VHD : Bulevirtide en monothérapie. Que se passe-t-il jusqu’à 3 ans après l’arrêt ?

Position du problème

La co infection virale B/delta est une infection virale grave, responsable d’une maladie fibrosant hépatique plus sévère et plus précoce. L’interferon pegylé a été longtemps le seul traitement possible puis le bulevirtide (BLV) 2 mg/jour a eu son AMM en France pour le traitement de l’hépatite delta chronique compensée (CHD). L’étude MYR301 de phase 3 évaluait le traitement par BLV en monothérapie à 96 ou 144 semaines (sem). Il s’agit ici des résultats finaux de l’étude MYR301 rapportant les résultats à la fin du traitement (EOT) jusqu’à 96 semaines après la fin du traitement (FTTT) .

Méthode

Les patients infectés par VHB/D et ayant une maladie hépatique compensée (N = 150) ont été randomisés entre un traitement immédiat par BLV 2 ou 10 mg/j pendant 144 sem et un traitement différé (DT) pendant 48 sem, suivi d’un traitement par BLV 10 mg/j pendant 96 sem (DT à 10 mg) et d’une unité de suivi post-traitement pendant 96 sem. Les critères d’efficacité comprenaient la réponse virologique (RV) (ARN du virus de l’hépatite delta [VHD] indétectable ou diminution ≥ 2 log10 UI/mL par rapport à la valeur initiale), la réponse combinée (RC ; RV et normalisation des transaminases), perte AgHBs.

Résultat

Le BLV était bien toléré et poursuivi. Les taux d’indétectabilité de l’ARN du VHD dans les groupes 2, 10 et DT à 10 mg, respectivement, étaient de 29 %, 50 % et 52 % à l’EOT et de 20 %, 22 % et 20 % à la FTTT. Parmi les 64 patients de tous les groupes dont l’ARN du VHD était indétectable à FTTT, 23 (36 %) ont eu un ARN du VHD indétectable jusqu’à FTTT, et 41 patients ont eu une rechute virale. La rechute était majoritairement avant S24 (93% n=23) rarement à S48 jamais après. 3 patients ont perdus l’AgHBS lors du suivi. 20/142 (14 %) patients ont eu un effet indésirables hépatiques graves à l’arrêt dont 17 réversibles (16 reprises de BLV) : 7 ALT> 10 N, 15 un rebond viraux, 4 hospi, 1 ascite.

Conclusion

Les résultats définitifs du traitement par BLV des co-infections B delta confirment un taux d’indétectabilité de l’ARN qui diminue après l’arrêt du traitement modéré autour de 20% sans rechute après 2 ou 3 ans de traitement. Cependant dans la population des indétectables en fin de traitement, il atteint 36% à la fin du suivi.
La rechute survient dans la première année majoritairement après l’arrêt et 14% des patients ont alors un évènement hépatique grave suggérant une bonne surveillance de ces malades, ceux-ci étant réversibles à la reprise du traitement.

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