Position du problème
Le retrait de l’Acide obéticholique (OCA) et l’arrivée des agonistes PPAR, Elafibranor (ELA) et Seladelpar (SEL), ont profondément modifié la stratégie de 2ème ligne dans la cholangite biliaire primitive (CBP). En pratique, leur place reste à préciser selon le parcours thérapeutique des patients : en initiation de 2ème ligne chez les patients insuffisamment répondeurs ou intolérants à l’UDCA ; après exposition à l’OCA ; après triple thérapie OCA+BZF+UDCA ; ou lors du relai suivant un arrêt du bézafibrate (BZF). Le registre espagnol ColHai apporte des données précoces de vie réelle.
Méthode
Cette analyse rétrospective multicentrique du registre espagnol ColHai a inclus 616 patients atteints de CBP suivis dans 41 centres : 145 patients naïfs de 2ème ligne, 383 précédemment exposés à l’OCA et 88 au BZF. Les analyses d’efficacité sous ELA ou SEL portaient sur les sous-groupes effectivement traités par agonistes PPAR : naïfs de 2ème ligne (n=136), après OCA+UDCA (n=147), après OCA+BZF+UDCA (n=126) et après arrêt du BZF (n=82). L’efficacité était évaluée à M1, M3 et M6 sur les PAL, leur normalisation et les réponses Paris-II/POISE.
Résultat
Chez les patients naïfs de 2ème ligne, les réponses selon POISE atteignaient 89% sous ELA et 68% sous SEL à M6. Après OCA+UDCA, les 2 agonistes PPAR amélioraient aussi les réponses à M6 (ELA 83%, SEL 81%). Après arrêt du BZF, l’introduction d’un agoniste PPAR s’accompagnait d’une amélioration précoce des PAL, plus marquée sous ELA. À l’inverse, après triple thérapie OCA+BZF+UDCA, une perte de réponse était observée, surtout sous SEL. Enfin, le prurit s’améliorait chez 52% des patients sous ELA et 82% sous SEL, et la fatigue chez environ 40% et 38%. Les effets indésirables étaient rapportés chez 42% sous ELA et 26% sous SEL, avec un arrêt définitif dans respectivement 10% et 7% des cas.
Conclusion
Ces données préliminaires de vie réelle suggèrent une efficacité précoce d’ELA et SEL dans plusieurs situations post-OCA, notamment chez les patients naïfs de 2ème ligne ou après OCA+UDCA. Le bénéfice semble plus incertain après triple thérapie OCA+BZF+UDCA, où une perte de réponse peut survenir.
Un suivi prolongé reste nécessaire pour confirmer la durabilité de ces réponses.
