Position du problème
La maladie à IgG4 (MI4) est une maladie fibro-inflammatoire à médiation immunitaire, pouvant atteindre plusieurs organes. Elle évolue par poussées récidivantes responsable de lésions et de dysfonctions d’organes. Les atteintes pancréatiques et hépato-biliaires sont fréquentes, survenant chez 50 et 25% des patients, respectivement. Diminuer les possibilités d’activation des lymphocytes B impliqués dans le processus inflammatoire est une évidente stratégie thérapeutique. L’Inébilizumab (INEB) est un anticorps monoclonal anti-CD19 qui entraîne une déplétion rapide et durable des lymphocytes B.
Méthode
MITIGATE est un essai de phase III, randomisé, contrôlé, mené en aveugle, évaluant l’innocuité et l’efficacité de l’INEB dans le traitement de la MI4. Les participants éligibles présentaient une atteinte antérieure d’au moins deux organes et avaient eu une poussée de la maladie à IgG4 nécessitant un traitement par corticoïdes pendant la période d’inclusion. Les patients ont été randomisés 1:1 pour recevoir soit de l’INEB (300mg IV) soit un placebo (PBO) à J1, J15 et à la semaine 26. Les corticoïdes ont été réduits progressivement dans les deux groupes jusqu’à l’arrêt complet à la semaine 8.
Résultat
Sur 135 patients inclus, une activité de la maladie était notée au niveau du pancréas, des voies biliaires et du foie chez respectivement 51(38%), 28 (21%) et 5 (4%) participants à l’inclusion.
7 patients (10%) du groupe INEB ont eu au moins une poussée, contre 40 (60%) du groupe PBO. L’INEB a réduit le risque de poussée versus PBO dans les 3 sous-groupes : -97% dans le groupe pancréas et aucune poussée dans le groupe foie et voie biliaire. La proportion de patients obtenant une rémission complète sans poussée et sans traitement a un an était plus élevée avec l’INEB qu’avec le PBO (57.4 vs 22.4%). Enfin, l’INEB est bien toléré, avec quelques cas de lymphopénie, infections, douleur dorsales.
Conclusion
L’Inébilizumab, anti CD19, induisant une déplétion lymphocytaire B, réduit le risque de poussées de maladies liées aux IgG4 hépato-bilio-pancréatiques et augmente la probabilité d’une rémission complète sans poussée à 1 an, avec une très bonne tolérance. Cette molécule viendra donc probablement prochainement renforcer l’arsenal thérapeutique dans les maladies liées aux IgG4.