Position du problème
La place de la déféco-IRM par rapport à la défécographie conventionnelle reste à préciser dans l’évaluation des troubles du compartiment pelvien postérieur. Une comparaison des performances diagnostiques de ces deux techniques à partir des données de la littérature apparaît donc nécessaire.
Méthode
Une revue systématique de la littérature a été réalisé incluant toutes les études comparant directement la déféco-IRM à la défécographie conventionnelle. Les données extraites comprenaient les caractéristiques des études, les protocoles d’imagerie et les résultats diagnostiques.
Résultat
Au total vingt-six études observationnelles ont été incluses, de qualité méthodologique globalement faible (Aucun essai contrôlé randomisé n’a été identifié.).
La défécographie conventionnelle présentait de meilleures performances pour évaluer l’évacuation rectale et les modifications dynamiques, notamment la descente de la jonction anorectale et les variations de l’angle anorectal. Elle identifiait également de façon plus fiable le prolapsus rectal extériorisé et l’intussusception rectale, particulièrement dans les formes de grade élevé.
Les deux techniques avaient des capacités similaires pour détecter les rectocèles et les entérocèles, bien que la défécographie conventionnelle ait tendance à mieux mettre en évidence les formes sévères.
Conclusion
Cette revue de la littérature, certes limitée par la faible qualité méthodologique des études et un haut niveau d’hétérogénéité, nous confirme le bénéfice déjà connu de la défécographie. Réalisée en position physiologique, elle est plus sensible pour l’exploration fonctionnelle du compartiment pelvien postérieur, notamment pour le prolapsus rectal, tandis que la déféco-IRM pourrait permettre une exploration plus complète du pelvis et des structures musculaires.
Ces techniques doivent être considérées comme complémentaires plutôt que concurrentes. Le choix dépendant du contexte clinique.
