Position du problème
Le syndrome de résection antérieure du rectum est aujourd’hui bien connu et évalué notamment par le score LARS. Cependant, l’évaluation des symptômes digestifs après résection colique est mal standardisée. L’objectif de ce travail était d’élaborer un score évaluant le « syndrome de résection colique ».
Méthode
Cette étude danoise multicentrique a évalué, entre 2015 et 2024, les symptômes digestifs affectant la qualité de vie des patients après résection colique pour cancer. Les patients ont rempli un questionnaire de 21 items sur la fonction intestinale à 12, 24 ou 36 mois après l’opération. Une question d’ancrage unique recueillait l’impact global de la fonction intestinale sur la qualité de vie. Des scores distincts ont été développés pour les résections du côlon droit et du côlon gauche.
Résultat
Dans l’étude, 2 365 patients ont été inclus. Des scores distincts pour le côlon droit (CORA-R) et le côlon gauche (CORA-L) ont été développés, tous deux allant de 0 à 23 points et partageant comme items centraux l’inconfort abdominal et l’urgence fécale. Le score CORA-R évalue notamment la consistance des selles (Bristol 6/7), la vidange incomplète, la fréquence, l’incontinence aux gaz et les saignements rectaux/fissures. Le score CORA-L évalue quant à lui notamment la fragmentation, l’incontinence aux selles liquides, les selles dures, les brûlures rectales et la défécation nocturne. Dans la cohorte de développement, les deux scores ont permis d’identifier les patients avec une qualité de vie altérée (AUC : 0,86). En validation, le score CORA-R a atteint une AUC de 0,83 et le score CORA-L une AUC de 0,78. Pour les deux scores, des valeurs élevées correspondent à une qualité de vie altérée.
Conclusion
Deux scores spécifiques, selon le côté de la résection, permettent d’identifier les patients dont les symptômes digestifs altèrent la qualité de vie, avec une bonne performance en validation externe (AUC 0,83 à droite et 0,78 à gauche). Un outil prometteur et centré sur le patient, mais dont l’utilité clinique et les seuils d’intervention restent à confirmer prospectivement.
