Position du problème
Le CHC intermédiaire ou avancé s’accompagne fréquemment d’une cachexie, définie par une perte pondérale >5%, associée à une anorexie, une altération de la qualité de vie et une moins bonne survie. Ces symptômes restent pourtant peu rapportés dans les essais, souvent centrés sur la survie. L’Olanzapine (OLAN), déjà utilisée en oncologie pour son effet antiémétique et connue pour son effet orexigène, pourrait renforcer l’impact des conseils nutritionnels et favoriser un gain pondéral sans ascite chez ces patients cirrhotiques.
Méthode
Essai contrôlé randomisé ouvert multicentrique, mené en Inde de décembre 2024 à mai 2025 dans 3 centres tertiaires, incluant 166 adultes de 18-70 ans avec CHC BCLC-B/C et cachexie, non éligibles à la transplantation hépatique. Les patients étaient randomisés 1:1 entre OLAN 5 mg/j + conseils nutritionnels (n=83) ou conseils seuls (n=83) pendant 12 semaines. Le critère principal était le gain pondéral >5% sans ascite à 12 semaines. Les critères secondaires évaluaient anorexie, apports caloriques, qualité de vie (QoL), masse musculaire, force de préhension, marche de 6 min et la tolérance.
Résultat
Les groupes étaient comparables à l’inclusion. À 12 semaines, un gain pondéral >5% était plus fréquemment ob sous OLAN + conseils nutritionnels que sous conseils seuls (39,7% vs 15,3%; p<0,001), chez les patients naïfs comme prétraités. L’appétit s’améliorait davantage, notamment selon le score FACT-A/CS (36,5% vs 15,1%; p=0,01), avec hausse des apports caloriques (+135 vs -29 kcal/j; p=0,001). La qualité de vie s’améliorait aussi plus souvent (46,2% vs 28,2%; p<0,01), notamment le bien-être physique. Il n'y avait pas de différence sur la masse musculaire, force de préhension ou marche de 6 min. Aucun effet indésirable grave lié à l’OLAN n'était observé.
Conclusion
Chez les patients cirrhotiques avec CHC et cachexie, l’ajout d’Olanzapine 5 mg/j aux conseils nutritionnels pendant 12 semaines améliore le poids, l’appétit, les apports caloriques et la QoL, avec une bonne tolérance. Le bénéfice sur la QoL semble davantage porté par l’amélioration de l’appétit et du bien-être physique que par le gain pondéral lui-même. Cette approche simple répond à un besoin symptomatique peu couvert. Toutefois, son impact sur la survie reste à démontrer, et le gain pondéral doit être interprété prudemment en raison du risque de rétention hydrique infraclinique.
