présentaient des germes non coliformes : flore cutanée, anaérobies ou streptocoques.
Une fistule s’est développée chez 11 des 15 patients (73 %) dont la culture était positive pour des coliformes, contre 9 des 18 patients (50 %) dont la culture présentait des germes non coliformes. Cette différence n’était pas statistiquement significative.
Conclusion
Signal intéressant mais encore exploratoire : la présence de coliformes dans le pus était associée à une fréquence plus élevée de fistule secondaire (73 % vs 50 %), mais sans significativité statistique (p = 0,15). L’effectif est très faible et les prélèvements microbiologiques incomplets (33 patients analysables), ce qui ne permet pas d’en faire à ce stade un véritable marqueur prédictif. Une validation sur une cohorte plus large est nécessaire.
