Position du problème
La maladie de Crohn fistulisante anopérinéale (MCFP) altère considérablement la qualité de vie des patients et reste difficile à traiter, les options thérapeutiques efficaces à long terme étant limitées. Dans l’essai randomisé de phase III FUZION, le guselkumab (anticorps monoclonal anti-IL-23 p19) a démontré sa supériorité sur le placebo pour obtenir une rémission fistuleuse clinique et radiologique à la semaine 24 (S24). Cette communication présente les résultats à S48.
Méthode
FUZION est un essai de phase III randomisé, en double aveugle, incluant 286 adultes présentant au moins une fistule périanale active confirmée par IRM. Les patients recevaient du guselkumab 200 mg IV à S0, S4 et S8, puis 100 mg SC/8 semaines ou 200 mg SC/4 semaines, ou un placebo (2:2:1). À S24, les non-répondeurs pouvaient bénéficier d’un ajustement posologique en aveugle. Les critères évalués étaient la rémission fistuleuse combinée (clinique et radiologique), la rémission clinique et la réponse clinique.
Résultat
Parmi les 286 patients randomisés (guselkumab 100 mg : n=113 ; 200 mg : n=115 ; placebo : n=58), 57 % ont bénéficié d’un ajustement posologique à S24. Seulement 10 % des patients sous guselkumab ont interrompu leur traitement avant S48, dont 3 % pour aggravation de la maladie. L’efficacité se maintenait ou progressait à S48 : dans les groupes guselkumab regroupés, la rémission fistuleuse combinée passait de 28 % à S24 à 31 % à S48, et la réponse clinique de 34 % à 41 %. Les événements indésirables concernaient respectivement 71 %, 77 % et 83 % des patients sous guselkumab 100 mg, 200 mg et placebo, dont des événements graves chez 16 %, 8 % et 14 %. Trois tumeurs malignes, considérées comme non liées au traitement, ont été rapportées chez deux patients du groupe 200 mg.
Conclusion
Après une supériorité démontrée sur le placebo à S24, le guselkumab maintient son efficacité jusqu’à S48, avec une tolérance globalement satisfaisante, confortant son intérêt dans la MCFP. L’absence de comparaison contrôlée au placebo à S48 et les ajustements posologiques limitent toutefois l’interprétation des résultats à long terme et la comparaison entre les deux schémas d’entretien.
