Position du problème
Dans les adénocarcinomes oesogastriques avancés, le ciblage de CLDN18.2 a fait ses preuves en 1ère ligne avec le Zolbetuximab à travers les essais cliniques SPOTLIGHT et GLOW, mais les options ciblées restent limitées après progression. Le Sonesitatug Vedotin (Sone-Ve) est un anticorps conjugué ciblant CLDN18.2 qui a montré une activité prometteuse dans des essais cliniques de phase I et II. CLARITY-Gastric 01 explore son efficacité au-delà de la 1ière, avec une question essentielle qui se pose sur la pertinence de cette cible quand l’expression tumorale est faible.
Méthode
CLARITY-Gastric 01 est un essai international de phase III ouvert, randomisant des patients atteints d’un adénocarcinome œsogastrique avancé en 2ème ligne ou plus, avec expression membranaire de CLDN18.2 dans ≥25 % des cellules tumorales, quelle qu’en soit l’intensité. 267 patients ont reçu Sone-Ve (2,2 mg/kg /3 semaines) et 265 un traitement au choix de l’investigateur. Les deux co-critères principaux étaient la SG en 3ème ligne ou plus et la SSP évaluée en revue centralisée dans la population globale à partir de la 2ème ligne.
Résultat
Après un suivi médian de 8,6 mois, Sone-Ve améliore la SG en L3+ : 10,0 versus 5,0 mois (HR 0,47 ; IC95 % 0,36–0,62 ; p<0,001). Le bénéfice est retrouvé dans l’ensemble de la population à partir de la 2ème ligne : 10,6 versus 6,4 mois (HR 0,58 ; IC95 % 0,47–0,73 ; p<0,001), y compris pour les expressions de CLDN18.2 entre 25 et 75% (HR 0,63) et ≥75 % (HR 0,59). En revanche, la SSP évaluée centralement dans la population globale n’atteint pas le seuil de significativité. En revanche, la médiane de SSP en 3ème ligne ou plus (non pré-spécifié) était améliorée (4,1 vs 2,7 mois; HR 0,56 (0,43-0,74). Le profil de tolérance était satisfaisant avec des toxicités liées au traitement de grade≥3 moins fréquentes sous Sone-Ve (36,4 % vs 44,8 %).
Conclusion
Le Sone-Ve constitue une avancée importante dans les adénocarcinomes oesogastriques avancés CLDN18.2+, avec un bénéfice particulièrement convaincant à partir de la 3ᵉ ligne, où les options thérapeutiques restent limitées. En 2ᵉ ligne, sa place demeure à préciser, notamment face au standard Ramucirumab-Paclitaxel. Comme discuté par Salah Al Batran, le regroupement des différentes lignes complique l’interprétation des résultats. Les données de l’étude de phase 3 asiatique G-HOPE-001 renforcent néanmoins l’intérêt de cette nouvelle classe d’ADC anti-CLDN18.2 en situation de maladie pré-traitée.
