Position du problème
80% des cholangiocarcinomes péri-hilaires ne sont pas opérables au diagnostic et nécessiteraient un traitement par chimiothérapie. Le but de cette étude était d’évaluer l’impact du drainage biliaire sur l’initiation d’une chimiothérapie et sur la survie de patients ayant un cholangiocarcinome péri-hilaire non opérable.
Méthode
Il s’agissait d’une étude de cohorte menée sur le registre néerlandais d’oncologie entre 2015 et 2020. Les patients présentant un cholangiocarcinome péri-hilaire non opérable étaient inclus. Le critère de jugement principal était l’initiation de la chimiothérapie. Le critère de jugement secondaire était la survie globale.
Résultat
1265 patients ont été inclus. 71.8% des patients (n=908) ont reçu un drainage biliaire et 19.1% (242 patients) ont reçu de la chimiothérapie. Parmi ceux drainés, 25.1% des patients ont été drainés dans un hôpital universitaire, 62.6% des patients ont été drainé sous 14 jours. Les facteurs prédictifs de non initiation de la chimiothérapie étaient un drainage réalisé dans un hôpital non universitaire (HR:0.65, 95%CI: 0.42-0.99), ≥3 procédures de drainage réalisées (HR:0.53, 95%CI: 0.32-0.88), et un drainage réalisé ≥14 jours après la présentation initiale (HR:0.70, 95%CI: 0.49-0.99). Le drainage biliaire n’était pas associé à une survie prolongée.
Conclusion
Au total, dans cette large étude de cohorte nationale néerlandaise, le drainage biliaire palliatif chez des patients présentant un cholangiocarcinome péri-hilaire non opérable n’était pas associé à la possibilité d’initier une chimiothérapie. Un drainage rapide <14 jours et dans un centre expert sont des facteurs prédictifs d’initiation de la chimiothérapie et d’une survie prolongée. Les patients non référés à un centre expert ou ceux nécessitant plusieurs procédures de drainage ont probablement des pathologies plus sévères et avancées qui rendent moins possible l'initiation de chimiothérapie.