Position du problème
Les infections sévères constituent l’un des effets indésirables les plus préoccupants des biothérapies. Toutefois, les essais randomisés de phase III ne disposent généralement pas d’une puissance statistique suffisante pour analyser de manière fiable ces événements rares.
Méthode
Cette étude française en vie réelle a évalué le risque d’infections sévères selon le type de traitement chez des patients atteints de MICI, à partir des données du système national de santé. Ont été inclus les patients de plus de 15 ans traités entre 2014 et 2024 par védolizumab (VDZ), ustékinumab (UST), inhibiteurs de JAK (JAKi), anti-TNF les aminosalicylés (5-ASA). Les patients présentant un déficit immunitaire primitif, transplantés, infectés par le VIH ou recevant une combiohérapie étaient exclus.
Résultat
Les infections sévères étaient définies par la nécessité d’une hospitalisation (excluant les infections liées à la MICI). 309 025 initiations de traitement se sont compliqués de 15 081 infections sévères, avec une médiane de 1 an. Le nombre d’infection sévère (pour 10000 patients années) était respectivement de 21,9 dans le groupe 5-ASA < 26,6 groupe UST < 27.8 groupe anti-TNF < 33 groupe VDZ < 38.9 groupe JAKi. En comparaison avec les 5-ASA: pas de risque significatif pour l'UST, surrisque pour anti-TNF et VDZ, risque très élevé avec les JAKi. Le risque d'infection sévère était multiplié par 2 en cas de traitement concomitant par corticoides, augmenté de 10% si immunosuppresseur associé.
Conclusion
Ces résultats soulignent l’importance d’individualiser le choix de la biothérapie chez les patients MICI à haut risque infectieux, en particulier les sujets âgés. Dans ce contexte, l’ustékinumab pourrait constituer une option plus favorable sur le plan infectieux. La limitation stricte des corticoïdes et l’optimisation de la stratégie vaccinale préventive restent des éléments essentiels de la prise en charge.
