Position du problème
La maladie de Wilson est une maladie génétique rare liée à l’accumulation toxique de cuivre (Cu), responsable d’atteintes hépatiques, neurologiques et psychiatriques. Malgré les chélateurs disponibles, de nombreux patients présentent une maladie mal contrôlée voire une majoration paradoxale des symptômes neurologiques sous traitement. Le tiomolybdate de choline (TMC) est un traitement oral administré une fois par jour ayant une très forte affinité pour le Cu. Des données préliminaires suggèrent un bon contrôle de l’équilibre du Cu avec moins d’aggravations neurologiques paradoxales sous TMC.
Méthode
Cet essai multicentrique de phase 2 en ouvert a inclus des patients atteints de maladie de Wilson déjà traités depuis au moins un an par traitement standard. Les patients recevaient le TMC en monothérapie pendant 48 semaines, avec une extension possible jusqu’à 96 semaines. Une biopsie hépatique était réalisée à baseline et à 48 semaines. L’évaluation portait de façon surprenante sur des critères histologiques hépatique notamment la concentration hépatique en cuivre, la fibrose, la stéatose et l’inflammation, et plus classiquement sur les manifestations neurologiques et la qualité de vie.
Résultat
Parmi les 29 patients inclus, une biopsie à 48 semaines était disponible pour 24 patients. La durée médiane de traitement antérieur était proche de 14 ans. À 48 semaines, une amélioration ou une stabilisation de l’ensemble des paramètres histologiques était observée chez plus de 2/3 des patients, notamment concernant la fibrose, la stéatose et l’inflammation. La concentration hépatique en cuivre restait stable, à l’instar des résultats obtenus avec les chélateurs standards. Les scores neurologiques, l’impression clinique globale et la qualité de vie étaient significativement améliorés à 48 semaines. Le TMC était bien toléré, avec une majorité d’effets indésirables peu sévères.
Conclusion
Chez des patients prétraités pour une maladie de Wilson, dans cet essai de phase 2, le TMC associait contrôle de la maladie hépatique, amélioration neurologique et bénéfice sur la qualité de vie avec un profil de tolérance acceptable. Ces résultats renforcent sa crédibilité comme nouvelle option thérapeutique et justifient la poursuite de son développement clinique.
