Patients ACLF 3 : les données françaises à long terme confirment l’intérêt de la greffe hépatique !

Position du problème

Dans le contexte actuel de pénurie d'organes, la question de la futilité de la greffe se pose lors de défaillances d'organes multiples et sévères chez un patient cirrhotique. Alors que de nombreuses études confirment une survie post-TH acceptable à 1 an en cas d'acute on chronic liver failure de type 3 (ACLF3), les données à plus long terme sont manquantes. L'étude portait sur le devenir à 5 et 10 ans des patients ACLF3 inclus dans l'étude rétrospective française sur ACLF et TH (J Hepatol 2017)

Méthode

Tous les patients ACLF 3 (n=73) ainsi que leurs témoins appariés (sur le sexe et l'âge) avec ACLF 2 (n=145), ACLF 1 (n=119) et sans ACLF (n=292) ayant participé à l'étude princeps ont été inclus. Les données étaient collectées de manière prospective via le registre national CRISTAL. Le critère de jugement principal était la survie à 5 et à 10 ans. Les critères secondaires étaient la survie greffon à 5 et à 10 ans, les causes de décès et l'identification de facteurs prédictifs de survie.

Résultat

Le suivi médian était de 9 ans. Le taux de survie globale à 5 ans en cas d'ACLF 3 était de 73%. Les survies patient et greffon à 5 et 10 ans n'étaient pas différentes des autres grades ACLF. A 10 ans, 30 patients sont décédés et 3 ont été retransplantés. Les 1ères causes de décès étaient les infections (33%) et les causes cardiovasculaires (23%). En analyse multivariée, les facteurs indépendamment associés à la survie étaient l'index de comorbidités Charlson à la TH et le nombre de CGR transfusés. L'âge, l'étiologie de la cirrhose, le MELD et la sarcopénie n'avaient aucune incidence.

Conclusion

La transplantation hépatique des patients ACLF 3 peut être considérée comme utile avec un taux de survie à long terme acceptable, nous incitant à nous rapprocher rapidement d'un centre de TH pour discuter de tels patients. Dans l'espoir d'améliorer encore ces résultats, nous devrions concentrer nos efforts sur la sélection des patients et la lutte contre les infections et les pathologies cardiovasculaires qui restent les causes principales de décès.

Jade MALAT, Valenciennes