Position du problème
Le RISANKIZUMAB a démontré son efficacité clinique et endoscopique dans la maladie de Crohn (MC). Son effet sur les lésions transmurales, évaluées par échographie intestinale, reste peu étudié, alors que la cicatrisation transmurale devient un objectif thérapeutique. Cette sous-analyse de l’étude SKYNETICS décrit l’évolution précoce de ces lésions sous risankizumab.
Méthode
Une étude prospective multicentrique française incluant des adultes ayant une MC symptomatique (PRO-2) avec inflammation échographique, débutant le RISANKIZUMAB en pratique courante (600 mg IV à S0, S4 et S8, puis 360 mg SC toutes les 8 semaines à partir de S12). Les échographies étaient faites à S0, S4 et S12. Le critère de jugement principal était la réponse transmurale définie par une baisse de 25 % de l’IBUS-SAS, et évaluée aussi selon le BUSS et le us-C-score.
Résultat
Parmi les 109 patients inclus (âge moyen de 42,9 ans ; 45,9 % de fumeurs actifs), 44,9 % avaient déjà bénéficié d’une résection intestinale et 32 et 40 % avaient déjà reçu reçu 2 ou au moins 3 traitements avancés.
La réponse clinique passait de 57,7 % à S4 à 79,2 % à S12, la rémission clinique de 33,9 % à 38,0 %, et la calprotectine fécale médiane de 269 à 135 µg/g. La réponse transmurale selon l’IBUS-SAS était de 27,3 % à S4 et de 28,5 % à S12 ; à S12, elle était de 14,3 % selon le BUSS et de 54,3 % selon le us-C-score. La rémission transmurale n’était atteinte que chez 8,5 % des patients à S12. La réponse était plus précoce sur le côlon (22,4 % à S4) que sur le grêle (13,9 %), sans différence à S12. L’épaississement pariétal était la dernière lésion à régresser, et aucun facteur prédictif de réponse transmurale n’a été identifié.
Conclusion
Chez des patients très exposés aux traitements avancés, le RISANKIZUMAB apporte une réponse clinique et biologique rapide. La réponse transmurale est également visualisée dès S4 confirmant l’intérêt d’un suivi échographique.
