Le choix du roi : Upadacitinib ou Risankizumab après échec des anti-TNF chez les patients avec une maladie de Crohn réfractaire, l’étude U-PARIS de l’ENEIDA

Position du problème

L’Upadacitinib (UPA) et le Risankizumab (RSK) sont des alternatives thérapeutiques chez les patients avec une maladie de Crohn (MC) en échec d’une première ligne d’anti-TNF Cependant leur positionnement dans notre arsenal thérapeutique reste à préciser.
L’objectif principal de l’étude était de comparer le maintien de l’efficacité en vie réelle de l’UPA vs RSK après échec d’une biothérapie dans la MC. Les objectifs secondaires étaient d’identifier les facteurs de risque de rechute, d’arrêt thérapeutique et étudier le profil de sécurité des deux molécules dans ce contexte.

Méthode

L’étude a inclus des patients adultes porteurs d’une MC issus du registre prospectif ENEIDA traités par UPA ou RSK en deuxième ou troisième ligne avec un suivi ≥ 12 semaines.
La rémission clinique était définie par un Harvey-Bradshaw Index (HBI)≤ 4, la réponse clinique par une baisse HBI > 3, la rémission biologique définie par un taux de calprotectine fécale (CF) ≤ 250 µg/g et la réponse biologique par une réduction ≥ 50 % . Les réponses endoscopique et radiologique étaient également analysées. Ces données étaient recueillies à S12, 24, et 48, ainsi que tous les effets indésirables.

Résultat

562 patients inclus dont 242 sous UPA (43%), et 320 sous RSK (57%).
En 2ème ligne, le maintien d’efficacité à S12 et S24 était respectivement de 70% et 59% pour l’UPA et de 72% et 72% pour RSK. En 3ème ligne, 61% et 40% pour UPA, et 80% et 76% pour RSK.
En 2ème ligne, les facteurs d’arrêt étaient le phénotype de la MC (HR = 1.9) et un traitement par UPA (HR =1.8). En 3ème ligne, un traitement par UPA favorisait l’arrêt thérapeutique (HR=2.4). La sévérité initiale de MC était associée à la rechute en 2ème (HR = 7.1) et 3ème ligne (HR = 5.4).
On observait un excellent maintien du traitement avec 81% sous UPA vs 91% RSK et un taux supérieur d’effets indésirables sous UPA (28% vs 10%).

Conclusion

Cette étude multicentrique espagnole démontre que l’UPA et le RSK représentent deux alternatives thérapeutiques efficaces chez les patients avec MC réfractaire après traitement par anti TNF. Ces deux molécules maintenaient une efficacité importante avec toutefois une tendance à la supériorité pour le RSK en 3ème ligne.
Le phénotype de la MC, un traitement par UPA étaient associés à un risque plus élevé d’arrêt thérapeutique alors que la sévérité initiale était associée à un risque élevé de rechute. Le taux d’effets indésirables était supérieur sous UPA.

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