FOLFOXIRI + beva dans le cancer colique droit métastatique RAS/RAF muté : change-t-on réellement la fin de l’histoire ?
Position du problème
Le choix du traitement d’induction est une question cruciale en cas de cancer colorectal avec métastases hépatiques synchrones non initialement résécables (CCRMHNR), avec le challenge de la réduction tumorale pour envisager une résécabilité secondaire. L’étude CAIRO5 a montré un intérêt de la trichimiothérapie (triCT) + bevacizumab (beva) en cas de tumeur RAS/RAF mutée et de localisation à droite sur la survie sans récidive et le taux de résection secondaire.
Méthode
Cet essai de phase III multicentrique a randomisé des patients atteints d’un CCMHNR droit RAS/RAF muté entre un bras FOLFOX/FOLFIRI-beva (bras A) ou FOLFOXIRI-beva (bras B), et des patients atteins d’un CCRMHNR gauche RAS/RAF non muté entre un bras FOLFOX/FOLFIRI-beva (bras C) ou FOLFOX/FOLFIRI-panitumumab (bras D). Le critère de jugement principal était la survie sans récidive (SSR). Les auteurs rapportaient ici une actualisation des données de survie.
Résultat
530 patients ont été inclus : 148 dans le bras A, 146 dans le bras B, 118 dans le bras C et 118 dans le bras D. La survie globale (SG) médiane était de 23,6 mois dans le bras A contre 24,1 mois dans le bras B (HR=0,92 [IC95% 0,70-1,20]), et de 40,4 mois dans le bras C contre 38,3 mois dans le bras D (HR=1,02 [IC95% 1,72-1,46]). Le taux de résection était de 36% dans le bras A contre 51% dans le bras B. Les inclusions dans les bras C et D ont été stoppés pour futilité.
Conclusion
Bien que cette étude soit positive sur le critère de jugement principal, avec une SSR plus importante dans le bras B que dans le bras A, et un taux de résection secondaire plus important dans le bras B, aucun bénéfice en SG n’a été mis en évidence en faveur de la tri-CT. Ces résultats apportent un éclairage important sur la prise en charge des patients atteints d’un cancer colique droit métastatique RAS/RAF muté traités par tri-CT + BEVA, et sur l’impact global de ce choix en 1ère ligne.
Adrien GRANCHER