Position du problème
La CSP est associée à une MICI chez 60 à 80 % des patients, le plus souvent une RCH. L’essai de phase 3 NUC-5/PSC a montré la supériorité de l’ACIDE NORUCHOLIQUE (NCA, ou norUDCA), un acide biliaire semi-synthétique, sur le placebo pour stabiliser l’histologie hépatique et réduire les phosphatases alcalines (PAL). Chez la souris, le NCA réduit aussi l’inflammation colique en freinant les lymphocytes Th17 et en induisant des lymphocytes T régulateurs. Cette analyse en sous-groupes évalue son effet sur la MICI associée.
Méthode
Cette analyse en sous-groupes de l’essai de phase 3 NUC-5/PSC, randomisé en 2:1 contre placebo inclut des adultes atteints de CSP des gros canaux avec PAL > 1,5 N, traités par NCA 1 500 mg/j. Une MICI était acceptée si elle était en rémission ou peu active (CDAI < 150, CAI < 8), sous 5-ASA ou probiotiques seulement. Le critère principal de l’essai, hépatique, associait l’absence d’aggravation du stade de Ludwig et des PAL < 1,5 N à S96. Cette analyse étudiait le délai avant la première poussée de RCH, déclarée comme événement indésirable, puis le critère principal selon la présence d’une MICI.
Résultat
Une MICI était présente chez 137 patients sous NCA (66,8 %) et 56 sous placebo (58,3 %), surtout une RCH (122 et 50), légèrement active à l’inclusion chez 55 % et 50 % d’entre eux ; les trois quarts prenaient de l’AUDC.
Chez les patients avec RCH, une poussée est survenue avant S96 chez 13,9 % sous NCA contre 30,0 % sous placebo (HR 0,35 ; p = 0,0035), sans variation du score CAI moyen. Le critère principal était atteint chez 13,9 % sous NCA contre 7,1 % sous placebo en cas de MICI (p = 0,16), et chez 17,6 % contre 0 % sans MICI. En cas de MICI, des PAL < 1,5 N étaient obtenues chez 19,7 % contre 17,9 % (p = 0,69), mais l’histologie ne s’aggravait pas chez 78 % contre 57 % des patients biopsiés (p = 0,019).
Conclusion
Chez des patients CSP-MICI peu actifs, l’ACIDE NORUCHOLIQUE semble réduire et retarder les poussées de RCH, sans aggravation de la colite. Sur le plan hépatique, il freine la progression histologique en cas de MICI, mais ni le critère principal ni la baisse des PAL n’y diffèrent du placebo. Ces résultats venant d’une analyse de sous-groupes, avec des poussées déclarées comme événements indésirables et sans confirmation endoscopique, l’effet sur la colite reste à confirmer.
