CBP : un nouveau PPAR entre dans l’arène

Position du problème

L’acide ursodésoxycholique (AUDC) constitue le traitement de première ligne de la cholangite biliaire primitive (CBP), mais certains patients présentent une réponse biologique insuffisante ou une intolérance, alors exposés à un risque accru de progression vers la cirrhose et ses complications. Le saroglitazar, un double agoniste des récepteurs PPARα/γ, a montré des résultats prometteurs dans une étude préliminaire avec une diminution significative des phosphatases alcalines (PAL) à 16 semaines. Son efficacité et sa tolérance restaient encore à confirmer à plus long terme.

Méthode

EPICS-III est un essai randomisé international, contrôlé, en double aveugle, de phase 2b/3 visant à évaluer le saroglitazar comme traitement de 2ème ligne chez les patients atteints de CBP intolérants ou en échec de l’AUDC défini par des PAL >1,67N après 1 an de traitement. La bilirubine totale devait être < 2N. Après une étape de sélection de dose, le saroglitazar à 1 mg a été retenu pour la phase 3. Le critère principal était la réponse biologique à 52 semaines définie par PAL <1,67 et baisse d'au moins 15% par rapport à baseline et une normalisation de la bilirubine totale.

Résultat

Cet essai a inclus 148 patients dont 11% de cirrhoses (97 traités, 51 placebo), avec une exposition moyenne à l’AUDC de plus de 6 ans. À 52 semaines, la réponse biologique était obtenue chez 57% des patients traités vs 10% sous placebo (p<0,001). Une normalisation des PAL était observée chez 8% des patients du groupe traité contre aucun sous placebo. Le bénéfice biologique apparaissait précocement dès la 2ᵉ semaine et se maintenait dans le temps. Le saroglitazar améliorait significativement le prurit modéré à sévère à 24 semaines, mais sans différence significative à 52 semaines. La tolérance était favorable, sans signal notable de prise de poids ni de toxicité hépatique ou rénale.

Conclusion

L’essai EPICS-III montre que le saroglitazar améliore significativement la réponse biologique des patients atteints de CBP résistants ou intolérants à l’AUDC. Son efficacité rapide et durable sur les PAL, son impact positif sur le prurit et un profil de tolérance favorable renforcent son intérêt clinique. Ces résultats positionnent le saroglitazar comme un candidat prometteur pour le traitement de deuxième ligne de la CBP après échec ou intolérance à l’AUDC.

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