Position du problème
La technique de dissection sous-muqueuse (DSM) a fait ses preuves dans de nombreuses indications. La résection des adénomes duodénaux non-ampullaires pose la difficulté des complications per et post-gestes, notamment hémorragiques et perforatives, dont les taux sont non négligeables d’après la littérature. Le but de l’étude était donc d’évaluer ces taux de complications mais aussi d’en connaître les avantages en évaluant ses taux de succès.
Méthode
Une méta-analyse réalisée à partir d’octobre 2024 a inclus toutes les études de plus de 10 patients des bases de données EMBASE et MEDLINE. Le but de l’étude était de répondre à la question « est-il efficace et sûr de réaliser des DSM des adénomes duodénaux non-ampullaires ? ». Une sous-analyse a été réalisée pour comparer les études asiatiques des études européennes et américaines.
Résultat
3672 patients inclus parmi 54 études, avec un âge moyen de 62 ans (+/-0,8), une taille moyenne des lésions de 19,5mm (+/-1,2) et une durée de procédure de 59,8min (+/-4,1). La résection monobloc était de 98,1% et R0 pour 86,3%. En terme de complications, les taux d’hémorragie était de 0,01% en per-procédure, 3,8% en retardé et les taux de perforation de 8,5% en per-procédure et 2,0% en retardé. Comparativement aux études européennes et américaines, les études asiatiques montrent des taux d’hémorragie retardée de 3,7% VS 10,6% mais de perforation retardée de 2,2% VS 0,7%. Finalement le taux de recours global à la chirurgie était de 1,5% et la mortalité de 0,03%.
Conclusion
La dissection sous muqueuse des adénomes duodénaux non-ampullaires montre certes de bons taux de résection monobloc et R0, mais des taux de complication retardés qui restent significatifs. Elle est à considérer chez des patients très sélectionnés et à réaliser par des endoscopistes expérimentés.
Une autre communication au cours de la même session semble montrer que la mucosectomie est à préférer pour les adénomes duodénaux de moins de 20mm avec des taux plus faibles de complication.