ASCOLT, doit-on dégainer l’aspirine après résection d’un cancer colorectal?
Position du problème
Plusieurs études suggèrent que l’aspirine pourrait avoir un intérêt en prévention primaire comme en prévention secondaire après la résection d’un cancer colorectal (CRC).
Méthode
L’étude ASCOLT était un essai de phase III asiatique multicentrique ayant randomisé des patients atteints d’un CRC classés Dukes C ou B à haut risque entre un bras aspirine 200mg par jour et un bras placebo, pour une durée de 3 ans après la chirurgie et le traitement adjuvant. Les patients ont été suivi pendant plus de 5 ans. Le critère de jugement principal était la survie sans récidive (SSR).
Résultat
1587 patients ont été inclus, et 1550 ont été analysés en ITT modifiée : 791 dans le bras aspirine et 759 dans le bras placebo. La SSR à 5 ans était de 77% dans le groupe aspirine, et 75% dans le groupe placebo (HR=0,91 [0,73-1,13], p=0,38). Il existait une tendance non significative en faveur de l’aspirine en survie globale (SG) (HR=0,75 [95% 0,53-1,07], p =0,11). Le taux d’effet indésirable était faible dans les 2 bras, sans augmentation du risque hémorragique dans le groupe aspirine.
Conclusion
Cette étude n’a pas mis en évidence d’effet favorable de l’aspirine sur la SSR et la SG en adjuvant du CCR localisé opéré. Cependant, une tendance non significative à l’augmentation de la SG était observée, sans augmenter le risque hémorragique. Des études complémentaires sont nécessaires, car certains patients pourraient tirer un bénéfice de l'aspirine en adjuvant, notamment en cas de mutation PIK3CA. Cette hypothèse est actuellement évaluée par l'essai FFCD ASPIK PRODIGE-50.
Adrien GRANCHER