Position du problème
Après traitement du cancer du rectum, les dysfonctions sexuelles sont fréquentes et persistent dans le temps. Ces dysfonctions restent encore mal évaluées. La mise en place d’un suivi par des infirmier(e)s formés permettrait de mieux les prendre en charge. Cette étude vise à évaluer l’évolution des troubles sexuels chez des patients pris en charge avec des consultations dédiées et dirigées par des infirmier(e)s.
Méthode
Cette étude prospective, observationnelle a inclus les patients suivis et adressés en consultation spécialisée après un dépistage systématique des troubles sexuels après traitement de cancer rectal. Les troubles sexuels ont été évalués à l’inclusion puis à 3 mois à l’aide d’échelles validées (FSDS, SDS, FSFI, IIEF-5). Un traitement médical des dyspareunies chez les femmes par œstrogènes vaginaux et des dysfonctions érectiles chez les hommes avec inhibiteurs de la PDE5 étaient déjà mis en place. L’objectif était d’évaluer le bénéfice d’un suivi dédié, notamment psychologique.
Résultat
Au total, 14 femmes et 85 hommes dépistés avec une dysfonction sexuelle ont été inclus et ont pu avoir un accompagnement dédié notamment psychologique. Il n’a pas été possible de réaliser d’analyses statistiques chez les femmes (effectif trop petit). Cependant, les auteurs ont pu mettre en évidence une tendance à l’amélioration de la fonction sexuelle à 3 mois. Chez les hommes, l’analyse de la détresse sexuelle chez 46 patients appariés a mis en évidence 72 % d’amélioration à 3 mois (SDS) avec une réduction moyenne significative de 4,9 points. Parmi eux, 9 (20 %) ne présentaient plus de détresse sexuelle. La fonction érectile a été analysée chez 34 hommes avec une amélioration significative de 62 % à 3 mois avec une augmentation moyenne de 2,5 points du score IIEF-5.
Conclusion
Ces résultats préliminaires suggèrent qu’une prise en charge sexologique structurée par des infirmières spécialisées pourrait réduire la détresse sexuelle et améliorer la fonction érectile chez les hommes après traitement d’un cancer du rectum. L’absence de groupe contrôle et le faible effectif féminin imposent toutefois de confirmer ces résultats dans des études de plus grande ampleur.
