Position du problème
Les mutations RAS sont présentes dans plus de 90 % des adénocarcinomes pancréatiques. L’étude de phase III RASolute 302, présentée à l’ASCO 2026, avait démontré un bénéfice majeur du Daraxonrasib, inhibiteur oral multisélectif de RAS(ON), par rapport à la chimiothérapie en deuxième ligne métastatique, avec un doublement de la médiane de survie globale (13,2 vs 6,7 mois ; HR = 0,40).
Cette nouvelle analyse exploratoire, vise à évaluer la reproductibilité de ce bénéfice selon les différents sous-types de RAS, les traitements antérieurs et les chimiothérapies comparatrices.
Méthode
RASolute 302 est une étude internationale de phase III, randomisée, ouverte, ayant inclus 500 patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique métastatique prétraité, en bon état général (PS 0-1), indépendamment du statut mutationnel RAS.
Les patients recevaient en L2 du Daraxonrasib 300 mg/j (n = 248) ou une chimiothérapie au choix de l’investigateur (n = 252).
Cette analyse exploratoire repose sur les données de l’analyse principale, avec un suivi médian de 8,5 mois.
Résultat
Le bénéfice en survie globale du Daraxonrasib était retrouvé dans les différents sous-groupes RAS : G12D (HR = 0,49), G12V (HR = 0,32), G12R (HR = 0,61), Q61 (HR = 0,37) et sans mutation RAS identifiée (HR = 0,43).
Le bénéfice était également observé quelle que soit la chimiothérapie comparatrice : Gemcitabine–Nabpaclitaxel (HR = 0,45), mFOLFIRINOX/FOLFOX (HR = 0,46) ou 5FU-Naliri (HR = 0,32).
Le bénéfice persistait chez les patients en rechute métastatique précoce après traitement post-opératoire (HR = 0,36). Ces résultats exploratoires doivent toutefois être interprétés avec prudence en raison des faibles effectifs de certains sous-groupes.
Conclusion
Cette analyse exploratoire de RASolute 302 confirme la robustesse du bénéfice en survie globale du Daraxonrasib en deuxième ligne de l’adénocarcinome pancréatique métastatique, indépendamment de la chimiothérapie antérieure et du comparateur utilisé. Le bénéfice est retrouvé à travers les différents sous-types mutationnels RAS.
Malgré les faibles effectifs de certains sous-groupes, ces résultats confortent la place prometteuse du Daraxonrasib comme nouvelle option thérapeutique, sans nécessité apparente de sélection selon le génotype RAS.
