Position du problème
L’angiocholite aigüe est à l’origine d’une morbimortalité significative et son incidence est croissante, notamment du fait de l’augmentation du taux de sténoses malignes. L’antibiorésistance est une préoccupation majeure qui doit nous faire changer nos pratiques puisque l’épidémiologie bactérienne évolue et diffère selon les pays, ce qui peut induire un traitement inadapté pour nos patients. Le but de l’étude est de réaliser une analyse comparative des profils bactériologiques et de résistance des pathogènes recueillis par aspiration de bile lors d’une angiocholite dans 2 pays différents.
Méthode
Etude prospective bicentrique : la bile des patients ayant une angiocholite aux CHU de Bucarest (Roumanie) et de Bordeaux (France) a été collectée (5-10mL) à l’aide d’un sphinctérotome lors de la CPRE, avant l’injection de contraste, puis envoyée dans les 2 heures en analyse. Les cultures des échantillons étaient lues à 24 puis 48h du recueil. Concernant les données patient, l’histoire endoscopique (papille native ou avec stent) était recueillie ainsi que la mise en place d’une antibiothérapie large spectre à la phase initiale.
Résultat
Au total, 194 pathogènes ont été mis en évidence chez 62 patients du CHU de Bordeaux et 241 pour 143 patients de Bucarest. Les sténoses étaient d’origine maligne pour 75% et 58% respectivement par pays et la CPRE était réalisée entre 24 et 72h pour 58,2% et 55,5% respectivement. Pseudomonas (2% à Bordeaux VS 28,2% à Bucarest), Escherischia coli (11,3% VS 30,7%) et les entérocoques (30,4% VS 15,3%) étaient les bactéries les plus représentées mais de distribution différente. Il en était de même pour les profils d’antibiorésistance : 8,7% à Bordeaux VS 15,7% à Bucarest pour la Ceftriaxone, 1,5 VS 21% pour la Cefotaxime, 6% VS 0% à la Tazocilline.
Conclusion
Cette étude montre la grande variabilité des pathogènes biliaires en fonction de l’origine du patient. La forte prévalence de l’antibiorésistance, particulièrement chez les patients ayant un stent biliaire et avec de multiples hospitalisations, souligne l’importance d’une antibiothérapie adaptée et personnalisée à nos patients plutôt que large spectre. En prenant en compte les facteurs liés aux patients et les caractéristiques épidémiologiques locales, nous pourrions améliorer le pronostic de nos patients tout en diminuant notre impact sur l’écologie bactérienne.