Position du problème
Le microbiote intestinal est le principal moteur antigénique de la maladie de Crohn, ce qui fait de sa modulation par la transplantation fécale de microbiote (FMT) une option thérapeutique. Cependant, il n’existait jusqu’à présent aucune donnée soutenant son utilisation dans la maladie de Crohn active.
Méthode
103 patients avec une maladie de Crohn active (CDAI 220–450) ont été inclus. Après 3 semaines de régime non transformé et 1 semaine d’antibiothérapie, ils ont été randomisés 2:1 pour recevoir une FMT par donneur unique versus placebo pendant 8 semaines. La FMT était délivrée par gastroscopie ou coloscopie selon la localisation de la maladie. le critère principal était la réponse clinique à 8 semaines, définie par une diminution du CDAI d’au moins 100 points ou par un CDAI inférieur à 150, avec la réponse endoscopique et les biomarqueurs comme critères secondaires.
Résultat
Sur les 103 patients inclus, 70 ont reçu la FMT et 33 le placebo. La réponse endoscopique était significativement meilleure chez les patients ayant reçu la FMT (53,3 % vs 23,5 %, P=0,047). La diminution du CDAI était significative uniquement dans le groupe FMT (P<0,001). Une variation majeure selon le donneur était observée, avec des taux de réponse clinique de 43 % à 93 % (P=0,02). En revanche, la réponse clinique globale n’était pas significativement différente (P=0,177) et les biomarqueurs inflammatoires, CRP et calprotectine fécale, n’ont montré aucune différence notable.
Conclusion
La transplantation de microbiote fécal (FMT) dans la maladie de Crohn active s’est révélée plus efficace que le placebo. La réponse endoscopique s’est améliorée uniquement avec la FMT, mais l’effet clinique global restait limité, probablement du fait de l’amélioration sous protocole de pré-transplantation fécale (régime, antibiotiques) et de la variabilité des donneurs. La FMT apparaît cependant comme une option thérapeutique prometteuse.
